La Décision de Transition de L'informel Au Formel: Rôle de L'éducation Et Des Politiques Incitatives
La Décision de Transition de L'informel Au Formel: Rôle de L'éducation Et Des Politiques Incitatives
Référence
ZIKY, M., EL-ABDELLAOUI, L., « La décision de transition de l'informel au
formel : rôle de l'éducation et des politiques incitatives », Revue "Repères et Perspectives
Economiques" [En ligne], Vol. 8, N° 2/ septembre 2024, mis en ligne le 29 septembre
2024.
La décision de transition de l'informel au formel : rôle de l'éducation et des politiques incitatives
Abstract
The informal sector, despite its significant role in developing economies, often remains
unregulated and inadequately integrated into the formal economic framework. This study
examines how education and governmental incentive policies can facilitate the transition of
individuals and businesses from the informal to the formal sector. Recognizing the limitations
of traditional measures of human capital, which fail to account for skills acquired outside
formal education systems, this research emphasizes the importance of a nuanced approach to
valuing and enhancing human capital within the informal sector. This study aims to explore
the impact of education and governmental incentives on the likelihood of individuals
transitioning from the informal to the formal sector in Morocco. It seeks to identify the key
factors influencing this transition and to provide empirical evidence on the effectiveness of
targeted public policies in promoting formalization.
An empirical analysis was conducted using Probit regression models to evaluate the impact of
various factors on the transition from informal to formal sector employment. The study
utilized data from a sample of 221 individuals engaged in informal economic activities in the
Marrakech-Safi region of Morocco. Key variables included education level, presence of
governmental incentives, income, age, gender, and urban or rural residence. The analysis
revealed that higher levels of education significantly increase the probability of transitioning
to the formal sector, highlighting the role of skill acquisition. Governmental incentives, such
as tax reductions for new formal sector entrants and simplified business registration
procedures, also positively influence the transition. The interaction between education and
governmental incentives was found to be particularly significant, indicating that well-
educated individuals are more likely to respond positively to incentive policies. Gender
differences were observed, with men being more likely to transition to the formal sector
compared to women. Urban residence also had a positive impact, suggesting better access to
formal employment opportunities in urban areas.
highlights the need for a comprehensive approach that considers the diverse experiences and
challenges faced by individuals in the informal sector. This research demonstrates the pivotal
role of education and governmental incentives in promoting the formalization of the informal
sector. For Morocco, a multi-faceted strategy is essential, integrating educational
improvements, skill development, and effective public policies. By addressing the specific
needs and conditions of informal sector workers, such a strategy can contribute to a more
inclusive and resilient formal economy. The results advocate for continued investment in
human capital and the development of tailored incentives to support the transition from
informal to formal economic activities, fostering sustainable economic growth.
Résumé
Cet article examine la transition du secteur informel au formel au Maroc en se basant sur un
échantillon de la région Marrakech-Safi, en mettant l'accent sur le rôle crucial du capital
humain, défini par l'éducation et renforcé par des incitations gouvernementales ciblées.
L'analyse révèle que le niveau d'éducation est un facteur déterminant dans la transition vers le
secteur formel, indiquant que les compétences et connaissances acquises améliorent les
perspectives économiques des individus. Les incitations gouvernementales, telles que les
programmes de soutien et de formation, sont également identifiées comme des leviers
efficaces pour encourager cette transition, surtout parmi les individus éduqués. L'étude
souligne cependant que des facteurs comme le revenu et l'âge ne jouent pas un rôle significatif
dans cette transition, suggérant la nécessité d'une approche plus holistique qui va au-delà des
considérations économiques. Elle recommande des initiatives complémentaires pour renforcer
les compétences des travailleurs du secteur informel et pour les informer des avantages de la
formalisation.
Introduction
L'éducation améliore les compétences des travailleurs informels, leur permettant d'accéder à
des emplois formels et de comprendre les avantages du secteur formel, tels que la sécurité
sociale et la protection juridique. De plus, des politiques incitatives, comme la simplification
des procédures d'enregistrement des entreprises, la réduction des charges fiscales pour les
nouveaux entrants dans le secteur formel, et les programmes de formation professionnelle,
rendent cette transition plus attrayante et accessible. Comment l'éducation et les compétences
acquises dans le secteur informel peuvent-elles être valorisées et renforcées par des incitations
publiques ciblées, facilitant ainsi la transition des individus et des activités économiques vers
le secteur formel ? Pour répondre à cette problématique, une étude empirique utilisant des
modèles de régression Probit dans le contexte marocain évalue l'impact de divers facteurs, en
mettant l'accent sur l'éducation et les incitations gouvernementales. L'objectif est double :
reconnaître et valoriser les parcours éducatifs et professionnels dans le secteur informel, et
démontrer comment des politiques publiques stratégiques peuvent encourager la formalisation
de l'économie informelle et optimiser la contribution de ces acteurs à l'économie formelle.
Cette étude vise à une meilleure compréhension de l'interaction entre l'éducation, les
incitations gouvernementales, et la mobilité sectorielle, soulignant l'importance de politiques
publiques ciblées pour une croissance économique inclusive et durable. L'article est structuré
en plusieurs sections, la première présente une revue de littérature mettant en évidence
l'importance du capital humain et des incitations politiques. La deuxième section examine les
défis de l'économie informelle au Maroc, soulignant la nécessité de réformes économiques et
éducatives pour une croissance inclusive. Une analyse empirique suit, utilisant des modèles
Probit pour identifier les facteurs influençant la transition vers le secteur formel. L'article
conclut par des recommandations politiques pour intégrer efficacement le secteur informel
dans l'économie formelle, favorisant ainsi une croissance durable et inclusive au Maroc.
1. Revue de littérature
La Banque mondiale (2021) reconnaît que le capital humain est essentiel pour la productivité
et la croissance économique, mais les mesures actuelles ne reflètent pas de manière
exhaustive les compétences acquises par des voies non formelles. Ces mesures doivent mieux
refléter l'égalité des opportunités en matière de développement des compétences (Chiappero-
Martinetti & Sabadash, 2014). Le secteur informel comprend des activités économiques
souvent en marge de la réglementation (Chen et al., 2006). Il s'étend des travailleurs auto-
employés aux emplois sans protections légales, formant une économie parallèle essentielle à
la survie économique de nombreux individus (Sastry, 2007). Williams et Horodnic (2017)
définissent cette informalité comme un système alternatif d'activités échappant au cadre légal.
L'informalité est prédominante dans des secteurs à forte intensité de main-d'œuvre, où le
travail non réglementé domine (Sindzingre, 2006). Le secteur informel offre des emplois et
revenus aux travailleurs peu qualifiés, contribuant à réduire la pauvreté (Adhikari, 2017). Les
études montrent que l'informalité peut offrir des moyens de subsistance là où le secteur formel
est inaccessible (Bonnet & Venkatesh, 2016). L'emploi informel peut avoir un impact
comparable à celui du secteur formel sur la réduction de la pauvreté (Cichello & Rogan,
2017).
L'éducation est un facteur clé influençant l'entrée dans l'économie informelle et la capacité à
passer au secteur formel. Elle améliore les compétences et capacités de production, favorisant
les perspectives économiques des entrepreneurs (Eggoh et al., 2015). La formation éducative
augmente la probabilité d'identifier des opportunités entrepreneuriales et d'innover,
contribuant à la croissance des entreprises (Becker, 1993). Les travailleurs informels aspirent
souvent à la sécurité du secteur formel, mais sont limités par leur manque de compétences et
d'éducation, ce qui réduit leurs revenus potentiels (Barros & Chivangue, 2017). Les politiques
visant à renforcer l'éducation et la formation professionnelle peuvent briser le cycle de
l'informalité et favoriser l'intégration dans le secteur formel, soulignant l'importance d'une
conception élargie du capital humain. L'ascension du secteur informel vers le formel est
influencée par l'éducation et façonnée par des incitations politiques. L'économie informelle
permet aux pauvres de survivre, en offrant des revenus vitaux aux ménages à faible revenu
(Adhikari, 2017). La réduction de la pauvreté est similaire dans les secteurs formel et
informel, suggérant un potentiel de transition significatif (Cichello & Rogan, 2017). Les
politiques de formalisation sont essentielles pour faciliter cette transition.
Au Maroc, la croissance économique, les populations les plus pauvres ne bénéficient pas
équitablement des retombées de la croissance, mettant en avant la nécessité de réformes
ciblées pour rendre la croissance plus inclusive, en insistant sur la santé publique, la lutte
contre la corruption, et la révision des stratégies en matière d'éducation et d'emploi (El
Hamidi, 2023). L'économie informelle au Maroc joue un rôle important dans le marché du
travail, notamment en période de crises économiques (Meziouni et al., 2021). Cette dualité du
marché du travail, avec un secteur informel en expansion et un secteur formel réduit, résulte
en partie de la crise de l'endettement et des politiques d'ajustement structurel. Malgré sa
contribution significative, l'économie informelle cause des pertes fiscales et sociales. Des
politiques publiques intégratives sont nécessaires pour progressivement intégrer le secteur
informel dans l'économie formelle, mettant en évidence l'importance de la gouvernance, des
Les effets de l'économie informelle sur la pauvreté au Maroc montrent que ce secteur
contribue à l'augmentation du taux de pauvreté, appelant à des politiques publiques pour
aborder ces dynamiques et promouvoir une croissance inclusive et durable (Bourhaba et
Hamimida, 2021). Une réduction significative de la proportion de l'économie informelle par
rapport au PIB est réalisée, mais son impact reste substantiel. Des réformes dans l'éducation
pour réduire l'économie informelle sont nécessaires (Lahlou, Doghmi, et Schneider, 2020).
L'importance de l'éducation, des incitations gouvernementales et de la mobilité sectorielle
entre les secteurs informel et formel dans cette transition est soulignée par Hamimida et
Bourhaba (2021). Une relation de causalité significative entre la pauvreté et le travail dans le
secteur informel existe, soulignant l'importance des politiques publiques pour soutenir les
ménages vulnérables et intégrer l'emploi informel dans des stratégies de réduction de la
pauvreté (Jaouhar et Adaskou, 2020).
Le rôle significatif de l'économie informelle dans l'emploi et le PIB marocains est important,
nécessitant des mesures pour une intégration réussie de ce secteur dans le formel. Il est
important d'améliorer la gouvernance, et mener des réformes économiques et des politiques
ciblées pour renforcer l'attractivité du secteur formel et accompagner les unités de production
informelles dans leur transition (Aït Lemqeddem et Tomas, 2019). La contribution du secteur
informel à la production nationale et la valeur ajoutée est importante, soulignant que la
mobilité du travail du formel vers l'informel a été exacerbée par la pandémie. Les efforts de
l'État pour intégrer le secteur informel dans l'économie formelle sont importants, malgré la
croissance continue des activités informelles (Choukar, 2021). Les répercussions de la
pandémie sur l'économie informelle au Maroc mettent en évidence les défis et opportunités
pour les politiques publiques (Dinar et Berrahma, 2023). Les déterminants du choix de
l'emploi informel dans le marché du travail marocain montrent que les individus plus âgés,
moins qualifiés, chefs de ménage, et vivant dans des conditions sociales précaires, sont plus
susceptibles de choisir l'emploi informel (Jaouhar, 2022).
2. Etude empirique
L'étude empirique explore les dynamiques de transition du secteur informel au secteur formel.
Elle commence par décrire les variables analysées et l'échantillon étudié. Un modèle Probit
initial, intégrant toutes les variables, a révélé des problèmes de colinéarité. Pour surmonter cet
obstacle, deux modèles alternatifs ont été élaborés, répartissant les variables explicatives pour
atténuer la colinéarité. Ces modèles ont permis d'examiner isolément les relations entre les
variables, clarifiant l'impact de chacune sur la probabilité de transition du secteur informel au
secteur formel. Cette approche méthodologique assure la fiabilité et la validité des résultats
malgré les défis de colinéarité.
L'objectif central de cette étude est d'examiner le rôle de l'éducation et des incitations
gouvernementales dans la migration des individus du secteur informel vers le formel. Pour ce
faire, un ensemble d'hypothèses de recherche est formulé, répondant à cette question
principale et enrichies par des variables de contrôle pour approfondir l’analyse. Pour aborder
cette problématique, nous avons formulé un ensemble d'hypothèses de recherche. Les trois
premières hypothèses (H1 à H3) répondent directement à la question de recherche principale,
tandis que les hypothèses subséquentes (H4 à H7) introduisent des variables de contrôle pour
enrichir l'analyse. Les hypothèses sont énoncées comme suit :
Variables de contrôle
𝑅𝑒𝑣 Revenu de l'activité informelle par rapport au Smig, variable H4
binaire (1 si supérieur, 0 sinon)
𝐴𝑔𝑒 Âge de l'individu en années H5
𝐺𝑒𝑛𝑟 Genre de l'individu, variable binaire (1 pour masculin, 0 pour H6
féminin)
𝑈𝑟𝑏 Résidence en milieu urbain, variable binaire (1 pour urbain, 0 H7
sinon)
Source : élaboré par les auteurs
Le test RESET de Ramsey a été utilisé pour identifier d'éventuelles erreurs de spécification
dans le modèle. Les résultats montrent une statistique t de 1.189 avec 212 degrés de liberté et
une probabilité de 0.235, indiquant que les variables incluses dans le modèle sont correctes.
La statistique F du test est de 1.415 avec une probabilité de 0.235, confirmant que les
L'analyse des VIF indique la présence de multicollinéarité dans le modèle Probit de base. Des
valeurs VIF élevées suggèrent une multicollinéarité significative, ce qui peut affecter la
fiabilité des estimations de coefficients. Dans le tableau, on observe que certaines variables
affichent des VIF centrés élevés. Par exemple, les variables EDU, INCIGOUV et
EDU*INCIGOUV ont des VIF centrés qui dépassent le seuil de 5, indiquant une
multicollinéarité modérée à forte. La variable EDU*INCIGOUV se distingue particulièrement
avec un VIF très élevé, ce qui suggère une forte multicollinéarité. Cependant, d'autres
variables comme REV, AGE, GENR et URB présentent des VIF centrés bien inférieurs à 5,
indiquant que la multicollinéarité est moins préoccupante pour ces variables. La présence de
multicollinéarité élevée, en particulier pour EDU, INCIGOUV et EDU*INCIGOUV, peut
poser des problèmes dans l'interprétation des résultats de la régression. Cela peut conduire à
des estimations de coefficients peu fiables et à des erreurs types gonflées.
Modèle 1 :
𝑣𝑎𝑟𝑎𝑖𝑏𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟ô𝑙𝑒
𝑌 = 𝛽0 + 𝛽1 ∗ 𝐸𝑑𝑢 + 𝛽2 ∗ 𝐼𝑛𝑐𝑖𝑔𝑜𝑢𝑣 + ⏞
𝛽3 ∗ 𝑅𝑒𝑣 + 𝛽4 ∗ 𝐴𝑔𝑒 + 𝛽5 ∗ 𝐺𝑒𝑛𝑟 + 𝛽6 ∗ 𝑈𝑟𝑏 + 𝑢
Modèle 2 :
𝑣𝑎𝑟𝑎𝑖𝑏𝑙𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑟ô𝑙𝑒
𝑌 = 𝛽0 + 𝛽1 ∗ 𝐸𝑑𝑢 ∗ 𝐼𝑛𝑐𝑖𝑔𝑜𝑢𝑣 + ⏞
𝛽2 ∗ 𝑅𝑒𝑣 + 𝛽3 ∗ 𝐴𝑔𝑒 + 𝛽4 ∗ 𝐺𝑒𝑛𝑟 + 𝛽5 ∗ 𝑈𝑟𝑏 + 𝑢
L'analyse des résultats des tests Ramsey RESET pour les modèles 1 et 2 est fournie dans le
tableau 4. Dans les deux modèles, les résultats du test Ramsey RESET montrent que la t-
statistique et la F-statistique ne sont pas statistiquement significatives au seuil de 0.05,
indiquant une bonne spécification sans omission notable de variables importantes ou de
problèmes fonctionnels. Le ratio de vraisemblance et le Test SSR confirment cette conclusion,
suggérant l'absence de problèmes majeurs de spécification.
Dans le modèle 1, les VIF centrés pour les variables (EDU, INCIGOUV, REV, AGE, GENR,
URB) sont généralement bas, tous inférieurs à 5, indiquant une absence de multicollinéarité
préoccupante. Même la variable URB, avec le VIF le plus élevé, reste sous le seuil critique,
suggérant que la multicollinéarité est gérable. Le modèle 2 présente des résultats similaires.
Les VIF centrés pour les variables (REV, AGE, GENR, URB, EDU*INCIGOUV) sont
également inférieurs à 5. Ainsi, les analyses des VIF pour les deux modèles indiquent que la
multicollinéarité n'est pas une préoccupation majeure. Les ajustements apportés pour traiter
cette question ont été efficaces, rendant les modèles robustes.
Pour le modèle 1, les probabilités associées au test F et aux tests du Chi-carré sont toutes
supérieures au seuil de 0.05. La probabilité du test F est de 0.3462 et celles des tests du Chi-
carré sont de 0.237 et 0.484, indiquant l'absence d'hétéroscédasticité. Cela suggère que la
variance des erreurs est constante, un bon indicateur de la fiabilité du modèle. Le modèle 2
montre une tendance similaire. La probabilité du test F est de 0.271, et les probabilités des
tests du Chi-carré sont de 0.541 et 0.230. Ces valeurs, toutes supérieures au seuil de 0.05,
indiquent également l'absence d'hétéroscédasticité. Comme pour le modèle 1, cela signifie que
la variance des erreurs est uniforme, favorable à la validité des estimations du modèle.
Dans le modèle 1, le niveau d'éducation (EDU) présente un effet positif et significatif sur la
transition vers le secteur formel, avec un seuil de signification de 1%, soutenant l'hypothèse
H1. Cela indique que l'éducation, par l'acquisition de compétences, est déterminante pour
accéder au secteur formel. De même, les incitations gouvernementales (INCIGOUV)
montrent une influence positive et significative au seuil de 5%, validant l'hypothèse H2. Cela
souligne l'importance des mesures de soutien gouvernementales pour encourager la transition
vers le formel. Dans le modèle 2, l'interaction entre l'éducation et les incitations
Le genre (GENR) est significatif dans les deux modèles, au seuil de 1% dans le modèle 1 et
de 5% dans le modèle 2, appuyant l'hypothèse H6. Cela indique des différences entre hommes
et femmes dans la transition vers le formel, probablement liées aux rôles et opportunités
économiques. La résidence urbaine (URB) montre une influence modeste dans le modèle 2,
avec un seuil de signification de 10%, suggérant un accès plus facile aux emplois formels en
milieu urbain. Cependant, ni le revenu (REV) ni l'âge (AGE) ne sont pas significatifs dans les
deux modèles, remettant en question les hypothèses H4 et H5. Les résultats des deux modèles
Probit mettent en évidence l'importance de l'éducation, des incitations gouvernementales, du
genre, et, dans une moindre mesure, de la résidence urbaine, tout en remettant en question le
rôle du revenu et de l'âge.
Conclusion
Cette étude examine la transition du secteur informel au formel dans la région Marrakech-
Safi, en mettant l'accent sur le rôle du capital humain, représenté par l'éducation, et des
incitations gouvernementales ciblées. L'analyse révèle que le niveau d'éducation est un facteur
déterminant de cette transition, soulignant l'importance des compétences et des connaissances.
Les individus ayant un niveau d'éducation élevé sont plus enclins à saisir les opportunités du
secteur formel, démontrant l'impact positif de l'éducation sur les perspectives économiques.
Les incitations gouvernementales, telles que les mesures de soutien et les programmes de
formation, jouent également un rôle important dans cette transition, surtout pour les personnes
éduquées. Cela suggère que les incitations sont plus efficaces lorsqu'elles visent des individus
déjà dotés de certaines compétences. Toutefois, l'absence de signification de facteurs comme
le revenu et l'âge dans la décision de transition indique que la motivation des travailleurs
informels à passer au formel dépasse les simples considérations financières.
Pour le Maroc, l'intégration du secteur informel dans l'économie formelle nécessite une
approche multifacette. Les initiatives actuelles doivent être complétées par des mesures visant
à renforcer les compétences des travailleurs informels et à les informer des avantages de
l'économie formelle. La sensibilisation et la formation sont essentielles dans ce processus. En
outre, il est important de reconnaître la diversité des expériences et des parcours individuels,
car la transition vers le formel n'est pas uniforme pour tous. La mise en place de partenariats
public-privé, le suivi rigoureux et l'évaluation des politiques, ainsi que des mesures de soutien
à l'innovation et à l'entrepreneuriat, sont indispensables pour une transition réussie. Une telle
approche contribuerait non seulement à réduire la taille du secteur informel mais aussi à
enrichir l'économie formelle en termes de diversité, de créativité et de résilience. La stratégie
marocaine devrait donc se concentrer sur l'amélioration de l'accès à l'éducation, le
renforcement des compétences et la mise en place d'incitations gouvernementales efficaces,
tout en tenant compte de la diversité des expériences individuelles.
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