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247 Absolution Des Péchés Sous Forme Déprécatoire

Le document traite des différentes formules d'absolution dans la liturgie chrétienne, en se concentrant sur les débats théologiques autour de leur validité. Il présente trois opinions principales sur la nature des formules déprécatoires et leur équivalence avec des formules indicatives, en citant des érudits et des théologiens de différentes époques. Enfin, il souligne que la validité des formules d'absolution pourrait dépendre de leur capacité à exprimer l'action ministérielle du prêtre.

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247 Absolution Des Péchés Sous Forme Déprécatoire

Le document traite des différentes formules d'absolution dans la liturgie chrétienne, en se concentrant sur les débats théologiques autour de leur validité. Il présente trois opinions principales sur la nature des formules déprécatoires et leur équivalence avec des formules indicatives, en citant des érudits et des théologiens de différentes époques. Enfin, il souligne que la validité des formules d'absolution pourrait dépendre de leur capacité à exprimer l'action ministérielle du prêtre.

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247 ABSOLUTION DES PÉCHÉS SOUS FORME DÉPRÉCATOIRE

Pari-, 1072. p. iOT. Il no s'y occupe guère d'ailleurs que deux systèmes, l'un qui admettait que la formule de
de la liturgie grecque. Il tient pour invalides les for- l'absolution n'avait pas été toujours et partout la même
mules d'absolution dos euchologes grecs, parce qu'elles dans son essence, l'autre qui soutenait que les formules
sont déprécatoires, ibid., p. 428, et regarde comme
déprécatoires n'avaient jamais constitué la forme de l'ab-
valide celte formule indicative : « Je vous tiens pour solution, ils'en dessina un troisième. Il reconnut l'exac-
absous, » et quelques autres équivalentes que, selon lui, titude des données fournies par les érudits du xvne siècle
beaucoup de prêtres employaient, bien qu'elles ne et des siècles suivants, mais prétendit que les formules
fussent pas dans leur livres liturgiques. Ibid., p. i28, déprécatoires employées en Orient ou en Occident au
431. Un peu plus tard, en 1651, cet aspect de la temps des Pères, avaient un sens équivalent à celui de
notre formule latine indicative, que, par conséquent,
question l'ut repris avec beaucoup plus de développe-
ment et dans un tout autre esprit par l'oratorien français toutes ces formules sont valides partout et toujours en
Jean Morin (-|- 1659). Dans son ouvrage, Comment, hisl. vertu de l'institution de Jésus-Christ, sans que l'Église
<li- disciplina m administi'atione sncramenti pseni- soit intervenue autrement à leur égard que par des
tentise, 1. VIII, c. viii-xxm, édition d'Anvers, 1682, prescriptions purement disciplinaires. Cette théorie avait
p. 529-588, il rapporte des documents pour établir que la son fondement dans la doctrine des scolastiques qui vé-
forme de l'absolution a été déprécatoire en Occident jus- curent immédiatement après le concile de Trente. Elle
a eu beaucoup de partisans de nos jours. Citons Perrone
qu'au xm« siècle et qu'elle l'est encore dans les Églises
orientales, parmi lesquelles d'ailleurs il n'a étudié que (f 1876), De psenitenlise, c. v, Prselectiones theologicx,
l'Église grecque. Il soutient même que la forme de Paris, 1852, t. n, p. 372; Franzelin (y 1886), De sacra-
l'Église catoirelatine pourrait mentis in génère, c. v, in fuie, 3e édit., Rome, 187S,
et consister dans encore êtreIn tenue
ces mots pourPalris
nomine dépré-et
p. 48; Billot, De Ecclesise sacramenlis, De psenitenlise,
Filii et Spiritus Sancti, dont les mots Ego te absolvo c. m, cor. 2, Rome, 1895, t. n, p. 10; Lehmkuhl, Theo-
ne seraient qu'un complément accessoire. Ibid., c. xvm, logia moral., Fribourg-en-Brisyau, 1898, t. n, p. 269;
n. s, p. 569. Mais il ne s'arrête pas à cette interpréta- V. Jaugey, De sacramento psenitenlise, part. II, sect. H,
tion singulière dont il n'a pas besoin pour la théorie c. in, § 1, Langres, 1877, p. 276; Knoll (Albert a
qu'il défend. Il admet en effet pour tous les sacrements Bulsano f 1863), Instituliones theologise theoretiesc,
que leur matière et leur forme n'ont été déterminées par § 650, Turin, 1875, t. v, p. 477, regarde cette opinion
Jésus-Christ que d'une manière purement générale, mais comme plus probable et plus commune que la précé-
que l'Église a reçu le pouvoir de les déterminer plus dente. Elle a aussi les préférences de Palmieri, De
spécialement. Il pense que l'Eglise a exercé ce pouvoir peenitentia, th. xn, Parcrgon, Borne, 1879, p. 127-142.
pour le sacrement de pénitence, ibid., cxvn, p. 566 sq.,
Beaucoup de ces auteurs posent en principe qu'une
et qu'ainsi les formules d'absolution, employées en forme d'une signification purement déprécatoire serait
divers lieux et en divers temps sont toutes valides.
invalide; mais ils expliquent qu'une formule grammati-
4° Depuis le milieu du xvw siècle. Trois opinions calement déprécatoire peut avoir un sens impératif et
indicatif et ils voient ce sens dans toutes les formules,
principales. — De nouvelles recherches de l'érudition
apportèrent de nouvelles preuves en laveur des assertions
même déprécatoires, adoptées ou reconnues par l'Église
catholique.
bis toriques de Alorin. Aussi depuis le milieuduxviiesiècle,
les théologiens se préoccupèrent-ils des différences si- II. Solution. — /. réponse théorique. — Abstraction
gnalées par le savant oratorien entre les liturgies
anciennes ou orientales et le rituel latin moderne. Mais faite des applications aux formules usitées dans les di-
vers rites et en restant sur un terrain général, on peut
deux courants s'établirent dans les écoles théologiques. poser les deux principes suivants. — Premier principe.
— 1. L'un tint plus compte des données de l'érudition Une formule purement déprécatoire, qui n'exprimerait,
et suivit l'opinion de Morin. Il domina à la lin du ni par ses termes, ni d'aucune autre façon, l'action mi-
xvne siècle et au xvine siècle, surtout à la Sorbonne. Il nistérielle du prêtre et le caractère judiciaire de cette
est représenté par Duhamel (f 1706), Witasse (f 1716), action ne saurait être la forme valide de l'absolution.
Tounely (f 1729), Juénin (f 1727), Drouin (f 1742),
Elle n'exprimerait pas en effet ce qui constitue essen-
Golti (f 1742), Sardagna (f 1775). Cette opinion a aussi tiel ement lesacrement de pénitence. Aussi les théolo-
été adoptée par saint Alphonse de Liguori (f 1787),
giens qui ont envisagé l'aspect théorique de la question
Traité contre les hérétiques, c. vi, p. 75, Œuvres
semblent-ils s'accorder tous à reconnaître ce principe.
traduites, Paris, 1836, t. xix, p. 442. Elle est enseignée — Second principe. Toute formule, équivalente par sa
aujourd'hui par Hurter, De sacramento psenitenlise, signification à la forme latine Ego te absolvo, doil être
Theologise dogni. compendium, Inspruck, 1881, t. m,
regardée comme valide, alors même qu'elle se présen-
p. 418; Schanz, Die Lehre von den heiligen Sacra- terait sous une forme grammaticale déprécatoire. On
menten, § 39, Fribourg-en-Brisgau, 1893, p. 542; admet en effet que, pour tous les sacrements, la validité
Tanquerey, Synopsis theologise dogmalicœ, De pse- (nous ne parlons pas de la licéité) ne vient pas de
nitent. sacram., p. 49, Paris, 1895. Une partie de l'emploi d'un mot plutôt que d'un autre, que par con-
ces auteurs pensent que les formules adoptées par séquent les formules sacramentelles restent valides,
l'Église ne sont valides que pour les temps et les lieux alors même" qu'on les traduit en diverses langues, ou
où elles sont adoptées, et par conséquent que la forme
qu'on substitue aux termes reçus d'autres termes qui
déprécatoire est maintenant invalide dans l'Église latine. ont le même sens. Ce principe est vrai pour le sacrement
— 2. L'autre courant contesta le caractère déprécatoire de pénitence, aussi bien que pour les autres. Il ne
des formules anciennes et des formules orientales de
parait pas impossible, d'autre part, d'exprimer en une
l'absolution. Beaucoup de ceux qui le suivirent se con- formule grammaticalement déprécatoire le même sens
tentèrent de réponses assez sommaires aux difficultés qu'exprime la formule Ego te absolvo. Les théologiens
de Morin. Cependant les faits et les théories qu'il avance semblent admettre tous que c'esl le cas de la forme im-
furent discutés en détail et combattus longuement par péralive Sois absous et des autres semblables. Esliiis
le jésuite Simonnet (f 1733), Inslitutiones theologise,
des déjà,
dit loc. Cit.,
formules que touta le
Absolvaris me monde reconnaît talis.
ou Absolvatur la validité1
Reste
De peenitentia, disp. VIII, a. 1-6, Nancy, 1726, t. ix,
p. 308-425. Sesarguments furent souvent résumés par les à déterminer les principales catégories des autres for-
auteursqui vinrent après lui. Parmi les auteurs contem- mules déprécatoires valides. Ici les ailleurs ne sont plus
porains, De Augustinis, De resacramentaria, de sacra- d'accord, l.e critérium consiste à voir si la prière
mento pwnitentiœ, part. II, a. 11, Scholiori, Rome, 1887, qu'elles expriment est l'aile avec l'autorité d'un juge qui
t. ii, p. 294, parait suivre cette opinion. — 3. Entre ces formule une sentence dont il demande seulemi ni l'exé-

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