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243 ABS. D. PÉC., QUEST. D. TH. MOR. — ABS. S. FORM. DÉP.
Ainsi pensent entre autres Ciolli, op. cit., t. i, p. 182, XVI. ABSOLUTION SOUS FORME DÉPRÉCATOIRE.
et les théologiens de Germon t, Theologia dogmatica et — I. Question à résoudre. II. Solution.
moralis, Paris, 1893, t. iv, p. 90. En 1884, cette question
I. Question a résoudre. — /. notion. — L'absolution
fut posée à la Sacrée Pénitenccrie : « Peut-on donner sous forme indicative est celle où le prêtre affirme qu'il
l'absolution par le téléphone dans le cas d'extrême né- remet les péchés : telle est la formule employée dans le
cessité? »La Sacrée Congrégation opposa à la question une
rite latin : Ego te absolvo, etc. L'absolution sous forme
tin de non recevoir : « Nihil est respondendum; il n'y déprécatoire est celle où le prêtre prie Dieu de remettre
a rien à répondre. » Elle voulait par là signifier proba- les péchés, soit sans faire mention du pouvoir sacerdotal
blement que la question n'était pas de son ressort, d'absoudre, comme dans cette formule du rite grec : Tout
mais devait être adressée au Saint-Office. Voir Ami du ce que tu as confesse à ma pauvre petitesse..., <]<</' Dieu
clergé, 1898, t. xx, p. 1097.
III. Plusieurs prêtres peuvent-ils absoudre en- te le pardonne en ce monde et en l'autre, soit en men-
tionnant ce pouvoir, comme dans cette autre formule du
semble UN même PÉCHEUR?— 1° Cette pratique serait rite grec : Que Dieu te pardonne par moi en ce monde
illicite, car elle est opposée à la coutume de l'Église, et, et en l'autre. Quelques théologiens distinguent une troi-
au dire des théologiens de Salamanque, celui qui la
sième forme de l'absolution, qu'ils nomment imperaliva.
soutiendrait tomberait sous le coup de l'anathèrne du Telle serait, suivant Sylvius, InIIDmpartem, q. lxxxvi,
concile de Trente, sess. VII, can. 13, porté contre a. 3, Opéra, Anvers, 1695, t. iv, p. 414, la formule :
ceux qui enseignent qu'on peut négliger ou changer les Absolvatur servus Christi. Mais la plupart des auteurs
rites accoutumés dans l'administration des sacrements. font rentrer ces formules impératives dans la classe des
Collegii Salmanticensis Cursus théologiens, Paris, 1SS3, formes déprécatoires, et nous ferons comme eux. sauf à
t. xix, p. 355.
remarquer plus loin qu'il y a une grande variété de
2° Mais l'absolution ainsi donnée serait valide pourvu formes déprécatoires.
que, d'une part, le pénitent soit de bonne foi et que, //. LA QUESTION. — La question que nous avons à exami-
d'autre part, chacun des prêtres ayant entendu la con- ner n'est pas de savoir quelle est la forme d'absolution
fession entière prononce la formule d'absolution avec dont les prêtres sont tenus de se servir. Il est certain
l'intention déterminée de remettre tous les péchés mor- que les prêtres de rite latin sont obligés de se servir de
tels accusés. Dans cette hypothèse en effet, rien ne la formule indicative du rituel romain, sous peine de
manque des conditions requises essentiellement pour la faute grave. Voir V Absolution, Sa forme actuelle dans
validité du sacrement. Suarez, De fœnit., disp. XVIII, l'Église latine, col. 193, et que les prêtres orientaux
sect. iv, Opéra omnia, Paris, 1861, t. xxn, p. 393; sont tenus en général d'employer chacun les formes du
De Lugo, De psenit., disp. XIII, Disputationes, Paris, rite auquel ils appartiennent. Voir VII Absolution chez
1869, t. iv, p. 607. les grecs, col. 202.
3° Si chacun des prêtres n'entendait absoudre que Mais c'est de la validité du sacrement qu'il s'agit.
partiellement de quelques-uns et non pas de tous les Aucun théologien ne se demande si la forme indicative
péchés mortels, ou s'il faisait dépendre son intention de des latins est valide. Les déclarations du concile de Flo-
la volonté des autres qui prononcent avec lui les paroles, rence et du concile de Trente que nous allons rapporter
les théologiens sont d'avis que l'absolution serait inva- sont trop formelles et trop claires pour qu'on puisse en
lide, car alors aucun de ces prêtres ne serait le juge douter. 11 n'en est pas de même de l'absolution donnée
prononçant d'une manière ferme et définitive la sen- sous forme déprécatoire. Un grand nombre de théolo-
tence de pardon. De Lugo, op. cit., p. 611; Salmanti- giens ont soutenu qu'elle ne saurait être valide, et cela
censes, op. cit., p. 262. précisément à cause des raisons qui militent en faveur
4° Y a-t-il un ou plusieurs sacrements, quand plu- de la forme indicative. C'est donc la question de la vali-
sieurs prêtres donnent simultanément et validement dité des formules déprécatoires d'absolution que nous
l'absolution à une même personne? « Il n'y a qu'un avons à étudier. On peut résoudre cette question d'une
sacrement, répond Suarez, parce qu'il n'y a qu'une seule manière théorique, en déterminant dans quelles condi-
matière sacramentelle. » Luc. cit., p. 393. « Il y a autant tions les formules d'absolution seraient valides et en
de sacrements que d'absolutions, dit en sens contraire imaginant pour cela des exemples de formules valides,
De Lugo, parce qu'il y a autant de formes sacramen- douteuses ou invalides. On peut la résoudre aussi d'une
tel es, dLoc. cit., p. 608. Les théologiens de Salamanque façon appliquée et pratique, en recherchant si les for-
insistent longuement sur cette discussion et se rangent, mules employées dans les divers rites remettent les
à bon droit, selon nous, du côté de Suarez. Loc. cit., péchés, quels sont les éléments qui les rendent valides,
p. 355-359. En définitive, quand même il y aurait plu- ou bien encore si une formule valide dans un rite le
sieurs prêtres pour absoudre, il n'y a qu'une cause dé- serait également dans un autre. Nous verrons quelles
battue, celle que le pénitent vient d'exposer par sa con- sont les principales solutions qui ont été données à la
fession; une seule cause est débattue, par conséquent question à ces deux points de vue.
un seul jugement est institué, une seule sentence est ///. DONNÉES .1 CONSIDÉRER. — La difficulté de la ques-
portée quoique prononcée par plusieurs; donc un seul tion vient du grand nombre de données dont il faut
sacrement existe. tenir compte. Les unes sont fournies par la pratique
des diverses Églises, les autres par les décisions des con-
Suarez, De psenit., disp. XVIII, sect. IV, Opéra, Paris, 18"1,
t. xxn, p. :i'.»:s; De Lugo, De pxnit., disp. Mil, Disputationes, ciles et du Saint-Siège, d'autres enfin consistent en rai-
Paris, 1869, t. iv, p. 607, 611; Salmanticenses, Cursus theolo- sous théologiques appuyées sur l'Écriture et la doctrine
traditionnelle.
gicus, Paris, 1xk:s, t. xix, p. 262, 355; s. \.\v 'i, Theotorjia
moralis, l. VI, Paris, ikki, t. in; Homo apostolicus, Pari ,
1887, t. u; Lacroix, Theologia moralis, Paris, 1874, t. m; Bal- 1° Pratique des Églises. — Les formules d'absolution
usitées dans les Kglises latine, grecque, syrienne, armé-
lerini-Palmieri, OpUS tht'olorjicuni inocule, Pralo, I8!l'2, t. v; nienne ou copie, soit dans l'antiquité, soit à l'époque
Gury-Ballerini, Compendium theologim moralis, Prato, 1894,
t. n; Lehmkuhl, Theologia moralis, Fri] rg-en-Brisgau, 1898, moderne, ont été déterminées dans des articles précé-
t. u; Marc, Institutiones morales, Rome, 1889, t. n; Aertnys, dents. Rappelons ce qui a été établi dans ces articles. —
1. La forme absolue ou indicative est employée par
Theologia moralis, Tournai, 1898, t. u; Berardi, Praxis con-
fessariorum, Bologne, 1893, I. n; De recidivis et occasionariis, l'Église latine actuelle, par les diverses branches de
Faenza, 1887, t. i et n; Hilariua a Sexten, Traptatus r<ist,ir<iii* syriens unis, par les arméniens unis et non-unis, par
de sacramentis, Mayence, 1895; ciolli, Directoire pratique du les russes et lesruthènes. Elle est représentée par quel-
jaune cunfcàs^ur, Vsa'.s, iblo, t. i. ques formules d< s grecs unis ou des grecs non-unis et
A. Ceugnèt.
par quelques formules de l'ancienne Eglise latine. — 2. La