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Compacts

Ce document est une feuille d'exercices de l'Université Claude Bernard - Lyon 1 pour le semestre automne 2024-2025, portant sur la topologie des espaces métriques. Il contient une série d'exercices sur la compacité, les fonctions continues, les espaces vectoriels normés, et des théorèmes associés. Les exercices incluent des démonstrations et des études de cas sur des ensembles compacts, des applications continues, et des propriétés métriques.

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Université Claude Bernard - Lyon 1 Semestre automne 2024-2025

L3 - Mathématiques générales et applications UE : Topologie des espaces métriques

Feuille d’exercices no 6
Espaces compacts

Exercice 1. Déterminer si les ensembles suivants sont, ou ne sont pas, compacts dans R2 muni de la
topologie usuelle :
— A “ tpx, yq P R2 : x2 ` y 4 ď cospxyqu,
— B “ tpx, yq P R2 : 0 ă xy ď x2 ď 1u,
— C “ tpx, yq P R2 : 0 ď xy ď x2 ď 1u.

Exercice 2. Soit un entier n ě 2 et l’espace vectoriel normé Mn pRq des matrices réelles de taille n ˆ n
(Mn pRq est un espace vectoriel de dimension n2 ). On note |||¨||| la norme matricielle subordonnée à la
norme euclidienne } ¨ }2 , c’est-à-dire, pour M P Mn pRq,

}M X}2
|||M ||| “ sup .
XPRn zt0u }X}2

On considère l’ensemble des matrices orthogonales Opnq “ tA P Mn pRq : tAA “ In u.


1. Soit A P Opnq. Déterminer |||A|||.
2. Montrer que Opnq est compact.
3. Étudier la compacité de l’ensemble GLn pRq des matrices inversibles dans Mn pRq.

Exercice 3. On note E l’espace des fonctions continues de r0, 1s vers R, qu’on munit de la norme }.}8 .
1. Montrer que l’ensemble des fonctions dérivables de r0, 1s vers R n’est pas un sous-ensemble compact
de E.
2. Montrer que la boule fermée de centre 0 et de rayon 1 n’est pas non plus un sous-ensemble compact
de E. On pourra commencer par donner un exemple de suite pfn q dans cette boule qui a une limite
simple qui n’est pas une limite uniforme, puis s’appuyer sur cette suite.

Exercice 4. Montrer que l’intervalle s0, 1r n’est pas un sous-ensemble compact de R en donnant expli-
citement un exemple qui montre qu’il ne vérifie pas la propriété de Borel-Lebesgue.

Exercice 5. Soit X un ensemble muni de la distance discrète. Montrer que X est compact si et seulement
si X est fini.

Exercice 6. Soit pX, dq un espace métrique compact, et pxn qnPN une suite d’éléments de X. Montrer
que pxn qnPN converge si et seulement si elle a une unique valeur d’adhérence.

Exercice 7. Soit pE, } ¨ }q un espace vectoriel normé, A et B deux parties de E. On note A ` B “


ta ` b | a P A, b P Bu.
1. Montrer que si A et B sont compacts, alors A ` B est compact.
2. Montrer que si A est compact et B est fermé, alors A ` B est fermé.
3. Donner un exemple de parties toutes deux fermées d’un espace normé dont la somme n’est pas un
fermé.
Exercice 8. Dans un espace métrique soit U et V deux ouverts disjoints et K un compact inclus dans
la réunion U Y V . Montrer que U X K et V X K sont compacts.

Exercice 9. Soit pX, dq un espace métrique, et soit pKn q une suite de compacts dans X qui sont
emboîtés, c’est-à-dire tels que pour tout n ě 0, Kn`1 Ă Kn . On note K l’intersection des Kn .
1. Montrer que K est fermé dans K0 , puis que K est compact.
2. Dans cette question, on suppose K vide. Montrer que pK0 zKn qně1 est un recouvrement ouvert de
K0 , et en déduire que l’un au moins des Kn est vide.
3. Soit U un ouvert de X contenant K. Montrer qu’il existe un n tel que Kn Ă U .

Exercice 10. Soit m ě 1 et n ě 1 et soit f une application continue de Rn vers Rm .


Montrer que }f pxq} Ñ `8 quand }x} Ñ `8 si et seulement si pour tout K compact inclus dans Rm ,
l’ensemble f ´1 pKq est également compact.

Exercice 11. Soit n ě 1 et soit g une application continue de Rn vers R. On suppose que gpxq Ñ 0
quand }x} Ñ `8.
Montrer que g est bornée, que g est uniformément continue, que g atteint au moins une de ses bornes
(et donner un exemple où l’une des deux n’est pas atteinte).

Exercice 12. Soit pX, dq un espace métrique. On rappelle que pour A Ă X (non vide) et x P X, on
note dpx, Aq “ inf dpx, yq et qu’on a montré en TD (fiche 2, exercice 11) que l’application x ÞÑ dpx, Aq
yPA
est continue.
Pour A Ă X, B Ă X (non vides), on note dpA, Bq “ inf dpx, yq.
xPA,yPB

1. Soit K et F deux parties disjointes non vides de X, avec K compact et F fermé dans X. Montrer
que dpK, F q ą 0.
2. Donner un exemple d’espace métrique pX, dq et de fermés disjoints non vides E et F dans X avec
dpE, F q “ 0.
3. Soit K et L deux compacts non vides de X. Montrer qu’il existe un x P K et un y P L tels que
dpK, Lq “ dpx, yq.
4. Dans cette question X “ Rn pour un n ě 1, muni de la distance euclidienne. Soit K et F disjoints
non vides dans Rn avec K compact et F fermé. Pour R ą 0 on note FR “ ty P F | }y} ď Ru.
Construire un R tel que dpK, F q “ dpK, FR q et en déduire qu’il existe un x P K et un y P F tels
que dpK, F q “ dpx, yq.

Exercice 13.
1. Soit pX, dq un espace métrique, et pxn qnPN une suite d’éléments de X. On suppose que pxn q converge
vers x dans pX, dq et on pose
A “ txn : n P Nu Y txu
Montrer que A est un sous-ensemble compact de pX, dq.
2. Soit pY, dY q et pZ, dZ q deux espaces métriques, et soit f une application de Y vers Z. On suppose
d’une part que f est continue, et d’autre part que pour tout compact K Ă Z, f ´1 pKq est également
compact. Montrer que pour tout fermé F Ă Y , f pF q est également fermé.
Exercice 14. Soit pK, dq un espace métrique compact et f : K Ñ K une fonction telle que :

pour tout x P K, tout y P K tels que x ‰ y, dpf pxq, f pyqq ă dpx, yq.

1. Montrer que f a au plus un point fixe.


2. Montrer qu’il existe un élément a P K tel que dpa, f paqq ď dpx, f pxqq pour tout x P K.
3. Montrer que f paq “ a.
4. Soit x0 P K, on définit la suite pxn qně0 par xn`1 “ f pxn q pour tout n P N. Montrer que
pdpxn , aqqně0 converge vers une limite ℓ ě 0.
5. Montrer que ℓ “ 0.
6. Énoncer le résultat démontré dans cet exercice.

Exercice 15. Soit pK, dq un espace métrique compact. On considère une isométrie f : K Ñ K, c.à.d.
telle que pour tout x, y P K, dpf pxq, f pyqq “ dpx, yq.
Le but de l’exercice est de montrer que f est bijective.
1. Vérifier que f est injective.
2. Supposons que f n’est pas bijective. Montrer qu’il existe alors b P K tel que dpb, f pKqq “ r ą 0.
3. Soit pbn qnPN la suite définie par b0 “ b et pour tout n P N, bn`1 “ f pbn q.
(a) Montrer que pour tout n ą 0, dpb, bn q ě r.
(b) En déduire que pour tout m ą n ě 0, dpbn , bm q ě r.
(c) Montrer qu’aucune suite extraite de pbn qnPN ne peut converger et conclure.

Exercice 16. Soit pK, dq un espace métrique compact, soit f : K Ñ K telle que :

pour tout x, y P K, dpf pxq, f pyqq ě dpx, yq.

Le but de l’exercice est de montrer que f est une isométrie bijective.


On considère x et y deux éléments de K et on définit deux suites pxn qnPN et pyn qnPN par x0 “ x, y0 “ y,
et pour tout n P N, xn`1 “ f pxn q et yn`1 “ f pyn q.
1. Justifier qu’il existe une fonction θ : N Ñ N strictement croissante telle que les suites pxθpnq qnPN
et pyθpnq qnPN sont convergentes.
2. On définit par récurrence une fonction φ : N Ñ N en posant φp0q “ θp0q, φp1q “ θp1q et pour
tout n ě 0, φpn ` 2q “ θp2φpn ` 1q ´ φpnq ` 1q.
Montrer que φ est bien définie en vérifiant par récurrence sur n P N que φpn ` 1q ´ φpnq ą 0.
3. En déduire que pxφpnq qnPN et pyφpnq qnPN sont convergentes.
4. Montrer que ψ : N Ñ N, n ÞÑ φpn ` 1q ´ φpnq est strictement croissante.
5. Vérifier que pour tout n P N, dpx, xψpnq q ď dpxφpnq , xφpn`1q q et dpy, yψpnq q ď dpyφpnq , yφpn`1q q.
6. En déduire que limnÑ8 xψpnq “ x et limnÑ8 yψpnq “ y.
7. Montrer enfin que dpf pxq, f pyqq “ dpx, yq.
8. Conclure en utilisant l’exercice précédent (ou en montrant que f pKq est dense dans K).

Exercice 17. Soit pE, }.}q un R-espace vectoriel normé. Soit K une partie de E compacte, convexe et
non vide, et soit a un élément de K. Soit f une application 1-lipschitzienne de K dans K.
1. Pour chaque n ě 2 et tout x de K, on pose :

1 n´1
fn pxq “
a` f pxq.
n n
Montrer que fn envoie K dans K, puis que fn admet un unique point fixe dans K.
2. En déduire que f admet au moins un point fixe dans K.
Exercice 18. Premier théorème de Dini
Soit pK, dq un espace métrique compact et soit pfn q une suite de fonctions continues à valeurs réelles
définies sur K. On suppose d’une part que pour tout x fixé de K la suite de réels pfn pxqq est décroissante,
et d’autre part que la suite de fonctions pfn q converge simplement vers 0.
1. Justifier que pour tout x P K et tout n P N, on a fn pxq ě 0.
2. Montrer que pour tout n P N, on peut choisir un xn P K pour lequel sup fn pxq “ fn pxn q.
xPK
3. Montrer que la suite pfn pxn qq est décroissante et minorée, et conclure qu’elle converge vers un réel
qu’on notera l.
4. Justifier l’existence d’une application φ de N vers N strictement croissante telle que la suite pxφpnq q
soit convergente vers un élément de K qu’on notera x.
5. Soit N et n deux entiers naturels avec N ď n. Justifier l’inégalité

p˚N,n q fφpnq pxφpnq q ď fφpN q pxφpnq q

puis écrire l’inégalité p˚N q qu’on parvient à montrer en faisant tendre n vers l’infini dans p˚N,n q, à
N fixé.
6. Déduire de la question précédente que l “ 0, puis que la convergence de pfn q vers la fonction nulle
est uniforme.

Exercice 19. Le but de cet exercice est de montrer le théorème de d’Alembert–Gauss : tout polynôme
non-constant à coefficients complexes admet une racine complexe.
Soit P un polynôme non-constant à coefficients complexes.
1. Montrer que la fonction f : C Ñ R, z ÞÑ |P pzq| admet un minimum global. On note z0 P C un
point tel que |P pz0 q| “ minzPC |P pzq|.
P pz0 `zq
2. Supposons que P pz0 q ‰ 0. On définit Q : C Ñ C, z ÞÑ P pz0 q .
(a) Montrer qu’il existe p, n P N˚ deux entiers tels que 1 ď p ď n, et bp , . . . , bn P C tels que
ÿn
Qpzq “ 1 ` bk z k et bp ‰ 0.
k“p

(b) Soit r ą 0 et φ P R tels que bp “ reiφ . Pour tout ρ ą 0, on note zρ “ ρeipπ´φq{p . Vérifier que
si ρ est suffisamment petit, alors |Qpzρ q| ă 1.
3. Conclure.

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