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251 Abs. Des Pec. Sous Forme Dép. - Abs. Condit. 252

Le document traite de la validité des formules d'absolution dans l'Église catholique, en comparant les formules latines, coptes et syriennes. Il souligne que certaines formules déprécatoires peuvent être considérées comme valides, tandis que d'autres, notamment celles des syriens nestoriens, soulèvent des doutes quant à leur validité. Enfin, il aborde l'absolution conditionnelle, son histoire et son utilisation dans le contexte de l'Église.

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251 Abs. Des Pec. Sous Forme Dép. - Abs. Condit. 252

Le document traite de la validité des formules d'absolution dans l'Église catholique, en comparant les formules latines, coptes et syriennes. Il souligne que certaines formules déprécatoires peuvent être considérées comme valides, tandis que d'autres, notamment celles des syriens nestoriens, soulèvent des doutes quant à leur validité. Enfin, il aborde l'absolution conditionnelle, son histoire et son utilisation dans le contexte de l'Église.

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252

251 ABS. DES PEC. SOUS FORME DÉP. — ABS. CONDIT.


qui est essentiel dans la forme : Ego le absolvo. On ne P. Billot et recourir au sens qui leur est donné par
saurait donc mettre sérieusement en doute l'équivalence les circonstances où elles sont prononcées. Si on ne
des veut pas accepter cette opinion, on pourra, pour jus-
avec formules
la formuled'absolution
latine. des grecs unis ou non-unis
tifier la validité de ces formules, embrasser le senti-
2. La formule d'absolution des coptes unis ou non- ment du P. Morin et dire que l'Église a modifié la forme
unis ressemble d'une façon frappante à la principale valide de l'absolution chez les latins.
formule des grecs. Elle se compose comme celle-ci de 3° Une formule déprécatoire d'absolution serait-elle
deux parties : une première, intitulée absolution au actuellement valide dans l'Église latine ? — 1. Si l'on
Fils, où le confesseur demande l'abgolution du pécheur, suit l'opinion de Morin, il y a lieu de croire qu'une
en rappelant l'institution du sacrement de pénitence et formule déprécatoire ne serait plus valide dans l'Eglise
le pouvoir d'absoudre les péchés conféré au prêtre; une latine. En effet, si c'est l'Église qui donne la validité aux
seconde, intitulée bénédiction, où il demande que le pé- formules en les adoptant, elle doit aussi leur ôler leur
nitent soit absous par son ministre : « Qu'il soit absous... validité en les rejetant. C'est pourquoi Tournely, Prœ-
par la bouche de ma petitesse. » Voir XI Absolution lect. theol. de sacramento psenitentiœ, part. I, q. ix,
citez les coptes, col. 212. La première formule est très
a. 1, Paris, 1728, p. 130 sq., et d'autres auteurs disent
probablement équivalente à la forme : Ego te absolvo, expressément que les formules déprécatoires ne sont
comme nous l'avons dit tout à l'heure. Nous avons mis, plus valides dans l'Église latine. Cette opinion de Tour-
col. 249, cette formule dans la deuxième classe. Mais la nely suffit pour expliquer que Clément VIII et Be-
seconde formule répond exactement à celle dont nous noît XIV aient prescrit aux prêtres grecs de se servir
venons de reconnaître la validité chez les grecs. Elle de la formule indicative pour l'absolution des latins. On
exprime, par conséquent, on ne saurait le contester, doit en effet suivre le parti le plus sûr dans l'adminis-
l'essentiel de la forme : Ego te absolvo. tration des sacrements, et du moment que Tournely el
3. La forme de l'absolution des syriens jacobites peut d'autres auteurs estimables regardaient les formules dé-
être placée soit dans ces paroles, que le prêtre pro- précatoires comme invalides chez les latins, le plus sûr
nonce immédiatement après la confession : « Moi je te était de se servir vis-à-vis d'eux de la formule indicative.
pardonne ici et Dieu dans le ciel, » soit dans d'autres C'est assurément cette considération qui a inspiré le
paroles qu'il prononce après l'accomplissement de la décret dont nous parlons ; car autrement on ne compren-
pénitence et qu'on peut traduire de deux façons : ou bien drait pas que Clément VIII et Benoit XIV aient permis,
Que ce péché soit effacé, ou bien Le péché sera dès à vis-à-vis des grecs, la formule qu'on tenait pour insuffi-
présent effacé. Voir IX Absolution chez les syriens, sante dans la bouche du même prêtre vis-à-vis des latins.
col. 209. La première et la dernière formules seraient 2. Si l'on adopte l'opinion suivant laquelle toutes les
indicatives. La seconde : Que ce péché soit effacé, est formules déprécatoires qui ont été ou sont encore
grammaticalement déprécatoire Mais elle a le caractère approuvées dans l'Église catholique, sont équivalentes à
impératif. Or nous avons vu, col. 248, que les formules la forme : Ego te absolvo, il y a lieu de dire que toutes
impératives de cette sorte étaient tenues pour valides et
ces formules seraient valides aujourd'hui dans la bouche
équivalentes à la forme : Ego te absolvo, même par les des prêtres latins et qu'elles sont seulement illicites.
théologiens du commencement du XVIIe siècle. La vali- Du moment en effet qu'elles renferment par hypothèse
dité de la formule des syriens jacobites ne saurait donc ce qui est essentiel pour l'absolution, elles ont la vertu
soulever de difficulté. de remettre les péchés dans le sacrement de pénitence.
4. Il n'en est pas de même de la formule des syriens Quelques auteurs pensent, il est vrai, que l'Église,
nestoricns, de celle, du moins, qui est usitée pour la pouvant retirer la juridiction aux prêtres latins qui se
réconciliation des pécheurs autres que des hérétiques, serviraient d'une formule déprécatoire, l'a fait en décla-
non pas, à ce qu'il semble, avant, mais seulement après rant que la forme du sacrement consiste dans les pa-
l'accomplissement de la pénitence. Elle demande en effet roles :Ego te absolvo, et qu'elle a rendu ainsi les autres
à Dieu la rémission des péchés, sans avoir aucun carac- formules invalides dans l'Église latine. Sasse, loc. cil.
tère impératif et sans parler du ministère du prêtre, ni Mais c'est là, ce nous semble, une affirmation sans fon-
même de l'institution du sacrement de pénitence. Voir dement. L'Église peut certainement ôter la juridiction et
IX Absolution chez les syriens, col. 218. Elle rentre
par conséquent le pouvoir d'absoudre aux prêtres qui
donc dans les absolutions que nous avons placées dans emploieraient telle ou telle formule. Mais il faudrait
la troisième classe, col. 249. Sa validité n'est admissible pour cela qu'elle s'exprime clairement. Or jamais au-
el ne se justifie, que si on admet l'opinion du P. Billot, cune décision n'a été portée dans ce sens. Quelques au-
suivant laquelle la circonstance d'être prononcée sur un teurs seulement ont émis ce sentiment; il leur est par-
pénitent après sa confession par un prêtre, avec l'in- ticulier et ne saurait être attribué à l'Église.
tention d'absoudre, suffit pour qu'une formule dépréca- Les ouvrages indiqués à l'histoire de la question, col. 246 sq.,
toire exprime l'essentiel de la forme : Ego te absolvo. en particulier Tournely, Prxl. theol. de sacram. -pxnitentix,
5. Les formules déprécatoires usitées chez les latins
part. I, q. IX, a. 1, Paris, 1728, p. 139-147 ; Palmieri, De pœni-
au temps des Pères et dans le haut moyen âge sont de tentia, th. XH, parergon, Rome, 1879, p. 126-141.
deux sortes. Voir II Absolution^ ait temps des Pères, A. Vacant.
col. 157, et III Absolution dans l'Église latine du vue au XVII. ABSOLUTION CONDITIONNELLE ou SOUS
xii- siècle, col. 107. Les unes rentrent dans notre seconde CONDITION. — I. Nature. IL Histoire. III. Validité. IV.
classe, col. 249. Elles rappellent le pouvoir de remettre Licéité.
les péchés donné par Jésus-Christ aux prêtres. Elles I. Nature. — L'absolution est dite conditionnelle ou
équivalent donc à la forme latine actuelle et ne sauraient donnée sous condition, quand, par la volonté du prêtre
soulever de difficulté théorique. On s'en est servi au qui l'administre,
temps des Pères el à l'époque qui précéda l'usage de la absolue, mais avecelle une n'est pas de
réserve conférée d'une
laquelle manière
dépend son
forme indicative. Mais il est d'autres formes usitées en- efficacité : «Je vous absous si telle condition est remplie. »
core au commencement du moyen âge dont les paroles, IL Histoire. — L'usage de l'absolution conditionnelle
telles que nous les trouvons dans les pénitentiels, sont est relativement récent. Le plus ancien texte qu'on ait
simplement déprécatoires. Klles n'ont aucun caractère citéà l'appui tle ce mode d'absolution, d'après Benoit XIV
impératif, ne mentionnent ni l'institution du pouvoir (De $ynodo, 1. VII, c, xv, ('/"''" omnia, Venise, 1707,
d'absoudre, ni le ministère du prêtre dans l'absolution, t. xi, p. 145), est 'un passage du théologien Henri de
col. MIT. Pour admettre leur équivalence avec la for- ('■and (xiir- siècle) ; encore devons-nous dire avec le savant
mule : Ego le absolvo, il faut adopter l'opinion du pape (pu- la signification de ce texte est 1res discutable.

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