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307 ACEMÈTES -- ACEPHALES
deCyr, ce précieux témoignage: « Nous sommes excité même monastère, avait, en 518, souscrit la supplique
avons écrire de nouveau, par la vie admirable que vous demandant la condamnation des erreurs monophysites
et de leurs partisans. Mansi, ibid., col. 1054. En 787, au
menez, mais aussi par le zèle cligne d'éloges que vous deuxième concile de Nicée, on trouve aussi la signature
avez montré pour la cause de la foi apostolique, sans
de Joseph higoumène des acémètes. Mansi, ibid., [Link],
crainte ni de la puissance impériale, ni de l'entente des
évêques. Bien que la plupart d'entre eux n'aient donné col. 151. A partir de cette époque si l'influence des acé-
leur consentement que par la force, cependant par leurs mètes continue à grandir encore au milieu des luttes
souscriptions ils ont confirmé la nouvelle hérésie. Rien pour la défense des images, leur nom finit par se con-
de cela n'a ébranlé votre piété, mais vous avez persévéré fondre avec celui des studites qui, depuis saint Théodore
dans les anciens dogmes qui furent la foi des apôtres et (759-826), le plus illustre de leurs higoumènes, jouent le
premier rôle dans la défense de la foi catholique; mais
des prophètes, d'après l'enseignement de l'Eglise. »
Théodpret, E/nst., cxlii, P. G., t. lxxxiii, col. 1368. Ce il ne faut pas oublier que c'étaient des moines acémètes
même Marcel proteste encore, à la tète des moines et qui avaient fondé' et peuplé le monastère de Stude; si
du peuple assemblés à l'hippodrome, contre l'élévation les constitutions de saint Théodore, leur législateur, ne
à la dignité de César (469) d'un prince suspect d'aria- parlent pas expressément de la psalmodie perpétuelle, il
nisme, le second fils d'Aspar, associé à l'empire par en est fait mention dans plusieurs de sescatéchèses à ses
Léon Isr et désigné par lui pour lui succéder après sa moines, et l'on peut avec certitude affirmer que, pendant
mort. Au nom de tous les orthodoxes, Marcel demande la période la plus brillante de leur histoire, les studites
ou que le fils d'Aspar soit exclu de la dignité impériale, restent fidèles aux traditions du fondateur des acémètes,
ou qu'il fasse profession de la vraie foi : il obtint l'attes- saint Alexandre, en faisant succéder, jour et nuit, la
tation solennelle que le nouveau César avait renoncé à prière à la prière, la lecture à la lecture, la psalmodie
ses erreurs d'autrefois. Surius, 29 décembre, p. 1031; à la psalmodie, en célébrant les louanges du Seigneur,
Théophane, édit. de Boor, p. 117, 11. sans interruption, unis et rattachés à Dieu par le cycle
Quelques années plus tard, pendant le schisme sans fin de la prière : Nûxto>p xoù p-sô'-^uipav alvoùjiEv
d'Acace (484-519), on retrouve les acémôtes parmi les tôv Kupiov xarà ty|v 7tapa8eootjivY]v rj|itv Û7tô tùv âyetov
plus fidèles défenseurs de la doctrine catholique, étroi- Tratéptov ï)[/.<âv vou.o9scnav... Théodore Studite, Parva
tement unis au Siège apostolique. C'est Cyrille, abbé des calechesis, édit. Auvray, 1891, cat. lu, p. 188, P. G.,
acémètes, qui informe le pape Félix III de la conduite t. xcix, col. 579. — "Op« Y«p tô Yivàu-evov <]/aXu.u>8ia tï}v
d'Acace, puis de la prévarication des légats Misène et *l/a).[j:<ootav ôiaoéxerat, àvâyvtoaiç xryj àvâyvaxnv, (jleXéty)
Vital; c'est un acémète, qui, au péril de sa vie, attache tyjv (j.î>.éty)v, iipo<st\)yj\ tï)v 7rpo<T£uy_ifjv, xaBâuEp tiç xûx).oç
au manteau d'Acace la sentence d'excommunication cq'<<>v x«\ duvâuTuv riu.âç tw Bs<i>. Parra Catech., édit.
portée par le pape; et c'est dans un monastère acémète, Auvray, cat. lxvii, p. 235, ibid., col. 599.
celui de Dius, à Constantinople, que le défenseur de Les moines acémètes ne se firent pas seulement re-
l'Église romaine Tutus avait cherché refuge contre les marquer par leur fidélité à la prière perpétuelle, par
embûches d'Acace et de ses partisans. Aussi les lettres leur zèle pour l'orthodoxie et par leur empressement à
du pape ne séparent-elles point les moines de Bithynie garder la communion avec le siège apostolique; leur
des moines de Constantinople, les uns et les autres activité dans tous les travaux de l'esprit doit être au
reçoivent du synode romain de 484 ce bel éloge : « Il moins signalée. Saint Marcel, leur abbé, était un calli-
n'est pas possible d'en douter : grâce à votre véritable graphie renommé; on trouve chez eux, à toutes les
piété envers Dieu, grâce à votre zèle toujours attentif et époques, des ateliers calligraphiques très prospères; la
à un don de l'Esprit-Saint, vous discernez les justes des bibliothèque de leur grand monastère est la plus
impies, les fidèles des infidèles, les catholiques des hé- ancienne dont il soit fait mention chez les historiens
rétiques. Mansi,
» Concil. collect., t. vi, col. [Link] byzantins; au vie siècle le diacre romain Rusticus,
au siècle suivant, sous prétexte de combattre plus péremp- neveu du pape Vigile, y vint contrôler les versions du
toirement les tendances eutychiennes des théopaschites, concile de Chalcédoine, Mansi, op. cit., t. vu, col. 679;
ils reculèrent jusqu'au nestorianisme et soutinrent que sous le règne de Justinien, on y comptait jusqu'à deux
mille lettres de saint Isodore de Péluse. P. G., t. lxxxiv,
Jésus-Christ n'est pas « un de la Trinité » et que Marie
n'est pas la mère de Dieu. Avec une audace qui n'est col. 587. Et c'est chez les acémètres surtout que se ren-
pas sans exemple dans l'Église grecque, ils essayèrent contre, entre tous les monastères de la capitale, la noble
d'en imposer aux Romains en mettant en circulation et constante préoccupation d'enrichir le trésor littéraire
des documents inventés de toutes pièces, tels que onze de leur bibliothèque par la transcription des manuscrits.
lettres apocryphes, dont trois sous le nom du pape Ainsi, par leur vie toute de travail, de prière et de foi,
Félix. Pendant toute une année, les délégués des moines les acémètes méritent une place à part dans l'histoire
acémètes, Cyrus et Eulogius, séjournèrent à Rome dans
théologique et littéraire de l'Orient.
l'espoir d'obtenir une décision en leur faveur; mais La vie de saint Alexandre fondateur des acémètes se trouve,
comme ils s'obstinaient dans leur erreur, le pape au 15 janvier, dans les Acta sanctorum, t. Il, Paris, 1863, p. 300-
Jean II porta contre eux (534) une sentence d'excommu- 311. La vie de saint Jean le Calybite, au 15 janvier, ibid., p. 311-
nication. Mansi, ibid., t. vin, col. 798, 799. Les termes
320; dans P.G., t. exiv, col. 5G8-582, et Analecta bollandiana,
mêmes de la lettre par laquelle Justinien accréditait, t. xv, p. 250-267. —La vie de saint Hypatius, Acta sanctorum,
pour cette all'aire, ses deux délégués llypatiuset Démé- aul7 juin, Paris, 1807, t. IV de juin, p. 243-282; Callinique, De
trius, indiquent expressément que cette erreur demeura vita sancti Hypatii liber, ediderunt seminarii philologorum
le fait d'un petit nombre de moines : quibusdam paucis Bonnensis sodales, in-12 .Leipzig, 1895, xx-180 p. — La vie de
rnonachis, et que les archimandrites demeurèrent en saint Marcel, au 29 décembre, dans Surius, \'il:v sanctorum,
communion de doctrine avec le Siège apostolique. édit. de Cologne, 1575, p. 1020-1032. — On trouvera un grand
nombre de textes dans Du Gange, Gloss. med. et inf. grmeitatis,
Mansi, ibid., t. vin, col. 796, 797. Les moines scy thés théo- Lyon, 1688, et surtout CJ/oss. med. et inf. latinitatis, Paris, 1734,
paschites etleurs partisans furent plus difficiles à ré- V Acœmrti. Cf. E. Marin, Les moines de Constantinople, Pa-
duire; une requête de tous les abbés de la capitale de- ris, 181)7, et De Studio, cosnobio constanlinopoUtuuo., P;nis,
manda au pape Agapit, venu à Constantinople, de les con- 1807; Dictionnaire d'archéologie chrétienne, t. i, col. 307-321.
damner solennellement. Ils assistèrent et souscrivirent E. Marin.
au synode réuni par le patriache Menas en 536 : parmi ACÉPHALES, surnom donne'1 aux eutychiens qui
eux se trouvait le moine Jean, prêtre et archimandrite en ÎS2 se séparèrent de Pierre Monge, patriarche mono-
du grand et vénérable monastère des acémètes. Mansi,
t. vin, col. 101 i, Evéthius, diacre et archimandrite du physite d'Alexandrie. Mans le bul apparent de ramener
à l'unité les orthodoxes et les hérétiques, Pierre Monge