ANNEXE : Emission CO2
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) anthropiques sont à l’origine des changements
climatiques observés actuellement et c’est le dioxyde de carbone (CO 2) qui est le principal
GES émis par les activités humaines à ce jour.
Figure1. Émissions de CO2 ( Suisse) :
L'importance de CO2
Le CO2, est extrêmement important pour maintenir l'équilibre de notre planète.
1. Effet de serre : Le CO2 à retenir la chaleur du soleil.
2. Photosynthèse
3. Cycle du carbone : Le CO2 fait partie du cycle du carbone, qui implique l'échange
constant de carbone entre l'atmosphère, les océans, les plantes et les animaux. Ce cycle est
essentiel pour maintenir la vie sur Terre.
Les principales sources de CO2 dans notre environnement
1. Production d'électricité
2. Transports
3. Chauffage résidentiel et commercial
4. Industrie
5. Déforestation
Les efforts pour réduire les émissions de CO2
1. Transition vers les énergies renouvelables
2. Amélioration de l'efficacité énergétique
3. Reforestation et préservation des forêts
4. Promotion des transports durables
5. Sensibilisation et éducation
6. Réglementations et accords internationaux
Capteurs de CO2 :
Les deux principaux types de capteurs sont les capteurs de CO2 de type NDIR (infrarouge non
dispersif) et les capteurs d’eCO2. Les capteurs NDIR sont les plus couramment utilisés et
fonctionnent en mesurant la quantité de lumière infrarouge absorbée par le CO2 dans l'air.
Les capteurs d'eCO2, quant à eux, mesurent la concentration de CO2 en utilisant des capteurs
semi-conducteurs ou des capteurs photo-acoustiques.
D'autres technologies de capteurs de CO2 incluent la résonance de cavité, la conductivité
électrique et la spectrométrie infrarouge
Les capteurs de CO2 sont utilisés dans diverses applications, notamment pour surveiller la
qualité de l'air intérieur de locaux, pour contrôler la fermentation pharmaceutique et les
applications de séquestration du dioxyde de carbone.
Les capteurs photo-acoustiques, en particulier, sont une alternative intéressante aux capteurs
NDIR, bien que leur précision soit légèrement inférieure.
Étalonnage :
La plupart des capteurs nécessitent un étalonnage. Celui-ci se fait généralement en plaçant le
capteur à l'extérieur, où la concentration en CO2 est supposée être proche de 400 ppm, pour
s'assurer de la justesse des mesures
Exemple : Estimation des émissions de CO2 au niveau des complexes GNL
- La section décarbonatation ;
- Les chaudières,
- Les torches.
Figure : Sources d’émissions de CO2 dans les complexe GNL1Z.
La concentration du gaz carbonique CO2 dans GN doit être réduite à 70 ppm (en volume),
c’est le rôle de la section de décarbonatation.
Les chaudières : La combustion peut être présentée dans la réaction suivante :
Les gaz des fumés, dont la température est de 1240°C, à la sortie de la chambre de
combustion, passent à travers des faisceaux de surchauffeur et l’économiseur, ensuite elles
sont dirigées vers la cheminée à une température de 170°C environ.
Les systèmes de torches sont prévus pour l’évacuation sans danger, des vapeurs et des
liquides dégagés au démarrage, en régime perturbé et en fonctionnement normale à l’aide de
divers évents et purges.
Figure 8 : Les différentes torches du complexe GL1/Z.
Quantité du CO2 produite pas la section décarbonatation
La quantité de CO2 émise par cette section peut être estimée par deux méthodes :
1. Bilan massique au niveau du régénérateur de la solution de MEA.
2. Bilan massique au niveau de la colonne d’absorption.
Une estimation rigoureuse impose le calcul par les deux méthodes. Cependant, par manque de
données au niveau du régénérateur, la méthode 2 est souvent adoptée.
La quantité du CO2 rejetée vers l’atmosphère est celle absorbée par la solution de MEA.
Son estimation impose d’établir un bilan de matière au niveau de l’absorbeur (Figure)
Figure : Colonne d’absorption
La determination de la teneur en CO2 dans le GN est determinée par CPG. La moyenne du
débit à l’entrée et la sortie de l’absorbeur est aussi une donnée necessaire pour une estimation
précise.
Tableau : Résultats d’analyses du GN à l’entrée et à la sortie de l’absorbeur.
(Année 2019 entre 17-02-2019 et 18-03-2019 )
Les trains Débit de GN à l’entré (Nm3/h) Y0 CO2 (%) Y1 CO2 (ppm)
100 252910,5177 0,247 3,766
200 258585,8161 0,247 3,766
400 260708,4922 0,247 3,766
Bilan de matière de l’absorbeur :
C’est l’application du principe de conservation de la masse lors de l'analyse d'un système
pour ce qui est des flux de matière entrant et sortant.
Remarque : le bilan, étant complexe, est applique uniquement sur le train 100. La même
méthode est appliquée aux deux autres trains
Les données sont présentées sur le Tableau 2 :
les caractéristique du gaz naturel a l’entrée et la sortie de l’absorbeur sont :
Débit volumique du GN à l’entrée 252910.5177 Nm3/h
Débit volumique du GN à l’entrée 11290.648 Kmol/h
Volume molaire du mélange 22.4 Nm3/kmol
Teneur en CO2 à l’entrée de l’absorbeur 0,247 %
Teneur en CO2 à la sortie de l’absorbeur 3.766 ppm
Le débit du CO2 absorbé par le MEA est calculé d’après le bilan global suivant :
Le bilan partiel sur le CO2 est donné par la relation :
La solution MEA à l’entrée de l’absorbeur est considérée comme pure. La fraction
molaire de CO2 sera nulle, donc le débit molaire du CO2 absorbé sera :
Avec :
Ls: Débit molaire du MEA à la sortie de l’absorbeur ;
Ge Débit molaire du GN à l’entrée de l’absorbeur ;
yCO2: Fraction molaire de CO2 à l’entrée de l’absorbeur ;
: Débit molaire du CO2 absorbé ;
Débit molaire du GN à la sortie de l’absorbeur ;
Fraction molaire de CO2 à la sortie de l’absorbeur.
Le GN à la sortie, (Tableau ), contient des traces de CO2. La différence entre les quantités à
l’entrée et celles de la sortie représente la quantité de CO2 absorbé par la solution de MEA
c’est-à-dire, celle rejetée vers l’atmosphère. Cette quantité représente le rejet de CO 2 au
niveau de la section de la décarbonatation.
Le débit du GN à la sortie de l’absorbeur varie en fonction de la quantité de CO2 absorbée.
Pour connaitre sa valeur on doit établir un bilan sur les inertes, dont le débit reste constant au
cours de l’opération de l’absorption ; les inertes représentent les constituants du GN qui ne
réagissent pas avec la solution de MEA.
D’après l’équation (4) on déduit :
Le remplacement des équations (5) et (6) dans l’équation (3) donne :
Où :
A= quantité de CO2 contenue dans le GN à l’entrée de l’absorbeur
B= quantité résiduelle de CO2 dans le GN à la sortie de l’absorbeur
Le débit de CO2 absorbé é) devient la différence entre la quantité en A et celle
en B (équation 8)
Les mêmes calculs sont réalisés pour les trains 200 et 400 dont les résultats, avec ceux du
train 100, sont présentés au Tableau 3
Tableau 3 : la quantité du CO2 absorbé de la décarbonatation
les trains Débit de CO2 absorbé (%)
Train 100 33,02
Train 200 33,73
Train 400 33,25
Total 100%
B- Quantité de CO2 contenue dans les fumés des chaudières
La quantité de dioxyde de carbone émise par les chaudières en service dans le complexe
GL2/Z est estimée à partir de la réaction de combustion complète représentée ci-après.
L’équivalence massique, gaz carbonique fioul, appliquée ci-après reste valable pour toutes
les chaudières.
Avec :
Exemple de calcul :
Quantité de CO2 produite par le méthane CH4 dans les chaudières ABB ;
Quantité de CO2 produite par chaque composé
Débit molaire du fioul gaz (total)
Quantité entrante pour chaque composant
Fraction molaire de chaque constituant présent dans le fioul gaz
Nombre de carbone présent dans chaque composant.
Quantité totale de CO2 rejeté par les chaudières ABB
Tableau 4 : Récapitulatif de la quantité de CO2 émise par le complexe GNL1/Z
Sources la quantité de CO2 émise par le complexe %
Chaudières 99,54
Décarbonatation 0,12
Torches 0,34
Total 100,00
Tableau 5 : Les causes du torcheage et le total des gaz torchés de mois de février
Train N° Les causes de torcheage Les gaz torchés
100 Torchage dû à l’arrêt du train suite
à un manque de charge du GN 20,71%
200 Torcheage dû aux redémarrages du train
suite à un manque du GN 22 ,7%
400 Torcheage dû aux arrêts et redémarrages du train
suite à un manque de charge du GN 47,11
Causes diverses : A. Instabilité de la section fractionnement
du train lors de son redémarrage
B. Fuites dues à l’inétanchéité des vannes 9,48%
Figure 10 : les différentes sources d’émissions de CO2 au niveau du complexe GL2/Z
Cette figure montre que les chaudières émettent la plus grande quantité de gaz carbonique,
quantité qui représente 99,54% de l’ensemble du complexe. La part qui revient aux torches
est de 0,34% tandis que celle de la section de décarbonatation est de 0,12%.
Il existe un certain nombre de solution pour lutter contre le gaz carbonique, cependant la
solution adéquate dans ce cas est celle du captage.
Captage, Transport et Stockage du gaz carbonique
Le captage du CO2 et son stockage géologique consiste à capter le CO2 produit par les
installations industrielles avant son rejet à l’atmosphère et à le réinjecter dans les structures
géologiques adéquates.
Il existe trois catégories de captage :
- Captage de CO2 en postcombustion
Il s’agit d’un lavage des fumées par absorption chimique, réalisé par un agent chimique
liquide type amine, telle MEA et ou MDEA.
Le principe repose sur l’utilisation de deux colonnes ; une colonne d’absorption permettant
de séparer le CO2 des autres constituants gazeux à l’aide d’un solvant et une colonne de
régénération permettant de récupérer le CO2 sous forme gazeuse et de régénérer le solvant.
Figure : Technique de captage par postcombustion
- Captage de CO2 en oxy-combustion
L’oxy-combustion consiste à brûler le combustible avec de l’oxygène séparé préalablement
de l’azote de l’air. Cela permet d’augmenter la concentration du CO 2 dans les fumées d’une
chaudière de 90% à 95%. L’inconvénient est que la séparation de l’oxygène de l’azote,
obtenue principalement par voie cryogénique, est coûteuse et consommatrice d’énergie.
Figure : Technique de captage par oxy-combustion
- Le captage de CO2 en Pré-combustion
La pré-combustion consiste à convertir le combustible à l’entrée de l’installation en gaz de
synthèse, un mélange de monoxyde de carbone (CO) et d’hydrogène (H 2). Le CO présent
dans le mélange réagit avec l’eau au cours de l’étape de conversion pour former du CO2 et de
l’hydrogène. Le CO2 est séparé de l’hydrogène par absorption avec un solvant chimique
selon le même procédé utilisé pour le captage postcombustion, l’hydrogène peut être utilisé
pour produire de l’énergie (électricité et/ou chaleur) sans émission supplémentaire de CO 2.
Cette technologie est actuellement au stade de la recherche.
Figure : Technique de captage par pré-combustion
Le transport
Le transport du CO2 n’est pas une étape techniquement compliquée puisque les méthodes de
transport des gaz naturels en général sont maîtrisées. Pour le cas du CO 2, deux solutions sont
envisageables :
- Le transport par canalisation :
Le CO2 doit être comprimé au point d'atteindre un état quasi liquide.
- Le transport par camions ou navires :
Le CO2 est transporté sous forme liquide, à une pression de 15 bars et à une température de
-30 °C.
- Le stockage géologique du gaz carbonique
Il existe trois possibilités de stockage géologique :
- Les aquifères salins profonds
Les aquifères se trouvent dans les bassins sédimentaires un peu partout sur la planète, ils
offrent les capacités de stockage les plus importantes (capacité estimée par le GIEC à 10 000
milliards de tonnes de CO2).
- Les gisements de pétrole et de gaz naturels épuisés
Il est possible d’injecter du CO2 dans les gisements d’hydrocarbure épuisés qui présentent un
potentiel de stockage moindre que celui des aquifères salins, mais reste non négligeable.
Une autre possibilité se présente dans les gisements qui sont en fin d’exploitation: le CO 2 sert
ici à récupérer les Hydrocarbures et il s’agit, à ce niveau, de l’adaptation d’un procédé déjà
largement expérimenté dans l’industrie pétrolière, appelé CO2-EOR (Enhanced Oil Recovery)
destiné à améliorer la productivité des champs de pétrole.
- Les veines de charbon profondes inexploitées
Cette technique de stockage est viable grâce à l’affinité du charbon pour le CO2, elle est basée
sur la méthode dite de récupération ECBM (Enhanced Coal Bed Methane) pour exploiter le
gaz naturel qui peut être piégé dans ces structures.
Quelques projets de captage de gaz carbonique dans le monde
A. Aux Etats Unis
Le premier projet a été inauguré en 1972 dans l’État du Texas : «Val Verde Natural Gas Plant
». Ce projet capte, par précombustion, le CO2 émis par plusieurs usines de traitement de gaz
naturel. Le CO2 capté est ensuite transporté par pipeline sur 132 kilomètres avant d’être utilisé
pour faire de la récupération assistée de pétrole. Le projet injecte 1,3 millions de tonnes de
CO2 par an. Le dernier projet a été lancé en 2010 dans l’État du Texas : «Century Plant ». Ce
projet capte, par précombustion, le CO2 émis par une usine de traitement de gaz naturel. Le
CO2 capté est transporté par pipeline sur 256 kilomètres avant d’être utilisé pour faire de la
récupération assistée de pétrole. Le projet injecte actuellement cinq millions de tonnes de CO 2
par an. À partir de la fin de l’année 2012, 8,5 millions de tonnes de CO2 devaient être
injectées annuellement.
B. Canada
Canada n’a qu’un seul projet industriel en fonction. Il a commencé en 2000 dans la province
de Saskatchewan : «Great Plains Synfuel Plant and Weyburn-Midale Project». Ce projet
capte, par précombustion, le CO2 émis par une usine de gazéification de charbon située dans
l’État du Dakota du Nord aux USA. Le CO2 capté est transporté par pipeline sur 315
kilomètres avant d’être utilisé pour faire de la récupération assistée de pétrole au Canada. Le
projet injecte trois millions de tonnes de CO2 par an.
C. Algérie
L’Algérie n’a qu’un seul projet industriel en fonction. Il a été lancé en 2004 : «In Salah CO 2
Storage ». Ce projet capte, par précombustion, le CO2 émis par une usine de traitement de gaz
naturel. Le CO2 capté est transporté par pipeline sur 14 kilomètres avant d’être injecté dans un
aquifère salin profond. Le projet injecte un million de tonnes de CO2 par an. Le projet, mené
par BP, Statoil Hydro et Sonatrach, cherche, entre autres, à démontrer que la séquestration
géologique du CO2 est sure ainsi qu’économiquement et environnementalement viable.
Conclusion
En Algérie, seulement un procédé de captage de CO2 à était réaliser à In Salah. Ce projet
capte le CO2 émis d’une usine de traitement de gaz naturel par précombustion, et l’injecte
dans un aquifère salin profond.
Au niveau du complexe GL2/Z, puisque l’absorption chimique par la solution de MEA est
déjà utilisée, on propose d’utiliser le captage en postcombustion du CO2 émis par les
chaudières, de la section de décarbonatation et les torches. Cela nécessite d’installer une unité
de récupération et de valorisation de gaz carbonique, cette solution consomme plus d’énergie
et d’argents (dépenses financières).
Figure : Comparaison des émissions de GES de diverses installations de production de GNL
(Document d’information sur le projet Energie Saguenay et son etude d’impact- GNL Quebec
septembre 2020)
Il faut instaurer un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission.
Principaux moyens pour l’atteinte de la carboneutralité :
- L’étude des possibilités de purification et de mise en marché du CO 2 qui serait produit.
- Reboisement dans le cadre de projets forestiers contrôlés;