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309 ACÉPHALES — ACHERY
et Acace de Constantinople avaient élaboré un nouveau diocèse d'York, il vint les terminer à Paris et entra bientôt
symbole de foi qu'ils espéraient l'aire accepter de tous. à l'abbaye de Saint-Victor. Elu en 1155 pour succéder à
Ils y condamnaient expressément Nestoriuset Eutychès, Gilduin, premier abbé de Saint-Victor de Paris, il fut
mais en même temps ils affectaient de passer sous nommé en 1161 à l'évèché d'Avranches, où il resta jus-
silence les décisions du concile de Chalcédoine et les reje- qu'à sa mort, 29 mars 1171. Les contemporains le citent
taient hypocritement. Cette formule ambiguë, approuvée comme une autorité dans les sciences sacrées, et l'his-
toire le met au nombre des religieux et des prélats les
par l'empereur Zenon, imposée par lui dans son édit
d'union ou He'nolicon, ne pouvait satisfaire que les plus célèbres du xne siècle. On a de lui : 1° un traité De
indifférents. La condamnation d'Eutychès irrita les mono- tenlalione Christi; 2° un opuscule De divisione animai
pliysites rigides; l'attitude équivoque prise à l'égard du et spiritus. On doit aussi lui attribuer, à ce qu'il semble,
concile de Chalcédoine, leur parut insuffisante, et beau- un traité De discretione animœ, spiritus et mentis.
coup d'entre eux, des moines surtout, se séparèrent de Mais les seuls écrits d'Achard qui aient été imprimés
Pierre Monge, aimant mieux rester sans chef, àxéfaXoi, sont deux lettres sans importance, l'une à Henri II,
que de demeurer dans sa communion. Dans la suite, ils roi d'Angleterre, l'autre à Arnoul, évèque de Lisieux.
se joignirent aux partisans du patriarche monophysite P. L., t. CXLVi. A part quelques sermons et peut-être
d'Antioche, Sévère. Le diacre Liberatus, Breoiarium, un traité, De Trinilate, les autres écrits que divers
P. L., t. lviii, col. 988, suppose que le nom d'acéphales recueils ont mis sous son nom, Vila S. Geselini et So-
fut aussi donné à ceux qui, au concile d'Éphèse, ne sui- liloquium de instructione animas, doivent être attribués
vaient ni saint Cyrille d'Alexandrie, ni Jean d'Antioche. l'un à Achard, moine de Clairvaux, qui mourut en 1170,
Léontius de Byzance, Desectis, act. v, n. 2, P. G., t. lxxxii, l'autre à Adam Scotus, prémontré.
col. 1230; Baronius, .4iii«iics, ann. 482; Hêfele, Histoire des con- Brial, dans [Link] la France, 1SU, t. XIII, p. 453; Ceil-
ciles, trad. Leclercq, Paris, 1908, t. Il, p. 868; Wetzeret Welte, lier, Hisl. des auteurs ecclésiastiques, 2° édit., Paris, 1863, t. Xiv,
Kirchenlexikon, Fribourg, 1882, t. i. p. 708; Hauréau, Hist., litt. du Maine, 1870, t. I, p. 1-20; dom
V. ÔBLET. Morin, dans la Revue bénédictine, mai 1899, p. 218.
ACHAMOTH. Ce nom, chez les gnostiques valen- A. Mignon.
liniens, désigne le fruit informe du dernier éon femelle ACHAT. Voir Prix, Vente.
du Plérome, de l'indiscrète Sophia, qui, à la suite d'une ACHÉRY Luc (d'). Né à Saint-Quentin en 1609, dom
vaine tentative pour saisir l'Incompréhensible, le Père
Luc d'Achéry (i t d'abord profession dans l'abbaye deSain t-
invisible, n'enfante qu'un avorton. C'est la Soçia
Quentin en l'île dans sa ville natale, mais il ne tarda pas à
'A^an-wô de saint Irénée, l'"ExTp<i>[Aa, la Socpt'a ï) 'i\u> passera la réforme de Saint-Maur. Il en prit l'habita
des Pliilosophumena, vi, 31, au rôle à peu près iden-
tique, mais important, dans la cosmologie, l'anthro- l'abbaye de la Trinité de Vendôme et fit profession le
4 octobre 1632. Envoyé à Paris pour cause de santé en
pologie etl'eschatologie.
1637, il se fixa à l'abbaye de Saint-Germain des Prés.
Prise en pitié par l'éon XpLarôç, elle reçoit de lui sa Nommé bibliothécaire de ce monastère, il classa son
forme et un parfum suave. Mais, aussi peu sage que sa
mère, elle se laisse aller au désir violent de reconquérir dépôt avec soin, l'enrichit considérablement et en dressa
le catalogue. Bibl. nat. de Paris, F. F. 13083-1308$.
la lumière qui est venue la visiter, n'y parvient pas,
faute de pouvoir franchir le seuil du Plérome, gardé par Moine d'une piété exemplaire, aimant la retraite, d'une
assiduité remarquable au travail, malgré une existence
l'éon "Opo; : d'où des douleurs, du chagrin, la crainte
de ne plus retrouver la lumière, de perdre la vie, enfin pleine d'infirmités, dom d'Achéry a passé sa vie à recueil-
l'ignorance de tout ce qui est au-dessus d'elle. lir de nombreux textes inédits, qu'il utilisa dans ses
Sa tentative et ses malheurs ne sont pas cependant éditions de Lanfranc, de Guihert de Nogentet surtout
inutiles. Car de son élan vers la lumière naît le Dé- [Link] avait aussi commencé à recueillir les
miurge, le [i.Y)Tpo7tâT{i>p, qui, d'une façon inconsciente, actesdes saints de l'ordre de Saint-Benoit, quand. en 166 't,
mais sous la direction de sa mère, procède au discer- il obtint pour aide le jeune dom Mabillon, qu'il initia
nement des deux essences, céleste et terrestre, psychique aux travaux d'érudition. Celui-ci le vénéra toujours
et hylique, et à l'exploitation des passions maternelles. comme un père et lui rendit un juste tribut d'hom-
mages en maints endroits de ses œuvres, lter italicum,
En effet, de la crainte il tire l'âme des bêtes et de Paris,1686,t.i, p. 38; Act. SS., Paris, 1668, sœ[Link], part. I,
l'homme; de la tristesse, tout ce qu'il y a de mauvais;
des larmes, p. xxxi. Le grand mérite de dom d'Achéry fut d'avoir
le feu, etc. l'eau; du sourire, la lumière; de l'ignorance, été le promoteur et le défenseur de la culture des études
Achamoth prie, et, à sa prière, le Plérome est ému. sérieuses au sein de la congrégation de Saint-Maur; sa
Au lieu de Xpiorôç, elle reçoit cette fois le napaxXïiToç, lettre adressée au chapitre général, tenu à Vendôme en
le Sauveur Jésus. Elle se voile d'abord la face devant ce 1648, était un éloquent plaidoyer en faveur de cette cause.
Il mourut à Saint-Germain des Prés le 29 avril 1685. Cf.
visiteur céleste, puis elle hasarde un coup d'œil et elle
est réconfortée, consolée. Mais elle trouve si beaux les Journal des Savants, 26 novembre 1685, p. 393-394. Les
anges qui l'accompagnent qu'elle lie commerce avec eux, ouvrages de dom d'Achéry sont : 1° S. Barnabee epistola,
conçoit et enfante des fruits spirituels. Par là est rendue édit. posthume de dom Hugues Ménard, in-4°, Paris,
possible la formation complète de l'homme. L'homme 1645; 2° Asceticorum ,i'idgospi iri tualiu m opusculorum...
tient de la matière son élément hylique; du démiurge, indiculus, in-4°, Paris, 1648; 2e édit. augmentée par
son âme psychique ; d'Achamoth, son âme pneumatique. dom Jacques Remi,in-4°, Paris, 1671; 3° B. Lanf ranci
Les fautes d'Achamoth rendent la rédemption néces- opéra, in-fol., Paris, 16i8; Venise, 1745; P. L., t. cl;
saire; dès que la rédemption sera un fait accompli, 4° Guiberli abbatis B. M. de Novigento opéra, in-fol.,
Achamoth doit s'élever et entrer, cette fois, dans le Paris, 1651, P. L., t. CLVi; 5° Grimlaici régula solita-
Plérome pour s'y unir à l'époux, que le Plérome entier riorum, in-12, Paris, 1653; 6° Veterum aliquot scrip-
aT1NIENS.
contribué à former, c'est-à-dire à Jésus. Voir Valen- torum... spicilegium, 13 in-4», Paris, 1655-1677; 2° édit.
(partielle), t. i (Paris, 1665); t. il, m (Paris, 1681,
S. Irénée, Cont. hxreses, 1. I, c. iv, P. G., t. vu, col. 4SI, 1686). Cf. Analecla bollandiana, 1899, t. xvm, p. 43-
1S4 sq.; Pliilosophumena, VI, 31 sq., P. G., t. xvi, col. 3240, 49; 3e édit. revue par L. Fr. Jos. de la Barre sous le
G. Bareille. titre de Spicilegium sive collectio veterum aliquot
ACHARD DE SAINT- VICTOR naquit dans les pre- scriptorum, 3 in-fol., Paris, 1723. — La vaste cor-
mières années du XIIe siècle, en Angleterre ou en Nor- respondance de dom d'Achéry est conservée à la Bi-
mandie. Avant commencé ses études à Brindlington, au bliothèque nationale de Paris, F. F. 17682-17680. On