RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO
UNIVERSITE PEDAGOGIQUE NATIONALE
« U.P.N »
B.P. 8815, Kinshasa
FACULTE DE SCIENCE DE LA SANTÉ
DEPARTEMENT DE PEDIATRIE
Travail pratique : management
Présenté par : Louise SALEH MUSATO
Promotion: L2 LMD PEDIATRIE
Dispensé par : Prof ESAKO ONOKOKO Marie
ANNEE ACADEMIQUE : 2025-
2026
Q. Un manager infirmier doit échanger le protocole dans l’unité de soins ;
a) Comment doit-il communiquer lors de ce changement de protocole ?
b) Qu’entendez-vous par protocole dans une unité de soins ?
c) Expliquez clairement ce que c’est une unité de soins ?
a)COMMUNICATION DU MANAGER INFIRMIER LORS DU
CHANGEMENT DE PROTOCOLE
Lors du changement de protocole, beaucoup des managers ont une grande
difficulté à communiquer le changement ; Voici un processus à suivre pour bien
communiquer ce changement :
Informer clairement et en amont :
Le cadre infirmier doit expliquer aux équipes la raison du changement
(amélioration de la qualité, sécurité des patients) et détailler les nouvelles
consignes à suivre. Selon les théories du management du changement, la
réussite dépend en grande partie d’une communication efficace dès le
début du projet. Il est donc essentiel de créer de la compréhension et de
montrer l’urgence ou l’intérêt du changement avant même de l’appliquer.
Impliquer et former le personnel :
Le manager doit s’appuyer sur « l’intelligence collective » de l’équipe en
les associant au processus. Par exemple, il peut organiser des réunions
d’équipe ou des ateliers pratiques pour expliquer le nouveau protocole et
recueillir les retours du personnel. Former et animer des espaces
d’échange permet d’aborder les difficultés concrètes (manque de matériel,
incompréhension…) et de rassurer le personnel. Comme le souligne la
théorie de diffusion de l’innovation de Rogers, la phase initiale («
connaissance ») consiste à informer et éduquer le personnel sur le
changement.
Adapter la communication au contexte local :
En RDC, les moyens (matériel, personnel) sont souvent limités. Le
manager doit en tenir compte : utiliser un langage simple, plusieurs
langues si besoin, et des supports variés (affichages dans le service,
réunion orale, démonstrations pratiques) en l’absence de système
informatique. Il est aussi important de reconnaître les contraintes des
soignants (charge de travail, fatigue) et de valoriser leurs efforts pour
limiter la résistance. La communication doit donc être empathique et
rassurante (par exemple, insister sur l’amélioration du travail, proposer un
accompagnement) afin d’éviter l’échec du projet : en effet, « deux tiers
des projets de changement échouent en santé à cause d’une
communication inefficace ».
Assurer la diffusion continue :
Après la présentation du protocole, le manager doit s’assurer que le
message est compris et retenu. Il peut prévoir des rappels réguliers
(briefings quotidiens, aides-mémoire) et solliciter des changemakers
parmi le personnel pour relayer l’information. Les supports écrits doivent
être accessibles (affichés près des postes de soins) et le cadre infirmier
reste disponible pour répondre aux questions. En résumé, le manager agit
en facilitateur de transition, soutenant le personnel face aux nouvelles
exigences, en animant la formation et la communication pour que chacun
s’approprie le protocole.
b) DEFINITION DU TERME « PROTOCOLE »
Définition générale en santé :
Un protocole est un document normé qui détaille les techniques et consignes
à suivre pour réaliser un acte ou prendre en charge un patient dans une
situation donnée. Concrètement, c’est un guide de procédures validé par
l’équipe soignante. Par exemple, le Ministère de la Santé (France) définit le
protocole de soins comme « le descriptif des techniques à appliquer et/ou des
consignes à observer dans certaines situations de soins ou pour
l’administration d’un soin ». C’est donc un outil de référence, centré sur un
contexte précis (maladie, procédure, population) et élaboré méthodiquement.
Rôle et contenus d’un protocole :
Le protocole vise à standardiser la pratique pour garantir la qualité et la
sécurité des soins. Il précise typiquement le titre de la procédure, les
objectifs et résultats attendus, la population concernée, le matériel requis,
le déroulement pas à pas de l’action, la surveillance nécessaire et les
risques liés. Il est souvent rédigé en collaboration médecin–infirmier et
validé par l’équipe médicale. Par exemple, on parle couramment de
protocole de prise en charge de la douleur, de réhydratation, de
surveillance du nouveau-né, etc…
Cadre réglementaire (clinique) :
Dans la pratique hospitalière, un infirmier peut réaliser certains actes à
partir d’un protocole écrit signé par un médecin. Le protocole (ou dossier
de soin-type) constitue alors le cadre légal et technique du geste infirmier.
Il sert de référence commune à toute l’équipe : chaque membre sait
exactement quoi faire et comment le faire. En résumé, un protocole est un
outil consensuel décrivant les meilleures pratiques basées sur des données
scientifiques ou l’expérience, pour harmoniser et sécuriser la prise en
charge des patients.
c) DEFINITION D’UNE UNITE DE SOINS
Concept et organisation :
Une unité de soins (ou service de soins) est la plus petite unité
opérationnelle d’un hôpital ou d’un centre de santé, dédiée à un type de
prise en charge. C’est une entité qui regroupe des activités de soins
(médecins, infirmiers, aides-soignants, etc.) liées à une discipline ou un
niveau de soins particulier. Par exemple, on trouve typiquement des unités
de pédiatrie, de chirurgie, de médecine interne, de maternité, d’urgences,
ou de soins intensifs. L’unité peut être organisée géographiquement (un
étage ou bâtiment) ou par thématique (pôle gynéco-obstétrique, bloc
opératoire, etc.).
Encadrement et missions :
Chaque unité de soins est placée sous la responsabilité conjointe d’un chef
de service (médecin) et d’un cadre infirmier. Le cadre infirmier (ou «
cadre de proximité ») y joue un rôle clé : présent au quotidien, il
accompagne les équipes, veille à l’organisation du travail et à la
cohérence des prises en charge. Il coordonne le personnel soignant, gère
les plannings et le matériel, et s’assure que les procédures (protocoles)
sont bien appliquées. Comme le souligne une analyse française, le cadre
de proximité « veille à la cohérence des prises en charge et favorise la
dynamique d’équipe. Il est également garant de la qualité et de la
continuité des soins ». Autrement dit, l’unité de soins doit fournir une
prise en charge complète et continue : de l’accueil du patient à son
parcours de soins jusqu’à la sortie, l’équipe de l’unité collabore pour
répondre aux besoins spécifiques de ses patients.
Contexte local (RDC) :
En République démocratique du Congo, les unités de soins se retrouvent
dans tous les hôpitaux généraux et provinciaux. Leur taille et leurs
ressources varient fortement. Par exemple, une unité de soins intensifs
(USI) en milieu urbain peut être mieux équipée qu’en zone rurale. Dans
les structures rurales ou mal financées, un même infirmier peut couvrir
plusieurs services, et la polyvalence est souvent nécessaire. Malgré ces
limites, le principe reste de spécialiser les équipes par unité : chaque unité
(pédiatrie, nutrition, médecine des adultes, etc.) a son rôle défini pour
organiser les soins. Le cadre infirmier de chaque unité doit adapter la
gestion quotidienne aux moyens disponibles et veiller à ce que la qualité
des soins soit maintenue autant que possible, même avec des ressources
limitées.