DREPANOCYTOSE
Dr DJIMASRA TADIBE OSEE
MEDECIN BIOLOGISTE CLINICIEN
FSSH VI. 2025
PLAN
I. GENERALITES
1. EPIDEMIOLOGIE
2. PHYSIOPATHOLOGIE
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
III. PRISE EN CHARGE
OBJECTIFS PEDAGOGIQUES
1. Décrire les signes cliniques et les facteurs
déclenchant la drépanocytose,
2. Citer les examens paracliniques
3. Décrire les mesures préventives initiales et
conseils
I. GENERALITES
1. définition:
La drépanocytose est une maladie héréditaire de
l’hémoglobine (Hb). C’est une anomalie de structure dans
laquelle le 6e acide aminé de la chaine beta: l’acide
glutamique est remplacé par la valine.
Le produit de cette mutation autosomique est une Hb
anormale appelé HbS. Depuis la 1re description en 1910 par
HERRICK.
I. GENERALITES
Dans la maladie drépanocytaire, 5 génotypes sont
fréquemment rencontrés ce sont:
Drépanocytose homozygote: Hb SSFA2,
Drépanocytose hétérozygote simple ou trait
drépanocytaire: Hb AS
Drépanocytose double hétérozygote avec 3 formes:
• Sβₒthalassémie: Hb SFA2 . SC
• Sβ+thalassémie: Hb SAFA2
I. GENERALITES
Ces 5 génotypes déterminent trois formes de
drépanocytose. On retrouve :
- les formes majeures anémiques avec deux phénotypes
hémoglobiniques : SSFA2 et SFA2
- les formes majeures non anémiques avec deux types
d’hémoglobines : SC et SAFA2
- la forme dite asymptomatique : AS
I. GENERALITES
En pratique, on distingue d’une part la maladie
drépanocytaire englobant les deux formes majeures et
qui requiert une prise en charge de longue durée, et
d’autre part le trait drépanocytaire qui est la forme
asymptomatique
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
1 Fréquence
La drépanocytose est l’hémoglobinopathie la plus
fréquente du monde. Selon l’Organisation Mondiale
de la Santé (OMS), 50 millions de patients sont
porteurs d’une hémoglobinopathie dont 50% de
drépanocytose.
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
2 Mode de transmission
La drépanocytose se transmet essentiellement sous
le mode autosomal récessif. Le coefficient de risque
majeur est fonction des phénotypes parentaux
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
2 Mode de transmission
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
3 Répartition géographique
La drépanocytose est une maladie qui frappe avec
prédilection les sujets de race noire, également des sujets
d’ascendance noire.
On décrit des cas dans le bassin méditerranéen, en Inde et
également en Asie. On note une distribution variable selon
Les continents évoquant la notion de foyers originels et de
foyers secondaires.
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
Les foyers originels
Foyers ont toujours hébergé l’hémoglobine S et sont au
nombre de 3:
L’Afrique noire: On y rencontre les plus hautes fréquences
au monde. Différentes études ont montré une forte
Prévalence entre le 15ème parallèle Nord, 20 ème parallèle
Sud constituant la "ceinture sicklémique" de LEHMANN.
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
La fréquence dans cette région reste supérieure à 10%.
En Côte d’Ivoire on note une prévalence de 12% avec 25%
chez les Koulango (NORD-EST). Cette affection est presque
présente chez les Malinkés (15,2%) et les
Akans (8,8%). En Afrique Occidentale sub-saharienne, la
prévalence varie de 8 à 30% suivant les groupes ethniques.
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
En Afrique Centrale, on note une prévalence variant entre
30 et 40 %.
Le sous-continent indien: Des fréquences élevées se
retrouvent dans un groupe ethnique appelé Veddoïde (20 à
30 % de sujets hétérozygotes et 2 à 3 % de sujets
homozygotes).
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
La péninsule arabique L’Arabie Saoudite et le Yémen
b- Les foyers secondaires.
Ce sont essentiellement les pays peuplés secondairement
par les mouvements migratoires.
En Amérique : l’affection touche environ 7 à 8 % de la
population noire des Etats-Unis avec une prévalence de 12
% en Caroline du Sud.
I. GENERALITES
• I-1 Epidémiologie
En Europe : on note une forte prévalence au niveau du
pourtour du bassin méditerranéen (Albanie, Grèce, Sud de
l’Italie, Turquie).
I. GENERALITES
I-2 Pathogénie-Physiopathologie
1. Pathogénie
La drépanocytose est liée à une mutation génétique
ponctuelle (le codon GAG est remplacé par le codon GTG),
responsable d’une substitution sur la chaîne β de la globine
d’un acide aminé, l’acide glutamique (GLU) par un autre
acide aminé, la valine (VAL), en position 6 (β6 GLU→VAL).
I. GENERALITES
Le gène responsable de cette mutation est situé sur le bras
court du chromosome 11. Il s’agit du gène S (S comme
sickle cell, en raison de la déformation en faucille de
l’hématie).
L’hémoglobine anormale (HbS) hydrophobe ne diffère de
l’hémoglobine A hydrophile que par un acide aminé en
position 6 sur la chaîne bêta.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
a. La gélification
En atmosphère oxygénée l’hémoglobine S est aussi soluble
que l’hémoglobine A. Par contre, si l’hématie est soumise à
certaines conditions (hypoxie, acidose, déshydratation,
hyperthermie), les molécules d’hémoglobine contenues
dans ce globule rouge s’accolent les unes aux autres pour
former de longues chaînes de polymères d’hémoglobine :
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
a. La gélification
on parle alors de gel d’hémoglobine. Cette gélification de
l’hémoglobine S désoxygénée est réversible puis
irréversible. Sa persistance va conduire à une étape
suivante qui est la falciformation.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
b. La falciformation
C’est la conséquence directe de la gélification et elle
correspond à la déformation morphologique des hématies
en " faucille " ou en " croissant de lune " appelées
drépanocytes. La falciformation peut être réversible ou
irréversible si les facteurs déclenchants persistent. Dans ce
cas la membrane du GR devient rigide, non déformable.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
b. La falciformation
Le drépanocyte, perdant ainsi ses propriétés d’élasticité et
de déformabilité qui lui sont nécessaire pour passer à
travers les petits vaisseaux de l’organisme, sera détruit. Ce
qui explique l’anémie hémolytique.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
b. La falciformation
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
b. La falciformation
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
c. Les conséquences
Les conséquences de la falciformation sont de deux types :
immédiates
- La vaso-occlusion
Elle est due à la perte d’élasticité des hématies déformées.
Ces drépanocytes vont obstruer la lumière vasculaire
créant une vaso-occlusion.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
b. La falciformation
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
c. Les conséquences
Elle s’accompagne d’épiphénomènes inflammatoires qui
justifient l’utilisation des anti inflammatoires non
stéroïdiens dans la prise en charge de la crise vaso-occlusive
drépanocytaire. Lorsque l’ischémie dure ou se répète
fréquemment, elle peut entraîner des complications à type
d’infarctus ou de nécrose.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
c. Les conséquences
-L’hémolyse pathologique intra tissulaire
Les drépanocytes sont captés et détruits par le système
réticulo-endothélial (SRE) ; ce qui abouti à une anémie
hémolytique chronique.
Ces deux grands syndromes (douloureux et anémique)
constituent l’essentiel de la maladie drépanocytaire.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
c. Les conséquences
Les conséquences à long terme
Ce sont les lésions de nécroses multiples avec des
altérations tissulaires. Elles atteignent les organes qui ont
un courant circulatoire ralenti.
- Au niveau de l’œil : l’altération conduit au décollement
de la rétine puis à la cécité
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
c. Les conséquences
- Au niveau de la rate : c’est l’asplénie fonctionnelle avec
altération de certaines fonctions.
- Au niveau de l’os : on observe une nécrose aseptique des
têtes fémorales et humérales le plus souvent, car elles sont
mal irriguées.
- Au niveau des poumons : ce sont des zones d’infarctus.
I. GENERALITES
2. Physiopathologie
c. Les conséquences
- Au niveau du rein : on observe des troubles de la
concentration urinaire et une albuminurie microscopique
relativement fréquente.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
La maladie drépanocytaire associe un tableau
d’anémie hémolytique chronique permanente sur
lequel vient se greffer des crises vaso-occlusive et
ou hémolytique.
Cette symptomatologie clinique est fonction du
phénotype hémoglobinique.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
a- La phase inter critique
C’est un tableau d’anémie hémolytique chronique
permanente qui se résume à la triade suivante :
• Anémie
• Ictère
• Splénomégalie
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
b. La phase critique
La crise vaso-occlusive est la manifestation la plus
fréquente et essentiellement représentée par la
douleur dont les caractères sont :
- le début : les premières douleurs remontent autour de 6
mois à l’enfance.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le rythme : la douleur traitée ou non dure d’une heure à six
jours avec une moyenne de trois à quatre jours.
Après la guérison, le malade est dans une période
d’accalmie relative qui sera interrompue au bout d’un
temps variable par une nouvelle crise. Cette répétition de
la douleur est caractéristique de la drépanocytose.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
Chez les nourrissons: la douleur réalise le ‘’syndrome pied
main’’ (Hand foot Syndrom). C’est une nécrose ischémique
des petits os des mains et des pieds qui s’accompagnent
d’une tuméfaction douloureuse des parties molles du dos
des mains, des pieds et de fièvre.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
Chez les enfants et les adolescents: la douleur est
abdominale. Les douleurs sont provoquées par des
infarctus viscéraux (mésentère, rate, foie) et sont souvent
accompagnées de fièvre. Elles peuvent simuler un tableau
d’abdomen chirurgical aigu.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
• Bosse frontale
• prognathisme
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
• Proéminence
frontale
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
• Dysmorphie cranio-faciale
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
Signes Cliniques
- le siège :
Chez l’adulte: la douleur est ostéo-articulaire (au niveau des
os longs, du thorax et du bassin).
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
- les facteurs déclenchants :
On retrouve plus souvent des facteurs déclenchants la crise
drépanocytaire. Ce sont des circonstances susceptibles de
la provoquer.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
• Le froid, surtout le froid humide (saison des pluies)
• L’effort physique intense et prolongé
• Une hyperthermie quelle que soit la cause
• Une déshydratation
• Causes iatrogènes (anesthésiques généraux, diurétiques,
vasoconstricteurs)
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
2 Diagnostic biologiques
A- Examens d’orientation
a- L’hémogramme : il met en évidence une anémie (6-8
g/dl) normochrome normocytaire avec un taux de
réticulocytes élevé.
- Le frottis sanguin : les drépanocytes ou hématies
falciformes sont visibles sur le frottis sanguin.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
2 Diagnostic biologiques
On y note une anisocytose, une poïkilocytose, une
anisochromie et des érythroblastes.
b- Les tests de falciformation : ces tests provoquent sous
l’effet des facteurs déclenchants (anoxie, acidose, etc.…)
une falciformation qui est spécifique de l’hémoglobine S.
on a :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
2 Diagnostic biologiques
Le test d’EMMEL : C’est un test qualitatif qui permet de
rechercher des drépanocytes sur une goutte de sang. Les
drépanocytes sont mis en évidence 10 à 15 minutes après
adjonction méta bisulfite de sodium à 2%. Cet examen ne
différencie malheureusement pas différentes formes de
drépanocytoses et en pratique utilisé en enquête de masse.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
2 Diagnostic biologiques
Le test de SCRIVER et VAUGH est positif
Les drépanocytes sont observés ici sur un frottis coloré de
May Grunwald Giemsa après ponction au doigt. La
ponction est effectuée sur un doigt ligaturé pendant 2 à 3
minutes afin de créer l’hypoxie.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
2 Diagnostic biologiques
• B- Examen de certitude : l’électrophorèse de
l’hémoglobine
• Il pose le diagnostic. Cet examen permet d’identifier les
différents types d’hémoglobines à partir de la migration
en fonction de leur charge électrique. C’est un examen
quantitatif qui montre :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
2 Diagnostic biologiques
• B- Examen de certitude : l’électrophorèse de
l’hémoglobine
• Hémoglobine A : absente.
• Hémoglobine S : majoritaire ≥80.
• Hémoglobine F : parfois élevée (1 – 15 % voire 20%).
Hémoglobine A2 : normale.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
les complications anémiques
a- Les anémies aigues
- Les crises aigues de déglobulisation : Ces accidents sont
fréquents chez les enfants. L’hémolyse est brutale et
responsable d’une anémie aigue avec choc et collapsus
vasculaire allant jusqu’au coma. Malgré une transfusion
sanguine immédiate, les décès sont fréquents.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
a- Les anémies aigues
- La séquestration splénique aigue : Elle se rencontre entre
6 mois et 3 ans et réalise une anémie aigue avec parfois un
collapsus gravissime. Cliniquement, le tableau stéréotypé :
pâleur brutale, malaise et douleur abdominale. L’examen met
en évidence une rate volumineuse et douloureuse.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
a- Les anémies aigues
• Splénomégalie
monstrueuse
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
a- Les anémies aigues
- Il est utile d’apprendre aux parents des malades sa
recherche.
Biologiquement, l’hémoglobine est souvent inférieure à
4g/dl, les réticulocytes supérieurs à 200000 ; le traitement
consiste en une transfusion du culot globulaire rapide.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
a- Les anémies aigues
- La séquestration splénique peut récidiver plusieurs fois
et être alors une indication de splénectomie.
-l’érythroblastopénie aigue transitoire : Elle réalise une
anémie moins brutale que la séquestration splénique.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
a- Les anémies aigues
Cette érythroblastopénie est attribuée à l’action directe du
parvovirus B19 sur la lignée érythrocytaire. Elle est
suspectée devant une asthénie avec pâleur intense sans
splénomégalie douloureuse. La biologie retrouve une Hb
inférieure à 4g/dl et un taux bas de réticulocytes.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
a- Les anémies aigues
Le traitement est uniquement transfusionnel. Au
myélogramme, on note l’absence d’érythroblaste.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
3. Les complications
b- les complications liées à l’anémie chronique
- le cœur anémique myocardiopathie
Il existe une tachycardie et un souffle systolique à
l’auscultation.
A la radiographie du cœur, on a une cardiomégalie.
L’échographie montre une hyperkinésie.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
b- les complications liées à l’anémie chronique
- les lithiases pigmentaires : Très fréquentes chez l’adulte,
sont le plus de découverte systématique. L’hyperhémolyse
chronique en est responsable. Elles restent longtemps
asymptomatiques mais sont des sources potentielles de
colique hépatique, de Cholestase transitoire ou prolongé,
plus rarement de pancréatite aigue, d’angiocholite et de
cholécystite.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
b- les complications liées à l’anémie chronique
- les ulcères de jambes :
Ils sont fréquents et récidivants chez l’adulte, avec un
risque accru chez le patient ayant des taux d’hémoglobine
bas et à l’électrophorèse, on a un taux d’hémoglobine F le
plus bas et souffrant d’un mauvais état veineux.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
b- les complications liées à l’anémie chronique
- les ulcères de jambes :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
les complications infectieuses
Les infections sont fréquentes de par la baisse de
l’immunité. Elles atteignent divers organes et sont le plus
souvent d’origine bactérienne (Hémophilus influenzae,
pneumocoque, salmonelle). Parmi les organes les plus
touchés, on peut retenir les poumons qui sont le siège
d’infections multiples (pneumopathies, bronchopathies).
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
les complications infectieuses
a- les infections pulmonaires
Première cause d’hospitalisation de l’enfant
drépanocytaire, l’infection pulmonaire est souvent la
conséquence d’une thrombose.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
les complications infectieuses
b- les infections osseuses
Le diagnostic d’ostéomyélite chez le drépanocytaire est
fréquemment évoqué mais rarement posé. Il s’agit d’un
diagnostic difficile et souvent tardif. La clinique et la
radiologie permettent rarement de distinguer l’infarctus
osseux et l’ostéomyélite.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
les complications ischémiques
• Au niveau des yeux rétinopathies drépanocytaire
• Au niveau des os Ostéonécrose de la tête fémorale et
humérale
• Au niveau des reins Néphropathie drépanocytaire
• Au niveau du SNC Accident vasculaire cérébral
• Au niveau du cœur Infarctus
• Priapisme.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
les complications ischémiques
Les complications ischémiques sont dominées par les
complications ophtalmologiques et osseuses (en particulier
la nécrose de la tête fémorale).
Au niveau de la rate
Les multiples lésions de nécrose aboutissent à une altération
des tissus spléniques. Il s’en suit un dysfonctionnement
splénique appelé « asplénie fonctionnelle ».
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
les complications ischémiques
On assiste alors à diminution des principales substances
produites au niveau de la rate ; On notera :
Une baisse du taux des immunoglobulines de type M (IgM).
Une diminution de la production de la tuftsine (tétrapie
favorisant la phagocytose) ; il s’en suit un trouble de la
phagocytose.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-1 La drépanocytose homozygote SSFA2
les complications ischémiques
• Une baisse du taux de la fraction C3 du complément et
de la properdine. Toutes ces perturbations aboutissent à
des troubles de l’immunité humorale avec pour
conséquence une susceptibilité plus grande aux infections.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-2 Formes cliniques
1- Forme hétérozygote AS
Egalement appelée trait drépanocytaire, la forme AS est en
général de découverte fortuite car dans la grande majorité
des cas les patients AS se portent bien. A>S>35%
2- Forme hétérozygote SC
Dans la forme SC, les douleurs se révèlent tardivement,
vers cinq (5) ans et l’on n’observe pas pratiquement crises
hémolytiques. Par contre, il y a une fréquence très accrue des
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-2 Formes cliniques
2- Forme hétérozygote SC
complications ischémiques notamment oculaire avec un
décollement de la rétine et une nécrose de la tête fémorale.
La biologie est marquée par une absence d’anémie ou une
anémie modérée hypochrome microcytaire avec la présence
de drépanocytes et de microcytes au frottis. L’électrophorèse
montre des fractions S et C pratiquement équivalentes. Le
test de falciformation est positif.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-2 Formes cliniques
3 Forme Sβ0 thalasso drépanocytose SFA2
Pratiquement identique cliniquement à la forme majeure
SSFA2, la Sβ0 thalasso drépanocytose se différencie sur le
plan biologique, par une anémie hypochrome microcytaire,
et à l’électrophorèse on retrouve une fraction S < 80%, ici la
fraction A2 est le plus souvent augmentée, F> 20%. Les
tests de falciformations sont identiques à la forme
homozygote.
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-2 Formes cliniques
3 Forme Sβ0 thalasso drépanocytose SFA2
Le frottis met en évidence des drépanocytes, des cellules
cibles (Target-cell) et des anulocytes.
4 Forme Sβ+ thalasso drépanocytose SAFA2
Cette forme ressemble globalement à la forme SC, à la
différence des manifestations cliniques moins marquées et
l’absence d’anémie. Différentes fractions hémoglobiniques
mises en évidence à l’électrophorèse de l’hémoglobine sont :
II. SIGNES ET DIAGNOSTIC
II-2 Formes cliniques
4 Forme Sβ+ thalasso drépanocytose SAFA2
• S > 50%
• A1 : 20 – 30%
• A2 : Normale ou élevée (4 – 6%)
• Une fraction F variable.
On note des drépanocytes (test de falciformation) et
l’hémogramme ne montre pas d’anémie mais une
microcytose et une hypochromie. Le frottis révèle
également des drépanocytes, des cellules cibles et des
anulocytes. L’évolution est superposable à la forme SC mais
encore plus favorable.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
Le début de la surveillance doit être précoce. L’âge de début
de la prise en charge est fonction du phénotype
hémoglobinique. Le suivi médical débutera :
- à l’âge de 6 mois dans les formes anémiques (SSFA2, SFA2)
- et à l’âge de 5 ans dans les formes SC et SAFA2
Dans le souci de programmer une prise en charge précoce,
certains centres préconisent, dès la naissance, un diagnostic
néonatal sur le cordon.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
1 Conduite initiale
Dès la découverte de la maladie, un dossier médical complet
doit être ouvert et ceci sera le début d’un suivi médical
régulier à vie. Ce dossier comportera :
- Un examen clinique minutieux
- une enquête familiale dans le but d’effectuer un conseil
génétique ultérieur.
- les examens paracliniques:
• Hémogramme
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Groupes sanguins (ABO, Rhésus, Phénotypage)
• Examens biochimiques routine (bilirubine, transaminases,
urée, glucose, créatinine, cholestérol, triglycérides)
• Radiographie des poumons et du bassin
• Examen ophtalmologique (acuité visuelle, fond œil,
angiographie)
• Exploration fonctionnelle respiratoire (EFR)
• Electrocardiogramme (ECG)
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Les mesures préventives initiales et conseils
Une fois le dossier établi, les mesures initiales préventives
doivent mettre l’accent sur les conseils utiles visant à
soustraire le malade des facteurs déclenchants :
1. conseiller en premier lieu un suivi médical régulier qui
nécessite le respect scrupuleux des RV fixés par le médecin.
2. Informer le malade et son entourage sur l’affection et sur
les mesures préventives élémentaires qui nécessitent la
connaissance des principaux facteurs déclenchants.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Les mesures préventives initiales et conseils
3. conseiller les vaccinations usuelles
• vaccination anti-pneumococcique
• vaccination anti-hémophilus B
• vaccination anti-salmonella typhi et paratyphi
• tous les vaccins du Programme Elargi de Vaccination (PEV)
4. prévenir l’école ou l’employeur du malade sur les
possibilités d’absentéisme en cas de crises
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Les mesures préventives initiales et conseils
5. donner un certificat de dispense d’éducation physique aux
élèves.
6. consulter le médecin spécialiste dans les circonstances
suivantes :
• En cas d’intervention chirurgicale programmée
• En cas de grossesse
• En cas de voyage en avion programmé
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Après ces conseils, un traitement préventif est
nécessaire :
• Il n y a pas à ce jour un consensus véritable autour d’un
schéma thérapeutique.
• Ce qui est admis par tous les auteurs se résume en trois
points :
• 1) prévention du paludisme
• L’administration de médicament anti-paludique,
moustiquaire…
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Après ces conseils, un traitement préventif est nécessaire
2) prévention de l’anémie grave
Notamment dans les formes SSFA2 et SFA2 par
l’administration d’acide folique et par le conseil diététique :
consommation d’aliments riches en folates
3) prévention de l’hémolyse
Par la vit E ou alpha tocophérol qui protège la membrane du
globule rouge contre stress oxydatif.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Après ces conseils, un traitement préventif est nécessaire
Il s’agit en effet d’un médicament anti-oxydant protégeant les
acides gras poly insaturés de la membrane cellulaire.
prévention des infections par la pénicilline
Par la pénicillinothérapie preventive - Elle permet de prévenir
les infections bactériennes fréquentes et graves chez le
drépanocytaire car le vaccin anti-pneumococcique ne couvre
pas tous les sérotypes du pneumocoque.
Prévention de la falciformation par les vasodilatateurs
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• HYDROXYUREE
A suscité de grand espoir qu’il a fallu très rapidement
tempérer après l’emploi à grande échelle. Son action est de
favoriser la synthèse de l’hémoglobine F qui est un facteur
inhibant la falciformation érythrocytaire. L’augmentation du
taux d’hémoglobine F n’est, le plus souvent pas significative
pour induire un effet bénéfique probant ; de plus, la réponse
individuelle est variable selon les haplotypes.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Quel traitement doit être proposé en dehors des crises au
cours des visites périodiques systématiques ?
• Administration de l’acide folique selon l’hémogramme
• Prévention du paludisme en Afrique
• Prescription de vitamine E
• Vasodilatateur ou
• hydroxyurée
• Pénicillinothérapie
• Zinc
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Conduite en période de crise
Première étape : discuter de l’opportunité de la transfusion
sanguine
- Transfuser systématiquement lorsque le taux d’Hb < 6 g/dl.
- Entre 6-7 g/dl, transfuser s’il existe des signes d’intolérance
à l’anémie.
- Pour des taux > 7 g/dl et devant un syndrome hémolytique
intense ou devant un facteur aggravant de l’hémolyse,
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Conduite en période de crise
Une surveillance régulière s’impose dans le temps pour
apprécier la dynamique du phénomène hémolytique et
prendre la décision transfusionnelle au moment opportun.
- La transfusion exige ici du culot globulaire iso groupe iso-
rhésus, de préférence phénotype, déleucocyté et déplaquetté
pour éviter les phénomènes d’allo immunisation.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Conduite en période de crise
- La quantité de sang à transfuser est calculée comme suit :
Q=3×ΔHb×poids (kg)
(Q= quantité, ΔHb= Taux d’Hb souhaité – Taux du malade)
Deuxième étape : identifier et supprimer le ou les facteurs
déclenchants. L’une des raisons de l’échec du traitement est la
négligence du facteur déclenchant dont la persistance de la
falciformation érythrocytaire et la crise aiguë, ainsi :
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Conduite en période de crise
- en cas de fièvre, rechercher la cause et la traiter.
- il faudra soustraire le malade du refroidissement.
- il faut supprimer l’agitation qui entretient un certain degré
d’acidose qui est favorable au maintien de la falciformation
par du diazépam.
• Troisième étape : traiter la douleur par l’utilisation d’AINS :
Exemple : Kétoprofène (PROFENID 100 mg injectable)
- 1 à 2 ampoules × 2 / jour en IVD lente
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Conduite en période de crise
- (Diluer le produit dans 5 ml de SGI)
- En perfusion rapide dans 100 ml de SGI × 2 / jour.
NB : En cas d’échec des AINS, on utilise la Buprénorphine
TEMGESIC qui est un analgésique majeur à la dose de 1
ampoule toutes les 8 heures en IM, IV ou SC. Il est contre
indiqué chez l’enfant de moins de 15 ans.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Conduite en période de crise
Quatrième étape : Rétablir les propriétés rhéologiques
normales des globules rouges par l’administration de
vasodilatateurs en perfusion
Exemple : Pentoxifyline (TORENTAL) 100 mg injectable
- 1 à 2 ampoules perfusion dans 200 à 250 ml de SGI 2 fois/j
Le traitement de la crise se fait en trois jours, en
hospitalisation ou en hôpital du jour.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
• Conduite en période de crise
3 Pronostic
La drépanocytose est une maladie chronique. Sa gravité et
son pronostic dépendent de la bonne observance du
traitement et des règles d’hygiène qui assurent aux patients
une qualité de vie normale avec une espérance de vie de plus
de 50 ans.
III- PRISE EN CHARGE DE LA DRÉPANOCYTOSE
Peut-on guérir de la drépanocytose?
Greffe de la moelle allogénique
Thérapie génique (traitement du futur)
QUESTIONS???