La Soutenabilité de La Dette Du Trésor Marocain: Une Modélisation Économétrique Pour La Période 1990 - 2022
La Soutenabilité de La Dette Du Trésor Marocain: Une Modélisation Économétrique Pour La Période 1990 - 2022
Référence
ELKABCHE, M-J., AKHSAS, O., « La soutenabilité de la dette du trésor marocain
: Une modélisation économétrique pour la période 1990 - 2022 », Revue "Repères et
Perspectives Economiques" [En ligne], Vol. 8, N° 2/ septembre 2024, mis en ligne le 29
septembre 2024.
La soutenabilité de la dette du trésor marocain : Une modélisation économétrique pour la période 1990 - 2022
The assessment of debt sustainability of the treasure remains a central topic of debate for
policymakers in both developed and developing countries. Indeed, this issue is critically
important for academics and practitioners alike, as the viability of public finances is essential
to ensuring long-term economic and financial stability (Bohn, 1998). Although Morocco has
implemented active management of its treasury debt, it has continued to increase in recent
years, especially after the country resorted to foreign borrowing in 2020 to mitigate the
economic and social impacts of the Covid-19 pandemic. This increase poses potential
negative effects on the Moroccan economy, making the assessment of treasury debt
sustainability a priority. Debt is a commonly used method by governments to finance budget
deficits and fund public interest projects (Reinhart and Rogoff, 2010). However, when
treasury debt reaches excessive levels, it can become an unsustainable financial burden for the
state, with potentially severe economic and financial consequences (Blanchard and al., 1990).
Our study takes place in the aftermath of Morocco's removal from the Financial Action Task
Force (FATF) grey list in February 2023, followed by its removal from the European Union's
grey list three months later. The FATF is an intergovernmental organization focused on
combating money laundering and terrorist financing. Economic analysts and public
policymakers are discussing the potential benefits that this removal could bring to Morocco,
particularly in terms of access to international financial markets for borrowing and credit.
However, they also highlight the associated risks, particularly the significant burden that
rising public debt could impose on the country's finances.
This development opens new opportunities for Morocco to secure more favorable financing
conditions, improve investor confidence, and enhance its global financial standing.
Nevertheless, increased borrowing capacity must be carefully managed to avoid excessive
debt accumulation, which could strain public resources and hinder long-term economic
growth. Striking a balance between leveraging these newfound financial advantages and
maintaining fiscal responsibility will be essential for ensuring Morocco's sustainable
development in the global economy. The assessment of debt sustainability is of critical
importance for Morocco, both economically and socially. On the economic front,
unsustainable public debt can undermine the country's macroeconomic stability, restrict its
ability to finance future investments, and increase the risk of a financial crisis. Socially,
excessive debt can reduce the government's fiscal flexibility, potentially leading to cuts in
essential public spending, such as education, healthcare, and infrastructure. Such reductions
could exacerbate inequalities and hinder human development.
In addition to these challenges, Morocco faces the task of maintaining investor confidence
while simultaneously balancing its domestic needs. High debt levels may lead to higher
borrowing costs and limit the country’s ability to respond to external shocks, such as global
economic downturns or fluctuations in commodity prices. Furthermore, any tightening of the
fiscal space could impede Morocco’s progress in critical sectors that are key to its sustainable
development goals, such as green energy and digital transformation.
Therefore, achieving a sustainable debt level is not only a matter of economic prudence but
also a strategic priority for fostering long-term social cohesion and improving the quality of
life for its citizens. A carefully crafted fiscal policy, supported by sound debt management,
will be crucial to ensuring that the country remains on a stable and prosperous path. So, to
address this, this study employs econometric time series methodology for the period from
1990 to 2022, using the Augmented Dickey Fuller and cointegration stationarity tests. The
results for the examined period indicate that the treasury debt of the Moroccan state is not
sustainable. This implies that the government is borrowing to repay debt rather than to
stimulate economic growth.
Résumé
Bien que le Maroc ait mis en place une gestion active de sa dette du trésor, celle-ci a continué
d’augmenter ces dernières années, en particulier après le recours du pays à des emprunts
étrangers en 2020 pour atténuer les effets économiques et sociaux de la pandémie de Covid-
19. Cette augmentation risque d'avoir des effets négatifs sur l'économie marocaine, ce qui
rend l'évaluation de la soutenabilité de la dette du trésor une priorité. Pour ce faire, cette étude
utilise la méthode économétrique des séries temporelles pour la période de 1990 à 2022, en
utilisant les tests de stationnarité de Dickey Fuller Augmenté et de cointégration. Pour la
période examinée, les résultats indiquent que la dette du trésor marocain n'est pas soutenable,
cela implique que l'État contracte des emprunts pour rembourser la dette plutôt que pour
stimuler la croissance économique.
Augmented (ADF)
Introduction
Depuis le début des années 1980, la gestion de la dette publique est devenue un enjeu central
pour le Maroc, motivée par la nécessité de financer les ambitieux programmes
d'investissement de l'État. Cette stratégie, initialement orientée vers le recours à l'endettement
extérieur, a rapidement révélé ses limites, menant à une situation d'insoutenabilité de la dette.
En réponse aux pressions croissantes sur les paiements extérieurs au cours des années 1980, le
Maroc a réorienté sa politique d'endettement vers une meilleure balance entre les ressources
internes et externes. Cette réorientation stratégique a permis de réduire significativement le
ratio d'endettement, passant de 103,9 % du PIB en 1994 à 57,2 % en 2009 (Ragbi, 2015).
Toutefois, au cours de la dernière décennie, le ratio d'endettement a de nouveau augmenté,
atteignant 82,5 % du PIB en 2022, en raison d'une conjoncture économique défavorable
marquée par la baisse des performances économiques, la hausse des prix des matières
premières, la pandémie de COVID-19 et les coûts élevés des subventions alimentaires et
énergétiques (Ragbi, 2015).
C’est ainsi, l'évaluation de la soutenabilité de la dette revêt une importance cruciale pour le
Maroc, tant sur le plan économique que social. Sur le plan économique, une dette publique
Notre objectif alors est d'évaluer la soutenabilité de la dette du trésor marocain en utilisant
une méthode économétrique rigoureuse. Plus précisément, nous recourrons à des tests de
stationnarité et de cointégration, ainsi qu'à une régression linéaire utilisant la méthode des
moindres carrés ordinaires (MCO). Ces techniques permettront de fournir une vision claire et
approfondie de la situation actuelle de la dette du Trésor au Maroc, en mettant en lumière les
dynamiques sous-jacentes et les défis futurs. En fournissant des résultats robustes et
scientifiquement fondés, cette étude aspire à guider les décideurs politiques dans la
formulation de stratégies de gestion de la dette qui assurent la stabilité économique et sociale
du pays.
Notre étude intervient principalement après que le Maroc est sorti de la liste grise du Groupe
d'action financière [GAFI] ou Financial Action Task Force [FATF]1 en février 2023 et celle
de l'Union européenne trois mois après. Les analystes économiques et les décideurs publics
évoquent les avantages que cette sortie pourrait apporter au pays en termes d'emprunts et de
crédits sur les marchés financiers mondiaux, mais ils soulèvent également les risques liés à
une augmentation importante du fardeau de la dette sur les finances du pays. Dans ce
contexte, et en employant une modélisation économétrique, nous cherchons à répondre à la
question suivante : "Peut-on considérer que la dette du trésor marocain comme soutenable
durant la période entre 1990 et 2022 ?"
Le reste de cet article est structuré comme suit : nous commencerons par présenter un cadre
théorique et empirique de l'endettement et de la soutenabilité de la dette, par la suite, nous
exposerons notre méthode afin d’évaluer la soutenabilité de la dette du trésor au Maroc sur la
période mentionnée en utilisant des tests de stationnarité et de cointégration. Enfin, nous
1
Organisme intergouvernemental de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme
présenterons et nous discuterons les résultats des tests économétriques utilisés pour répondre à
notre problématique.
Les opinions divergent parmi les penseurs d’économie sur la nécessité et l'efficacité de la
dette pour le développement d'un pays, ainsi que sur les risques associés à l'emprunt public.
Ces opinions se basent sur les arguments en faveur et en contre-faveur de l'endettement
public.
La vision keynésienne sur la dette publique et l'endettement de l'État diffère de celle des
économistes classiques. Selon l'économiste britannique John Maynard Keynes (1936), la dette
publique peut jouer un rôle positif dans l'économie, en particulier pendant les périodes de
La vision néoclassique sur la dette publique diffère de celle de Keynes, Robert J. Barro
(1979), souligne l'importance de la soutenabilité de la dette, en introduisant le concept
d'équivalence ricardienne, suggérant que la dette publique peut équivaloir à des impôts futurs,
décourageant ainsi l'épargne et l'investissement privés, limitant la croissance économique.
Willem Buiter (1985), avec une perspective de l'économie monétaire, introduit le concept de
"soutenabilité faible", avertissant que la dette peut être soutenable à court terme mais devenir
insoutenable en raison de taux d'intérêt élevés ou d'une faible croissance. Il souligne la
nécessité pour un gouvernement de générer suffisamment de recettes fiscales pour rembourser
la dette sans distorsions économiques. Milton Friedman (1960), en tant qu'économiste
monétariste, prévient contre l'endettement excessif, soulignant les risques d'inflation si la dette
est financée par la création monétaire. Il met en garde contre les conséquences néfastes de la
dette sur les générations futures et la stabilité économique à long terme, soulignant la
nécessité de la prudence dans le niveau d'endettement gouvernemental.
Les premières études économétriques remontent à 1986 avec Hamilton et Flavin. Ces
économistes ont évalué l’endettement des États-Unis en utilisant des tests de stationnarité
(ADF) sur les séries de dette et du solde budgétaire pour la période allant de 1960 à 1984. Ils
ont considéré que la soutenabilité de la dette impliquait la stabilité des séries, le test de
soutenabilité élaboré par Hamilton et Flavin reposait sur la stationnarité de la dette et du solde
primaire, ils ont conclu à la soutenabilité de la dette américaine. Baglioni et Cherubini (1993)
ont proposé une méthode similaire pour examiner la soutenabilité de la dette en Italie. En
utilisant des données de 1979 à 1991, leur étude a conclu que la dette publique italienne n'était
pas soutenable durant cette période.
Hakkio et Rush (1991) ont avancé une autre approche pour analyser la soutenabilité de la
dette publique. Selon eux, La condition essentielle et suffisante pour assurer la soutenabilité
est la présence d'une relation de cointégration entre les dépenses et les recettes, Ils ont en fin
de compte concordé avec les constatations de Trehan et Walsh (1991) en affirmant que la
dette américaine n'était pas soutenable de 1960 à 1984.
Les tests de cointégration sont donc une extension des tests de stationnarité des séries de dette
et de solde primaire en impliquant une relation linéaire stable à long terme entre les recettes et
les dépenses totales. En d'autres termes, la cointégration des recettes et des dépenses signifie
qu'il existe une combinaison linéaire stationnaire entre ces deux variables.
2. Présentation de la méthodologie
H1 : stationnarité __ __ Oui
H0 : non
___ Non
cointégration
H0 : non
H0 : vecteur de
stationnarité Oui
Cointégration (1, -1)
H1 : cointégration
H1 : vecteur de
Non
Cointégration (1, -b)
La méthode de Jondeau (1992) consiste d'abord à vérifier la stationnarité des séries de la dette
publique et du déficit budgétaire. Cependant, aucune conclusion définitive ne peut être tirée à
ce stade. Pour confirmer la soutenabilité ou la non-soutenabilité de la dette publique
marocaine, des tests de cointégration entre les dépenses et les recettes sont nécessaires. Pour
ce faire, nous introduirons brièvement deux types de tests économétriques :
Les tests de cointégration sont utilisés pour compléter les tests de stationnarité en comblant
leurs lacunes dans le contexte de notre étude. Selon l'approche d'Engle et Granger, trois étapes
essentielles sont nécessaires pour vérifier la cointégration. Premièrement, tester l'ordre
d'intégration des variables et déterminer si elles ont le même ordre d'intégration. Ensuite, si
cette condition est remplie, procéder à une estimation à long terme à l'aide de la méthode des
moindres carrés ordinaires (MCO). Enfin, tester la stationnarité des résidus estimés issus de
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l'estimation MCO pour confirmer la cointégration entre les variables. Si les résidus ne sont
pas stationnaires, cela confirme l’absence d’une relation de cointégration et la non-
soutenabilité de la dette dans la période étudiée (Bourbonnais, 2000).
3. Résultats
Après avoir exposé les principales caractéristiques des tests économétriques et leur méthode
d'application, nous allons examiner les données économiques du Maroc. Toutes les données
utilisées sont annuelles et ont été collectées à partir des statistiques et des archives du
ministère des Finances (Tableaux de bord des finances publiques 2008 et 2022). Nous avons
utilisé le logiciel Eviews 12 pour effectuer nos analyses. Ainsi ; Quatre variables seront
examinées, résumées dans le tableau ci-dessous :
Variables Descriptions
DP_PIB Le ratio de la dette publique par rapport PIB
DEF_PIB Le ratio du déficit budgétaire/PIB
REC_PIB Le ratio des recettes publiques/PIB
DEP_PIB Le ratio des dépenses totales/PIB
L’Etude descriptive (Tableau 1, Annexes), nous indique que la dette publique est la variable
la plus volatile d’après ce qui montrent les valeurs d’écart type, tandis que la série des
dépenses publiques est la moins volatile (Cela nous donne une idée du degré de la variation de
cette série entre 1990 et 2022). Aussi d’après les valeurs de Jarque-Bera ; nous avons trouvé
que toutes les variables suivent une distribution normale (ils sont tous supérieures à 5%) ce
qui nous permettra de bien appliquer les tests qui suivent.
Avant de présenter les résultats des tests de stationnarité appliqués sur la série du ratio
dette/PIB (Tableau 2, Annexes), nous avons réalisé un graphique de l'évolution du ratio pour
mieux visualiser la tendance et examiner les variations de ces variables tout au long de la
période s'étendant de 1990 à 2022. Le graphique a été dessiné à l'aide du logiciel Eviews 12.
DP/PIB
120
110
100
90
80
70
60
50
40
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
Ainsi, les résultats des tests ADF montrent que le ratio Dette/PIB n'est pas stationnaire pour la
période étudiée (La valeur de t-stat -0,87 est largement supérieure aux valeurs critiques pour
les intervalles de 1% ; 5% ; 10%) ; ce qui indique que le niveau d'endettement n'est pas
soutenable selon cette méthode. Toutefois, il est important de souligner que ce résultat ne
permet pas de conclure définitivement sur la soutenabilité de la dette de l'État. Il est donc
nécessaire d'analyser la stationnarité du ratio solde public (déficit) par rapport au PIB afin de
mieux évaluer la soutenabilité de la dette du trésor marocaine.
Avant de présenter les résultats du test de stationnarité du ratio solde public/PIB (Tableau 3,
Annexes), nous avons représenté graphiquement l'évolution de ce ratio sur la période entre
1990 et 2022 à l'aide du logiciel Eviews 12.
DEF/PIB
1
0
-1
-2
-3
-4
-5
-6
-7
-8
1990 1995 2000 2005 2010 2015 2020
Selon les résultats obtenus grâce au test ADF, la série du déficit/PIB est non-stationnaire sur
la période allant de 1990 à 2022 (La valeur de t-stat -3,75 est largement supérieure aux
valeurs critiques pour les intervalles de 1% ; 5% ; 10%). Ce résultat est similaire à celui
obtenu par le ratio dette/PIB. Pourtant, Aucune conclusion ne peut être raisonnablement et
définitivement tirée quant à la stationnarité ou la non-stationnarité des séries ; les tests de
stationnarité ne permettent pas de déterminer si la dette de l'Etat est soutenable ou non. Pour
obtenir une analyse plus précise, il est nécessaire de se pencher sur une analyse des ratios de
recettes totales et de dépenses totales par rapport au PIB.
3.4. Test de cointégration entre les recettes totales et les dépenses totales
Après avoir examiné la stationnarité des séries de dette et de déficit par rapport au PIB, nous
allons maintenant évaluer s'il existe une relation potentielle de cointégration entre les recettes
et les dépenses totales par rapport au PIB. Cette étape permettra de confirmer les analyses
précédentes et de conclure sur la soutenabilité ou la non-soutenabilité de la dette publique.
Les résultats du test de stationnarité (ADF) sur la série des recettes totales/PIB (Tableau 4,
Annexes) montrent qu'elle n'est pas stationnaire (La valeur de t-stat -4,31 est largement
supérieure aux valeurs critiques pour les intervalles de 1% ; 5% ; 10%). Cependant, après
avoir différencié la série une fois, elle devient stationnaire. Cela indique que la série des
recettes totales/PIB est intégrée d'ordre (1). Afin de déterminer si un éventuel test de
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cointégration est justifié, nous devons procéder de la même manière pour la série des
dépenses totales/PIB.
Les résultats du test ADF des dépenses totales/PIB (Tableau 5, Annexes) confirment que la
série des dépenses par rapport au PIB est non stationnaire au niveau (La valeur de t-stat -3,41
est largement supérieure aux valeurs critiques pour les intervalles de 1% ; 5% ; 10%) et
stationnaire au premier ordre, tout comme le cas pour les recettes totales.
Alors, Puisque les deux séries étudiées présentent un même ordre d'intégration de (1), il est
envisageable de procéder à un test de cointégration entre les recettes et les dépenses, en
utilisant l'approche d'Engle et Granger et en effectuant une régression à l'aide de la méthode
des moindres carrés ordinaires (MCO) pour estimer la relation à long terme entre les deux
variables.
Pour effectuer un test de cointégration, il est nécessaire de suivre trois étapes distinctes :
Tout d'abord, il convient de réaliser un test de causalité selon la méthode de GRANGER. Les
résultats du test de causalité au sens de Granger sur les deux variables (Tableau 6, Annexes)
confirment qu'il n’y a pas une relation de causalité entre les recettes totales et les dépenses
totales (les valeurs de p-value sont 0,98 et 0,84 supérieures à 1 %, 5% et 10%).
[Link]. La deuxième étape : L’estimation d’une relation de long terme avec MCO
Ensuite, il est essentiel d’estimer la relation de long terme à l'aide d'une régression en utilisant
la méthode des moindres carrés ordinaires MCO (Tableau 7, Annexes).
[Link].La troisième étape : Test de stationnarité ADF sur les résidus estimés
Après une estimation (MCO) entre les dépenses et les recettes, nous avons testé la
stationnarité des résidus estimés issus de l'estimation (Tableau 8, Annexes), les résultats ont
confirmé leur non-stationnarité, ce qui confirme l'absence de cointégration entre les deux
variables.
4. Discussion
Les résultats de notre étude indiquent que la politique budgétaire du Maroc n'était pas efficace
quant à son effet sur la dette du trésor pendant la période étudiée. Il reste de mentionner que la
charge de la dette du trésor au Maroc accapare une part importante des ressources qui
pourraient être allouées à des besoins primordiaux tels que l’éducation, la santé, le logement
décent, l’investissement dans les infrastructures publiques de base, ainsi qu’aux programmes
visant la croissance économique et le développement social. Le remboursement de la dette
représente donc un fardeau pour tous les citoyens marocains. Ces derniers contribuent de
façon directe au remboursement de cette dette avec leurs revenus, chacun parmi eux paie en
moyenne 5000 DH marocains chaque année au titre du service de la dette (BENYACOUB,
2021). De plus l'aggravation de l'endettement du pays, à travers l'augmentation du déficit et
l'orientation vers l'emprunt, est un indicateur de l'échec des objectifs fixés par le
gouvernement concernant la réduction du taux d'endettement à 60% du produit intérieur brut
en 2021, ce qui est difficile à atteindre même dans les années prochaines. La dette publique
peut servir comme un levier pour des investissements efficaces, mais la réalité montre que la
plupart des projets sont non rentables économiquement, financièrement et socialement, et
qu’ils sont des projets qui ne génèrent pas d'excédent, et ne permettent pas de créer d'emplois.
Conclusion
En conclusion, malgré les efforts déployés par le Maroc pour réduire sa dette du trésor, celle-
ci reste non-soutenable. Les principales raisons sont l'affectation inefficace des dépenses
publiques, avec une prédominance des dépenses de fonctionnement par rapport à celles
d'investissement, un système fiscal défaillant qui n'assure pas un financement adéquat des
dépenses publiques, et la sensibilité du secteur agricole aux aléas climatiques, nécessitant des
programmes d'aide et de subvention en cas de sécheresse, ce qui peut également peser sur la
soutenabilité de la dette publique.
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Annexes