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Cours Optique

Le chapitre 5 traite de l'optique géométrique, qui modélise la propagation de la lumière à travers des rayons lumineux dans des milieux homogènes. Il aborde les bases de cette discipline, y compris les types de sources de lumière, les milieux de propagation, et les récepteurs, ainsi que les lois fondamentales régissant la propagation des rayons. Enfin, il explore les phénomènes optiques tels que la réflexion, la réfraction, et la formation d'images, en soulignant l'importance de la perception visuelle.

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Cours Optique

Le chapitre 5 traite de l'optique géométrique, qui modélise la propagation de la lumière à travers des rayons lumineux dans des milieux homogènes. Il aborde les bases de cette discipline, y compris les types de sources de lumière, les milieux de propagation, et les récepteurs, ainsi que les lois fondamentales régissant la propagation des rayons. Enfin, il explore les phénomènes optiques tels que la réflexion, la réfraction, et la formation d'images, en soulignant l'importance de la perception visuelle.

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Chapitre 5

L’Optique Géométrique

"Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément."
Nicolas Boileau (1636 -1711), homme de lettres et poète.

1
1 Bases en optique géométrique

1 Bases en optique géométrique


Comme nous l’avons évoqué dans le chapitre précédent ("Les Ondes"), une approche simple pour modéliser
les ondes peut être utilisée lorsque les objets sont de grande dimension devant la longueur d’onde du rayonnement.
Nous avions vu que c’est le cas lorsque la lumière du Soleil (λ ' 0, 5µm) rencontre les objets qui nous entourent.
C’est l’optique géométrique, selon laquelle la propagation d’une onde est simplement décrite par les rayons lumi-
neux, qui sont donc des droites dans milieu est homogène.

L’optique géométrique est donc une branche de l’optique qui s’appuie notamment sur le modèle du rayon lu-
mineux. La Figure 1 illustre la lumière du soleil qui semble tracer des rayons lors de son trajet à travers le ciel.
Cette approche simple permet, entre autres, des constructions géométriques simples d’images, d’où son nom. Elle
permet ainsi d’expliquer plus facilement la formation des images. Nous verrons dans le paragraphe 2 que la pro-
pagation des rayons est souvent simple, car en ligne droite dans un milieu homogène.

F IGURE 1 – Illustration des rayons lumineux dans le ciel.

D’une façon plus générale, l’optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, donc du rayonne-
ment électromagnétique tel que nous l’avons vu au chapitre précédent ("Les Ondes"). Du fait de ses propriétés
ondulatoires, l’étude de l’optique est bien plus compliquée que celle de l’optique géométrique, beaucoup trop pour
le niveau de ce cours. Pour simplifier, on fera l’hypothèse dans ce chapitre que l’on peut se placer dans le cadre
de l’optique géométrique. Ceci est d’autant plus justifié que, en école primaire, on étudie des systèmes macrosco-
piques, donc de grandes dimensions pour lesquels l’hypothèse de l’optique géométrique est vérifiée (dimensions
de l’objet >> longueur d’onde de la lumière) . On verra dans la dernière section, juste pour donner des exemples,
quelques phénomènes qui ne relèvent pas de l’optique géométrique.

2
Dans nos applications, il sera important d’identifier trois parties fondamentales pour l’optique : la source, le
milieu de propagation et le récepteur. Donnons quelques détails sur ces points :

On différencie les sources en deux classes :


• Les sources primaires : elles émettent (produisent) de la lumière (selon la loi de Planck, cours "Les Ondes").
Exemples : le Soleil, une bougie, une lampe 1 , etc.
• Les sources secondaires : elles diffusent ou réfléchissent le rayonnement d’une source primaire. Exemples :
la Lune, un écran, etc. (Figure 2).
Une source peut être ponctuelle (réduite à un point) ou étendue (possède une surface et émet un faisceau large).
Notez que cette notion est assez relative : le Soleil est bien sûr une source étendue ; mais une étoile identique à
notre Soleil et située à des dizaines d’années-lumière sera considérée comme ponctuelle.

F IGURE 2 – Exemple d’une source secondaire (cet exemple manque toutefois de validation scientifique !).

Le milieu de propagation peut être le vide, ou un milieu matériel constitué de gaz, liquide ou solide. Comme
nous l’avons au chapitre "Les Ondes", il sera caractérisé par son indice de réfraction n.

Enfin, on distinguera trois types de récepteurs, qui sont des éléments qui réagissent au rayonnement :
• L’oeil humain : organe constitué de membranes, fibres, cellules et nerf optique. Plus de détails seront donnés
au paragraphe 4.
• Les détecteurs photochimiques : substances chimiques qui réagissent à la lumière. Exemple : les sels d’argent
des pellicules photo, d’où l’appellation "photographie argentique".
• Les détecteurs photoélectroniques : composants électroniques dont le comportement dépend de la lumière
reçue : photodiodes, photopiles, etc. C’est bien sûr le cas des appareils photo numériques.

1. Le filament d’une lampe à incandescence est porté à haute température (' 3000o C) pour émettre de la lumière.

3
2 Propagation des rayons

2 Propagation des rayons


En optique géométrique, on admettra que la propagation des rayons lumineux est rectiligne dans un milieu
homogène 1 et sa vitesse est c dans le vide. Elle sera plus faible dans un autre milieu, tel que v = c/n.

2.1 Lois de l’optique géométrique


Ce sont les physiciens Descartes (France) et Snell (Pays-Bas) qui ont simultanément, mais indépendamment,
découvert au XVII e siècle les lois de l’optique géométrique :
• La propagation d’un rayon est rectiligne dans un milieu homogène et isotrope.
• Principe du retour inverse de la lumière : si la lumière suit un certain chemin pour traverser un milieu
quelconque, elle prendrait le même chemin dans le sens inverse si on intervertissait la source et le récepteur..
• Lorsque la lumière passe d’un milieu 1 (indice de réfraction n1 ) à un milieu 2 (indice de réfraction n2 ), la
propagation est régie par les trois lois de Snell-Descartes (voir Figure 3) :
– 1ère loi : les trois rayons (incident, réfléchi et réfracté) sont dans le même plan, appelé plan d’incidence.
Le rayon réfléchi reste bien sûr dans le même milieu que celui incident. Le rayon réfracté continue son
chemin dans le milieu 2. La séparation entre les deux milieux est appelé le dioptre.
– 2ème loi ou loi de la réflexion : les angles d’incidence i1 et de réflexion r sont égaux : i1 = r.
– 3ème loi ou loi de la réfraction : il existe une relation entre l’angle d’incidence i1 et celui de réfraction
i2 ; on retiendra que i1 6= i2 , et on aura i1 < i2 si n1 > n2 et i1 > i2 si n1 < n2 (juste pour
information, cela découle de la relation n1 sin i1 = n2 sin i2 ).

F IGURE 3 – Illustration des lois de Snell-Descartes. Sur cette figure, i1 > i2 donc n1 < n2 . C’est le cas d’un rayon passant
par exemple de l’air (n1 ' 1) à l’eau (n2 ' 1, 33). On dit alors que le milieu 2 est plus réfringent.

Pour bien préciser les termes, "homogène" signifie que le milieu a la même composition et les mêmes caracté-
ristiques en tout point ; "isotrope", signifie que les caractéristiques sont les mêmes pour toutes les directions. Oui,
ce n’est pas si simple ! Voici un exemple intéressant (trouvé sur internet) :
"Imaginez une foule de gens, chaque personne pointant du doigt. Si toutes les personnes pointent dans la même
direction, alors c’est homogène. Mais ce n’est pas isotrope, car il y a une direction privilégiée.
Si tout le monde vous pointe du doigt, alors c’est isotrope : vous pouvez regarder tout autour de vous, vous voyez
la même chose. Mais ce n’est pas homogène. Les gens ne pointent pas dans la même direction. L’isotropie est donc
quelque chose de relatif à un point donné."

1. Les plus courageux pourront approfondir cela et vérifier que c’est démontré par le principe de Fermat, fondement à l’optique géométrique.

4
2.2 Les "accidents de parcours" de la lumière

2.2 Les "accidents de parcours" de la lumière


Avec les lois de Snell-Descartes, nous avons vu que les rayons peuvent changer de direction (d’angle) en
fonction du milieu qu’il rencontre. Nous allons voir dans cette section les différentes situations que l’on peut
rencontrer en optique, que nous appellerons les "accidents de parcours " de la lumière (Figure 4) :
• Réflexion : Le rayonnement incident est dévié et renvoyé dans une direction donnée et dans son milieu
d’origine (le meilleure exemple est celui d’un miroir).
• Diffusion : Le rayonnement incident est dévié et renvoyé dans un grand nombre de directions (diffusion de
la lumière solaire par le ciel, par un nuage, etc.).
• Transmission : Le rayonnement incident traverse totalement ou partiellement un milieu sans être dévié
(transmission à travers une vitre).
• Absorption : Le rayonnement incident est totalement ou partiellement arrêté par le milieu. L’énergie du
rayonnement est alors emmagasinée dans le milieu qui s’échauffe (absorption des rayons solaires par une
surface noire).
• Réfraction : Le rayonnement incident est déviée lors d’un passage d’un milieu à un autre, possédant des
indices de réfraction différents (exemple du dioptre air / eau ci-dessous).
• Dispersion : Une lumière polychromatique est dispersée lorsque les rayonnements sont séparés en fonction
de leur longueur d’onde, mettant alors en évidence les couleurs (exemple : l’arc-en-ciel, le prisme, voir
paragraphe 6).
• Diffraction : Le rayonnement incident est dévié, sans réflexion ou réfraction lors de son passage par un très
petit orifice (voir paragraphe 7).
Un peu de vocabulaire :
- Transparent : milieu qui transmet la lumière.
- Opaque : milieu qui ne transmet pas la lumière, qui est donc totalement réfléchie et/ou absorbée.
- Translucide : se dit d’un milieu transmettant la lumière mais de façon diffuse. On ne peut donc pas voir clairement
à travers une vitre translucide, les objets apparaissant flous (exemple d’une vitre de salle de bains).
- Miroir sans tain : vitre spéciale qui permet de voir sans être vu (connue pour son usage en salle d’interrogatoire).

Revenons plus en détails sur la réfraction : sur la Figure 3, nous avons vu que la réfraction désigne la déviation
d’un rayon lumineux causée par une différence d’indice de réfraction du milieu traversé. Vous avez tous déjà
observé cela (peut-être sans le savoir). Voici deux exemples en Figure 4 :

F IGURE 4 – Gauche : Illustration de la réfraction des rayons lors d’un changement de milieu (variation de l’indice de
réfraction). Droite : les accidents de parcours de la lumière (scattering = diffusion ; adsorption = absorption)

À gauche (le crayon), on voit les effets de la traversée successive des rayons lumineux à travers l’air, l’eau et le
verre : le crayon semble déformé lorsque les rayons lumineux du soleil, réfléchis par ce crayon, traversent le verre
ou l’eau avant de parvenir à notre oeil (dû au changement d’indice). Par contre, lorsque les rayons sont réfléchis
dans l’air (partie haute du crayon), ils restent dans le même milieu et il n’y a pas de déviation des rayons. Le crayon
apparait alors dans sa vraie forme. On appelle cela un "effet d’optique", mais cela s’explique sans problème.
Pour l’exemple de droite (le poisson), c’est aussi un exemple classique : le passage à travers le dioptre air-eau
dévie les rayons lumineux. Donc, si l’on voit un poisson dans l’eau, on peut être certain (comme le montre la fi-
gure) que la position réelle du poisson n’est pas celle que semble voir notre oeil. Pour être plus précis, étant donné
que n1 < n2 , alors i1 > i2 (3ème loi ou loi de la réfraction), le poisson sera plus bas ... faites le schéma avec les
angles et les indices de réfraction, pour vérifier.

5
3 Images et objets

Les exemples de la Figure 4 amènent une autre remarque très importante sur la vision. On ne peut détecter
un rayon que s’il arrive directement sur le récepteur. Pour notre oeil, cela signifie que l’on verra un rayon s’il
arrive directement dans notre oeil. Donc, on verra un objet si les rayons réfléchis ou émis par cet objet arrivent
directement dans notre oeil. Ceci est illustré par la Figure 5 :
• Sur la figure du haut : imaginons que l’on pointe un faisceau lumineux sur un écran et que l’atmosphère soit
parfaitement propre. Si vous regardez cette scène, vous ne verrez que le point lumineux sur l’écran (réflec-
tion du rayon lumineux sur l’écran et qui arrive ensuite à votre oeil). Par contre, vous ne verrez pas le rayon
dans l’air.

• Par contre, sur la figure du bas, si l’atmosphère est remplie de poussières, alors vous pouvez voir le rayon
se propager dans l’air, car une partie de ce rayon est réfléchie vers votre oeil, par les poussières tout au long
de leur propagation. On voit alors plus ou moins bien ce rayon. Je fais cette expérience en classe avec un
pointeur lumineux et de la poussière de craie du tableau (ça marche plutôt bien !).
Cela signifie également que notre cerveau interprète la position d’un objet en supposant que la position de cet objet
est dans le prolongement rectiligne des rayons que reçoivent nos yeux. Cela marche généralement très bien car
nous évoluons généralement dans l’air, milieu homogène. Mais parfois, l’inhomogénéité du milieu peut "tromper"
notre cerveau et sa façon d’analyser les rayons reçus par notre oeil, comme le montre le Figure 4. C’est également
l’explication des mirages que l’on verra au paragraphe 6.

F IGURE 5 – Illustration de l’effet de la diffusion du rayonnement sur notre vision : pour la situation du bas, on verra le rayon
dans l’air car il est partiellement diffusé vers notre oeil (voir Figure 6 pour compléments).

F IGURE 6 – Principe de la vision : on ne peut voir que les rayons arrivant directement dans notre oeil ; ici, on peut voir le
rayon car une petite partie est diffusée par les particules vers notre oeil.

3 Images et objets
Apportons maintenant quelques précisions sur la formation des images. Imaginons que nous ayons un objet
ponctuel, source de rayonnement, dont nous voulons créer une image sur un écran (Figure7). Un objet est ainsi
défini comme un dispositif émettant ou diffusant la lumière. Sur la Figure 7, le point source va envoyer des rayons
dans toutes les directions. Pour observer cet objet, il faut donc faire converger les rayons en un point sur l’écran : on
verra ainsi le point sur l’écran. L’observation d’un objet passe donc par l’utilisation d’un instrument ou dispositif

6
permettant de créer une image. On peut retenir que l’on obtient l’image d’un point objet lorsque les rayons issus
de ce point convergent en un point unique, après être passé par un système optique.
Certains d’entre vous ne sont peut-être pas convaincus : si vous êtes capables de voir les objets autour de vous,
c’est parce que vous disposez d’un tel système optique : votre oeil ! (voir paragraphe 4). On peut citer d’autres
systèmes optique connus permettant de créer une image : l’appareil photo, le télescope, la loupe, le microscope, le
video-projecteur, etc.
Un objet est dit réel s’il est placé devant le système optique. Une image est dite réelle si elle est placée après
le sytème optique et si elle a une position déterminée sur une écran : on peut alors la photographier, par exemple.
La Figure 7 correspond à un cas d’objet et image réelle. Remarquez sur cette même Figure 7 que le rayonnement
incident arrivant sur l’écran est diffusé, en particulier vers votre oeil : l’image formée sur l’écran devient ainsi un
objet réel qui, grâce à votre oeil, va se transformer en image réelle sur votre rétine ... vous avez compris le principe
de base de la vision.

F IGURE 7 – Exemple de formation d’une image réelle sur l’écran, à partir d’un objet réel (source) et d’un système optique.

Allons un peu plus loin : on peut aussi imaginer un système optique tel que celui de la Figure 8 : l’image
de l’objet se forme cette fois dans le système optique (ou parfois devant), à l’endroit où les rayons transmis par
le système converge. Dans ce cas, on parle d’image virtuelle. En effet, vous ne pouvez pas la photographier. Par
contre, vous pouvez voir une image virtuelle car les rayons en sortie du système optique vont converger sur la
rétine de votre oeil, grâce au cristallin (voir paragraphe 4). Nous sommes donc capables de voir des images réelles
ou virtuelles. De la même manière, on peut définir un objet virtuel (le point source est placé dans ce cas après
l’entrée du système optique).

F IGURE 8 – Exemple de formation d’une image virtuelle, située ici dans le système optique.

Application 1 : Un très bon exemple est le principe de formation des images dans un miroir.
Exercice : essayez d’expliquer le principe de formation de votre image dans un miroir avec un schéma et en imagi-
nant le trajet des rayons. La réponse est donnée en fin de chapitre (elle est tirée d’un livre de préparation à l’ancien
concours CRPE), mais essayez d’abord de la trouver sans la solution (Figure 43).

Application 2 : Les lentilles.


Les lentilles sont très utilisées dans les systèmes optiques. Vous en possédez d’ailleurs tous une dans votre oeil : le

7
3 Images et objets

cristallin, qui est une lentille naturelle de l’oeil et convergente. On distingue en effet les lentilles convergentes des
lentilles divergentes (Figure 9). Leur symbole est reporté sur le Figure 9.
Les lentilles convergentes (à bords plus minces) ont la propriété de faire converger les rayons de la lumière en un
point appelé foyer (Figure 10, gauche). On distingue le foyer image (F’) et le foyer objet F, tout deux symétriques
du centre O de la lentille.
Et comme leur nom l’indique, les lentilles divergentes (à bords plus épais) ont comme propriété de faire diverger
les rayons en sortie (Figure 10, droite). Les rayons convergent toutefois également en un point foyer image F’,
mais qui se trouve donc avant la lentille, contrairement à la lentille convergente.

F IGURE 9 – Exemples de lentilles convergentes et divergentes.

F IGURE 10 – Construction de rayons géométriques pour une lentille convergente (gauche) ou divergente (droite).Remarquez
que si les rayons arrivent sur la lentille parallèlement à l’axe, ils convergent vers le foyer F’ de la lentille.

Un bon exemple de lentille convergente est la loupe. Les rayons du soleil vont donc converger, au point foyer,
après avoir traversé la loupe et vous pouvez, en concentrant l’énergie de ces rayons sur une petite surface d’une
feuille de papier, réussir à la faire brûler. Ceci dit, la fonction première d’une loupe est de permettre d’agrandir un
objet ; mais la construction géométrique et les explications sont un peu compliquées, on s’en passera ici.

F IGURE 11 – Un exemple de lentille convergente : la loupe. Notez que la distance entre une lentille et le point foyer F ou F’
est appelé distance focale.

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4 L’oeil humain
Il est ici indispensable de prendre un peu de temps pour mieux comprendre le principe optique de notre oeil.
Nous ne ferons pas ici de biologie, bien sûr, mais allons essayer de modéliser l’oeil sous forme d’un modèle op-
tique. Un schéma de l’oeil est rappelé en Figure 12, avec ses principaux éléments.

F IGURE 12 – Schéma de l’oeil humain.

Comme nous l’avons vu, il faut que les rayons incidents convergent vers un écran pour former une image.
Pour notre oeil, c’est le cristallin et la cornée qui jouent le rôle de lentille convergente. Ils vont permettre de
faire converger les rayons incidents sur la rétine, qui fait office d’écran. La rétine transforme ensuite l’information
lumineuse en information électrique, qui sera ensuite envoyée au cerveau via le nerf optique. À l’avant de l’oeil se
trouve la pupille, qui joue le rôle de diaphragme dans ce système. Un diaphragme est un élément qui permet de
faire varier la quantité de lumière transmise par le système. Si la lumière du soleil est trop intense, le diaphragme
se ferme plus ou moins. La Figure 13 (gauche) présente ce modèle optique de l’oeil et celle de droite donne le
modèle optique simplifié de l’oeil humain. Notez que l’on retrouve ces éléments dans un appareil photo.

F IGURE 13 – Principe optique de l’oeil humain (gauche) et son modèle optique simplifié (droite).
fi

Donc, pour former une image, il faut que les rayons convergent sur la rétine. Malheureusement, il peut arriver
que la convergence ne se fasse pas exactement sur la rétine. Dans ce cas, un point source formera sur la rétine
non pas un point, mais une tâche : l’image devient floue (Figure 14). On parle alors de défaut de l’oeil et il est
nécessaire de disposer d’une correction de l’oeil (lunette ou lentille de correction).

F IGURE 14 – Défaut de l’oeil et formation d’une image floue

9
4 L’oeil humain

Les principaux défauts de l’oeil sont donc :


• la myopie : l’oeil myope est trop long ou le cristallin trop convergent. L’image se forme en avant de la rétine
(Figure 15, haut). L’ajout d’une lentille divergente éloigne l’image qui se forme alors sur la rétine, un peu
plus à droite.
• l’hypermétropie, l’oeil hypermétrope est trop court ou le cristallin pas assez convergent (Figure 15, bas).
L’image se forme derrière la rétine (à droite). L’ajout d’une lentille convergente rapproche l’image, qui se
forme à nouveau sur la rétine, un peu plus à gauche.
• L’astigmatisme et la presbytie sont plus difficiles à expliquer avec notre modélisation simplifiée de l’œil ;
l’astigmate voit les objets légèrement déformés (déformation de la cornée), tandis que le presbyte voit correc-
tement les objets éloignés, mais mal les objets proches par défaut d’accommodation de l’œil (durcissement
du cristallin avec l’âge).
Notons qu’un oeil "normal" est appelé oeil emmétrope.

F IGURE 15 – Défauts de l’oeil : la myopie, oeil trop long (haut) et l’hypermétropie, oeil trop court (bas).

Un autre point important pour l’œil est l’accommodation. En effet, même pour l’oeil emmétrope, seuls les
rayons qui viennent de très loin (on dit de l’infini) vont converger exactement sur la rétine. En effet, les rayons qui
arrivent de l’infini sont parallèles entre eux et convergent donc vers le foyer (Figure 10). Donc, un oeil est dit "au
repos" lorsque l’on regarde à l’horizon, loin devant nous et l’image se crée naturellement sur la rétine. Par contre,
si on regarde un objet proche, il faut légèrement modifier le cristallin pour "forcer" l’image à se former sur la rétine
et voir alors une image nette. Le changement de courbure des deux faces du cristallin se réalise grâce à l’action des
muscles ciliaires : c’est l’accommodation (Figure 16). L’oeil ayant une taille fixe, c’est le cristallin qui se déforme ;
il se bombe et devient plus convergent.
L’accommodation se fait bien sûr naturellement. Cependant, cela explique pourquoi on peut ressentir une
certaine fatigue (de l’oeil, mais aussi du cerveau, accompagnée de maux de tête) si on passe trop de temps à
regarder un écran : l’oeil ne cesse d’accommoder, ce qui entraîne une fatigue des muscles ciliaires et du cerveau
qui doit sans cesse interpréter les informations. Notez que dans le cas de la l’hypermétropie, l’accommodation
n’est pas suffisante pour corriger le défaut de l’oeil : il faut des lunettes.

F IGURE 16 – Accommodation de l’oeil : si on regarde les personnes proche de nous, celles du fond deviennent floues. On
retrouve le même phénomène en photo ou dans le cinéma bien sûr : c’est ce que l’on appelle la profondeur de champ.

10
Pour caractériser un oeil humain, on va également définir deux paramètres :
• Le Punctum Remotum PR : pour voir net, il faut que l’image d’un objet se forme sur la rétine. Le punctum
remotum, notée PR, est la distance maximale à laquelle on peut voir un objet net sans accommoder.
• Le Punctum Proximum PP : cependant, on ne peut pas accommoder tout près de l’oeil. Approchez un livre
de votre oeil. Au bout d’un moment, vous avez mal aux yeux et n’arrivez plus à voir le texte de ce livre bien
net. Vous n’arrivez plus à accommoder ! La distance minimale à laquelle on peut encore voir un objet net est
appelée punctum proximum, notée PP.

Au final, on aura les valeurs suivantes pour le PR et le PP, selon le type d’oeil (Figure 17) :
• Figure du haut : pour l’oeil emmétrope (« normal »), le PR est à l’infini et le PP à environ 25 cm.
• Figure du milieu : pour l’oeil myope, le PR n’est plus à l’infini. On voit mal de loin. Le PP s’est rapproché
de l’oeil. Un myope peut voir net de plus près.
• Figure du bas : pour l’oeil hypermétrope, le PR est passé dans l’espace objet virtuel, il est situé derrière le
cristallin. Le PP s’est éloigné : on voit mal de près et de loin ; l’oeil accommode tout le temps.

F IGURE 17 – Valeurs du Punctum Remotum PP et du Punctum Proximum PR selon le type d’oeil

Dernière remarque intéressante sur notre oeil : vous avez peut-être remarqué sur la Figure 13 que l’image de
la bougie qui se forme sur la rétine est inversée ! Ce n’est pas une erreur et c’est dû à la convergence des rayons,
suite au passage dans le cristallin (Figure 18). Mais ce n’est pas un problème car notre cerveau à pris l’habitude de
corriger cela, en "retournant" l’image.
Au milieu du XXème siècle, un professeur autrichien (T. Erismann) a en effet montré cela et prouvé qu’il était
possible d’inverser la vision humaine. Il a conçu des lunettes spéciales qui inversent l’image sur la rétine (Expé-
rience d’Erismann). Il suffit de deux semaines pour que le sujet (la "victime") de l’expérience "voit" normalement :
le cerveau a appris et rétablit de lui-même la cohérence entre les informations des divers sens... et ceci est bien sûr
(et heureusement pour la victime) réversible ! Allez voir sur internet les récits et photos de cette expérience, c’est
amusant, surtout lorsque la victime n’a pas encore appris à rétablir le sens de l’image !

F IGURE 18 – Principe de la vision et inversion de l’image formée sur la rétine.

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5 Ombre et pénombre

5 Ombre et pénombre
Cette partie, courte, est toutefois très importante car c’est un sujet très souvent traité dans les classes : les
ombres. Un objet opaque placé devant une source ponctuelle empêche la propagation de la lumière de cette source
dans tout volume d’espace situé derrière lui. Un exemple simple est le cas d’un bâton planté dans le sol et qui
va créer une ombre sur le sol (Figure 19). On appelle ce dispositif un gnomon, qui peut être utilisé pour mesurer
l’heure. C’est une application classique avec les élèves et vous trouverez de nombreuses informations sur internet
pour construire et interpréter avec les élèves ce dispositif. Il est similaire a celui, plus élaboré, du cadran solaire.

F IGURE 19 – Ombre créée par un gnomon, tige plantée dans le sol et pouvant permettre d’évaluer l’heure avec le Soleil.

Dans le cas de l’ombre créée par une sphère (Figure 20 et 21) on distingue :
• l’ombre propre de l’objet, qui est sa partie non éclairée par la source.
• le cône d’ombre, encore appelé zone d’ombre, qui ne reçoit pas de lumière.
• l’ombre portée par l’objet sur un écran ou tout autre surface, qui ne reçoit pas de lumière..
• la zone de pénombre, que l’on retrouve dans le cas d’une source étendue et qui est la zone sur l’écran qui
reçoit partiellement des rayons de la source (Figure 21).
• le cône de pénombre, que l’on retrouve dans le cas d’une source étendue et qui reçoit partiellement des
rayons de la source (Figure 21).

F IGURE 20 – Ombre propre, portée et cône d’ombre

12
Ces notions sont bien sûr indispensables dans le cadre d’une explication d’une éclipse (Figure 19), que l’on
reverra en cours d’Astronomie en L3.

F IGURE 21 – Principe d’une éclipse : ombre et pénombre. La bande de totalité est l’ombre portée sur Terre, la zone où l’on
observe l’éclipse totale.

F IGURE 22 – Exemple surprenant d’ombre mais encore inexpliqué à ce jour par la science !

6 Phénomènes d’optique dans la nature


Dans cette section, quelques exemple de phénomènes d’optique que l’on peut observer autour de nous, parfois
facilement en prenant un peu le temps, et que l’on peut expliquer avec les notions vues en optique géométrique et
sur les ondes.

6.1 Les mirages


Les mirages sont souvent évoqués dans les films ou BD, en les exagérant parfois un peu trop (Figure 23). Ce
sont des phénomènes cependant bien connus en optique.

F IGURE 23 – Exemple d’un mirage très caricatural !

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6 Phénomènes d’optique dans la nature

Le mirage est un phénomène optique dû à la déviation des faisceaux lumineux causée par des variations de
l’indice de réfraction de l’air des couches d’air à des températures différentes. Nous avions en effet vu au chapitre
"Les Ondes" que l’indice de réfraction n de l’air est fonction de la température. On a donc une propagation "anor-
male" de la lumière dans un milieu non homogène (Figure 24) : le trajet est courbe. La déviation des rayons par
chaque couche d’air (chaque dioptre) donne alors l’impression que l’objet que l’on regarde est à un endroit autre
que son emplacement réel. N’oubliez pas que notre cerveau interprète la position d’un objet en supposant que la
position de cet objet est dans le prolongement rectiligne des rayons que reçoivent nos yeux.

On classe les mirages en 3 catégories : les mirages inférieurs, supérieurs et les Fata Morgana.
• Les mirages inférieurs ou mirages chauds, sont causés par le réchauffement des couches basses de l’air,
ce qui a lieu très fréquemment dans les zones désertiques ou sur les routes chauffées par le soleil. Dans
ces cas, l’air proche du sol peut atteindre des températures supérieures de près d’une dizaine de degrés aux
températures des couches d’air plus élevées. Les rayons lumineux sont alors très courbés dans cette zone
près du sol (Figure 24, haut). On observe aussi très souvent un phénomène d’inversion de l’image. Ce sont
sans doute ceux que l’on peut observer le plus facilement, par exemple l’été sur une route chauffée par les
rayons du soleil (Figure 25). Comme ce phénomène repose sur un échauffement important de l’air au niveau
du sol, des turbulences ont tendance à apparaître et donneront une impression de distorsion de l’image. C’est
ainsi que les mirages que l’on voit apparaître sur les routes ne donnent pas une réflexion parfaite du ciel,
mais une image instable, comme une flaque d’eau.

F IGURE 24 – Principe du mirage inférieur. C’est une bonne application des lois de Descartes : reprenez la figure du haut et
vérifier approximativement le sens de variation du rayon en fonction de la variation de l’indice de réfraction.

F IGURE 25 – Exemples de mirages inférieurs : celui de droite est très fréquent sur nos routes.

14
6.1 Les mirages

• Les mirages supérieurs : La naissance d’un mirage supérieur, dit « froid », survient lorsque l’air proche du
sol est plus froid qu’en hauteur ; la température croit avec l’altitude sur une certaine distance. Ceci est le cas
dans des lieux où la surface du sol est très froide (banquise, mer froide, sol gelé...). L’image de l’objet peut
être inversée ou non, parfois déformée par la convection de l’air, toujours à cause des turbulences, et sera
au-dessus de l’objet réel (Figure 26 et 27).

F IGURE 26 – Principe du mirage supérieur.

F IGURE 27 – Exemples de mirages supérieurs : à gauche, les icebergs semblent flotter au-dessus de l’eau.

• Les Fata Morgana : Certaines situations combinent les mirages inférieurs et supérieurs, par des profils
d’indice de l’air particuliers, donnant alors une image irréelle au paysage lointain. La Fata Morgana est
un mirage peu stable qui donne des images multiples, déformées et superposées de l’objet du mirage. Le
mirage a l’apparence de tours et de constructions, de plateaux qui sont à l’origine du nom du phénomène, la
fée Morgane étant réputée habiter sur la mystérieuse île d’Avalon et user de magie !

F IGURE 28 – Exemple d’un mirage Fata Morgana.

Pour conclure, un mirage n’est pas une illusion d’optique, résultat d’une perception visuelle qui s’oppose à l’ex-
périence de la réalité (voir les nombreux exemples sur internet, parfois déroutants). Ce n’est pas non plus une
hallucination puisqu’on peut le photographier. Les images produites par un mirage sont, par contre, sujettes à
interprétation : par exemple les mirages inférieurs ont souvent l’apparence d’étendues d’eau, les Fata Morgana
peuvent ressembler à des châteaux, des plateaux, des montagnes ou des constructions complexes (voir Figure 28).

15
6 Phénomènes d’optique dans la nature

6.2 L’arc-en-ciel
Un arc-en-ciel est un phénomène optique se produisant dans le ciel, quand le Soleil brille pendant la pluie, et
qui rend visible le spectre continu de la lumière solaire. On peut observer un arc-en-ciel quand des gouttes d’eau
tombent ou sont en suspension dans l’air et qu’une source lumineuse puissante (en général le soleil) brille derrière
l’observateur (Figure 29).
De nouveau, les lois de Snell-Descartes permettent d’expliquer le phénomène, qui est une combinaison des
"accidents de parcours" que nous avons vus, ici la réfraction, la réflexion et la dispersion des radiations lumineuses
par les gouttelettes d’eau en suspension dans l’atmosphère. Les Figures 29 et 30 permettent d’illustrer cela. Il n’est
pas question ici de comprendre dans le détail les processus, mais il est assez simple de comprendre grossièrement
le parcours de la lumière dans la goutte d’eau (Figure 30 gauche). On notera que les lois de Descartes nous
permettraient de trouver (mais on ne fera pas le calcul) l’angle très connu de 42 degrés qu’il faut respecter pour
voir l’arc-en-ciel (Figure 29). Il est donc indispensable d’avoir le Soleil "dans son dos" pour être dans les bonnes
conditions d’observation. C’est un avantage, car il n’y a donc aucun risque pour les yeux.
On rappelle ici qu’il est très dangereux de regarder directement le Soleil sans protection adéquate, même sur un court
instant. Cela peut rapidement entraîner des dégâts irréversibles pour l’oeil. Au niveau de la rétine, les cellules photosensibles
(cônes et bâtonnets) peuvent être endommagées par une lumière intense, au point d’être détruites. Selon la gravité de ces
dommages, la perte de vision peut être temporaire ou permanente.

F IGURE 29 – Principe de formation de l’arc-en-ciel.

Quant à la dispersion de la lumière (Figure 30 droite), elle s’explique par le fait que l’indice de réfraction
de l’eau varie en fonction de la longueur d’onde (nous l’avions évoqué dans le cours "Les Ondes") et donc le
parcours de la lumière dans la goutte est différent pour chaque couleur, d’où cette dispersion en sortie de la goutte.
Remarquez que le sens des couleurs change en fonction du trajet des rayons (Figure 30 gauche et droite).

F IGURE 30 – Formation d’un arc-en-ciel (gauche) et dispersion de la lumière dans une goutte d’eau (droite). Notez sur la
figure de droite que nous avons en entrée de la goutte de la lumière blanche, qui contient donc toutes les couleurs mélangées.

16
6.2 L’arc-en-ciel

Vous trouverez des tas de jolies figures d’arc-en-ciels naturels sur internet pour illustrer vos futurs séquences,
en voilà tout au moins deux en Figure 31. Sur celle de gauche, on aperçoit bien l’arc-en-ciel secondaire (expliqué
en Figure 29), ce qui n’est pas toujours le cas car il est moins intense que celui primaire. La Figure 29 nous indique
que cet arc est un peu plus haut que celui primaire, avec un angle d’environ 52o et avec l’ordre des couleurs inversé.

F IGURE 31 – Exemples d’arc-en-ciels naturels.

Il est aussi facile de produire un arc-en-ciel artificiel, un jour de beau temps, avec un jet d’eau. Nous avons
tous eu l’occasion d’en admirer un dans la bruine d’une fontaine. Mais vous pouvez facilement en créer un dans
une cours de récréation, si vous disposez d’un tuyau d’arrosage, de soleil et en vous plaçant correctement pour
respecter les conditions de formation (Figure 29).

F IGURE 32 – Exemples d’arc-en-ciels artificiels.

Concernant la dispersion de la lumière, on retrouve un phénomène similaire avec un prisme (Figure 33), mais
cette fois le milieu amenant les phénomènes de réfraction et dispersion est le verre. De petits prismes sont assez
faciles à trouver et vous pouvez ensuite montrer aux élèves, en l’éclairant en lumière blanche, la dispersion de la
lumière et les différentes couleurs du spectre.

F IGURE 33 – Dispersion de la lumière par un prisme en verre.

17
6 Phénomènes d’optique dans la nature

6.3 Autre phénomène optique dans le ciel : la gloire atmosphérique

Une gloire est un phénomène optique entourant l’ombre d’un objet matériel, ayant la forme de cercles aux
couleurs de l’arc-en-ciel. Il s’agit d’une ou plusieurs séries d’anneaux colorés vus par un observateur autour de son
ombre portée sur un nuage (ou un brouillard) constitué de nombreuses petites gouttelettes d’eau. Le phénomène
est beaucoup plus petit qu’un arc-en-ciel. Toutefois, bien qu’il soit très similaire à l’arc-en-ciel, son explication est
un peu plus complexe (mais on ne verra pas cela ici !). On peut l’observer assez facilement depuis le sommet d’une
montagne, à bord d’un avion ou d’un pont au-dessus du brouillard (Figure 34 et 35).
L’ombre située au centre de la gloire porte le nom de spectre de Brocken. C’est l’ombre considérablement
agrandie de l’objet ou de la personne qui prend la photo et qui se trouve donc entre le Soleil et le phénomène de
gloire. Vous l’avez compris, pour observer le spectre de Brocken et la gloire, il faut avoir le Soleil exactement dans
son dos. Le spectre de Brocken tire son nom du point culminant de la chaîne du Harz (Allemagne), la montagne
Brocken, où fut pour la première fois rapporté et décrit ce phénomène, et dont le sommet est souvent dégagé. La
condition optimale pour l’observer est donc d’avoir un soleil bien dégagé d’un côté et une nappe de brouillard ou
un nuage de l’autre, avec un objet entre les deux. Il n’est visible que dans l’axe Soleil-obstacle-nuage.
Une personne peut donc voir sa propre ombre, projetée sur un nuage, souvent assez floue et fluctuant au rythme
de la formation du nuage, tel un fantôme, d’où l’appellation de "spectre" ! Si vous n’êtes pas convaincu, regardez
la Figure 34 (droite) !

F IGURE 34 – Exemples de gloires atmosphériques. On distingue clairement l’ombre de la personne qui prend la photo
(gauche) ou de l’avion d’où est prise cette photo (droite), tous les deux situés sur l’axe gloire-objet-soleil.

F IGURE 35 – Exemple de gloires atmosphériques et du spectre de Brocken !

18
6.4 Autres phénomènes optiques dans le ciel : les halos

6.4 Autres phénomènes optiques dans le ciel : les halos


Un halo est un groupe de photométéores 1 qui apparait dans le ciel sous forme d’anneaux, d’arcs, de colonnes
ou de foyers lumineux (Figure 36, droite). Ils sont créés de nouveau par la réfraction ou la réflexion de la lumière,
mais cette fois par des cristaux de glace en suspension dans l’atmosphère (Figure 36, gauche). C’est leur grande
différence avec les arc-en-ciels, créés quant à eux par des gouttelettes d’eau liquide. Ils apparaissent, sous certaines
conditions géométriques, dans le ciel, autour du Soleil ou de la Lune (Figure 37). Notez bien que, dans les deux
cas, l’observation d’un halo traduit donc la présence en altitude d’un nuage constitué de cristaux de glace, souvent
très fin et que l’on ne voit donc pas ou très peu. Ces nuages de glace, très hauts en altitude et donc très froids
(−60o C < T < −30o C), sont appelés les cirrus. On observe ces halos assez facilement si on prend le temps de
regarder le ciel par temps clair mais, de nouveau, attention à ne pas regarder directement le Soleil.

F IGURE 36 – Principe de formation d’un halo, par réfraction d’une partie de la lumière du Soleil par les cristaux de glace
(gauche) et dont l’apparence dépend de la forme des cristaux, par exemple en forme de plaquette, hexagone, etc. (droite).

F IGURE 37 – Exemples de halos, autour de Soleil (gauche) ou de la Lune (droite). Sur la figure de gauche, on devine la
présence de cirrus, nuages constitués de cristaux de glace et qui ont souvent, comme ici, l’aspect de filaments blancs. On
aperçoit également un halo secondaire moins intense (angle d’environ 44 degrés), plus grand que le halo principal (angle
d’environ 22 degrés)

1. Photométéore : désigne un objet ou phénomène optique qui apparaît dans l’atmosphère terrestre (mais pas les nuages) ; vient du grec
meteôra - suspendu dans l’atmosphère).

19
7 Exemples de phénomènes d’optique ondulatoire

7 Exemples de phénomènes d’optique ondulatoire


7.1 Interférences
Certains phénomènes visibles dans notre quotidien ne peuvent être expliqués par l’optique géométrique. Nous
avons déjà évoqué que si d est la taille de l’objet avec laquelle la lumière entre en interaction, alors l’optique
géométrique ne pourra être utilisée que si d >> λ. C’est notamment le cas lorsque l’on étudie un rayon lumineux
tombant sur une lentille ou un miroir, car leur taille est très grande devant les quelques centaines de nanomètres
de la longueur d’onde de la lumière. En revanche, si l’objet est de taille comparable à la longueur d’onde de la
lumière (d ' λ), l’optique géométrique n’est plus adaptée et ne permet plus de rendre compte des observations
expérimentales. C’est le cas des phénomènes de diffraction et d’interférence : il se passe alors avec les ondes
électromagnétiques un phénomène en tout point semblable avec les ondes se propageant à la surface de l’eau.
La figure 38 montrent des ondes matérielles créées par deux insectes à la surface de l’eau. Des interférences
se créent lorsque les deux ondes se rencontrent, au milieu de l’image. Quand deux crêtes coïncident, les vagues
se superposent pour former une crête plus intense (interférence constructive), alors que lorsqu’une crête rencontre
un creux, les vagues s’annihilent (interférence destructive). On a alors une succession de maximum et minimum
d’intensité pour l’onde totale.

F IGURE 38 – Interférences créées à la surface de l’eau par la rencontre de deux ondes.

Le dispositif de la Figure 39 présentent des interférences lumineuses créées par deux ondes électromagnétiques
issues de deux fentes de largeur très fines. L’hypothèse de l’optique géométrique n’est plus remplie et elle ne peut
pas expliquer ces interférences. On a bien sur la Figure 39 une alternance de rayures plus ou moins intenses.

F IGURE 39 – Interférences lumineuses créées par deux fentes de fines largeurs (' 100µm) : fentes d’Young

On retrouve les interférences lumineuses dans notre quotidien, comme par exemple celles présentées en Fi-
gure 40. Lorsqu’un rayon de lumière traverse un film de bulle de savon (Figure 40, gauche), il rencontre deux
interfaces : air-liquide à l’entrée dans le film, et liquide-air en sortant du film. Or, les interfaces sont partiellement
réfléchissantes : le faisceau incident se réfléchit donc en deux faisceaux parallèles. Ces deux faisceaux interfèrent,
c’est-à-dire que leur somme ne donne pas toujours de la lumière. La condition déterminant si la somme donne de
la lumière ou non dépend de manière très sensible de l’épaisseur du film. Comme l’épaisseur n’est pas constante
sur toute la surface du film et qu’elle varie au cours du temps (par évaporation et écoulement du liquide vers le
bas), les irisations peuvent avoir des motifs très fins, et fluctuent rapidement dans le temps. La condition sur la
somme dépend aussi de la longueur d’onde (couleur) du faisceau, et les irisations sont donc colorées si le film est
éclairé par une lumière blanche. Une couche d’huile ou d’essence sur une flaque d’eau montre également parfois
des irisations 1 , pour les mêmes raisons que dans la bulle de savon (Figure 40, droite).
1. Propriété optique de certains corps qui décomposent la lumière en produisant à leur surface diverses couleurs du spectre lumineux.

20
7.2 Diffraction

F IGURE 40 – Interférences créées par une bulle de savon (gauche) ou un film d’essence sur une flaque d’eau (droite)

7.2 Diffraction
La diffraction est le comportement des ondes lorsqu’elles rencontrent un obstacle ou une ouverture de très
petite taille ; le phénomène peut être interprété par la diffusion d’une onde par les points de l’objet. La Figure 41
présente la diffraction de la lumière par une fente de très fine largeur (30 µm).

F IGURE 41 – Diffraction de la lumière par une fente très fine.

On peut observer la diffraction autour de nous assez facilement, particulièrement facilement avec un CD éclairé
par une source de lumière blanche (Figure 42). En effet, les CD, DVD et BluRay ont à leur surface des petits motifs
gravés qui ressemblent à un code morse et contiennent l’information du média (musique, film, etc.). Le code est
écrit le long d’une spirale qui va de l’intérieur vers l’extérieur du disque. La taille des motifs est de l’ordre de la
longueur d’onde de la lumière qui est donc diffractée par la surface du disque. Autrement dit, un disque ne va pas
réfléchir la lumière comme un simple miroir. Comme les motifs de diffraction dépendent du rapport de taille entre
l’objet diffractant et la longueur d’onde de la lumière, éclairer un disque donne lieu à des faisceaux réfléchis à
la surface dans des directions qui dépendent des couleurs du faisceau de départ. Lorsque la lumière de départ est
blanche, elle contient toutes les couleurs et la réflexion sur le CD sépare ces couleurs (Figure 42, gauche).
Certains rideaux très fins laissent passer la lumière. En regardant une lampe lointaine à travers le rideau, un
motif de croix colorée apparait (Figure 42, droite). Le rideau agit comme une grille aux motifs très rapprochés et
fonctionne comme un ensemble de fentes très fines, à la fois verticales et horizontales. On voit donc des franges
colorées dans les deux directions, ce qui forme une croix.

F IGURE 42 – Diffraction créée en éclairant un CD (gauche) ou un rideau aux mailles très fines (droite).

Ces phénomènes sont donc impossibles à expliquer dans le cadre de ce cours, mais vous savez maintenant d’où
ils viennent et ils sont particulièrement jolis à observer.

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7 Exemples de phénomènes d’optique ondulatoire

Annexe 1 : Réflexion dans un miroir

F IGURE 43 – Correction de l’exercice sur le miroir : votre image se situe dans le système optique et elle est donc virtuelle ...
mais vous la voyez ! Elle vous semble placée derrière le miroir : d’ailleurs, si vous vous éloignez du miroir, votre image en fait
de même, dans l’autre sens ...

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