Chapitre 2 - Les Lignes de transmission
Introduction
Les lignes de transmission constituent un mal nécessaire. Elles
coûtent cher, elles provoquent des pertes dans l'installation et elles
compliquent la vie de la plupart des opérateurs radio.
Aussi, à moins que vous ne soyez en mesure d'installer votre
émetteur à 15 mètres dans les airs ou d'amener l'antenne dans votre
station, il vous faudra une ligne de transmission pour relier
l'émetteur à l'antenne.
La ligne de transmission est un conducteur qui relie le
récepteur ou l'émetteur à l'antenne. Indépendamment du type de
ligne utilisé, la liaison entre l'antenne et l'appareil radio doit suivre
certaines règles. Elle doit présenter la plus faible perte possible afin
que le signal émis ou reçu ne soit pas atténué.
2.1 Les lignes de transmission électriques
2.1.1. Éléments composant une ligne de transmission électrique
a. Partie résistive
Tout conducteur offre une certaine résistance au passage du
courant. Alors, selon le type de matériaux employés et selon ses
dimensions, une ligne de transmission offrira ± de résistance. Cette
résistance se traduit par une perte de l'énergie circulant dans la
ligne. La figure 2.1 nous donne l'équation qui régit la résistance d'un
conducteur électrique à basse fréquence. Le tableau 2.1 nous donne
1
la résistivité de différents matériaux pour une température de
20°C. De plus, la résistivité d'un conducteur croît avec la
température, ce qui signifie qu'une ligne de transmission aura plus
de perte si elle est exposée au soleil.
Figure 2.1 Tableau 2.1
Le tableau 2.2 nous donne le coefficient de variation de la
résistivité de divers matériaux par rapport à l'écart de température
au-dessus ou en-dessous de 20°C. De plus, nous verrons que la
résistance augmentera en fonction de l'augmentation de la
fréquence du courant qui circule dans la ligne.
2
Tableau 2.2
b. Partie inductive
Si une variation de courant circule dans un conducteur
électrique, des lignes de champ magnétique seront générées à
l'intérieur comme à l'extérieur du conducteur. Ceux-ci créent une
force contre-électromotrice dans le conducteur de façon à créer de
l'opposition au courant qui l'a créé. En d'autres mots, ceci signifie
qu'un conducteur possède un certain effet inductif.
Figure 2.2
c. Partie capacitive
Soit deux conducteurs électriques placés à une certaine
distance l'un de l'autre. Si les deux conducteurs ne se touchent pas
3
et qu'ils sont séparés par de l'air très sec, c'est donc qu'ils sont
isolés électriquement l’un de l'autre.
L'air qui les sépare agit alors comme isolant. Alors, qui dit
isolant, dit capacité. On peut donc affirmer qu'il existe un certain
effet capacitif entre les conducteurs. Cet effet capacitif varie
selon le diamètre des conducteurs, la distance entre les conducteurs
et finalement selon le type d'isolant qui les sépare. Ainsi, chaque
isolan t à ses caractéristiques qui lui sont propres.
La permittivité relative 𝜀, est la principale caractéristique qui
permet de déterminer l'effet capacitif d'un isolant. La permittivité
est la caractéristique qui représente la facilité avec laquelle un
champ électrique peut s'établir dans l'isolant. 𝜀0 , représente la
permittivité du vide. La figure 2.3 nous montre l'équation de base
qui régit la capacité entre deux surfaces "A" séparées par une
distance "d".
Tableau 2.3 Figure 2.3
4
2.1.2. Perte diélectrique
Figure 2.4
Bien qu'il soit un bon isolant, le diélectrique laisse toujours
passer un certain courant de fuite. De plus, lorsque la fréquence du
signal augmente, le diélectrique absorbe de plus en plus d'énergie ce
qui se traduit par un échauffement ou une perte dans le diélectrique.
En d'autres mots, le diélectrique a tendance à devenir un moins bon
isolant lorsque la fréquence augmente. Ceci se traduit donc comme
étant l'équivalent d'une résistance qui serait en parallèle avec la
capacité formée par le diélectrique ou la résistance symbolise la
perte (l'absorption) du diélectrique. Evidemment, cette perte
devient ± importante selon le type de diélectrique utilisé. Par
exemple, le mica est un très bon isolant mais il s'agit d'une
substance rigide qui ne peut être utilisée dans les lignes de
transmission. Les substances plastiques offrent de moins bonnes
performances que le mica mais sont cependant facilement
malléables. Pour cette raison, des mélanges de différents plastiques
sont utilisés pour fabriquer les lignes de transmission.
5
2.1.3. Circuit équivalent d'une ligne de transmission
a. Ligne sans perte
Dans le cas d'une ligne où la perte causée par la résistance des
conducteurs et du diélectrique serait négligeable on n'aurait alors
presque aucune atténuation. On peut alors considérer la ligne comme
étant formée seulement d'inductance série L représentant
l'inductance équivalente de ligne par unité de longueur (Ex : 200
nH/mètre). La capacité parallèle C représente l'effet capacitif de
la ligne exprimée par unité de longueur (Ex : 50 pF/mètre). Ce réseau
L/C ne provoquera pas d'atténuation dans la ligne, mais plutôt un
délai de propagation. Ceci signifie que l'énergie prendra un certain
temps pour parcourir toute la ligne.
Figure 2.5
b. Ligne avec perte
Dans ce cas, les pertes dues aux résistances des conducteurs
(effet pelliculaire) et du diélectrique ne sont plus négligeables. Donc,
cette ligne de transmission est formée d'une résistance série R
symbolisant la perte du conducteur, d'une inductance série L, d'une
capacité parallèle C et enfin d'une résistance parallèle G
(G=1/R=conductance) représentant la perte du diélectrique.
6
Figure 2.6
Ainsi, la perte dans une ligne de transmission croît en fonction
de deux paramètres :
- La longueur de la ligne. En effet, plus la ligne sera longue plus
la résistance totale augmente donc plus la perte augmente.
- L'augmentation de la fréquence. En effet, plus la fréquence
augmente plus l'effet pelliculaire augmente et plus la perte du
diélectrique augmente. Ceci signifie une augmentation de résistance
de la ligne avec l'augmentation en fréquence donc une augmentation
des pertes.
En résumé, une ligne de transmission atténuera et retardera
l'information véhiculée de l'entrée vers la sortie.
Le tableau 2.4 de la page suivante représente l'atténuation de
diverses lignes de transmission RF d'une longueur de 100 pieds en
fonction de la fréquence. Comme on peut le voir, pour tous les câbles,
l'atténuation est directement proportionnelle à la fréquence.
7
Tableau 2.4
2.2 Caractéristiques d’une ligne de transmission
2.2.1. Impédance instantanée ou caractéristique d'une ligne de transmission
Z0
Imaginons une ligne de transmission RF infiniment longue,
comme illustrée à la figure 2.7. Celle-ci est reliée par un
interrupteur à une pile. Alors, aussi longtemps que l'interrupteur S1
est ouvert aucun courant n'est injecté dans la ligne de transmission.
Ceci signifie que la capacité équivalente de la ligne ne contient
aucune charge.
8
Figure 2.7
Que se passera-t-il à la fermeture de S1 ?
Aussitôt que S1 est fermé la capacité équivalente de la ligne
commence à se charger de même que la partie inductive de la ligne.
Ceci signifie qu'une certaine quantité de voltage et de courant est
injectée dans la ligne. Puisque dans notre exemple, la ligne est
infiniment longue ; ceci signifie que la ligne fait une demande
constante de tension et de courant, un peu comme un tuyau très long
qui se remplit graduellement d'eau. Ainsi, on dit qu'un front d'onde
de tension, de courant et par conséquent de puissance sont injectés
dans la ligne. Alors, la pile fournit la tension et le courant nécessaire
pour charger la ligne. Si on fait le rapport de cette tension et de ce
courant nous obtiendrons une valeur de résistance. Ainsi, la pile à la
nette impression d'être reliée à une résistance pure. Ceci se produit
lors de la fermeture de l'interrupteur et demeure ainsi tant et aussi
longtemps que la ligne n'est pas entièrement chargée. On parle alors
de l'impédance instantanée de la ligne. Par exemple, imaginons que
lors de la fermeture de S1, on mesure instantanément une tension de
5 volts et un courant de 100 mA qui sont injectés dans la ligne. Si on
9
calcule le rapport entre cette tension et ce courant on obtient une
impédance instantanée de 50 Ω.
Z instantanée = Vinst / Iinst = 5 V / 100 mA = 50 Ω.
Ainsi, l'impédance instantanée de la ligne dépend de l'inductance
série et de la capacité parallèle (si la composante résistive est
négligeable). Alors, une ligne de transmission est composée d'une
infinité de réseaux de bobines en série et de condensateurs en
parallèle (Voir figures 2.8 et 2.9). Alors, si on change les dimensions
d'une ligne de transmission on change la capacité et l'inductance
donc on change l'impédance instantanée de la ligne. Dans les
caractéristiques du manufacturier, cette impédance est appelée
“impédance caractéristique” que l'on identifie par Zo ou Zc. Dans les
caractéristiques du manufacturier, on retrouve également la
capacité de la ligne exprimée par unité de longueur. Comme on peut
le voir dans l'équation ci-dessous, l'inductance et la capacité de la
ligne déterminent l'impédance caractéristique Zo ou Zc.
L = inductance de la ligne par unité de longueur.
C = capacité de la ligne par unité de longueur.
Z0 = L C
10
Figure 2.8
Figure 2.9
Comme on peut le voir sur la figure 2.10, une ligne de transmission
possède des effets inductif et capacitif qui agissent comme une
infinité de réseau L/C identiques sur toute la longueur de la ligne et
qui de par leur valeur régissent l'impédance caractéristique Z0 ou
Zc.
11
En résumé, l'impédance caractéristique représente l'impédance
instantanée vue par une source et par conséquent ne peut être
mesurée par un ohmmètre.
On peut se rappeler trois conclusions fondamentales :
- L'impédance caractéristique d'une ligne de transmission ne dépend
pas de sa longueur.
- L'impédance caractéristique d'une ligne de transmission est
purement résistive. (R ± J0).
- L'impédance caractéristique d'une ligne de transmission ne
dépend que de la perméabilité des conducteurs employés et de la
permittivité du diélectrique du matériel utilisé comme isolant entre
les conducteurs. Comme, généralement on utilise du cuivre ou de
l'aluminium comme conducteurs, donc des matériaux diamagnétiques
(mR=1) ; on peut donc dire que l'impédance caractéristique d'une
ligne ne dépend presque exclusivement du diélectrique utilisé comme
isolant. Cependant, le point important est que si la capacité se
manifeste entre les deux conducteurs du câble, la résistance et la
bobine, elles se trouvent placées en série avec ces mêmes
conducteurs.
C'est à partir de ces notions que l'on définit l'impédance d'un
câble. Dans le cas d'un câble de 50 Ohms, on peut prendre une
longueur quelconque de câble, brancher à une extrémité une
impédance connue, de 50 ohms, et faire une mesure d'impédance à
l'autre extrémité : on trouvera toujours 50 Ohms (figure suivante).
12
Figure 2.10
a. Terminaison d'une ligne de transmission
En réalité, il est impossible d'avoir une ligne de longueur infinie.
Ceci signifie que l'énergie arrive à un certain moment au bout de la
ligne. Alors, que devient l'énergie accumulée dans la ligne et que
devient l'impédance d'entrée vue par la source ?
Qu'arrive-t-il avec un tuyau que l'on remplit d'eau dont une
extrémité est bouchée ? Lorsque le tuyau est plein et que l'on
persiste à verser de l'eau et bien alors ça déborde. Lorsqu'une ligne
de transmission est ouverte ou court-circuit, c'est un peu le même
phénomène qui se produit. Comme nous le verrons un peu plus loin,
l'énergie émise dans la ligne va retourner littéralement vers la
source.
Dans une ligne infiniment longue, toute l'énergie émise dans la
ligne ne revient pas à la source. Il suffit donc de simuler la même
chose avec une ligne de faible longueur. Pour ce faire, on termine la
ligne par une charge résistive de valeur égale à l'impédance
caractéristique de la ligne. Alors, l'énergie émise par la source dans
13
la ligne atteindra la charge et alors l'énergie sera totalement
dissipée sous forme de chaleur par celle-ci.
Donc toute l'énergie est absorbée tout comme une ligne
infiniment longue. Il est impératif que la terminaison soit égale à
l'impédance caractéristique du câble car la quantité d'énergie qui
retourne vers la source est proportionnelle à l'écart existant entre
la valeur de la terminaison et l'impédance Z0 du câble.
En conclusion, pour éviter tout retour d'énergie, on termine
toujours la ligne par une charge résistive pure "Dummy Load" dont
la valeur est égale à Z0.
Lorsque la charge est une antenne, pour obtenir un rendement
optimal, il est indispensable que la totalité de l'énergie HF soit
rayonnée et captée. Il importe donc, à l'émission, que celle-ci soit
intégralement évacuée dans l'espace et n'occasionne pas de pertes
calorifiques. Cette exigence ne peut être satisfaite que si les
impédances de l'émetteur-récepteur et de l'antenne sont
rigoureusement égales.
b. Vitesse de déplacement d'une onde électrique dans une ligne
La vitesse de propagation dans une ligne de transmission dont
le diélectrique est l'air, correspond environ à celle de la lumière,
c'est-à-dire, 3.108 mètre/sec. Par contre, dans une ligne employant
un diélectrique solide, la vitesse de propagation est inférieure. Elle
est en fait à peu près égale à :
𝐶
V= ,
√𝜀𝑟 .𝜇𝑟
14
et comme la plupart des diélectriques utilisés comme isolants sont
non magnétiques (𝜇𝑟 = 1) alors
C
V= ,
√ εr
où V est la vitesse de propagation dans le milieu, C est la vitesse de
la lumière, 𝜇𝑟 est la perméabilité relative = 1 (pour un diélectrique
non-magnétique) et 𝜀𝑟 est la permittivité relative (constante
diélectrique).
Cependant, on peut éviter ces calculs en utilisant les spécifications
du manufacturier qui nous indiquent pour un modèle de ligne donnée
le pourcentage de vélocité par rapport à la vitesse de la lumière. Par
exemple, un % Vel = 66% signifie que l'énergie se propagera à 66%
de la vitesse de la lumière soit 66% de 3 x 108 m/sec, c'est-à-dire,
1.98 x 108 m/sec.
Habituellement, on nous donne cette spécification sous forme de
pourcentage de la vitesse de la lumière.
Le tableau 2.5 nous donne une liste de câbles les plus
fréquemment utilisés avec leurs caractéristiques principales. Tout
d'abord, nous avons le numéro de la ligne, l'impédance
caractéristique, la capacité par pied, le diamètre extérieur de la
ligne en pouces, le type de diélectrique utilisé et finalement la
tension maximale "RMS" pouvant être supportée.
15
Tableau 2.5
- Les câbles à enveloppe extérieure en polychlorure de vinyle
(polyvinyl chloride) (PVC)
En raison précisément de cette enveloppe, ils ne sont pas faits
pour des usages extérieurs. En moins d'une année, ils commenceront
à montrer des signes de craquelures, laissant ainsi pénétrer
l'humidité.., ou l'eau.
En outre, très rapidement, cette enveloppe extérieure aura
tendance à "émigrer" vers le centre du câble, à écraser la tresse de
masse... et à attaquer le diélectrique qui protège le conducteur
central.
Le résultat de ces deux "transformations" sera un changement
complet de l'impédance du câble.
16
- Les câbles à enveloppe extérieure en résine synthétique
Ces câbles dont l'enveloppe est plus rigide, sont appelés "non
contaminants" et ont une durée de vie élevée (généralement une
dizaine d'années selon les constructeurs). Ce type d'enveloppe de
câble a été conçu pour résister aux effets prolongés des intempéries
et des rayons solaires ultra-violets.
- Câble en mousse de polyéthylène
Le câble dont le diélectrique est constitué de mousse de
polyéthylène est très populaire en raison de ses faibles pertes
notamment en VHF et UHF. Sa qualité est en effet nettement
supérieure au câble dont le diélectrique est fait de plastique dur
semi transparent. Cependant, le câble en mousse exige certains soins
particuliers lors de son installation.
En effet, ce diélectrique contient une multitude de minuscules
poches d'air qui peuvent facilement retenir l'eau et l'humidité. Il y
aura donc lieu de sceller hermétiquement le câble dans son
extrémité faisant face aux intempéries.
c. Puissance de transmission maximale
À cause des pertes précitées, on peut comprendre qu'on ne
peut transmettre plus qu'une certaine puissance maximale pour un
câble donné. Par exemple, du RG8 peut transmettre généralement
jusqu'à 1 KW, tandis que du RG58 ne peut transmettre plus de 500
W et du RG174, 100 W seulement.
17
2.3 Types de lignes de transmission
Il existe aux moins trois familles de lignes de transmission :
- Les lignes de transmission électrique (câble à deux conducteurs
parallèles, ligne coaxiale, strip-fine, etc.)
- Les lignes de transmission électromagnétique (guide d'onde
rectangulaire, circulaire, hélicoïdale, etc.)
- Les lignes de transmission optique (fibre optique de tout genre.)
Dans ce chapitre, nous étudierons seulement les lignes de
transmission électrique.
Figure 2.11
a. Les lignes parallèles
Les lignes à deux conducteurs (figure 2.11) sont les plus
utilisées pour le transport d'énergie (50 ou 60 Hz) ou de ligne
téléphonique. L'impédance de ces lignes varie de 150 Ω à 600 Ω (300
Ω et 600 Ω standard) (voir figure 2.11 a, b et c).
18
Ces lignes sont des lignes balancées en ce sens que chaque
conducteur formant la ligne à la même impédance par rapport à la
terre, (“ground”) ce qui diffère des câbles coaxiaux qui ont une
enveloppe de blindage reliée au commun (“ground”) et qui entoure
l'autre conducteur (le “vivant”).
La ligne parallèle a plus de perte par irradiation
électromagnétique car elle n'est pas blindée (en générale) mais a une
perte électrostatique plus faible à cause du diélectrique utilisé qui
est généralement l'air. Ainsi, la vitesse de propagation dans les
lignes parallèles est généralement plus élevée que dans les lignes
coaxiales. Il est possible d'utiliser une ligne balancée avec blindage
pour éviter les pertes par irradiation. Cependant on obtient alors un
compromis entre la ligne parallèle et coaxiale. (voir figure 2.11 d).
Or, toute ligne de transmission possède une certaine résistance, une
certaine capacité et une certaine inductance. Ensuite, elle doit avoir
une impédance telle que l'adaptation entre l'antenne et l'équipement
soit parfaite.
Enfin, elle doit être de construction symétrique ou
asymétrique suivant que l'antenne et que l'appareil radio possèdent
une entrée/sortie symétrique ou asymétrique.
Il existe des lignes symétriques et des lignes asymétriques. Le
câble-ruban utilisé en télévision est du type symétrique ; le câble
coaxial utilisé entre autre en radioamateur est du type asymétrique.
La différence apparaît clairement à la figure 2.12.
19
Figure 2.12 - Ligne symétrique et ligne asymétrique
La ligne symétrique est constituée de deux conducteurs
espacés régulièrement l'un de l'autre, présentant par rapport à la
masse des tensions déphasées entre elles de 180 degrés. Si l'une de
ces conditions n'est pas remplie, la symétrie est perturbée, ce qui
entraîne diverses conséquences techniques : pertes, modification du
diagramme de rayonnement de l'antenne alimentée, etc.
La figure 2.13 montre quatre types de lignes de transmission.
A est formé de fils parallèles, B est un câble coaxial, C est ce qu'on
appelle le câble coaxial rigide, D est un guide d'onde rectangulaire.
Figure 2.13 - Types de lignes de transmission
20
b. Le câble coaxial
La figure 2.14 montre un câble coaxial. Dans ce câble, le
revêtement extérieur qui constitue le second conducteur de la ligne
est relié à la masse. Il n'y a donc qu'une seule tension entre le
conducteur central et le conducteur extérieur. Il ne peut être
question de symétrie dans ce cas. Les lignes de ce type sont
asymétriques.
Figure 2.14 - Composition du câble coaxial
Le câble coaxial de la figure 2.14 est composé d'un fil
conducteur central placé à l'intérieur d'un autre qui l'entoure. Ces
deux conducteurs sont concentriques et séparés par un isolant de
plastique ou de mousse de polythène. Le conducteur central est soit
mono-brin soit multi-brins et le conducteur externe forme une gaine
de blindage constituée par une tresse en fils fins. Une enveloppe de
matière plastique (PVC) ou de résine synthétique protège les deux
conducteurs.
Il ne viendrait à l'esprit de personne de tenter de remplir une
piscine avec un tuyau... crevé. Il en va de même en ce qui concerne
les câbles coaxiaux.
21
Si l'image peut porter à rire dans le cas de la piscine, elle sera
nettement moins drôle lorsque votre voisin constatera que vos ondes
radio débordent allègrement chez lui.
Le choix d'un bon câble coaxial est donc crucial, tant pour
l'efficacité de vos émissions, que pour votre tranquillité.
c. Câble « RG »
À l'origine, les câbles de qualité recevaient dénomination
« RG » pour « Radio Government ». Les lettres signifiaient que ces
câbles correspondaient à des spécifications militaires précises de
qualité supérieure.
Le « U » signifiait de son côté que le câble était universel dans ses
applications.
Si la plupart des câbles coaxiaux ont toujours une dénomination
commençant par les lettres “RG”, il est préférable aujourd'hui
d'oublier le critère de qualité qui s'y rattachait.
Comme les équipements de radioamateur présentent généralement
une impédance d'entrée/sortie de 50 ohms, les câbles coaxiaux RG8,
RG213 (ou RG58 pour une courte distance) sont les plus employés.
2.4 Le rapport d’ondes stationnaires
La présence d'ondes stationnaires provient du retour de
l'énergie ou d'une partie de l'énergie qui n'a pu être employée en fin
de ligne. Tout se passe comme dans le cas d'un rayon lumineux qui
22
frappe un miroir et qui revient en sens inverse suivant une loi connue.
Ce phénomène s'appelle “réflexion”.
2.4.1. Onde incidente ou émise "Ve", “Ie”, “Pe”
L'énergie émise instantanément par une source de signal dans
une ligne de transmission dépend de l'impédance instantanée vue par
la source. Comme nous l'avons vu dans « ligne de transmission »,
l'impédance instantanée vue par la source sera l'impédance
caractéristique de la ligne de transmission “Z0”. Alors, la tension
instantanée émise par la source dans la ligne sera “Ve”. L'indice (e)
est le symbole que l'énergie se déplace de la source vers la charge
donc ce signe donne le sens de propagation et non la polarité. Ce
symbole est utilisé aussi bien pour la tension, que pour le courant et
la puissance.
Figure 2.15
Ve = onde incidente en tension, Vs = tension de source, Zs = impédance
de source, Zo = impédance caractéristique de la ligne
VS × Z0
Ve =
ZS +Z0
De la même façon, Ie = onde incidente en courant = Ie = Ve/Zo et Pe = onde
incidente en puissance = Ve x Ie = Ve2/Zo.
23
2.4.2. Onde réfléchie “Vr”, “Ir”, “Pr”
Comme on le sait maintenant, la source pousse dans la ligne de
transmission un niveau d'énergie instantanée “Pe” qui ne dépend pas
de la charge qui termine la ligne mais plutôt de Zo. Ceci est causé
par le délai de propagation, c'est-à-dire, que la source ne voit pas
instantanément la charge qui termine la ligne de transmission. Alors,
l'énergie instantanée ainsi transmise dans la ligne ne correspond
peut-être pas à ce que la charge aurait demandée si elle aurait été
branchée directement sur la source.
Il est donc possible que la source ait débité trop d'énergie
instantanément par rapport à l'énergie qui aurait été demandée par
la charge.
D'après le théorème du transfert maximum de puissance, il
existe un seul cas où la charge ne débitera pas un surplus d'énergie,
c'est-à-dire, le cas où l'impédance de charge “ZL” sera égale à
l'impédance caractéristique de la ligne “Zo”. Alors, seulement dans
ce cas, l'énergie émise dans la ligne correspondra à ce que la charge
aurait demandée si elle aurait été branchée directement sur la
source.
C'est pour cette raison qu'il est très important de terminer la
ligne par une charge “ZL” égale à l'impédance caractéristique de la
ligne “Zo”.
Que se passera-t-il si ZL est différent de Zo ?
24
Ceci signifie que si ZL est supérieure ou inférieure à Zo la
source débitera un surplus d’énergie. Étant donné que la charge ne
dissipera seulement ce qui lui est dû, le surplus d’énergie retournera
vers la source. Il s'agit alors de l'énergie réfléchie “Pr”. Ainsi, il y
aura réflexion en tension que l'on identifie par “Vr” et une réflexion
en courant que l'on identifie par “Ir”.
L'indice (r) symbolise que l'énergie se déplace de la charge
vers le générateur donc ce signe symbolise le sens de propagation et
non la polarité. Ce symbole est utilisé pour la tension, le courant et
la puissance.
Plus la charge sera différente de Zo, plus il y aura d'énergie
réfléchie. Donc la quantité d'énergie réfléchie dépend de la
différence entre ZL et Zo.
ZL −Z0
Vr = onde réfléchie en tension = Ve ×
ZL +Z0
𝑍0 −ZL
Ir = onde réfléchie en courant = Ie ×
ZL +Z0
Pr = onde réfléchie en puissance = Vr × Ir
2.4.3. Coefficient de réflexion « Γ=Gamma »
De façon générale, le coefficient de réflexion en tension est le
rapport entre ce qui est réfléchie et ce qui a été injecté initialement
dans la ligne. On peut donc dire que l'on peut exprimer le coefficient
de réflexion de trois façons, c'est-à-dire, en tension, en courant et
en puissance. Zéro est la valeur recherchée car elle représente
l'absence de réflexion, cependant la valeur du coefficient de
25
réflexion maximum peut-être de ± 1. Ainsi la valeur du coefficient
de réflexion ne peut excéder ± 1 car ce qui est réfléchie ne peut
être supérieur à ce qui a été transmis. Car un câble n'est pas un
amplificateur. Les pires cas étant le court-circuit et le circuit
ouvert.
Le coefficient de réflexion en tension 𝚪𝐯 , est définie comme
étant le rapport entre la tension réfléchie Vr et la tension incidente
Ve.
Γv = Vr/Ve
ZL −Z0 ZL −Z0
Vr = Ve × , donc Γv =
ZL +Z0 ZL +Z0
Le coefficient de réflexion en courant Γi est définie comme
étant le rapport entre le courant réfléchi Ir et le courant incident
Ie.
Γi = Ir/Ie
ZL −Z0 ZL −Z0
Ir = Ie × , donc Γi = =−ΓV
ZL +Z0 ZL +Z0
Le coefficient de réflexion en puissance ΓP est définie comme
étant le rapport entre la puissance réfléchie Pr et la puissance
incidente Pe. On peut aussi dire que le coefficient de réflexion en
puissance ΓP est le produit du coefficient en courant Γi par le
coefficient en tension Γv .
ΓP = Γi × Γv ,
mais puisque Γi = - Γv , on peut dire que ΓP = −Γv × Γv
Donc ΓP = −(Γv2 ).
26
Exprimé en pourcent, Γ représente le pourcentage de la tension
réfléchie, du courant réfléchi ou de l’énergie perdue.
2.4.4. Mode de propagation dans une ligne infiniment longue
Supposons une source de signal reliée à une ligne de
transmission infiniment longue. Au tout début, la source donne
d'abord un signal à la ligne dont l'amplitude en tension et en courant
sont déterminés par le diviseur de potentiel formé entre
l'impédance de la ligne Zo et l'impédance de la source. Ainsi, un front
d'onde est injecté dans la ligne. Ce front d'onde en tension ou en
courant se déplace vers l'extrémité qui est situé à l'infini. Si les
caractéristiques physiques et électriques sont constantes le long de
la ligne ceci signifie que le front d'onde voit toujours la même
impédance le long de la ligne.
C'est à peu près comme si la source se déplacerait sur la ligne
un peu comme un train sur un rail de chemin de fer.
Figure 2.16
27
Faisons un petit calcul :
Figure 2.17
Si S1 est fermé, on peut calculer la tension immédiate présente
à l'entrée de la ligne.
Z0 50
Ve= Vs x = 10V x = 5V
ZS + Z 0 50 + 50
De la même façon on peut évaluer le : le = Ve / Zo = 5V / 50Ω
= 100mA. Alors, un front d'onde en tension de 5 V et en courant de
100 mA parcourt la ligne vers l'infini car au fur et à mesure que le
front d'onde avance il voit toujours la même impédance. L'énergie
n'est pas dissipée si la ligne n'est constituée que de bobines et de
condensateurs, c'est-à-dire, sans perte. Pratiquement, ce n'est pas
le cas puisque la ligne possède une perte qui a pour conséquence
d'atténuer progressivement le signal jusqu'à son extinction
complète.
On peut comprendre un peu mieux ce système par un système
de boulier. Théoriquement, l'énergie communiquée par la première
28
boule se véhiculera aux autres entièrement sans atténuation vers
l'infini.
Figure 2.18
2.4.5. Mode de propagation dans une ligne terminée par une charge égale à
Zo
Figure 2.19
ZL − Z0
Ainsi, Γv = .
ZL + Z0
Donc, Γv = 0.
Γi =-Γv = 0, Γp =-( Γv2 ) = 0.
Donc, il n'y a aucune réflexion.
29
Figure 2.20
Puisque la charge qui termine la ligne est exactement de la
même valeur que l'impédance caractéristique, le front d'onde ne
s'aperçoit pas de ce changement lorsqu'il atteint l'extrémité de la
ligne. Dans ce cas, on simule une ligne infiniment longue car il n’y a
pas d'énergie qui revient vers la source.
Toute l'énergie émise dans la ligne sera dissipée par la charge.
Ceci est normal puisque l'énergie injectée dans la ligne par la source
correspond exactement à ce que la charge aurait demandée si elle
aurait été reliée directement sur la source.
Mis à part le délai de propagation, on est dans une situation
idéale. Comme il n'y a aucune forme de réflexion alors toute
l'énergie transmise par la source est totalement dissipée par la
charge si la ligne est sans perte.
30
2.4.6. Dans une ligne terminée par un circuit ouvert (ZL = ∞ 𝛀)
Si la ligne est terminée par un circuit ouvert, la source ne le
sait pas tout de suite, car le front d'onde généré par la source dans
la ligne va mettre un certain temps à parcourir la ligne. En d'autres
mots, au temps t0, la source ignore que la ligne est terminée par un
circuit ouvert et débite alors un front d'onde en tension et en
courant qui dépend de l'impédance caractéristique de la ligne. Si on
poursuit toujours avec notre même exemple, c'est-à-dire, un front
d'onde en tension de 5 V et en courant de 100 mA.
Que se passera-t-il lorsque ce front d'onde atteindra l'extrémité
ouverte de la ligne ?
Pour répondre à cette question, passons à la source qui se
déplace sur la ligne. La charge vue par la source à l'extrémité de la
ligne sera un circuit ouvert. Donc, si la source aurait été branchée
directement au circuit ouvert la tension développée aurait été de 10
V et le courant égal à 0 A donc une puissance nulle.
Qu'advient-il de l'énergie véhiculée initialement dans la ligne?
L'énergie qui a été instantanément injectée ne correspond pas
à ce que le circuit ouvert aurait demandé soit 10 v avec 0 A. On lui
envoie en fait 5 v avec 100 mA. Ainsi, dans ce que la source a envoyé,
il manque +5 v et il y a 100 mA de trop. Comme nous allons le voir aux
figures suivantes une onde de +5 v et de -100 mA sera réfléchie.
Dans ce cas, il y aura un maximum de réflexion car toute l'énergie
transmise jadis par la source revient vers elle.
31
Figure 2.21 Figure 2.22
Par exemple, si le front d'onde incident V+ est positif alors,
l'onde réfléchie V- est aussi positive mais se dirige dans une
direction inverse. Vérifions ceci avec le boulier.
Figure 2.23
Ainsi :
ZL − Z0
Γv =
ZL + Z0
− Z0
Γv = =1
+ Z0
Γi = −Γv = −1
Γp =-( Γv2 ) = -(12) = -1.
32
D'après les relations mathématiques précédentes, le front
d'onde réfléchi en tension revient en phase par rapport au front
d'onde initial. Cependant, le front d'onde réfléchi en courant ou en
puissance revient inversé de 180o. Cette énergie n'est pas dissipée
et retourne à la source à la même vitesse. En effet, on peut observer
à la figure 2.24 une inversion du courant mais aucune inversion pour
la tension.
Par exemple, si le front d'onde incident en tension Ve est de
+5 v et en courant Ie de + 100 mA il y aura un front d'onde réfléchi
en tension Vr de +5v et en courant Ir de -100 mA. Évidemment,
comme le montre le boulier l'onde réfléchie a un sens de propagation
contraire à l'onde incidente.
Figure 2.24
33
2.4.7. Dans une ligne terminée par un court-circuit (ZL = 0)
Tout comme le cas précédent, la source ne sait pas
immédiatement que la ligne est terminée par un court-circuit. Si on
utilise la même pile et la même ligne que l'exemple précédent, la
source injectera initialement dans la ligne un front d'onde en tension
de 5 v et en courant de 100 mA.
Si on utilise encore le modèle de la source qui se déplace vers
l'extrémité de la ligne, on peut dire que la tension à l'extrémité de
la ligne, c'est-à-dire, aux bornes du court-circuit sera zéro volt.
Donc, si la source aurait été branchée directement au court-circuit,
la tension développée aurait été de 0 v et le courant égal à 200 mA
donc, une puissance nulle, car la puissance délivrée dans le court-
circuit sera P = V x I = 0 v x 200 mA = 0 Watt. Encore une fois,
l'énergie fournie par la source qui était de 0.5 W n'est pas absorbée.
L'énergie qui a été instantanément injectée ne correspond pas
à ce que le court-circuit aurait demandé. En effet, le court-circuit
aurait demandé 0 volt avec 200mA et on lui envoie 5v avec 100mA.
Il y a + 5v de trop et il manque 100mA pour faire 200mA. Comme
nous allons le voir, une onde de -5v et de + 100mA sera alors
réfléchie.
34
Figure 2.25
Alors cette tension retourne vers la source à la même vitesse
mais cette fois inversée de 180° par rapport à ce que la source avait
transmis.
Comme analogie c'est un peu comme si dans notre modèle, la
pile effectuait une rotation de 180° à l'extrémité de la ligne avant
de revenir.
Pour mieux visualiser ce phénomène on peut étudier le
comportement du déplacement d'une onde pulsée sur la ligne. Si
l’impulsion en tension initiale est positive celle qui sera réfléchie sera
négative.
35
Figure 2.26 Figure 2.27
À la page suivante, nous allons faire une analyse différente de
ce point de vue avec le modèle à réseaux LC.
Figure 2.28
36
Comme dans le cas précédent, il y aura un maximum de
réflexion car aucune énergie n'est dissipée par le court-circuit.
Ainsi toute l'énergie transmise jadis par la source revient vers elle.
Ainsi,
ZL − Z0
Γv =
ZL + Z0
0 − Z0
Γv = = -1
0 + Z0
Γi =-Γv =+1
Γp =-(Γv2 ) = -(-12) = -1
D'après les relations mathématiques précédentes, le front
d'onde réfléchi en tension revient déphasé de 1800 par rapport au
front d'onde initial.
Cependant, le front d'onde réfléchi en courant revient en
phase, tandis que la puissance revient encore inversée de 180o , car,
l'énergie n'a pas été absorbée par le court-circuit. Vérifiez sur la
figure 2.28. En effet, on peut observer une inversion de la tension
mais aucune inversion pour le courant.
Par exemple, si le front d'onde incident en tension Ve est de +
5 v et en courant Ie de + 100 mA il y aura un front d'onde réfléchi
en tension Vr de -5 v et en courant Ir de + 100 mA.
Évidemment, comme le montre le boulier l'onde réfléchie a
encore un sens de propagation contraire à l'onde incidente.
37
2.4.8. Conclusion sur les réflexions dans une ligne de transmission
Comme nous l'avons constaté précédemment, il est possible
d'avoir des réflexions sur une ligne de transmission un peu comme
lorsqu'on lance une pierre dans un étang. Pour obtenir une réflexion,
la charge ZL doit être différente de Zo. Ainsi, deux conditions sont
possibles, c'est-à-dire, lorsque ZL < Zo et lorsque ZL > Zo.
2.4.9. Calcul du taux d'ondes stationnaires
L’intensité des ondulations du courant de long de la ligne
dépend du rapport : impédance terminale de la ligne ZL sur impédance
caractéristique Zo. Ce rapport qui joue un rôle très important dans
l'étude des lignes est ce que nous appellerons :
Rapport d'ondes stationnaires, taux d’ondes stationnaires ou
coefficient d'ondes stationnaires. Pour simplifier, nous le
désignerons par ses initiales R.O.S. ou T.O.S.
Ainsi, l'amplitude de l'onde stationnaire dépend du niveau de
désadaptation de la charge donc du coefficient de réflexion en
tension Γv . Le rapport ou taux d'ondes stationnaires R.O.S. ou T.O.S.
(en anglais “Standing Wave Ratio, S.W.R.” ou “Voltage Standing
Wave Reverse” VSWR) peut donc se calculer à partir du coefficient
de réflexion Γv .
ZL − Z0
Γv =
ZL + Z0
ZL= impédance de la charge
38
Zo = impédance caractéristique du câble
1+|Γv | R.O.S−1
R. O. S = et |Γv | =
1−|Γv | R.O.S+1
N.B. |Γv | = valeur absolue de Γv
Si une charge purement résistive est placée à la fin d'une ligne
de transmission on peut calculer le R.O.S. comme ci-dessous.
Il y a deux possibilités de calcul, selon la valeur qui est la plus
élevée par rapport à l'autre. Ceci pour garder le R.O.S. supérieur ou
égal à 1.
ZL Z
R.O.S. = si ZL > Zo; R.O.S. = 0 si ZL < Zo
Z0 ZL
Contrairement au coefficient de réflexion Γ qui peut varier de
-1 à + 1, le R.O.S. est un coefficient dont la valeur est toujours
comprise entre 1 et l'infini. S'il est égal à 1, c'est qu'il n'y a pas
d'ondes stationnaires, donc pas d'onde réfléchie et que l'impédance
de charge ZL est parfaitement égale à l'impédance du câble Zo. Si,
par contre, sa valeur est ∞, c'est que l'amplitude minimum est égale
à zéro ; c'est donc que la charge est soit un court-circuit, soit un
circuit ouvert et qu'il n'y a aucune adaptation d'impédance.
De la même façon que le coefficient de réflexion Γ, le
coefficient d'onde stationnaire R.O.S. sera donc une façon de
mesurer l'adaptation existante entre une charge et une ligne de
transmission. Cependant le rapport d'onde stationnaire R.O.S. ne
nous indique pas si la charge est inférieure ou supérieure à
39
l'impédance Zo du câble mais seulement de combien de fois elle est
différente de Zo.
Par exemple, un R.O.S. de 2 ne nous dit pas si la charge est
deux fois plus petite ou deux fois plus grande car peu importe qu'elle
soit plus petite ou plus grande, elle provoque le même R.O.S. donc les
mêmes dommages.
Le rapport d’ondes stationnaire peut aussi être exprimé en
fonction des puissances réfléchie et émise. En effet dans la
pratique, nous pouvons mesurer la puissance émise et la puissance
réfléchie à l’aide d’un wattmètre.
Une adaptation parfaite des impédances se traduit par un
facteur de réflexion idéalement nul. Ce facteur est obtenu en
évaluant la proportion d'énergie non rayonnée sous forme de rapport
d'ondes stationnaires ROS. Ce ROS doit s'approcher le plus possible
de la valeur 1, soit l'absence totale de phénomène de réflexion. Le
ROS est donc le ratio de la tension maximum (ou courant) sur la
tension minimum (ou courant) des ondes stationnaires résultantes.
40
I max V V + Vr
ROS= = max = e
I min Vmin Ve − Vr
Ve = Tension de l'onde émise (celle qui va de l'émetteur à
l'antenne).
Vr = Tension de l'onde réfléchie.
Si la valeur du ROS est de 3 (voir tableau 2.6), le pourcentage
de pertes lors de l'émission sera de 25% par rapport à l'énergie
délivrée. Si le ROS est ramené à 1.5, la perte ne représente plus que
4% (soit 0,08 W pour une puissance de sortie de 2 W), ce qui est
négligeable.
% de puissance % de puissance
ROS
transmise réfléchie
1 100 0
1.42 97 3
1.5 96 4
1.7 93 7
2.3 84 16
3 75 25
4 64 36
5.6 51 49
9 36 64
19 19 81
Infini 0 100
Tableau 2.6 - Divers rapports d'ondes stationnaires
Γ = (ROS –1) / (ROS +1), Énergie perdue (%) = Γ x Γ x 100
Énergie transmise en % = 100 – Énergie perdue en %
41
Exercice : une ligne d'impédance caractéristique 100 Ω fermée
sur une résistance de 900Ω.
Calculer le R.O.S. et le facteur de réflexion.
Quelle est le pourcentage de l’énergie réfléchie et celui de
l’énergie absorbée par la charge.
ROS = 900/100= 9
Facteur de réflexion : Γ = (9—1) / (9 + 1) = 0.8
Il y aura donc 80 % du courant qui sera réfléchi et 80 %
également de la tension, soit une énergie réfléchie égale à 64 % de
l'énergie totale circulant dans la ligne ; 36 % seulement de l'énergie
sera absorbée par la charge de 900 Ω.
2.4.10. Effets produits par la présence d'ondes stationnaires
Voyons quel peut être l'effet du R.O.S., c'est-à-dire, de la
présence d'ondes stationnaires sur le fonctionnement d'une ligne.
Prenons comme exemple une ligne ayant une impédance
caractéristique Zo de 100Ω et alimentée par un générateur
fournissant 100 watts d'énergie haute fréquence.
ler cas : ZL = Zo = 100 Ω. La ligne est adaptée. Le courant est
constant le long de la ligne et égal à : I = (P/Zo)1/2 = (100/100)1/2 = 1
ampère
V=1x100=100 volts.
L'énergie à la sortie de la ligne est égale à celle qu'on applique
à l'entrée, ce qui est normal puisque nous supposons la ligne sans
pertes.
42
2e cas. La ligne est chargée par 25 Ω ou 400 Ω. Le R.O.S., dans
les deux cas, est 4
400/100 =4 ou 100/25=4
Le coefficient de réflexion Γ est :
Γ = (4-1)/(4+1)=3/5=0.6=60/100
Cela signifie que le courant et la tension réfléchis seront les
60/100e du courant et de la tension qui existeraient dans une ligne
bien adaptée, dissipant la même énergie dans sa charge. Le rapport
de l'énergie réfléchie à l'énergie totale est égal au carré du rapport
du courant réfléchi au courant dans la ligne adaptée.
Vrefl
= (0,6)2 = 0,36
Vtot
Donc, 36 % de l'énergie retourne au générateur et 64 % est
utilisé sur la charge finale. Dans la ligne adaptée, le courant est 1
ampère et la tension 100 volts. Le courant réfléchi sera :
Iréfl =1 A x 0,6 = 0,6 A
La tension réfléchie sera :
Vréfl=100V x 0,6 = 60V
Le courant oscillera donc entre :
1 A + 0,6 A et 1 A — 0,6 A, soit entre 1,6 ampère et 0,4 ampère.
La tension oscillera entre :
100 + 60 = 160 volts et 100 - 60 = 40 volts.
Dans une ligne bien adaptée, le courant aurait été pour 64
watts utilisables
43
I = (64/100)1/2 = 0.8 A
et la tension
V = 0,8 X 100 = 80 volts
On remarque que le rapport Imax/Imin est égal au R.O.S. 1,6/0,4
= 4. Il en est de même pour les tensions.
Ainsi, si la ligne est mal adaptée, on ne pourra utiliser toute la
puissance fournie par le générateur et la partie utilisable sera
d'autant plus petite que le R.O.S. sera plus élevé.
Au lieu d'avoir un courant constant de 0.8 A, on aura un courant
qui atteindra en pointe 1.6 ampère ; il faudra donc des conducteurs
plus gros pour supporter ce courant plus élevé.
La tension, au lieu d'être constante et égale à 80 volts,
atteindra en pointe 160 volts. Il faudra donc prévoir de meilleurs
isolants. La ligne convenable coûtera donc plus cher, pour une même
quantité d'énergie transportée, si elle est le siège d'ondes
stationnaires que si elle est adaptée.
Si la charge de la ligne est une antenne et si cette charge est
très différente de l'impédance caractéristique de la ligne, l'énergie
recueillie par l'antenne pour être rayonnée est très faible.
Si nous nous imposons de transmettre à la charge ZL une
puissance donnée, voyons un peu ce qui va résulter de la présence
d'ondes stationnaires.
Utilisons une ligne de Zo = 90 Ω fermée sur une charge de 10
Ω et supposons que nous voulions dissiper sur cette charge une
44
énergie de 90 watts. Si la ligne était adaptée, c'est-à-dire fermée
sur 90 Ω, le courant serait 1 ampère et la tension 90 volts, et nous
aurions 90 watts sur la résistance terminale de 90 Ω. Mais la charge
n'est que de 10 Ω. Le R.O.S. est 90/10 = 9.
Le coefficient de réflexion est :
(9-1)/(9+1) = 0.8 = 80/100
L'énergie réfléchie est 64/100 de l'énergie à l'entrée.
L'énergie utilisable n'est donc que 36/100 de l'énergie à
l'entrée. Pour avoir 90 W à la sortie, il faudra à l'entrée :
90 watts/(36/100)= 250 watts
Sur ces 250 W, 90 seront utilisables et 160 retourneront vers
le générateur.
Avec 250 W, le courant et la tension dans une ligne de Zo = 90
Ώ bien adaptée seraient
I = (250/90)1/2 = 1.66 amp.
V = 1,66 X 90 = 150 volts
Le courant et la tension réfléchis sont 80/100 de ces valeurs:
Iréfl = 1,66 x (80/100) = 1,33 A
Vréfl = 150 x (80/100) = 120 V
La tension oscillera donc entre :
150 + 120 = 270 volts et 150 — 120 = 30 volts
Le courant oscillera entre :
1,66 + 1,33 = 3 A et 1,66 - 1,33 = 0,33 A
45
On constate encore que les tensions maximale et minimale sont
dans un rapport 9 égal au R.O.S. Il en est de même des courants.
La présence d'ondes stationnaires fait donc monter le courant
à 3 ampères au lieu de 1 dans la ligne bien adaptée, et la tension à
270 V au lieu de 90. On voit les surintensités et les surtensions
provoquées par les ondes stationnaires à égalité de puissance
utilisable.
Il y a donc le plus grand intérêt à annuler le R.O.S. ou le réduire
au minimum. Si dans notre dernier exemple on avait intercalé entre
la ligne de Zo = 90 Ω et la charge de 10 Ω un quart d'onde de Zo =
(90 x 10)1/2 = 30 Ω, on aurait fait fonctionner la ligne correctement
puisqu'elle aurait été terminée sur une impédance égale à Zo. Il
existe d'autres méthodes d'adaptation d'impédance.
On ne peut manquer de faire le rapprochement entre les
effets du R.O.S. sur le fonctionnement d'une ligne parcourue par un
courant de haute fréquence, et les effets du facteur de puissance
(le fameux cos , des électriciens) sur la transmission de l'énergie
électrique. La similitude est complète, tous deux conditionnent le
rapport entre énergie active et énergie réactive et ceux qui sont
familiarisés avec les phénomènes électriques causés par le cos
seront plus aptes à saisir les effets dus au R.O.S.
46
2.4.11. Lignes avec pertes
Dans toute cette étude, nous avons négligé les pertes dans la
ligne. Elles existent obligatoirement dans toute ligne et sont dues à
plusieurs causes.
a. Résistance des conducteurs en haute fréquence
D'abord la résistance ohmique des conducteurs, on le sait,
n'est pas la même en haute fréquence qu'en courant continu, les
courantes hautes fréquences n'utilisant pour circuler que la partie
périphérique des conducteurs. C'est l'effet pelliculaire.
Un fil de cuivre de 2 mm de diamètre a une résistance en
courant continu de 5.6 Ω par km. À 225 MHz sa résistance est de
62.4 Ω par km. On voit que la résistance augmente dans des
proportions énormes avec la fréquence.
Si on avait affaire à des conducteurs en aluminium, il faudrait
multiplier les chiffres donnés ci-dessus par 1.56 ; la résistivité de
l'aluminium étant 1.56 fois celle du cuivre.
b. Pertes dans les isolants
La deuxième cause de pertes est constituée par les courants
de fuite dans les isolants. Plus l'épaisseur de l'isolant sera grande
entre les deux conducteurs, plus les pertes seront petites. Le
meilleur isolant est l'air, mais comme il n'a pas de consistance, on
est obligé de lui substituer partiellement ou totalement des isolants
solides afin de maintenir constant l'écartement entre les
47
conducteurs, Une ligne pourvue d'une bonne épaisseur de bon isolant
aura peu de pertes, mais sa construction sera coûteuse.
c. Pertes par rayonnement
Enfin, il est une troisième cause de pertes, c'est le
rayonnement de la ligne. Si l'écart entre les deux conducteurs de la
ligne est faible vis-à-vis de la longueur d'onde du courant qui
parcourt la ligne, les pertes par rayonnement seront faibles, car les
deux conducteurs de la ligne étant parcourus par des courants en
opposition de phase, leurs effets se détruiront presque
complètement.
Ces pertes qui existent dans une ligne bien adaptée seront
considérablement augmentées par la présence d'ondes stationnaires
dans la ligne, car le courant y sera plus grand et la tension plus
élevée.
2.4.12. Ligne non adaptée à l'entrée et à la sortie
Nous avons supposé dans notre étude sur les ondes
stationnaires que toute l'énergie réfléchie était retournée au
générateur. Du point de vue des ondes réfléchies, c'est le
générateur qui est la charge terminale puisque ces ondes parcourent
la ligne en sens inverse. Pour que toute l'énergie réfléchie soit
absorbée par le générateur, il faut que son impédance soit égale à
l'impédance caractéristique de la ligne. S'il n'en est pas ainsi, il va y
avoir à nouveau réflexion de l'onde réfléchie à l'entrée de la ligne
et une partie de l'énergie réfléchie sera réabsorbée par le
48
générateur tandis qu'une autre partie reprendra le chemin primitif
de l'énergie dans la ligne ; le rapport entre la partie de l'énergie re-
réfléchie (!) à l'entrée et celle qui était réfléchie à la sortie sera
conditionné par le facteur de réflexion ou le R.O.S. Zg/Zo (Zg étant
l'impédance du générateur). Ainsi, si une ligne de Zo = 100 Ω est
alimentée par un générateur d'impédance Zg = 50 Ω et est fermée
sur une charge ZL = 300 Ω, le phénomène suivant aura lieu.
Le R.O.S. d'entrée est 100/50 = 2
et le Γ d’entrée : (2 — 1)/(2 + 1) = 1/3
Le R.O.S. de sortie est 300/100 = 3
et le Γ de sortie: (3 — 1)/(3 + 1) = 1/2
Si le générateur fournit 100 W, 25 W seront réfléchis en fin
de ligne; sur ces 25 W: 1/9 soit 2,8 W seront réfléchis à l'entrée
et ainsi de suite...
On imagine la complexité des phénomènes qui se produiront
dans la ligne par la superposition de ces différents régimes d'ondes
stationnaires de phases différentes.
Ce que nous venons de dire nous montre que quand la ligne est
adaptée, l'impédance du générateur n'a aucune importance du point
de vue du fonctionnement de la ligne. Il n'en est pas de même s'il y
a réflexion.
2.4.13. Fonctionnement correct d'une ligne
Dans une antenne d'émission, l'énergie provient de l'émetteur
et c'est l'antenne qui est la charge terminale. Il importe donc avant
49
tout que l'impédance de l'antenne soit égale à l'impédance
caractéristique de la ligne.
Dans une antenne de réception, le générateur est l'antenne et
la charge terminale est le récepteur. Il faudra donc que l'impédance
d'entrée du récepteur soit égale à l'impédance caractéristique de la
ligne.
Pour d'autres raisons, rendement maximum, couplage correct
de la ligne à l'émetteur dans l'antenne d'émission et couplage
correct de la ligne à l'antenne dans l'antenne de réception, le
fonctionnement de l'ensemble ne sera parfait que si la ligne est
adaptée aux 2 extrémités.
2.4.14. La mesure :
Afin de déterminer le ROS présent dans une installation, il
existe des appareils que l'on appelle des TOSMÈTRES. Ils se placent
selon le schéma ci-dessous :
Figure 2.29
50
Il existe globalement 3 sortes de Tosmètres :
- Les calibrables
- Les automatiques
- Les lectures directes
On ne s'intéressera pas aux automatiques, qui comme leur
nom l'indique ... sont automatiques.
Les calibrables nécessitent une petite manipulation qui
consiste à :
- mesurer (et calibrer) l'onde émise
- basculer un commutateur et lire les informations sur l'onde
réfléchie.
Exemple de TOSMÈTRE simple : Le wattmètre Bird
Figure 2.30
51
Lorsqu'on a un doute de la puissance de sortie d'un émetteur,
et que l'antenne est vraiment désadaptée ou que l'installation est
déficiente, il peut y avoir des retours HF qui perturbent la lecture
de la puissance réelle. Afin de lever le doute, il est très utile de
remplacer l'antenne par une charge fictive (dummy load). Celle-ci
fait 50 ohms et le ROS est obligatoirement de 1 car la charge est
adaptée. On a alors une lecture réelle de la puissance de
transmission.
Exemple de charge fictive (dummy load) :
Figure 2.31
Conseils : Bien faire attention à ce que le TOSMÈTRE et la
charge, puissent supporter la puissance que délivre votre installation
d'émission. (Ceci est aussi valable pour les antennes).
Les liaisons entre appareils doivent être de bonnes qualités, les
connecteurs mal installés et les câbles abîmés doivent être
remplacés.
Conclusion
En installant des systèmes de communications et des systèmes
d'antennes, il sera pratique de pouvoir vérifier correctement leur
52
fonctionnement pour qu’un maximum de puissance soit transmis dans
l'antenne.
À ce propos, vous pouvez utiliser l’abaque ROS qui, à partir de
la puissance émise et la puissance réfléchie, montre la valeur du ROS
sur la ligne.
53