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253 Absolution Des Péchés Conditionnelle 254

Le document traite de l'absolution conditionnelle dans le contexte de la théologie catholique, en citant des figures historiques comme Jean Gerson et le cardinal Cajetan. Il explique que l'absolution conditionnelle peut être valide et licite dans certaines circonstances, tout en soulignant les distinctions entre conditions de fait et de droit. Enfin, il aborde les implications pratiques de l'absolution conditionnelle pour les confesseurs et les pénitents.

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253 Absolution Des Péchés Conditionnelle 254

Le document traite de l'absolution conditionnelle dans le contexte de la théologie catholique, en citant des figures historiques comme Jean Gerson et le cardinal Cajetan. Il explique que l'absolution conditionnelle peut être valide et licite dans certaines circonstances, tout en soulignant les distinctions entre conditions de fait et de droit. Enfin, il aborde les implications pratiques de l'absolution conditionnelle pour les confesseurs et les pénitents.

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253 ABSOLUTION DES PÉCHÉS CONDITIONNELLE

Il faut aller jusqu'à Jean Gerson (xve siècle) pour trouver sacrement n'existe pas. Dans l'une comme dans l'autre
des affirmations certaines en faveur de l'absolution condi- hypothèse, tout est déterminé et rien ne reste en sus-
tionnelle. Le chancelier de l'université de Paris dit pens. Remarquons d'ailleurs qu'il y a toujours une con-
notamment dans son traité De schismate tollendo, Opéra dition sous-entendue dans le sacrement de pénitence ;
omnia, Anvers, 1706, t. Il, p. 79 : « Il faut tenir ceci ce sacrement ne produit ses effets que si le pénitent
pour une conclusion certaine de la théologie : de même présente de son côté les dispositions voulues.
que dans beaucoup de cas, en raison des doutes ou des 2° Pour ce qui est du caractère judiciaire de l'absolu-
scrupules de la conscience, la confession peut être faite tion, disons d'abord avec Lehmkuhl, Theologia moralis,
sous condition, de même aussi l'absolution peut être, Fribourg-en-Brisgau, 1888, t. il, n. 272, p. 202, qu'il n'est
dans ces cas, donnée sous condition. » Gerson répète
cette affirmation dans son traité De unitate Ecclesiœ, pas inouï que dans "des jugements humains la sentence
ait été rendue sous condition. Qu'y aurait-il à dire, par
ibid., p. 118, et dans sa réponse Sur le règlement des exemple, contre cette sentence : Je vous renvoie des fins
Chartreux, touchant la confession, ibid., p. 461. N'ou- de la poursuite, si, dans vos archives de famille, existe,
blions pas qu'il écrivait au commencement du xve siècle. tel document que vous alléguez'? Il ne reste qu'à vérifier
Au siècle suivant, le célèbre cardinal Cajetan proteste l'existence du document en question. D'autre part, le
contre l'usage de l'absolution conditionnelle : « Il se jugement d'ordre surnaturel qui est rendu au saint tri-
trompe le prêtre qui prétend donner sous une forme
bunal diffère des jugements humains sous plus d'un
douteuse ce que Jésus-Christ a ordonné d'administrer rapport. Retenons seulement ici qu'il en dill'ère par le
sous une forme certaine. Il faut rejeter de l'Église de mode d'exécution de la sentence. Dans les jugements
Dieu cette superstition. » Summula de peccatis, Lyon, humains, la sentence est exécutée par des hommes qui
1551, p. 3. Malgré l'anathème de Cajetan, les théologiens doivent nécessairement savoir dans quel sens elle est
plus récents s'accordent à dire que l'absolution condition- portée; c'est pourquoi elle ne peut dépendre d'une con-
nelle est valide et licite en maintes circonstances. C'est dition dont la vérification échapperait aux hommes. Dans
ce qu'il nous faut expliquer. le jugement divin de la pénitence, c'est Dieu qui ratifie
III. Validité. — La condition posée peut se rapporter la sentence; il suffit donc que cette sentence soit absolue
an passé, au présent ou à l'avenir; elle peut être, disent aux regards de Dieu. Or, quelle que soit la condition
les théologiens, de prseterito, de prœsenti, de futuro. posée par le prêtre, Dieu sait si elle est réalisée ou
Or, voici la règle qui est formulée dans le traité général non, et par conséquent la sentence est absolue aux yeux
des sacrements, à l'occasion de ces différentes sortes de de celui qui l'exécute. Gury, Cornpendium theol. moralis,
conditions : quand l'intention conditionnelle du ministre Lyon, 1875, t. n, p. 194, n. 432; Lehmkuhl, loc. cit.;
suspend l'efficacité du sacrement, le sacrement est nul; Jaugey, Traclatus de sacramento pœnitenlix, Langrcs,
quand l'intention conditionnelle ne suspend pas l'effica- 1877, p. 293, n. 295.
cité, le sacrement est valide. En conséquence, la condi- La condition doit-elle être exprimée, ou peut-elle être
tion de futuro rend l'absolution nulle, parce qu'elle sus- tacite? Les auteurs s'accordent à dire qu'elle peut être
formulepend: l'efficacité
« Je vousdesabsous,
paroles. Ainsimourez
si vous serait avant
nulle lacette
fin tacite, et qu'il n'est pas obligatoire de la formuler en
paroles. Marc, Inst. mor., Rome, 1889, t. n, p. 193, n.
de l'année. » Et de fait, le sacrement n'existe pas actuel- 1663; Aertnys, Theol. mor., Tournai, 1893, t. n, p. 10,
n. 15.
lement, puisque le prêtre veut suspendre l'effet de l'abso-
lution jusqu'à un événement postérieur; le sacrement IV. nelle
Licéité. — Du moment que l'absolutionoù condition-
est valide, il est des circonstances elle sera
n'existera
car alors la pas matière
davantageet quand
la formel'événement se réalisera,
du sacrement auront
légitime. On ne peut cependant admettre qu'elle le soit
disparu et ne pourront plus être dites présentes. toujours; ce serait ouvrir la porte trop large à la négli-
Au contraire, les conditions de prseterito ou de prœ- gence des confesseurs peu zélés. Voici le principe général
senti n'empêchant pas l'efficacité immédiate des paroles, qu'établissent les théologiens : l'absolution sera légiti-
si la condition est réalisée, n'empêchent pas non plus la mement donnée sous condition, quand le confesseur
validité du sacrement. Ainsi seraient valides ces absolu-
tions :« Je vous absous, si vous avez reçu le baptême, » jugera que cette absolution est le meilleur moyen d'as-
ou « si vous êtes actuellement vivant » ou « si votre surer, d'une part, le respect dû au sacrement qui serait
exposé à la profanation par une absolution sans réserve,
contrition est sincère ». La doctrine ainsi formulée est
d'autre part, le bien spirituel du pénitent qui pourrait
l'enseignement commun, considéré comme certain par être gravement et même absolument compromis par le
les théologiens modernes ; on peut suivre cette doctrine refus du sacrement.
en toute sûreté de conscience. Appliquons ce principe, et recherchons les circon-
Cependant quelques auteurs sévères, entre autres stances dans lesquelles le bien du pénitent exigera (cas
Collet, Trac lattis de pœnitentia, part. II, c. vu, n. 97, de nécessité extrême) ou du moins légitimera suffisam-
Migne, Theol. cursus, t. xxn, col. 732, ont distingué dans
la question qui nous occupe les conditions de fait et les ment (cas de nécessité
conditionnelle. grave) l'emploi
Nous distinguons de l'absolution
des circonstances du
conditions de droit. Ils admettent l'absolution sous une côté du confesseur et d'autres du côté du pénitent.
condition de fait, par exemple : «Je vous absous, si vous 1° Du côté du confesseur. — 1) Le confesseur ne sait
êtes actuellement en vie ; » mais ils rejettent l'absolution plus s'il a donné oui ou non l'absolution à son pénitent.
qui poserait une condition de droit, par exemple : « Je
En ce cas, il l'absoudra sous cette forme : Si tu non es
vous absous, si vos dispositions sont bonnes. » Ils esti- absolutus, ego te absolvo, etc. — 2) Il doute de sa juri-
ment une telle condition incompatible avec le caractère
judiciaire du sacrement de pénitence. diction, dans ce sens qu'il ne sait pas si en fait elle lui
a été donnée, si elle a été renouvelée, s'il ne l'a point
Y a-t-il donc opposition entre les conditions de prœ- perdue par révocation; en présence d'un cas urgent, il
senti ou de prœterilo, soit de droit, soit de fait, et le absoudra avec cette réserve : Si possum.
caractère de sentence définitive de l'absolution? Non, 2° Du côté du pénitent. — 1. Il y a doute si telle per-
car le sens définitif de l'absolution est sauvegardé, et sonne vit encore; le confesseur emploiera cette condi-
son caractère de sentence judiciaire reste entier. tion :Si vivis. — 2. Sur un moribond qui ne présente
1° Quant au sens définitif de l'absolution, n'oublions que des signes équivoques ou problématiques de contri-
pas qu'il s'agit dans notre discussion d'une condition tion, on dira : Si tu es disposilus. — 3. Sur un enfant
qui est présentement réalisée ou non. Est-elle réalisée : ou sur un dément qui peut-être ne sont responsables
le prêtre veut absoudre et les péchés sont remis. N'est- d'aucun de leurs actes : Si lu ex capax. — 4. Le confes-
elle pas réalisée : le prêtre ne veut pas absoudre et le
seur pourra absoudre à distance un malheureux qu'il

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