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Cours Gire

La gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) est essentielle face aux défis tels que le changement climatique, la demande croissante et la dégradation de la qualité de l'eau. Elle vise à protéger cette ressource, planifier son utilisation, impliquer équitablement les parties prenantes et préserver les écosystèmes. Les enjeux actuels incluent la garantie d'un accès à l'eau pour tous, la protection des écosystèmes vitaux et la gestion des risques liés à la variabilité climatique.

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Cours Gire

La gestion intégrée des ressources en eau (GIRE) est essentielle face aux défis tels que le changement climatique, la demande croissante et la dégradation de la qualité de l'eau. Elle vise à protéger cette ressource, planifier son utilisation, impliquer équitablement les parties prenantes et préserver les écosystèmes. Les enjeux actuels incluent la garantie d'un accès à l'eau pour tous, la protection des écosystèmes vitaux et la gestion des risques liés à la variabilité climatique.

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CHAPITRE I : INTRODUCTION A LA GIRE

I. INTRODUCTION GENERALE
Aujourd’hui les ressources en eau de manière générale font face à des contraintes majeures que
sont la variabilité et le changement climatiques, l’accroissement de la demande, la dégradation
de la qualité des eaux, les conflits d’usages et les tensions nationales (amont/aval) ou
internationales (cours d’eau partagés) pour le partage de la ressource. Pour faire face à toutes
ces préoccupations penser et élaborer une meilleure gestion concertée des ressources en eau est
plus qu’une nécessité.
Pour ce faire une approche intégrée de gestion des ressources en eau, dont l’objectif sera de :
• Protéger la ressource en eau et d’améliorer sa connaissance ;
• Planifier l’utilisation de la ressource en eau et pratiquer une politique d’économie de
l’eau ;
• Impliquer les hommes et femmes équitablement dans cette politique de gestion, ensuite
prévenir et gérer les conflits liés aux usages de l’eau ;
• Satisfaire de façon globale les demandes légitimes et raisonnées (consommation
humaine, agriculture-élevage, électricité, usages domestiques, transports, industrie,
loisirs, aquaculture, pêche…) ;
• Préserver les écosystèmes et prévenir les risques (érosion, sécheresse, inondations).

Cette approche intégrée est d’autant plus nécessaire que la plupart des utilisations de l'eau
apportent des avantages (économique et social) à la société ; certaines des utilisations cependant
peuvent avoir également des impacts négatifs (notamment sur l’environnement).
Cette situation peut se dégrader à cause des procédures de gestion insuffisante, l’absence de
réglementation ou le manque de motivation provoquée par les régimes de gouvernance de l'eau
en place.
Afin de saisir tous les enjeux relatifs à l’état actuel des ressources en eau et de faire face aux
défis d’une gestion durable des ressources en eau aussi bien de surface que souterraine, les
acteurs doivent se donner les capacités requises en termes de connaissance et de maîtrise des
outils de gestion et de planification de l’eau. Ainsi le renforcement des capacités concernés
apparaît comme un maillon essentiel dans le dispositif de mise en œuvre de la GIRE.

1
II. DEFINITION DE LA GIRE
C’est un processus qui favorise le développement et la gestion coordonnées de l’eau, des terres
et des ressources connexes en vue de rendre possible un accès équitable à cette ressource tout
en assurant le bien-être économique et social sans compromettre pour autant la pérennité
d’écosystèmes vitaux.
La GIRE est donc une approche globale de l’eau, en termes d’usages et d’impacts, à l’échelle
du bassin versant (minimale). Elle s’appuie sur une approche transversale multi-sectorielle de
l’échelle local (rivière, ressource en eau souterraine, etc.) au global (bassin versant, région).

II.1. Les systèmes de gestion de l’eau


Le système naturel qui fonde ses investigations sur la disponibilité et la qualité de l’eau.
L’enjeu qui se présente à travers ce système est surtout sa pérennité.
Le système humain qui oriente ses travaux sur les différentes utilisations faites de l’eau et la
production éventuelle d’eaux usées. Ce système a pour enjeu principal le bien être socio-
économique et de manière équitable des populations.

II.2. Notion d’intégration


L’intégration peut se définir comme étant l’art d’assembler différents éléments de manière
pertinente en vue de former un système cohérent et fonctionnant de manière efficace et
efficiente.

Remarques :
➢ L’état de mise en œuvre de chaque système en dira long sur sa cohérence et son
efficacité.
➢ L’intégration doit s’effectuer dans chacun de ces 2 systèmes (naturel et humain) mais
aussi entre eux !!!
Exemple : la demande en eau d’une zone donnée doit être adaptée à la disponibilité de la
ressource (en termes de quantité et de qualité). Les tarifications sont un exemple qui permettent
de réconcilier la demande et la disponibilité de la ressource.

2
III. LES ENJEUX ACTUELS DE LA GIRE
III.1. Garantir l’eau pour les populations et les activités de production
Bien que les besoins fondamentaux en eau des êtres humains soient une priorité absolue pour
la plupart des pays, un cinquième (1/5e) de la population mondiale est privé d’eau potable et la
moitié ne bénéficie pas de systèmes d’assainissement. Ce manque de services touche avant tout
les populations les plus démunies des pays en développement où l’approvisionnement en eau
et l’assainissement des zones urbaines et rurales restent les défis les plus alarmants des années
à venir.
Selon les projections démographiques, il faudra nourrir 2 à 3 milliards de personnes de plus au
cours du prochain quart de siècle. Or, de plus en plus, l’eau est considérée comme une contrainte
majeure pour la production alimentaire, problème aussi grave, si ce n’est plus, que la pénurie
de terres arables. Il faut noter que dans ce climat, l’agriculture irriguée représente d’ores et déjà
plus de 70 % des prélèvements totaux d’eau.
Les besoins de l’agriculture irriguée, ceux des êtres humains et des écosystèmes vont
certainement générer de graves conflits. Les difficultés prendront d’autant plus d’ampleur que
les pays souffrant de pénuries d’eau s’efforceront d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, au
lieu de viser la sécurité alimentaire grâce aux échanges commerciaux. Car lorsqu’ils importent
des produits alimentaires, les pays peuvent importer de l’eau en provenance de régions mieux
loties (concept de « l’eau virtuelle »).
Toutes les activités humaines entraînent une consommation d’eau et la production de déchets.
Mais certaines de ces activités consomment plus d’eau ou produisent plus de déchets par emploi
que d’autres. Il est donc nécessaire de prendre en compte cette réalité lors de l’élaboration des
stratégies de développement économique, notamment dans les régions où il y a pénurie d’eau.

III.2. Protéger les écosystèmes vitaux


Les écosystèmes terrestres situés en amont d’un bassin fluvial jouent un rôle important en ce
qui concerne l’infiltration des eaux pluviales, la réalimentation des nappes souterraines et les
débits des cours d’eau. De leur côté, les écosystèmes aquatiques engendrent tout un éventail de
bénéfices économiques, grâce à des produits tels que le bois d’œuvre, le bois de chauffage et
les plantes médicinales. Ils abritent également les habitats spécifiques de la flore et de la faune
sauvages, ainsi que des frayères (lieu de reproduction des poissons et certains batraciens). Ces
écosystèmes sont tributaires du débit, des caractéristiques saisonnières des cours d’eau et des
fluctuations des nappes d’eau souterraines. Qu’ils soient terrestres ou aquatiques, les
écosystèmes sont intrinsèquement impactés par la qualité de l’eau.

3
En ce qui concerne la valorisation et la gestion des terres et de l’eau, les décisions adoptés
doivent garantir la préservation de ces écosystèmes vitaux et prendre en compte les
répercussions négatives éventuelles sur les autres ressources naturelles, voire leur
neutralisation.

III.3. Gérer la variabilité spatio-temporelle et les risques


La quasi-totalité de l’eau douce utilisable à des fins humaines est issue des précipitations. Or
celles-ci varient considérablement dans le temps et dans l’espace. La plupart des régions
tropicales et subtropicales se caractérisent par des variations saisonnières et annuelles
importantes de la pluviométrie, souvent aggravées par des variations à court terme irrégulières.
Cette variabilité se traduit par une augmentation de la demande vis-à-vis du développement des
infrastructures et par la nécessité accrue de gérer la demande et l’approvisionnement en eau. Il
est clair que pour faire face à cette variabilité, la tâche est d’autant plus ardue pour les pays les
plus pauvres, disposant de peu de ressources financières et humaines qualifiées. En outre, les
changements climatiques que connaît actuellement notre planète pourraient aggraver la
situation.
Les variations des débits des cours d’eau et de la réalimentation des nappes, dues soit à des
phénomènes météorologiques, soit à une mauvaise gestion des terres peuvent amplifier les
sécheresses et les inondations. Ces événements sont susceptibles d’avoir des répercussions
catastrophiques entraînant des pertes humaines importantes et des dégâts économiques, sociaux
et écologiques. La pollution de l’eau fait apparaître un autre éventail de risques, puisqu’elle
porte atteinte à la santé humaine, au développement économique et aux fonctions des différents
écosystèmes. En matière de gestion et de valorisation des ressources en eau les risques
économiques sont loin d’être négligeables en raison du type d’investissements nécessaires,
souvent à grande échelle et à long terme.
Enfin, l’instabilité politique et les changements de gouvernement constituent également des
facteurs de risques importants. Jusqu’à présent, on ne s’est guère soucié de l’évaluation
systématique des coûts et avantages de l’atténuation des risques pour tous les usagers de l’eau
ni de l’évaluation comparative avec d’autres options.

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III.4. Sensibiliser l’opinion publique et stimuler la volonté politique
Il est nécessaire de sensibiliser l’opinion publique afin de mobiliser un soutien efficace pour
une gestion durable des ressources en eau et d’encourager les changements de comportement
et les actions nécessaires à ce soutien. En outre, la sensibilisation de l’opinion publique et les
appels à l’action en découlant peuvent s’avérer essentiels pour stimuler la volonté politique
d’agir.
L’évolution historique du mouvement écologique des « verts » montre bien comment la
sensibilisation de l’opinion publique et les mouvements de pression ont permis la naissance
d’un engagement et d’une volonté d’agir politiques.
En ces temps de pénurie de ressources, qu’elles soient financières ou naturelles, l’attention et
l’engagement des politiques sont essentiels pour garantir une prise de décision saine et la
réalisation des investissements nécessaires en matière de mise en valeur et de gestion de l’eau.
Nous n’avons d’autre choix que d’amener le problème de l’eau au premier rang des
préoccupations politiques si l’on veut garantir le succès à long terme d’une gestion durable des
ressources en eau.
En matière de gestion des ressources en eau, l’approche traditionnelle, sectorielle et fragmentée
a souvent poussé les instances gouvernantes à représenter des intérêts antagoniques. Trop
souvent, des objectifs d’action ont été définis sans prendre en compte les implications pour les
autres usagers de l’eau et sans consultation au-delà des limites sectorielles et institutionnelles.
En conséquence, les ressources financières et physiques disponibles (notamment l’eau) n’ont
pas été utilisées en vue d’améliorer le bien-être de la société dans son ensemble. Il y a lieu de
définir des moyens appropriés permettant de coordonner l’élaboration, la planification et
l’application des politiques de manière intégrée, au-delà des limites sectorielles,
institutionnelles et professionnelles, et de prendre en compte les problèmes encore plus
complexes de coordination découlant de la gestion des cours d’eau traversant plusieurs pays
par exemple.

5
IV. LES GRANDS JALONS DE LA GIRE
Années Evénements Faits marquants
Une déclaration fut adoptée, qui affirme la
nécessité d’adopter une conception et des
Conférence des Nations Unies
principes communs pour les questions
1972 sur l’Environnement à
environnementales
Stockholm (en Suède)
La création du PNUE (Programme des Nations
Unies sur l’Environnement)
Mise en place du système mondial de
surveillance continue de l’environnement
1974
(GEMS : Global Environnent Monitoring
System)
Le programme GEMS/WATER a été mis en
1976 place par l’OMS, UNESCO, OMM et le PNUE
sur la qualité de l’eau douce
Conférence des Nations Unies La mise en place de la DIEPA (Décennie
1977 sur l’Eau à Mar del Plata en Internationale de l’Eau Potable et de
Argentine l’Assainissement)
La mise en place d’une commission mondiale sur
1983
l’environnement et le développement
Publication du Rapport de Brundtland intitulé :
1987
« NOTRE AVENIR A TOUS »
La notion de GIRE prend forme
La déclaration de Dublin sur l’eau dans la
Conférence de Dublin en perspective d’un développement durable
Irlande Adoption des 4 principes directeurs et plan
d’action proposant la création d’un conseil
mondial de l’eau
Cinq (05) textes furent adoptés
1. La déclaration de Rio, basée sur
l’environnement et le développement avec ses 27
principes définissant les droits et responsabilités
1992
des Etats en la matière ;
2. La convention sur les changements
Sommet « Planète Terre » de climatiques ;
Rio de Janeiro au Brésil 3. La convention sur la biodiversité ;
4. La déclaration des principes relatifs aux
forêts ;
5. L’Agenda 21 ou Action 21 un plan d’action
mondial détaillé dans tous les domaines du
développement avec 38 thèmes ou chapitres
principaux identifiés
La création du conseil mondial de l’eau
1996 La création du partenariat mondial pour l’eau
(GWP)
Premier Forum Mondial de
1997
l’eau, à Marrakech au Maroc

6
La conférence de Paris en
1998
France
2ème forum mondial de la Haye
2000
au Pays-Bas
La conférence de Bonn en
2001
Allemagne
Conférence de l’ONU sur le
2002 financement du
développement Monterrey
SMDD ou Rio + 10,
2002 Johannesburg en Afrique du Mise en place du Plan GIRE
Sud
3ème forum mondial de l’eau,
2003
Kyoto au Japon
2004 Lancement d’initiatives en faveur de la GIRE
4 forum mondial de l’eau, à
ème
2006
Mexico au Mexique
5ème forum mondial de l’eau, à
2009
Istanbul en Turquie
6ème forum mondial de l’eau, à
2012
Marseille en France

V. LES PRINCIPES DIRECTEURS DE LA GIRE


V.1. Principe 1 :
L’eau douce est une ressource limitée et vulnérable, indispensable à la vie, au
développement et à l’environnement.
La notion que les eaux douces sont une ressource finie survient alors que le cycle hydrologique
produit en moyenne une quantité d’eau fixe par intervalle de temps. Cette quantité globale ne
peut pas encore être altérée sensiblement par les actions humaines, bien qu'elle puisse l’être, et
soit fréquemment, épuisée par la pollution humaine. La ressource en eau douce est un capital
qui doit être maintenu pour s'assurer que les services qu'elle fournit, soient durables.
Ce principe reconnaît que l'eau est nécessaire à des fins, des fonctions et des services variés ; la
gestion, doit donc être holistique (coordonnée) et implique une prise en compte des demandes
de cette ressource et les menaces qui pèsent sur elle. Il reconnaît aussi la zone de captage ou le
bassin fluvial comme l’unité logique pour la gestion des ressources en eau. L'approche intégrée
à la gestion des ressources en eau rend nécessaire la coordination de la gamme d’activités
humaines qui créent des besoins en eau, déterminent les utilisations foncières et génèrent des
produits de déchets connexes à l’eau.

7
V.2. Principe 2 :
Le développement et la gestion de l’eau devraient être fondés sur une approche
participative impliquant usagers, planificateurs et décideurs à tous les niveaux.
L'eau est un sujet dans lequel chacun est partie prenante. La vraie participation n’a lieu
seulement que lorsque les parties prenantes font partie du processus de prise de décision. Le
type de participation dépendra de l’échelle spatiale concernant les décisions particulières de
gestion et d'investissement de l'eau. Elle sera surtout affectée par la nature de l'environnement
politique dans lequel ces décisions ont lieu. L’approche participative est le meilleur moyen pour
réaliser un consensus et un accord durable et commun. La participation concerne la prise de
responsabilité, l’identification de l'effet des actions sectorielles sur les autres utilisateurs de
l'eau et les écosystèmes aquatiques et l’acceptation de la nécessité du changement pour
améliorer l'efficacité de l'utilisation de l'eau et ainsi permettre le développement durable de la
ressource.
Pour ce faire, il faut que les décideurs, comme l'ensemble de la population, soient bien
conscients de l'importance des ressources en eau. Les décisions seront donc prises à l'échelon
compétent le plus bas en accord avec l'opinion publique et en associant les usagers à la
planification et à l'exécution des projets relatifs à l'eau. La participation ne permet pas toujours
d’aboutir au consensus, des processus d'arbitrage ou autres mécanismes de résolution de conflits
doivent également être mis en place.
De même la décentralisation de la prise de décision au plus bas niveau est une stratégie pour
une plus grande participation en termes de couche et de nombre de la population. Ainsi les
gouvernements doivent aider à créer l'opportunité et la capacité de participer, en particulier
parmi les femmes et les autres groupes sociaux marginalisés. Il faut tout aussi reconnaître que
créer simplement des opportunités participatives ne signifiera rien pour les groupes
actuellement désavantagés à moins que leur capacité à participer soit améliorée.

V.3. Principe 3 :
Les femmes sont au cœur des processus d’approvisionnement, de gestion et de
conservation de l’eau.
Les arrangements institutionnels relatifs à la mise en valeur et à la gestion des ressources en
eau tiennent rarement compte du rôle primordial des femmes utilisatrices et gardiennes du
milieu vivant. On reconnaît largement que les femmes jouent un rôle majeur dans la collecte et
la sauvegarde de l'eau pour les utilisations domestiques et (dans de nombreux cas) l’utilisation
agricole, mais qu’elles ont un rôle beaucoup moins influent que les hommes dans la gestion,

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l’analyse des problèmes et les processus de prise de décisions relatifs aux ressources en eau.
L'adoption et l'application de ce principe exigent que l'on s'intéresse aux besoins particuliers
des femmes et qu'on leur donne les moyens et le pouvoir de participer, à tous les niveaux, aux
programmes conduits dans le domaine de l'eau, y compris la prise de décisions et la mise en
œuvre, selon les modalités qu'elles définiront.
En développant la participation entière et efficace des femmes à tous les niveaux de la prise de
décision, il faudra prendre en compte la manière dont les différentes sociétés affectent des rôles
sociaux, économiques et culturels particuliers aux hommes et aux femmes. Il y a une synergie
importante entre l’équité Genre et la gestion durable de l'eau. Faire participer les hommes et
les femmes dans les rôles influents à tous les niveaux de la gestion de l'eau peut accélérer la
réalisation de la pérennité ; et la gestion de l'eau de manière intégrée et durable contribue
significativement à l’équité Genre en améliorant l'accès des femmes et des hommes à l'eau et
aux services connexes à l’eau pour la satisfaction de leurs besoins essentiels.

V.4. Principe 4 :
Pour tous ses différents usages, souvent concurrents, l’eau a une dimension économique.
C’est pourquoi elle doit être considérée comme un bien économique
Dans ce principe, il est essentiel de reconnaître d'abord le droit fondamental de tous les êtres
humains à avoir accès à l'eau potable et à l’assainissement à un prix abordable. La gestion de
l'eau en tant que bien économique est une manière importante de réaliser les objectifs sociaux
tels que son utilisation efficace et équitable et encourager la conservation et la protection des
ressources en eau. L'eau a une valeur en tant que bien économique de même que bien social.
Beaucoup d'échecs passés dans la gestion des ressources en eau sont attribuables au fait que la
pleine valeur de l'eau n'a pas été reconnue, ce qui a conduit à gaspiller la ressource et à
l'exploiter de façon anarchique au mépris de l'environnement.
Considérer l'eau comme un bien économique et la gérer en conséquence, c'est ouvrir la voie à
une utilisation efficace et une répartition équitable de cette ressource, à sa préservation et à sa
protection. Ce principe n’ignore pas la dimension sociale de l’eau à savoir le droit fondamental
de l'homme à une eau salubre et à une hygiène adéquate pour un prix supportable.

Ici, les termes valeur et prix sont deux notions à ne pas confondre : Des inquiétudes ont été
exprimées quant aux répercussions sociales du concept de « bien économique ». Considérer
l’eau comme un bien économique pourrait compromettre son accès aux populations les plus
démunies.

9
Les fondements de ce principe sont entre autres :
➢ Usager payeur ;
➢ Pollueur payeur ;
➢ Contribution de toutes les couches aux actions de l’amélioration de sa qualité et de sa
quantité

Afin d’éviter toute confusion, il faut faire la distinction entre valeur et prix de l’eau.
Le prix de l’eau :
Est un instrument économique qui permet d’orienter les comportements vers la préservation et
une utilisation rationnelle de l’eau, de favoriser une gestion axée sur la demande, de garantir le
recouvrement des coûts et d’indiquer si les consommateurs sont prêts à payer pour des
investissements supplémentaires.

La valeur de l’eau :
Le coût d'opportunité d'une action ou d'une décision économique est la mesure de la valeur de
chacune des autres actions ou décisions auxquelles on renonce. Quand on doit arbitrer et faire
des choix, la décision la plus rationnelle est celle dont le coût d'opportunité (évalué
subjectivement) est le plus faible. Le coût d'opportunité d'une action A par rapport à une action
B désigne la perte de revenu subie en faisant A plutôt que B, il désigne un manque à gagner.

Exemples de principes dérivés de la GIRE (Burkina Faso)


➢ Le droit d’accès à l’eau potable ;
➢ Le principe d’équité dans la répartition des ressources en eau ;
➢ Le principe de subsidiarité (gestion au niveau spatial approprié) ;
➢ Le principe du développement harmonieux des régions ;
➢ Le principe de gestion de l’eau par bassins hydrographiques ;
➢ Le principe de gestion équilibrée des ressources en eau ;
➢ Le principe de protection des usagers et de la nature ;
➢ Le principe préleveur-payeur (utilisateur-payeur) ;
➢ Le principe pollueur-payeur ;
➢ Le principe de participation des usagers, des planificateurs et des décideurs politiques,
à tous les niveaux, à la formulation, à la mise en œuvre et à l’évaluation de la politique
de l’eau.

10
VI. SITUATION ACTUELLE DE L’EAU
VI.1. Dans le monde
Dans la littérature, on peut relever les données suivantes sur la répartition des ressources en eau
sur la terre :
Volume total d’eau disponible : 1 420 millions de km3
Volume total d’eau douce : 70 millions de km3 (soit 5% du volume total d’eau disponible)
Volume total d’eau salée : 1 350 millions de km3 (soit 95% du volume total d’eau disponible)

11
Figure 1: Répartition des Ressources en Eau sur la Terre

5%

Eau salée
Eau douce

95%

Tableau 1 : Disponibilité d’eau douce sur la Terre


Type eau douce Volume d'eau en milliers de Pourcent du vol. total d'eau
km3 douce

Eau souterraine 48 000 68.44 %


Calottes glaciaires et glaciers 22 000 31,37 %
Humidité du sol 49,7 0,07 %
Eau (plantes et animaux) 7,1 0,01 %
Lacs et cours d'eau 79,2 0,11 %
Atmosphère 1,47 Moins de 0,01 %

On estime le volume total d’eau douce accessible à 4.3 millions de km3 (soit 0.3% du volume
total d’eau disponible). Cette eau douce accessible est repartie entre les eaux de surface,
facilement mobilisables et les eaux souterraines dont une grande partie reste trop profonde et
inexploitable. Les eaux de surface, constituées des lacs (retenues d’eau) et des cours d’eau ne
représentent finalement que 0,11% du volume total d’eau douce disponible.

12
VI.2. En Afrique
➢ Le cadre hydro climatique
Les pays d'Afrique peuvent être regroupés en régions présentant une cohérence climatique et
géographique : Afrique du Nord, région Soudano-Sahélienne, Golfe de Guinée, Afrique
Centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Sud. Cependant on peut noter une disparité et une
variation latitudinale de la pluviométrie. Celle-ci varie de moins de 200 mm/an dans les zones
arides à plus de 3000 mm/an dans les parties humides du continent. La variabilité climatique
observée dans la majorité des pays africains entraine une modification importante des débits
dans les cours d’eau partagés qui sont près de 60 en Afrique.

Tableau 2: Ressources en Eau renouvelables internes de l'Afrique


Superficie Pluie Ressources renouvelables internes
Région
(Km2) (Km3/an) (Km3/an) (Mm/an) % du total % de la pluie
Nord 5753 411 50 8,7 1,2 0,5
Région soudano-sahélienne 8591 2878 170 19,8 4,3 1,2
Golfe de Guinée 2106 2965 952 452,0 23,8 28,8
Centre 5329 7621 1946 365,2 48,8 23,2
Est 2916 2364 259 88,8 6,5 5,6
Iles de l’océan Indien 591 1005 340 575,3 8,5 36,6
Sud 4739 2967 274 57,8 6,9 3,6
Total 30025 20211 3991 1567,6 100,0 99,5
Source : FAO, AQUASTAT & manuel technique de gestion intégrée des ressources en
eau, 2010

➢ Quelques bassins fluviaux d’Afrique


Bassin du Niger
Avec une longueur de 4200 km, le fleuve Niger avec ses affluents draine une superficie
théorique d’environ 2 100 000 km². Environ 1 500 000 Km² de partie active est répartie sur les
pays membres de l’Autorité du Bassin du Niger : la Guinée (6%), la Côte d’Ivoire (1%), le Mali
(26%), le Niger (23%), le Burkina Faso (4%), le Bénin (2%), le Cameroun (4%), le Tchad
(1.0%) et le Nigeria (33%).
Dans le bassin du Niger, les usages multiformes de la ressource en eau disponible, les objectifs
et priorités des différents usagers (publics ou privés) sont différents et variables dans le temps

13
et dans l’espace dans un contexte de changement climatique aux effets nettement visibles sur
notre environnement. C’est face à cette situation et par souci d’un partage équitable des
bénéfices liés à l’eau sur l’ensemble du bassin et le renforcement de la coopération entre les
États que les Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’ABN, au cours de leur 7ème Sommet tenu
en février 2002 à Abuja (Nigeria), ont décidé que soit élaborée, une vision claire et partagée.
Dans le cas du Mali l’Agence du Bassin du Fleuve Niger (ABFN) est l’administration publique
entièrement dédiée à la sauvegarde du fleuve Niger. Elle a été créée en 2002, mais ses activités
n’ont réellement démarré qu’en 2004. La mission principale de l’ABFN est de veiller à la
sauvegarde du fleuve Niger en tant qu’entité vitale du pays, de protéger ses berges et bassins
versants contre l’érosion et l’ensablement et de préserver les écosystèmes terrestres et
aquatiques. L’agence intervient dans les quatre grands sous-ensembles du fleuve Niger : le
Niger supérieur, le delta intérieur, la boucle du Niger et l’affluent Baní, à travers ses antennes
régionales. Elle joue aussi un rôle sur le plan international. Le Niger traverse 9 pays d’Afrique
de l’ouest, et c’est l’ABFN qui représente le Mali au sein de l’Autorité du Bassin du Niger
(ABN), responsable de la coordination transfrontalière de la gestion du fleuve.

Bassin du Sénégal
Le bassin du fleuve Sénégal couvre une superficie de 300.000 km2 répartis entre la Guinée
11%, le Mali 53 %, la Mauritanie 26 % et le Sénégal 10 %.
Le bassin du fleuve est alimenté par un système hydraulique composé du fleuve Sénégal et de
ses principaux affluents (le Bafing, le Bakoye et la Falémé qui prennent leur source dans le
massif du Fouta-Djalon en Guinée et qui produisent plus de 80% du débit du fleuve). Le Bafing
à lui seul contribue environ à la mobilisation de la moitié du débit à Bakel. Les principaux
affluents en aval de Bakel sont : le Gorgol et l’Oued Gharfa qui n’apportent qu’environ 3% des
apports.
L’OMVS qui a été créée en 1972, suite à un cycle de sécheresse avait pour objectif essentiel à
travers son programme d’aménagement du fleuve Sénégal en régularisant l’essentiel des
apports hydrologiques.
La réalisation de cette ambition passait par la mise en œuvre d’un programme d’infrastructures
régionales et le développement intégré des trois secteurs d’utilisation que sont l’agriculture
irriguée, l’hydroélectricité et la navigation.

14
Bassin de la Volta
Le fleuve Volta est long de 1850 km et draine un bassin versant de 400.000 km2 ; près de 20
millions de personnes y vivent. Six pays se partagent ce bassin : Bénin (3,4%), Burkina Faso
(43%), Côte d’Ivoire (2,5%), Ghana (42%), Mali (3%), Togo (6,4%).
La Volta présente plusieurs traits originaux. Alors que le Niger supérieur, le Logone et le Chari,
par exemple, coulent du sud au nord des régions tropicales humides vers les confins du Sahara,
la Volta offre un aspect opposé : plusieurs maigres cours d’eau naissent dans le Sahel au-
dessous de 1000 mm de précipitations annuelles et se dirigent après maints détours vers le sud,
plus humide, où ils s’enflent et se gonflent notablement.
La longueur du fleuve est de plus de 1850 km avec un bassin de 400.000 km² qui se jette dans
l’Océan Atlantique. Il concerne presque toute la partie méridionale du Burkina Faso et presque
toute la partie septentrionale du Togo, ainsi que la majeure partie du Ghana. Quelques portions
plus modestes intéressent les franges du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Mali. Le débit de la
Volta ne devient important qu’au centre du Ghana dans son bief inférieur après avoir reçu
d'importants apports de son affluent principal, l’Oti. C’est là où le barrage d’Akosombo créé en
1964 avec plus de 60 milliards de m3 de réserve utilisable et une capacité de stockage de 148
milliards de m3. Le Lac Volta est devenu un pôle de développement du Ghana.
Les 400.000 km² du bassin de la Volta sont drainés par un réseau hydrographique qui se
développe autour de trois branches principales qui sont : le Mouhoun (Volta Noire), puis le
Nakambé (Volta Blanche) et son affluent le Nazinon (Volta Rouge). Le principal affluent de
la Volta est l'Oti, qui coule du Togo et du Bénin.

➢ Quelques grands aquifères transfrontaliers d’Afrique


L’eau souterraine est stockée dans les espaces et fractures des roches. La porosité mesure la
proportion de vides dans la formation, la propriété du réservoir de stocker ou de libérer de l'eau
souterraine. Lorsque les pores communiquent entre eux ils permettent le déplacement des
particules d'eau. Cependant tous les vides ne sont pas occupés par l’écoulement, c’est pourquoi
on parle de porosité efficace qui mesure le pourcentage de vides où circule l’eau gravitaire.
L'eau gravitaire est la fraction de l'eau souterraine libérée par l'action de la force de gravité ;
c'est l'eau mobilisable.
De grands bassins sédimentaires sont également présents contenant de très importantes nappes
d’eau. Certains constituent des aquifères transfrontaliers avec d’importantes ressources
"invisibles" dont la gestion concertée est tout aussi essentielle que dans le cas de cours d’eau
transfrontaliers, dont les ressources attirent plus l’attention du public. Dans la partie nord du

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continent africain, on note quelques grands bassins contenant des ressources en eau souterraine
immenses.
Aquifère des Grès Nubiens : La série sédimentaire s’échelonne du Cambrien au Crétacé
supérieur. Son épaisseur dépasse 3000 m dans le bassin de Kufra et au Nord-Ouest. Elle est
constituée de formations continentales au sud : sables, grès, argiles, passant progressivement à
des formations marines vers le nord : calcaires, grès et dolomies avec intercalation d’argiles
Système aquifère des Lullemeden : Il est essentiellement situé en territoire Nigérien et au
Mali, il se prolonge au Nigéria à travers le bassin de Sokoto. Les principales formations
aquifères de ce bassin sont : Continental intercalaire / Continental Hamadien, Crétacé Supérieur
Marin et du Paléocène, Continental Terminal.
Système aquifère du Lac Tchad : Le bassin du lac Tchad comprend un système aquifère
multicouche constitué des principaux niveaux aquifères suivants : le Plio-Quaternaire, le
Crétacé supérieur, le Continental Terminal.
Système aquifère du bassin sénégalo-mauritanien : C’est un système aquifère partagé entre
la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau. Il comprend :
La nappe des « sables maestrichtiens »
Le Continental terminal
L’Oligo-Miocène
Les ressources des sables quaternaires
Système aquifère côtier du Golfe de Guinée : Il comprend le Bassin de Tano qui s’étend
depuis la ville de Fresco à l’ouest (Côte d’Ivoire) jusqu’à Axim (Ghana), et le Bassin de Kéta
qui part de la ville de Kéta (Ghana), en passant par le Togo, le Bénin, jusqu’à la ville de Lagos
à l’est (Nigeria). C’est un système très vulnérable compte tenu des pressions exercées pour
alimenter les villes côtières comme Lomé ou Cotonou et des risques de pollution engendrés par
ces agglomérations urbaines.

VII. LA MISE EN ŒUVRE DE LA GIRE


VII.1. Le cadre politique et juridique favorable
La mise en œuvre de la GIRE nécessite des changements qui demandent un appui politique qui
peut être un défi (Tableau 3), puisqu’il faut prendre des décisions difficiles. Pour cela il faut
une approche basée sur les principes de Dublin et s’appuyant sur ses 3 éléments fondamentaux
que sont : l’efficience économique, la durabilité environnementale, et l’équité sociale. Pour
cela il faut axer les changements à apporter sur 3 domaines d’actions :

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• Un environnement favorable qui inclut la politique de l’eau, la législation et la
réglementation ;
• Une définition des rôles institutionnels ;
• Une mise en place d’instruments de gestion.

Tableau 3 : Principaux domaines de changement préalables à une mise en œuvre de la GIRE


Axes d’intervention Domaines cibles Actions à mener
Fixer des objectifs pour
Cadre politique l’utilisation, la protection et la
conservation de l’eau
Domaines cibles -Actions à Voter des lois à suivre pour
mener Cadre législatif appliquer les politiques et atteindre
les objectifs
Structures de Affecter des ressources financières
financement pour satisfaire les besoins en eau
Cadre Créer un organe pour coordonner
organisationnel les aspects formels et fonctionnels
Rôles institutionnels Edification des
Développer les ressources
capacités
humaines
institutionnelles
Evaluation des Comprendre les disponibilités et les
ressources en eau besoins
Développement Combiner les options de
des plans pour la développement, l’utilisation des
GIRE ressources et l’interaction humaine
Gestion de la
Utiliser l’eau plus efficacement
demande
Instruments de
Favoriser une société civile tournée
changement
vers l’eau
Instruments de gestion social
Résolution des Gérer les litiges en garantissant le
conflits partage de l’eau
Instruments Limiter la distribution et l’usage de
réglementaires l’eau
Instruments Utiliser la valeur et les prix pour
économiques l’efficience et l’équité
Echange et
Améliorer les connaissances pour
gestion des
une meilleure gestion de l’eau
informations

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Les autorités politiques doivent fixer des objectifs pour l’utilisation, la protection et la
conservation de l’eau. Le processus d’actualisation de la politique de l'eau est une étape
majeure, qui exige une consultation élargie et nécessite un engagement politique. Elles doivent
aussi fixer les règles à suivre pour appliquer les politiques et atteindre les objectifs. Par exemple
la législation de l'eau convertit la politique en loi et devrait :
• Clarifier le droit et les responsabilités des utilisateurs et des fournisseurs de l'eau ;
• Clarifier les rôles de l'état par rapport aux autres parties prenantes ;
• Formaliser le transfert des allocations de l'eau ;
• Offrir un statut juridique aux institutions de gestion de l'eau du gouvernement et des
groupes d'utilisateurs de l'eau ;
• Assurer l'utilisation durable de la ressource ;
• Favoriser la création des structures de financement et mesures d’incitation permettant
d’affecter les ressources financières pour répondre aux besoins en eau.

VII.2. Le cadre institutionnel


Il définit les rôles en créant un cadre organisationnel incluant les aspects formels et fonctionnels
et en renforçant les capacités institutionnelles avec le développement des ressources humaines.
Pour cela des arrangements institutionnels sont nécessaires pour permettre :
• Le fonctionnement d'un consortium de parties prenantes impliquées dans la prise de
décision avec la représentation de toutes les sections de la société et un bon équilibre
Genre ;
• La gestion des ressources en eau basée sur les frontières hydrologiques (bassin versant,
aquifère) et non administratives ;
• La mise en place de structures organisationnelles aux niveaux de bassins et de sous
bassins afin de permettre la prise de décision au niveau approprié le plus bas ;
• La coordination par le gouvernement de la gestion nationale des ressources en eau à
travers les secteurs d'utilisation de l'eau ; il doit faciliter, réguler et encourager le secteur
privé à contribuer au financement et à la fourniture de services d’eau, d’irrigation...).

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VII.3. Les instruments de gestion
Le cadre politique et législatif met en place "les règles du jeu", tandis que le cadre institutionnel
identifie "les joueurs" et définit leurs rôles respectifs. Quant aux instruments de gestion, ils
représentent "les joueurs" avec leur compétence et leur savoir-faire nécessaires pour un jeu de
qualité, efficace et en harmonie avec le contexte social et économique. Les objectifs essentiels
de ces instruments de gestion sont de mettre en place :
• Un service d’évaluation et de suivi des ressources en eau pour comprendre les
disponibilités et les besoins ;
• Des plans de la GIRE en associant les options de développement, l’emploi des
ressources et l’interaction humaine ;
• Un mécanisme de gestion de la demande qui permet une réglementation et une
allocation de l’eau afin qu’elle soit utilisée plus efficacement en fixant des limites à la
distribution et à l’usage de l’eau ;
• Des instruments de changement social pour favoriser une société civile tournée vers
l’eau et des mécanismes de résolution des conflits afin de gérer les litiges en garantissant
le partage de l’eau ;
• Des instruments économiques afin d’utiliser la valeur et les prix de l’eau pour
l’efficacité et l’équité et des mécanismes de gestion des informations afin d’améliorer
les connaissances pour une meilleure gestion de l’eau.

VII.4. Bassin versant, échelon pertinent pour la mise en œuvre de la GIRE


On peut définir un bassin versant comme une étendue géographique dans laquelle toutes les
pluies convergent vers une rivière, un étang, un lac ou une autre masse d'eau commune. Toutes
les utilisations de terres urbaines, rurales ou industrielles peuvent influencer la qualité et la
quantité des eaux superficielles ou souterraines disponibles dans un bassin versant ou, à
l'inverse, être influencées par la qualité et la quantité disponible dans ce même espace.
Le bassin versant est le territoire pertinent pour la GIRE indépendamment des frontières
nationales ou administratives traversées. C’est dans cette entité où se posent les problèmes, et
où ils peuvent être résolus par consensus entre les acteurs de l’eau et de l’aménagement du
territoire, en application du principe de subsidiarité, de gouvernance au niveau le plus proche
du terrain.
La GIRE favorise l’émergence d’institutions assurant le dialogue et l’arbitrage indispensable
entre acteurs de la gestion de l’eau et du territoire du bassin. Elle s’appuie sur des outils
techniques (réseaux de mesures, banques de données) indispensables à la connaissance de la

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ressource et sur des outils d’aide à la décision, notamment pour la planification des actions à
mener sur le bassin.
Globalement on pourrait, pour chaque bassin versant, produire des documents techniques
sectoriels sur : les aspects physiques et chimiques, les aspects biologiques, les dimensions
sociales et économiques et les aspects de la santé des populations humaines.
Ces documents sectoriels sont ensuite regroupés dans un document d'intégration (bilan) qui
présente clairement les problèmes propres au bassin. Ce document d'intégration servira de base
à la consultation du public qui est invité à participer à la définition de priorités d'action et à la
détermination du rôle et des mandats de chacun des partenaires. Ce document servira de plan
d'action élaboré par les divers acteurs du milieu.

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