Les Déterminants Macroéconomiques Du Chômage Au Maroc: Une Étude Économétrique de 1991 À 2022
Les Déterminants Macroéconomiques Du Chômage Au Maroc: Une Étude Économétrique de 1991 À 2022
Référence
ZAHIR, A., REHAIMI, H., « Les déterminants macroéconomiques du chômage au
Maroc : Une étude économétrique de 1991 à 2022 », Revue "Repères et Perspectives
Economiques" [En ligne], Vol. 8, N° 2/ septembre 2024, mis en ligne le 29 septembre
2024.
Les déterminants macroéconomiques du chômage au Maroc : Une étude économétrique de 1991 à 2022
Résumé
Introduction
Sur le plan économique, le chômage représente une sous-utilisation du facteur travail. Il est
influencé par divers facteurs tels que les fluctuations du marché du travail, les politiques
gouvernementales, les avancées technologiques et les évolutions structurelles des industries.
De plus, le chômage entraîne une baisse des revenus et du pouvoir d'achat, ce qui peut freiner
l'activité économique globale.
Ainsi le Maroc n’échappe pas à ce problème économique. En effet, selon les données du
Haut-Commissariat au Plan (HCP), le taux de chômage a atteint 11,8 % en 2022 et 13 % en
2023. Face à cette situation, il est crucial que le gouvernement marocain intensifie ses efforts
pour lutter contre le chômage, d’autant plus que les répercussions économiques et sociales de
la COVID-19 continuent de se faire sentir.
Pour répondre à cette problématique, nous avons formulé les quatre hypothèses de recherche
suivantes :
Pour mener notre étude, nous avons opté pour un modèle économétrique ARDL, analysé à
l’aide du logiciel EVIEWS 12. Cette méthode a été choisie pour sa capacité à capter les
dynamiques à court et à long terme.
Cet article est structuré en trois sections principales. La première section vise à établir un
cadre théorique pour notre problématique. Elle sera divisée en deux parties : une présentation
des principales théories du chômage, suivie d’un examen des travaux empiriques traitant de
cette question. La deuxième section traitera de la méthodologie, avec une présentation du
modèle utilisé, ainsi que des données et des variables étudiées. Enfin, la troisième section sera
dédiée à la présentation et à l'analyse des résultats des estimations et des tests économétriques.
Cette analyse permettra d’identifier les relations entre le chômage et les différentes variables
macroéconomiques de notre étude.
1. Revue de la littérature
Cette section vise à explorer les explications théoriques concernant le chômage. Nous
commencerons par présenter les théories traditionnelles sur le chômage, puis examinerons les
résultats des études empiriques en relation avec notre sujet.
Diverses théories examinent le chômage, telles que la théorie classique, keynésienne, la loi
d’Okun et la courbe de Phillips.
Selon la théorie économique classique, le plein emploi est considéré comme l'état naturel dans
une économie libre, où le chômage est temporaire et s'ajuste automatiquement grâce aux
variations salariales. Les économistes classiques estiment que les déséquilibres sur le marché
du travail se corrigent par des ajustements de salaires, tandis que les fluctuations entre
l’épargne et l’investissement sont régulées par les taux d'intérêt. En revanche, une perspective
alternative explique le chômage involontaire en suggérant que des salaires plus élevés peuvent
réduire les conflits sociaux en améliorant la motivation et la discipline des travailleurs, au-
delà de leur simple rôle en tant que coût de production. Selon cette approche, fondée sur une
version à court terme de la théorie du salaire d'efficience, le chômage se manifeste lorsque les
salaires exigés par les syndicats dépassent ceux offerts par les entreprises. L'intervention
gouvernementale, financée par des taxes sur les salaires, entraîne une diminution des salaires
réels, de la productivité et des profits (Davanzati, 2002).
Cependant, Keynes propose une explication différente du chômage persistant. Selon lui, le
chômage involontaire découle principalement d'une insuffisance de la demande effective,
notamment durant certaines phases du cycle économique où les opportunités d'emploi sont
limitées. Keynes souligne que la réduction des dépenses de consommation peut entraîner une
baisse de la demande globale, aggravant ainsi le chômage. Contrairement à la vision classique
qui privilégie la flexibilité des salaires, Keynes plaide pour une intervention active de l'État,
notamment à travers des politiques de relance économique telles que les dépenses publiques et
la politique monétaire, afin de maintenir un niveau adéquat de demande et de prévenir une
augmentation du chômage (Keynes, 1936; L’horty, 2016).
Après avoir exploré les théories classiques et keynésiennes du chômage, nous nous penchons
maintenant sur la relation entre le chômage, la croissance économique et l'inflation, en
particulier à travers la loi d'Okun. Introduite en 1962, cette loi quantifie la relation entre le
chômage et les fluctuations du PIB. Bien que l'intensité de cette relation puisse varier, sa
validité empirique est largement reconnue. Les recherches récentes ont révélé un lien
asymétrique entre chômage et croissance économique, montrant que l'impact des chocs
économiques sur le chômage dépend de la nature du choc. Peu d'études ont approfondi ces
dynamiques non linéaires, mais les preuves suggèrent que la croissance économique influence
le chômage de manière plus marquée pendant les récessions que durant les périodes
d'expansion (Okun, 1962).
En outre, la courbe de Phillips provient d'une étude empirique sur la relation entre l'inflation
des salaires et le chômage au Royaume-Uni. En 1958, Phillips a proposé un modèle théorique
basé sur la divergence entre la demande et l'offre relatives, mettant en avant l'inflation « tirée
par la demande ». Lipsey (1960) a ensuite élargi ce modèle pour inclure les interactions entre
les salaires, l'excès de demande de travail, le chômage et les frictions sur le marché du travail.
Les versions ultérieures de la courbe de Phillips ont analysé l'inflation des prix et les
ralentissements économiques en utilisant des indicateurs tels que l'écart de production pour
mesurer les écarts entre la production réelle et potentielle. Initialement, la courbe de Phillips
montrait une corrélation négative entre chômage et augmentation des salaires. Dans les années
1960, Lipsey a étendu cette relation pour inclure l'inflation, posant ainsi un dilemme pour les
décideurs : accepter une inflation modérée pour réduire le chômage ou tolérer un chômage
plus élevé pour maîtriser l'inflation. Les événements des années 1970 et 1980 ont révélé que
l'inflation et le chômage pouvaient coexister, soulignant la nécessité de comprendre cette
relation complexe dans différents contextes économiques et périodes historiques. (Haschka ,
2024).
Alaa Razia et al. (2023) ont évalué l'impact du chômage et de l'inflation sur le PIB en
Palestine en utilisant le modèle ARDL avec des données annuelles pour analyser les
incidences à court et à long terme. Leurs résultats ont révélé qu'à long terme, le chômage a un
effet négatif sur le PIB, tandis que l'inflation exerce un impact positif. À court terme, le
chômage a eu un effet significativement négatif sur la croissance, alors que l'inflation n'a pas
eu d'effet significatif.
Dans le même sens, Muhammad Shahid Maqbool et al. (2013) ont souligné l'importance du
PIB, de la population, de l'inflation et de l'investissement direct étranger dans l'analyse du
chômage à court terme au Pakistan, en utilisant une méthodologie ARDL couvrant la période
de 1976 à 2012.
D'après une étude menée par Tunah Halil (2010), les facteurs macroéconomiques
déterminants du chômage en Turquie ont été examinés à partir de données trimestrielles de
2000 à 2008. En se référant aux tests augmentés de Dickey-Fuller, Phillip-Perron ainsi qu'aux
tests de cointégration de Johansen et de causalité, l'étude a révélé que le PIB réel, l'inflation et
le taux de chômage précédent ont un impact significatif sur le chômage en Turquie.
Cependant, le taux de change n'a montré aucune incidence sur le chômage.
En poursuivant notre exploration des études empiriques sur le chômage, nous examinons
l'impact du commerce international. L'article de Pushan Dutt, Devashish Mitra et Priya
Ranjan (2009), intitulé « International Trade and Unemployment : Theory and Cross-National
Evidence », utilise des modèles basés sur les théories des avantages comparatifs de
Heckscher-Ohlin (H-O) et de Ricardo pour analyser les effets du commerce international. Les
auteurs découvrent que la relation entre chômage et ouverture commerciale suit les
prédictions ricardiennes, montrant une relation négative, surtout dans les pays à forte main-
d'œuvre, bien qu'un effet initial positif de l'ouverture sur le chômage soit observé avant une
stabilisation vers un nouvel équilibre. En parallèle, Gabriel Felbermayr, Julien Prat et Hans-
Jörg Schmerer (2011), dans leur étude « Trade and Unemployment : What Do the Data Say ?
», concluent que l'ouverture commerciale n'entraîne pas d'augmentation du chômage structurel
à long terme. Ils utilisent des données en panel pour 20 pays de l'OCDE et des données
transversales pour un ensemble plus large de pays. Les deux études s'accordent à dire que,
bien que l'ouverture commerciale puisse avoir des effets temporaires sur le chômage, son
impact structurel à long terme est généralement neutre ou bénéfique.
De plus, Erik Hegelund et Josef Taalbi (2023) ont démontré, en analysant des données de
panel concernant dix pays de 1913 à 2016, une corrélation inverse entre le chômage, le PIB,
l'investissement, le taux d'intérêt et la productivité.
Par ailleurs, Sadiku Murat, Ibraimi Alit et Sadiku Luljeta (2015) ont examiné la relation entre
le chômage et le PIB en République de Macédoine. Leur analyse, basée sur des données
trimestrielles allant de janvier 2000 à décembre 2012, a utilisé la loi d'Okun ainsi que des
méthodes telles que le modèle de différences, le modèle dynamique, l'approche ECM et
l'estimation VAR. Les résultats de leur étude ne confirment pas la théorie d'Okun.
Dans leur recherche, Blanchard Olivier et Wolfers Justin (2000) ont utilisé un modèle de
panel englobant 20 pays de l'OCDE pour démontrer que les principaux déterminants du
chômage étaient les chocs macroéconomiques tels que l'augmentation de la productivité,
l'inflation, le taux d'intérêt et les chocs de demande de travail.
En revanche, une étude économétrique menée par Laura Gerard-Prenville (2003), qui a utilisé
un modèle VAR structurel pour analyser les données françaises, montre que les chocs liés aux
salaires ont un impact sur le chômage à court terme. Cependant, à long terme, l'évolution
technologique exerce un effet défavorable sur le chômage.
Les études empiriques montrent que les déterminants macroéconomiques du chômage varient
selon le contexte et la période étudiée, la croissance économique et l'inflation étant les
principaux déterminants. Ces variables jouent un rôle crucial dans l’évolution du chômage.
2. Méthodologie
Notre étude a adopté l'approche de modélisation ARDL en raison de ses nombreux avantages.
Elle permet de détecter la cointégration entre les variables grâce au test de Pesaran et al.
(2001) et est particulièrement adaptée pour traiter des variables intégrées à différents ordres
(I(0) et I(1)), un atout majeur par rapport à des modèles comme le VECM, qui exigent que
toutes les variables soient intégrées au même ordre (I(1)) et qu'une relation de cointégration
soit présente. En l'absence de cointégration, le modèle VAR peut également être utilisé de
manière efficace, notamment lorsque les variables sont stationnaires en niveau. De plus,
l'ARDL simplifie l'interprétation en utilisant une seule équation, ce qui facilite l'analyse tout
en permettant de gérer des variables avec des retards variés. Cette flexibilité et polyvalence
font de l'ARDL un outil robuste pour l'analyse des séries temporelles avec des ordres
d'intégration mixtes.
Le modèle ARDL combine les caractéristiques des modèles autorégressifs (AR), qui utilisent
les valeurs passées de la variable dépendante pour expliquer son comportement, et des
modèles à retard échelonné (Distributed Lag, DL), qui prennent en compte les valeurs
actuelles Xt et passées des variables indépendantes Xt−i pour expliquer la variable dépendante.
Sa forme générale est la suivante :
𝐩 𝐪 𝐪 𝐪
∆𝐓𝐂𝐭 =𝛟 + ∑𝐢=𝟏 𝟏 ∆𝐓𝐂𝐭−𝐢 + ∑𝐢=𝟎 𝟐 ∆𝐏𝐈𝐁𝐭−𝐢 + ∑𝐢=𝟎 𝟑 ∆𝐈𝐍𝐅𝐭−𝐢 + ∑𝐢=𝟎 𝟒 ∆𝐅𝐁𝐂𝐅𝐭−𝐢 +
∑𝐪𝐢=𝟎 𝟓 ∆𝐓𝐎𝐂𝐭−𝐢 + 𝛂𝟏 𝐓𝐂𝐭−𝟏 + 𝛂𝟐 𝐏𝐈𝐁𝐭−𝟏 + 𝛂𝟑 𝐈𝐍𝐅𝐭−𝟏 + 𝛂𝟒 𝐅𝐁𝐂𝐅𝐭−𝟏 + 𝛂𝟓 𝐓𝐎𝐂𝐭−𝟏 + ɛ𝐭
Avec :
INF : Taux d’inflation est évaluée à l'aide de l'indice des prix à la consommation.
TOC : Taux d'ouverture commerciale est un indicateur qui évalue la contribution du reste du
monde à l'économie d'un pays.
Les données utilisées proviennent des sites de la Banque mondiale et du HCP, sous forme de
séries temporelles annuelles couvrant la période de 1991 à 2022. Le choix des variables et la
durée de l'étude sont basés sur la disponibilité des données.
Les valeurs de skewness pour le chômage, l’inflation, la FBCF ainsi que le taux d’ouverture
commerciale sont positives, indiquant une asymétrie à droite dans leur distribution, tandis que
le PIB présente une asymétrie à gauche, avec une skewness négative.
Concernant les valeurs de kurtosis, toutes les variables sont leptokurtiques, ce qui indique une
concentration plus forte autour de la moyenne.
l’exception de l’inflation, qui ne suit pas une loi normale avec une probabilité de 0,013195,
inférieure à 0,05.
Selon les résultats de la matrice des corrélations, nous observons que le chômage a un lien
négatif avec la croissance économique, la FBCF, le TOC et un lien positif avec l'IPC.
Pour évaluer la présence de multi-colinéarité parmi les prédicteurs, nous avons réalisé un test
de facteur d'inflation de la variance (VIF).
Les résultats des tests VIF présentés ci-dessus indiquent qu'il n'y a pas de colinéarité entre les
variables. En d'autres termes, les variables de notre étude sont indépendantes, car les valeurs
de VIF pour toutes les variables sont inférieures à 5. Par conséquent, les variables explicatives
de notre étude sont considérées comme non colinéaires.
Pour tester la stationnarité, nous utilisons le test de Dickey-Fuller augmenté (ADF), qui
permet de déterminer si une série temporelle est non stationnaire et possède une racine
unitaire.
En suivant la stratégie séquentielle des tests de racine unitaire, les conclusions issues des tests
ADF semblent indiquer que les séries deviennent stationnaires après une différenciation
première, à l'exception du PIB qui reste stationnaire sans nécessiter de différenciation. Pour
les quatre variables qui ne sont pas stationnaires au niveau, il s'agit d'un processus DS, c'est
pourquoi nous avons utilisé la méthode de différenciation pour les rendre stationnaires.
Avant d'estimer le modèle ARDL, il est essentiel de trouver le décalage optimal. Celui-ci est
déterminé par la valeur de décalage qui minimise les critères d'information (LogL, LR, FPE
AIC, SIC, HQ,). Cette étape est nécessaire étant donné que le modèle ARDL est dynamique.
Tous les critères d’informations, nous conseillent de garder 1 comme le nombre optimal de
retards. Donc, nous allons retenu dans notre étude le décalage 1.
Dans notre recherche, nous avons utilisé le test de Bounds en raison de la présence de séries
intégrées à différents ordres, à savoir I (0) et I (1). Ce test vise à examiner la présence
éventuelle d'un lien à long terme entre les variables.
Le test de Bounds révèle une F-statistique de 10.80829, dépassant la borne supérieure pour
différents niveaux de signification. Ceci indique une relation de cointégration entre les
variables. Par conséquent, nous examinons le modèle de correction d'erreur (ECM) pour
comprendre l'ajustement à long terme après une perturbation temporaire.
Par ailleurs, l'analyse à court terme montre que le PIB et l'inflation ont un impact négatif et
significatif sur le chômage, tandis que l'investissement, bien que négatif, n'a pas d'effet
significatif. De plus, le taux d'ouverture commerciale présente une relation positive avec le
chômage, mais cette dernière reste non significative.
À court terme, les estimations indiquent qu'une hausse de 1% du chômage entraîne une
réduction du PIB de 0,14% pour l'année en cours et de 0,22% pour l'année suivante. Cette
augmentation du chômage provoque également une baisse de l'inflation de 0,16% et de
l'investissement de 0,09%. En revanche, elle s'accompagne d'une légère augmentation de
0,02% du taux d'ouverture commerciale.
En se fondant sur les conclusions tirées de l'estimation à long terme, nous constatons que le
PIB, l'inflation et l'investissement ont tous un impact négatif sur le chômage. Cet impact est
significatif au seuil de 5 % pour le PIB et l'inflation, mais reste non significatif pour
Après l'estimation du modèle, il est indispensable de réaliser des tests de validation, une étape
cruciale en modélisation économétrique. Dans notre étude, plusieurs tests ont été appliqués :
le test de Jarque-Bera pour vérifier la normalité des erreurs, le test de Breusch-Pagan-Godfrey
pour évaluer l'homoscédasticité, c'est-à-dire la constance de la variance des erreurs et le test
de Breusch-Godfrey Serial Corrélation LM pour détecter une éventuelle corrélation
temporelle entre les erreurs.
En outre, le test de Ramsey a permis de vérifier la bonne spécification du modèle, tandis que
les tests CUSUM et CUSUM of Squares ont analysé la stabilité des paramètres dans le temps.
Ces analyses ont ainsi garanti la fiabilité des résultats obtenus.
À la suite des résultats des tests de validation appliqués à notre modèle ARDL (1, 1, 0, 0, 0),
plusieurs constats peuvent être formulés :
Premièrement, le test de Jarque-Bera montre que les résidus suivent une distribution normale,
avec une probabilité associée de 0,575112, dépassant ainsi le seuil de signification de 5 %.
Cela confirme que les résidus sont normalement distribués.
Troisièmement, le test de Breusch-Godfrey pour la corrélation serial (LM) affiche une p-value
de 0,2890, bien au-delà du seuil de 5 %. Par conséquent, nous pouvons conclure à l'absence
d'autocorrélation des résidus, ce qui signifie que ces derniers se comportent comme des bruits
blancs gaussiens.
Enfin, les graphiques des tests CUSUM et CUSUM of Squares confirment la stabilité du
modèle, puisque les résidus récursifs demeurent dans l'intervalle de confiance de 5 %. Cela
indique que les paramètres estimés restent stables au fil du temps.
Ces résultats confirment la robustesse et la validité de notre modèle ARDL, garantissant ainsi
la fiabilité des estimations et des prévisions obtenues.
15 1.4
1.2
10
1.0
5 0.8
0.6
0
0.4
-5 0.2
0.0
-10
-0.2
-15 -0.4
00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 20 22 00 02 04 06 08 10 12 14 16 18 20 22
Le test de causalité de Granger, développé par Granger en 1969, détermine si les valeurs
passées d'une variable stationnaire X peuvent améliorer la prévision d'une autre variable
stationnaire Y en utilisant les données historiques des deux variables. En d'autres termes, il
évalue si les données historiques de X apportent une valeur ajoutée à la prévision de Y, au-
delà des informations fournies uniquement par les valeurs passées de Y. Cette méthode,
fondée sur la prévisibilité, éclaire les interactions dynamiques entre les variables. Ainsi, le test
de causalité de Granger est essentiel pour évaluer si les changements historiques d'une
variable influencent les prévisions d'une autre dans un contexte économétrique.
Selon les résultats du test de causalité de Granger, le chômage et le PIB ont une influence
significative sur l'investissement, plutôt que l'inverse. En effet, les variations du chômage et
du PIB précèdent et affectent les décisions d'investissement. Autrement dit, ce sont
principalement le chômage et le PIB qui déterminent les niveaux d'investissement, plutôt que
l'investissement n'ait une influence sur ces variables macroéconomiques.
Dans ce contexte, nos résultats révèlent également que l'inflation a un impact négatif et
significatif sur le chômage au Maroc, ce qui valide la pertinence de la courbe de Phillips. Cela
renforce l'idée que l'inflation et le chômage sont liés de manière inverse, comme le suggère la
théorie.
Cependant, les analyses mettent en évidence une corrélation négative mais non significative
entre l'investissement et le chômage au Maroc, ce qui contredit les conclusions de Erik
Hegelund et Josef Taalbi (2023). Cette absence de signification statistique pourrait découler
des spécificités de l'économie marocaine, qui diffèrent des théories économiques
conventionnelles. De plus, le niveau d'investissement relativement faible et les délais
prolongés dans l'exécution des projets d'investissement pourraient également expliquer cette
situation.
Enfin, les données empiriques montrent que le taux d’ouverture a un effet positif mais non
significatif sur le chômage au Maroc, en désaccord avec les conclusions de Pushan Dutt,
Devashish Mitra et Priya Ranjan (2009). Cette observation suggère que, bien que l'ouverture
commerciale influe sur le PIB, elle n'affecte pas nécessairement le chômage. L'ouverture aux
échanges internationaux pourrait créer un déséquilibre dans la demande de compétences,
favorisant les emplois nécessitant des qualifications plutôt que ceux n'en nécessitant pas.
Conclusion
Pour les décideurs politiques, il est crucial de mettre en place des politiques visant à stimuler
la croissance économique tout en régulant l’inflation. Une telle approche, qui va au-delà des
ajustements conjoncturels, permettra de traiter de manière plus efficace les causes profondes
du chômage et de développer des stratégies adaptées.
Références bibliographiques
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