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Thesis 3

Cette thèse traite de la modélisation du contact entre matériaux hétérogènes, en particulier dans les secteurs automobile et aéronautique. Un modèle semi-analytique a été développé pour résoudre les problèmes de contact, prenant en compte les hétérogénéités isotropes et anisotropes, et a été validé par rapport à la méthode des éléments finis. Des applications industrielles et une approche expérimentale pour mesurer les champs de déplacements à l'interface des corps en contact ont également été présentées.

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Cette thèse traite de la modélisation du contact entre matériaux hétérogènes, en particulier dans les secteurs automobile et aéronautique. Un modèle semi-analytique a été développé pour résoudre les problèmes de contact, prenant en compte les hétérogénéités isotropes et anisotropes, et a été validé par rapport à la méthode des éléments finis. Des applications industrielles et une approche expérimentale pour mesurer les champs de déplacements à l'interface des corps en contact ont également été présentées.

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N◦ d’ordre 2015-ISAL–0120 Année 2015

THÈSE

Modélisation du contact entre matériaux hétérogènes :


Application au contact Aube/Disque

Présentée devant
l’Institut National des Sciences Appliquées de Lyon

pour obtenir
le GRADE DE DOCTEUR
École doctorale :
Mécanique, Énergétique, Génie Civil, Acoustique
Spécialité :
MÉCANIQUE - GÉNIE MÉCANIQUE - GÉNIE CIVIL

par
Koffi Espoir KOUMI

Thèse soutenue le 04 Décembre 2015 devant la Commission d’examen


Jury

David HILLS Professeur, University of Oxford Président


Giuseppe CARBONE Professeur, Politecnico di Bari Rapporteur
Sylvie POMMIER Professeur, ENS-Cachan Rapporteur
Stéphane BERBENNI DR CNRS, Université de Lorraine Rapporteur
Philippe BOISSE Professeur, INSA-Lyon Examinateur
Frédéric FEYEL HdR, SAFRAN-TECH Examinateur
Daniel NELIAS Professeur, INSA Lyon Dir. de thèse
Thibaut CHAISE Maı̂tre de Conférences, INSA Lyon Invité
Julien LEROUX Ingénieur-Docteur, SNECMA Invité

LaMCoS - UMR CNRS 5259 - INSA de Lyon


20, avenue Albert Einstein, 69621 Villeurbanne Cedex (FRANCE)

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INSA Direction de la Recherche - Ecoles Doctorales – Quinquennal 2011-
2011-2015

SIGLE ECOLE DOCTORALE NOM ET COORDONNEES DU RESPONSABLE

CHIMIE DE LYON M. Jean Marc LANCELIN


CHIMIE [Link] Université de Lyon – Collège Doctoral
Bât ESCPE
43 bd du 11 novembre 1918
69622 VILLEURBANNE Cedex
Insa : R. GOURDON Tél : 04.72.43 13 95
directeur@[Link]

ELECTRONIQUE, M. Gérard SCORLETTI


E.E.A. ELECTROTECHNIQUE, AUTOMATIQUE Ecole Centrale de Lyon
[Link] 36 avenue Guy de Collongue
69134 ECULLY
Secrétariat : M.C. HAVGOUDOUKIAN Tél : 04.72.18 65 55 Fax : 04 78 43 37 17
eea@[Link] [Link]@[Link]

EVOLUTION, ECOSYSTEME, Mme Gudrun BORNETTE


E2M2 MICROBIOLOGIE, MODELISATION CNRS UMR 5023 LEHNA
[Link] Université Claude Bernard Lyon 1
Bât Forel
Insa : H. CHARLES 43 bd du 11 novembre 1918
69622 VILLEURBANNE Cédex
Tél : [Link].13
e2m2@ [Link]

INTERDISCIPLINAIRE SCIENCES- M. Didier REVEL


EDISS SANTE Hôpital Louis Pradel
[Link] Bâtiment Central
28 Avenue Doyen Lépine
Sec : Samia VUILLERMOZ 69677 BRON
Insa : M. LAGARDE Tél : [Link].09 Fax :04 72 68 49 16
[Link]@[Link]

INFORMATIQUE ET Mme Sylvie CALABRETTO


INFOMATHS MATHEMATIQUES Université Claude Bernard Lyon 1
[Link] INFOMATHS
Bâtiment Braconnier
43 bd du 11 novembre 1918
Sec :Renée EL MELHEM 69622 VILLEURBANNE Cedex
Tél : 04.72. 44.82.94 Fax 04 72 43 16 87
infomaths@[Link]

MATERIAUX DE LYON M. Jean-Yves BUFFIERE


[Link] INSA de Lyon
Matériaux
MATEIS
Secrétariat : M. LABOUNE Bâtiment Saint Exupéry
PM : 71.70 –Fax : 87.12 7 avenue Jean Capelle
Bat. Saint Exupéry 69621 VILLEURBANNE Cedex
[Link]@[Link] Tél : 04.72.43 83 18 Fax 04 72 43 85 28
[Link]@[Link]

MECANIQUE, ENERGETIQUE, GENIE M. Philippe BOISSE


MEGA CIVIL, ACOUSTIQUE INSA de Lyon
[Link] Laboratoire LAMCOS
Bâtiment Jacquard
Secrétariat : M. LABOUNE 25 bis avenue Jean Capelle
PM : 71.70 –Fax : 87.12 69621 VILLEURBANNE Cedex
Bat. Saint Exupéry Tél :04.72 .43.71.70 Fax : 04 72 43 72 37
mega@[Link] [Link]@[Link]

ScSo* M. OBADIA Lionel


ScSo [Link] Université Lyon 2
86 rue Pasteur
Sec : Viviane POLSINELLI 69365 LYON Cedex 07
Brigitte DUBOIS Tél : [Link].86 Fax : [Link].48
Insa : J.Y. TOUSSAINT [Link]@[Link]

*ScSo : Histoire, Géographie, Aménagement, Urbanisme, Archéologie, Science politique, Sociologie, Anthropologie

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Remerciements
J’aimerai tout d’abord rappeler combien cette aventure a été formidable, magni-
fique et profondément enrichissante aussi bien sur le plan scientifique qu’humain.
Je remercie mon directeur de thèse, le Professeur Daniel Nélias de m’avoir donné
cette immense chance de faire ma thèse avec lui au LAMCOS. Merci pour ta
confiance, tes conseils avisés et ta rigueur scientifique qui m’ont permis de mener
à bien ce projet. Je tiens également à remercier mon co-encadrant Thibaut Chaise,
pour les discussions enrichissantes, les conseils et tout le temps passé à debugger le
code semi-analytique. Je remercie SNECMA d’avoir financé cette thèse et mon en-
cadrant industriel, Julien Leroux pour son soutien inconditionnel et sa disponibilité
durant ces trois années de thèse.
Je souhaite également exprimer toute ma reconnaissance à l’ensemble des membres
du jury pour avoir eu la gentillesse de m’accorder un peu de leur temps. Je remercie
David Hills qui m’a fait l’immense honneur de présider ce jury de thèse. Mes sincères
remerciements à Giuseppe Carbone, Sylvie Pommier, Stéphane Berbenni d’avoir ac-
cepté la lourde tâche de rapporter ce travail de recherche. Je remercie Frédéric Feyel
et Philippe Boisse d’avoir examiné ce travail.
Je tiens à remercier tout le personnel administratif et technique du LAMCOS, par-
ticulièrement Isabelle Comby, secrétaire de l’équipe MSE du LAMCOS, pour son
indéfectible efficacité et sa gentillesse ; Arnaud Duval pour la partie informatique
et numérique. Je tiens également à remercier sincèrement Philippe Chaudet, Lv,
Amira, Tristan pour leurs aides sur la partie expérimentale.
Je remercie l’ensemble de mes collègues du LAMCOS : Didier, pour avoir relu le
manuscrit , Lv, Dam ( mon coloc de bureau), Titi, Clem, Coco, Eric, Hana, Yaya,
Fatma, Lan, Nicolas, Rob, Caro, Nacer, Louis, Shaocheng, Guillermo, Wenjun, Samy,
père Alex, Alexandre, Paul, Jerôme, Guillaume, Bhavesh, Shuai, Ye, Wenqi et tous
ceux que j’ai pu oublier (et qui j’espère m’excuseront). Je te remercie Manu pour
ton aide dans la constitution du dossier de soutenance, l’impression de tous les ma-
nuscrits de thèse. Merci à toi Pipo pour le pot de thèse.
Je tiens également à remercier mes camarades thésards de la SNECMA, J.P (bientôt
papa) et A.C pour tous les bons moments passés ensemble. Je remercie Marion pour
son soutien. Fabien pour sa bonne humeur. Arnaud et Mikhael pour les conseils
par rapport à la soutenance, Sylvain, Christian, MarieO, Didier, Geoffray, Mathias,
Adrien, Loic, Francis, Fabrice, Raul, Florence, Antoine, Juan-Antonio. Marion, Lio-
nel, Laurent, Asmae, Bruno et Geoffray de m’avoir considérablement simplifié la fin
de la thèse.
Un mot pour ceux qui étaient à la genèse de cette aventure. Pierre, que j’appelle
affectueusement grand frère ; Mr Merlet, Mme Beaumadier et Mr Plante.
A mes petits frères Jean-Claude et Junior, je vous remercie pour votre soutien in-
conditionnel. A celle qui m’a accompagné et soutenu durant ces années. Ta présence
m’a rassuré et comblé de bonheur. Tes précieux conseils ont su guider mes pas. En-
fin à mes parents Jean-Pierre et Monique qui ont sacrifié leur vie pour rendre la

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mienne la plus agréable possible. Je ne vous remercierai jamais assez. Je vous dédie
ce mémoire de thèse.

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Résumé

Cette thèse s’intéresse à la problématique du contact entre matériaux hétérogènes.


L’industrie (automobile, aéronautique, spatiale, . . . ) s’intéresse de plus en plus à ces
types de matériaux. Il s’agira par exemple des alliages métalliques, des matériaux
poreux, matériaux composites (composites tissés, interlocks 3D, interlocks 2D), des
billes céramiques contenant des impuretés (porosités/précipités),. . . Dans ce manus-
crit, un modèle de contact basé sur les méthodes semi-analytiques a été développé.
Un algorithme de gradient conjugué est utilisé afin de résoudre rapidement le problème
de contact. Le modèle permet de prendre en compte la présence d’une ou de plusieurs
hétérogénéités isotropes/anisotropes dans le problème de contact. Une approche
inspirée de la méthode de l’inclusion équivalente proposée par Eshelby est utilisée
dans le solveur de contact pour prendre en compte l’effet de ces hétérogénéités. Les
méthodes de transformées de Fourier rapides (FFT) permettent d’accélérer les cal-
culs. Une méthode numérique a été mise en œuvre afin de prendre en compte l’inter-
action entre plusieurs hétérogénéités. Le massif peut être élastique ou viscoélastique.
L’approche développée dans la thèse peut résoudre à la fois les problèmes d’inden-
tation, de roulement/glissement ou de fretting en présence de matériaux élastiques
hétérogènes, viscoélastiques homogènes ou hétérogènes. Les solutions sont données
en termes de champs de pressions, de cisaillements et de contraintes. Dans le cas des
matériaux viscoélastiques le code de calcul est capable de fournir le coefficient de
frottement apparent ainsi que toutes les variables de contact aussi bien en régime per-
manent que transitoire. Le modèle a été validé par comparaison avec la méthode des
éléments finis classiques en utilisant le logiciel commercial Abaqus v6.11. Le temps
de calcul ainsi que l’espace mémoire nécessaire sont considérablement réduits par
rapport à la méthode éléments finis. La parallélisation a été introduite dans le code
de contact afin de réduire toujours plus le temps de calcul. Il s’agit d’un code robuste,
rapide et facilement utilisable en Bureau d’Etudes. Une approche expérimentale ori-
ginale a été mise en place afin de mesurer les champs de déplacements à l’interface
des corps en contact. De bonnes corrélations essais/calculs ont été obtenues. Enfin
quelques applications industrielles ont été présentées. Un couplage entre un code
éléments finis structurel et le code semi-analytique de résolution de contact a été
également réalisé.

Mots clés: contact, fretting, semi-analytique, matériaux hétérogènes, compo-


sites tissés, viscoélasticité, anisotropie, approche multi-échelle, couplage de code,
parallélisation.

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Abstract

The present PhD thesis deals with contact problems between heterogeneous ma-
terials. Nowadays heterogeneous materials are extensively used in several industrial
domains (automotive, aeronautics, aerospace, . . . ). Heterogeneous materials involve
porous materials, aluminum alloys, composites materials (woven composites, inter-
locks 3D, interlocks 2D), metallic or ceramics materials containing impurities (poro-
sities/precipitates). In this work, a contact model based on semi-analytical method
is proposed. A conjugate gradient algorithm is used for a fast resolution of contact
equations. The model can account for one or more isotropic/anisotropic inhomoge-
neities. An approach taking inspiration from the Eshelby equivalent inclusion me-
thod is used in the contact solver to account for the effect of inhomogeneities. 2D
and 3D Fast Fourier Transforms (FFT) are used to speed up the computation. A
numerical method is implemented in order to take into account interactions bet-
ween many heterogeneities. The semi-infinite space/ matrix can be either elastic or
visco-elastic. The model developed in the present PhD thesis can solve indentation,
rolling/sliding or fretting contact problems between heterogeneous elastic materials,
homogeneous or heterogeneous visco-elactic materials. In the case of visco-elastic
materials, the model permits to get the solution in terms of contact pressure distri-
bution, subsurface stresses, apparent friction coefficient, both in the transient and
then steady-state regimes. The model has been validated by performing a compari-
son with the results of a finite element model. The CPU time and memory necessary
are greatly reduced in comparison with the classical finite element method. The mo-
del developed is fast, robust and extremely easy to use. An original experimental
approach was proposed in order to measure the displacement fields at interface of two
contacting bodies. A good agreement between experimental results and numerical
simulations is obtained. Finally, the model is applied on some industrial applica-
tions. A coupling between a finite element model and the semi-analytical code allow
to take into account the effects of structure on contact problem.

Keywords: contact mechanics, fretting, semi-analytic method, heterogeneous


materials, woven composites , viscoelasticity, anisotropy, multiscale modeling, code
coupling, parallelization.

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Table des matières

Table des matières i

Introduction 1

1 Etat de l’art 5
1.1 Contexte industriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.1 Présentations des turboréacteurs . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.2 Objectif de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.3 Impuretés matériaux, inclusions, défauts . . . . . . . . . . . . 9
1.1.4 Contact aube/disque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.5 Modes de défaillances du contact aube/disque sous charge-
ment de fretting. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2 Matériaux composites. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.1 Nature de la matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.2 Forme des renforts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.2.3 Structure des pièces composites. . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.3 Homogénéisation et méthodes numériques multi-échelles . . . . . . . . 27
1.3.1 Théorie de l’homogénéisation classique . . . . . . . . . . . . . 27
1.3.2 Quelques approches d’homogénéisation . . . . . . . . . . . . . 31
1.3.3 Méthode FE2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
1.3.4 Calcul direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
1.4 Modélisation en mécanique des contacts . . . . . . . . . . . . . . . . 38
1.4.1 Approches analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
1.4.2 Approches numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
1.4.3 Cas spécifique du contact aube/disque, aube métallique . . . . 41
1.4.4 Cas spécifique du contact aube/disque pour une aube composite 43
1.5 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

2 Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact 47


2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2 Mise en équation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.2.1 Cinématique du contact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.3 Discrétisation numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52

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Table des matières

2.3.1 Equations du problème de contact . . . . . . . . . . . . . . . . 53


2.3.2 Contact normal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.3.3 Contact tangentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.3.4 Couplage du problème normal et tangentiel . . . . . . . . . . 55
2.3.5 Contraintes en sous-couche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.4 Résolution numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2.4.1 Transformées de Fourier discrètes et FFT . . . . . . . . . . . . 56
2.4.2 Méthode DC-FFT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.4.3 Cas 2D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.4.4 Cas 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.5 Résolution du problème de contact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.6 Algorithme général du solveur de contact . . . . . . . . . . . . . . . . 64
2.7 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

3 Massif élastique hétérogène 67


3.1 Etat de l’art . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.2 Formulation générale du problème de contact . . . . . . . . . . . . . . 71
3.3 Prise en compte des hétérogénéités . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.3.1 Solution en espace infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.3.2 Solution en espace semi-infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.3.3 Déplacement normal dû aux hétérogénéités . . . . . . . . . . . 76
3.3.4 Prise en compte de l’inclinaison de l’inclusion . . . . . . . . . 77
3.3.5 Prise en compte de l’effet des hétérogénéités dans l’algorithme
de contact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.4 Validation du modèle développé . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
3.5 Résultats et étude paramétrique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.5.1 Hétérogénéité isotrope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.5.2 Hétérogénéité anisotrope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
3.6 Cas connexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.6.1 Hétérogénéités cubiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.6.2 Hétérogénéités et contact tangentiel . . . . . . . . . . . . . . . 97
3.7 Prise en compte de plusieurs hétérogénéités . . . . . . . . . . . . . . . 100
3.7.1 Equations du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
3.7.2 Méthodologie numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
3.7.3 Algorithmes de résolution numérique . . . . . . . . . . . . . . 102
3.7.4 Validation dans le cas d’un matériau revêtu . . . . . . . . . . 105
3.8 Améliorations numériques : nouvelle méthode de décomposition . . . 111
3.9 Améliorations numériques : parallélisation . . . . . . . . . . . . . . . 113
3.9.1 Différents types d’architecture . . . . . . . . . . . . . . . . . . 114
3.9.2 Mesure de la performance . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
3.9.3 Mémoire partagée : environnement OpenMP . . . . . . . . . . 117
3.9.4 Mémoire distribuée : environnement MPI . . . . . . . . . . . . 120
3.10 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122

ii

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Table des matières

4 Théorie du contact viscoélastique 125


4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
4.2 Généralités sur les matériaux viscoélastiques . . . . . . . . . . . . . . 130
4.3 Contact normal sur massif homogène viscoélastique . . . . . . . . . . 134
4.3.1 Equations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
4.3.2 Mise en œuvre numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
4.3.3 Validation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
4.3.4 Quelques résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
4.4 Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène . . . . . . . . . . 146
4.4.1 Equations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
4.4.2 Validation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
4.4.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154
4.5 Bilan partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
4.6 Roulement sur massif homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
4.6.1 Equations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
4.6.2 Validations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
4.6.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
4.6.4 Cas d’une sphère viscoélastique ou élastique en
contact roulant/glissant avec un massif viscoélastique . . . . . 180
4.7 Roulement sur massif viscoélastique hétérogène . . . . . . . . . . . . 185
4.7.1 Brève description du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . 185
4.7.2 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
4.8 Bilan partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
4.9 Fretting viscoélastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
4.9.1 Mise en équation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
4.9.2 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
4.10 Bilan partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
4.11 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212

5 Vers une validation expérimentale 215


5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
5.2 Dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
5.2.1 Cahier de charges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
5.2.2 Principe de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
5.3 Eprouvette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
5.3.1 Eprouvette homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
5.3.2 Eprouvette hétérogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
5.3.3 Eprouvette composites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
5.4 Réalisation des essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
5.4.1 Propriétés matériaux des corps en contact . . . . . . . . . . . 226
5.4.2 Détermination du coefficient de frottement . . . . . . . . . . . 226
5.4.3 Protocole opératoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227

iii

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Table des matières

5.4.4 Post-traitement des résultats et méthode de corrélation d’images


numériques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
5.5 Quelques résultats d’essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
5.5.1 Éprouvette homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
5.5.2 Éprouvette composite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
5.6 Vers une estimation expérimentale de la pression de contact . . . . . 236
5.7 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237

6 Applications sur quelques cas industriels 239


6.1 Méthodologie multi-échelle de calculs sur pièces . . . . . . . . . . . . 240
6.1.1 Description du modèle éléments finis . . . . . . . . . . . . . . 240
6.1.2 Cycles de chargement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
6.1.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
6.2 Etude de la nocivité des défauts dans les billes céramiques. . . . . . . 247
6.3 Applications sur matériaux composites idéalisés . . . . . . . . . . . . 250
6.4 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254

Conclusions et perspectives 255

A Coefficients d’influences 259


A.1 Espace élastique semi-infini. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 259
A.2 Prise en compte des hétérogénéités. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 263

B Dispositif expérimental 267


B.1 Objectifs. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
B.2 Compléments sur le dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . 267
B.2.1 Capteur multi-composants. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
B.2.2 Actionneur pour appliquer le moment suivant l’axe Z. . . . . . 267
B.2.3 Actionneur pour appliquer la force/déplacement tangentiel Y . 267
B.2.4 Guidages à Billes suivant Y . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
B.2.5 Caractéristiques de la caméra haute résolution utilisée pour
l’acquisition d’images. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
B.2.6 Caractéristiques géométriques, optiques et mécaniques de la
vitre utilisée. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 267
B.3 Eprouvette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280
B.3.1 Billes céramiques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280
B.3.2 Processus de broyage de la résine. . . . . . . . . . . . . . . . . 280
B.3.3 Enrobage à chaud. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 280
B.3.4 Dimensions. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 281
B.4 Tomographie . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 283
B.4.1 Phoenix v—tome—x s, système informatisé utilisé pour la to-
mographie. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 283
B.4.2 Protocole de traitement des images issues de la tomographie. . 283
B.4.3 Tableau récapitulatif. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 283

iv

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Table des matières

B.5 Essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 290


B.5.1 Réglages acquisitions images . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 290
B.5.2 Protocole de traitement des résultats . . . . . . . . . . . . . . 290
B.6 Film de mesure de la distribution des champs de pression . . . . . . 292
B.7 Résultats éprouvette hétérogéne . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 295

Bibliographie 297

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Table des matières

vi

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Introduction

Contexte industriel et scientifique


L’étude et la compréhension des problèmes de contact est une problématique
omniprésente dans plusieurs domaines : automobiles, nucléaires, aéronautiques,
aérospatiales, transports ferroviaires, la marine, les turbines à vapeur, escalators,
ascenseurs, . . . Les endommagements liés aux problèmes de contact sont nombreux :
amorçage et propagation de fissures entraı̂nant la rupture de pièces, l’usure des sur-
faces en contact, écaillage de fatigue, grippage, . . .
Le sujet a fait l’objet de plusieurs travaux. La littérature recense par exemple plus
de 3000 articles scientifiques qui traitent des problèmes d’usure de contact. Cepen-
dant l’évolution incessante des matériaux de structures utilisés, la nécessité d’une
meilleure prédiction de la durée de vie des composants, l’optimisation des méthodes
et pratiques de conception, la recherche incessante de performances toujours plus
élevées obligent les industriels à revoir sans cesse leurs outils de modélisation des
problèmes de contact.
Des entreprises comme SKF, leader mondial dans la conception et la fabrication de
roulements pour les industries aéronautiques et aérospatiales, ont introduit depuis
peu une nouvelle génération de roulements appelés roulements hybrides. Ces roule-
ments avec des billes céramiques permettent de réduire la masse des composants,
ont de très bonnes propriétés isolantes, supportent des vitesses plus élevées et ont
une longue durée de vie en comparaison avec des roulements tout acier. Le seul in-
convénient réside dans le fait que ces billes présentent des défauts (type porosités et
inclusions) et sont donc hétérogènes. La quasi totalité des outils de dimensionnement
de roulements existant sur le marché, supposent un contact Hertzien entre matériaux
homogènes. L’évolution technologique engendrée par l’avènement des roulements
hybrides nécessite une évolution des outils de calculs et de dimensionnement des
roulements prenant en compte le caractère hétérogène des billes céramiques, l’effet
de la plasticité, . . . . Les modèles et outils de calculs doivent évoluer afin de répondre
à ces problématiques.
La société SNECMA du groupe SAFRAN, leader dans le domaine de la concep-
tion et la fabrication des moteurs d’aviations civiles et militaires, a toujours été
intéressée par les problématiques de fretting au niveau du contact aube/disque. Dans
le cadre de la nouvelle génération de moteurs (LEAP-1A, LEAP-1B), les aubes sont

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Introduction

fabriquées en matériaux composites tissés 3D à matrice organique (CMO) ou à ma-


trice céramique (CMC). Ces modifications ont permis de réduire considérablement
la masse du moteur et donc la consommation de carburant (15%), les émissions
d’oxyde d’azote (50%) et le bruit (jusqu’à 15 décibels). Les pieds d’aubes sont
soumis à des sollicitations de type fretting, qui peuvent engendrer l’amorçage et
la propagation de fissures ainsi que l’usure des surfaces en contact. Si la tribologie
maı̂trise assez bien la résolution du problème de contact entre matériaux homogènes,
ceci n’est pas encore le cas avec des matériaux contenant des hétérogénéités ou
pour les matériaux composites. Les résultats obtenus depuis des années dans le cas
des aubes en titane sont donc difficilement transposables au cas des aubes compo-
sites. Surtout qu’il est désormais bien établi que l’orientation locale des fibres peut
avoir un effet prépondérant sur le problème de contact, l’usure, . . . . Une difficulté
supplémentaire peut être relevée dans le cas des matériaux composites à matrices
organiques, où la matrice est viscoélastique. La viscoélasticité implique la prise en
compte des effets d’histoire sachant que le contact viscoélastique en soi, contrai-
rement au contact élastique, est très peu étudié dans la littérature. Les méthodes
d’homogénéisation classiques ne peuvent plus s’appliquer de manière automatique
dans le cas de ces matériaux composites. Le caractère très localisé des problèmes
de contact ne rend pas possible la séparabilité des échelles. Cette rupture techno-
logique doit être suivie d’une rupture au niveau des approches de résolution des
problèmes de contact. L’objectif de cette thèse est donc de proposer une méthode
de résolution de contact entre matériaux hétérogènes/composites. Le modèle doit
pouvoir prendre en compte des hétérogénéités isotropes/anistropes noyées dans des
matrices élastiques ou viscoélastiques. Il s’agit d’un modèle basé sur les méthodes
semi-analytiques. Une approche expérimentale a été développée afin de proposer des
pistes pour valider les méthodes numériques.

Présentation du manuscrit
Le premier chapitre introduit le contexte industriel notamment la problématique
du contact dans les moteurs aéronautiques. Une présentation succincte des tur-
boréacteurs sera faite afin de faciliter la compréhension du contexte industriel de
l’étude. Un zoom sera fait sur le contact aube disque ainsi que sur les différents
modes de défaillances. Une classification des matériaux composites suivant plusieurs
critères sera réalisée. Les différentes méthodes multi-échelles d’estimation du com-
portement ou de modélisation des matériaux multi-échelles seront présentées. Les
différentes approches de résolution des problèmes de contact seront ensuite détaillées.
Un accent particulier sera mis sur la difficulté inhérente à la modélisation du contact
entre matériaux hétérogènes.
Le deuxième chapitre présente les méthodes semi-analytiques appliquées à la
mécanique du contact. Ces approches sont utilisées depuis plus d’une dizaine
d’années maintenant par l’équipe du Professeur Daniel Nélias au LaMCos de l’INSA

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Introduction

de Lyon. Ces méthodes sont basées sur des solutions analytiques et utilisent des
méthodes numériques spécifiques. Ainsi donc, dans ce chapitre seront présentés suc-
cessivement les méthodes de FFT et DC-FFT ainsi que les algorithmes de Gradient-
conjugué. La méthode utilisée pour la discrétisation du massif et des équations du
contact sera également détaillée.
Dans le troisième chapitre, le modèle permettant de prendre en compte des
hétérogénéités isotropes/anisotropes dans une matrice élastique isotrope sera
présenté. Les notions d’inclusion équivalente d’Eshelby et les fonctions potentiels
seront reprises en se basant sur les travaux d’Eshelby [ESH 57, ESH 59], Moschovo-
dis et Mura [MOS 75]. Le modèle sera validé par une comparaison avec la méthode
des éléments finis. Une méthode numérique a été mise en œuvre pour la prise en
compte de l’interaction entre plusieurs hétérogénéités. Des cas d’applications sur
massif revêtu, avec revêtement élastique seront présentés. Beaucoup d’améliorations
numériques ont été apportées afin de rendre le code plus robuste et plus rapide.
Une parallélisation OpenMP/MPI et une nouvelle méthode de décomposition ont
été introduites. Les gains en terme de temps de calcul obtenus peuvent aller jusqu’à
11 sur un PC portable classique comparé au cas initial.
Le quatrième chapitre s’intéressera à la théorie du contact viscoélastique. Une ap-
proche originale basée sur les méthodes semi-analytiques pour résoudre le problème
de contact entre matériaux viscoélastiques, homogènes ou hétérogènes est présentée.
Des applications au cas d’indentation, de roulement et de fretting sont présentées.
Le modèle permet entre autres de quantifier le coefficient de frottement apparent
induit par l’effet de la viscoélasticité dans le cas du roulement, glissement ou du
fretting. Le modèle fournit des solutions en termes de champs de pression mais aussi
de champs de contraintes aussi bien en régime permanent que transitoire. Il s’agit
des résultats tout à fait nouveaux comparés à ceux existants dans la littérature.
Dans le chapitre 5, il s’agira principalement de présenter le dispositif expérimental
développé au LAMCOS pour mesurer des champs de déplacements à l’interface des
corps en contact. Ce dispositif a fait l’objet de très nombreuses modifications durant
cette thèse afin d’arriver à des mesures quantitatives et qualitatives. Le dispositif
ainsi que le protocole expérimental seront présentés. La tomographie sera utilisée afin
de connaitre la microstructure des éprouvettes d’essais en contact. Les techniques
de corrélation d’images 2D permettront de remonter aux champs de déplacements à
l’interface des deux corps en contact. Les résultats obtenus seront comparés à ceux
obtenus au travers d’une simulation numérique ou de calculs analytiques. Le dispo-
sitif expérimental a fait l’objet d’un dépôt de brevet SNECMA/LAMCOS.
Dans le dernier chapitre, le modèle sera appliqué sur trois cas industriels différents.
Une méthodologie multi-échelle de calculs sur pièces sera présentée. Un prototype
de couplage entre un modèle éléments finis et le code semi-analytique sera réalisé
pour résoudre le contact aube/disque. Ensuite l’étude de la nocivité de défauts dans
les billes céramiques sera effectuée et enfin une application dans le cas d’un matériau
composite idéalisé. Les résultats dans le cas de tissages 3D ne pouvant être présentés
pour des raisons de confidentialité.

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Introduction

Enfin, une conclusion générale sera formulée ainsi qu’un ensemble de perspectives.

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Chapitre 1

Etat de l’art

La première partie de ce chapitre s’intéresse au contexte


industriel de ce sujet de thèse. Un état de l’art portant sur
la problématique du contact entre matériaux hétérogènes
est ensuite exposé.

Sommaire
1.1 Contexte industriel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.1 Présentations des turboréacteurs . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.1.2 Objectif de l’étude . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.1.3 Impuretés matériaux, inclusions, défauts . . . . . . . . . . . . 9
1.1.4 Contact aube/disque. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 10
1.1.5 Modes de défaillances du contact aube/disque sous charge-
ment de fretting. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.2 Matériaux composites. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.1 Nature de la matrice . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.2.2 Forme des renforts . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 23
1.2.3 Structure des pièces composites. . . . . . . . . . . . . . . . . 24
1.3 Homogénéisation et méthodes numériques multi-échelles . 27
1.3.1 Théorie de l’homogénéisation classique . . . . . . . . . . . . . 27
1.3.2 Quelques approches d’homogénéisation . . . . . . . . . . . . . 31
1.3.3 Méthode FE2 . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34

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1.3.4 Calcul direct . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 34
1.4 Modélisation en mécanique des contacts . . . . . . . . . . . 38
1.4.1 Approches analytiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 38
1.4.2 Approches numériques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 39
1.4.3 Cas spécifique du contact aube/disque, aube métallique . . . 41
1.4.4 Cas spécifique du contact aube/disque pour une aube composite 43
1.5 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 44

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Contexte industriel

1.1 Contexte industriel


La problématique du contact entre matériaux homogènes/hétérogènes est an-
cienne et récurrente. Elle est présente dans de nombreux domaines ; de l’automobile
à l’aérospatiale en passant par l’aéronautique. Les bureaux d’études doivent tenir
compte des endommagements liés au contact dans le dimensionnement et la concep-
tion des mécanismes. Chez les motoristes aéronautiques, les problématiques liées au
contact se posent à plusieurs endroits du moteur. Il est essentiel de disposer d’outils
de calculs robustes permettant de résoudre les problèmes de contact. La robustesse
et la fiabilité de ces outils permettront de réduire les campagnes d’essais, d’optimiser
les dimensions des pièces, de mieux prédire les durées de vie, . . .
Dans un premier temps, le principe de fonctionnement d’un turboréacteur sera
présenté. La deuxième partie mettra en relief la problématique du contact entre
matériaux hétérogènes dans le cas des turboréacteurs civils.

1.1.1 Présentations des turboréacteurs


Le turboréacteur est un système de propulsion essentiellement utilisé sur les
avions de type commercial ou militaire. Il est apparu à la fin du XIX ème siècle et
a supplanté tous les autres modes de propulsion. Le turboréacteur peut être mono-,
double-, ou triple corps. Un corps est un ensemble compresseur-turbine accouplé sur
un même arbre et tournant donc à la même vitesse. Les turboréacteurs font appel
à deux types de technologies : les turboréacteurs simple-flux et les turboréacteurs
double-flux. Les turboréacteurs à simple flux sont bruyants, polluants et ont une
consommation spécifique élevée. Ils n’atteignent de bons rendements qu’au-delà du
M ach 1. Le turboréacteur simple-flux est surtout utilisé pour les grandes vitesses
de vol et dans le domaine militaire (avions de combat).
Dans le cas des turboréacteurs à double-flux, on admet plus d’air qu’il n’est
nécessaire au générateur de gaz afin de réduire la consommation de carburant et
d’augmenter le rendement de propulsion. Le débit (ou flux) supplémentaire s’écoule
en dérivation autour du générateur de gaz. Les turboréacteurs double-flux sont plus
économiques aux vitesses subsoniques. Dans ces moteurs une soufflante de grande
dimension permet d’absorber un gros débit massique qui ne passe qu’en partie dans
le compresseur BP. L’air pré-comprimé par la soufflante qui ne passe pas dans le
compresseur BP, appelé flux froid, contourne la partie chaude jusqu’à la tuyère
où il est éjecté, mélangé ou non avec les gaz chauds (Fig.1.1). Cela permet, pour
des vitesses modérées, en dessous de Mach 1.5 environ, d’augmenter la poussée par
augmentation du débit de gaz, et de réduire considérablement le bruit.
La plupart des moteurs civils développés ou co-développés par SNECMA
(CF M 56 − 5B, LEAP − 1A, LEAP − 1B) sont des turboréacteurs  double-
corps/double flux (Fig.1.1) . Tout turboréacteur  double-corps/double flux  est
composé des quatres entités suivantes
– la soufflante ou fan. Les dimensions de la soufflante sont beaucoup plus grandes

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1. Etat de l’art

Figure 1.1 – Représentation simplifiée d’un turboréacteur civil double corps et


double flux.

que celles des étages d’après. La soufflante comprime le flux d’air qui serait
divisé en un flux primaire et secondaire. Le flux secondaire fournit l’essentiel
de la poussée (80%).
– le compresseur Basse Pression (BP) et Haute Pression (HP). Le flux d’air passe
dans les compresseurs BP et HP où il est accéléré avant d’arriver à la chambre
de combustion.
– la chambre de combustion. C’est l’endroit où est injecté le carburant. L’ajout
de carburant à l’air comprimé permet la combustion du mélange ce qui aug-
mente l’énergie et la température du flux.
– les turbines Haute Pression et Basse Pression. Une partie de l’énergie cinétique
des gaz de combustion est utilisée pour actionner le compresseur Haute Pres-
sion, l’ensemble du compresseur Basse Pression et la soufflante. Les gaz de
combustion sont ensuite éjectés à grande vitesse à l’arrière du moteur et leur
énergie cinétique restante assure la propulsion par réaction.
Au sein du moteur, l’ensemble des pièces en contact peuvent être soumis à des
sollicitations de matage, de fretting, de type roulement (avec ou sans glissement).
Suivant la nature des sollicitations, différents types endommagement peuvent être
rencontrés : rayure, écaillage, usure, oxydation, grippage, fissuration, formation de
débris . . . Dans le moteur, les endommagements liés à des problématiques de fretting,
peuvent être observés sur des pièces aussi diverses que les aubes, disques, paliers,
cannelures, roulements, douilles, tambours, joints d’étanchéité, . . . Les conséquences
peuvent alors aller de la perte de cote, à la perte de fonctionnalité, voire à la rup-
ture des pièces en fatigue. Pour les motoristes, il est essentiel d’acquérir une solide

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Contexte industriel

connaissance de l’évolution des contacts soumis au fretting, de prédire les durées


de vie des pièces et de rechercher de nouvelles solutions palliatives. Les enjeux
sont la garantie de la sécurité et de l’intégrité des composants, l’optimisation de
la maintenance et l’innovation technologique. Cette thèse a été réalisée au sein du
département  Méthodes et Outils de Calculs . Le but des  Méthodes  est de
fournir des méthodologies et outils aux autres départements (cannelures, roulements,
. . . ). Les approches développées dans cette thèse peuvent trouver des applications
dans une grande partie des domaines cités plus haut (roulements, cannelures, . . . ).
Les exemples d’applications s’intéresseront principalement au contact aube/disque
ainsi qu’au cas des roulements (roulements hybrides).

1.1.2 Objectif de l’étude


L’objectif de cette thèse est de développer des modèles permettant une
résolution rapide du problème de contact entre matériaux hétérogènes élastiques ou
viscoélastiques. La problématique du contact hétérogène se pose à plusieurs niveaux
du moteur. Le contact aube/disque, les roulements hybrides acier/céramique (conte-
nant des impuretés/porosités), les matériaux métalliques contenant des défauts . . .
Les prochains paragraphes mettront en exergue de manière très précise la
problématique du contact hétérogène en passant en revue quelques types
d’hétérogénéités matériaux rencontrés dans les turboréacteurs.

1.1.3 Impuretés matériaux, inclusions, défauts


Certains matériaux utilisés dans l’industrie sont hétérogènes. Il arrive assez sou-
vent que ces hétérogénéités soient dues à des défauts durant le processus de fabri-
cation du matériau (Fig.1.2). Ces défauts microstructuraux peuvent être liés à des
précipités, à des changements de phase, des porosités, . . . Ils sont rencontrés assez
fréquemment dans les métaux et matériaux céramiques. L’un des modes d’endomma-
gement, non des moindres dans les problèmes de contact est l’endommagement initié
en sous-couche. L’origine de ce mode d’endommagement est liée à des défauts micro-
structuraux qui agissent comme de véritables concentrateurs de contraintes locaux.
Pour les aciers, l’endommagement se traduit par une transformation microstructu-
rale appelée papillon de fatigue (Fig. 1.3) autour des défauts microstructuraux de
type inclusions (ici inclusion d’alumine). Ces papillons de fatigue peuvent entraı̂ner
l’amorçage et la propagation de fissures qui, sous certaines conditions, rejoignent
la surface et finissent par provoquer un écaillage. Plusieurs lois phénoménologiques
et physiques existent, ([LAM 96], [STI 09]). Ces lois sont basées sur les champs de
pression et/ou de contraintes en sous-couche difficilement accessibles avec la théorie
classique de Hertz. Aussi, au vue du nombre et de la taille des hétérogénéités, il
serait parfois difficile de faire appel à des modèles types éléments finis pour résoudre
ce genre de problème. La problématique du contact entre matériaux hétérogènes
prend tout son sens dans ces cas de figure.

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1. Etat de l’art

Figure 1.2 – Exemple de défauts de type carbures et inclusions dans les roulements
hybrides ([AZE 15]).

1.1.4 Contact aube/disque.


L’aube mobile est assemblée au disque par l’intermédiaire d’une attache. Celle-
ci est composée du pied de l’aube ou bulbe, et d’une alvéole, servant de logement
au pied d’aube. Les attaches aube/disque ont pour fonction essentielle d’assurer la
rétention radiale de l’aube et la transmission des efforts tangentiels entre l’aube et
le disque. Trois familles d’attaches sont employées dans les turboréacteurs actuels :
attache en forme de queue d’aronde, attache marteau et attache sapin. Cette étude
s’intéressera plutôt à des attaches queue d’aronde (Fig.1.4) qui sont les plus utilisées
(compresseurs BP, HP, les turbines BP et la soufflante, . . . ).
Le disque est toujours en matériau métallique. Cependant, l’aube peut être
constituée d’un matériau métallique ou d’un matériau composite. L’aube métallique
est souvent revêtue. La problématique du contact hétérogène se pose bien
évidemment au niveau de l’aube composite, mais également au niveau de l’aube
métallique dans la mesure où cette dernière est toujours revêtue.

[Link] Contact aube revêtue/disque métallique.

Sur les moteurs CF M 56 le matériau utilisé pour la fabrication des aubes et du


disque est un alliage de titane : le T i − 6Al − 4V . Cet alliage de titane présente
de très bonnes propriétés mécaniques pour une très faible masse volumique. Il est
également peu sensible à la corrosion. Toutefois les propriétés tribologiques des al-
liages de titane en général sont souvent très médiocres. Pour pallier à ce problème,
un revêtement d’une épaisseur moyenne de 150 microns peut être ajouté. La nature
de ce revêtement peut varier grandement d’un moteur à un autre. Assez souvent un
lubrifiant solide (Molydag) à très faible coefficient de frottement est déposé sur le

10

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Contexte industriel

Figure 1.3 – Papillon de fatigue dans le 100cr6 autour d’une inclusion d’alumine
[SAN 93].

revêtement (Fig.1.5). Il faut toutefois rappeler qu’avant de rajouter le revêtement


et le lubrifiant solide, les aubes sont grenaillées au niveau des portées. Ainsi, en plus
du revêtement, du lubrifiant solide, on est également en présence des contraintes
résiduelles (en surface) générées par le grenaillage. Le motoriste SNECMA est donc
en présence d’un contact entre matériaux hétérogènes, le matériau hétérogène étant
en effet l’aube en T i−6Al −4V revêtue. Même si les moteurs CFM56 demeurent une
 success story  unique dans l’histoire de l’aéronautique civile, ils seront remplacés

dans un futur proche par une nouvelle génération de moteurs plus économiques,
plus performants, plus respectueux de l’environnement : les moteurs LEAP avec des
aubes en matériaux composites.

[Link] Contact aube composite/disque métallique.

Dans le cadre de la nouvelle génération de moteurs (LEAP-1A, LEAP 1-B,


LEAP-1C), les aubes sont fabriquées en matériaux composites (Fig.1.6). Ces modi-
fications permettent au motoriste de réduire considérablement la masse du moteur,
la consommation de carburant, les émissions d’oxyde et enfin le bruit. Les tra-
vaux menés depuis plusieurs années sur l’endommagement par fretting du contact
aube/disque sont remis à plats avec l’arrivée de ces aubes composites. Il est donc
indispensable de développer de nouvelles méthodes pour prendre en compte la struc-
ture composite dans la résolution du problème de contact, dans la mise en place
des lois d’endommagement, . . . Ces aubes étant fortement hétérogènes, le modèle
présenté dans cette thèse peut donc trouver une application dans la problématique
du contact aube/disque avec une aube en matériau composite. La compréhension
des mécanismes d’endommagement passe dans un premier temps par l’identification
des types de chargements subis par le contact aube-disque.

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1. Etat de l’art

(a) (b)

Figure 1.4 – Vues du disque de la soufflante du CFM56-5 (a) et de la soufflante


du CFM56-7 (b).

[Link] Chargements subis par le contact aube/disque

Le contact aube/disque est soumis à deux grandes catégories de sollicitations.


Les sollicitations dites :

– Oligocycliques : Ces sollicitations sont caractérisées par de fortes intensités et


de faibles fréquences. Elles sont associées aux phases de changement de régime
moteur au cours du vol mais sont le plus souvent simplifiées à la phase de
décollage et d’atterrissage. Durant la phase de décollage, la force centrifuge
entraı̂ne le déplacement radial des aubes qui viennent se plaquer contre le
disque au niveau des interfaces. Il en résulte un effort normal et des micro-
déplacements relatifs entre l’aube et le disque.
– Polycycliques : Il s’agit des sollicitations de faibles intensités mais de fortes
fréquences. Les sollicitations polycycliques sont créées par les modes vibratoires
de la structure et les instabilités aérodynamiques. La figure 1.7 représente assez
schématiquement ce type de chargement. Le contact aube disque est donc
soumis à un type de chargement particulier : le fretting. Par définition, le
fretting est un mouvement oscillatoire de faible amplitude, souvent tangentiel,
appliqué aux deux surfaces en contact.

La finalité de la modélisation du contact est de prédire aux mieux les défaillances


du contact aube/disque sous chargement de fretting.

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Contexte industriel

Figure 1.5 – Structure du contact aube-disque revêtu [PAU 06]

1.1.5 Modes de défaillances du contact aube/disque sous


chargement de fretting.
[Link] Cas d’une aube métallique

Comme susmentionné, le contact aube/disque est soumis à des chargements de


type fretting. Plusieurs travaux se sont intéressés à l’étude de l’endommagement par
fretting du contact aube/disque durant cette dernière décennie. Suivant l’amplitude
de glissement imposée, deux types d’endommagement peuvent être rencontrés : la
fatigue (fissuration) ou l’usure. L’usure peut être assimilée à une réponse du système
tribologique suite à une déformation locale excessive. La fatigue peut être considérée
comme une réponse du système tribologique à une contrainte locale excessive. Ces
deux phénomènes ne sont pas totalement découplés. Il arrive parfois d’observer une
compétition entre l’usure et la fatigue.

Usure

Il existe plusieurs types d’usure : l’usure liée au frottement, l’usure par érosion
(enlèvement de matière par un fluide chargé de particules en contact avec la surface
du matériau), l’usure par cavitation (induite par des ondes de chocs créées par
l’implosion de bulles de vapeur dans les liquides) . . . Dans notre cas de figure, l’usure
observée sur l’aube est une  usure liée au frottement (fig.1.9) . Plusieurs approches
de prédiction de l’usure de frottement existent dans la littérature. Elles peuvent être

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1. Etat de l’art

Figure 1.6 – Représentation photographique du nouveau moteur LEAP avec des


aubes FAN en matériaux composites.

Sollicitations polycycliques
Vol
Sollicitation

Sollicitations oligocycliques

Décollage Atterrissage
Temps
(a) (b)

Figure 1.7 – Sollicitations mécaniques en pieds d’aubes (a) durant les différentes
phases de vols (b).

classées selon 4 grandes catégories :


– les lois d’Archard et dérivée [ARC 53]. Le volume usé est fonction de la distance
de glissement s, et du chargement normal.
P
W = Ks (1.1)
pm
où pm représente la limite d’écoulement en terme de pression (approximative-
ment équivalente à la dureté) du matériau le plus mou. Le coefficient d’usure
K est une constante déterminée expérimentalement.
On peut remarquer que cette loi ne prend pas en compte le coefficient de frot-
tement qui, expérimentalement, joue un rôle prépondérant dans le phénomène
d’usure.
– le concept du troisième corps. L’interface des deux corps en contact est prise en
compte dans la modélisation de l’usure. Cette interface est baptisée  troisième
corps  par Godet [GOD 84]. Selon Godet l’usure est gouvernée par trois

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Contexte industriel

Figure 1.8 – Photo d’une aube métallique nue.

phénomènes essentiels : la création, la circulation et l’éjection de débris. La


prise en compte du troisième corps sur des zones de contact assez grandes (cas
du contact aube/disque) est très coûteuse en temps de calculs et est difficile-
ment envisageable dans le cas du fretting Aube/Disque.
– les approches thermodynamiques [DRA 01]. L’usure est considérée dans cette
approche comme un phénomène dissipatif lié à l’évolution du mécanisme de
détachement des particules. Une analyse micromécanique est ensuite réalisée à
l’aide des lois de thermodynamique des processus irréversibles. Ces approches
sont très difficiles à mettre en place.
– les approches énergétiques [FOU 03b, FOU 03a]. Les modèles d’usure
développés dans le cas du contact aube/disque (SNECMA) sont basés sur les
approches énergétiques. Le concept consiste à relier le volume usé à la quantité
d’énergie dissipée dans le contact durant un cycle de fretting. La particularité
de cette approche repose sur le concept de l’énergie dissipée, qui prend en
compte à la fois le chargement normal, le coefficient de frottement et l’ampli-
tude du débattement durant l’essai. Ces approches sont très intéressantes en
raison de leur relative simplicité. Cependant elles ne donnent aucune informa-
tion sur les mécanismes locaux gouvernant le phénomène d’usure.
Les lois d’usure développées depuis des années pour le contact aube/disque (T i −
6Al −4V )/disque (T i−6Al −4V ) par l’équipe de Fouvry sont donc toutes basées sur
des approches énergétiques. Plusieurs modèles numériques EF ou semi-analytique
d’usure sont basés sur ces lois. Les objectifs des travaux menés par l’équipe du Pro-
fesseur Daniel Nélias ne consistent pas à développer des lois d’usure mais d’utiliser
ces lois afin de prédire l’usure des pièces (aubes) sur de grands nombres de cycles.
Le but de cette thèse est donc de fournir les champs mécaniques nécessaires à
l’utilisation des lois d’usures classiques (approches énergétiques, . . . ).

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1. Etat de l’art

Figure 1.9 – Usure des portées de pieds d’aubes d’une soufflante.

Fissuration

Les études expérimentales mettent en évidence l’amorçage et la propagation de


fissures en fretting (chargement en glissement partiel). L’amorçage de la fissure a lieu
la plupart du temps en bordure de contact ou à la limite entre la zone d’adhérence
et la zone de glissement. Compte tenu du fait que l’endommagement par fissuration
est lié au caractère cyclique de la sollicitation tangentielle, les notions classiques de
la mécanique de la rupture sont les plus souvent utilisées. Ainsi l’amorçage suit les
même phases que celles décrites par Lemaitre et Chaboche [LEM 96] : (i) Phase
d’accommodation : les concentrations de contraintes créent des microdéformations
plastiques cycliques qui peuvent mettre en jeu des mouvements de dislocations et
des élévations de températures locales. Ces concentrations de contraintes peuvent
être générées au voisinage des défauts existants ou être induites par la géométrie
de la pièce ou par le chargement appliqué. (ii) Phase d’amorçage : l’accommodation
de déformations plastiques va induire l’amorçage d’une première fissure. La phase
d’amorçage est essentiellement contrôlée par le cisaillement. (iii) Phase de propaga-
tion : une fois amorcée, la fissure commence par se propager.
Plusieurs critères d’amorçage basés sur des critères de fatigue multiaxiaux :
critères de type Tresca (critères de Findley [FIN 58], Matake [MAT 77], . . . ), critères
de type Von Mises (critère de Sines [SIN 59], de Crossland [CRO 56]), approches
macroscopiques (critère de Dang-Van [DAN 93]) sont alors utilisés pour prédire
l’amorçage de la fissure. Après amorçage, la fissure se propage en deux étapes
[FOR 61, LIS 04]. Elle se comporte dans un premier temps comme une fissure courte
puis ensuite comme une fissure longue (Fig. 1.10). La phase de transition fissure
courte/ fissure longue a été étudiée en détails par [LIS 03, NIX 88]. La propaga-
tion de la fissure peut être alors décrite par la Mécanique Elastique Linéaire de la
Rupture. Cette description s’appuie sur une solution analytique des contraintes au
voisinage de la pointe de fissure et l’introduction du facteur d’intensité de contraintes
K. Il convient de présenter dans un premier temps les différents modes de fissuration
puis ensuite définir ce qu’est le facteur d’intensité de contrainte K.
– modes de fissuration : De manière générale, il existe trois modes de propa-
gation de fissures (Fig.1.11). Dans la plupart des cas, le chemin de fissuration

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Contexte industriel

Figure 1.10 – Propagation de fissure en deux étapes en condition de fretting-fatigue


[FOR 61].

sera perpendiculaire à la direction de traction qui tend à ouvrir la fissure (mode


I).

Figure 1.11 – Différents modes d’ouverture.

– Facteur d0 Intensité des Contraintes. Le facteur d’intensité des contraintes


(FIC ou SIF : Stress Intensity Factor) a été introduit par Irwin [IRW 97]. Le
cas d’une fissure de longueur 2a dans une plaque soumise à une contrainte σ
à l’infini dans le cas d’un chargement en mode I est considéré (Fig.1.12).
Les solutions analytiques des champs de contraintes en pointe de fissure
(Fig.1.12), dans le cadre de l’élasticité linéaire, sont données par :

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1. Etat de l’art

Figure 1.12 – Plaque infinie contenant une fissure en mode I.

√  
σ πa θ θ 3θ
σxx = √ × cos 1 − sin sin
2πr 2 2 2
√  
σ πa θ θ 3θ
σyy = √ × cos 1 + sin sin
2πr 2 2 2

σ πa θ θ 3θ
σxy = √ × cos sin cos
2πr 2 2 2
(1.2)

Les contraintes tendent donc vers l’infini quand (r → 0). En réalité les
contraintes en pointe de fissure sont finies du fait de la plasticité. Mais en
élasticité pure, les contraintes tendent vers l’infini. Il est alors difficile de tra-
vailler avec ces champs de contraintes. Les équations précédentes peuvent se
mettre sous la forme :
K
σi,j = √ × fi,j (θ) (1.3)
2πr
où K est une variable finie représentant le facteur d’intensité de contraintes
du mode considéré et s’exprime en MPa.m1/2 .
Dans le cas général K s’exprime sous la forme :

K = β.σ. πa (1.4)
où β représente un facteur de correction géométrique.
L’amorçage et la propagation des fissures dans le cas du contact aube/disque ont
été et continuent d’être l’objet de nombreuses études [MER 11, DIC 06c, SUN 12].

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Contexte industriel

La quasi-totalité des modèles développés que cela soit en fissuration/usure, est


basée sur des champs mécaniques (variables de contact, champs de contrainte en
sous-couche,. . . ). Le but de cette thèse est de fournir les variables nécessaires à la
mise en place de ces lois.
Cette thèse ne traite pas directement de l’endommagement par usure ou par fretting
mais se propose de fournir les champs mécaniques nécessaires à la mise en place de
ces diverses lois.

[Link] Aubes composites


L’endommagement sous contact des matériaux composites interlocks (utilisés
pour le pied d’aube) est très peu étudié. Il s’agit d’un sujet assez nouveau.
Rappelons que les toutes premières études de l’endommagement des composites
CMO (Composite à Matrice Organique) se sont limitées à un chargement clas-
sique de traction. Les mécanismes d’endommagement identifiés sont décrits ci-après.
Lorsque le matériau composite CMO 3D est sollicité mécaniquement en traction, les
torons parallèles à l’axe de sollicitations auront tendance à se tendre entraı̂nant
une dégradation du matériau. L’endommagement s’initie à l’interface des torons
sens chaı̂ne et de la matrice ainsi qu’à l’interface entre les torons sens chaı̂ne et
sens trame. Ensuite il y a une fissuration inter-torons. Cette fissuration se traduit
par propagation des fissures matricielles d’une interface toron à une autre. Une
décohésion interface toron/matrice est ensuite observée. Le scénario d’endommage-
ment est complété par une multiplication de la fissuration des torons sens trame. La
rupture finale intervient par rupture transverse des torons parallèles à la direction
de chargement et par rupture longitudinale des torons orthogonaux à la direction
de chargement [COU 08, TAN 00].
La figure 1.13 résume les différents mécanismes de dégradation mis en évidence
par El Hage sur un composite tissé 3D CMO sollicité en traction uniaxiale dans le
sens chaı̂ne [ELH 06].
Comme mentionné plus haut, les premières études sur l’endommagement par fret-
ting des aubes composites (CMO, CMC) sont encore balbutiantes. On peut espérer
retrouver certains mécanismes d’endommagements identiques à ceux décrits plus
haut dans le cadre des essais de tractions classiques.
Deux modèles proposent aujourd’hui une description des mécanismes d’endommage-
ments observés dans le cas de l’endommagement des matériaux composites interlocks
(sollicitations classiques) : le modèle ODM (Onera Damage Model) [MAR 10] et le
modèle du LMT [CAM 00]. Sans toutefois rentrer dans les détails, il est impor-
tant de souligner qu’il s’agit des modèles macroscopiques homogénéisés. Dans ces
modèles se pose donc l’épineuse question de séparabilité des échelles qui n’est pas
forcément respectée dans le cas du contact aube/composite. Il s’agit cependant des
études pionnières qui permettront d’ouvrir la voie à d’autres types d’approches.
Il convient maintenant de présenter les matériaux composites de manière générale
puis de situer les composites SNECMA dans la large gamme de matériaux compo-

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1. Etat de l’art

Figure 1.13 – Mécanismes de dégradation observés sur un tissé 3D CMO [ELH 06].

sites existants dans la littérature.

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Matériaux composites.

1.2 Matériaux composites.


Un matériau composite est un assemblage d’au moins deux matériaux de natures
différentes non miscibles, se complétant et permettant d’aboutir à un matériau dont
l’ensemble des performances est supérieur à celui des composants pris séparément.
Un matériau composite est généralement constitué :
– de renforts, prenant généralement la forme de fibres ou de particules, assurant
l’essentiel des propriétés mécaniques du composite.
– d’une matrice dans laquelle sont noyés les renforts, assurant la cohésion de
l’ensemble et le transfert des efforts ainsi que l’essentiel des propriétés autres
que mécaniques.
L’utilisation des matériaux composites permet de réduire considérablement la
masse des structures du fait de l’excellent rapport : masse/rigidité/résistance. Ces
matériaux présentent d’autres avantages. On peut citer entre autres :
– Obtention de propriétés spécifiques : En effet il est possible de concevoir
spécialement des matériaux permettant de répondre à un besoin spécifique.
Il est possible de citer le cas des stents (avec des matériaux à coefficients de
Poisson négatifs), ou des matériaux à coefficient de dilatation thermique nulle
pour des applications aérospatiales.
– Matériaux multifonctionnels : le cas des matériaux ayant à la fois de
bonnes propriétés acoustiques, thermiques, une bonne conductivité, une bonne
résistance au feu,. . .
– Faible sensibilité à la fatigue,. . .
Les matériaux composites sont de plus en plus utilisés dans l’industrie
(aéronautique, aérospatial, automobile, . . . ). Ainsi en intégrant les composites dans
sa chaı̂ne de fabrication, le motoriste SNECMA a réussi à réduire considérablement
la masse du moteur (nouveau moteur LEAP). Cette réduction de masse a entraı̂né
une diminution de la consommation moteur d’environ 15%, des émissions d’oxyde
d’azote de 50%, le bruit (jusqu’à 15 décibels),. . . Les matériaux composites peuvent
être classés selon plusieurs critères : la nature de la matrice, la forme des renforts,
l’architecture.

1.2.1 Nature de la matrice


Les matériaux composites peuvent être classés en trois grandes familles de part
la nature de leurs matrice.

[Link] Composite à matrice organique


Compte tenu de leurs faibles coûts de mise en œuvre, les Composites à Matrice
Organique (CMO) sont les plus répandus. Les matrices employées sont des résines
polymères (thermoplastiques, thermodurcissables ou thermostables). D’un point de
vue mécanique, les thermoplastiques (époxy) sont moins rigides et moins résistants

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1. Etat de l’art

que les thermodurcissables (polyester, époxy). Par contre, compte tenu du fait qu’ils
sont plus ductiles, les thermoplastiques résistent mieux à la fissuration. Ils existent
également des matrices thermostables pour des applications hautes températures.

(b) Contre-fiche train d’atterrissage - Messier-


(a) Aube Fan - Snecma/Safran
Dowty/Safran

Figure 1.14 – Quelques applications des composites à matrice organique (CMO)


hautes performances dans l’industrie aéronautique

[Link] Composite à matrice céramique

Les matériaux Composites à Matrice Céramique (CMC) sont beaucoup moins


répandus en raison d’un coût très élevé. Ils sont caractérisés par de très bonnes
propriétés thermiques qui les rendent particulièrement intéressants pour des appli-
cations à haute température. Les renforts sont souvent constitués de carbures de
silicium, de fibres de carbones ou d’alumine (Al2 O3 ). Ils ont généralement un taux
de porosité assez élevé. La durée de vie des CMC fait l’objet de plusieurs études de
nos jours.

(a) Volets froids en composites thermostructu- (b) Prototype de mélangeur en CMC sur moteur
raux C/SiC (Avion de combat Rafale). CFM56-5C.

Figure 1.15 – Quelques applications des composites à matrice céramique (CMC)


sur les moteurs civils et militaires.

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Matériaux composites.

[Link] Composite à matrice métallique


Les Composites à Matrice Métallique (CMM) ont été élaborés pour tenter de
concilier les qualités des métaux (ductilité, bonne tenue face au vieillissement, . . . )
avec la légèreté et les bonnes caractéristiques mécaniques propres aux structures
composites. Ils comportent une matrice en métal léger et des renforts pouvant être
soit des fibres courtes céramiques ou particules, soit des fibres longues céramiques
métalliques. Les matériaux composites à matrice métallique (CMM) sont utilisés
le plus souvent dans les zones de température relativement élevées (jusqu’à 500◦
C). L’un des matériaux phares de SNECMA est le disque ANAM (anneau aubagé
monobloc) fabriqué en une matrice de titane renforcée par des fibres longues SiC.
L’utilisation de ce matériau a par exemple permis, à performance égale, de réduire la
masse de la structure de manière conséquente. Compte tenu du coût de revient assez
élevé, les composites à matrice métallique sont réservés plutôt pour des applications
assez exigeantes.
Différents types de renforts peuvent être utilisés : les fibres de verre (ultra-
répandues), les fibres de carbone, les fibres d’aramides, les fibres végétales. Les
applications  hautes performances , comme dans l’industrie aéronautique ou
aérospatiale, utilisent des fibres longues tissées ou encore empilées en plis unidi-
rectionnels, ce qui permet d’optimiser les propriétés mécaniques du composite. Les
renforts quant à eux sont plutôt classés en fonction de leur forme.

Figure 1.16 – Utilisation du composite SiC/Titane pour la fabrication de disque


ANAM.

1.2.2 Forme des renforts


– Particules/Inclusions. Les renforts sont des particules, des billes de petite
taille sans orientation particulière et ayant une distribution aléatoire ou quasi-
aléatoire.
– Renforts fibres courtes : c’est-à-dire de longueur faible devant les dimen-
sions de la pièce. Les fibres courtes peuvent également avoir une distribution

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1. Etat de l’art

et une orientation aléatoires.


– Renforts fibres longues : ceux sont des fibres dont la longueur est compa-
rable aux dimensions de la pièce. Ces types de renforts se retrouvent le plus
souvent dans les stratifiés et les tissés.

L’expérience a montré, dans la plupart des cas, l’existence d’une interphase


entre les renforts et la matrice. Cette interphase peut se former spontanément
ou être ajoutée volontairement. Les effets de l’interphase sur les propriétés
mécaniques peuvent être très importants. Par contre dans ce document on
ne s’intéressera pas aux effets de l’interphase. Le matériau composite sera
constitué d’une matrice et d’un renfort.

(a) (b) (c)

Figure 1.17 – renforts en forme de (a) particules (b) fibres courtes (c) fibres longues.

1.2.3 Structure des pièces composites.


Outre la microstructure, les matériaux composites peuvent aussi être caractérisés
de par la structure des pièces composites. Les composites à particules ou à fibres
courtes sont généralement de simples matrices chargées. Leur conception et leur
fabrication ne présentent pas de signes distinctifs particuliers. Par contre les compo-
sites à fibres longues possèdent la plupart du temps des structures assez particulières.
Il est alors possible de les classer selon ces structures caractéristiques particulières.

[Link] Composites tissés


Le matériau utilisé pour l’aube fan du LEAP est en structure composite tissé.
Dans les composites tissés, les fibres sont tressées ou alignées en  câbles  nommés
torons ou fils. Chaque toron peut contenir des centaines ou des milliers de fibres.
Les fils ainsi constitués sont ensuite tissés selon des motifs plus ou moins complexes.
Il existe une large gamme de motifs de tissus. Ils peuvent être tridimensionnels ou
bidimensionnels en fonction des performances mécaniques souhaitées. La figure 1.18
présente une synthèse des préformes textiles les plus répandues. Le matériau de
l’aube est un interlock 3D.

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Matériaux composites.

Pour ces types de matériaux, il existe trois échelles de modélisation : échelle


micro (fibres), échelle méso (torons), échelle macro (échelle de la pièce). En fonction
du type de problème certaines échelles peuvent se révéler non pertinentes pour une
simulation numérique. Par exemple, dans le cas du contact composite pied d’aube,
la simulation peut se limiter à l’échelle mésoscopique.

Tricoté en sens chaîne


Falconnet et al. (2002)

Tricoté en sens trame Tissus taffetas 2D


Tricoté
Tricoté en sens chaîne El-Hage (2006)
Bidimensionnelles

Taffetas
Satin
Tissus
Sergé
Tressé circulaire
Hybride Adanur et Liao (1998)
Circulaire
Préformes Textiles

Tressé Figuré
Biaxial
Plat Triaxial
Stratifié cousu (non tissé)
Drapier et Wisnom (1999)

Stratifié cousu (tissé et non tissé)


Cousu Sandwich cousu
Interlock 2.5D Couche-Couche
Tridimensionnelles

Couche à couche
Tissé Interlock 3D Tissage angle Interlock 3D
Interlock orthogonal Adanur et Liao (1998)
Solide 2-pas
Tressé Cartésien 4-pas
Multi-pas
Tubulaire
Tressé 3D
Chaîne de tricotage multiaxial Dexter (1998)
Tricoté Sandwich tricoté

Tricoté 3D multiaxial
Adanur et Liao (1998)

Figure 1.18 – La structure des types de préforme textile

[Link] Composites stratifiés


Le composite stratifié est formé de plusieurs plis d’orientations variées. Le pli est
composé de torons. Au sein d’un pli, les renforts peuvent avoir n’importe quel type
de disposition pourvue qu’elle soit plane. Les torons sont liés entre eux par la matrice
qui joue un rôle de liant. Un toron est constitué de plusieurs fibres (Fig.1.19). Il est

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possible d’adapter finement les propriétés mécaniques du stratifié aux sollicitations


extérieures en jouant sur l’ordre et l’orientation des plis. Ils sont moins coûteux que
les tissés. L’inconvénient majeur de ce type de composite est lié au phénomène de
délaminage.

Figure 1.19 – Composites stratifiés.

[Link] Structures en sandwich


Les structures sandwich sont constituées de deux peaux (généralement ayant de
bonnes caractéristiques mécaniques) collés sur une âme épaisse mais légère, comme
une mousse de polymères ou un nid d’abeilles, à l’aide d’adhésif (Fig. 1.20). Avec
cette structure, il est possible d’obtenir des pièces ultra-légères, résistantes et rigides
en flexion et en torsion. Plusieurs échelles peuvent exister en fonction du type de

Figure 1.20 – Structures sandwich (image NASA).

matériau composite considéré. Entre l’échelle micro et macro une échelle méso peut
être rajoutée.

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Homogénéisation et méthodes numériques multi-échelles

Dans le reste de tout ce document lorsqu’on parlera de matériaux composites, il


s’agira donc de matériaux composites à fibres longues tissés 3D (Fig. 1.21) à matrice
organique (CMO) ou à matrice céramique (CMC).
x3

x1

Figure 1.21 – Image virtuel d’un VER du composite tissé tridimensionnel CMO
orienté dans le repère du contact.

La modélisation mécanique des matériaux composites/hétérogènes demeure très


compliquée. Cette difficulté est principalement liée au fait que ces matériaux font
intervenir plusieurs échelles : 2 (micro, macro) à minima et parfois 3 (micro, méso,
macro).

1.3 Homogénéisation et méthodes numériques


multi-échelles
La description fine des matériaux hétérogènes en général, et celle des composites
en particulier reste assez complexe du point de vue modélisation mécanique. La
nécessité de pouvoir prédire le comportement de ces types de matériaux a fait naı̂tre
au milieu du XX ème siècle le concept de l’homogénéisation micromécanique. L’ob-
jectif étant de remplacer le matériau hétérogène par un milieu homogène équivalent
(MHE). Ceci permet de revenir à un milieu homogène, milieu dans lequel serait
valide les hypothèses de la Mécanique des Milieux Continus (MMC) classique. Dans
cette partie nous présenterons les bases de la théorie de l’homogénéisation ainsi que
les méthodes numériques multi-échelles applicables aux matériaux hétérogènes en
général. L’exposé partira de la méthode la moins coûteuse à la méthode la plus
coûteuse.

1.3.1 Théorie de l’homogénéisation classique


La démarche d’homogénéisation comporte trois étapes :
– La représentation : C’est la première étape de toute démarche d’ho-
mogénéisation. Il s’agit ici de décrire le milieu hétérogène. A ce stade, il

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1. Etat de l’art

faut préciser la constitution de cet ensemble (milieu hétérogène). On doit


définir les constituants, leurs morphologies, leur répartition spatiale, les pro-
priétés mécaniques qu’on leur affecte . . . La représentation conduit si possible
(séparabilité des échelles) à la définition d’un VER.
– La localisation : Cette étape consiste à établir des relations de passage entre
l’échelle microscopique et l’échelle macroscopique (tenseur de localisation). Elle
permet de déterminer les champs, à l’échelle microscopique (c’est à dire au sein
d’un VER), induits par un chargement à l’échelle macroscopique (structure).
– L’homogénéisation : Cette étape consiste à déterminer le comportement effectif
homogénéisé.

[Link] Représentation
Avant de construire le VER, il faudrait vérifier l’hypothèse de séparabilité des
échelles.

Séparation des échelles

La taille caractéristique de l’échelle microscopique d est celle des hétérogénéités.


Cette échelle doit être pertinente. Elle ne doit pas être inutilement trop fine, et
surtout les outils de mécanique des milieux continus doivent être encore applicables.
On s’imagine bien que si on choisit des hétérogénéités de l’ordre de l’Angström, il
faudrait faire de la dynamique moléculaire au lieu de la MMC. Ceci n’est évidemment
pas le but. Soit l la taille du VER, Lapp la longueur d’onde du chargement, L la
longueur de la structure. Il y a séparabilité des échelles si et seulement si :
– l << L, Lapp : La structure doit être pouvoir traitée comme un milieu continu.
Le VER de dimension l doit pouvoir être traité comme un point à l’échelle de
la structure.
– l >> d sans cette hypothèse le comportement de la structure fluctuerait for-
tement d’un point à un autre. La taille des défauts doit être petite devant la
taille du VER.
La condition de séparabilité des échelles est très importante dans toute démarche
d’homogénéisation. Une fois cette condition remplie, on passe à l’étape de la
représentation du VER.

Représentation du VER

– Milieu périodique : Certaines répartitions spatiales se prêtent bien à la


construction d’un VER périodique (Fig.1.22). Une description déterministe
du milieu hétérogène est obtenue (cf.[BOR 01]).
– Milieu aléatoire : Dans le cas des milieux aléatoires (Fig.1.23), la description
géométrique et mécanique ne peuvent plus être déterministes. Une descrip-
tion statistique sera donc faite à l’échelle microscopique tout en gardant une

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l
Figure 1.22 – Exemple de microstructure périodique.

Figure 1.23 – Exemple de microstructure à orientation cristalline aléatoire


[POU 13].

physique déterministe à l’échelle macroscopique (Monte-Carlo classique).

[Link] Localisation

Cette étape consiste à obtenir des champs microscopiques de contraintes ou


de déformations, induits au sein du VER par le chargement macroscopique de
déformations ou de contraintes.
Dans la suite de ce chapitre, x désignera le vecteur position au sein du VER, V le
volume du VER, ∂V le contour du VER, u(x), σ(x), ε(x) désigneront respectivement
les champs de déplacements, de contraintes et de déformations microscopiques. Les
champs de contraintes et de déformations macroscopiques sont désignés respective-
ment par : Σ, E.
σ 0 , ε0 seront les champs macroscopiques imposés.

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1. Etat de l’art

<> définit l’opérateur de moyenne sur V tel que :


Z Z
1 1
< σ >= × σdV et < ε >= × εdV (1.5)
V V
V V

Les moyennes des champs microscopiques doivent être égales aux champs macrosco-
piques.
< ε >= E, et < σ >= Σ (1.6)
L’égalité entre la moyenne des champs locaux et les champs macroscopiques imposés
est vérifiée pour certains types de conditions limites données.

Les conditions limites

Les chargements appliqués au VER doivent correspondre aux sollicitations


([BOR 01]) que le VER subirait au sein de la structure globale. On peut citer les :
– Conditions de déformations homogènes sur le contour
u(x) = ε0 .x, sur∂V (1.7)
– Conditions de contrainte homogène sur le contour
σ.n = σ 0 .n, sur∂V (1.8)
– Conditions aux limites périodiques
u(x) = ε0 .x + v, sur∂V (1.9)
où n est le vecteur normal à la frontière et v un champ périodique de moyenne nulle.

Le tenseur de localisation

Cette étape consiste à établir des relations explicites (ou implicites) entre
les champs microscopiques et macroscopiques. Les tenseurs de localisation des
déformations A et des contraintes B peuvent se mettre sous la forme fonctionnelle
générique suivante :

ε(x, t) = A [E(t0 ), Y (x0 , t0 )] x, x0 ∈ V t0 ≤ t (1.10)


avec < A >= Id

σ(x, t) = B [Σ(t0 ), Y (x0 , t0 )] x, x0 ∈ V t0 ≤ t (1.11)

avec < B >= Id


où Y est l’ensemble des paramètres attachés à la description géométrique et
mécanique retenue du VER.
La différence principale entre les différents schémas classiques d’homogénéisation
réside dans la détermination des tenseurs de localisation.

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[Link] Bases de l’homogénéisation


Le but de l’homogénéisation est de trouver le comportement effectif du VER
c’est à dire de trouver une relation entre la déformation macroscopique imposée ε0
(ou la contrainte macroscopique imposée σ 0 ) et Σ =< σ > la contrainte résultante
(ou E =< ε > la déformation résultante).

Exemple : Elasticité linéaire (contrainte homogène σ 0 imposée au contour).

Dans le cas particulier de l’élasticité linéaire :

ε(x) = s(x) : σ(x) x ∈ V (1.12)


où s(x) correspond au tenseur de souplesses local. En utilisant l’équation 1.6 il
est possible d’écrire :

E =< ε(x) >=< s(x) : σ(x) > x∈V (1.13)

Or, les contraintes locales sont déterminées par la relation de localisation (eq.1.11).

σ(x) = B(x) : σ 0 (1.14)

D’où :
E =< s(x) : B(x) : σ 0 >=< s(x) : B(x) >: σ 0 (1.15)
L’expression des modules de souplesses homogénéisés S Hom se met sous la forme :

S Hom =< s(x) : B(x) > (1.16)

La figure 1.24 résume les différentes étapes d’une démarche d’homogénéisation.


Dans la démarche qui vient d’être présentée, la principale difficulté se trouve
donc dans la détermination du tenseur de localisation c’est à dire les tenseurs A
et B. Plusieurs approches et plusieurs schémas existent dans la littérature pour
déterminer ces tenseurs de localisation.

1.3.2 Quelques approches d’homogénéisation


[Link] Approches à champs moyens
– Bornes d’ordre 1 et d’ordre 2.
Certains scientifiques ont proposé des bornes permettant d’encadrer le com-
portement effectif homogénéisé des matériaux hétérogènes. Les bornes de Voigt
et de Reuss sont des bornes d’ordre 1 qui s’apparentent beaucoup plus à la
loi des mélanges. Voigt fait l’hypothèse des déformations uniformes en tout
point c’est à dire A = I. Le comportement ainsi obtenu correspond à la borne
supérieure du comportement réel du matériau hétérogène. La borne de Reuss
résulte d’une approximation duale à celle proposée par Voigt [PAU 60] B = I.

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1. Etat de l’art

Σ Comportement global E

Homogénéisation

Homogénéisation
Localisation
Localisation

Comportement local
= ( ,…)

= ( ,…)

Figure 1.24 – Différentes étapes d’une démarche d’homogénéisation [BER ].

Le comportement obtenu avec l’hypothèse de Reuss correspond à la borne


inférieure du comportement réel du matériau hétérogène. Il existe également
des bornes d’ordre supérieur. Ces bornes donnent des encadrements beaucoup
plus étroits du comportement effectif homogénéisé. L’une des plus connues
dans la littérature est celle de Hashin et Shtrikman [HAS 62, HAS 63]. Cette
borne est une borne d’ordre 2 basée sur les tenseurs de polarisation.
– Schéma de Mori-Tanaka.
La méthode de Mori-Tanaka est basée sur la solution du  problème de
l’inclusion d’Eshelby . Le tenseur de localisation est construit à partir
de la solution d’Eshelby [ESH 59, ESH 57]. Le principe est de considérer
que les hétérogénéités sont noyées dans une matrice infinie soumise à une
déformation moyenne εm inconnue. Le tenseur de localisation est obtenu en
faisant une opération de moyenne. Il existe plusieurs variantes à ce schéma
d’homogénéisation.
– Schéma Auto-cohérent.
Contrairement au schéma de Mori-Tanaka, le schéma auto cohérent suppose
que chaque inclusion est entourée du milieu homogène équivalent. Le calcul
du comportement effectif se fait le plus souvent de manière numérique. Des
problèmes de convergence de la solution peuvent apparaı̂tre. Il est également
très coûteux en temps de calcul. Cependant les résultats obtenus sont plus
précis que ceux obtenus avec les approches de Mori-Tanaka. Plusieurs variantes
du schéma auto-cohérent existent dans la littérature.
Le livre [BOR 01] présente plus en détails les schémas d’homogénéisation classiques
ainsi que leurs différentes variantes. Les méthodes à champs moyens permettent

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uniquement de déterminer les champs mécaniques moyens par phase. Les champs
locaux microscopiques sont donc moyennés. Il n’y alors aucune information sur la
variation des champs locaux, ni sur leurs répartitions spatiales.

[Link] TFA et NTFA

Les approches TFA et NTFA, contrairement aux approches à champs moyens,


permettent d’avoir une variation des champs locaux autour de leur valeur moyenne.
Elles sont beaucoup plus riches que les approches à champs moyens classiques et
peuvent être appliquées à un certain nombre de problématiques industrielles, comme
l’étude du comportement des combustibles nucléaires [LAR 12].
– TFA [DVO 92a, DVO 92b, DVO 94].
Les méthodes d’analyse par champs de transformation développées par Dvo-
rak permettent de prendre en compte la variation des champs moyens. Dvo-
rak [DVO 92a, DVO 94] propose d’approcher les champs locaux réels par des
distributions uniformes par morceaux. La cellule élastique microscopique est
décomposée en une série de sous-volumes. Pour que la méthode donne de
bons résultats, le nombre de sous-volumes doit être important. Même dans
ce cas, la TFA prédit un comportement trop raide de la microstructure. Le
fait d’approcher un champ de déformation non-uniforme par des champs uni-
formes par morceaux, ne suffit pas à reproduire le comportement effectif du
matériau. Pour pallier à ce déficit, l’analyse par champs de transformations
non-uniformes (NTFA) a été développée.
– NTFA [MIC 00, MIC 03].
La NTFA ou ” Nonuniform Transformation Field Analysis” a été initiale-
ment développée par [MIC 00] dans le cas des modes plastiques scalaires. Le
concept a été légèrement modifié en se basant, non plus sur des modes plas-
tiques scalaires, mais sur des modes plastiques tensoriels [MIC 03]. Le prin-
cipe de base est de décomposer les déformations inélastiques (qui sont vues
comme des champs locaux de déformations libres) sur un ensemble de modes
empiriques non-uniformes. Ces fonctions non uniformes sont définies par l’uti-
lisateur. Elles peuvent être déterminées par des calculs préliminaires (éléments
finis par exemple). Cela implique que l’utilisateur ait une idée de l’intensité
du chargement puisque le résultat dépend entièrement de la détermination de
ces fonctions ou modes plastiques. La méthode NTFA est très peu coûteuse
en temps de calcul. Elle a été appliqué avec succès à plusieurs problèmes d’ho-
mogénéisation, notamment dans le nucléaire [LAR 12].
Les approches TFA et NTFA ont été passées en revue assez succinctement. Le lecteur
pourra se référer pour plus de détails aux travaux de Pierre Suquet et son équipe
[MIC 00, MIC 03]. Il faut retenir par contre qu’elles sont difficilement utilisables
dans le cas d’un contact entre matériaux hétérogènes. Plusieurs limitations existent.
Outre la séparabilité des échelles, il faudrait recalculer les modes plastiques à chaque
incrément de charge ou de modification des géométries en contact, . . .

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1. Etat de l’art

Toutes les approches présentées dans cette partie du manuscrit sont difficilement
transposables au cas d’un contact entre matériaux hétérogènes. L’une des limitations
majeures étant l’hypothèse de séparabilité des échelles.

1.3.3 Méthode FE2


La méthode des éléments finis à deux niveaux (F E 2 ) [FEY 00] propose de
discrétiser la structure macroscopique par des éléments finis et d’associer à chaque
point d’intégration un problème microscopique (VER) représentant la microstruc-
ture élémentaire du matériau (Fig.1.25). Le concept s’inspire directement de la
théorie d’homogénéisation (localisation, homogénéisation). L’étape de la ”localisa-
tion” est remplacée par la résolution d’un second problème éléménts finis (eq. 1.18)
dans le VER, avec des conditions limites périodiques.

u(x) = ε0 .x + v (1.17)

avec ε0 le tenseur des déformations obtenu à chaque point d’intégration du problème


EF macroscopique, v étant un champ périodique.
La loi de comportement matériau à l’échelle microscopique est intégrée et un
second problème EF est résolu avec des conditions limites de l’équation 1.17.

divσ = 0
σ = c : ε, surV
σ et ε periodiques
< σ >= Σ et < ε >= E (1.18)

avec c la loi de comportement local.


Le problème microscopique revient donc à déterminer les champs de contraintes
et de déformations dans le VER. Connaissant les champs de contrainte dans le
VER, on peut remonter à la contrainte macroscopique par une simple opération
de moyenne. Les calculs EF à l’échelle micro sont complètement indépendants et
sont donc aisément parallélisables [FEY 00]. La méthode FE2, certes performante,
possède néanmoins les mêmes limitations que la théorie de l’homogénéisation clas-
sique ; elle reste pertinente uniquement lorsque les échelles sont bien séparées. Elle
s’avère également assez coûteuse en temps de calculs.

1.3.4 Calcul direct


Le calcul direct permet de se passer de l’hypothèse de séparabilité des échelles.
Toutes les hétérogénéités sont maillées. Il existe plusieurs variantes optimisées du
calcul direct.

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Figure 1.25 – Principe de la méthode FE2 [FEY 00].

[Link] Décomposition de domaines

Les méthodes de décomposition de domaine proposent de diviser une structure


en sous-structures et relations d’interface. Le but principal est de pouvoir introduire
et surtout de profiter des avantages du calcul parallèle. Les différentes étapes de
cette méthode sont :
– un découpeur décompose le maillage en sous-domaines en fonction de la nature
du problème à résoudre (Figs. 1.26 et 1.27)
– Résolution itérative globale.
– Accélération par résolution exacte dans les sous-structures (solution d’un
problème condensé aux interfaces). Les sous modèles sont résolus en parallèle.
– La vérification des conditions de continuité aux interfaces. Il existe plu-
sieurs approches : approches en déplacements ou primales (Balancing Do-
main Decomposition Method [MAN 93]), approches duales (méthode FETI
[FAR 91, FAR 96]) et les approches mixtes (méthode LATIN [LAD 99],
méthode du Lagrangien augmenté [GLO 90]).
Cette méthode quoique très coûteuse peut résoudre une très grande variété de
problèmes multi-échelles. Elle n’est pas limitée par l’hypothèse de séparabilité des
échelles. Il s’agit d’une utilisation intelligente et optimale du calcul direct. Il est pos-
sible de résoudre un problème de contact entre matériaux hétérogènes ou matériaux
composites (à architectures complexes). La principale limitation est liée au fait
que toute la zone de contact doit impérativement se situer dans un seul domaine.
Ceci limite considérablement le nombre de sous-domaines qu’on peut construire. La
méthode de décomposition peut être aussi très coûteuse en temps de calcul.

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Ω3
Γ23

Ω2
Ω Γ12

Ω1

Figure 1.26 – Schématisation de la méthode de décomposition de domaine sur une


plaque avec plusieurs trous.

[Link] Méthode Arlequin

Il s’agit d’une approche très originale. Cette méthode a été développée par Ben
Dhia [BEN 98, BEN 99] pour la résolution numérique de problèmes mécaniques pour
lesquels une représentation macro (grossière) est suffisante, sauf en des zones loca-
lisées (zones d’intérêts). Dans ces zones, des représentations micro sont nécessaires.
La méthode peut aussi être utilisée pour coupler des modèles différents comme par
exemple des modèles discrets/continus. Cette méthode est fondée sur trois consti-
tuants clés : la superposition de modèles, la partition des énergies et les couplages
énergétiques des modèles superposés.
Considérons le cas d’un solide élastique, occupant un domaine Ω0 (Fig.1.28).
Ce domaine contient par exemple une fissure qui occupe un sous-domaine Ω1 , dans
lequel la modélisation héritée de celle mise en place dans Ω0 , n’est pas assez précise.
Le sous-domaine est donc notre zone d’intérêt micro dans lequel on a besoin d’une
modélisation très fine. Le concept de la méthode Arlequin est de concevoir le modèle
local complet souhaité et de le superposer au modèle global dans la zone d’intérêt.
Dans la zone d’intérêt, il existe deux représentations mécaniques différentes donc
deux états mécaniques différents. Une partition énergétique est ensuite réalisée dans
la zone d’intérêt par l’introduction de fonctions poids qui forment une partition
de l’unité. Le dernier constituant clé de la méthode est le raccord entre les deux
domaines. La liaison entre les deux domaines est faite via l’introduction d’une zone
de recouvrement Ω1g (Fig.1.29). La méthode Arlequin peut s’appliquer à plusieurs
problèmes industriels : pièces tournantes de turboréacteur en structures composites

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(a) (b)

Figure 1.27 – Mise en œuvre de la méthode de décomposition de domaine sur un


problème d’acoustique, [MAG ].

stratifiées [TOU 12] ; au couplage stochastique-déterministe [PRU 08, PRU 09] ; aux
problèmes d’impact [BEN 04]. Elle a également été utilisée pour la modélisation du
fretting wear [BEN 11] dans le cas d’un contact entre matériaux homogènes. On
peut très bien imaginer une extension de l’approche dans le cas d’un contact entre
matériaux hétérogènes. La difficulté de la méthode Arlequin réside dans le choix
des multiplicateurs de Lagrange recollant les domaines dans leur zone de transition.
Cette difficulté est principalement numérique. Pour certains types de problème cette
méthode est beaucoup plus lourde à mettre en place, avec des temps de calculs plus
élevés que le calcul direct. C’est le cas du contact hétérogène avec une, deux ou une
dizaine d’hétérogénéités par exemple.

Ces dernières solutions même si elles peuvent fournir des résultats assez précis,
sont difficilement envisageables dans un contexte industriel du fait du temps de calcul
et du coût humain que cela peut engendrer. Au problème hétérogène se superpose
la problématique assez complexe de la modélisation du contact.

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Ω0
Ω1

(a) (b) (c)


Figure 1.28 – Principe de la méthode Arlequin (a) Modèle initial (b) Modèle local
(c) Superposition.

Ω1f

Ω1g
Ω0
Figure 1.29 – Représentation des modèles macroscopique Ω0 et microscopique Ω1
avec une zone de recouvrement Ω1g .

1.4 Modélisation en mécanique des contacts


1.4.1 Approches analytiques
[Link] Contact Hertzien
La mécanique des contacts a réellement émergé suite à l’article de Heinrich Ru-
dolf Hertz  On the contact of elastic solids [HER 82]  publié en 1882. Ce papier
est considéré aujourd’hui comme le début de la mécanique de contact qui est deve-
nue ainsi une branche entière de la mécanique. Hertz s’intéresse à un problème de
contact élastique sous un chargement normal statique. Les corps en contact sont de
type paraboloı̈de elliptiques et non-conformes. La non-conformité implique que les
surfaces non déformées des deux corps en contact ne sont superposables autrement

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qu’en un point (contact pseudo-ponctuel) ou une ligne (contact pseudo-linéique). Le


cas d’un contact normal sphère/plan peut être résolu avec l’hypothèse classique de
Hertz. Cependant sa théorie ne peut s’appliquer au contact aube/disque. La théorie
de Hertz repose sur trois hypothèses fortes :
– Absence de frottement.
– Matériaux homogènes isotropes.
– Hypothèse des massifs élastiques semi-infinis. Cette troisième hypothèse est
vérifiée si la taille de la zone de contact est faible par rapport à la dimension
des corps en contact d’une part et si les rayons de courbure de ces derniers
sont grands par rapport à la dimension du contact.
Les hypothèses de Hertz, bien qu’assez restrictives, suffisent souvent à l’étude
d’une importante partie des problèmes industriels. Beaucoup d’autres modèles ana-
lytiques apparaı̂tront plus tard, traitant des contacts dits non-hertziens.

[Link] Géométries non-hertziennes


Sont regroupées sous le terme  Géométries non-hertziennes , des géométries
en contact ne pouvant être assimilées à des ellipsoı̈des. Des solutions existent
pour ces types de géométries. Elles sont pour la plupart basées sur l’hypothèse
de massif semi-infini. Les solutions d’Aleksandrov [ALE 86] dans le cas des contacts
poinçon/plan peuvent être citées en exemple. Le cas des surfaces rugueuses ayant
un profil sinusoı̈dal fut également abordé par Westergaard [WES 39]. D’autres solu-
tions [GRE 66] traitant le cas d’un contact plan rugueux sont obtenues cette fois-ci à
partir d’une méthode statistique qui suppose une distribution gaussienne d’aspérités
sphériques dont la position des sommets diffère.

1.4.2 Approches numériques


[Link] Méthodes des éléments finis
Il s’agit de la méthode reine en mécanique numérique. Il existe de nombreux logi-
ciels commerciaux avec des Interfaces Homme-Machine simplifiant considérablement
la prise en main et l’utilisation. Une importante quantité de phénomènes phy-
siques (dynamique, thermique, plasticité, viscosité, champs magnétiques,. . . ) peut
être prise en compte simultanément. Il existe une littérature très riche (plus de
3000 références sur science direct) sur la résolution des problèmes de contact en
utilisant les méthodes éléments finis. Les livres de Wriggers [WRI 06] et Laursen
[LAU 03] constituent de très riches synthèses. Cependant compte tenu de la forte
non-linéarité induite par la physique du contact, les solutions peuvent parfois di-
verger. Le problème de contact tangentiel à l’inverse du contact normal demeure
toujours du domaine de la recherche. Ainsi la convergence et parfois l’unicité de la
solution ne sont pas toujours assurées pour des coefficients de frottement très élevés.
Certains cas industriels, comme les surfaces rugueuses ou des surfaces avec des in-
clusions dures, ne peuvent être résolus efficacement avec la méthode des éléments

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finis classiques. Il faut également rappeler que les temps de calculs sont assez élevés,
et le sont d’autant plus que l’existence de forts gradients de contraintes oblige à
utiliser un maillage assez fin. Il s’agit cependant de la méthode la plus aboutie en
mécanique numérique.

[Link] Méthodes des éléments de frontières


Les méthodes des éléments de frontières sont une alternative à la méthode des
éléments finis en mécanique du contact. Il existe une littérature abondante sur le
sujet. Ces approches, comparées à la méthode des éléments finis classiques, sont
plus rapides mais offrent peu de flexibilité en matière de modélisation numérique
de géométries 3D complexes. Plusieurs ouvrages de référence existent sur le sujet
comme celui de Man [MAN 94] ou de Aliabadi et Brebbia [ALI 93].

[Link] Différences finies et méthodes multi-grilles


Les méthodes des différences finies furent utilisées pour la première fois en
mécanique du contact par Terzopoulos [TER 87, TER 88]. Ils s’intéressent dans
un premier temps à un contact entre corps élastique [TER 87], puis ensuite au cas
de la plasticité et de la fissuration fragile [TER 88]. Les schémas de type différences
finies sont peu souples du fait de l’utilisation d’une grille régulière. Il est donc très
difficile d’approximer des géométries complexes et de gérer correctement les condi-
tions limites. Pour pallier à cette difficulté, Lubrecht [LUB 91] s’est tourné vers les
méthodes multigrilles. Il y aura par la suite plusieurs développements basés sur ces
méthodes ; pour prendre en compte les contacts dans le cas des matériaux revêtus ou
à gradients de propriétés [BOF 12a], puis des matériaux hétérogènes et élastiques
[BOF 14, BOF 15]. Des développements importants sont encore nécessaires pour
prendre en compte entre autres, l’anisotropie de comportement, la plasticité, cer-
taines distributions d’hétérogénéités, . . .

[Link] Méthodes semi-analytiques


Lorsque les solutions analytiques s’avèrent difficiles à obtenir, il est alors pos-
sible de discrétiser le problème et de le résoudre en sommant numériquement les
solutions analytiques de problèmes élémentaires. Ces types d’approches seront ap-
pelés  méthode semi-analytique . Ces méthodes se retrouvent dans plusieurs
domaines de la mécanique : de l’homogénéisation mécanique à la mécanique du
contact en passant par les problèmes de thermique, de plasticité, de calcul des fonc-
tions de Green . . . . Les techniques numériques utilisées par les différents auteurs
varient grandement selon le type de problème résolu. Les premiers modèles des-
tinés aux problèmes de contact sous chargement normal statique furent présentés
d’une part par [BEN 67, JOH 85a] puis par Paul et Hashemi [PAU 81]. Kalker
[KAL 90] publie un ouvrage qui formalise la méthode semi-analytique. Nowell et
Dini [DIN 04, NOW 98] l’applique alors à la problématique de fretting contact dans

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le cas des contacts bidimensionnels. Les approches de Kalker d’origine utilisent des
algorithmes de type Newton-Raphson. La méthode de Newton Raphson sera rem-
placée plus tard par celle de Gauss-siedel dans l’article de Jaeger [JAE 04]. Plusieurs
techniques d’accélération de temps de calcul seront ensuite introduites. C’est le cas
par exemple des méthodes multi-grilles [BRA 90, LUB 91], les transformées de Fou-
rier rapides [JU 96a, NOG 97, POL 00, LIU 01]. La finesse des discrétisations ren-
due possible par ces méthodes les rendent quasiment incontournables [AI 99] dans
l’étude des contacts rugueux. L’équipe du Professeur Daniel Nélias développe depuis
quelques années un code de contact robuste basé sur les méthodes semi-analytiques.
Les premiers travaux remontent à ceux de Christophe Jacq [JAC 02a, JAC 02b] qui
utilise les approches semi-analytiques pour résoudre un contact élastoplastique 3D.
Le code s’est développé depuis et a été appliqué avec succès à des problématiques :
– de contacts thermo-élasto-plastiques [BOU 05, BOU 07]
– de plasticité et d’accumulation de déformation plastique en mécanique du
contact [BOU 07]
– de roulement élasto-plastique [NEL 07b, CHA 11c]
– d’usure de contacts mécaniques [GAL 06, GAL 07b, GAL 10a, GAL 10b]
– de contact entre matériaux anisotropes [BAG 13, BAG 12b, GAO 15]
– de contact entre matériaux hétérogènes [LER 10, LER 11, KOU 14b]
– du grenaillage [CHA 12a, CHA 11c, CHA 11d]
– de prise en compte des effets dynamiques dans la résolution du contact
– de prise en compte des contacts viscoélastiques hétérogènes, du roulement
viscoélastique sur massif homogène/hétérogène [KOU 14a, KOU 15]
– de fretting contact en présence de massif viscoélastique
Les méthodes semi-analytiques, comparées aux autres méthodes numériques,
présentent l’avantage d’être très rapides. Elles peuvent prendre en compte des
géométries complexes 3D, des phénomènes physiques complexes comme la plasti-
cité, la viscoélasticité . . . Les approches développées dans cette thèse se baseront sur
ces méthodes semi-analytiques.

1.4.3 Cas spécifique du contact aube/disque, aube


métallique
La recherche sur le contact aube/disque a été activement soutenue par
les motoristes aéronautiques comme Rolls-Royce, MTU Aero engines, Snecma,
. . . Évidemment les études sur cette problématique ne sont pas toutes dans le
domaine public. Nous présenterons ici les quelques approches existantes dans la
littérature.
Une première approche basée sur les modèles analytiques a été intensément
développée par Nowell et Hills [NOW 98, HIL 88]. Il s’agit de modèles bidimension-
nels dont l’objectif est d’étudier le contact aube/disque dans le cadre des problèmes
de fretting-fatigue. Dans ces travaux, le contact aube-disque est supposé équivalent
à un contact poinçon-plan avec des rayons de courbure en sortie de portée comme

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1. Etat de l’art

l’illustre la figure 1.30.

Figure 1.30 – Approximation géométrique du problème de contact aube-disque


[RAJ 06]

Une deuxième approche ayant une forte composante expérimentale a été


développée par Fouvry. Une première partie des travaux [MAR 09b, FRI 02, PAU 06]
a consisté au développement des solutions technologiques pour limiter l’endomma-
gement de l’interface aube/disque. Ces solutions passent par l’étude des revêtements
et des lubrifiants utilisés dans le contact aube/disque. Une deuxième partie
[MER 11, VAN 13] s’est consacrée à l’étude expérimentale du fretting-fatigue, à
la mise en place des lois d’usure en vue de prévoir l’amorçage et de déterminer la
durée de vie des contacts aube/disque.
Il existe une troisième approche basée sur la méthode éléments finis avec valida-
tion expérimentale. Il s’agit ici principalement des travaux de Pommier [MON 15b,
MON 15a] du LMT Cachan et de Cailletaud et Feyel [YAS 11, DIC 06c] de l’école
des Mines de Paris. Les travaux de Pommier ont consisté principalement, à par-
tir d’un calcul éléments finis, de faire une décomposition des champs mécaniques
en une partie non-locale dépendant du chargement extérieur, et en une partie lo-
cale dépendant de la géométrie des corps en contact. L’avantage de cette approche
réside dans le fait que la composante non-locale est indépendante de la géométrie.
L’équipe de Cailletaud et Feyel a développé durant la thèse de Vladislav Yastre-
bov [YAS 11] des méthodes numériques avancées de résolution des problèmes de
contact avec application au contact aube/disque (Fig.1.31). Une technique de zoom
structural (Fig.1.32) inspiré de [COR 99, SIN 02, BEI 03] fut utilisée pour obtenir
un maillage plus fin au niveau de la portée de l’aube. Le modèle fin est piloté à
partir des déplacements relevés sur le modèle global. Une attention particulière fut
également accordée à l’impact du matériau (TA6V) sur les sollicitations en fretting-
fatigue [DIC 06b, DIC 06a].
Une dernière approche basée sur un couplage entre la méthode semi-analytique
pour résoudre le problème de contact et simuler l’usure, et un modèle éléments finis
permettant de prendre en compte le chargement et la géométrie de la structure réelle
a été mise en place par l’équipe de Daniel Nélias [FUL 11, GAL 07a].

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Modélisation en mécanique des contacts

Figure 1.31 – Distribution de pression au niveau du contact aube/disque obtenue


par la méthode des éléments finis (EF) [GAL 07a].

Tous les travaux mentionnés ci-dessus se sont limités au cas des matériaux ho-
mogènes isotropes. A notre connaissance, aucune étude complète n’existe de nos
jours sur le contact aube/disque dans le cas des matériaux composites tissés 3D.

1.4.4 Cas spécifique du contact aube/disque pour une aube


composite
De manière générale très peu d’études existent sur le contact entre matériaux
hétérogènes ou matériaux composites. Les rares études existantes dans la littérature
se sont consacrées principalement aux composites stratifiées d’un point de vue
numérique [GOO 97, WU 93, CHE 08a] et expérimental [WU 94, YAN 82].

Cette thèse s’inscrit dans la continuité des travaux de Benjamin Fulleringer


[FUL 11] et de Julien Leroux [LER 13a]. Durant leurs thèses, ils ont pris en compte
les hétérogénéités de formes diverses (cube, ellipsoı̈de, sphère, prolate, . . . ), tout
d’abord plastiques (i.e. incompressibles) puis élastiques. Un couplage entre un lo-
giciel WiseTex et le code semi-analytique, fournissant les premières descriptions du
tissage du composite fut réalisé par Leroux [LER 13a]. Cependant, plusieurs ver-
rous restaient encore à surmonter afin d’arriver à un code fonctionnel utilisable de
manière industrielle. Les objectifs portaient sur :
– La description géométrique : Arriver à prendre en compte des ellipsoı̈des in-

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1. Etat de l’art

Figure 1.32 – Modélisation du contact aube-disque par zoom strucural [SIN 02]

clinées facilitant une meilleure description du tissage mais aussi permettant de


traiter des géométries de type penny-shape.
– Les propriétés matériaux : Arriver à prendre en compte la viscoélasticité de
la matrice, l’anisotropie ainsi que la bonne orientation des fibres dans la
résolution des problèmes de contact.
– Réduire les temps de calculs et optimiser le code de calcul afin de pouvoir aller
vers des maillages encore plus fins.
– Faire un couplage entre le modèle structurel (EF) et le problème de contact
”pied d’aube” résolu par la méthode semi-analytique.
– Mettre en place une procédure de validation expérimentale et de
compréhension des contacts composites.

1.5 Synthèse
Ce premier chapitre a permis de mettre en exergue la problématique du contact
entre matériaux hétérogènes dans le cas du contact aube composite/disque, aube
revêtu/disque ou des roulements hybrides, . . . Il s’agit d’une problématique très peu
étudiée dans la littérature et qui nécessite de revoir les outils de modélisation et
de résolution des problèmes de contact. Les différentes catégories de composites ont
été ensuite présentées et un accent particulier a été mis sur la spécificité des com-
posites tissés 3D CMO et CMC utilisés par SNECMA. Les différentes méthodes
de modélisation multi-échelles, utilisées dans la littérature pour la modélisation
des matériaux hétérogènes, ont été ensuite détaillées. Il a été montré que les
méthodes d’homogénéisation ne peuvent s’appliquer au contact hétérogène du fait
du caractère très local d’un problème de contact. Les méthodes semi-analytiques

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Synthèse

ainsi que les autres approches de résolution des problèmes de contact ont été
présentées. A la complexité des problèmes de contact s’ajoute la complexité inhérente
à la modélisation des matériaux hétérogènes. Finalement, ce sont les méthodes
semi-analytiques qui seront retenues et utilisées dans ce manuscrit. Ces méthodes
présentent beaucoup d’avantages. Outre le fait que le temps de calcul et l’espace
mémoire sont considérablement réduits par rapport à la méthode des éléments fi-
nis, ces méthodes peuvent également prendre en compte simultanément plusieurs
géométries et phénomènes complexes comme la plasticité, la viscoélasticité, . . .
Le chapitre prochain présentera les bases de la méthode semi-analytique afin de
faciliter la compréhension du reste du manuscrit.

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1. Etat de l’art

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Chapitre 2

Méthodes semi-analytiques en
mécanique du contact

Ce chapitre présente les bases de la méthode


semi-analytique utilisée pour la résolution des problèmes
de contact. Cette méthode est basée d’une part sur des
solutions analytiques élémentaires et d’autre part sur des
approches numériques. Les algorithmes de résolution
numérique comme la méthode de gradient conjugué
(CGM) et les techniques de transformées de Fourier
(DC-FFT) seront détaillés afin de faciliter la
compréhension du reste du manuscrit.

Sommaire
2.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
2.2 Mise en équation du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.2.1 Cinématique du contact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
2.3 Discrétisation numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
2.3.1 Equations du problème de contact . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.3.2 Contact normal . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 53
2.3.3 Contact tangentiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
2.3.4 Couplage du problème normal et tangentiel . . . . . . . . . . 55

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2.3.5 Contraintes en sous-couche . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 55
2.4 Résolution numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 56
2.4.1 Transformées de Fourier discrètes et FFT . . . . . . . . . . . 56
2.4.2 Méthode DC-FFT . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.4.3 Cas 2D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
2.4.4 Cas 3D . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.5 Résolution du problème de contact . . . . . . . . . . . . . . . 62
2.6 Algorithme général du solveur de contact . . . . . . . . . . . 64
2.7 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65

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Introduction

2.1 Introduction
Les méthodes semi-analytiques sont de plus en plus utilisées dans la résolution
des problèmes de contact complexes. En plus d’être simples d’utilisation en compa-
raison aux méthodes éléments finis, elles permettent d’avoir des gains considérables
en termes de temps de calcul. L’équipe de Nélias développe depuis quelques années
des modèles de contact basés sur ces méthodes. Les premiers travaux remontent
à ceux de Christophe Jacq [JAC 01, JAC 02a] qui utilise pour la première fois
les méthodes semi-analytiques pour la résolution d’un contact élasto-plastique en
présence d’indents et de défauts de surface. Les travaux de Jacq [JAC 01, JAC 02a]
sont basés sur les solutions intégrales de Chiu [CHI 78a, CHI 77a]. Les  solutions
analytiques élémentaires  développées par Jacq [JAC 01, JAC 02a] permettent
ainsi de déterminer les contraintes résiduelles induites par un cuboı̈de élémentaire
de déformation plastique noyé dans un massif semi-infini. Les solutions analy-
tiques ont été intégrées à un algorithme de résolution d’un contact tridimension-
nel afin de prendre en compte l’effet des déformations plastiques induites en sous-
couche. Les développements de Jacq [JAC 01, JAC 02a] ouvrirent la porte à d’autres
problématiques de contacts élastoplastiques et de contact entre surfaces fractales. Le
code s’est développé depuis et a permis de prendre en compte des phénomènes phy-
siques assez complexes. En se basant sur les travaux de Jacq, Boucly [BOU 05] prend
en compte les aspects d’échauffement thermique dans la résolution du problème de
contact élastoplastique. En parallèle, le modèle de plasticité est enrichi avec un al-
gorithme de retour radial initialement développé par Simo et Taylor [SIM 85]. La fi-
nesse de discrétisation rendue possible par cette méthode fait qu’elle a été également
utilisée pour l’étude des contacts rugueux. Antaluca et al [ANT 05, ANT 08] étudia
l’effet sur, des surfaces dentées, d’un chargement tangentiel (hypothèse de glisse-
ment total). Il étudia également le cas d’une charge roulante sur un massif ayant
un comportement élasto-plastique pour des applications sur roulement à rouleaux
cylindriques [NEL 07a, CHA 11c]. Le cas d’un contact roulant/glissant en présence
d’aspérités en surface a été également étudié par [BOU 07]. En se basant sur l’ap-
proche simplifiée de Antaluca en glissement total [ANT 05], Gallego [GAL 07a] pro-
pose un modèle élastique de contact sous condition de stick-slip. Le modèle ainsi
développé a été appliqué avec succès à des problématiques de fretting wear en glis-
sement total [GAL 06], glissement partiel [GAL 07c]. Il est dès lors possible de si-
muler les 3 modes de fretting [GAL 10a, GAL 10c]. Dans le modèle de Gallego, les
problèmes de contact normal et tangentiel sont résolus alternativement. Une exten-
sion du modèle de Gallego au cas de massifs élastiques revêtus a été introduite par
[WAN 10]. Chaise [CHA 11a, CHA 12a, CHA 11b, CHA 12b] a étendu l’usage des
modèles semi-analytiques aux problématiques d’impacts. Son modèle a été utilisé
pour étudier la mise en compression des surfaces par des procédés de grenaillage.
Le modèle a été amélioré afin de prendre en compte les effets d’inertie dans les
problématiques d’impact. Fulleringer [FUL 11] durant sa thèse a déterminé des so-
lutions analytiques permettant de prendre en compte l’effet de la plasticité dans la

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

résolution du problème tangentiel [FUL 10]. Il développa également les premières


approches permettant de prendre en compte une hétérogénéité sphérique dans la
résolution du problème de contact.
Les travaux de Fulleringer [FUL 11] ont été poursuivis par Leroux [LER 13a].
Durant la thèse de ce dernier, les méthodes semi-analytiques ont été appliquées
à la simulation du fretting dans le cas des matériaux composites à fibres longues
[LER 13b, LER 13a]. Plusieurs méthodologies ont été utilisées pour prendre en
compte diverses formes géométriques d’hétérogénéités [LER 10, LER 11].
De récents travaux permettent de coupler les modèles semi-analytiques de contact
sec avec les contacts lubrifiés [BOS 11, REN 10].
Des développements récents permettent de traiter à la fois des problèmes
d’hétérogénéités et de plasticité. Il est alors possible de prendre en compte la plas-
ticité induite par la présence d’une hétérogénéité.
Enfin, Bagault [BAG 12a, BAG 13] a introduit les différentes formulations ana-
lytiques en déplacements et en contraintes traduisant l’anisotropie de l’un des deux
corps en contact. Des cas d’applications au contact en présence de revêtement aniso-
trope élastique ou au contact entre matériaux anisotropes élastiques ont été étudiés
et validés. Une application à la caractérisation du graphène en couche extrêmement
mince a récemment abouti à [GAO 15].

Suite aux diverses thèses, il est de nos jours très difficile de faire ressortir un
algorithme unique pour le code semi-analytique. Plusieurs phénomènes sont pris en
compte de diverses manières. Pour faciliter la compréhension du reste du manus-
crit, nous allons présenter la méthode juste dans le cas d’un problème de contact
normal/tangentiel élastique avec calculs des contraintes en sous couche. Ce cas per-
mettra de se familiariser avec la méthode tant d’un point de vue mise en équation
que modélisation numérique. Cette étape est très importante et facilitera amplement
la compréhension du document. Plusieurs algorithmes numériques avancés seront
présentés et seront intensivement utilisés dans les chapitres 3 et 4.

2.2 Mise en équation du problème


2.2.1 Cinématique du contact
Soit deux corps élastiques définis par leurs surfaces non déformées dans un repère
orthonormal OX1 X2 X3 , soumis à une force normale W (Fig.2.1).
Le plan X1 − X2 sépare les 2 corps en contact. Dans le cas du contact entre
surfaces non-conformes, il s’agit du plan tangent au premier point (ou ligne) en
contact. Les surfaces sont alors définies par :

(1) (2)
x3 = f (1) (x1 , x2 ), x3 = f (2) (x1 , x2 ), (2.1)

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Mise en équation du problème

W
M2

O 
hi x1

x2

x3
M1

Figure 2.1 – Description du problème de contact.

La séparation de corps en contact est définie par :

hi (x1 , x2 ) = f (1) (x1 , x2 ) − f (2) (x1 , x2 ) (2.2)

On supposera que les pentes de f (1) et f (2) sont assez faibles pour approcher ces
surfaces par le plan X1 − X2 . Cette hypothèse est très importante pour la suite des
travaux présentés dans cette thèse.
La force normale W est transmise au contact par l’intermédiaire des contraintes
surfaciques (p (x1 , x2 )) dans la zone de contact ΓC . La distance entre les deux corps
en contact h(x1 , x2 ), qui permet de définir la condition de contact, est construite à
partir de la séparation initiale des corps hi (x1 , x2 ), le déplacement de corps rigide
(1) (2)
δ = δ (1) + δ (2) et le déplacement normal élastique des deux surfaces u3 = u3 + u3 ,

h(x1 , x2 ) = hi (x1 , x2 ) + u3 − δ (2.3)


La condition de contact est alors définie par

h(x1 , x2 ) = 0, dans le contact, (2.4)


h(x1 , x2 ) > 0, à l’extérieur du contact. (2.5)

Le contact tangentiel fait intervenir, des glissements à l’interface des deux corps en
contact. Le terme  glissement  sera défini par le vecteur s à deux composantes sx1
et sx2 . st sera le vecteur glissement à l’instant t. L’opérateur ˙ = dtd sera l’opérateur
dérivé par rapport au temps. Soit xt(1) et xt(2) , les coordonnées
! de deux points ! en
t(1) t(2)
t(1) u1 t(2) u1
contact des corps 1 et 2 à l’instant t. Soit uτ = t(1) et uτ = t(2) les
u2 u2
déplacements élastiques tangentiels des surfaces en contact. Quand le système passe
d’un instant t à t0 , la variation de chaque terme sera supposée linéaire. Les points

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

0 0
en contact subissent un déplacement de corps rigide et se retrouve en xt (1) et xt (2) .
Le glissement s’écrit
n  0 0
o
0
t t
ut(1) ut(2) utτ (1) utτ (2) − ẋt(1) − ẋt(2) (t − t0 ) (2.6)
 
s = ṡ (t − t ) = τ − τ − −

 
˙ − xt(2)
Les vecteurs st et ṡt sont colinéaires. Le terme xt(1) ˙ est la contribution
des déplacements de corps rigide et est fonction de la variation de δx1 , δx2 . Il ressort
que :
     
˙ − xt(2)
xt(1) ˙ 0
(t − t0 ) = xt(1) − xt (1) − xt(2) − xt (2) ,
0
(2.7)
 t(1) 0 0
− δx1 t (1) + δx1 t(2) − δx1 t (2)


˙ ˙

0 δx1
x −x
t(1) t(2) (t − t ) = 0 0 . (2.8)
δx2 t(1) − δx2 t (1) + δx2 t(2) − δx2 t (2)

Pour des raisons de simplicité, ∆ sera utilisée pour indiquer la différence d’une
grandeur entre les instants t et t0 . Ce qui revient à écrire :

t(1) t(2)
 

˙ ˙

0 ∆δx1 + ∆δ x1
xt(1) − xt(2) (t − t ) = . (2.9)
∆δx2 t(1) + ∆δx2 t(2)

Le vecteur glissement à instant t peut alors s’écrire sous la forme :

∆ut1 − ∆δx1 t
 
t
s = . (2.10)
∆ut2 − ∆δx2 t

2.3 Discrétisation numérique


Comme il s’agit d’une méthode semi-analytique, une discrétisation du massif
semi-infini et donc des équations sera donc nécessaire. Dans la suite de ce chapitre,
les équations du problème peuvent être présentées sous forme continues ou sous
forme discrétisées. La surface de contact est définie par une grille de points de taille
Np = N1 × N2 (Fig.2.2), chaque point étant espacé d’une distance ∆x1 suivant X1 et
∆x2 suivant X2 . On verra par la suite que l’utilisation de la transformée de Fourier
discrète obligera à garder des pas constants suivant chaque direction. Chaque point
représente une zone rectangulaire sur laquelle est appliquée des champs de pression
p et de cisaillements qx1 , qx2 supposés uniformes. L’aire de ces zones est donnée
par dS = ∆x1 × ∆x2 . Une discrétisation en profondeur suivant X3 de pas ∆x3
pour la détermination des contraintes en sous-couche peut être rajoutée. Le pas
de discrétisation ∆x3 suivant X3 doit impérativement être constant, méthode FFT
oblige. Les coordonnées (x1 , x2 , x3 ) des points sont définies par i∆x1 , j∆x2 , k∆x3 ou
(i, j, k).

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Discrétisation numérique

x1
x2
Figure 2.2 – Discrétisation de la surface de contact.

2.3.1 Equations du problème de contact


2.3.2 Contact normal
La résolution du problème de contact entre ces deux corps élastiques revient à
résoudre simultanément un système d’équations et d’inéquations qui vérifient les
conditions limites à l’interface du contact. Pour un problème piloté en effort, l’effort
normal W est connu. La zone réelle de contact quant à elle est à priori inconnue.
p (x1 , x2 ) > 0 ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γc (2.11)
hi (x1 , x2 ) + u3 (x1 , x2 ) − δ = 0 ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γc (2.12)
p (x1 , x2 ) = 0 ∀ (x1 , x2 ) 3 Γc (2.13)
hi (x1 , x2 ) + u3 (x1 , x2 ) − δ > 0 ∀ (x1 , x2 ) 3 Γc (2.14)
X
p (x1 , x2 ) · S = W (2.15)
Γp

où u3 (x1 , x2 ) représente le déplacement élastique total des deux corps au point
(1) (2)
(x1 , x2 ), i.e. u3 (x1 , x2 ) = u3 (x1 , x2 ) + u3 (x1 , x2 ). Les variables p (x1 , x2 ) et
u3 (x1 , x2 ) sont inconnues. L’équation comprend donc deux inconnues. Il est donc
nécessaire de trouver une relation entre les champs de pression et le déplacement
normal u3 (x1 , x2 ). Dans le cas d’un contact entre matériaux élastiques, le
déplacement normal et les champs de pression sont reliés entre eux par la relation
suivante :
Sous forme continue

(1 − ν 2 ) +∞ +∞
Z Z
p (ξ, η) dξdη
u3 (x1 , x2 ) = q (2.16)
πE −∞ −∞ (ξ − x1 )2 + (η − x2 )2

Sous forme discrétisée

N1 X
X N2
u3 (i, j) = up3 (i, j) = K3p (i − k, j − l) p (k, l) (2.17)
k=1 l=1

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

Ces résultats sont basés sur les solutions de Love [LOV 20] pour un massif élastique.
Les expressions analytiques de p (x1 , x2 ) et de u3 (x1 , x2 ) sont à priori inconnues.
Et pour des géométries de contact complexes, il est quasiment impossible de faire
une résolution analytique du problème de contact. C’est ici qu’intervient l’approche
numérique (de la partie semi-analytique), on utilisera la discrétisation présentée
à la figure 2.2 ainsi que la méthodologie du gradient conjugué, la méthode FFT
ainsi que d’autres méthodes numériques avancées pour résoudre efficacement les
équations du problème. Il faut toutefois rappeler que dans la plupart des travaux
de thèses présentés au paragraphe 2.1, les solutions analytiques élémentaires ne
sont pas connues à priori. Il faudrait d’abord déterminer les solutions analytiques
élémentaires avant de dérouler la méthode semi-analytique (cas dynamique, . . . ).

2.3.3 Contact tangentiel


Lorsque les déplacements élastiques tangentiels uτ de composantes u1 et u2 sont
non nuls, il convient de résoudre le problème de contact tangentiel. Ce cas de figures
apparait lorsqu’un chargement tangentiel Q est appliqué, ou lorsque les deux corps
en contact ont des propriétés matériaux différentes. Le problème tangentiel découlera
du problème normal. Les inconnues du problème tangentiel sont :
– les cisaillements en surface qx1 et qx2 ;
– les déplacements normaux élastiques relatifs uq1x1 et uq2x2 ;
– la zone de glissement Γsl ;
– la zone d’adhérence Γst ;
– les déplacements de corps rigide δx1 et δx2 ;
– les amplitudes de glissement sx1 et sx2 , on note le vecteur glissement s.
Les données du problème sont
– le chargement tangentiel Qx1 et Qx2 ;
– la zone de contact Γc , elle vérifie Γc ≡ Γsl ∪ Γst ;
– les conditions aux limites à l’infini sont celles du massif élastique semi-infini.
Les cisaillements seront exprimés à partir d’une loi de Coulomb.
∆sτ (x1 , x2 )
qτ (x1 , x2 ) = −µcoul · p (x1 , x2 ) · ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γsl (2.18)
k ∆sτ (x1 , x2 ) k
tot
∆uτ (x1 , x2 ) − ∆δτ = ∆sτ (x1 , x2 ) ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γsl (2.19)
k qτ (x1 , x2 ) k< µcoul · p (x1 , x2 ) ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γst (2.20)
∆utot
τ (x1 , x2 ) − ∆δτ = 0 ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γst (2.21)
X
q (x1 , x2 ) S = Qτ (2.22)
Γp

Γsl ∪ Γst = Γc (2.23)


où le domaine Γst définit la zone en adhérence (stick), Γsl la zone de glissement
(slip) et µcoul le coefficient de frottement de Coulomb. La variable qτ , le vecteur
cisaillement de composantes qx1 et qx2 , δτ le vecteur déplacement de corps rigide

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Discrétisation numérique

de composantes δx1 et δx2 , sτ le vecteur glissement de composantes, sx1 ou sx2 . Les


déplacements en surfaces uτ sont la résultante des déplacements élastiques générés
par le champ de cisaillements et de pression (cas d’un couplage normal/tangentiel).

2.3.4 Couplage du problème normal et tangentiel


Les résultats les plus précis sont obtenus en faisant un couplage entre le problème
normal et tangentiel. On résout alternativement le contact normal puis tangentiel,
jusqu’à atteindre convergence des deux problèmes.
1. Le problème normal est résolu sans prise en compte des cisaillements à l’inter-
face du contact. L’aire de contact Γc et le champ de pression p sont déterminés.
2. Le problème tangentiel est résolu en considérant le champ de pression p obtenu
précédemment. Les cisaillements en surface qx1 et qx2 , les glissements sx1 et
sx2 ainsi que la zone de glissement Γsl et d’adhérence Γst sont obtenus.
3. Si les cisaillements sont non-nuls, le problème normal est de nouveau résolu
en considérant les cisaillements en surface qx1 et qx2 .
Cette boucle itérative est résolue jusqu’à convergence des deux solutions. Les
déplacements élastiques s’écrivent dans le cadre d’un couplage normal/tangentiel
sous la forme :

u1,2,3 (i, j) = up1,2,3 (i, j) + uq1,2,3


x1
(i, j) + uq1,2,3
x2
(i, j)
N1 X
X N2 N1 X
X N2
p qx1
= K1,2,3 (i − k, j − l) p (k, l) + K1,2,3 (i − k, j − l) qx1 (k, l)
k=1 l=1 k=1 l=1
N1 X
X N2
qx2
+ K1,2,3 (i − k, j − l) qx2 (k, l)
k=1 l=1
(2.24)

Il arrive assez souvent que le couplage normal/tangentiel ne soit pas pris en compte
pour des raisons de simplification. A chaque itération de calcul on résolvera de
manière séquentielle une fois le problème normal puis une fois le problème tangentiel.

2.3.5 Contraintes en sous-couche


A partir des solutions en termes de champs de pression, et de cisaillements, il
est possible de remonter aux champs de contraintes en sous-couche. Les contraintes
en sous-couche peuvent s’avérer indispensable si l’on veut étudier l’endommagement
ou la plasticité en sous-couche. Les équations permettant de remonter aux champs
de contraintes sont basées sur les équations de Love [LOV 20] et le principe de
superposition. L’utilisation du principe de superposition est tout sauf aberrante.
Il s’agit d’un problème d’élasticité linéaire en petites déformations. Les champs de

55

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

contrainte en un point du massif 2 de coordonnées i∆x1 , j∆x2 , k∆x3 peuvent être


donnés par :
N1 X
X N2
p
σIJ (i, j, k) = p(l, m)(CIJ (i − l, j − m, k, ν2 ))
l=1 m=1
N1 X
X N2
qx1
+ qx1 (l, m)(CIJ (i − l, j − m, k, ν2 )) (2.25)
l=1 m=1
N1 X
X N2
qx2
+ qx2 (l, m)(CIJ (i − l, j − m, k, ν2 ))
l=1 m=1

Dans la suite de ce manuscrit, la contrainte élastique sera notée σ 0 . La contrainte


induite par les hétérogénéités σ.

Cette section a présenté assez succinctement les équations de base gouvernant le


problème de contact normal puis tangentiel. Il convient dès lors de présenter assez
rapidement les méthodes numériques mises en œuvre afin de résoudre efficacement
les problèmes posés.

2.4 Résolution numérique


Une des premières difficultés réside dans les produits de convolutions des
équations 2.24 et 2.25. Le nombre d’opérations nécessaire à une seule double som-
mation évolue en O (N 2 ). Dans le cas 3D, le nombre d’opérations évolue en O (N 3 ).
Les temps de calculs peuvent très vite devenir prohibitifs et ainsi faire perdre à
la méthode semi-analytique l’un de ses avantages majeurs qu’est le gain en temps
de calculs. Il convient donc d’utiliser des techniques d’accélération de calcul. Deux
techniques existent dans la littérature : ”multi-level-multi-summation” introduite
par Brandt et Lubrecht [BRA 90], et l’utilisation de la méthode de transformée de
Fourrier rapide (FFT) initiée par Ju et Farris [JU 96b]. Les méthodes FFT offrent
beaucoup plus de facilité et de nombreuses librairies existent déjà dans la littérature.

2.4.1 Transformées de Fourier discrètes et FFT


Comme mentionné précédemment, la formulation mathématique des problèmes
de contact conduit à des produits de convolution entre une source extérieure (comme
la pression) et une fonction modélisant la réponse du matériau considéré (fonc-
tions de Green et coefficients d’influence). L’utilisation du théorème de convolution,
transforme un produit de convolution formulé dans le domaine spatial à une simple
multiplication dans le domaine fréquentiel grâce à la transformée de Fourier. La

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Résolution numérique

convolution linéaire y(t) entre deux fonctions x(t) et h(t) est définie par :
Z +∞
y(t) = x(t)h(t − τ )dτ ≡ x(t) ∗ h(t) (2.26)
−∞

Il est possible de faire une analogie entre l’équation ci-dessus (eq.2.26) et l’équation
donnant le déplacement en fonction du champ de pression, équation qui sera rappelée
ci-dessous :
(1 − ν 2 ) +∞ +∞
Z Z
p (ξ, η) dξdη
u3 (x1 , x2 ) = q (2.27)
πE −∞ −∞ 2 2
(ξ − x1 ) + (η − x2 )

Dans les problèmes de contact, la variable y(t) est inconnue, x(t) et h(t) sont sup-
posées connues. Soit eh(ω) et x
e(ω) les transformées de Fourier respectives des fonc-
tions x(t) et h(t). La transformée de Fourier du produit de convolution de l’équation
2.26 conduit à :
ye(ω) = x
e(ω)e
h(ω) (2.28)
Il s’agit dès lors d’une convolution continue. Il est donc possible d’avoir la variable
y(t) en utilisant une transformée de Fourier inverse.
Z +∞
y(t) = 1/2π ye(ω)eiωt dt (2.29)
−∞

Le problème de contact est cependant résolu dans un domaine fini et discret. Le


théorème de convolution continue tel que présenté ci-dessus ne peut s’utiliser en
l’état. Des définitions équivalentes existent sous forme discrète. Soit hr et xr , un
échantillon discret de N valeurs de h(t) et x(t) sur une zone de taille L0 . La trans-
formée de Fourier discrète est définie par
N
X −1
hs =
b hr e−2πirs/N , s = 0, ..., N − 1 (2.30)
r=0

La transformée de Fourier discrète inverse est définie par


N
X −1
hj = (1/N ) hr e2πirj/N ,
b j = 0, ..., N − 1 (2.31)
r=0

De façon analogue au cas continu, il existe un théorème de convolution discret,


soit
ybs = x hs , s = 0, ..., N − 1
bsb (2.32)
avec
N
X −1
ys = x ⊗ h = xr hs−r+N H(r−j) , s = 0, ..., N − 1 (2.33)
r=0

57

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

(
= 0 if x < 0,
H(x) (2.34)
= 1 if x ≥ 0
La convolution discrète se fait sur une longueur infinie à partir des valeurs de
longueurs finies. Ici x et h ont le même nombre de termes j ∈ [0, N − 1]. La fonction
Heaviside H est active lorsque j − r < 0 ce qui permet d’éviter un indice négatif
pour h et se traduit par le remplacement de celui-ci par j − r + N . On a donc une
sommation circulaire, et ainsi introduit une périodicité de l’échantillon (périodicité
de longueur L0 ).

[Link] Méthodes FFT


Les transformées de Fourier discrètes de h(t) et x(t) sont rarement implémentées
dans le sens de la définition donnée aux équations 2.30 et 2.31 car cette opération
nécessiterait (N − 1)2 produits complexes et N × (N − 1) sommes complexes.
Les temps de calcul peuvent devenir conséquents quand N devient élevé. Dans
la version rapide, seuls N2 × (log(N ) − 2) produits et N × log(N ) sommes sont
nécessaire. De manière générale, les algorithmes FFT dépendent de la factorisation
de N . Plusieurs algorithmes existent de nos jours : l’algorithme de Cooley-Tukey
(pour des tailles N puissance de 2), l’algorithme PFA de Good-Thomas basé sur le
théorème des restes chinois, l’algorithme de Winograd qui utilise un polynôme cy-
clotomique,. . . Actuellement la méthode FFT utilisée dans le code semi-analytique
est une routine développée par Singleton [SIN 69] basée sur l’algorithme de Cooley-
Tukey et qui permet de traiter des cas N non puissance de 2. De la même façon, la
transformée de Fourier rapide inverse (IFFT) permet d’effectuer la transformée de
Fourier inverse (IFT) en O(N log N ) au lieu de O(N 2 ). Ceci justifie l’utilisation du
théorème de convolution pour effectuer une convolution dans le domaine fréquentiel
qui coûte O(N ) opérations au lieu de la faire dans le domaine initial (temporel ou
spatial) en O(N 2 ) opérations. Au final il aura fallu O(N + 3N ) opérations au lieu
de O(N 2 ) ce qui est très avantageux pour un N important.

[Link] Source de l’erreur des problèmes de contact résolus avec les FFT
L’utilisation de la convolution cyclique induit des erreurs compte tenu de la non-
périodicité spatiale des variables de contact. Cette convolution induit un phénomène
de recouvrement. Ce phénomène est illustré à la figue 2.3 sur une convolution discrète
unidimensionnelle d’un échantillon de pression p et de coefficients d’influence K. La
convolution cyclique suppose une périodicité de la pression. Au début et en fin du
processus de convolution, les pressions ajoutées à gauche et à droite interfèrent avec
les coefficients d’influence. Le résultat sera donc biaisé à cause de ce phénomène
de recouvrement. Liu et al. [LIU 00a] ont trouvé une solution à ce problème de
recouvrement en introduisant une technique de zero-padding (Fig.2.4) sur la source
que sont les champs de pression puis une technique de wrap-around (Figs.2.5 et 2.6)
sur les coefficients d’influence que sont les coefficients de Green. Cette méthode est

58

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Résolution numérique

Figure 2.3 – Périodicité et recouvrement induits par le produit de convolution


discret [GAL 07a].

connue sous le nom DC-FFT (Discrete Convolution and Fast Fourier Transform) et
sera présentée ci-dessous.

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

Figure 2.4 – Suppression du recouvrement par zero-padding [GAL 07a].

K
j
K−j
wrap−around et zero padding

KN=0

0
0 N 2N−1

Figure 2.5 – Wrap-around et zero-padding de coefficients pairs [GAL 07a].

Kj
K−j
wrap−around et zero padding

KN=0

0 N 2N−1

Figure 2.6 – Wrap-around et zero-padding de coefficients impairs [GAL 07a].

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Résolution numérique

[Link] La méthode DC-FFT


Les détails de la méthode de Liu [LIU 00a], i.e. la DC-FFT (Discrete Convolu-
tion and Fast Fourier Transform), seront présentés ci-dessous. Comme mentionné
précédemment, la DC-FFT fait appel aux techniques de  zero-padding  et de
 wrap-around .

1. déterminer les coefficients d’influence ; {Kj }N ,


2. étendre ces coefficients d’influence dans un domaine donné avec le wrap-around
order, {Kj }2N ;
n o
3. appliquer la FFT pour obtenir K̂s ;
2N
4. entrer les pressions, {pj }N ;
5. étendre les pressions sur le domaine étendu avec zero-padding, pj = pj , j ∈
[0, N − 1] , pj = 0, j ∈ [N, 2N − 1] ;
6. appliquer la FFT pour obtenir {p̂s }2N ;
7. effectuer le produit terme à terme dans le domaine fréquentiel, {ûs }2N ;
8. appliquer l’IFFT pour obtenir {uj }2N ;
9. garder les termes {uj }2N , j ∈ [0, N − 1].
Zero-padding : Des valeurs nulles de N à 2N +1 sont ajoutées à la distribution
de pression déjà définie de 0 à N -1.
Wrap-around order : Le zero-padding n’est pas étendu aux coefficients d’in-
fluence. Ces coefficients sont calculés de 0 à N -1, le coefficient d’indice N
est mis égal à 0, les coefficients de N +1 à 2N -1 sont obtenus à partir des
coefficients 1 à N -1 mais rangés dans le sens inverse, un signe négatif est
éventuellement ajouté à ces derniers suivant la parité de la fonction des coef-
ficients d’influence. Ainsi, les coefficients d’influence K3p sont étendus comme
indiqué sur la figure 2.5 alors que les coefficients d’influence K3qx1 doivent être
étendus comme indiqué à la figure 2.6 dans la direction X1 .

2.4.2 Méthode DC-FFT


Le principe de la DC-FFT a été présenté dans le cas 1D. L’algorithme peut
cependant être étendu aisément en 2D puis 3D.

2.4.3 Cas 2D
La transformée de Fourier bidimensionnelle (2D-FFT) consiste à utiliser une
transformée de Fourier suivant une première direction, suivie d’une deuxième suivant
l’autre direction. L’algorithme est utilisé dans le cas d’une source surfacique. L’image
peut quant à elle être :

61

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

– surfacique
N1 X
X N2
u3 (i, j) = up3 (i, j) = Kcp (i − k, j − l) p (k, l) (2.35)
k=1 l=1

– volumique
N1 X
X N2
p
σIJ (i, j, k) = p(l, m)(CIJ (i − l, j − m, k, ν2 )) (2.36)
l=1 m=1

La méthode 2D-DC-FFT réduit le nombre d’opérations de O(N12 × N22 ) à


O(2N1 × 2N2 × log(2N1 × 2N2 )). La convolution dans le domaine fréquentiel
requiert O(2N1 × 2N2 × log(2N1 × 2N2 )) opérations supplémentaires. Avec la
transformée de Fourier inverse, O(2N1 ×2N2 +3×(2N1 ×2N2 )×log(2N1 ×2N2 ))
opérations sont alors requises au total pour la double sommation. Les algo-
rithmes 2D-DC-FFT peuvent également s’utiliser dans le cas d’une source vo-
lumique. Dans ce cas l’algorithme 2D-DC-FFT sera alors exécuté pour chaque
profondeur x3 de la source volumique. Les temps de calculs font que l’algo-
rithme 2D-DC-FFT a été abandonné pour l’algorithme 3D-DC-FFT dans le
cas des sources volumiques.

2.4.4 Cas 3D
La transformée de Fourier tridimensionnelle consiste à utiliser la transformée
de Fourier rapide suivant les trois directions x1 , x2 , x3 . Cet algorithme est prin-
cipalement utilisé dans le cas d’une source volumique et d’une image volumique
N
X 3 −1 N
X2 −1 N
X 1 −1

σij (x1 , x2 , x3 ) = Bijkl (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 − xI3 )ε∗kl (xI1 , xI2 , xI3 )
xI3 =0 xI2 =0 xI1 =0
(2.37)
C’est le plus rapide dans le cas des sources volumiques. Le domaine d’étude
N1 ×N2 ×N3 est d’abord multiplié par 2 dans les trois directions afin d’obtenir
un produit de convolution cyclique. La transformée de Fourier 3D requiert
alors O(2N1 × 2N2 × 2N3 × log(2N1 × 2N2 × 2N3 )) opérations. La transformée
inverse requiert également le même nombre. Compte tenu du fait que la 3D-
DC-FFT requiert 3 transformées directes, le nombre d’opérations pour la triple
sommation est de l’ordre de O(2N1 × 2N2 × 2N3 + 3 × 2N1 × 2N2 × 2N3 ×
log(2N1 × 2N2 × 2N3 )).

2.5 Résolution du problème de contact


La résolution des équations de contact fait intervenir un système d’équations
et d’inéquations qu’il faut résoudre simultanément. Les formulations varia-
tionnelles associées au problème ont été introduites par [POL 00]. Une unique

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Résolution du problème de contact

solution du problème de contact (contact normal) est obtenue en minimisant


la forme variationnelle suivante.
 
1 T p ∗T
X
min p A z p + h p + cτ − λij pij ⇔ Apz p + h∗T − λ = 0, (2.38a)
2
pij > 0, λij = 0, (2.38b)
pij = 0, λij ≥ 0. (2.38c)

La première partie de l’équation ci-dessus peut se mettre sous la forme :

Ax = b (2.39)

La résolution du problème revient donc à faire une résolution de systèmes


linéaires sous contraintes. Certains auteurs comme [HES 80] ont montré que
la méthode de gradient conjugué est bien adaptée à la résolution de ces types
de problème. De manière générale, la méthode du gradient conjugué ainsi que
ses différentes variantes seront utilisées assez régulièrement dans ce manuscrit
pour résoudre les problèmes de contact. Il est donc nécessaire de présenter
assez rapidement son algorithme :

Choix d’une valeur initiale x0 ;


Initialisation des variables : r0 ← Ax0 ,p0 ← −r0 ,k ← 0 ;
while rk 6= 0
rkT rk
αk ← ; (2.40)
pTk Apk
xk+1 ← xk+1 + αk pk ; (2.41)
rk+1 ← rk+1 + αk Apk ; (2.42)
T
rk+1 rk+1
βk+1 ← T
; (2.43)
rk rk
pk+1 ← −rk+1 + βk+1 pk ; (2.44)
k ← k + 1; (2.45)

end while

La méthode du gradient conjugué présente deux avantages majeurs :


– Le gradient conjugué s’avère performant en temps de calcul, notamment
pour résoudre de grands systèmes linéaires.
– L’autre avantage du gradient conjugué est le gain en mémoire par rapport
à certaines méthodes. A chaque itération, la direction conjuguée pk est ob-
tenue uniquement à partir de l’itération pk−1 . Le stockage des itérations
précédentes n’est pas nécessaire.
Cette partie fut consacrée exclusivement à la résolution du problème de contact
normal entre corps homogènes afin de faciliter la compréhension des méthodes

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

semi-analytiques. Cependant cette approche peut s’appliquer à des physiques


plus complexes comme le couplage normal/tangentiel, la prise en compte des
hétérogénéités, la prise en compte de la plasticité en sous-couche,. . .

Dans la prochaine section, un effort sera fait afin d’esquisser un algorithme


assez général du code semi-analytique de résolution des problèmes de contact.

2.6 Algorithme général du solveur de contact


Fort de toutes les méthodes numériques présentées dans la section précédente,
le fonctionnement global du code SAM peut être défini par l’organigramme
de la figure 2.7. Dans le chapitre 4 cet organigramme sera modifié dans le cas
des contacts entre matériaux viscoélastiques. Au corps principal constituant le
solveur de contact peuvent se greffer différents modules permettant de traiter
les problèmes d’impact, d’hétérogénéités et d’usure. Le code doit être d’abord
initialisé. Les données d’entrée peuvent être par exemple, la géométrie des
deux corps en contact, les propriétés matériaux associées, le chargement, le
coefficient de frottement, des contraintes résiduelles suite à des chargements
thermomécaniques, . . . La première étape consiste à résoudre le problème de
contact en utilisant des algorithmes types gradient conjugué présentés au para-
graphe 2.5. Si l’on considère les effets tangentiels, les problèmes de contact nor-
mal et tangentiel sont résolus alternativement, l’autre étant maintenu constant,
jusqu’à convergence des deux problèmes. A cette étape, les champs de pression
et de cisaillements sont connus. A partir des champs de pression et de cisaille-
ment déterminés précédemment (si les effets tangentiels sont considérés), les
contraintes élastiques σ 0 dans le volume sont calculées à partir de solutions ana-
lytiques élémentaires (Eq. 2.36) en utilisant les techniques 2D-FFT. Toutes ces
solutions analytiques, valides dans un espace semi-infini élastique homogène et
isotrope, sont regroupées dans le livre de Johnson [JOH 85a]. Les eigenstress σ
générées par les déformations inélastiques provenant d’inclusions hétérogènes
ainsi que les contraintes résiduelles σ res sont tout simplement ajoutées aux
contraintes élastiques σ 0 afin d’obtenir la contrainte totale.

σ tot (x) = σ 0 (x) + σ res (x) + σ(x) (2.46)

Cette superposition n’est valable que sous des hypothèses de petites


déformations. La convergence du problème se fait sur les champs de
déplacements, en utilisant un algorithme de retour radial dans le cas de la
plasticité, en calculant les champs d’eigendisplacements (u∗3 ) dans le cas des
matériaux hétérogènes. La contrainte totale est alors utilisée, dans le cas
de la plasticité, comme entrée pour l’algorithme de Retour Radial (return-
mapping). L’incrément de déformation plastique est déterminé en chaque point

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Synthèse

Etat Initial Incrément n Effort imposé W Problème Normal Problème Tangentiel


- Trajet de chargement ou déplacement (CGM) (CGM)
- Géométrie
imposé d p, qx1, qx2
- Loi de comportement
- Déformations plastiques initiales
- Contraintes initiales Contraintes élastiques
en sous couches &
Surcontraintes (3D-FFT)

sres stot = so + sres + s

Increment de déformation plastique


Itération suivante d3p
k=k+1 & Déformation plastique
3p(k)=3p(k)+l.d3p(k-1)

Incrément de déplacement
Contraintes résiduelles résiduel dures
(3D-FFT)
(2D-FFT)

Convergence problème contact


Mise à jour de la géométrie non dures(k) < tol
ures(k) = ures(k) + dures(k-1) & Convergence problème plastique
f(x1,x2,x3) < tol
oui

Incrément suivant n=n+1 non


Fin de chargement

oui

Fin

Figure 2.7 – Algorithme général du modèle de contact semi-analytique


élastoplastique

du volume. Les nouvelles contraintes résiduelles ainsi que les incréments de


déplacements résiduels en surface sont alors calculés à partir des incréments
de déformations plastiques. La convergence du problème plastique et des
déplacements résiduels assurent la convergence du problème de contact. Si
le problème converge, on passe à l’étape de chargement suivante. Dans le cas
contraire, la géométrie de la surface de contact est actualisée par la prise en
compte des déplacements résiduels, le problème de contact est alors de nouveau
résolu ainsi que les contraintes et déplacements résiduels.

2.7 Synthèse
Ce chapitre a passé en revue les bases de la méthode semi-analytique, méthode
qui sera utilisée dans cette thèse pour la modélisation du contact. L’ex-
posé s’est limité au cas du contact élastique normal/tangentiel afin de fa-
ciliter sa compréhension. De manière générale ; qu’il s’agisse d’un problème
d’impact, d’un contact élastique, d’un contact élastoplastique, . . . ; la mise

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2. Méthodes semi-analytiques en mécanique du contact

en place de la méthode semi-analytique se déroulera suivant trois grandes


étapes que sont : la mise en équations du problème, la détermination des so-
lutions analytiques élémentaires et enfin la résolution numérique. La mise en
équations est basée sur les équations fondamentales de la mécanique. Certaines
solutions élémentaires existent déjà dans la littérature. Cependant d’autres
doivent être déterminées analytiquement. La méthode du gradient-conjugué
a été également présentée et sera utilisée pour la résolution numérique du
contact. Les temps de calculs, générés par la réalisation des produits de convo-
lutions, sont considérablement réduits grâce à l’utilisation des algorithmes de
transformées de Fourier discrètes (2D-DC-FFT, 3D-DC-FFT). Les méthodes
et algorithmes utilisés dans ce chapitre seront intensivement mis à contribution
pour la résolution du contact entre matériaux hétérogènes, qui est l’objectif
principal de cette thèse.
Le chapitre prochain s’inscrira dans la continuité de la thèse de Julien Le-
roux et s’intéressera à la prise en compte des hétérogénéités élastiques iso-
tropes/anisotropes dans une matrice élastique isotrope.

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Chapitre 3

Massif élastique hétérogène

Dans ce chapitre, les méthodes semi-analytiques


seront utilisées pour résoudre le contact en présence
d’hétérogénéités élastiques noyées dans une matrice
élastique isotrope. Le modèle développé a été validé
par comparaison avec une méthode éléments finis. Une
méthodologie numérique a été mise en place afin de
prendre en compte l’effet des interactions entre deux
ou plusieurs hétérogénéités. Une nouvelle méthode de
décomposition ainsi que la parallélisation OpenMP
ont été introduites afin de réduire les temps de calculs.

Sommaire
3.1 Etat de l’art . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 69
3.2 Formulation générale du problème de contact . . . . 71
3.3 Prise en compte des hétérogénéités . . . . . . . . . . . 71
3.3.1 Solution en espace infini . . . . . . . . . . . . . . . . . . 71
3.3.2 Solution en espace semi-infini . . . . . . . . . . . . . . . 74
3.3.3 Déplacement normal dû aux hétérogénéités . . . . . . . 76
3.3.4 Prise en compte de l’inclinaison de l’inclusion . . . . . . 77
3.3.5 Prise en compte de l’effet des hétérogénéités dans l’al-
gorithme de contact . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 78
3.4 Validation du modèle développé . . . . . . . . . . . . 81

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3.5 Résultats et étude paramétrique . . . . . . . . . . . . 84
3.5.1 Hétérogénéité isotrope . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 84
3.5.2 Hétérogénéité anisotrope . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
3.6 Cas connexes . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.6.1 Hétérogénéités cubiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . 96
3.6.2 Hétérogénéités et contact tangentiel . . . . . . . . . . . 97
3.7 Prise en compte de plusieurs hétérogénéités . . . . . 100
3.7.1 Equations du problème . . . . . . . . . . . . . . . . . . 100
3.7.2 Méthodologie numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
3.7.3 Algorithmes de résolution numérique . . . . . . . . . . . 102
3.7.4 Validation dans le cas d’un matériau revêtu . . . . . . . 105
3.8 Améliorations numériques : nouvelle méthode de
décomposition . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 111
3.9 Améliorations numériques : parallélisation . . . . . . 113
3.9.1 Différents types d’architecture . . . . . . . . . . . . . . 114
3.9.2 Mesure de la performance . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
3.9.3 Mémoire partagée : environnement OpenMP . . . . . . 117
3.9.4 Mémoire distribuée : environnement MPI . . . . . . . . 120
3.10 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122

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Etat de l’art

3.1 Etat de l’art


Le contact entre matériaux hétérogènes est une problématique très intéressante
pour plusieurs raisons. La présence des hétérogénéités modifie fondamentale-
ment la distribution des contraintes en sous-couche mais aussi la distribution
de pression. D’une part, pour les matériaux métalliques, alliages d’aluminium
ou matériaux céramiques, les mécanismes d’endommagements peuvent être
initiés par la présence d’impuretés matériaux comme les cavités, inclusions
ou précipités. Les inclusions peuvent augmenter localement les champs de
contraintes locaux, qui peuvent être à l’origine de l’amorçage et la propaga-
tion de fissures. La présence d’hétérogénéités peut donc réduire la durée de vie
des composants mécaniques comme les roulements [VOS 85, NEL 99, NUG 00,
VIG 03, CHE 08b]. D’autre part, dans le cas de certains matériaux hétérogènes
comme les matériaux composites, l’ajout des renforts modifie considérablement
la distribution des contraintes. Il est désormais établi expérimentalement que la
présence des renforts dans le cas des matériaux composites [TER 11, TER 09]
modifie considérablement le comportement tribologique du matériau compo-
site.
La perturbation induite par la présence des hétérogénéités noyées dans un mas-
sif infini a fait l’objet de plusieurs études [ESH 57, ESH 59, ESH 61, WIL 64,
WAL 67, ASA 75, MUR 84]. Eshelby [ESH 57, ESH 59] fut le premier à pro-
poser une méthode traitant du cas d’une hétérogénéité ellipsoı̈dale noyée dans
une matrice infinie, méthode connue sous le nom de ”Equivalent Inclusion Me-
thod”. Moschovodis et Mura [MOS 75] se sont basés sur les travaux d’Eshelby
pour donner l’expression du tenseur d’Eshelby à l’extérieur d’une hétérogénéité
ellipsoı̈dale comme une fonction des potentiels harmoniques et bi-harmoniques.
Tous ces travaux se sont limités au cas d’un massif infini.
Les solutions analytiques en termes de déplacements, de déformations et de
contraintes en espace semi-infini sont très difficiles à obtenir. En effet la for-
mulation mathématique est beaucoup plus complexe. La plupart du temps,
plusieurs hypothèses sont posées pour simplifier le problème. Mindlin [MIN 50]
considère un massif élastique semi-infini contenant une eigenstrain hydrosta-
tique ; Aderogba [ADE 76] suppose une hétérogénéité sphérique avec une ei-
genstrain arbitraire ; [CHI 77b, CHI 78a] a limité son analyse au cas des inclu-
sions cuboı̈dales avec une eigenstrain incompressible ; [SEO 70] suppose une
inclusion ellipsoı̈dale avec une eigenstrain purement sphérique.
Plusieurs études se sont intéressées à la concentration des contraintes due à la
présence des inclusions ou des hétérogénéités. Cependant, jusqu’à récemment,
le contact entre matériaux hétérogènes n’était pas résolu. Les auteurs suppo-
saient un contact Hertzien dans le cas du contact entre matériaux hétérogènes
[KAB 02, KAB 05] ou [COU 05]. L’effet d’une hétérogénéité unique de forme
ellipsoı̈dale sur un problème de contact 2D a été abordé par [KUO 07,
KUO 08]. La prise en compte des hétérogénéités dans le cas d’un contact 3D

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3. Massif élastique hétérogène

a été résolue par Nélias et co-auteurs [JAC 02a, FUL 11, LER 10, LER 11,
LER 13a], puis ensuite par [ZHO 1a]. Ces modèles sont basés sur les méthodes
semi-analytiques développées par [JAC 02b].
Dans ce chapitre, le cas des hétérogénéités isotropes inclinées et anisotropes
a été résolu. Le modèle a été validé par la méthode des éléments finis. Une
méthode numérique a été mise en œuvre pour la prise en compte de l’inter-
action entre plusieurs hétérogénéités. La méthode a été validée dans le cas
d’un revêtement élastique. Un accent particulier a été mis sur la réduction
du temps de calcul. Une nouvelle méthode de décomposition ainsi qu’une pa-
rallélisation du code de calcul ont été mises en œuvre. En combinant la nouvelle
méthode de décomposition et la parallélisation, il est possible d’avoir un gain
en terme de temps de calculs d’un facteur 11 sur (4 cœurs). Tous les ingrédients
sont désormais réunis pour résoudre le problème de contact entre matériaux
hétérogènes ou encore entre matériaux composites. Les temps de calculs sont
très bas comparés à des modèles éléments finis classiques.

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Formulation générale du problème de contact

3.2 Formulation générale du problème de


contact
On se place dans un repère de centre O, centré sur le contact. Le plan (O, ~x1 , ~x2 )
définit le plan de contact, et ~x3 l’axe vertical descendant (Fig. 2.1).
Le problème du contact normal entre deux corps, M 1 et M 2 avec M 2
hétérogène, consiste à résoudre simultanément deux équations et à satisfaire
une inéquation. Il est défini par :
– La conservation de la charge. La charge appliquée sur un massif en contact
W doit être égale à l’intégrale des pressions de contact p(x1 , x2 ) sur la zone
réelle de contact Γc : R
W = Γc p(x1 , x2 )dΓ (3.1)
– La déformée des deux massifs (M 1 et M 2) en contact :
(M 1+M 2)
h(x1 , x2 ) = hi (x1 , x2 ) + δ + u3 (x1 , x2 ) + u∗3 (x1 , x2 ) (3.2)

avec hi (x1 , x2 ) la distance initiale entre M 1 et M 2, δ est le déplacement rela-


(M 1+M 2)
tif des deux corps en contact M 1 et M 2, u3 (x1 , x2 ) est le déplacement

en surface et u3 le déplacement induit par la présence des hétérogénéités.
– Les conditions de contact sont :

h(x1 , x2 ) > 0
contact : hi (x1 , x2 ) = 0 et p(x1 , x2 ) > 0
séparation : hi (x1 , x2 ) > 0 et p(x1 , x2 ) = 0 (3.3)
Toute la difficulté de la résolution du contact entre matériaux hétérogènes
réside dans la détermination du champ de déplacement u∗3 et du champ de
contraintes σ induit par la présence des hétérogénéités. Dans la suite de ce
chapitre, nous tâcherons de détailler l’approche utilisée pour calculer σ et u∗3
ainsi que l’algorithme permettant de coupler le problème de contact et la prise
en compte des hétérogénéités.

3.3 Prise en compte des hétérogénéités


La méthode de l’inclusion équivalente d’Eshelby est utilisée pour prendre en
compte la présence d’hétérogénéités dans le massif semi-infini.

3.3.1 Solution en espace infini


La topologie du problème correspond à une inclusion Ω de constantes élastiques
I M
Cijkl noyée dans un milieu infini (matrice) D de constantes élastiques Cijkl .
0
L’ensemble est soumis à un chargement uniforme appliqué à l’infini ε ou

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3. Massif élastique hétérogène

σ 0 . Le champ de déformations élastiques en tout point du massif semi infini


est perturbé par la présence de l’hétérogénéité. Notons σij et ui respective-
ment le champ de contraintes et de déplacements induit par la présence de
l’hétérogénéité. La contrainte totale est σij +σij0 et le déplacement total ui +u0i .
On vérifie l’équation d’équilibre :

σij,j = 0 (3.4)

et σij = 0 à l’infini.
Si on se place dans le cadre de l’élasticité linéaire, les composantes du tenseur
des contraintes sont données par la loi de Hooke :

σij0 + σij = Cijkl


I
(u0k,l + uk,l ) = Cijkl
I
(ε0kl + εkl ) dans Ω

M
σij0 + σij = Cijkl M
(u0k,l + uk,l ) = Cijkl (ε0kl + εkl ) dans D − Ω (3.5)
La méthode de l’inclusion équivalente d’Eshelby consiste à remplacer
l’hétérogénéité par une inclusion ayant les même propriétés matériaux que
la matrice mais soumise à une déformation imaginaire appelée déformation
libre ou eigenstrain ε∗ donnée par la relation :

I
Cijkl M
(ε0kl + εkl ) = Cijkl (ε0kl + εkl − ε∗kl ) dans Ω (3.6)
L’équation d’équivalence (Eq.3.6) est une équation nécessaire et suffisante au
problème d’équivalence entre inclusion et hétérogénéité. Si la déformation ap-
pliquée est uniforme alors l’eigenstrain ε∗ij et la déformation induite εij sont
uniformes et reliées entre elles par la relation suivante, valide uniquement dans
Ω.

εij = Sijkl × ε∗kl , (3.7)


où Sijkl est le tenseur d’Eshelby. En remplaçant Eq.(3.7) dans Eq.(3.6) on
obtient :
∆Cijkl Sklmn ε∗mn + Cijkl
M ∗
εkl = −∆Cijkl ε0kl (3.8)
où

I M
∆Cijkl = Cijkl − Cijkl
Quand l’hétérogénéité contient une déformation inélastique (thermique, . . . )
initiale (inclusion hétérogène), les équations précédentes (Eq.3.6 - Eq.3.8) de-
viennent :
σij0 + σij = Cijkl
I
(ε0kl + εkl − εine
kl ) dans Ω

σij0 + σij = Cijkl


M
(ε0kl + εkl ) dans D − Ω (3.9)
en appliquant la méthode de l’inclusion équivalente d’Eshelby,

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Prise en compte des hétérogénéités

I ∗
Cijkl (ε0kl + εkl − εine ) = Cijkl
M
(ε0kl + εkl − εine
kl − εkl ) (3.10)
Ainsi,
I
σij = Cijkl (Sklmn ε∗∗
mn − ε
ine M
) = Cijkl (Sklmn ε∗∗ ∗∗
mn − εkl ) (3.11)
où

ε∗∗ = ε∗ + εine

Détermination du champ de déformation ε

La méthode d’Eshelby est valable uniquement dans le cas des déformations


uniformes appliquées à l’infini. Cependant dans les problèmes de contact les
déformations sont non uniformes. Moschovidis et Mura [MOS 75] ont étendu
les travaux d’Eshelby aux cas des déformations appliquées non-uniformes. De
manière générale quand la déformation appliquée est un polynôme d’ordre
n, l’eigenstrain correspondant sera également de degré n. Dans le cas d’une
hétérogénéité ellipsoı̈dale, si le champ appliqué est donné par :

ε0ij (x) = Eij0 + Eijk


0 0
xk + Eijkl xk xl + · · · . (3.12)
où les coefficients E 0 sont constants. L’eigenstrain est sous la forme :

ε∗ij (x) = Bij + Bijk xk + Bijkl xk xl + · · · . (3.13)


Le champ de déformation associé est donné par :

εij (x) = Dijkl (x)Bkl + Dijklq (x)Bklq + Dijklqr (x)Bklqr + · · · . (3.14)


Pour les points situés à l’intérieur de l’hétérogénéité, le tenseur Dijkl est
constant et Dijklq est linéaire en x. Les expressions de Dijkl , Dijklq et Dijklqr
sont données dans le livre de Mura [MUR 87a]. Dans le cadre de ce manuscrit,
on se limitera à une eigenstrain uniforme. Ainsi uniquement les coefficients
Dijkl seront calculés.

1
Dijkl = [Ψ,ijkl − 2νδkl φ,ij − (1 − ν)(δkl φil + δki φ,jl + δjl φ,ik + δli φ,jk )]
8π(1 − ν)
Z (3.15)
Ψ (x) = |x − x0 |dx0

Z
1
φ(x) = dx0
Ω |x − x0 |

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3. Massif élastique hétérogène

Les potentiels harmoniques et bi-harmoniques φ(x) et Ψ (x) s’expriment en


fonction des intégrales elliptiques E(θ0 , k) et F (θ0 , k) [GRA 65], où :
Z θ0
0
E(θ , k) = (1 − k 2 )1/2 dw
0

Z θ0
0 1
F (θ , k) = dw (3.16)
0 (1 − k )
2 1/2

1/2
a23

0 −1
θ = sin 1− 2
a1

3(a21 − a22 )
k= (3.17)
(a21 − a23 )
a1 , a2 , a3 étant les demi-axes de l’inclusion ellipsoı̈dale. Le tenseur d’Eshelby
Sijkl est obtenu à partir de l’équation Eq. (3.15) :

Sijkl = Dijkl (xI ) (3.18)


où
xI = (xI1 , xI2 , xI3 ) représente les coordonnées cartésiennes du centre de l’inclu-
sion.

3.3.2 Solution en espace semi-infini


Mura [MUR 87a] a introduit des méthodes qui permettent de déterminer l’ei-
genstrain dans le cadre d’un massif semi-infini. Les solutions qu’il obtient sont
assez complexes et ne sont valables que dans le cas d’une eigenstrain pure-
ment hydrostatique. Afin de se débarrasser de cette hypothèse simplificatrice
Zhou et al. [ZHO 09] ont proposé une méthode permettant d’étendre la solu-
tion d’Eshelby, valable uniquement en espace infini, à un espace semi-infini. La
méthode consiste donc à décomposer le problème entre trois sous-problèmes
(Fig. 3.1), connu sous le nom de décomposition de Chiu [CHI 78b].
– (1) Une inclusion avec une eigenstrain ε∗ = (ε∗11 ; ε∗22 ; ε∗33 ; ε∗12 ;
ε∗13 ; ε∗23 ) dans un espace infini
– (2) Une inclusion symétrique de la première par rapport à la surface libre
d’eigenstrain ε∗s = (ε∗11 ; ε∗22 ;
ε∗33 ; ε∗12 ; −ε∗13 ; −ε∗23 ) dans le même espace
– (3) Un champ de pression −σ n distribué sur la surface (x3 = 0). Ce champ
est généré par les eigenstrains ε∗ et ε∗s
La somme de ces deux solutions génère uniquement une contrainte normale
σ n sur la surface (x3 = 0). La contrainte en tout point du domaine maillé en
n1 × n2 × n3 cuboı̈des est donnée par :

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Prise en compte des hétérogénéités

𝜀∗

O 𝑥 ,𝑥
O 𝑥 ,𝑥 O 𝑥 ,𝑥
= + - O 𝑥 ,𝑥

𝜀∗

𝑥 ,𝑥 𝑥 ,𝑥
𝑥 ,𝑥 𝑥 ,𝑥

Figure 3.1 – Méthode de décomposition de Chiu.

3 −1 n
nX X2 −1 n
X1 −1

σij (x1 , x2 , x3 ) = Bijkl (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 − xI3 )ε∗kl (xI1 , xI2 , xI3 )
xI3 =0 xI2 =0 xI1 =0
3 −1 n
nX X2 −1 n
X1 −1

+ Bijkl (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 + xI3 )ε∗skl (xI1 , xI2 , −xI3 )


xI3 =0 xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X 1 −1

− Mij (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 )σ n (xI1 , xI2 , 0)


xI2 =0 xI1 =0
(3.19)
où Bijkl sont les coefficients d’influence qui relient les contraintes σij au point de
coordonnée (x1 , x2 , x3 ) à l’eigenstrain constante définie au centre de l’inclusion
de coordonnée (xI1 , xI2 , xI3 ). Ces coefficients sont reliés au tenseur Dijkl par :

M
Bijkl (x) = Cijmn Dmnkl (x) ∀ x ∈ D-Ω (3.20)

M
Bijkl (x) = Cijmn (Dmnkl (x) − Imnkl ) ∀ x ∈ Ω (3.21)

où : Iijkl = 12 (δil δjk + δik δjl ), est le tenseur identité d’ordre 4.
Dans le cas d’une inclusion unique centrée en (xI1 , xI2 , 0) dans l’espace semi-
infini, la contrainte surfacique σ n en un point (x1 , x2 , x3 ) de la surface est
donnée par :

σ n (x01 , x02 , 0) = − B33kl (x01 − xI1 , x02 − xI2 , −xI3 , )ε∗kl (xI1 , xI2 , xI3 )
(3.22)
− B33kl (x01 − xI1 , x02 − xI2 , xI3 , )ε∗skl (xI1 , xI2 , −xI3 )

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3. Massif élastique hétérogène

Dans l’équation 3.19, chaque composante du tenseur Mij () est obtenue par
une double intégration de Fij () sur 2∆x1 × 2∆x2 centrée en (xI1 , xI2 , 0).
Z xI1 +∆x1 Z xI2 +∆x2
Mij (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 ) = Fij (x1 − x01 , x2 − x02 , x3 )dx01 x02
xI1 −∆x1 xI2 −∆x2
(3.23)
La 3D-FFT est alors utilisée pour accélérer la résolution des sous-problèmes
(1) et (2) et la 2D-FFT pour le (3). On utilise les techniques de wrap around
et de zero-padding pour s’affranchir de l’erreur de périodicité induite par la
FFT [LIU 00b] (cf. chapitre2).

3.3.3 Déplacement normal dû aux hétérogénéités


Les déplacements normaux u∗3 dus aux hétérogénéités sont uniquement générés
par le champ de pression σ n permettant de créer une surface libre (massif semi-
infini).
2 −1 n
nX X1 −1

u∗3 (x1 , x2 ) = K3p (x1 − x01 , x2 − x02 )σ n (x01 , x02 ) (3.24)


x02 =0 x01 =0

L’effet d’une pression uniforme sur une surface rectangulaire a été ana-
lysé en détail par Love [LOV 52] et Johnson [JOH 85b]. Les coefficients K3p
représentent les coefficients d’influence reliant σ n en un point (x01 , x02 , 0) au
déplacement normal au point (x1 , x2 , 0).

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Prise en compte des hétérogénéités

3.3.4 Prise en compte de l’inclinaison de l’inclusion

Pour prendre en compte l’orientation de l’inclusion (Fig. 3.2), il faut respecter


les trois règles ci-dessous :
– Décomposition de Chiu : Compte tenu du fait que les orientations de l’in-
clusion (Fig.3.3) source et de l’inclusion miroir sont différentes, on a besoin
de deux familles différentes de coefficients. Ceci permet d’annuler les ci-
saillements à la surface libre x3 = 0. L’inclusion source et l’inclusion miroir
n’ayant pas les mêmes orientations, l’équation de calcul de contraintes fait
S
intervenir deux tenseurs différents : Bijkl (pour l’inclusion source) et Bijkl
(pour l’inclusion miroir).
Dans le cas des hétérogénéités inclinées, l’équation de calcul de contraintes
3.19 se réécrit :

3 −1 n
nX X2 −1 n
X 1 −1

σij (x1 , x2 , x3 ) = Bijkl (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 − xI3 )ε∗kl (xI1 , xI2 , xI3 )
xI3 =0 xI2 =0 xI1 =0
3 −1 n
nX X2 −1 n
X1 −1

+ S
Bijkl (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 + xI3 )ε∗skl (xI1 , xI2 , −xI3 )
xI3 =0 xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X 1 −1

− Mij (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 )σ n (xI1 , xI2 , 0)


xI2 =0 xI1 =0
(3.25)
Le calcul des champs de contraintes fait intervenir cette fois-ci 2 3D-FFT
S S
(Bijkl ,Bijkl ) et 2 3D-FFT inverse (Bijkl ,Bijkl ).
– Le wrap around : Dans la technique du wrap-around il faut tenir compte
de l’extension de la zone de calcul. Les symétries sur lesquelles sont basées
le wrap-around ne sont valables que dans le repère de l’inclusion. A chaque
point du maillage du repère de contact, il faudrait donc associer un point
image correspondant dans le repère de l’inclusion ainsi que les coefficients
de symétrie correspondant. Ceci est lié au fait que les méthodes FFT ne
pourront être utilisées que sur les grilles du repère de contact. Il faudrait
faire un transfert de champs des grilles du repère de l’inclusion vers les grilles
du repère du contact dans le cas des inclusions inclinées. Ci-dessous le type
de figure qu’on peut obtenir lorsqu’on ne prend pas en compte les bonnes
symétries (Fig.3.4).
– La dernière étape consiste à prendre en compte la bonne orientation pour
l’inclusion source et l’inclusion miroir. Ainsi donc on introduit deux matrices
de rotation basées sur la convention ZXZ des angles d’Euler, une pour
l’inclusion source et une autre pour l’inclusion miroir.

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3. Massif élastique hétérogène

W W


2
o x o x
y dz
α

2 2

z z

(a) (b)

Figure 3.2 – Contact Sphère/Plan en présence d’une hétérogénéité ellipsoı̈dale


inclinée. (a) Configuration 3D et (b) Configuration 2D.

3.3.5 Prise en compte de l’effet des hétérogénéités dans


l’algorithme de contact
Les contraintes calculées en sous-couche, à partir de la résolution du
contact normal et tangentiel, sont utilisées localement à l’échelle de chaque
hétérogénéité afin de déterminer leurs eigenstrains respectives à partir de la
méthode de l’inclusion équivalente d’Eshelby. Les hétérogénéités engendrent
des surcontraintes qui seront ajoutées aux contraintes élastiques engendrées
par le problème de contact. La géométrie de la surface de contact doit être
actualisée par l’ajout d’ eigen-displacements . Il faudra établir les relations
entre les  eigen-displacements  et les eigenstrains. Après convergence de ces
déplacements en surface, on actualise définitivement la géométrie de la sur-
face de contact. L’algorithme du couplage entre hétérogénéités élastiques et le
problème de contact normal/tangentiel est présenté à la figure 3.5.
Le modèle ainsi développé a été validé en utilisant la méthode éléments finis
[KOU 14b].

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Prise en compte des hétérogénéités

O ,
O , O ,
, = , + , - O ,
,

,
, ,
,

Figure 3.3 – Méthode de décomposition dans le cas d’une inclusion inclinée.

(a) (b) (c)

Figure 3.4 – Exemple de champs de contraintes obtenus dans le plan x2 = 0 quand


le wrap − around n 0 est pas réalisé correctement ; pour γ = E I /E M = 4 (avec
ν I = ν M = 0.3) pour une inclusion ellipsoı̈dale isotrope (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ ,
dx3 /a∗ = 0.4, θ = −30◦ ) ; (a) σ12 /P0 , (b) σ13 /P0 , et (c) σ13 /P0 .

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3. Massif élastique hétérogène

Contact Normal Contact Tangentiel


(Champs de pression)
(Champs de cisaillements)

Méthode de l’inclusion
équivalente
Contraintes élastiques en sous-
couches (3D-FFT)
Prise en compte hétérogénéité
miroir
Détermination de l’eigenstrain
ε*

Détermination de la surcontrainte
due à ε* (3D-FFT) Contraintes en surface

Déplacements induits par la


présence des hétérogénéités Déplacements ∗ et
U ∗ , U ∗ (éventuellement) contraintes induits par les
contraintes en surfaces.

Prise en
compte
Somme des contraintes puis des espace
déplacements
semi-infini

Convergence sur les


déplacements résiduels ?

Figure 3.5 – Algorithme de résolution lié à la décomposition de Chiu.

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Validation du modèle développé

3.4 Validation du modèle développé


Les développements réalisés dans le cadre d’une hétérogénéité iso-
trope/anisotrope inclinée ont été validés en utilisant un modèle Eléments Finis
(Abaqus v6.11). Cette partie décrit rapidement le modèle EF, ainsi que les
comparaisons entre ce dernier et le Code Semi- Analytique. La configuration
EF est présentée à la figure 3.6. On considère un contact entre une sphère rigide
et un solide semi infini contenant une inclusion ellipsoı̈dale située à une profon-
deur dx3 . Afin d’avoir une bonne description de l’interface inclusion/matrice,
l’inclusion est définie en réalisant une partition dans le repère local relié au
repère du contact par une rotation de 30◦ autour de l’axe x2 (Fig. 3.7). Les
dimensions de la sphère et du solide semi-infini sont données dans le Tableau
3.1.

Sphere

Subsurface layer

Solid Inclusion

Figure 3.6 – Modèle EF utilisé pour la validation.

𝑥1
𝑜 30o
𝑥1

30o
𝑥2 = 𝑥2,
𝑥3 𝑥3,

Figure 3.7 – Repère local.

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3. Massif élastique hétérogène

Table 3.1 – Géométrie des corps en contact

Région Géométrie(mm)
Sphère R=31
Solide L1 = L2 = L3 = 60

Table 3.2 – Propriétés géométriques de l’inclusion ellipsoı̈dale (Cas de référence)

Géométrie Position
a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ dx3 = 0.4a∗

Les propriétés géométriques et la position du centre de l’inclusion sont norma-


lisées par la demi-largeur du contact notée a∗ (Tableau 3.2).
Une stratégie particulière de maillage a été mise en place. Une partie nommée
”couche de subsurface” est maillée en utilisant 30, 250 éléments hexaédriques
linéaires (C3D8) de taille 0.02a∗ , alors que le reste du solide est maillé avec
1, 088, 349 éléments tétraédriques linéaires (C3D4). La demi-sphère contient
39, 671 éléments tétraédriques quadratiques (C3D10). Enfin l’inclusion est
constituée de 11, 009 éléments tétraédriques linéaires (C3D4).
Une force ponctuelle d’une valeur FN = 10000N est appliquée à la sphère.
La demi-largeur du contact de Hertz correspondant à ce chargement est a∗ =
1mm. Trois calculs ont été réalisés.
– Le premier correspond à un massif homogène : validation entre le modèle EF
et le Code Semi-Analytique dans le cadre de la théorie classique de Hertz.
– Le second correspond à une inclusion ellipsoı̈dale inclinée : validation des
développements liés à l’inclusion isotrope inclinée.
– Le dernier considère une inclusion ellipsoı̈dale élastique orthotrope : valida-
tion du modèle lié à l’anisotropie des inclusions.
Les propriétés matériaux de l’inclusion, du solide semi-infini et de la sphère
sont données dans le Tableau 3.3.
Le résultat des comparaisons entre le code semi-analytique et la méthode des
éléments finis est présenté à la figure 3.8.
On obtient une très bonne corrélation entre le code semi-analytique et le
modèle EF. Ce qui valide ainsi les développements réalisés dans le cadre de
l’inclusion isotrope/anisotrope inclinée. Dans la suite du document quelques
résultats académiques seront présentés.

Comparaison du temps CPU

Le modèle éléments finis est un peu lourd, il s’agit d’un modèle à 1.5 × 106 de
ddls. Le choix d’un modèle pareil est justifié principalement pour 2 raisons :
– Pour éviter l’influence des conditions limites sur le problème de contact,
il faut que les dimensions des corps en contact soient au moins 20 fois

82

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Validation du modèle développé

Table 3.3 – Propriétés Matériaux

Région Propriétés Matériaux


Sphère E S = 1010 GPa, ν S = 0.3
Solide E M = 210 GPa, ν M = 0.3
Hétérogénéité cas 1 (Isotrope) E I = 210 GPa, ν I = 0.3
cas 2 (Isotrope) E I = 840 GPa, ν I = 0.3
cas 3 (Orthotrope) E1I = 210 GPa, E2I = 623 GPa, E3I = 50 GPa
µI12 = 83 GPa, µI13 = 400 GPa, µI23 = 20 GPa
I I I
ν12 = 0.15, ν13 = 0.26, ν23 = 0.40

1.25 1.25 1.25

1 1 1

0.75 0.75 0.75


P/P0 P/P0 P/P0
0.5 0.5 0.5

0.25 0.25 0.25

SAM result SAM result SAM result


FEM result FEM result FEM result
0 0 0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b) (c)

Figure 3.8 – Comparaison entre la méthode semi analytique (SAM) et la méthode


des éléments finis (EF) ; (a) Contact Hertzien, (b) Hétérogénéité isotrope inclinée et
(c) Hétérogénéité orthotrope inclinée.

supérieures à la zone de contact


– Un maillage plus ou moins fin est indispensable pour décrire finement le
problème hétérogène.
– Il faut un modèle 3D pour décrire le contact hétérogène (hétérogénéité
anisotrope). Dans le cas purement homogène et isotrope un modèle axi-
symétrique peut être utilisé.
Le maillage du code SA comprend 106 points, i.e. 100×100×100. La simulation
des deux modèles (SA et EF) a été réalisée sur le même PC, un processeur
Intel-Core i5-3210M @2.5GHz. Le tableau 3.4 présente le temps CPU pour les
2 méthodes. La méthode SA utilise la décomposition de Chiu (section 3.3.2).
Le ratio de temps CPU entre les deux méthodes en termes de temps CPU est
de 1 : 8. Il faut toutefois rappelé que la simulation EF a été réalisée avec le
code commercial Abaqus v6.11 et que le modèle EF considéré est un modèle
3D.

83

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3. Massif élastique hétérogène

Table 3.4 – Comparaison du temps CPU

Méthode Eléments Finis Code SA(méthode de Chiu)


Temps CPU 44260s(∼ 12h18min) 5760s(∼ 1h36min)

3.5 Résultats et étude paramétrique


Les résultats se limiteront à un cas purement académique. Les propriétés
matériaux sont choisies arbitrairement.
Considérons un contact normal entre un indenteur sphérique et un solide
élastique semi-infini contenant une inclusion.
L’indenteur de rayon R = 31mm est soumis à une force normale FN = 10000N .
Le module de Young et le coefficient de Poisson de l’espace semi-infini sont
respectivement : E M = 210GP a et ν M = 0.3 (le module de compressibilité et
de cisaillement correspondants sont : k M = 175GP a, µM = 80.77GP a).
Pour rappel,

E
k= (3.26)
3(1 − 2ν)

E
µ= (3.27)
2(1 + ν)
La pression équivalente de Hertz correspondant à cette configuration est :
P0 = 4750M P a et la demi-largeur de contact a∗ = 1mm. On étudie donc
l’effet de l’inclusion sur la pression de contact et les contraintes en sous-couche.
L’étude sera faite ici sur une hétérogénéité unique de forme ellipsoı̈dale de
demi-axes a1 = 0.4a∗ , a2 = 0.1a∗ , a3 = 0.1a∗ et située à une profondeur
dx3 = 0.3a∗ .

3.5.1 Hétérogénéité isotrope


L’effet d’une hétérogénéité isotrope sur la distribution des champs de pression
et de contrainte sera étudié. L’analyse sera divisée en trois grandes parties :
– Effet du rapport de module de Young γ = E I /E M pour ν I = ν M = 0.3 ;
– Effet du rapport du module de compressibilité δ = k I /k M pour µI = µM =
80.77GP a ;
– Effet du rapport du module de cisaillement η = µI /µM pour k I = k M =
175GP a.

[Link] Influence du module de Young


Le coefficient de Poisson est choisi égal à ν I = 0.3. Le tenseur des modules
d’élasticité de l’hétérogénéité est alors donné par :

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Résultats et étude paramétrique

I EI νI EI
Cijkl = δij δkl + (δik δjl + δil δjk ) (3.28)
(1 + ν I )(1 − 2ν I ) 2 × (1 + ν I )
ν I = νM et E I = γE M (3.29)
I M
Cijkl = γCijkl
I M M
∆C = Cijkl − Cijkl = (γ − 1)Cijkl (3.30)
L’équation (3.10) devient :
M
(γ − 1)Cijkl M ∗
Sklmn ε∗mn + Cijkl M 0
εkl = (1 − γ)Cijkl εkl (3.31)

La figure 3.9 présente les champs de pression normalisés par la pression de


Hertz. Le cas d’une inclusion parallèle à la surface de contact est présenté à la
figure 3.9a (θ = 0). La figure 3.9b présente le cas incliné θ = 45◦ .

5.5
1.5 γ →0
γ →0 γ = 0.5
γ = 0.5 5
γ =1
γ =1 γ =2
1.25 γ =2 4.5 γ →∞
γ →∞
4
1 3.5

P /P0 P/P0 3
0.75
2.5
2
0.5
1.5

0.25 1
0.5
0 0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 3.9 – Distribution de la pression de contact normalisée pour différentes


valeurs de γ = E I /E M (avec ν I = ν M = 0.3) dans le cas d’une hétérogénéité
isotrope ellipsoı̈dale (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.3a∗ ) ; (a) θ = 0 et (b)
θ = 45◦ .

On remarque que la pression de contact augmente considérablement dans le


cas des hétérogénéités dures γ > 1. Et inversement les hétérogénéités molles
γ < 1 réduisent localement la distribution de pression.
Par exemple sur la figure 3.9a, γ → ∞ correspond à une augmentation de
la pression de 24.3% alors que le cas (γ → 0) entraine une réduction de la
pression de 32.12%. Le cas référence étant celui correspondant au cas Hertzien
c’est-à-dire à un massif homogène γ = 1.

85

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3. Massif élastique hétérogène

4
θ = 00
θ = 300
3.5 θ = 600
θ = 900
θ = 1050
3

2.5

P /P0 2
1.5

0.5

0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗

Figure 3.10 – Distribution de la valeur adimensionnée de la pression de contact


pour différents angles θ dans le cas d’une hétérogénéité ellipsoı̈dale isotrope dure
(γ = 4) de demi-axes (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ ).

Dans le cas d’une inclusion inclinée rigide (γ → ∞ et θ = 45◦ , voir Fig.


3.9b), une forte augmentation du maximum de la pression de contact peut
être observée. Dans notre cas ce pic correspond à 5 fois la pression équivalente
de Hertz. Lorsque (γ → 0), la pression de contact tend localement vers 0.
L’influence de l’angle d’orientation θ de l’inclusion est également étudiée dans
le cas d’une hétérogénéité dure : (γ = 4), (figure 3.10). Lorsque θ 6= 0 les
champs de pression et de contraintes en sous-couche perdent la symétrie par
rapport au plan x1 = 0. Quand l’angle θ tend vers 90◦ , hétérogénéité est très
proche de la surface, la surpression est 245.47% fois supérieure au cas θ = 0.
La figure 3.11 montre la distribution de pression pour différentes profondeurs.
On remarque que lorsque dx3 /a∗ dépasse 0.7, l’influence de l’hétérogénéité sur
le champ de pression peut être négligée.
Le Code Semi-Analytique permet également d’avoir accès aux champs de
contraintes en sous-couche (figures 3.12 et 3.13). Les contraintes en sous-couche
augmentent si l’inclusion devient de plus en plus rigide, et inversement dimi-
nuent dans le cas des hétérogénéités molles.
Une étude a été également faite sur la contrainte normale et le cisaillement
à l’interface fibre/matrice. Ceci est important lorsque l’on s’intéresse à la
décohésion des fibres. Quand le point M décrit l’interface Fibre/Matrice (fig
3.2b), l’angle ξ varie de 0◦ à 360◦ . Les figures 3.14 et 3.15 présentent la
contrainte normale et la contrainte tangentielle à l’interface fibre/matrice en
fonction de l’angle ξ pour différentes valeurs du rapport de module de Young.
Dans ce cas précis, il est à noter que la contrainte normale est négative, ce qui
voudrait dire que l’interface de l’hétérogénéité est sollicitée en compression.

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Résultats et étude paramétrique

Pour des hétérogénéités rigides (γ → ∞) la valeur maximale du cisaillement à


l’interface hétérogénéité/matrice, atteint 0.69P0 dans le cas de l’hétérogénéité
ellipsoı̈dale (Fig. 3.14). Cette valeur est légèrement plus élevée (0.86P0 ) dans
le cas de l’hétérogénéité sphérique (Fig. 3.15). Il est également important de
remarquer que le maximum de la contrainte normale se situe à ξ = 90◦ alors
que le maximum du cisaillement est situé à ξ = 45◦ . Les lois de décohésion
fibre/matrice doivent prendre en compte à la fois la contrainte normale et la
contrainte tangentielle.

[Link] Effet du module de compressibilité


Dans cette partie on ne s’intéresse qu’à l’effet du module de compressibilité
(µI = µM = 80.77GP a). Physiquement, ce coefficient du tenseur d’élasticité
caractérise la variation de volume. Pour ce faire, on choisit δ = k I /k M . Dans ce
cas précis, en considérant une hétérogénéité de forme sphérique, l’eigenstrain
sera purement hydrostatique. En particulier, δ → ∞ et δ → 0 correspondent
à faire tendre respectivement le coefficient de Poisson ν → 0.5 et ν → −1.
I
Compte tenu du fait que le tenseur Cijkl est isotrope, il peut se décomposer
sur la base des tenseurs isotropes J et K [BER 10].
I
Cijkl = 3k I Jijkl + 2µI Kijkl (3.32)

où : Jijkl = 13 δij δkl et Kijkl = Iijkl − Jijkl


Iijkl = 21 (δil δjk + δik δjl ), est le tenseur identité d’ordre 4. Jijkl εkl =
εkk
δ (partie sphérique), et Kijkl εkl = eij (partie déviatorique). Les tenseurs
3 ij
J et K présentent d’autres propriétés :

J :J =J
K:K=K
J :K=K:J =0
J : I2 = I2 : J = I2
K : I2 = I2 : K = 0 (3.33)

où : (I2 )ij = δij est le tenseur identité d’ordre 2.

µI = µM , k I = δk M (3.34)

I M
∆Cijkl = Cijkl − Cijkl = 3(k I − k M )Jijkl = 3(δ − 1)k M Jijkl (3.35)
L’équation (3.10) devient :

3(δ − 1)k M Jijkl Sklmn ε∗mn + Cijkl


M ∗
εkl = −3(δ − 1)k M Jijkl ε0kl (3.36)

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3. Massif élastique hétérogène

M ∗
(δ − 1)k M δij Skkmn ε∗mn + Cijkl εkl = −(δ − 1)k M δij ε0kk (3.37)
où ε0kk représente la partie sphérique de ε0kl .
Les figures 3.16a et 3.16b présentent la pression de contact adimensionnée pour
différentes valeurs du ratio δ.
On observe une augmentation locale de la distribution du champ de pression
quand le matériau tend à devenir incompressible (i.e. quand k I ou δ → ∞).
Le pic de pression est moins élevé dans le cas d’une inclusion parallèle à la
surface (θ = 0, Fig. 3.16a) en comparaison avec le cas (θ = 45◦ , Fig. 3.16b).
Une surpression tout à fait non négligeable peut être générée du seul fait de
l’augmentation du module de compressibilité.

[Link] Effet du module de cisaillement


Ici le module de compressibilité de l’hétérogénéité est choisi identique à celui de
la matrice k I = k M = 175GP a. Quand l’hétérogénéité est de forme sphérique,
l’eigenstrain est purement déviatorique. Le ratio η = µI /µM définit le ratio
entre le module de cisaillement de l’hétérogénéité et celui de la matrice. Le
I
tenseur Cijkl s’écrit :

I
Cijkl = 3k I Jijkl + 2µI Kijkl (3.38)
k I = k M , µI = ηµM (3.39)
I M
∆Cijkl = Cijkl − Cijkl = 2(η − 1)µM Kijkl (3.40)
L’équation (3.10) devient :

2(η − 1)µM Kijkl Sklmn ε∗mn + Cijkl


M ∗
εkl = −2(η − 1)µM e0ij (3.41)

où e0ij représente la partie déviatorique de ε0ij .


Les figures 3.17a et 3.17b présentent l’effet de la valeur adimensionnée du
module de cisaillement η, sur la distribution de pression. Il est important de
remarquer que les évolutions du champ de pression pour différentes valeurs de
η (Fig. 3.17) et de γ (Fig. 3.9) sont assez similaires. Les effets du module de
cisaillement et du module de Young sont d’ordre 1 alors que l’effet du module
de compressibilité est d’ordre 2. Toutefois, la surpression générée par le module
de compressibilité est assez élevée pour ne pas être négligée.

3.5.2 Hétérogénéité anisotrope


Dans cette partie, des propriétés anisotropes seront considérées pour les
hétérogénéités. L’analyse se limitera ici au cas d’un matériau orthotrope. Les
coefficients d’élasticité dans le repère d’orthotropie Rorthotropie sont donnés par :
E1I = 210GP a, E2I = 623GP a, E3I = 50GP a, µI12 = 83GP a, µI13 = 400GP a

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Résultats et étude paramétrique

µI23 = 20GP a, ν12 I I


= 0.15, ν13 I
= 0.26, et ν23 = 0.4. L’orientation θ de l’inclusion

est prise égale à 45 .
Les angles d’Euler de type ZXZ ont été introduits (Fig. 3.18) afin d’établir
une correspondance entre le repère d’orthotropie et le repère du contact en
utilisant trois rotations (ϕ,θ,ψ) autour des axes de contact (x1 ,x2 ,x3 ).
Quatre orientations différentes du repère d’orthotropie seront considérées :
– Cas 1 : ϕ = 0◦ , θ = 0◦ , ψ = 0◦ , les axes d’orthotropie coı̈ncident avec le
repère du contact ;
– Cas 2 : ϕ = 90◦ , θ = 45◦ , ψ = 90◦ , les axes d’orthotropie coı̈ncident avec les
axes de l’ellipsoı̈de.
– Cas 3 : ϕ = 45◦ , θ = 60◦ , ψ = 30◦ .
– Cas 4 : ϕ = −30◦ , θ = 45◦ , ψ = 30◦ .
La figure 3.19 présente la distribution des champs de pression dans le plan
x1 = 0 et x2 = 0.
On observe que l’effet de l’hétérogénéité sur le problème de contact
varie énormément en fonction de l’orientation du repère d’orthotropie.
L’hétérogénéité peut se comporter comme une hétérogénéité dure (Cas 1 et
4), ou une hétérogénéité molle (Cas 2 et 3). Ceci est lié essentiellement au
fait que dans les Cas 1 à 4 l’expression du tenseur Cijkl dans le repère du
contact varie énormément. Cette remarque en effet évidente, montre cepen-
dant l’intérêt de prendre en compte les bonnes orientations matériaux dans la
résolution du problème de contact.

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3. Massif élastique hétérogène

1.25
dx3 /a∗ = 0.25
dx3 /a∗ = 0.3
dx3 /a∗ = 0.4
dx3 /a∗ = 0.5
1 dx3 /a∗ = 0.6
dx3 /a∗ = 0.7

P/P0 0.75

0.5

0.25

0
−2 −1 0 1 2
x1 /a∗
(a)

1.25
dx3 /a∗ = 0.25
dx3 /a∗ = 0.3
dx3 /a∗ = 0.4
dx3 /a∗ = 0.5
1 dx3 /a∗ = 0.6
dx3 /a∗ = 0.7

P/P0 0.75

0.5

0.25

0
−2 −1 0 1 2
x1 /a∗
(b)

Figure 3.11 – Distribution de la valeur adimensionnée des champs de pression


pour différentes valeurs de dx3 /a∗ pour une cavité ellipsoı̈dale (a1 = 0.3a∗ , a2 =
a3 = 0.1a∗ , γ → 0) ; (a) θ = 0 et (b) θ = 45◦ .

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Résultats et étude paramétrique

(a) (b)

(c)

Figure 3.12 – Contrainte σ33 /P0 dans le plan x2 = 0 pour différentes valeurs
de γ = E I /E M (avec ν I = ν M = 0.3) pour une inclusion ellipsoı̈dale isotrope
(a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 /a∗ = 0.4, θ = 30◦ ) ; (a) γ = 0.25, (b) γ = 4, et (c)
γ → ∞.

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3. Massif élastique hétérogène

(a) (b)

(c)

Figure 3.13 – Contrainte σ13 /P0 dans le plan x2 = 0 pour différentes valeurs
de γ = E I /E M (avec ν I = ν M = 0.3) pour une inclusion ellipsoı̈dale isotrope
(a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 /a∗ = 0.4, θ = 30◦ ) ; (a) γ = 0.25, (b) γ = 4, et (c)
γ → ∞.

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Résultats et étude paramétrique

0.5 1

0
0.5
−0.5

−1
σn /P0 τ /P0 0
−1.5

−2
−0.5

−2.5 γ = 0.25 γ = 0.25


γ=4 γ=4
γ→∞ γ→∞
−3 −1
0 60 120 180 240 300 360 0 60 120 180 240 300 360
ξ(degre) ξ(degre)
(a) (b)

Figure 3.14 – Contrainte normale et cisaillement (σn /P0 et τ /P0 ) dans le plan
x2 = 0 pour différentes valeurs de γ = E I /E M , pour une inclusion ellipsoı̈dale
isotrope (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 /a∗ = 0.4, θ = 30◦ ) ; (a) σn /P0 et (b)
τ /P0 .

0.5 1.5

0 1

−0.5
0.5

−1
σn /P0 τ /P0 0
−1.5
−0.5
−2

−1
−2.5 γ = 0.25 γ = 0.25
γ=4 γ=4
γ→∞ γ→∞
−3 −1.5
0 60 120 180 240 300 360 0 60 120 180 240 300 360
ξ(degre) ξ(degre)
(a) (b)

Figure 3.15 – Contrainte normale et cisaillement (σn /P0 et τ /P0 ) dans le plan
x2 = 0 pour différentes valeurs de γ = E I /E M , pour une inclusion sphérique (a1 =
a2 = a3 = 0.2a∗ , dx3 /a∗ = 0.3) ; (a) σn /P0 et (b) τ /P0 .

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3. Massif élastique hétérogène

1.25 1.5
δ →0 δ →0
δ = 1/2 δ = 1/2
δ =1 δ =1
δ =2 1.25 δ =2
1 δ →∞ δ →∞

1
0.75
P /P0 P /P0
0.75

0.5
0.5

0.25
0.25

0 0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 3.16 – Étude de l’influence du rapport δ = k I /k M sur les champs de pression


pour une hétérogénéité ellipsoı̈dale isotrope (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 =
0.3a∗ ) ; (a) θ = 0 et (b) θ = 45◦ .

1.5 5
η →0 η →0
η = 1/2 4.5 η = 1/2
η =1 η =1
1.25 η =2 η =2
η →∞ 4 η →∞
3.5
1
3

0.75 2.5
P /P0 P /P0 2
0.5
1.5

1
0.25
0.5

0 0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 3.17 – Étude de l’influence du rapport η = µI /µM sur les champs de pression
pour une hétérogénéité ellipsoı̈dale isotrope (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 =
0.3a∗ ) ; (a) θ=0 et (b) θ=45◦ .

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Résultats et étude paramétrique

x3contact x3contact x3contact orthotropic


𝜃 x2’’ x3orthotropic 𝜃
x2
x3’
x2’
x2contact
contact
x2contact x2 𝜑
𝜓
x1orthotropic
𝜑 𝜑
x1contact x1’ x1contact x1’ x1contact x1c’

Figure 3.18 – Angles d’Euler.

1.5 1.5
Hertz Hertz
Cas 1 Cas 1
Cas 2 Cas 2
1.25 Cas 3 1.25 Cas 3
Cas 4 Cas 4

1 1

P /P0 P /P0
0.75 0.75

0.5 0.5

0.25 0.25

0 0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x2 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 3.19 – Profils de la distribution de pression pour une hétérogénéité aniso-


trope ellipsoı̈dale (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 45◦ ) ; (a) dans le
plan x1 = 0 et (b) dans le plan x2 = 0.

95

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3. Massif élastique hétérogène

La prise en compte des hétérogénéités dans la résolution des problèmes de


contact a été présentée jusqu’ici exclusivement dans le cas du contact normal
et des hétérogénéités ellipsoı̈dales. Le paragraphe suivant présentera des cas
connexes qui s’inspirent fortement de ce qui a été présenté jusqu’ici. Ces cas
connexes comprendront des hétérogénéités de formes cubiques ainsi que le
contact tangentiel hétérogène.

3.6 Cas connexes


3.6.1 Hétérogénéités cubiques
La prise en compte des hétérogénéités cubiques s’inspirent fortement de ce qui a
été présenté aux paragraphes 3.3.1,3.3.2 et 3.3.3. Seul le calcul du tenseur Dijkl
d’ordre 4 change. En effet les fonctions potentiels φ(x) et ψ(x) de l’équation
3.15, seront données, dans le cas des hétérogénéités cubiques par [MAC 58].
Les expressions mathématiques seront rappelées ci-dessous.

8
X
φ (x) = E (cn ) (3.42)
n=1
X8
ψ (x) = F (cn ) (3.43)
n=1

avec

E =c1 c2 log (R + c3 ) + c2 c3 log (R + c1 ) + c3 c1 log (R + c2 ) (3.44)


      
1 2 −1 c2 c3 2 −1 c3 c1 2 −1 c1 c2
− c tan + c2 tan + c3 tan (3.45)
2 1 c1 R c2 R c3 R
1 1
R2 − c21 c2 c3 log (R + c1 )
 
F = c1 c2 c3 R + (3.46)
4 6
+ R2 − c22 c3 c1 log (R + c2 ) + R2 − c23 c1 c2 log (R + c3 )

(3.47)
      
1 4 −1 c2 c3 4 −1 c3 c1 4 −1 c1 c2
− c tan + c2 tan + c3 tan (3.48)
12 1 c1 R c2 R c3 R

et
p
R= c1 2 + c2 2 + c3 2 (3.49)

Le vecteur c = (c1 , c2 , c3 ) est défini par les équations suivantes,

96

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Cas connexes

x3

2a3
x1

2a2
x2

2a1

Figure 3.20 – Hétérogénéité parallélépipédique rectangle [LER 13a].

c1 = (x1 − a1 , x2 − a2 , x3 − a3 )
c2 = (x1 + a1 , x2 − a2 , x3 − a3 )
c3 = (x1 + a1 , x2 + a2 , x3 − a3 )
c4 = (x1 − a1 , x2 + a2 , x3 − a3 ) (3.50)
c5 = (x1 − a1 , x2 + a2 , x3 + a3 )
c6 = (x1 − a1 , x2 − a2 , x3 + a3 )
c7 = (x1 + a1 , x2 − a2 , x3 + a3 )
c8 = (x1 + a1 , x2 + a2 , x3 + a3 )

Ces fonctions potentiels ont été implémentées dans le code de calcul par Julien
Leroux [LER 13a] dans sa thèse.
Soit un contact entre une sphère rigide de rayon R = 31mm, soumis à une
force normale FN = 10000N , et un solide élastique semi-infini contenant une
hétérogénéité de forme cubique. Le module de Young et le coefficient de Poisson
de l’espace semi-infini sont respectivement : E M = 210GP a et ν M = 0.3.
Les propriétés matériaux du cube sont anisotropes cubiques, E I = 420GP a,
µI = 14GP a, ν I = 0.45, E I 6= 2 × µI × (1 + ν I )
Les champs de pression et de contraintes sont présentés respectivement dans
les figures 3.21 et 3.22. La particularité des hétérogénéités cubiques réside
dans le fait que les coins du cube agissent parfois comme des concentrateurs
de contraintes.

3.6.2 Hétérogénéités et contact tangentiel


Il est possible de prendre en compte l’effet des hétérogénéités dans la résolution
du contact tangentiel.
En présence des hétérogénéités, les équations du problème de contact tangen-

97

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3. Massif élastique hétérogène

1.4

1.2

0.8
P /P0
0.6

0.4

0.2

0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗

Figure 3.21 – Distribution de la valeur adimensionnée de la pression de contact


dans le cas d’une hétérogénéité de forme cubique (a = 0.12a∗ ), avec des propriétés
anisotropes cubiques.

tiel peuvent se réécrire sous la forme :

∆sτ (x1 , x2 )
qτ (x1 , x2 ) = −µ · p(x1 , x2 ) · ∀(x1 , x2 ) ∈ Γsl
k ∆sτ (x1 , x2 ) k
tot ∗ ∗
∆uτ (x1 , x2 ) + u1 (x1 , x2 ) + u2 (x1 , x2 ) − ∆δτ = ∆sτ (x1 , x2 ) ∀(x1 , x2 ) ∈ Γsl
k qτ (x1 , x2 ) k< µ · p(x1 , x2 ) ∀(x1 , x2 ) ∈ Γst
∆uτ (x1 , x2 ) + u∗1 (x1 , x2 ) + u∗2 (x1 , x2 ) − ∆δτ = 0
tot
∀(x1 , x2 ) ∈ Γst
P
q(x1 , x2 )S = Qτ
Γp

Γsl ∪ Γst = Γc (3.51)

où le domaine Γst définit la zone en adhérence (stick) et Γsl la zone de glisse-
ment (slip).
Les champs de déplacements tangentiels u∗i sont à la fois causés par les eigens-
trains et par le champ de pression σn . Les champs u∗i sont donnés par :

XXX  0 0
  0 0 0
u∗i (x1 , x2 ) = u
Dikl x1 − x1 , x2 − x2 , x3 ε∗kl x1 , x2 , x3
x3 x2 x1
XXX  0 0
  0 0 0
us
+ Dikl x1 − x1 , x2 − x2 , x3 εs∗
kl x1 , x2 , x3
x3 x2 x1
XX  0 0
  0 0

+ Kip x1 − x1 , x2 − x2 σ n
x1 , x2
x2 x1
(i = 1, 2) (3.52)

98

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Cas connexes

(a) (b)

(c)

Figure 3.22 – Champs de contraintes obtenus dans le plan x2 = 0 pour une


hétérogénéité de forme cubique. (a) σ13 /P0 , (b) σ22 /P0 , et (c) σ33 /P0 .

u
Le tenseur d’ordre 3 Dikl est donné par :

u 1
Dikl = (ψ,kli − 2νδkl φ,i − 2 (1 − νm ) [φ,k δij + φ,j δik ]) (3.53)
8π (1 − ν)
Les fonctions potentiels φ et ψ sont données soit par [MUR 87a] dans le cas
des hétérogénéités de formes ellipsoı̈dales, soit par [MAC 58] dans le cas des
hétérogénéités parallélépipédiques rectangles.
L’algorithme de la figure 3.5 peut toujours s’utiliser, pour faire un couplage
entre hétérogénéités, contact normal et contact tangentiel.

99

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3. Massif élastique hétérogène

L’approche présentée depuis le début de ce chapitre ne se limitait qu’au cas


d’une inclusion unique. La prochaine partie se consacrera à la prise en compte
de plusieurs hétérogénéités dans les problèmes de contact.

3.7 Prise en compte de plusieurs


hétérogénéités
3.7.1 Equations du problème
Ici il s’agira de prendre en compte plusieurs hétérogénéités (Fig. 3.23) ainsi
que les interactions mutuelles entre
A toutes
- A ces hétérogénéités.
W


2
o x1

x3

Figure 3.23 – Contact dans le cas de plusieurs hétérogénéités.

De manière générale, il est également possible de prendre en compte des


hétérogénéités contenant une déformation inélastique initiale. Ce cas de fi-
gure se rencontre assez souvent dans la modélisation des revêtements avec une
déformation initiale, permettant d’introduire des contraintes résiduelles dues
au procédé.
Si on considère le problème initial de la figure (Fig. 3.23), la déformation totale
ε en tout point appartenant à une hétérogénéité comporte une partie élastique
εe et une partie inélastique εine .

εeij = εij − εine


ij (3.54)
La loi de Hooke donne
ψ ψ −1
σij = Cijkl (εkl − εine ine
kl ) ⇒ εij = (Cijkl ) σkl + εij , (ψ = 1, 2, . . . , n)

100

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Prise en compte de plusieurs hétérogénéités

Si le problème équivalent est considéré, la déformation élastique s’écrit alors :

εeij = εij − ε∗ij − εine


ij (3.55)
La contrainte en tout point appartenant à l’inclusion équivalente s’écrit :

σij = Cijkl (εkl − ε∗kl − εine


kl ) (3.56)
En combinant les équations 3.55 et 3.56 :

ψ ∗ ψ −1 ∗
Cijkl (εkl −εine ine
kl ) = Cijkl (εkl −εkl −εkl ) ⇒ σij = Cijkl ((Cklmq ) σmq −εkl ) (3.57)

Le tenseur σij peut s’écrire en tout point de l’inclusion :

σij = σij∗ + σijine + σij0 (3.58)


où :
σij∗ est l’eigenstress induite par la présence de l’eingenstrain ε∗ij . σijine est l’ei-
genstress induite par εine 0
ij . σij est la déformation macroscopique appliquée.
Ainsi en combinant les équations 3.57 et 3.58 on obtient :

ψ ψ
σij∗ −Cijkl ((Cklmq )−1 σmq

−ε∗kl ) = Cijkl (Cklmq )−1 (σmq
ine 0
+σmq )−σijine −σij0 , (ψ = 1, 2, . . . , n)
(3.59)
L’équation 3.59 est nécessaire mais pas suffisante pour la résolution du
problème d’hétérogénéités multiples.
Elle n’est pas résolvable en l’état. Il s’agit là d’une équation à deux inconnues.
Il faudrait pour cela trouver une relation entre σ ∗ et ε∗ ainsi qu’entre σ ine et
εine .
Pour ce faire, une méthodologie numérique proposée initialement par [ZHO 11]
puis reprise ensuite par [LER 13a] sera utilisée :

3.7.2 Méthodologie numérique


Le massif semi-infini contient n inclusions hétérogènes Ωψ (ψ = 1, 2, ..., n) et
est discrétisé en N1 × N2 × N3 cubes identiques de taille ∆x1 × ∆x2 × ∆x3 .
La forme discrétisée de l’équation 3.59 peut s’écrire sous la forme :

−1 ∗ −1p
I
(Cα,β,γ CM − I d )σα,β,γ I
+ Cα,β,γ ε∗α,β,γ = (I d − Cα,β,γ
I
C M )(σα,β,γ
0
+ σα,β,γ ),
(0 ≤ α ≤ N1 − 1, 0 ≤ β ≤ N2 − 1, 0 ≤ γ ≤ N3 − 1) (3.60)
I
où Cα,β,γ est le tenseur matériau élastique de l’inclusion hétérogène [α, β, γ]
 
centrée en xα1 , xβ2 , xγ3 .

101

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3. Massif élastique hétérogène

L’eigenstrain estsupposée constante à l’intérieur de chaque hétérogénéité.



σα,β,γ au point xα1 , xβ2 , xγ3 de l’élément [α, β, γ] est induit par chacune des
 
ξ ζ ϕ
inclusions hétérogènes centrées en x1 , x2 , x3 de l’élément [ξ, ζ, ϕ] et est ob-
tenu en sommant l’ensemble des contributions des eigenstrains de toutes les
hétérogénéités contenues dans le domaine d’étude (massif semi-infini).
N
X3 −1 N
X 2 −1 N
X1 −1

σα,β,γ = Bα−ξ,β−ζ,γ−ϕ ε∗ξ,ζ,ϕ
ϕ=0 ζ=0 ξ=0
(0 ≤ α ≤ N1 − 1, 0 ≤ β ≤ N2 − 1, 0 ≤ γ ≤ N3 − 1) (3.61)

De façon analogue,

N
X 3 −1 N
X 2 −1 N
X1 −1
p
σα,β,γ = Bα−ξ,β−ζ,γ−ϕ εpξ,ζ,ϕ
ϕ=0 ζ=0 ξ=0
(0 ≤ α ≤ N1 − 1, 0 ≤ β ≤ N2 − 1, 0 ≤ γ ≤ N3 − 1) (3.62)

L’équation 3.60 se réécrit sous la forme :

 3 −1 N
 NX 2 −1 N1 −1
−1
X X
I
Cα,β,γ CM −I d
Bα−ξ,β−ζ,γ−ϕ ε∗ξ,ζ,ϕ + Cα,β,γ
I
ε∗α,β,γ
ϕ=0 ζ=0 ξ=0
3 −1 N2 −1 N 1 −1
N
!
 
−1
X X X
= I d − Cα,β,γ
I
CM Bα−ξ,β−ζ,γ−ϕ εpξ,ζ,ϕ + σα,β,γ
0
,
ϕ=0 ζ=0 ξ=0

(0 ≤ α ≤ N1 − 1, 0 ≤ β ≤ N2 − 1, 0 ≤ γ ≤ N3 − 1) (3.63)

L’équation 3.63 devient l’équation nécessaire et suffisante pour la prise en


compte de plusieurs hétérogénéités. La résolution de l’équation 3.63 est réalisée
sur l’intégralité du domaine D. Quand les cubes associés à la discrétisation
ne contiennent pas les eigenstrains initiales et/ou équivalentes, celles-ci sont
simplement mises à 0.
Les équations ci-dessus utilisent massivement des techniques de 3D-FFT pour
accélérer les temps de calculs.

3.7.3 Algorithmes de résolution numérique


Il faudrait maintenant trouver une méthode pour résoudre l’équation 3.63.
Indépendamment de sa complexité, il s’agit d’un système d’équations linéaires
qui peut se mettre sous la forme :

Ax = b (3.64)

102

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Prise en compte de plusieurs hétérogénéités

Il est alors possible de s’inspirer de certains algorithmes de résolution de grands


systèmes linéaires pour résoudre le problème.
L’algorithme de CGM modifié proposé par [ZHO 11] et utilisé par [LER 13a]
permet d’avoir une bonne convergence pour des matrices symétriques définies
positives.
– Algorithme du gradient conjugué.
Choix d’une valeur initiale ε∗0 ;
Initialisation du gradient conjugué :

g0 = Aε∗0 − b
w 0 = g0 (3.65)

Itération numéro p du gradient conjugué

v = Awp−1
ρp−1 = −(gp−1 .wp−1 )/([Link]−1 )
ε∗p = ε∗p−1 + ρp−1 wp−1 (3.66)
gp = gp−1 + ρp−1 v
if (gp .gp )/(b.b) < 2 then
F in
end if
γp−1 = −(gp .v)/([Link]−1 )
wp = gp + γp−1 wp−1

Cependant la matrice A n’est pas toujours symétrique définie positive. Lorsque


que l’on est en présence d’un coefficient de frottement, ou de distributions
particulières de déformations résiduelles, l’algorithme du gradient-conjugué
diverge dès les toutes premières itérations. Même en rajoutant des coefficients
de relaxation, il est quasiment impossible de faire converger le problème. Du-
rant la thèse il a fallu étudier et faire appel à d’autres types d’algorithmes de
résolution de systèmes linéaires comme :
– le Gradient bi-conjugué stabilisé
– l’Algorithme Orthodir
Avec les méthodes du gradient bi-conjugué stabilisé et la méthode Orthodir,
il est possible de prendre en compte aussi bien des matrices symétriques que
non-symétriques définies positives.

Algorithme du gradient bi − conjugué stabilisé

103

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3. Massif élastique hétérogène

Initialisation de l’algorithme du gradient bi-conjugué stabilisé BiCGSTAB :

g0 = Ax0 − b
d0 = g0
g̃ 0 = g0 (3.67)
r0 = g0

Itération numéro p du gradient bi-conjugué stabilisé

v = Adp−1
(rp−1 .g̃ 0 )
ρp−1 = −
(v.g0 )
qp−1 = rp−1 + ρp−1 v
w = Aqp−1
([Link]−1 )
ωp−1 = −
kwk2
rp = qp−1 + ωp−1 w
∗ ∗
εp = εp−1 + ρp−1 dp−1 + ωp−1 qp−1
if (rp .rp )/(b.b) < 2then (3.68)
F in
end if
1 rp .g̃ 0
γp−1 = −
ωp−1 v.g̃ 0
dp = rp + γp−1 (dp−1 + ωp−1 .v)

Algorithme Orthodir

Initialisation de l’algorithme Orthodir :

g0 = Ax0 − b
w = g0
v = Aw (3.69)
w
w1 =
kvk
v
Aw1 =
kvk

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Prise en compte de plusieurs hétérogénéités

Construction du vecteur p de la base At A- orthonormée

w = Awp−1
v = Aw
for i = 1 to p − 1
αi = ([Link] )
w = w − αi .vi
v = v − αi .Awi
end for
1
wp = .w
kvk
1
Awp = .v (3.70)
kvk
ρp = −(gp−1 .Awp )
ε∗p = ε∗p−1 + ρp wp
gp = gp−1 + ρp Awp
if (gp .gp )/(b.b) < 2 then
F in
end if

Il s’agit bien sûr d’une solution approchée, compte tenu du fait que l’eigens-
train est supposée constante dans chaque hétérogénéité. Cependant une bonne
précision peut être obtenue si la discrétisation est assez fine et les dimensions
des hétérogénéités pas trop grandes (≤ 0.4a∗ ).

La méthode déroulée ci-dessus, permet de déterminer l’eigenstrain de chacune


des n inclusions du domaine. Une fois les eigenstrains obtenues, une démarche
similaire à celle présentée 3.3.3 permet de remonter aux champs u∗3 . C’est ce
champ u∗3 qui permet de prendre en compte la présence d’une ou de plusieurs
hétérogénéités dans l’algorithme de résolution du contact.

3.7.4 Validation dans le cas d’un matériau revêtu


La méthodologie de prise en compte des influences mutuelles sera validée
ici par la résolution du problème de contact entre une sphère rigide R et
un massif revêtu. Le massif revêtu est composé d’un substrat de propriétés
élastiques Es , νs , recouvert d’un revêtement uniforme de propriétés matériaux
Ec , νc . Dans notre cas, νc = νs et Ec = 2Es . Il s’agit donc du cas d’un

105

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3. Massif élastique hétérogène

O O

(a) (b)
Figure 3.24 – Contact entre une sphère rigide et un massif revêtu.

revêtement dur. Le rayon R de l’indenteur est fixé égal à 0.21mm. Les pro-
priétés matériaux du substrat sont choisies telles que Es = 210000M P a et
νs = 0.3. La pression équivalente de Hertz correspondant à la configura-
tion homogène sans revêtement est P0 = 2106M P a et la demi-largeur de
contact a∗ = 0.003mm. L’épaisseur ec du revêtement est fixé à 0.25a∗ . Dans
la modélisation semi-analytique, le revêtement sera représenté par une série
d’hétérogénéités de formes cubiques (cf. Fig.3.24) isotropes de propriétés Ec , νc
s’étendant sur une profondeur ec . Ici, le formalisme d’Eshelby sera donc ap-
pliqué aux hétérogénéités de formes cubiques. La méthodologie présentée dans
les sections (3.7, 3.7.2,3.7.3) sera utilisée pour prendre en compte les influences
mutuelles entre les différents cuboı̈des.
La comparaison sera faite ici entre le code semi-analytique et un code multi-
grille développé par Hugo Boffy durant sa thèse [BOF 12b, BOF 14]. L’avan-
tage, par rapport à la solution classique de O’Sullivan, est qu’il est possible
à la fois de comparer les champs de pression et les champs de contraintes
en sous-couche. La figure 3.25 présente la comparaison du champ de pression
entre le code semi-analytique et la solution basée sur les méthodes multi-grilles
[BOF 12b, BOF 14]. La comparaison des champs de contraintes le long des
axes X1 et X3 est présentée aux figures 3.26 et 3.27. Une bonne corrélation
existe entre les deux solutions.

Les nouveaux outils ainsi introduits permettent de prendre en compte des ma-
trices non symétriques. Il devient alors possible de résoudre des problèmes
de fretting (coefficient de frottement non nul) en présence de plusieurs
hétérogénéités. Au-delà du cas d’un matériau revêtu, ce formalisme per-
met de traiter le cas des géométries d’hétérogénéités complexes. Il est pos-
sible de décrire les fibres d’un matériau composite tissé par une succession
d’hétérogénéités de formes cubiques (représentation schématique à la figure
3.28a) ou comme une succession d’hétérogénéités cubiques et ellipsoı̈dales

106

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Prise en compte de plusieurs hétérogénéités

1.4
Code SA, sans influences mutuelles
Code SA, avec influences mutuelles
1.2 multigrilles, Boffy et al.(2012)

0.8
P /P0
0.6

0.4

0.2

0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗

Figure 3.25 – Comparaison du champ de pression obtenu par la méthode semi-


analytique et la méthode multigrille [BOF 12b].

(représentation schématique à la figure 3.28b). La description avec une série


d’hétérogénéités cubiques de sorte que ces hétérogénéités cubiques soient de
même dimensions que la taille du maillage est celle qui fournit la meilleure
solution.

107

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3. Massif élastique hétérogène

1.5 1.5
Code SA, sans influences mutuelles Code SA, sans influences mutuelles
Code SA, avec influences mutuelles Code SA, avec influences mutuelles
1 multigrilles, Boffy et al.(2012) 1 multigrilles, Boffy et al.(2012)

0.5 0.5

σ11/P0 σ22/P0
0 0

−0.5 −0.5

−1 −1

−1.5 −1.5
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

1.5 1.5
Code SA, sans influences mutuelles Code SA, sans influences mutuelles
Code SA, avec influences mutuelles Code SA, avec influences mutuelles
1 multigrilles, Boffy et al.(2012) 1 multigrilles, Boffy et al.(2012)

0.5 0.5

σ33/P0 σvM /P0


0 0

−0.5 −0.5

−1 −1

−1.5 −1.5
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(c) (d)

Figure 3.26 – Comparaison des champs de contraintes obtenus par la méthode


semi-analytique et la méthode multigrille [BOF 12b] suivant la direction X1 ; (a)
σ11 /P0 , (b) σ22 /P0 , (c) σ33 /P0 , (b) σvM /P0 .

108

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1.5 1.5
Code SA, sans influences mutuelles Code SA, sans influences mutuelles
Code SA, avec influences mutuelles Code SA, avec influences mutuelles
1 multigrilles, Boffy et al.(2012) 1 multigrilles, Boffy et al.(2012)

0.5 0.5

σ11/P0 σ22/P0
0 0

−0.5 −0.5

−1 −1

−1.5 −1.5
0 0.5 1 0 0.5 1
x3 /a∗ x3 /a∗
(a) (b)

1.5 1.5
Code SA, sans influences mutuelles Code SA, sans influences mutuelles
Code SA, avec influences mutuelles Code SA, avec influences mutuelles
1 multigrilles, Boffy et al.(2012) 1 multigrilles, Boffy et al.(2012)

0.5 0.5

σ33/P0 σvM /P0


0 0

−0.5 −0.5

−1 −1

−1.5 −1.5
0 0.5 1 0 0.5 1
x3 /a∗ x3 /a∗
(c) (d)

Figure 3.27 – Comparaison des champs de contraintes obtenus par la méthode


semi-analytique et la méthode multigrille [BOF 12b] suivant la direction X3 ;(a)
σ11 /P0 , (b) σ22 /P0 , (d) σ33 /P0 , (b) σvM /P0 .

109

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3. Massif élastique hétérogène

(a) (b)

Figure 3.28 – Représentation schématique d’une description géométrique d’une


fibre de composites tissés (a) séries de cubes (b) séries de cubes+ellipsoı̈des.

110

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Améliorations numériques : nouvelle méthode de décomposition

La bête noire de l’algorithme de résolution de contact entre matériaux


hétérogènes, réside dans le calcul des champs de contraintes élastiques en
sous-couche. L’algorithme de calcul de contraintes élastiques est utilisé aussi
bien dans le cas d’une hétérogénéité unique, multiples, ou lorsque l’on est en
présence de plasticité en sous-couche. Selon le type de problème considéré, les
routines de  calcul de contraintes  peuvent représenter jusqu’à 90% du temps
de calcul global. Deux approches différentes seront proposées dans les pro-
chains paragraphes de ce chapitre afin de réduire considérablement les temps
de calculs liés aux routines de calcul des champs de contraintes. Une nou-
velle méthode de décomposition sera utilisée pour simuler l’espace semi-infini
(Fig.3.29). Le code de calcul de contact sera ensuite parallélisé. Quel que soit
le type de problème considéré ; les temps de calculs seront, dans le pire des
cas, divisés au moins par 2.

3.8 Améliorations numériques : nouvelle


méthode de décomposition
Dans cette partie une nouvelle méthode de décomposition a été implémentée.
La méthode de décomposition classique de Chiu [CHI 78b] fait intervenir en
plus de l’eigenstrain ε∗ une source miroir ε∗s . Ceci oblige à utiliser quasiment
deux 3D-FFT et une 2D-FFT. La nouvelle méthode (Fig. 3.29, Eq.3.71) se
passe de la source miroir, mais fait intervenir trois 2D-FFT. Les 3D-FFT sont
évidemment plus coûteuses en temps de calcul que les 2D-FFT. Considérons
un maillage tridimensionnel de taille N1 × N2 × N3 . Pour éviter les erreurs liées
aux FFT, il est nécessaire de multiplier la taille du domaine par 2 dans chaque
direction. Le calcul des champs de contraintes en sous-couche se fait sur un
domaine de 2N1 × 2N2 × 2N3 . Comme mentionné au chapitre précédent, le
calcul se fait en utilisant des techniques de wrap-around et de zero-padding.
Quelle que soit la morphologie de l’inclusion (même dans le cas des inclu-
sions inclinées), la nouvelle méthode (Fig. 3.29, Eq.3.71) fait intervenir 1 3D-
FFT et 1 3D-FFT inverse, 3 2D-FFT et 3 2D-FFT inverse. Le temps de cal-
cul T1 nécessaire à cette opération varie en O(864N1 N2 N3 log(8N1 N2 N3 ) +
432N1 N2 N3 log(4N1 N2 )). Ceci quelle que soit la morphologie de l’inclusion.
Considérons à présent la méthode de Chiu (Fig.3.1, Eq.3.19). Cette
décomposition fait intervenir dans le cas des géométries sans orientations
(cubes, sphères, ellipsoı̈des sans orientations) 2 3D-FFT et 2 3D-FFT inverse,
1 2D-FFT et 1 2D-FFT inverse. Le temps de calcul T2 nécessaire à cette
opération varie en O(1728N1 N2 N3 log(8N1 N2 N3 ) + 144N1 N2 N3 log(4N1 N2 )).
Dans le cas des inclusions inclinées (Fig.3.3, Eq.3.25), il faut remarquer
que l’inclusion source et l’inclusion miroir n’ont plus la même orientation.
S
les tenseurs Bijkl et Bijkl étant différents. Le temps de calcul T3 nécessaire
à la décomposition de Chiu (dans le cas des inclusions inclinées) varie en

111

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3. Massif élastique hétérogène

O(3456N1 N2 N3 log(8N1 N2 N3 ) + 144N1 N2 N3 log(4N1 N2 )).


Afin d’illustrer ce qui vient d’être énoncé, on choisira N1 = N2 = N3 = N .
L’objectif étant de tracer les ratios TT13 et TT21 en fonction de N (Fig.3.30).
Dans le cas des inclusions inclinées, la nouvelle méthode de décomposition
permet d’avoir un gain de temps de calcul de 4 (Fig.3.30) au niveau du calcul
des contraintes. Dans le cas des géométries sans orientations (sphères, cubes,
inclusions non inclinées) le gain est de 2. Si l’exemple de la partie validation
(section 3.4) est reconsidéré, le gain en terme de temps CPU par rapport à la
méthode éléments finis, en utilisant la nouvelle méthode de décomposition est
1 : 26.

Table 3.5 – Comparaison du temps CPU en utilisant la nouvelle méthode de


décomposition

Méthode Eléments Finis Code SA(nouvelle méthode)


Temps CPU 44260s(∼ 12h18min) 1680s(∼ 28min)

3 −1 n
nX X2 −1 n
X 1 −1

σij (x1 , x2 , x3 ) = Bijkl (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 − xI3 )ε∗kl (xI1 , xI2 , xI3 )
xI3 =0 xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X1 −1

− Mij (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 )σ n (xI1 , xI2 , 0)


xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X1 −1

− Mijzx (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 )σzx (xI1 , xI2 , 0)


xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X1 −1

− Mijzy (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 )σzy (xI1 , xI2 , 0)


xI2 =0 xI1 =0
(3.71)

112

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Améliorations numériques : parallélisation

O ,
O ,
, = O
, - ,
,

, , ,

Figure 3.29 – Nouvelle méthode de décomposition.

6
T2 /T1
T3 /T1
5

ratio 3

0
0 25 50 75 100 125 150
N

Figure 3.30 – Gain en temps de calculs.

3.9 Améliorations numériques : parallélisation


En Avril 1965, Gordon Earle Moore (l’un des trois fondateurs d’Intel), déclarait
que la puissance des microprocesseurs sera multipliée par deux tous les 18
mois. La prédiction de Moore devrait normalement fonctionner au moins jus-
qu’en 2015 avant qu’on ne bute sur des bruits parasites : effets quantiques,
désintégration alpha. Cependant depuis 2004, la fréquence des processeurs
tend à stagner en raison des difficultés liées à la dissipation thermique, qui
empêche une montée en fréquence en dépit de la taille plus faible des compo-
sants. De nos jours, les fréquences des processeurs peuvent atteindre 5GHz.
Il est très difficile d’aller au-delà. Ainsi la façon naturelle de se débarrasser la
limite de vitesse liée à la fréquence est de dupliquer les unités fonctionnelles
arithmétiques ou processeurs. Le recours au calcul parallèle est alors devenu
indispensable si l’on veut augmenter les puissances de calcul. Cependant les
problèmes posés par le parallélisme demandent alors de repenser les méthodes

113

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3. Massif élastique hétérogène

mathématiques et les méthodes numériques. La quasi-totalité des codes com-


merciaux en mécanique peuvent aujourd’hui s’exécuter en parallèle. De plus
en plus de codes académiques emboı̂tent le pas en introduisant du calcul pa-
rallèle dans les algorithmes de résolution. Le code semi-analytique devrait donc
emboı̂ter le pas, en faisant appel au calcul parallèle. Dans cette partie, nous
présenterons la manière dont le calcul parallèle a été introduit dans l’algo-
rithme de résolution de contact entre matériaux hétérogènes. Il convient donc
dans un premier temps de présenter les différentes architectures de calculateurs
parallèles qui existent de nos jours.

3.9.1 Différents types d’architecture


Les instructions de code de calcul font intervenir en plus des opérations
arithmétiques, des accès mémoires. Ces accès mémoires sont aussi importants
que les opérations arithmétiques elles-mêmes. Il est donc inutile d’augmenter
le nombre de processeurs ou les unités arithmétiques si on n’augmente pas en
même temps le débit de la mémoire. Cela supposerait donc que la mémoire soit
simultanément de grande taille, pour contenir toutes les données, et capable
d’avoir un débit élevé pour alimenter tous les processeurs. La mémoire doit
donc fonctionner à une cadence plus élevée que les processeurs. Ce fonction-
nement est tout simplement impossible car, et la mémoire et les processeurs
utilisent une même technologie : celle des semi-conducteurs. Le point le plus
important d’un calculateur scientifique est donc l’architecture mémoire.
– Mémoire partagée. Plusieurs processeurs ont accès simultanément à la même
mémoire (Fig.3.31). Il s’agit par exemple des ordinateurs de bureau que le
LaMCoS offre à ses doctorants. Cette configuration est efficace pour des
codes de calculs manipulant des données d’entrée de l’ordre du Gigabytes.
Le code semi-analytique sera parallélisé dans cet environnement en utilisant
la bibliothèque OpenMP.
– Mémoire distribuée. Dans ce type de configurations (Fig.3.32), chaque pro-
cesseur va disposer de sa propre mémoire, à laquelle il sera le seul à avoir
accès. Chaque nœud de calcul est formé d’un processeur et de sa mémoire
mais doit pouvoir communiquer avec les autres. Les différents nœuds de cal-
cul seront donc reliés entre eux par un réseau de communication. Le temps de
calcul global dépendra également de la vitesse de transmission des données
via le réseau. La mémoire distribuée est adaptée à des problèmes de grandes
dimensions. L’algorithme d’une parallélisation MPI dans un environnement
à mémoire distribuée sera présenté. Cependant, l’implémentation numérique
ne sera pas faite.
– Architecture hybride. Il s’agit d’une combinaison de la mémoire partagée
et de la mémoire distribuée. Au plus haut niveau, il s’agit des machines à
mémoire distribuée, dont les nœuds de calcul ont eux-mêmes une architec-
ture à mémoire partagée, disposant de plusieurs processeurs. La plupart des

114

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Améliorations numériques : parallélisation

Mémoire Centrale

Cache Cache Cache Cache

Processeur Processeur Processeur Processeur

Figure 3.31 – Exemple d’architecture à mémoire partagée.

Réseau de communication
Déformation Déformation Déformation
macroscopique liée au macroscopique liée au macroscopique liée au
problème de contact problème de contact problème de contact

Mémoire locale 2 :
Mémoire locale1 :
(informations relatives Mémoire locale 3 :
(coefficients élastiques,
aux familles d’ (informations relatives
données d’entrées du
hétérogénéités 1 à N/2) aux familles d’ hé-
contact, …)
térogénéités N/2 à N)

Proc1 : (résolution du Proc2 : (calcul des


eigenstrains,surcontra Proc3 : (calcul des
contact, contraintes
intes, familles hé- eigenstrains,surcontra
élastiques en sous-
térogénéités 1 à N/2) intes, familles hé-
couches)
térogénéités N/2 à N)

Surcontraintes dues Surcontraintes dues


aux hétérogénéités aux hétérogénéités

Réseau
Figure 3.32 – Exemple de communication
d’architecture à mémoire distribuée.

115

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3. Massif élastique hétérogène

clusters de calcul de laboratoire ont une architecture hybride. Pour plus de


détails sur les différentes architectures, le lecteur pourra se référer au livre
de Frédéric Magoulès et de François-Xavier Roux [MAG 13].
Une brève introduction sera faite sur l’évaluation des critères de performances
d’un code parallèle. Est-ce que le code de contact en question est parallélisable ?

3.9.2 Mesure de la performance


Avant de faire appel à la parallélisation dans un code de calcul, il convient
dans un premier de temps de s’assurer de la pertinence de celle-ci. Il arrive
parfois que l’introduction du calcul parallèle fasse exploser les temps calculs.
Pour cela il existe des critères de performance qu’il convient d’analyser bien
avant [MAG 13].
– Degré de parallélisme. Le degré de parallélisme d’un programme ou d’un
code de calcul, est le nombre d’opérations pouvant être exécutées simul-
tanément. Plus le degré de parallélisme sera élevé, plus le nombre de pro-
cesseurs utilisés est élevé, plus le gain en temps de calcul est élevé. Si on
note T le temps total d’exécution, Tp le temps d’exécution parallèle, Ts le
temps d’exécution de la part séquentiel. La formule dit d’Amdhal, permet de
déterminer le temps minimum d’exécution sur une machine parallèle com-
portant np processeurs :

Tp
Tnp = Ts + (3.72)
np
Bien évidemment il est difficile voire impossible d’atteindre Tnp . Cela suppo-
serait que la part parallélisable du code soit parfaitement répartie entre les
différents processeurs sans que l’exécution parallèle n’entraine de surcoût.
La partie séquentielle de la résolution de contact sera par exemple : la lec-
ture et l’écriture de fichiers, la résolution du problème normal et tangentiel.
Cependant les algorithmes de calcul de contraintes et de prise en compte
des hétérogénéités sont fortement parallélisables.
– Équilibrage des tâches. Un autre critère de performance est la régularité en
termes de temps d’exécution des différentes tâches de la partie parallélisable
du code. En effet, si une tâche requiert un temps d’exécution plus élevé que
les autres, c’est elle qui va donc déterminer le temps minimal d’exécution en
parallèle. Les divers algorithmes de la partie parallélisable du code doivent
être parallélisés de manière à avoir un bon équilibrage des tâches sur les
différents processeurs.
– Granularité. La granularité d’une tâche parallèle peut se définir comme le
nombre d’opérations arithmétiques que la tâche réalise et le nombre de
données que la tâche doit recevoir. Concrètement il s’agit du rapport entre le
temps de calculs et celle des échanges entre processus. En effet, l’exécution en
mode parallèle entraı̂nera des coûts supplémentaires qui vont réduire l’effica-

116

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Améliorations numériques : parallélisation

cité. Sur des machines à mémoire partagée, ces surcoûts sont faibles, liés aux
fonctions du système d’exploitation qui activent les différents processeurs et
gèrent la synchronisation entre processus. Sur un système à mémoire dis-
tribuée, les surcoûts sont principalement liés aux transferts de données entre
processeurs qui induisent des délais supplémentaires lors de l’exécution en
mode parallèle. De manière simplifiée, ne seront parallélisées que les boucles
parallélisables (bien sûr) ayant un temps d’exécution élevé.
– Extensibilité. Un algorithme ou une méthode seront dits extensibles si leur
efficacité ne décroı̂t pas avec le nombre de processeurs. Dans le cas d’un en-
vironnement OpenMP, on peut établir l’extensibilité en exécutant le même
calcul sur un nombre croissant de processeurs et mesurer la décroissance
du temps de calcul. Aucun algorithme ne sera extensible à l’infini, ce qui
compte c’est d’avoir une bonne extensibilité dans la gamme de processeurs
disponibles. Dans le cas de la parallélisation dans l’environnement à mémoire
partagée, OpenMP, l’extensibilité est bonne entre 2 et 16 processeurs. Ce
qui est très satisfaisant, puisque le code semi-analytique se veut un code
de calcul  Bureau d’études (BE)  léger devant tourner sur des ordina-
teurs de bureaux ayant entre 4 et 8 Cœurs. Par contre dans le cas MPI,
l’extensibilité dépend fortement du type de problème à résoudre (couplage
normal/tangentiel, nombre d’hétérogénéités, . . . ).

3.9.3 Mémoire partagée : environnement OpenMP


[Link] Parallélisme de données

Le code de contact fait intervenir des calculs répétitifs sur de grands nombres
de données (calcul du tenseur Bijkl ). Ces grands nombres de données appa-
raissent sous forme de boucles de programme portant sur des tableaux.
Lorsque que le code de calcul effectue par exemple des boucles de programme,
les différents processeurs peuvent se partager le travail, en partitionnant l’en-
semble ou une partie des itérations. Évidemment toutes les boucles d’un pro-
gramme ne sont pas parallélisables. Il y a une série de règles assez strictes à
respecter.
– Dépendance
L’exécution en parallèle signifie que les différentes itérations seront effectuées
dans un ordre qui est fonction du nombre de processeurs, du mode de
découpage, et qui de fait est très aléatoire. La parallélisation ne modifie
pas le résultat du calcul si et seulement si il n’existe pas de dépendance
entre deux ou une série d’instructions. Il existe deux types de dépendances :
la dépendance de données et la dépendance de sorties.
la dépendance de données : Deux instructions ou une série d’instructions
InstA et InstB présentent une dépendance de données, lorsque :

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3. Massif élastique hétérogène

Out(InstA ) ∩ In(InstB ) 6= ∅ (3.73)


Exemple :

InstA : a = b + c InstB : d = β × a (3.74)


la dépendance de sorties : Deux instructions ou série d’instructions InstA et
InstB présentent une dépendance de sorties, lorsque :

Out(InstA ) ∩ Out(InstB ) 6= ∅ (3.75)


Exemple :

InstA : a = b + c InstB : a = β × d (3.76)


Dans les deux exemples donnés, la dépendance porte sur a.
En résumé une boucle est parallélisable si et seulement si deux instructions
ou séries d’instructions associées à des itérations différentes ne présentent
aucune dépendances de données ou de sorties.
En pratique cette règle peut, dans certains cas, être contournée, en utilisant
des opérations de réduction.
Les principes tels qu’énoncés sont parfois difficilement vérifiables dans le cas
des boucles imbriquées.
– Cas des boucles imbriquées
Une partie importante des calculs réalisés dans le code de calcul réside
dans des boucles imbriquées. Les performances les plus élevées seront ob-
tenues si la boucle la plus externe est parallélisable, de sorte que la pa-
rallélisation présente la plus forte granularité possible. Cependant l’analyse
de la dépendance au niveau de la boucle externe n’est pas toujours facile
à faire. Il faudrait alors envisager de permuter les boucles afin d’avoir de
bonnes performances.
Plusieurs portions du code de calcul, comme les routines de calculs des tenseurs
Dijkl , ont été parallélisées en se basant sur les règles énoncées ci-dessus.

[Link] Parallélisation des calculs de contraintes


En fonction du type de problème à résoudre, entre 60% et 90% du temps
d’exécution est passé dans les routines de calcul de contraintes (Eq. 3.19).
L’équation de calcul des contraintes se réécrit dans le domaine de Fourier sous
la forme :
Cas de la décomposition de Chiu,

σ
bij (s1 , s2 , s3 ) = B ε∗kl (s1 , s2 , s3 ) + B
bijkl (s1 , s2 , s3 )b ε∗skl (s1 , s2 , s3 )
bijkl (s1 , s2 , s3 )b
+M cij (s1 , s2 , s3 )b σ n (s1 , s2 )
(3.77)

118

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Améliorations numériques : parallélisation

Cas de la nouvelle méthode de décomposition,

σ
bij (s1 , s2 , s3 ) = B ε∗kl (s1 , s2 , s3 ) + M
bijkl (s1 , s2 , s3 )b cij (s1 , s2 , s3 )b
τzz (s1 , s2 )
(3.78)
+Mczx (s1 , s2 , s3 )b τzx (s1 , s2 ) + M czy (s1 , s2 , s3 )bτzy (s1 , s2 )
ij ij

Le calcul du tenseur des contraintes σij (x1 , x2 , x3 ) se déroule donc en trois


étapes :
– Une transformée de Fourier rapide des variables spatiales de l’espace réel
vers l’espace de Fourier.
– Une série de multiplications et d’additions dans l’espace de Fourier.
– Une transformée inverse de σ bij (s1 , s2 , s3 ) vers le domaine spatial
σij (x1 , x2 , x3 ).

Transformée de Fourier Directe

Les tenseurs Bijkl et ε∗kl font intervenir des transformées de Fourier tridimen-
sionnelles (3D-FFT). Les 3D-FFT sont très coûteuses en temps de calcul com-
parées aux 2D-FFT. Il convient de paralléliser en priorité les routines 3D-FFT.
Le tenseur Bijkl possède la symétrie en ij, en kl mais pas la symétrie majeure.
Il existe alors 36 termes distincts pour le tenseur Bijkl . Il est alors possible de
réaliser simultanément la transformée de Fourier de ces 36 (Bijkl ) + 6(ε∗kl )
termes. Il s’agit alors (section 3.9.2) d’une portion de code fortement pa-
rallélisable. Ainsi quand l’on est présence de 42 processeurs, la loi d’Amdhal
appliquée à cette portion de code permet de dire :

Texecution42FFT = Texecution1FFT (3.79)

Il s’agit d’un gain considérable en terme de temps de calcul.

Multiplication dans le domaine de Fourier

Le calcul des champs de contrainte dans le domaine de Fourier, fait intervenir


une série de multiplications et d’additions.
Cet algorithme a été fortement parallélisé, en utilisant principalement la
méthode de réduction.

Transformée inverse

Une fois les champs de contraintes obtenus dans le domaine de Fourier, il


convient de les ramener dans le domaine spatial.

σij (x1 , x2 , x3 ) = F F T −1 (b
σij (s1 , s2 , s3 )) (3.80)

119

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3. Massif élastique hétérogène

calcul)
3.5

2.5

de
2

Gain(T emps
1.5

0.5

0
0 1 2 3 4
Cœurs

Figure 3.33 – Gain en terme de temps de calcul parallélisation OpenMP.

La transformée inverse des champs de contraintes nécessite 6 3D-FFT


indépendantes, ce qui permet de paralléliser entièrement cette opération.

[Link] Évaluation du gain en terme de temps de calcul


En considérant le problème de contact sur un massif revêtu de la section 3.7.4,
le gain en terme de temps de calcul pour une parallélisation OpenMP, est de
1.87 sur 2 processeurs et 3.56 sur 4 processeurs (Fig.3.33). Il faut rappeler ici
qu’il s’agit d’un code Fortran 90 compilé avec Visual Fortran Studio XE 2010
pour Windows. Afin de pouvoir comparer les temps de calculs, l’exécution a
été réalisée sur un processeur Intel Core i7-3740QM avec 4 cœurs. Dans le
cadre de la parallélisation OpenMP, la configuration du contact revêtu avec
prise en compte de l’influence mutuelle est celle qui permet d’avoir le plus gros
gain en terme de temps de calculs.
Ainsi, en combinant la nouvelle méthode de décomposition avec la pa-
rallélisation OpenMP, il est possible dans certains cas de figures d’avoir un
gain en termes de temps de calcul d’environ 11, en utilisant au mieux toutes
les ressources d’un PC classique avec 4 coeurs. Il s’agit d’un gain important,
ouvrant la voie à des simulations complexes. Ces améliorations numériques
ont été un important coup d’accélérateur pour le déroulement de la thèse. Les
simulations prenaient beaucoup moins de temps, plusieurs phénomènes ont pu
être étudiés, . . .

3.9.4 Mémoire distribuée : environnement MPI


La parallélisation à mémoire distribuée mise en œuvre dans la plupart des
codes éléments finis est basée sur la décomposition de domaines, par découpage
de maillages. Dans le code de calcul semi-analytique, les propriétés des tenseurs

120

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Améliorations numériques : parallélisation

Dijkl seront utilisées pour faire la parallélisation à mémoire distribuée MPI


(Fig.3.34).
Pour une matrice considérée, le tenseur Dijkl ne dépend que de la mor-
phologie et des propriétés géométriques des hétérogénéités considérées. Pour
une inclusion ellipsoı̈dale par exemple, le tenseur Dijkl ne dépend que du
ratio entre les demi-axes a1 , a2 , a3 des ellipsoı̈des. L’ellipsoı̈de de demi-axes
a1 = 0.3a∗ , a2 = 0.1a∗ , a2 = 0.1a∗ aura le même tenseur Dijkl que l’ellipsoı̈de
de demi-axes a1 = 0.6a∗ , a2 = 0.2a∗ , a2 = 0.2a∗ . Une sphère de rayon r = 0.1a∗
aura le même tenseur Dijkl qu’une sphère de rayon r = 0.2a∗ . Les différentes
hétérogénéités peuvent donc être classées par familles. Ainsi le calcul de la
surcontrainte d’une famille, ou un certain nombres de familles pourraient être
affectées à un nœud de calcul MPI (Fig.3.34). Un premier nœud de calcul
résout le problème de contact normal/tangentiel. Les autres nœuds de calculs
reçoivent en entrée les champs de déformations macroscopiques (σ 0 ou ε0 ), cal-
culent et stockent les tenseurs Dijkl et fournissent en sortie la surcontrainte liée
à une ou à certains nombres de familles d’hétérogénéités. Ces surcontraintes
sont renvoyées au premier nœud de calcul et le problème de contact est résolu
à nouveau (Fig.3.34). Le principe et l’algorithme ont été mis au point. Par
contre l’implémentation numérique n’a pas été faite pour plusieurs raisons :
– Il s’agit d’un code qui est toujours en cours de développement. La pa-
rallélisation MPI sera trop intrusive pour les autres développeurs et futurs
utilisateurs.
– Au vue de la dimension des problèmes résolus actuellement, une pa-
rallélisation MPI n’est pas forcément prioritaire. Il pourra être possible d’y
faire appel dans les années futures.
La parallélisation permet en outre d’envisager aujourd’hui la prise en compte
d’eigenstrains d’ordres 1, 2 [LER 13a] ou supérieur. Toute la méthodologie
présentée dans ce chapitre se limite exclusivement aux eigenstrains d’ordre 0.

121

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3. Massif élastique hétérogène

Réseau de communication
Déformation Déformation Déformation
macroscopique liée au macroscopique liée au macroscopique liée au
problème de contact problème de contact problème de contact

Mémoire locale 2 :
Mémoire locale1 :
(informations relatives Mémoire locale 3 :
(coefficients élastiques,
aux familles d’ (informations relatives
données d’entrées du
hétérogénéités 1 à N/2) aux familles d’ hé-
contact, …)
térogénéités N/2 à N)

Proc1 : (résolution du Proc2 : (calcul des


eigenstrains,surcontra Proc3 : (calcul des
contact, contraintes
intes, familles hé- eigenstrains,surcontra
élastiques en sous-
térogénéités 1 à N/2) intes, familles hé-
couches)
térogénéités N/2 à N)

Surcontraintes dues Surcontraintes dues


aux hétérogénéités aux hétérogénéités

Réseau
Figure 3.34 – Mise en oeuvre de communication
la parallélisation MPI code semi-analytique.

3.10 Synthèse
Ce chapitre s’inscrit dans la continuité des thèses de Julien Leroux [LER 13a]
et de Benjamin Fulleringer [FUL 11] qui se sont intéressés au cas des
hétérogénéités élastiques isotropes noyées dans un massif semi-infini élastique
isotrope. Dans ce chapitre la prise en compte des hétérogénéités anisotropes ou
isotropes inclinées dans le cas du contact entre corps élastiques isotropes a été
présentée. Le modèle a été validé par comparaison avec un modèle éléments-
finis réalisé avec le logiciel commercial Abaqus v6.11. Une étude fine, de l’effet
du module de compressibilité/cisaillement de l’hétérogénéité sur le problème
de contact, a été réalisée grâce à une décomposition du tenseur d’élasticité
C sur la base des tenseurs isotropes J et K. Les résultats de cette ana-
lyse ont été utilisés en bureau d’études (BE) pour étudier la nocivité de
défauts dans les billes céramiques de roulements hybrides. La méthode per-
met d’accéder aux champs de contraintes normales/tangentielles à l’interface
hétérogénéité/matrice. Ces variables s’avèrent utiles dans la mise en place des
lois de décohésions hétérogénéité/matrice. Dans le cas des hétérogénéités ani-
sotropes en particulier, il est indispensable de prendre en compte la bonne
orientation du repère d’anisotropie par rapport au repère du contact. Outre
les hétérogénéités de forme ellipsoı̈dale, le modèle pourrait également prendre
en compte des hétérogénéités de formes parallélépipédiques.
Une méthode numérique permettant de prendre en compte les interactions
mutuelles entre plusieurs hétérogénéités a été ensuite présentée. De nouveaux

122

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Synthèse

algorithmes de résolution tels que le Gradient bi-conjugué stabilisé et l’Ortho-


dir ont été introduits pour résoudre le cas des matrices non symétriques (en
présence de frottement). L’approche a été validée par une comparaison avec
la méthode multi-grille.
Un accent particulier a été mis sur la réduction du temps de calcul et la ro-
bustesse du code. Une nouvelle méthode de décomposition a été proposée per-
mettant de diviser le temps de calcul quasiment par 2 ou par 4 en fonction des
configurations considérées (hétérogénéité inclinée ou non). La parallélisation
a été introduite dans le code de calcul. La parallélisation OpenMP a permis
d’avoir un gain de 1.87 sur 2 cœurs et de 3.55 sur 4 cœurs. En combinant la
nouvelle méthode de décomposition et la parallélisation il est possible, dans
certaines configurations, d’avoir un gain en termes de temps de calcul de 1 : 11.
Ces optimisations numériques ont rendu le code plus rapide. Les temps de
développement et de simulation ont été considérablement réduits. Le code est
dès lors utilisé de manière optimale en bureau d’études. L’algorithme général
d’une parallélisation MPI a été présenté mais n’a pas été implémenté. Cette
parallélisation peut se montrer trop intrusive pour les développeurs et utilisa-
teurs futurs. Aussi, au vue de la dimension des problèmes résolus actuellement,
une parallélisation MPI n’est pas forcément prioritaire.
Les travaux présentés dans tout ce chapitre sont limités au cas des matrices
élastiques isotropes. Cependant, dans certaines configurations, les industriels
sont confrontés au cas des matrices viscoélastiques (étanchéités, composites
à matrice organiques, contact pneu/chaussée, . . . ). Le prochain chapitre sera
consacré au contact entre matériaux viscoélastiques homogènes ou hétérogènes.

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3. Massif élastique hétérogène

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Chapitre 4

Théorie du contact
viscoélastique

Ce chapitre s’intéresse à la modélisation du contact


dans le cas des matériaux viscoélastiques homogènes
mais aussi dans le cas des matériaux viscoélastiques
hétérogènes. Il s’agit d’un modèle pouvant traiter à la
fois des problèmes d’indentation, de
roulement/glissement et de fretting. Le modèle a été
validé par comparaison avec un modèle éléments finis.

Sommaire
4.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
4.2 Généralités sur les matériaux viscoélastiques . . . . 130
4.3 Contact normal sur massif homogène viscoélastique 134
4.3.1 Equations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 134
4.3.2 Mise en œuvre numérique . . . . . . . . . . . . . . . . . 137
4.3.3 Validation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 138
4.3.4 Quelques résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 141
4.4 Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène 146
4.4.1 Equations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
4.4.2 Validation. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 151
4.4.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 154

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4.5 Bilan partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162
4.6 Roulement sur massif homogène . . . . . . . . . . . . 164
4.6.1 Equations du modèle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 164
4.6.2 Validations . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 166
4.6.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 169
4.6.4 Cas d’une sphère viscoélastique ou élastique en
contact roulant/glissant avec un massif
viscoélastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 180
4.7 Roulement sur massif viscoélastique hétérogène . . . 185
4.7.1 Brève description du problème . . . . . . . . . . . . . . 185
4.7.2 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 188
4.8 Bilan partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 198
4.9 Fretting viscoélastique . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
4.9.1 Mise en équation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 199
4.9.2 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 200
4.10 Bilan partiel . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212
4.11 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 212

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Introduction

4.1 Introduction
Le contact viscoélastique, contrairement au cas élastique, est très peu étudié
dans la littérature. Cependant, de nombreuses applications et solutions indus-
trielles mettent en œuvre la problématique du contact entre deux matériaux
dont l’un au moins est viscoélastique. Les applications industrielles les plus
répandues sont le contact pneu/chaussée, le phénomène de fretting dans le
cas des matériaux composites à matrice organique, la biomécanique, l’étude
de revêtements viscoélastiques pour des applications pétrolières, automo-
biles, aéronautiques et aérospatiales. Dans le cas du contact pneu-chaussée,
les industriels du pneumatique cherchent à mieux comprendre et à mieux
modéliser l’adhérence (frottement, usure) et ses facteurs influents (texture,
vitesse,. . . ). En effet, la viscoélasticité de la gomme du pneu introduit un
différentiel de chargement entre l’avant et l’arrière de la zone de contact, in-
duisant un couple résistant. La détermination de cette résistance au roule-
ment est une problématique qui intéresse fortement les industriels du pneu-
matique. Les concepteurs de chaussée sont quant à eux plutôt intéressés par
la compréhension des mécanismes de dégradations des chaussées, donc aux
champs de contraintes en surface et en sous-couche. Cela passe bien évidement
par une modélisation fine du contact entre matériaux viscoélastiques. Certaines
entreprises comme Hexcel, leader dans la fabrication des matériaux compo-
sites, sont fortement intéressées par les problématiques de fretting dans le cas
de ces matériaux. L’un des objectifs de ces études, est de comprendre l’effet
de la matrice viscoélastique sur le comportement à long terme en fretting de
divers matériaux composites [TER 11, TER 09]. Dans la biomécanique, cer-
tains industriels sont intéressés par la tenue et le confort des implants ou des
prothèses. Dans le cas des implants orthopédiques [GER 05] par exemple, le
matériau utilisé est un alliage T i − 6Al − 4V qui est en contact avec des tis-
sus mous dont le comportement est supposé viscoélastique linéaire. Enfin dans
le monde aéronautique, les revêtements viscoélastiques sont particulièrement
appréciés au niveau des structures froides soumises à des sollicitations de fret-
ting.
La plupart des modèles de la littérature qui se sont intéressés au contact
viscoélastique peuvent être subdivisés en 3 grandes parties : l’indentation, le
roulement/glissement et le fretting. Contrairement au contact élastique dont
les premiers travaux remontent à 1885, le premier modèle traitant du contact
viscoélastique a été publié en 1960 par Lee et Radok [LEE 60]. Ils ont donné
les solutions en terme de champs de pression ainsi que l’évolution de la zone de
contact entre une sphère rigide et un massif viscoélastique linéaire. La solution
fournie par [LEE 60] n’est valable que pour une augmentation monotone de la
zone de contact. Une pression négative est obtenue lorsque la zone de contact
décroit, résultat qui n’est pas réaliste. Hunter [HUN 60] et Graham [GRA 67]
ont proposé une amélioration du modèle d’origine de Lee et Radok [LEE 60]

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4. Théorie du contact viscoélastique

permettant de résoudre le problème lorsque l’évolution de la zone de contact au


cours du temps ne possède qu’un seul maximum. [TIN 66, TIN 68] s’intéresse
au problème d’indentation viscoélastique lorsque la zone de contact est une
fonction arbitraire du temps. Le modèle n’est valide que pour des indenteurs
ayant un profil axisymétrique. Les trois modèles présentés ci-dessus sont basés
sur des formulations analytiques complexes, sont limitées à des géométries
simples (cône, sphère) et à des matériaux viscoélastiques idéalisés avec un seul
temps de relaxation. Plusieurs auteurs se sont intéressés par la suite à l’indenta-
tion dans le cadre des matériaux viscoélastiques avec plusieurs temps de relaxa-
tion. Récemment Greenwood [GRE 10] a résolu le problème de contact entre
un indenteur axisymétrique et un massif viscoélastique semi-infini. Le modèle
proposé par Argatov [ARG 12] permet de résoudre les problèmes d’indenta-
tion dans le cas des revêtements viscoélastiques. Les modèles de Greenwood
et Argatov mettent en oeuvre des formulations quasi-analytiques complexes.
Enfin un dernier modèle [CHE 11], basé sur les approches semi-analytiques, a
été développé pour résoudre le problème d’indentation entre une sphère rigide
et un massif viscoélastique.
La prise en compte du roulement ou du glissement dans le cadre du contact
viscoélastique a fait l’objet de plusieurs études. [HUN 61] a proposé une
méthode de résolution du contact roulant entre un cylindre rigide et un massif
viscoélastique. Il s’agit d’un modèle 2D en déformations planes qui ne peut
prendre en compte qu’un matériau avec un seul temps de relaxation. Plus
tard, [PAN 80] ont étendu les travaux de Hunter au cas 3D en se basant sur
l’approximation de la théorie du contact linéaire élastique de Kalker ([KAL 72,
KAL 77] ; [PAN 77]). Il s’agit d’une hypothèse très forte. Goryacheva [GOR 73]
utilise une autre approche analytique pour résoudre le problème de contact glis-
sant entre un cylindre rigide et un massif viscoélastique. Un modèle tridimen-
sionnel du contact glissant entre un indenteur lisse et un massif viscoélastique
homogène a été proposé bien plus tard par Aleksandrov [ALE 10]. Les solu-
tions en termes de champs de pression et de contraintes ont été obtenues dans
le cas d’un matériau viscoélastique avec un seul temps de relaxation. Persson
[PER 10] a également présenté une nouvelle formulation analytique permet-
tant de résoudre le problème de contact glissant entre une sphère/cylindre
rigide et un massif viscoélastique. Il obtient une estimation très précise du co-
efficient de frottement apparent dans le cas des chargements en déplacement
imposé. En présence d’un chargement en force imposée, l’approche de Persson
[PER 10] ne permet pas d’avoir une bonne estimation de la distribution de
pression. Tous les modèles présentés depuis le début de ce paragraphe sont
basés sur des modèles analytiques ou quasi-analytiques. Certains auteurs ont
résolu le problème de contact roulant viscoélastique en se basant sur des ap-
proches types éléments finis [PAD 84, PAD 92, LET 94, NAS 98, NAC 04].
La méthode des éléments finis peut prendre en compte n’importe quelles pro-
priétés géométriques et matériaux des corps en contact. La modélisation du

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Introduction

contact roulant en viscoélasticité nécessite un maillage fin, ce qui engendre des


temps de calcul conséquents. Compte tenu du fait qu’il y a l’un des corps en
contact qui roule, il est parfois difficile d’assurer la convergence du problème.
L’utilisateur doit donc être très attentif sur l’algorithme de détection et le
solveur de contact car il n’est pas du tout facile d’avoir une bonne esti-
mation des champs de pression. Carbone et Putignano [CAR 13] ont intro-
duit récemment une nouvelle approche originale, basée sur les méthodes des
éléments de frontières, pour résoudre le problème de roulement ou de glisse-
ment entre un indenteur sphérique et un massif viscoélastique. Leur modèle
peut prendre en compte des matériaux viscoélastiques linéaires avec un ou plu-
sieurs temps de relaxation, et peut donc s’appliquer à des matériaux réels. Les
solutions en termes de champs de pression et de coefficient de frottement ap-
parent ne sont données qu’en régime permanent. Le régime transitoire n’étant
pas pris en compte dans le modèle. Il s’agit d’un des modèles les plus aboutis
traitant du contact roulant/glissant en viscoélasticité. Dans la suite du ma-
nuscrit, les résultats obtenus par notre modèle seront comparés à ceux obtenus
par Carbone [CAR 13].
L’étude du phénomène de fretting dans le cadre du contact viscoélastique
a fait l’objet de plusieurs études notamment dans le cas du PMMA (Poly-
MethylMethAcrylate). Une grande partie de ces travaux s’est limitée à des
études expérimentales [BRI 98, KRI 99, BRI 00, CHA 00, DUB 03, TEN 04,
GER 09, MAR 09a, CAI 11a, CAI 11b, TRE 13, YAS 15]. Les quelques
modèles associés à ces travaux, ne prenaient pas en compte la viscoélasticité
et se limitaient simplement à un contact élastique [DUB 03, TEN 04].
Quasiment tous les travaux présentés jusqu’ici ne se sont intéressés qu’au cas
des matériaux viscoélastiques homogènes. Très peu d’études se sont intéressées
à la modélisation du contact entre matériaux viscoélastiques hétérogènes. Cette
problématique est cependant fortement présente dans le cas des composites à
matrice organique. Il est depuis bien établi que l’orientation locale des fibres
peut avoir une influence notable sur la réponse en fretting du matériau com-
posite [TER 11, TER 09, LER 11, LER 13c]. Les résultats établis dans le cas
des matériaux homogènes viscoélastiques ne sont donc pas transposables aux
cas hétérogènes viscoélastiques.
Au vue de la problématique industrielle, il est donc nécessaire de pouvoir
modéliser correctement le contact dans le cas de matériaux viscoélastiques
homogènes mais aussi dans le cas de matériaux viscoélastiques hétérogènes.
Dans ce chapitre, une approche semi-analytique de résolution du contact
viscoélastique sera présentée. Il s’agit d’un modèle pouvant traiter à la fois des
problèmes d’indentation, de roulement/glissement et de fretting. Le modèle
peut prendre en compte à la fois des matériaux viscoélastiques homogènes et
hétérogènes. Les hétérogénéités seront supposées élastiques et peuvent avoir
des propriétés isotropes ou anisotropes. Contrairement aux autres modèles,
plusieurs types de géométries peuvent être traités. Il convient également de

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4. Théorie du contact viscoélastique

mentionner que l’approche développée dans ce chapitre peut traiter le cas des
matériaux viscoélastiques linéaires avec un ou plusieurs temps de relaxation,
peut prendre en compte l’effet de la rugosité des surfaces sur le problème de
contact, ceci quel que soit le chargement appliqué : force/déplacement im-
posé, chargement de type rampe, Heavy-side, triangulaire, quelconques, . . . Le
modèle fournit des solutions en termes de champs de pression, de cisaille-
ments, de coefficient de frottement mais surtout permet d’obtenir des champs
de contraintes en sous-couche. Ces champs de contraintes représentent des
variables indispensables dans l’étude de l’endommagement en sous-couche.
Contrairement à une grande majorité des modèles existants dans la littérature,
l’approche développée ici fournit des résultats aussi bien en régime transitoire
qu’en régime permanent. Le chapitre sera subdivisé en 3 grandes parties. La
première partie s’intéressera au problème d’indentation entre deux massifs
viscoélastiques homogènes ou hétérogènes. L’effet des hétérogénéités sur le
problème de contact sera étudié. La deuxième partie s’intéressera au problème
de roulement/glissement. La dernière partie s’intéressera à des problématiques
de fretting dans le cas du contact viscoélastique. Des comparaisons entre
les résultats obtenus par le modèle et la méthode des éléments finis seront
présentées régulièrement tout au long de ce chapitre. Le gain en terme de
temps de calculs entre le modèle et la méthode des éléments finis peut at-
teindre 110, dans le cas viscoélastique homogène. Il s’agit d’un modèle très
rapide.
Les développements présentés dans ce manuscrit se limiteront au cadre de la
viscoélasticité linéaire.

4.2 Généralités sur les matériaux


viscoélastiques
Cette partie n’a pas vocation à se substituer à un cours d’introduction à la
viscoélasticité. L’objectif étant de présenter assez succinctement les variables,
les notations ainsi que les bases nécessaires à la compréhension du reste du cha-
pitre. Le comportement d’un matériau viscoélastique est intermédiaire entre
celui d’un solide élastique idéal symbolisé par un ressort de module µ et ce-
lui d’un liquide visqueux newtonien symbolisé par un amortisseur de viscosité
η. L’élasticité d’un matériau traduit sa capacité à conserver l’énergie alors
que la viscosité traduit plutôt la capacité du matériau à dissiper de l’énergie.
Dans le cas d’un matériau purement élastique, le déphasage entre contrainte
et déformation est nul alors dans le cas du matériau purement visqueux, ce
déphasage est de 90◦ . Le comportement viscoélastique se retrouve chez plu-
sieurs matériaux comme le silly putty, les adhésifs, les polymères, les pneus,
. . . Deux différents types d’approches permettent de décrire le comportement
viscoélastique :

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Généralités sur les matériaux viscoélastiques

viscoélasticité non − linéaire

La viscoélasticité non linéaire s’intéresse à des déformations rapides et grandes.


La réponse rhéologique dépend donc de l’amplitude de déformation, la vitesse
de déformation et la cinétique de déformation. Il n’existe pas de théorie qui
prévoit le comportement non-linéaire. Les équations constitutives sont très
empiriques. La viscoélasticité non-linéaire est souvent utilisée dans la mise en
forme des matériaux polymères.

viscoélasticité linéaire

Il s’agit du comportement viscoélastique le plus simple. La viscoélasticité suffit


entièrement pour décrire les déformations lentes et petites. La viscoélasticité
linéaire peut s’appliquer aux matériaux dits matériaux Boltzmanniens. Si
on se place dans l’hypothèse de petites déformations, le matériau Boltzman-
nien suppose que la superposition des sollicitations implique la superposition
homologue des réponses. Soit la fonctionnelle Λ définie par :
Λ
σ −→ ε (4.1)
Considérant deux histoires σ (1) , σ (2) de σ et les deux histoires ε(1) , ε(2) de ε.
Pour un matériau Boltzmannien,

Λ(aσ (1) + bσ (2) ) = aΛ(σ (1) ) + bΛ(σ (2) ) ∀ a, b (4.2)


Pour un matériau donné, ce principe de superposition peut être vérifié de
manière expérimentale sur des sollicitations simples.
Trois tests sont couramment utilisés pour caractériser le comportement des
matériaux viscoélastiques :
– Essais de relaxation. Une déformation est imposée et on suit l’évolution de
la contrainte. On introduit la fonction de relaxation (Eq.4.3) qui est définie
par la relation suivante :
σ(t)
R(t) = (4.3)
ε0
– Essais de fluage. Une contrainte est imposée et on suit l’évolution de la
déformation. La fonction de fluage est définie par :
ε(t)
J(t) = (4.4)
σ0
Les fonctions de relaxation et de fluage sont reliées par la relation suivante :
Z t
J(ξ)R(t − ξ)dξ = t (4.5)
0

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4. Théorie du contact viscoélastique

– Analyse Mécanique Dynamique (DMA). Ce test consiste à imposer une


déformation sinusoı̈dale, on regarde ensuite les modes et le déphasage. La
DMA (Dynamic Mechanical Analysis) permet de déterminer les grandeurs
physiques intrinsèques comme les modules complexes de Young, de Coulomb,
la viscosité, le facteur de perte, . . . . Ces modules ne seront pas utilisés ici.
Les fonctions de relaxation et de fluage seront les seules variables qui seront
utilisées dans ce manuscrit.
Plusieurs modèles rhéologiques existent dans la littérature permettant de
décrire le comportement mécanique des matériaux viscoélastiques linéaires.
Il s’agit de modèles empiriques composés d’une combinaison de connexions en
série et/ou parallèle de ressorts (coefficients d’élasticité Ei ) et d’amortisseurs ηi
représentant respectivement les composantes élastiques et visqueuses. Certains
de ces modèles sont très performants et approchent de façon très satisfaisante
les courbes de caractérisation mécanique. Les modèles les plus connus sont :
– le modèle de Kelvin-Voigt (Fig.4.1). Ce modèle ne décrit pas la relaxation
d’un matériau,

Figure 4.1 – Modèle de Kelvin-Voigt.

– le modèle de Kelvin-Voigt généralisé : constitué d’un assemblage en série


de n modèles de kelvin-Voigt. Ce modèle n’est pas très bien adapté pour la
relaxation,
– le modèle de Maxwell (Fig.4.2) : composé d’un ressort et d’un amortisseur
en série,

Figure 4.2 – Modèle de Maxwell.

– le modèle de Zener (Fig.4.3) composé d’un modèle de Maxwell et d’un ressort


assemblé en parallèle. Il s’agit du modèle le plus simple prédisant à la fois
la relaxation et le fluage de contraintes,
– le modèle de Maxwell généralisé (Fig.4.4). Ce modèle est composé de n
modèles de Maxwell en parallèle, une branche parallèle supplémentaire
est composée d’un ressort pour assurer une recouvrance totale. Il s’agit

132

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Généralités sur les matériaux viscoélastiques

Figure 4.3 – Modèle de Zener.

Figure 4.4 – Modèle de Maxwell généralisé.

du modèle couramment utilisé en viscoélasticité linéaire. C’est également


ce modèle qui sera utilisé dans ce chapitre pour décrire le comportement
des matériaux viscoélastiques (Fig. 4.4). Partant du modèle de maxwell
généralisé, la fonction de relaxation peut s’écrire sous la forme :

" n
#
X
R(t) = µ0 + µi exp(−t/τi ) H(t) (4.6)
i=0

Il s’agit d’une décomposition en séries de Prony. Dans le cadre de la


viscoélasticité linéaire, les champs de contraintes et de déformations
s’écrivent sous la forme :
Z t
dε(ξ)
σ(t) = R(t − ξ) dξ (4.7)
0 dξ

Z t
dσ(ξ)
ε(t) = J(t − ξ) dξ (4.8)
0 dξ

Les notations présentées ci-dessus reviendront assez régulièrement tout au


long de ce chapitre.

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4. Théorie du contact viscoélastique

W(t)

( )( ),

X2 o X1

( )( ),

X3

Figure 4.5 – Illustration du contact normal viscoélastique dans le cas d’une confi-
guration sphère/plan.

4.3 Contact normal sur massif homogène


viscoélastique
4.3.1 Equations du modèle
Considérons un problème d’indentation entre deux corps viscoélastiques M 1,
M 2 (Fig.4.5). L’aspect viscoélastique de l’un ou l’autre des deux corps en
contact (M 1 et M 2) nous oblige à prendre en compte en plus des variables
spatiales (chapitres 2 et 3), la variable temporelle t. Ainsi les équations de
contact présentées au chapitre 2, seront modifiées de façon à prendre en compte
l’aspect temporel. Nous négligerons ici l’effet du frottement de Coulomb pour
nous concentrer sur la réponse viscoélastique des matériaux, ainsi seul le for-
malisme du contact normal sera présenté. Le formalisme du contact tangentiel
sera présenté plus tard dans la dernière partie de ce chapitre. La notation
suivante sera adoptée :
– W (t) sera la charge normale appliquée à un instant t.
La solution du problème de contact normal viscoélastique est obtenue en
résolvant simultanément les trois équations suivantes :
– La conservation de la charge à chaque pas de temps. La charge appliquée
W (t) et l’intégrale de la pression p(x1 , x2 , t) sur l’aire réelle de contact Γc (t)
doivent être strictement égales.
R
W (t) = Γc (t) p(x1 , x2 , t)dx1 dx2 (4.9)

– La déformée des deux massifs en contact : La déformée des deux massifs


(M 1 et M 2) en contact h(x1 , x2 , t) est définie par la géométrie initiale

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Contact normal sur massif homogène viscoélastique

hi (x1 , x2 ), le déplacement de corps rigide δ ainsi que le déplacement re-


latif des deux corps u3 (x1 , x2 , t). L’expression du déplacement normal de
la surface viscoélastique, u3 (x1 , x2 , t), à l’instant t sera donnée à la partie
[Link] :
h(x1 , x2 , t) = hi (x1 , x2 ) + δ(t) + u3 (x1 , x2 , t) (4.10)
où hi (x1 , x2 ) est la géométrie initiale et δ le déplacement de corps rigide.
– Les conditions de contact : Les conditions supplémentaires doivent être sa-
tisfaites notamment sur la déformée de la surface ainsi que sur le champ de
pression :

contact : h(x1 , x2 , t) = 0 et p(x1 , x2 , t) > 0 à l’intérieur Γc (t)

séparation : h(x1 , x2 , t) > 0 et p(x1 , x2 , t) = 0 à l’extérieur Γc (t) (4.11)


Le modèle présenté ici ne prend pas en compte, l’adhésion des deux surfaces
(des pressions négatives ne sont pas autorisées à l’interface des deux corps en
contact).
L’une des difficultés du problème consiste dès lors à déterminer le champ de
déplacement u3 (x1 , x2 , t) et la contrainte en sous-couche σ 0 (x1 , x2 , t).

[Link] Détermination du champ de déplacement normal u3 (x1 , x2 , t)


La détermination du champ u3 (x1 , x2 , t) constituera l’une des clés de la
résolution du problème de contact normal. Le champ de déplacement nor-
mal u3 (x1 , x2 , t) sera calculé en considérant les deux corps en contact (M 1 et
M 2) viscoélastiques.
Pour un matériau élastique linéaire (cf. chapitre 2), le déplacement normal
0 0
u3 (x1 , x2 ) est relié au champ de pression p(x1 , x2 ) par la relation suivante
([JOH 85b]).
Z ∞Z ∞
(1 − ν)p(x01 , x02 )dx01 x02
u3 (x1 , x2 ) = p 0 2 0 2
(4.12)
−∞ −∞ 2πµ (x1 − x1 ) + (x2 − x2 )

En se basant sur le principe de correspondance élastique/viscoélastique


[LEE 60, CHE 11], le déplacement normal de la surface viscoélastique peut
s’obtenir à partir de la solution élastique (Eq.4.12), en :
1
1. remplaçant le module d’élasticité 2µ
, par la fonction de fluage J(t).
2. subdivisant l’historique des champs de pression dans le domaine temporel
en intervalles infinitésimales ∂p
∂ξ
,
3. prenant en compte l’historique des champs de pression dans le domaine
temporel sur un pas infinitésimal.
4. superposant les contributionsR ∞infinitésimales des champs de pression en
utilisant la forme intégrale −∞ ()dξ.

135

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4. Théorie du contact viscoélastique

Le déplacement normal total (les 2 massifs étant viscoélastiques), u3 (x1 , x2 , t),


à l’instant t est donné par :

(1) (2)
u3 (x1 , x2 , t) = u3 (x1 , x2 , t) + u3 (x1 , x2 , t) (4.13)

∞ ∞ t
(1 − ν1 )p(x01 , x02 , ξ)
Z Z Z
u3 (x1 , x2 , t) = ( p 0 2 0 2
J (1) (t − ξ)
−∞ −∞ 0 π (x1 − x1 ) + (x2 − x2 )
0 0
(1 − ν2 )p(x1 , x2 , ξ) (2) ∂p(x01 , x02 , ξ) 0 0
+ p 0 0
J (t − ξ)) dx1 x2 dξ (4.14)
π (x1 − x1 )2 + (x2 − x2 )2 ∂ξ

Z ∞ Z ∞ Z t
0 0
u3 (x1 , x2 , t) = (G(1) (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ) +
−∞ −∞ 0
0 0 ∂p(x01 , x02 , ξ) 0 0
G(2) (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ)) dx1 x2 dξ (4.15)
∂ξ
où, G(1,2) (x1 , x2 , t) est le tenseur de Green viscoélastique, représentant le
déplacement normal de la surface viscoélastique si celle-ci était soumise à une
force unité. G(1,2) (x1 , x2 , t) peut être décomposé en une partie spatiale et une
partie temporelle.
(1 − ν1,2 ) (1,2)
G(1,2) (x1 , x2 , t) = p 2 2
J (t) = G(x1 , x2 )×(1−ν1,2 )×J (1,2) (t) (4.16)
π x1 + x 2
R∞
En discrétisant la forme intégrale −∞ ()dξ et en utilisant la méthode des
différences finies pour évaluer la dérivée ∂p ∂ξ
, l’équation 4.15 peut se réécrire
sous la forme :
Z ∞Z ∞
u3 (x1 , x2 , α∆t) = G(x1 − x01 , x2 − x02 )dx01 x02 ×
−∞ −∞
α
X
(1 − ν1 )J (1) [(α − k)∆t] + (1 − ν2 )J (2) [(α − k)∆t]

k=0
×[p(x01 , x02 , k) − p(x01 , x02 , k − 1)] (4.17)
où ∆t est le pas de la discrétisation temporelle.
Avec cette expression générale de u3 (x1 , x2 , t), il est possible de remonter aux
différents cas limites : contact élastique/élastique, élastique/viscoélastique, ri-
gide/viscoélastique (cas le plus étudié dans la littérature).
A l’aide des équations développées dans cette partie, on peut résoudre
complètement le problème de contact normal entre deux matériaux
viscoélastiques et ainsi obtenir les champs de pression à chaque pas de la
discrétisation temporelle.

136

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Contact normal sur massif homogène viscoélastique

[Link] Détermination des contraintes en sous-couche

Les contraintes en sous-couche sont obtenues à partir d’une distribution


de champs de pression. Le champ de contraintes en point de coordonnées
(x1 , x2 , x3 , ) à l’instant t est donné par la relation :

N1 X
X N2
0(2)
σij (x1 , x2 , x3 , α∆t) = p(x01 , x02 , α∆t)(Cijp (x1 − x01 , x2 − x02 , x3 , ν2 ))
x01 =1 x02 =1
(4.18)

Les coefficients d’influence Cijp (x1 , x2 , x3 ) ne dépendent que du module de Pois-


son ν2 qui est supposé constant au cours du temps.

4.3.2 Mise en œuvre numérique


La résolution du problème de contact entre matériaux viscoélastiques présente
deux difficultés majeures :
– Les équations du contact (Eqs. 4.9 à 4.18) font intervenir une intégrale
sur la zone réelle de contact. Dans le cas des matériaux viscoélastiques, les
difficultés principales viennent du fait que la zone de contact Γc (t) à l’instant
t est à priori inconnue et change durant toute la durée du chargement.
– La déformation des surfaces en contact et le champ de pression à un ins-
tant t dépendent implicitement des informations sur les champs de pres-
sion, déplacements, . . . durant la période [0, t[. Ainsi le problème de contact
viscoélastique devient très compliqué quand on considère un chargement
quelconque arbitraire. Les méthodes semi-analytiques mises en place dans
ce manuscrit permettent de prendre en compte n’importe quel type de char-
gement et n’importe quel type de géométrie en contact.
La résolution du problème de contact passera par une discrétisation spatiale et
temporelle. Le domaine spatial sera subdivisé en N1 ×N2 ×N3 parallélépipèdes.
La surface en contact sera donc composée de N1 × N2 éléments rectangulaires.
Le domaine temporel sera subdivisé en Nt pas de temps ∆t. Le pas de temps
∆t est suffisamment petit pour que le champ de pression puisse être sup-
posé constant durant la période ∆t. Autrement dit p(x1 , x2 , t) est supposée
constante entre α∆t et (α + 1)∆t. Nt étant le nombre total de pas de temps
dans le domaine temporel. Une astuce numérique a été introduite afin d’au-
toriser des pas de chargements ∆t non-constants (maillage non-uniforme en
temps). Dans le cas des chargements de formes sinusoı̈dales (section 4.3.4),
cette technique sera utilisée afin de réduire toujours plus le temps de calcul.

137

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4. Théorie du contact viscoélastique

La forme discrétisée de l’équation 4.17, peut se réécrire sous la forme :


N2
N1 X
X p
u3 (i, j, α) = K 3 (i − i0 , j − j 0 ) ×
i0 =1 j 0 =1
α
X
(1 − ν1 )J (1) [(α − k)∆t] + (1 − ν2 )J (2) [(α − k)∆t]

k=0
×[p(i0 , j 0 , k) − p(i0 , j 0 , k − 1)] (4.19)

En combinant les équations 4.10, 4.11 et 4.19 on obtient :


N1 X
N2
X p
− δ(α) = K 3 (i − i0 , j − j 0 ) ×
i0 =1 j 0 =1
(1) (2)
[0] p(i0 , j 0 , α) + hi (x1 , x2 )

(1 − ν1 )J [0] + (1 − ν2 )J
N1 X
N2 α−1
X p 0 0
X
+ K 3 (i − i ,j − j ) × ((1 − ν1 )J (1) [(α − k)∆t] +
i0 =1 j 0 =1 k=0

(1 − ν2 )J (2) [(α − k)∆t]) × p(i0 , j 0 , k)


N1 X
N2 α
X p 0 0
X
− K 3 (i − i , j − j ) × ((1 − ν1 )J (1) [(α − k)∆t]
i0 =1 j 0 =1 k=0

+(1 − ν2 )J (2)
[(α − k)∆t]) × p(i0 , j 0 , k − 1) (4.20)

Le problème de contact viscoélastique est résolu en suivant la discrétisation


temporelle. La résolution du problème de contact à l’instant α∆t suppose que
les champs de pression du 1er au αème − 1 pas de temps sont connus. La seule
inconnue de l’équation est donc le champ de pression au pas α. Un algorithme
de type gradient conjugué est donc utilisé pour déterminer le champ de pression
à l’instant courant, i.e. à α∆t. En résolvant l’équation de contact pas de temps
par pas de temps, il est alors possible de remonter à l’historique complet de
la distribution des champs de pression. En utilisant la méthode FFT pour
évaluer le produit de convolution de l’équation 4.19, le temps de calcul au pas
de temps α varie en O(α × 2N1 × 2N2 × log(2N1 × 2N2 )).

4.3.3 Validation
Pour la validation, on considérera un contact normal sphère/plan. Les deux
corps en contact sont supposés homogènes. Le diamètre de la sphère est D =
62mm et une force normale d’intensité W (t) = 10000N ×H(t) est appliquée. a∗
et P0 sont respectivement le rayon de contact et la pression maximum de Hertz
correspondant au cas homogène élastique quand le module de cisaillement
instantané R(0) = µ est utilisé (cf. Eq. 4.22). Autrement dit le rayon de contact

138

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Contact normal sur massif homogène viscoélastique

a∗ (t = 0) = a∗ et P max(t = 0) = P0 . Pour les propriétés viscoélastiques, on


choisira un modèle de type Maxwell avec un seul temps de relaxation (voir
Figs. 4.2 et 4.6). Les fonctions de relaxation et de fluage sont données par :

1 2

0.9
1.75
0.8

0.7
1.5

µ × J (t)
0.6
R(t)/µ

0.5 1.25

0.4
1
0.3

0.2
0.75
0.1

0 0.5
0 0.25 0.5 0.75 1 0 0.25 0.5 0.75 1
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.6 – Fonction de relaxation (a) et la fonction de fluage (b).

1 t
J(t) = + (4.21)
µ η
et :
R(t) = µ exp(−t/τ ) (4.22)
où µ est le module purement élastique, η la viscosité, et τ = η/µ le temps
de relaxation. Le coefficient de Poisson du massif viscoélastique est supposé
constant ν M =0.3. Le module de cisaillement instantané est R(0) = µ =
80.77GP a et le temps de relaxation τ = 25 secondes.
Trois calculs seront réalisés :
1. Contact sphère viscoélastique/massif viscoélastique. La sphère et le massif
seront considérés comme viscoélastiques. En considérant cette configura-
tion, la demi-largeur de contact et la pression de Hertz équivalentes à
t = 0 sont respectivement, a∗ (t = 0) = a∗ = 1.263mm et P max(t = 0) =
P0 = 2992.894M P a
2. Contact sphère élastique/massif viscoélastique. Le massif sera considéré
viscoélastique et la sphère élastique. Ceci revient simplement à faire
tendre uniquement τ → ∞. Pour cette configuration a∗ (t = 0) = a∗ =
1.263mm et P max(t = 0) = P0 = 2992.894M P a
3. Contact sphère rigide/massif viscoélastique. La sphère sera considérée
rigide. Ceci revient dans nos formulations à faire tendre τ → ∞ et µ →
∞. a∗ (t = 0) = a∗ = 1.00mm et P max(t = 0) = P0 = 4750.923M P a

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4. Théorie du contact viscoélastique

Les champs de pression obtenus par le code semi-analytique seront comparés


à ceux obtenus par la méthode des éléments finis.

1.2 SAM 1.2 1.2


t=0
FEM t=0 t=0
1 1 1
t=τ /2
t=τ /2
0.8 0.8 t=τ 0.8
P /P0 t=τ /2 P /P0 t=3τ /2 P /P0
t=τ
0.6 0.6 0.6
t=τ
t=2τ
0.4 0.4 0.4
t=3τ /2

0.2 0.2 0.2


t=2τ SAM SAM
FEM FEM
0 0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x1 /a∗ x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b) (c)

Figure 4.7 – Comparaison entre la méthode semi analytique(SAM) et la méthode


des éléments finis (EF) ; (a) Sphère viscoélastique/Massif viscoélastique, (b) Sphère
élastique/Massif viscoélastique (c) Sphère rigide/Massif viscoélastique.

Les figures 4.7a, 4.7b, 4.7c présentent respectivement les comparaisons des
champs de pression dans le cas du contact sphère viscoélastique/massif
viscoélastique, sphère élastique/massif viscoélastique, sphère rigide/massif
viscoélastique.
Une bonne corrélation entre le code semi-analytique et le code éléments finis
commercial (Abaqus v6.12) peut être observée.

Comparaison du temps CPU

Dans le cas viscoélastique, en plus de la discrétisation spatiale, il y a une


discrétisation temporelle. Ce qui fait augmenter considérablement le temps
CPU, notamment dans le cas du modèle EF 3D.

Table 4.1 – Comparaison du temps CPU, cas de la viscoélasticité homogène

Méthode EF 3D Code SA
Temps CPU 76500s(∼ 21h15min) 672s(∼ 12min)

Le gain en terme de temps de calcul est de l’ordre de 1 : 113. Cette com-


paraison est un peu exagérée, puisque la comparaison pourrait être réalisée
entre le modèle semi-analytique et un modèle EF axisymétrique. En effet ici
nous sommes en présence de matériaux homogènes, l’utilisation d’un modèle
éléments finis 3D n’est pas justifiée. Cependant l’on a voulu garder le même
modèle EF pour la partie viscoélastique homogène et la partie viscoélastique
hétérogène, afin d’avoir une comparaison robuste.

140

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Contact normal sur massif homogène viscoélastique

2000
Mesures experimentales
Decomposition en serie de Pronys

1800
R(t)

1600

1400

1200
0 200 400 600 800 1000
t(s)

Figure 4.8 – Fonction de relaxation du PMMA.

4.3.4 Quelques résultats


Cette partie s’intéressera à un matériau réel : le
PMMA(PolyMethylMethAcrylate). Différents types de chargement seront étudiés
(triangulaire, sinusoı̈dal). Des comparaisons seront faites avec des résultats
expérimentaux issus de la littérature [RAM 04]. Dans la simulation du test d’inden-
tation, des propriétés viscoélastiques linéaires seront considérées pour le PMMA et
la plasticité ne sera guère prise en compte. Les propriétés matériaux retenues pour
le PMMA seront celles obtenues par [RAM 04] lors des essais de relaxation. Cette
fonction de relaxation sera approximée en utilisant une décomposition en séries de
Prony à l’ordre 2. La fonction de relaxation R(t) qui corrèle bien (Fig.4.8) avec les
propriétés matériaux du PMMA issues des essais menés par [RAM 04] est donnée
par l’équation ci-dessous :

t t
RP M M A (t) = 1429.71 + 184.62 exp(− ) + 191.06 exp(− ) (4.23)
8.93 117.96
On peut donc en déduire la fonction de fluage en utilisant la relation 4.5 :

JP M M A (t) = 7.0 × 10−4 − 6.1710−5 × exp(−0.1t) − 8.3810−5 × exp(−7.47 × 10−3 t)


(4.24)
Le coefficient de Poisson du PMMA sera supposé fixe et égal à ν = 0.38
On se propose de résoudre un problème d’indentation entre une sphère en acier
de rayon R = 3.5mm et le PMMA supposé viscoélastique linéaire sans prise en
compte de la plasticité. Deux types de chargement seront considérés, un charge-
ment/déchargement de type triangulaire, et un cas où la charge normale oscille
sinusoı̈dalement autour d’une valeur nominale.

141

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4. Théorie du contact viscoélastique

– Cas d’un chargement triangulaire


L’indenteur sera soumis à chargement triangulaire (Fig.4.9a) entre [0, 2T ] de
la forme :

W (t) = λtH(t) − 2λ(t − T )H(t − T ) (4.25)


avec λ = Wmax /T ; Wmax = 100N .

1.2 1.6

1.4
1
1.2

W (mN )
0.8
W (t)/Wmax

0.6 0.8

0.6
0.4
0.4
0.2
0.2

0 0
0 0.5 1 1.5 2 0 500 1000 1500 2000
t/T t(sec)
(a) (b)

Figure 4.9 – Chargement de forme triangulaire (a) Chargement de forme sinusoı̈dale


(b).

Des simulations seront faites pour diverses valeurs de vitesses de chargement


λ.
Pour λ = 10 N/s une comparaison sera faite avec les résultats d’essais réalisés
par [RAM 04]. La figure 4.10 présente donc une comparaison entre la courbe
d’indentation obtenue par le modèle et celle obtenue lors des essais menés
par [RAM 04]. Malgré les diverses hypothèses (viscoélasticité linéaire, pas de
prise en compte d’une éventuelle plasticité), on remarque néanmoins qu’il y a
une relative bonne corrélation entre les résultats expérimentaux et l’approche
générique développée pour la résolution des contacts viscoélastiques.
D’autres simulations sont ensuite réalisées pour diverses vitesses de charge-
ment. La distribution de pression (Fig.4.11) ainsi que des courbes d’indenta-
tion (Fig.4.12) seront présentées. Une diminution du maximum de pression
ainsi qu’une augmentation de la largeur de contact sont observées au fur et
à mesure que la vitesse de chargement λ diminue. Pour de fortes vitesses
de chargement (λ = 100N/s), le matériau viscoélastique présente une forte
résistance au contact. La courbe charge/décharge coı̈ncide presque (Fig.4.12).
L’effet d’hystérésis (aire sous la courbe) induite par l’aspect viscoélastique di-
minue avec la vitesse de chargement. Ceci s’explique par le fait que dans le
cas de grandes vitesses de chargement, la partie élastique de la déformation du

142

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Contact normal sur massif homogène viscoélastique

100
Simulation(Code SA)
Cas experimental
80

60

W (N )
40

20

0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07
δ(mm)

Figure 4.10 – Comparaison de la courbe d’indentation obtenue avec le code semi-


analytique (code SA) et les résultats expérimentaux ([RAM 04]).
1.2
λ = 100
1.1 λ = 10
λ=1
1 λ = 0.2
λ = 0.1
0.9
0.8
0.7
P/P0

0.6
0.5
0.4
0.3
0.2
0.1
0
0 0.2 0.4 0.6 0.8 1 1.2
x1 /a∗

Figure 4.11 – Distribution adimensionnée des champs de pression pour différentes


valeurs de vitesse de chargement λ(enN/s).

matériau viscoélastique est prépondérante. Dans le cas des vitesses de charge-


ment relativement faibles (λ = 0.2N/s, 0.1N/s), l’effet visqueux est beaucoup
plus prépondérant. Il faut toutefois noter que pour des très faibles vitesses de
chargements (λ ≤ 0.005N/s) la réponse du matériau redeviendra élastique,
avec un module de Young plus faible.
– Cas d’un chargement sinusoı̈dal :
Le modèle peut prendre en compte une grande variété de chargement. Un
chargement sinusoı̈dal sera considéré dans cette partie. Le chargement normal
s’écrira sous la forme :

W (t) = Wlim + ∆W sin(ωt) (4.26)


La courbe d’indentation (Fig.4.13) sera tracée pour deux pulsations différentes.
L’énergie dissipée est donc fonction de la fréquence de sollicitation. Une étude

143

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4. Théorie du contact viscoélastique

100 λ = 0.1
λ = 0.2
λ=1
λ = 10
80 λ = 100

60
W (N )

40

20

0
0 0.01 0.02 0.03 0.04 0.05 0.06 0.07
δ(mm)

Figure 4.12 – Courbe d’indentation pour différentes valeurs de vitesse de charge-


ment λ(enN/s).

1.5 ω = 0.0092s−1
ω = 0.3s−1
1.4
1.3
W (t)/Wlim

1.2
1.1
1
0.9
0.8
0.7
0.6
0.5
0.5 0.6 0.7 0.8 0.9 1 1.1 1.2 1.3 1.4
δ(t)/δlim

Figure 4.13 – Courbe d’indentation dans le cas d’un chargement sinusoı̈dal pour
différentes pulsations d’excitation.

144

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Contact normal sur massif homogène viscoélastique

1.5 1.5
Chargement Chargement
Reponse du contact Reponse du contact
1.5 1.5

W (t)/Wlim

δ(t)/δlim
W (t)/Wlim

δ(t)/δlim
1 1
1 1

0.5 0.5 0.5 0.5


0 0.5 1 1.5 2 2.5 0.8 0.9 1 1.1 1.2
(t-500)×ω/2π (t-500)×ω/2π
(a) (b)

Figure 4.14 – Chargement d’indentation et réponse du contact en fonction du


temps (a) pour la fréquence ω = 0.0092s−1 (b) zoom pour mettre en évidence le
déphasage.

plus approfondie montre qu’il existe une pulsation de résonance pour laquelle
cette énergie est maximale.
L’analyse des champs de pression (Fig.4.14) montre qu’il y a un déphasage
entre le chargement et la réponse du contact. L’effet visqueux entraı̂ne donc
un retard de la réponse du contact sur le chargement.

145

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4. Théorie du contact viscoélastique

4.4 Contact normal sur massif viscoélastique


hétérogène
Seul l’un des corps viscoélastiques en contact, contient des hétérogénéités. Le
but de cette section est de présenter le formalisme développé durant la thèse pour
prendre en compte les massifs viscoélastiques hétérogènes (4.15). Ce cas se rapproche
énormément de l’application composite. La grande variété des matériaux composites
utilisée dans l’industrie est constituée d’une matrice viscoélastique (linéaire ou non-
linéaire) et des fibres la plupart du temps élastiques isotropes ou anisotropes.
Les équations du contact peuvent se réécrire sous la forme :
R
W (t) = Γc (t) p(x1 , x2 , t)dx1 dx2 (4.27)

La déformée des deux massifs (M 1 et M 2) en contact s’écrit :

h(x1 , x2 , t) = hi (x1 , x2 ) + δ + u3 (x1 , x2 , t) + u∗3 (x1 , x2 , t) (4.28)


Le terme u∗3 (x1 , x2 , t) s’ajoute. Ce terme représente l’eigendisplacement induit
par la présence d’hétérogénéités.
Les conditions de contact :

contact : h(x1 , x2 , t) = 0 et p(x1 , x2 , t) > 0 à l’intérieur Γc (t)

séparation : h(x1 , x2 , t) > 0 et p(x1 , x2 , t) = 0 à l’extérieur Γc (t) (4.29)


La difficulté du problème de prise en compte des massifs viscoélastiques
hétérogènes, réside dans le calcul du champ de déplacement u∗3 (x1 , x2 , t). Le cal-
cul du champ u∗3 (x1 , x2 , t) s’inspire de la méthodologie présentée au chapitre 3, et
constitue la clé de résolution du problème de contact hétérogène.

4.4.1 Equations du modèle


La prise en compte des hétérogénéités (voir Fig. 4.15) dans le problème de contact
se fait en modifiant l’équation de base du problème (Eq.4.29). Le terme u∗3 qui
est ajouté représente l’eigendisplacement induit par la présence d’une ou plusieurs
hétérogénéités. L’algorithme de la figure 4.16 sera utilisé afin de coupler la résolution
du problème de contact et la prise en compte des hétérogénéités en sous-couche.
Les paragraphes qui suivent détailleront les différentes étapes du calcul du champ
d’eigendisplacement u∗3 .
Le calcul du champ de déformation ε∗ en espace infini sera présenté dans un
premier temps. Le calcul de l’eigenstrain ε∗ en espace semi-infini est présenté ensuite.
Enfin la méthodologie du calcul de l’eigendisplacement u∗3 est exposée. La démarche
proposée peut prendre en compte des hétérogénéités élastiques isotropes aussi bien
qu’anisotropes noyées dans une matrice viscoélastique.

146

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Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène

A-A
W(t) W(t)

( )( ),
( )( ),

2
X2 o X1
o x1
A A dx
M Ɵ
( )( ),

2 2
X3
x3 ( )( ),

(a) (b)

Figure 4.15 – Illustration du contact normal dans le cas d’une sphère et d’un massif
viscoélastique hétérogène. (a) Vue 3D et (b) Coupe dans le plan X2 = 0 2D.

Le formalisme d’Eshelby sera appliqué à chaque pas de la discrétisation tempo-


M
relle afin de prendre en compte l’effet des hétérogénéités. Cijkl (α∆t) représentera le
tenseur d’élasticité de la matrice viscoélastique à l’instant t = α × ∆t.

Solution en espace infini

M
Considérons une matrice infinie D avec des propriétés élastiques Cijkl (α∆t)
contenant une inclusion de forme ellipsoı̈dale, cubique, cylindrique, . . . Ω de ten-
I
seur élastique Cijkl . L’ensemble est soumis à un champ uniforme ε0 à l’infini. La
présence du domaine inclusionnaire modifie grandement les champs de déformations.
En appliquant le formalisme d’Eshelby à un instant t = α∆t, on peut remplacer
l’hétérogénéité ellipsoı̈dale par une inclusion ayant les mêmes propriétés élastiques
que la matrice à l’instant t = α∆t mais sujette à une déformation imaginaire libre
de contrainte, eigenstrain ε∗ donnée par :

I
Cijkl (ε0kl + εkl ) = Cijkl
M
(α∆t) × (ε0kl + εkl − ε∗kl ) dans Ω (4.30)
L’équation 4.30 est une équation nécessaire au problème d’équivalence entre in-
clusion et hétérogénéité. La relation entre la déformation compatible εij et l’eigens-
train ε∗ij est donnée par :
εij = Sijkl (α∆t) × ε∗kl (4.31)
où Sijkl (α∆t) est le tenseur d’Eshelby à l’instant t = α∆t. Le tenseur d’Eshelby
classique ne dépend que du coefficient de Poisson de la matrice. Compte tenu du
fait que dans nos approches, le coefficient de Poisson est supposé constant, on montre

147

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4. Théorie du contact viscoélastique

Données d’entrée :
• Propriétés géométriques et
matériaux
• Chargement
• Simulation pour ∈ [0, ]

Discrétisation temporelle en
pas de temps ∆ = ; ∈
0…….

=0

Résolution des équations de


contact viscoélastique à = ×
∆ (Prise en compte des effets Méthode de l’inclusion
d’histoire, pression, cisaillement) équivalente

Contraintes élastiques en sous-


couches (3D-FFT)

Détermination eigenstrain ε*

Contraintes en surface
Détermination de l’eigenstress
(3D-FFT)

Déplacements ∗ et
= +1 Déplacements induits par la
contraintes induits par les
présence des hétérogénéités
contraintes en surfaces.
U ∗ , U ∗ (éventuellement)

Prise en
compte
Somme des contraintes puis des espace
déplacements
semi-infini

Convergence sur les


déplacements résiduels ?

= ?

Figure 4.16 – Algorithme du couplage entre le problème viscoélastique et le


problème hétérogène.

148

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Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène

O ,
O ,
, = O
, - ,
,

, , ,

Figure 4.17 – Nouvelle méthode de décomposition, cas d’un massif viscoélastique.

que :

Sijkl (α∆t) = Sijkl (t = 0) = Sijkl (4.32)

La substitution de l’équation 4.31 dans l’équation 4.30 conduit à :

∆Cijkl (α∆t)Sklmn ε∗mn + Cijkl


M
(α∆t)ε∗kl = −∆Cijkl (α∆t)ε0kl (4.33)

où :

I M
∆Cijkl (α∆t) = Cijkl − Cijkl (α∆t)

Solution en espace semi − infini

Comme cela a été mentionné au chapitre précédent, les solutions d’Eshelby clas-
siques ne sont valables qu’en espace infini. Le problème de contact par contre fait
intervenir des espaces semi-infinis. On peut s’inspirer de la décomposition proposée
par Chiu [CHI 78a] (cf. chapitre 3) ou de la nouvelle méthode de décomposition
présentée à la section 3.8 du chapitre précédent. La nouveauté ici, réside dans le
fait que la méthode de décomposition sera utilisée à chaque pas de temps de la
discrétisation temporelle α∆t (Fig.4.17). Pour une simulation avec plusieurs pas de
temps, le gain en terme de temps de calcul devient très vite conséquent lorsque la
nouvelle méthode de décomposition est utilisée.
Le champ de contrainte en tout point de l’espace maillé par n1 × n2 × n3 pa-
rallélépipèdes est donné par :

149

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4. Théorie du contact viscoélastique

3 −1 n
nX X2 −1 n
X1 −1

σij (x1 , x2 , x3 , α∆t) = Bijkl (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 − xI3 , α∆t)ε∗kl (xI1 , xI2 , xI3 , α∆t)
xI3 =0 xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X 1 −1

− Mij (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 , α∆t)σ n (xI1 , xI2 , 0, α∆t)


xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X1 −1

− Mijzx (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 , α∆t)σzx (xI1 , xI2 , 0, α∆t)


xI2 =0 xI1 =0
2 −1 n
nX X 1 −1

− Mijzy (x1 − xI1 , x2 − xI2 , x3 , α∆t)σzy (xI1 , xI2 , 0, α∆t)


xI2 =0 xI1 =0
(4.34)
où Bijkl sont les coefficients d’influence reliant l’eigenstrain au point (xI1 , xI2 , xI3 ),
centre de l’inclusion dans l’espace infini, à la contrainte σij au point (x1 , x2 , x3 ). Mij
représente les coefficients d’influence reliant la contrainte normale σ n à l’intérieur
du rectangle centré en (xI1 , xI2 , 0) à la contrainte σij au point (x1 , x2 , x3 ).
M
Bijkl (x, α∆t) = Cijmn (α∆t)Dmnkl (x, α∆t) ∀ x ∈ D-Ω (4.35)

M
Bijkl (x, α∆t) = Cijmn (α∆t)(Dmnkl (x, α∆t) − Imnkl ) ∀ x ∈ Ω (4.36)
où Iijkl = 12 (δil δjk + δik δjl) est le tenseur identité d’ordre 4. Le tenseur d’ordre 2
Mij (voir Annexe A) et le tenseur d’ordre 4 Dijkl dépendent uniquement du coeffi-
cient de Poisson qui est supposé constant. Ainsi :

Dijkl (x, α∆t) = Dijkl (x) (4.37)

et
Mij (x, α∆t) = Mij (x) (4.38)

Mijzx (x, α∆t) = Mijzx (x) (4.39)

Mijzy (x, α∆t) = Mijzy (x) (4.40)


L’expression du tenseur Dijkl donnée dans [MUR 87b] est rappelée ici.

1
Dijkl = [Ψ,ijkl − 2νδkl φ,ij − (1 − ν)(δkl φil + δki φ,jl + δjl φ,ik + δli φ,jk )]
8π(1 − ν)
(4.41)
Ψ (x) et φ(x) sont les potentiels harmoniques et bi-harmoniques (cf. chapitre 3) :

150

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Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène

Pour une inclusion unique centrée en (xI1 , xI2 , xI3 ) dans l’espace semi-infini, la
contrainte normale σ n au point (x,1 , x,2 , 0) est obtenue par :
σ n (x01 , x02 , 0, α∆t) = − B33kl (x01 − xI1 , x02 − xI2 , −xI3 , α∆t)ε∗kl (xI1 , xI2 , xI3 , α∆t)
(4.42)
− B33kl (x01 − xI1 , x02 − xI2 , xI3 , α∆t)ε∗skl (xI1 , xI2 , −xI3 , α∆t)
Déplacement normal de la surface viscoélastique

Les déplacements normaux u∗3 dus aux hétérogénéités sont uniquement générés
par le champ de pression σ n permettant de créer une surface libre (massif semi-
infini). A la différence du cas élastique, ces déplacements s’écrivent sous la forme :

2 −1 n
nX 1 −1
X p
u∗3 (x1 , x2 , α∆t) = K 3 (x1 − x01 , x2 − x02 ) ×
x02 =0 x01 =0
α
X
(1 − ν2 )J (2) [(α − k)∆t] × [σ n (x01 , x02 , k∆t) − σ n (x01 , x02 , (k − 1)∆t)] (4.43)
k=0

4.4.2 Validation.
Pour la validation, on considérera un contact normal entre une sphère rigide et
un matériau viscoélastique contenant une ou plusieurs hétérogénéités. Le diamètre
de la sphère rigide est D = 62mm et une force normale W (t) = 10000N × H(t) est
appliquée. a∗ et P0 sont respectivement le rayon de contact et la pression maximum
de Hertz correspondant au cas homogène élastique quand le module de cisaillement
instantané est utilisé R(0) = µ.

Propriétés matériaux

Les propriétés matériaux retenues pour le massif viscoélastique sont identiques


à celles utilisées dans la partie 4.3.3 : un modèle de Maxwell avec un seul temps de
relaxation avec R(t) = µ exp(−t/τ ).
Pour des raisons de simplicité, les mêmes propriétés viscoélastiques seront uti-
lisées dans la prochaine section  Résultats .

Validation par la méthode des éléments finis

Afin de valider notre modèle, une comparaison avec la méthode des éléments
finis est réalisée en utilisant la version v6.11-2 du code EF commercial Abaqus. Le
contact entre une sphère rigide et un massif viscoélastique hétérogène contenant une
hétérogénéité ellipsoı̈dale élastique isotrope est simulé. Une technique de partition
particulière a été utilisée pour réaliser l’interface hétérogénéité/matrice. Les pro-
priétés géométriques ainsi que la position du centre de l’inclusion sont normalisées
par la demi-largeur de contact a∗ (Tableau 4.2).

151

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4. Théorie du contact viscoélastique

Table 4.2 – Propriétés géométriques de l’inclusion (Cas de référence)

Géométrie Position
a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ dx3 = 0.4a∗

– Maillage du modèle EF.


La qualité du maillage influe grandement sur la qualité de la solution du
problème de contact. En utilisant les propriétés de symétrie du modèle, le
maillage peut se limiter à la moitié du domaine. Le modèle comprend en tout
39671 éléments hexaédriques linéaires de taille 0.002a∗ , 39671 éléments qua-
dratiques tétraédriques et enfin 110009 éléments tétraédriques linéaires.
– Maillage du modèle semi-analytique. Contrairement au modèle EF, ici le
maillage est limité au volume d’intérêt [−2a∗ , 2a∗ ] × [−2a∗ , 2a∗ ] × [0, 2a∗ ]. Il
n’est pas nécessaire de mailler les conditions limites. Le maillage comprend
100 × 100 × 100 cubes de même dimension 0.02a∗ × 0.02a∗ × 0.02a∗ .
La simulation correspond au cas d’un contact entre une sphère rigide et un massif
viscoélastique hétérogène contenant une hétérogénéité élastique isotrope inclinée. Les
propriétés matériaux de l’hétérogénéité sont données dans le tableau 4.3.

Table 4.3 – Propriétés matériaux de l’inclusion

Region Propriétés matériaux


Hétérogénéité E I = 840 GPa, ν I = 0.3

Les résultats de la comparaison entre le modèle semi-analytique et le modèle


EF sont présentés à la figure 4.18. La comparaison se limitera à la distribution de
pression pour respectivement t = 0, t = τ /2 et t = τ . La corrélation obtenue entre
les deux méthodes est très bonne.

Comparaison du temps CPU

Dans le cas viscoélastique hétérogène, le gain en temps de calcul est de l’ordre


1 : 21. Comparé au cas homogène, il s’agit d’un cas où le gain est considérablement
réduit. Cependant il faut remarquer que pour des hétérogénéités 10 fois plus dures
que la matrice, la convergence du modèle EF est mise à rude épreuve et le temps de
calcul peut littéralement exploser.

152

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Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène

1.2 t=0

1
t=τ /2
0.8
P /P0
0.6

t=τ
0.4

0.2
SAM
FEM
0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x1 /a∗

Figure 4.18 – Comparaison de la valeur adimensionnée de la distribution des


champs de pression (SAM) et le modèle éléments finis (FEM) : Cas d’un massif
viscoélastique hétérogène (dx3 /a∗ = 0.4, a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , θ = 30◦ )

Table 4.4 – Comparaison du temps CPU, cas de la viscoélasticité hétérogène

Méthode EF(3D) Code SA(nouvelle méthode)


Temps CPU 89100s(∼ 23h25min) 4210s(∼ 1h10min)

153

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4. Théorie du contact viscoélastique

4.4.3 Résultats
Les résultats présentés ici se limiteront à un cas académique. Le contact entre
une sphère rigide et un massif viscoélastique hétérogène est considéré. Les propriétés
viscoélastiques retenues pour le massif sont identiques à celles utilisées dans la par-
tie validation. Le but de cette partie sera d’étudier l’effet de la présence d’une ou
plusieurs hétérogénéités sur la solution du problème de contact viscoélastique. La
simulation dans le domaine temporel varie entre [0, τ ] et est divisée en 40 pas de
temps. a∗ (t) représente le rayon de contact instantané à un instant t donné corres-
pondant au cas homogène élastique c’est-à-dire sans hétérogénéité. Compte tenu du
fait que le matériau s’assouplit avec le temps, il est évident que a∗ (t) augmentera
avec le temps t. On peut introduire une variable γ qui est le ratio entre le mo-
dule de Young de l’inclusion élastique et le module de Young instantané du massif
viscoélastique (Eq. 4.44).

E M (0) = 2 × (1 + ν M ) × R(0) (4.44)

Le ratio γ peut s’écrire sous la forme :

γ = E I /E M (0) (4.45)

où E I est le module de Young de l’hétérogénéité élastique isotrope.

[Link] Hétérogénéité isotrope

La distribution de pression est présentée aux figures 4.19, 4.20, 4.21 et 4.22 pour
différentes valeurs du module γ = 1, 2, 0.5 et 0.2. Une hétérogénéité inclinée de demi-
axes a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ située à la profondeur dx3 = 0.4a∗ avec un angle
θ = 30◦ est considérée. Les résultats sont tracés dans le plan x2 = 0. Dans le premier
cas (Fig. 4.19) c’est-à-dire pour γ = 1 on observe que pour t = 0, l’hétérogénéité
n’a aucun effet sur la distribution de la pression de contact (ce qui est normal).
Cependant à t = τ /2 et t = τ la surpression due à l’hétérogénéité passe de 6% à 18%
comparé au cas homogène viscoélastique. Ce résultat reste cohérent compte tenu du
fait que la matrice est de moins en moins raide alors que l’hétérogénéité quant à elle
demeure élastique. Le cas d’une hétérogénéité dure (γ = 2) est maintenant considéré
Fig. 4.20. Ce cas entraine une surpression de 6%, 14% et 24% respectivement pour
t = 0, t = τ /2, t = τ . Pour γ = 0.5 (Fig. 4.21), on remarque que la surpression
induite par l’hétérogénéité élastique est négligeable pour t = τ /2. Alors qu’à t = 0
une réduction du maximum du champ de pression de 9.5% est obtenue ainsi qu’une
augmentation du maximum du champ de pression de 10.5% pour t = τ . Pour γ = 0.2
(Fig. 4.22) le champ de pression a diminué de 17.15% à t = 0 et de 12% pour t = τ /2.
Pour t = τ , l’effet de l’hétérogénéité élastique sur la distribution de pression est
négligeable.

154

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Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène

1.2 1.2
t=0 t=0
1 1

0.8 t=τ /2 0.8 t=τ /2


P /P0 P /P0
0.6 0.6

t=τ t=τ
0.4 0.4

0.2 0.2
homogene homogene
heterogene heterogene
0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x2 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 4.19 – Distribution de pression pour γ = E I /E M (0) = 1, ν I = 0.3 (a1 =


0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 30◦ ) ; (a) x1 = 0 et (b)x2 = 0.

1.2 1.2

1 t=0 1 t=0

0.8 t=τ /2 0.8 t=τ /2


P /P0 P /P0
0.6 0.6

t=τ t=τ
0.4 0.4

0.2 0.2
homogene homogene
heterogene heterogene
0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x2 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 4.20 – Distribution de pression pour γ = E I /E M (0) = 2, ν I = 0.3 (a1 =


0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 30◦ ) ; (a) x1 = 0 et (b) x2 = 0.

155

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4. Théorie du contact viscoélastique

1.2 1.2

1 t=0 1 t=0

0.8 t=τ /2 0.8 t=τ /2


P /P0 P /P0
0.6 0.6

t=τ t=τ
0.4 0.4

0.2 0.2
homogene homogene
heterogene heterogene
0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x2 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 4.21 – Distribution de pression pour γ = E I /E M (0) = 0.5, ν I = 0.3


(a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 30◦ ) ; (a) x1 = 0 et (b) x2 = 0.

1.2 1.2

1 t=0 1 t=0

0.8 t=τ /2 0.8 t=τ /2


P /P0 P /P0
0.6 0.6

t=τ t=τ
0.4 0.4

0.2 0.2
homogene homogene
heterogene heterogene
0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x2 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 4.22 – Distribution de pression pour γ = E I /E M (0) = 0.2, ν I = 0.3(a1 =


0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 30◦ ) ; (a) x1 = 0 et (b) x2 = 0.

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Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène

[Link] Deux hétérogénéités sphériques


Le but de cette partie est de montrer la capacité du modèle à prendre en
compte plusieurs hétérogénéités ainsi que leurs interactions mutuelles. Le cas de
deux hétérogénéités sphériques S1 et S2 centrées respectivement en (dx1 = −0.3a∗ ,
dx2 = 0, dx3 = 0.4a∗ ) et (dx1 = 0.3a∗ , dx2 = 0, dx3 = 0.4a∗ ) est présenté. Les deux
hétérogénéités ont le même rayon r = 0.14a∗ . Les propriétés élastiques sont telles
que γ = 0.6 pour S1 et 0.8 pour S2 . Les deux hétérogénéités ont le même coefficient
de Poisson. L’algorithme de gradient conjugué (CGM) introduit par [ZHO 11] et
présenté au chapitre 3 a été utilisé pour prendre en compte l’interaction mutuelle
entre les deux hétérogénéités.
Les résultats (Fig.4.23) montrent que pour t = 0, les deux inclusions se com-
portent comme des hétérogénéités souples. A t = τ /2, l’hétérogénéité S1 se comporte
comme une hétérogénéité souple mais S2 comme une hétérogénéité dure.
A t = τ , les deux hétérogénéités se comportent comme des hétérogénéités dures.

1.2 1.2

1 t=0 1 t=0

0.8 t=τ /2 0.8 t=τ /2


P /P0 P /P0
0.6 0.6

t=τ t=τ
0.4 0.4

0.2 0.2
homogene homogene
heterogene heterogene
0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x2 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 4.23 – Distribution de pression pour le massif viscoélastique contenant deux


hétérogénéités sphériques avec γ1 = E I /E M (0) = 0.6 et γ2 = E I /E M (0) = 0.8 (avec
ν I = ν M = 0.3) ; (a) x1 = 0 et (b) x2 = 0.

[Link] Hétérogénéité anisotrope


Le cas anisotrope mérite également d’être présenté (voir Fig.4.24). Le matériau
industriel est constitué des fibres élastiques anisotropes dans une matrice
viscoélastique. On se limitera ici au cas d’un matériau orthotrope. Mais le forma-
lisme traite également le cas d’anisotropie totale avec 21 coefficients élastiques. Les
9 coefficients dans le cas orthotrope sont donnés par : E1I = 210 GPa, E2I = 623

157

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4. Théorie du contact viscoélastique

GPa, E3I = 50 GPa, µI12 = 83 GPa, µI13 = 400 GPa, µI23 = 20 GPa, ν12 I
= 0.15,
I I
ν13 = 0.26, ν23 = 0.40.
L’orientation du repère d’orthotropie par rapport au repère de contact est donnée
par la convention ZXZ des angles d’Euler : ϕ = 45◦ , θ = 60◦ , ψ = 30◦ . L’on peut re-
marquer qu’à l’instant initial, l’hétérogénéité se comporte comme une hétérogénéité
dure dans le plan x2 = 0 et comme une hétérogénéité souple dans le plan x1 = 0.
Ceci est principalement dû aux propriétés anisotropes et à l’orientation de l’inclu-
sion. Dans le plan x2 = 0 la surpression due à l’hétérogénéité varie de 2.1% (à t = 0)
à 49% (à t = τ ).

1.2 1.2

1 t=0 1 t=0

0.8 t=τ /2 0.8 t=τ /2


P /P0 P /P0
0.6 0.6

t=τ t=τ
0.4 0.4

0.2 0.2
homogene homogene
heterogene heterogene
0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x2 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

Figure 4.24 – Distribution de pression dans le cas d’une hétérogénéité ellipsoı̈dale


anisotrope (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 30◦ , E1I = 210 GPa,
E2I = 623 GPa, E3I = 50 GPa, µI12 = 83 GPa, µI13 = 400 GPa, µI23 = 20 GPa,
I I I
ν12 = 0.15, ν13 = 0.26, ν23 = 0.40) ; (a) x1 = 0 et (b) x2 = 0.

[Link] Influence de la position de l’hétérogénéité

Considérons à présent une hétérogénéité rigide située à la profondeur dx3 = 0.7a∗ .


Il a été montré dans le chapitre 3 et dans [KOU 14b] que l’effet de l’hétérogénéité
sur le champ de pression peut être négligé dès lors que le rapport dx3 /a∗ >= 0.7.
Mais dans notre cas (Fig. 4.25), cette remarque n’est plus valide car l’impact qu’a
l’hétérogénéité sur le champ de pression augmente avec le temps. Dans le cas présenté
ici, la surpression induite par l’inhomogénéité croit de 2.8% (à t = 0) à 6.4% (pour
t = τ ). L’effet de l’hétérogénéité sur le problème de contact viscoélastique hétérogène
augmente donc avec le temps.

158

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Contact normal sur massif viscoélastique hétérogène

1.2 1.2

1 t=0 1 t=0

0.8 t=τ /2 0.8 t=τ /2


P /P0 P /P0
0.6 0.6

t=τ t=τ
0.4 0.4

0.2 0.2
homogene homogene
heterogene heterogene
0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x2 /a∗ x1 /a∗ t
(a) (b)

Figure 4.25 – Distribution de pression dans le cas d’une hétérogénéité ellipsoidale


dure située à dx3 /a∗ = 0.7 (a1 = 0.4a∗ , a2 = a3 = 0.1a∗ , θ = 30◦ ,γ = E I /E M (0) →
∞, ν I = 0.3) ; (a) x1 = 0 et (b) x2 = 0.

[Link] Contrainte en sous-couche

Outre les champs de pression, les méthodes semi-analytiques sont également


capables de capter finement les champs de contraintes en sous-couche. Quand on
cherche à développer des lois d’endommagement, la connaissance des champs de
contraintes en sous-couche est indispensable. Ceci est l’un des avantages de cette
méthode par rapport à d’autres modèles existants dans la littérature (modèles quasi-
analytiques, BEM,. . . ). L’analyse sera limitée ici dans un premier temps aux champs
de contraintes normales puis tangentielles à l’interface hétérogénéité/matrice. La
distribution de la contrainte de von Mises dans le massif viscoélastique sera étudiée
ensuite. Une hétérogénéité sphérique de rayon r = 0.15a∗ et γ = 0.8 centrée en
(dx1 = 0, dx2 = 0, dx3 /a∗ = 0.4) est considérée.
– Contrainte normale et cisaillement à l’interface hétérogénéité/matrice.
Dans cette partie, on propose d’étudier la contrainte normale et le cisaille-
ment à l’interface hétérogénéité/matrice. Pour mieux comprendre cette partie
il faudrait se référer d’abord à la figure 4.15.
Quand le point M décrit l’interface inclusion/matrice (Fig. 4.15b), l’angle ξ
varie de 0◦ à 360◦ . Les figures 4.26a et 4.26b montrent la contrainte normale
et le cisaillement à l’interface inclusion/matrice.
Dans notre cas on remarque que l’hétérogénéité est sollicitée principalement
en compression. Les valeurs des pics correspondent respectivement à 0.83P0 ,
0.74P0 , 0.66P0 pour t = 0, τ /2 et τ . La valeur absolue de la contrainte de ci-
saillement à l’interface inclusion/matrice correspond à 0.28P0 , 0.237P0 , 0.20P0

159

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4. Théorie du contact viscoélastique

pour t = 0, τ /2, τ respectivement. Il convient de noter que les maxima locaux


du cisaillement ne coı̈ncident pas avec ceux de la contrainte normale.

ξ
0.25 0.5

0
0.25

−0.25

−0.5

−0.25
−0.75
t=0 t=0
t = τ/2 t = τ/2
t=τ t=τ
−1 −0.5
0 60 120 180 240 300 360 0 60 120 180 240 300 360
ξ(degre) ξ(degre)
(a) (b)

Figure 4.26 – σn /P0 et τ /P0 dans le plan x2 = 0 en présence d’une inclusion


sphérique isotrope (a1 = a2 = a3 = 0.15a∗ , dx3 /a∗ = 0.4 ; (a) σn /P0 et (b) τ /P0 .

– Contrainte de von Mises. La contrainte de von Mises est présentée à la figure


4.27. La position de la valeur maximale de la contrainte de von Mises varie en
fonction du temps. A t = 0, la valeur maximale de la contrainte de von Mises
correspond à 0.687P0 et est localisée à l’équateur de l’inclusion (ξ = 0◦ et ξ =
180◦ , voir Fig. 4.15b) de l’interface hétérogénéité/matrice. Quand t = τ /2 puis
t = τ le maximum de la contrainte de von Mises correspond respectivement
à 0.502P0 et 0.45P0 ; et est situé au pôle sud (ξ = 270◦ , voir Fig. 4.15b) de
l’interface inclusion/matrice.

160

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(a) (b)

(c)

Figure 4.27 – Valeur adimensionnée de la contrainte de von Mises (σV M /P0 ) dans
le plan x2 = 0 en présence d’une inclusion unique isotrope sphérique (a1 = a2 =
a3 = 0.15a∗ , dx3 /a∗ = 0.4 ; (a) t = 0, (b) t = τ /2 et (c) t = τ .

161

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4. Théorie du contact viscoélastique

4.5 Bilan partiel


Cette partie s’est intéressée à la résolution du problème d’indentation entre
matériaux viscoélastiques homogènes ou hétérogènes. Les hétérogénéités étant
élastiques isotropes ou anisotropes.
Dans le cas homogène, le modèle a été validé et des simulations d’indentation
ont été réalisées sur le PMMA (PolyMethylMethAcrylate). Les simulations montrent
que le contact présente une forte résistance pour de grandes vitesses de chargement
λ. Le matériau se comporte quasiment comme un corps élastique. A la fin du charge-
ment d’indentation, les simulations mettent en évidence l’existence d’un déplacement
résiduel qui s’efface ensuite avec le temps. Ce dernier est la conséquence d’une dis-
sipation d’énergie liée à l’effet visqueux du matériau. Dans le cas d’un chargement
sinusoı̈dal, un déphasage entre le chargement et la réponse du contact est observé.
L’effet visqueux entraı̂ne un retard de la réponse du contact sur le chargement.
L’effet de l’hétérogénéité sur le problème de contact augmente avec le temps dans le
cas du massif viscoélastique. Ceci s’explique fondamentalement par le fait que la ma-
trice entourant l’hétérogénéité élastique devient de plus en plus souple avec le temps.
Les simulations mettent également en évidence une évolution de la valeur et de la
position du maximum de la contrainte de von Mises, qui ne se situe plus à l’équateur
mais au pôle sud de l’interface hétérogénéité/matrice. La contrainte normale ainsi
que le cisaillement à l’interface hétérogénéité/matrice décroissent également avec le
temps. Une validation du modèle a été également réalisée dans le cas hétérogène.

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Bilan partiel

Considérant le problème de roulement, plusieurs configurations peuvent être ren-


contrées :
1. Cas du glissement d’un corps M 1 de géométrie quelconque sur un corps
M 2 ou inversement. Les corps de géométries quelconques ne peuvent pas tous
rouler (exemple : poinçon/plan,. . . ).
2. Cas du roulement + glissement d’une sphère sur un massif viscoélastique.
Il s’agit d’un cas 3D. Avec cette configuration, il est possible de traiter à la
fois le roulement et le glissement.
3. Cas du roulement + glissement d’un cylindre infini. Il s’agit d’un cas 2D.
Le formalisme qui sera présenté dans cette partie peut prendre en compte les
3 configurations présentées ci-dessus. Cependant, pour des raisons de concisions,
l’on s’intéressera uniquement au point 2 c’est à dire au cas de glissement/roulement
d’une sphère sur massif viscoélastique. Cette configuration 3D permettra de traiter
de manière très concise à la fois le cas du glissement et le cas du roulement.

Un contact sans frottement sera considéré dans les parties 4.6 et 4.7. Soit ω
la vitesse angulaire de la sphère dans le cas d’un mouvement de roulement pur
(Fig.4.28), et v la vitesse linéaire de glissement dans le cas d’un glissement pur.
Remarquons que :
v =R×ω (4.46)
v étant la vitesse de glissement et R le rayon de la sphère. Contrairement aux
autres approches existantes dans la littérature, le modèle présenté dans le cadre
de cette thèse peut prendre en compte des mouvements de roulement/glissement
à vitesse non constante. Une convention sur les repères sera introduite et restera
valable tout au long de ce chapitre. R0 (O0 , X10 , X20 , X30 ) correspond au repère du
contact à l’instant initial à t = 0. Pour t 6= 0 le repère courant du contact sera défini
par R(O, X1 , X2 , X3 ), O étant la projection du centre de la sphère sur la surface de
contact. R(O, X1 , X2 , X3 ) suit donc le mouvement. Les équations du contact seront
résolues dans le repère R(O, X1 , X2 , X3 ). L’incrément de déplacement ∆→ −
r de la
sphère à chaque pas de temps ∆t est de :

∆→

r = ∆t.→

v (4.47)
−→0 −→0 −→0
X1 , X2 , X3 sont respectivement les vecteurs unitaires suivant les axes (OX10 ),
(OX20 ), (OX30 ).

163

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4. Théorie du contact viscoélastique

FN

v=ωR

ω
ܺଵ଴ ≡ ܺଵ FN
O0 ܺଵ଴
Oo≡O v=ωR

ܺଶ଴ ߙ. ∆‫ݎ‬Ԧ
ω
ܺଶ଴ ≡ܺଶ

ܺଷ଴ ≡ܺଷ O
ܺଵ
ܺଶ
ܺଷ଴
ܺଷ

Figure 4.28‫ =– ݐ‬0Roulement/glissement d’une sphère sur un‫= ݐ‬massif


ߙ. ∆‫ ݐ‬viscoélastique.

4.6 Roulement sur massif homogène


4.6.1 Equations du modèle
[Link] Contact normal roulant
Les équations du contact viscoélastique dans le cas d’un roulement/glissement
peuvent s’écrire sous la forme :
R
W (t) = Γc (t)
p(x1 , x2 , t)dx1 dx2 (4.48)

La déformée h(x1 , x2 , t) des deux massifs en contact est définie par :

h(x1 , x2 , t) = hi (x1 , x2 ) + δ(t) + u3 (x1 , x2 , t) (4.49)


où hi (x1 , x2 ) représente la géométrie initiale et δ le déplacement de corps rigide.
Dans le cas d’un roulement pur le champ de déplacement, u3 (x1 , x2 , α∆t) s’écrit
sous la forme :

Z ∞ Z ∞
u3 (x1 , x2 , α∆t) = G(x1 − x01 , x2 − x02 )dx01 x02 ×
−∞ −∞
α
X
(1 − ν1 )J (1) [(α − k)∆t] + (1 − ν2 )J (2) [(α − k)∆t]

k=0
−→ 0 −→
×[p(x10 − α.∆→
−r .X10 , x20 − α.∆→

0
r .X20 , k) −
−→ 0 −→
p(x 0 − α.∆→−
r .X 0 , x 0 − α.∆→−
0
1 1r .X 0 , k − 1)]
2 2 (4.50)

Dans le cas d’un glissement pur, le champ de déplacement se réécrit sous la


forme :

164

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Roulement sur massif homogène

Z ∞ Z ∞
u3 (x1 , x2 , α∆t) = G(x1 − x01 , x2 − x02 )dx01 x02 ×
−∞ −∞
α
X
((1 − ν1 )J (1) [(α − k)∆t] × [p(x01 , x02 , k) − p(x01 , x02 , k − 1)]
k=0
−→ 0 −→
+(1 − ν2 )J (2) [(α − k)∆t] × [p(x10 − α.∆→ −
r .X10 , x20 − α.∆→ −
0
r .X20 , k) −
−→ 0 −→
p(x 0 − α.∆→−r .X 0 , x 0 − α.∆→−
0
1 r .X 0 , k − 1)])
1 2 2 (4.51)

Dans le cas du contact entre une sphère rigide ou élastique et un massif


viscoélastique, et en l’absence de frottement de Coulomb, il n’y a aucune différence
entre roulement et glissement. Il sera montré plus tard, dans la partie 4.6.3, que la
différence roulement/glissement n’est visible que si les deux corps en contact sont
viscoélastiques.
Les conditions de contact :

contact : h(x1 , x2 , t) = 0 et p(x1 , x2 , t) > 0 à l’intérieur Γc (t)


séparation : h(x1 , x2 , t) > 0 et p(x1 , x2 , t) = 0 à l’extérieur Γc (t) (4.52)

[Link] Détermination du coefficient de frottement apparent et du mo-


ment résultant
Le coefficient de frottement apparent et le moment résultant représentent deux
aspects du même phénomène : l’hystérésis induit par l’effet de la viscosité du
matériau. Si on suppose que la sphère roule/glisse suivant l’axe X1 , le coefficient de
frottement apparent et le moment résultant s’obtiennent en utilisant les équations
4.53 et 4.54 :
– La force tangentielle induite par le roulement/glissement viscoélastique peut
être donnée par :

FV (t) = Γc (t) ∂u3 (x∂x11,x2 ,t) p(x1 , x2 , t)dx1 dx2


R
(4.53)

où Γc (t) est l’aire réelle de contact à l’instant t. Le coefficient de frottement


apparent peut se déduire de l’équation précédente par la relation µapp = µv =
FV /FN (en l’absence du frottement de Coulomb), FN étant la force normale
imposée. La méthode des différences finies sera utilisée pour calculer la dérivée
∂u3 (x1 , x2 , t)/∂x1 , et la méthode des rectangles pour évaluer l’intégrale.
– Dans le cas d’un roulement, un moment résultant s’opposant au mouvement de
rotation peut être généré du fait de la viscoélasticité (hystérésis). Ce moment
résultant est donné par :
R
M (t) = Γc (t) x1 p(x1 , x2 , t)dx1 dx2 (4.54)

165

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4. Théorie du contact viscoélastique

La méthode des rectangles peut être utilisée pour évaluer la valeur de l’intégrale
M (t). D’un point de vue macroscopique, les variables M (t) et µapp (t) /µv (t)
sont reliées entre elles par la relation suivante :

M (t) = µapp (t) × FN × R (4.55)

4.6.2 Validations
Le modèle semi-analytique développé sera validé par deux approches différentes.
Dans un premier temps, par une comparaison avec la méthode éléments finis en
utilisant le logiciel commercial Abaqus v6.11. Ensuite en utilisant l’approche basée
sur les éléments de frontières présentée par [CAR 13].
– Validation en utilisant la méthode éléments finis
La simulation éléments finis se fera entre [0, 2τ ]. Cet intervalle de temps est
divisé en 100 pas de temps fixes. Ainsi :

∆tF EM = τ /50 (4.56)

Le calcul a été réalisé en trois  steps . Le step 1 consiste à faire une trans-
lation de la sphère rigide par rapport au centre du contact O d’une distance
égale à −v × τ . Dans le step 2, la charge normale est appliquée de manière
instantanée. Le matériau étant considéré comme élastique. Le dernier step,
i.e. le step 3 combine à la fois une translation de l’indenteur rigide à chaque
incrément de temps d’une distance ∆XF EM = v × ∆tF EM et la résolution du
contact viscoélastique.
– Validation en utilisant la méthode basée sur les éléments de frontière [CAR 13]
Carbone et al. [CAR 13], ont introduit récemment une nouvelle méthode de
prédiction du coefficient de frottement apparent dans le cadre du roulement
entre une sphère rigide et un matériau viscoélastique. Les résultats obtenus
ne sont valides qu’en régime permanent. Le cas transitoire n’étant pas pris en
compte. Une revue bibliographique étendue montrait, qu’il s’agissait de l’un
des rares travaux qui fournissait des résultats exacts en régime permanent. Le
début du mouvement de roulement/glissement (régime transitoire) n’étant pas
modélisé.
Afin de faciliter la comparaison entre les 3 différentes méthodes, les propriétés
matériaux, géométries et chargements considérés seront identiques à ceux utilisés
dans [CAR 13]. Ainsi pour la validation, une sphère rigide de rayon R = 10mm rou-
lant à vitesse constante sur un massif viscoélastique sera considérée. Les propriétés
matériaux du massif viscoélastique seront données par les équations 4.57 et 4.58.
Fonction de fluage :
   
1 1 t 1 1 t
J(t) = − exp(− ) = + (1 − exp(− )) (4.57)
µ0 µ1 τ µ∞ µ1 τ

166

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Roulement sur massif homogène

Fonction de relaxation :
" #
t
R(t) = µ0 + (µ∞ − µ0 ) exp(− µ0 ) (4.58)
µ∞
τ

10
1
9
0.9
8
0.8
7
0.7

µ∞ × J (t)
6
R(t)/µ∞

0.6

0.5 5

0.4 4

0.3 3

0.2 2

0.1 1

0 0
0 0.5 1 1.5 2 0 1 2 3 4 5 6 7
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.29 – Fonction de relaxation (a) et fonction de fluage (b).

où µ est le module de cisaillement (représentant le ressort du modèle de Maxwell)


µ∞ = 3.86M P a, µ∞ /µ0 = 10, et τ le temps de relaxation.
Le module de cisaillement à l’instant initial est R(0) = µ∞ et le temps de relaxa-
tion τ = 0.01s. Le coefficient de Poisson du matériau viscoélastique sera supposé
constant. L’expérience montre en effet que le coefficient de Poisson des matériaux
viscoélastiques considérés varie très peu à température ambiante.
La comparaison se concentrera sur la distribution de pression dans un premier
temps puis sur le coefficient de frottement apparent ensuite.
– Distribution de pression
Une comparaison des champs de pression obtenus par les trois méthodes est
présentée. Les calculs ont été réalisés dans un premier temps pour un char-
gement en déplacement imposé (Fig. 4.30), puis ensuite à la figure 4.31 pour
un chargement en force imposée. Les résultats sont présentés pour une va-
leur adimensionnée de la vitesse de glissement vτ /a∗ = 0.8. a∗ et P0 sont
respectivement la demi-largeur du contact et la pression équivalente de Hertz
correspondant au cas homogène quand le module de cisaillement instantané
R(0) = µ∞ est utilisé. Une très bonne corrélation est obtenue entre les trois
méthodes.
– Coefficient de frottement apparent :
Le coefficient de frottement apparent ne fait pas partie des sorties convention-
nelles du logiciel commercial Abaqus. On se limitera uniquement à une com-
paraison entre le code semi-analytique et l’approche des éléments de frontières

167

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.2
Carbone,2013
FEM
SAM
0.15

P/P0
0.1

0.05

0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗

Figure 4.30 – Comparaison de la valeur adimensionnée de la distribution de pres-


sion entre la méthode semi-analytique (SAM), la méthode des éléments finis (FEM),
et la méthode des éléments de frontière (BEM) (voir [CAR 13] pour BEM), solu-
tion obtenue en régime permanent pour un chargement en déplacement imposé de
δ = 0.1mm.

0.4
Carbone,2013
FEM
SAM
0.3
P/P0

0.2

0.1

0
−2 −1 0 1 2
x1 /a∗

Figure 4.31 – Comparaison de la valeur adimensionnée de la distribution de pres-


sion entre la méthode semi-analytique (SAM), la méthode des éléments finis (FEM),
et la méthode des éléments de frontière (BEM) (voir [CAR 13] pour BEM), solution
obtenue en régime permanent pour un chargement en force imposée de FN = 0.15N .

168

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Roulement sur massif homogène

0.04

0.035

0.03

0.025

µapp
0.02

0.015

0.01

0.005 SAM
Carbone,2013
0
0 0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 1.75 2
t/τ

Figure 4.32 – Comparaison du coefficient de frottement apparent entre la méthode


semi-analytique (SAM), la méthode des éléments finis (FEM), et la méthode des
éléments de frontière (BEM) (voir [CAR 13]) pour un chargement en force imposée
de FN = 0.15N avec une valeur adimensionnée de la vitesse vτ /a∗ = 0.6.

de [CAR 13]. Les résultats de cette comparaison sont présentés à la figure 4.32
pour une valeur adimensionnée de la vitesse de glissement de vτ /a∗ = 0.6. Il
est quand même important de mentionner qu’ici le régime permanent est at-
teint pour t > τ /2. La méthode semi-analytique se présente alors comme une
méthode de détermination instantanée du coefficient de frottement apparent.

4.6.3 Résultats
[Link] Cas sphère rigide/massif viscoélastique
Dans ce cas de figure, il n’y a aucune différence entre glissement et roulement,
seule compte la vitesse de translation du centre de la sphère.
1. Chargement à vitesse constante
Il s’agit du cas le plus répandu dans la littérature. La vitesse de roule-
ment/glissement est supposée constante. Le déplacement de corps rigide sui-
vant l’axe de glissement/roulement X1 sera une rampe (cf. Fig. 4.33).
L’effet de la nature du chargement (normal) sur la réponse transitoire du
contact roulant/glissant sera étudié.
Chargement en déplacement normal imposé : Un chargement en
déplacement normal imposé est fixé à δ = 0.1mm. Les simulations seront
faites pour trois valeurs différentes de la vitesse adimensionnée vτ /a∗. Le cas
correspondant à t = 0 n’est pas présenté, car ce cas correspond à la solution
classique de Hertz. Les figures 4.34 et 4.35 présentent respectivement la distri-
bution de pression, le coefficient de frottement apparent et le moment résultant
pour différentes valeurs de t. Le régime permanent est ici atteint pour t = τ /2.

169

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4. Théorie du contact viscoélastique

1.8

1.6

1.4

1.2
δx1 /a∗
1

0.8 pente=vitesse constante


0.6

0.4

0.2

0
0 0.5 1 1.5 2
t/τ

Figure 4.33 – Roulement/glissement à vitesse constante, ici vτ /a∗ = 1.0.

Le coefficient de frottement apparent atteint 0.045 pour vτ /a∗ = 1.2. La figure


4.36 présente la déformée de la surface viscoélastique induite par le roulement
de la sphère rigide. L’effet de la viscoélasticité est clairement visible à l’arrière
du contact dès que le mouvement commence, ce qui produit une dissymétrie du
champ de pression et des déplacements normaux de la surface viscoélastique
[KOU 15].
Chargement en force imposée : Une force normale FN = 1.48N est ap-
pliquée. Les figures 4.37 et 4.38 présentent respectivement la distribution
de pression, le moment résultant et le coefficient de frottement apparent à
différents pas de temps. La distribution de pression est très différente, com-
parée à celle obtenue dans le cas d’un chargement en déplacement imposé. Il
convient de remarquer que le régime permanent met plus de temps à s’établir.
Ainsi le régime permanent est atteint dans le cas du chargement en force im-
posée pour t = 4τ .
Cette différence s’explique en remontant à la figure 4.29, figure qui présente
les propriétés viscoélastiques du massif semi- infini. L’analyse de cette figure
montre que la fonction de relaxation se stabilise pour t = τ /2, alors que la
fonction de fluage se stabilise pour t = 4τ . Pour un chargement en déplacement
imposé, l’on est en présence d’un chargement de type relaxation, alors que pour
un chargement en force imposée il s’agit plutôt du fluage [KOU 15].
En résumé, dans le cas d’un matériau homogène, le temps nécessaire pour
l’établissement du régime permanent dépend des propriétés viscoélastiques
du matériau, mais aussi et surtout de la nature du chargement considéré
(déplacement imposé /force imposée).

170

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Roulement sur massif homogène

t = τ /10 t = τ /10
t = τ /5 t = τ /5
0.5 t = τ /4 0.5 t = τ /4
t=τ t=τ
t = 2τ t = 2τ
0.4 0.4
P/P0

P/P0
0.3 0.3

0.2 0.2

0.1 0.1

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

t = τ /10
t = τ /5
0.5 t = τ /4
t=τ
t = 2τ
0.4
P/P0

0.3

0.2

0.1

0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2
x1 /a∗
(c)

Figure 4.34 – Distribution adimensionnée de pression pour un massif viscoélastique


homogène pour différents pas de temps et différentes valeurs adimensionnées de
la vitesse vτ /a∗ dans le cas d’un chargement en déplacement normal imposé de
δ = 0.1mm. (a) vτ /a∗ = 0.4, (b) vτ /a∗ = 0.8, et (c) vτ /a∗ = 1.2.

171

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.05 0.1

0.045 0.09

0.04 0.08

0.035 0.07

0.03 0.06
µapp

M
0.025 0.05

0.02 0.04

0.015 0.03

0.01

vτ /a =0.4 0.02 vτ /a∗ =0.4
0.005
vτ /a∗ =0.8 0.01
vτ /a∗ =0.8
vτ /a∗ =1.2 vτ /a∗ =1.2
0 0
0 0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 1.75 2 0 0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 1.75 2
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.35 – Coefficient de frottement apparent (a) et moment résultant (b) en


fonction du temps dans le cas d’un chargement en déplacement normal imposé de
δ = 0.1mm.

1.5
1 t=0
0.5 sphere
t = τ /2
u/δ 0 t=τ
−0.5 t = 3τ /2
−1 t = 2τ
−1.5
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
x1 /a
Figure 4.36 – Déformation de la surface viscoélastique pour différents pas de temps
dans le cas d’un chargement en déplacement imposé de δ = 0.1mm, pour une vitesse
vτ /a∗ = 1.2.

172

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Roulement sur massif homogène

0.6 0.6
t = τ /4 t = τ /4
t = τ /2 t = τ /2
0.5 t=τ 0.5 t=τ
t = 2τ t = 2τ
t = 3τ t = 3τ
t = 4τ t = 4τ
0.4 0.4
P/P0

P/P0
0.3 0.3

0.2 0.2

0.1 0.1

0 0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4 −4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

0.6
t = τ /4
t = τ /2
0.5 t=τ
t = 2τ
t = 3τ
t = 4τ
0.4
P/P0

0.3

0.2

0.1

0
−4 −3 −2 −1 0 1 2 3 4
x1 /a∗
(c)

Figure 4.37 – Distribution adimensionnée de pression pour un massif viscoélastique


homogène pour différents pas de temps et différentes valeurs adimensionnées de la
vitesse vτ /a∗ dans le cas d’un chargement en force normale imposée de FN = 1.48N .
(a) vτ /a∗ = 0.4, (b) vτ /a∗ = 0.8, et (c) vτ /a∗ = 1.2.

173

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.08 1.1
1
0.07
0.9
0.06 0.8

0.05 0.7
0.6
µapp

0.04

M
0.5
0.03 0.4
0.3
0.02
vτ /a∗ =0.4 0.2 vτ /a∗ =0.4
0.01 vτ /a∗ =0.8 vτ /a∗ =0.8
0.1
vτ /a∗ =1.2 vτ /a∗ =1.2
0 0
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 4.5 5
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.38 – Coefficient de frottement apparent (a) et le moment résultant (b)


en fonction du temps dans le cas d’un chargement en force normale imposée de
FN = 1.48N .

2. Chargement à accélération constante


Au lieu de considérer un mouvement à vitesse constante, dans cette partie,
une accélération constante sera plutôt supposée.
Le déplacement de corps rigide suivant X1 sera une parabole (Fig.4.39a).

δx1 = K × t2 (4.59)

et la vitesse sera une rampe (Fig.4.39b) de la forme :

v =2×K ×t (4.60)
K = accélération/2 (mm/s/s)
La position et la valeur du pic du coefficient de frottement est fonction de
l’accélération (Fig.4.40). Cette méthode est intéressante pour essayer d’esti-
mer la vitesse linéaire qui produit le frottement apparent maximal. Si K est
très petit la solution obtenue tend vers la solution en régime permanent. Les
courbes tendent donc vers une valeur asymptotique. Au lieu de faire plusieurs
simulations ou plusieurs essais pour différentes valeurs de vitesses, on peut faire
une seule simulation avec une très faible valeur de K permettant de couvrir
toute la gamme de vitesses utiles [CAR 13].

174

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Roulement sur massif homogène

2 25
Kt2 /a∗ τ 2 (K = 2) 2Ktτ /a∗ (K = 2)
1.8 Kt2 /a∗ τ 2 (K = 1) 2Ktτ /a∗ (K = 1)
Kt2 /a∗ τ 2 (K = 1/2) 2Ktτ /a∗ (K = 1/2)
1.6 20
Kt2 /a∗ τ 2 (K = 1/4) 2Ktτ /a∗ (K = 1/4)
1.4 Kt2 /a∗ τ 2 (K = 1/8) 2Ktτ /a∗ (K = 1/8)

1.2 15
δx1 /a∗ τ 2 vτ /a∗
1

0.8 10

0.6

0.4 5

0.2

0 0
0 0.5 1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.39 – (a) Déplacement de corps rigide suivant X1 (b) vitesse de glissement
suivant X1 dans le cas d’un roulement/glissement à accélération constante.

0.06
K=2
K=1
K=1/2
K=1/4
K=1/8
0.04
µapp

0.02

0
0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5
t/τ

Figure 4.40 – Coefficient de frottement pour différentes valeurs d’accélération


(constantes) dans le cas d’un chargement en déplacement imposé δ = 0.1mm.

175

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4. Théorie du contact viscoélastique

3. Chargement cyclique
Des chargements cycliques seront considérés (Fig.4.41). Le coefficient de frot-
tement de Coulomb ne sera pas pris en compte. L’on se limitera unique-
ment à l’étude du coefficient de frottement apparent induit par la viscosité
du matériau, parfois appelé frottement visqueux. La vitesse, le déplacement
maximal et la fréquence de sollicitation sont reliés par la relation suivante :

δmax
vmax = (4.61)
4×λ
L’étude de l’effet de la fréquence λ peut se faire à déplacement tangentiel
constant δmax ou à vitesse constante vmax .
Ici l’étude sera faite à vitesse constante afin d’avoir la même valeur limite pour
le coefficient de frottement apparent. La figure 4.42 montre le coefficient de
frottement pour différentes fréquences de glissement pour un chargement en
force normale imposée FN = 1.48N . Pour λ = 1, la solution en régime perma-
nent est atteinte quasiment après le premier cycle. Ensuite plus la fréquence
augmente, plus il faut de cycles pour atteindre la solution en régime perma-
nent.
Dans le cas d’un chargement en déplacement imposé (Fig.4.43), il faut encore
moins de cycles (à fréquence identique) pour tendre vers la solution en régime
permanent. Ces constatations restent cohérentes avec les résultats présentés
plus haut dans la partie [Link].
Il est important de noter l’augmentation de la taille de la zone de contact ainsi
qu’une réduction du pic de pression avec la fréquence de sollicitation λ que
l’on soit en force imposée (Fig.4.44) ou en déplacement imposé (Fig.4.45). Les
distributions de pression ne sont présentées que pour l’instant t = 2τ .
Les variations de la zone de contact et des pics de pressions, en fonction de
la fréquence de sollicitations λ, sont résumées dans le tableau 4.5 pour un
chargement en force imposée et dans le tableau 4.6 pour un chargement en
déplacement imposé.

Table 4.5 – Evolution du rayon de contact et du maximum de pression pour un


chargement en force imposée (à l’instant t = 2τ ).

Fréquence 2a∗ (t)/a∗ (0) pmax /p0


λ=1 3.196 0.4048
λ=2 3.314(+3.7%) 0.3251(−19.69%)
λ=4 3.6275(+13.49%) 0.2629(−35.05%)
λ=8 3.922(+22.72%) 0.2194(−45.80%)

Cette constatation est loin d’être intuitive.

176

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Roulement sur massif homogène

0.8
λ=1
λ=2
0.6 λ=4
λ=8
0.4

0.2
δx1 /a∗
0

−0.2

−0.4

−0.6

−0.8
0 0.5 1 1.5 2
t/τ

Figure 4.41 – Déplacement (tangentiel) de corps rigide suivant X1 pour différentes


fréquences λ.

0.08 0.08
Regime Transitoire Regime Transitoire
0.06 Regime Permanent 0.06 Regime Permanent
0.04 0.04
0.02 0.02
µapp

µapp

0 0
−0.02 −0.02
−0.04 −0.04
−0.06 −0.06
−0.08 −0.08
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
t/τ t/τ
(a) (b)

0.08 0.08
Regime Transitoire Regime Transitoire
0.06 Regime Permanent 0.06 Regime Permanent
0.04 0.04
0.02 0.02
µapp

µapp

0 0
−0.02 −0.02
−0.04 −0.04
−0.06 −0.06
−0.08 −0.08
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
t/τ t/τ
(c) (d)

Figure 4.42 – Coefficient de frottement apparent pour différentes fréquences de


sollicitation (a) λ = 1, (b) λ = 2, (c) λ = 4, (d) λ = 8 dans le cas d’un chargement
en force imposée FN = 1.48N .

177

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.05 0.05
Regime Transitoire Regime Transitoire
0.04 Regime Permanent 0.04 Regime Permanent
0.03 0.03
0.02 0.02
0.01 0.01
µapp

µapp
0 0
−0.01 −0.01
−0.02 −0.02
−0.03 −0.03
−0.04 −0.04
−0.05 −0.05
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
t/τ t/τ
(a) (b)

0.05 0.05
Regime Transitoire Regime Transitoire
0.04 Regime Permanent 0.04 Regime Permanent
0.03 0.03
0.02 0.02
0.01 0.01
µapp

µapp
0 0
−0.01 −0.01
−0.02 −0.02
−0.03 −0.03
−0.04 −0.04
−0.05 −0.05
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
t/τ t/τ
(c) (d)

Figure 4.43 – Coefficient de frottement apparent pour différentes fréquences de


sollicitations (a) λ = 1, (b) λ = 2, (c) λ = 4, (d) λ = 8 dans le cas d’un chargement
en déplacement imposé δ = 0.1mm.

1.2
λ=1
λ=2
1 λ=4
λ=8
0.8

P /P0
0.6

0.4

0.2

−0.2
−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
x1 /a∗

Figure 4.44 – Distribution de pression à l’instant t = 2τ pour différentes fréquences


de sollicitations λ dans le cas d’un chargement en force imposée FN = 1.48N .

178

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Roulement sur massif homogène

1.2
λ=1
λ=2
1 λ=4
λ=8
0.8

P/P0
0.6

0.4

0.2

−0.2
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗

Figure 4.45 – Distribution de pression à l’instant t = 2τ pour différentes fréquences


de sollicitations λ dans le cas d’un chargement en déplacement imposé δ = 0.1mm.

Table 4.6 – Evolution du rayon de contact et du maximum de pression pour un


chargement en déplacement imposé (à l’instant t = 2τ ).

Fréquence 2a∗ (t)/a∗ (0) pmax /p0


λ=1 1.1764 0.2508
λ=2 1.2156(+3.35%) 0.2076(−17.22%)
λ=4 1.3921(+18.34%) 0.1588(−36.68%)
λ=8 1.6078(+36.67%) 0.1156(−52.71%)

179

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4. Théorie du contact viscoélastique

4. Chargement quelconque
Tous les cas présentés précédemment sont plus ou moins idéalisés, ces cas
sont plutôt rencontrés lors d’essais de laboratoires bien instrumentés. Dans
cette partie, il sera également montré que le modèle développé, est capable de
prendre en compte le cas d’un chargement quelconque (vitesse constante ou
accélération constante ou chargement cyclique). Dans les applications indus-
trielles nous sommes plutôt confrontés à des trajets de chargement quelconques
(Fig.4.46), qui peuvent certes dans certaines conditions se ramener à des cas
académiques (vitesse constante, accélération constante, . . . ). L’évolution du co-
efficient de frottement apparent sera présentée dans le cas de deux chargements
tangentiels quelconques. Une modélisation précise du roulement/glissement
viscoélastique évitera toute surestimation de µapp et donc de la force tangen-
tielle FV , et donc de mieux prédire la dégradation de ces types de matériaux.

0.06
Regime Transitoire
1.4
0.04 Regime Permanent
1.2

1 0.02
µapp

δx1 /a∗ 0.8 0


0.6
−0.02
0.4

0.2 −0.04
0
−0.06
−0.2 0 0.5 1 1.5 2
0 0.5 1 1.5 2
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.46 – (a) Chargement tangentiel quelconque (b) Coefficient de frottement


apparent en fonction du temps dans le cas d’un chargement en force normale imposée
FN = 1.48N .

Dans le cas où la sphère est rigide, et bien sûr lorsque le frottement de Cou-
lomb est négligé, il n’y a aucune différence entre un mouvement de glissement et
de roulement. Par contre, si les deux matériaux sont viscoélastiques, il n’y a plus
d’équivalence possible entre roulement et glissement.

4.6.4 Cas d’une sphère viscoélastique ou élastique en


contact roulant/glissant avec un massif viscoélastique
La sphère et le massif seront tous les deux supposés viscoélastiques. Pour mettre
en évidence la différence entre glissement et roulement, on va faire varier le temps

180

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Roulement sur massif homogène

de relaxation τ1 de la sphère en gardant le temps de relaxation τ2 du massif


viscoélastique constant. Les mouvements de roulement pur et de glissement pur
seront successivement simulés.
Dans le cas du glissement (Fig.4.47b), le coefficient de frottement présente
d’abord un pic avant de se stabiliser à une valeur inférieure. La valeur maximale
du coefficient de frottement n’est donc pas celle obtenue en régiment permanent, i.e.
max µapp (t) 6= lim µapp (t).
t∈[0,∞] t→∞
Dans le cas du roulement (Fig.4.47a) par contre, la valeur maximale du co-
efficient de frottement est celle obtenue en régime permanent, max µapp (t) =
t∈[0,∞]
lim µapp (t). Cependant, dans le cas du roulement, la valeur limite la plus élevée
t→∞  
n’est pas celle obtenue dans le cas élastique (τ1 =→ ∞), max max µapp (t) 6=
τ1 ∈[0,∞] t∈[0,∞]
 
lim max µapp (t) . Il existe un temps de relaxation τ1c pour lequel le coefficient
τ1 →∞ t∈[0,∞]
de frottement est maximal. Ce temps de relaxation est fonction de la vitesse. A noter
également que, lorsque la sphère est élastique, les solutions de roulement pur et de
glissement pur sont identiques.
Les coefficients de frottement apparent dans le cas de roulement/glissement sont
tracés cette fois-ci sur les mêmes figures (Fig.4.48) pour différentes valeurs de τ1 .
Les profils pour le roulement et le glissement sont très différents, sauf lorsqu’on tend
vers le cas élastique.
La figure 4.49 présente les valeurs des pics du coefficient de frottement apparent,
max µapp (t), en fonction du ratio τ1 /τ2 , pour un cas de roulement et un cas de
t∈[0,4τ2 ]
glissement. Dans le cas du roulement on peut mettre en évidence un phénomène
de résonance au voisinage de τ1 /τ2 = 0.8 pour vτ /a∗ = 1.58 et au voisinage de
τ1 /τ2 = 1.7 pour vτ /a∗ = 0.79. Dans le cas du glissement aucun phénomène de
résonance n’est observé et la valeur maximale du coefficient de frottement est celle
obtenue pour t → ∞ (i.e. quand la sphère devient élastique).

181

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.05 0.06
τ1 = 0.25τ2
τ1 = 0.5τ2
τ1 = 2τ2
0.04 0.05 τ1 = 4τ2
τ1 = 1000τ2
τ1 → ∞
0.04
0.03
µapp µapp
0.03
0.02
0.02
τ1 = 0.25τ2
τ1 = 0.5τ2
0.01 τ1 = 2τ2 0.01
τ1 = 4τ2
τ1 = 1000τ2
τ1 → ∞
0 0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4 5 6 7 8
t/τ2 t/τ2
(a) (b)

Figure 4.47 – Coefficient de frottement apparent pour une valeur adimensionnée


de la vitesse vτ /a∗ = 1.58 (a) roulement (b) glissement, dans le cas d’un chargement
en déplacement normal imposé δ = 0.1mm.

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Roulement sur massif homogène

0.04 0.06
Glissement τ1 = 0.25τ2 Glissement τ1 = 2τ2
Roulement τ1 = 0.25τ2 Roulement τ1 = 2τ2
0.05
0.03
0.04

µapp µapp
0.02 0.03

0.02
0.01
0.01

0 0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
t/τ2 t/τ2
(a) (b)

0.06 0.06
Glissement τ1 = 4τ2 Glissement τ1 = 1000τ2
Roulement τ1 = 4τ2 Roulement τ1 = 1000τ2
0.05 0.05

0.04 0.04

µapp µapp
0.03 0.03

0.02 0.02

0.01 0.01

0 0
0 1 2 3 4 0 1 2 3 4
t/τ2 t/τ2
(c) (d)

Figure 4.48 – Coefficient de frottement apparent pour vτ /a∗ = 1.58.

183

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.05

0.045

0.04

0.035
µapp

0.03

0.025

0.02

0.015
Roulement vτ /a∗ =1.58
0.01 Roulement vτ /a∗ =0.79
0.005 Glissement vτ /a∗ =1.58
Glissement vτ /a∗ =0.79
0 −1 0 1 2 3 4
10 10 10 10 10 10
τ1 /τ2
Figure 4.49 – Valeur maximale du coefficient de frottement apparent, max µapp (t),
t∈[0,4τ2 ]
en fonction du ratio τ1 /τ2 , dans le cas d’un chargement en déplacement normal
imposé δ = 0.1mm.

184

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Roulement sur massif viscoélastique hétérogène

4.7 Roulement sur massif viscoélastique


hétérogène
4.7.1 Brève description du problème
Pour des raisons de concision, cette section se limitera uniquement au cas du
roulement/glissement entre une sphère rigide et un massif viscoélastique hétérogène.
Une configuration 3D puis 2D sont présentées respectivement dans les figures 4.50
et 4.51, afin de faciliter la compréhension.
Le formalisme théorique de prise en compte des hétérogénéités peut s’inspirer
de ce qui a été présenté dans la partie 4.4.1 de ce chapitre. Toutes les équations
du problème hétérogène viscoélastique (Eq. 4.30 à 4.42) doivent être résolues dans
le repère courant du contact R(O, X1 , X2 , X3 ) à chaque pas de temps. Il n’y a que
le corps 2 (massif) qui peut contenir des hétérogénéités. L’algorithme de la figure
4.52 peut être utilisé pour faire un couplage entre le problème hétérogène et le
roulement/glissement viscoélastique.
Le formalisme dans son état actuel peut prendre en compte, une ou plusieurs
hétérogénéités élastiques isotropes ou anisotropes.
La sphère supposée rigide de rayon R = 10mm roule sur un massif viscoélastique
hétérogène avec une vitesse linéaire vτ /a∗ = 0.6. Les propriétés viscoélastiques re-
tenues pour le massif viscoélastique sont identiques à celles utilisées dans la partie
4.6.2 de ce chapitre. Autrement dit :
   
1 1 t 1 1 t
J(t) = − exp(− ) = + (1 − exp(− )) (4.62)
µ0 µ1 τ µ∞ µ1 τ
Avec µ∞ = 3.86M P a, µ∞ /µ0 = 10, et τ le temps de relaxation.
Le module de Young instantané du massif viscoélastique à l’instant initial est
donné par :
E M (0) = 2 × (1 + ν M ) × R(0) (4.63)
Les indices M et I seront relatifs respectivement au corps 2 (massif viscoélastique,
matrice) et à l’hétérogénéité isotrope élastique. Le ratio γ s’exprime sous la forme :

γ = E I /E M (0) (4.64)
où E I est le module de Young de l’hétérogénéité élastique isotrope.

ν I = ν M = 0.3 (4.65)

ν I , ν M sont respectivement le coefficient de Poisson de l’hétérogénéité et de la ma-


trice.
Soit dX I = (dxI1 , dxI2 , dxI3 ) les coordonnées du centre de l’hétérogénéité dans
le repère courant R(O, X1 , X2 , X3 ). Comme la vitesse de roulement/glissement est
telle que vτ /a∗ = 0.6, il ressort donc que dX I = (0.6a∗ , 0.0, dxI3 ) quand t = 0 ;
dX I = (0.0, 0.0, dxI3 ) pour t = τ et dX I = (−0.6a∗ , 0.0, dxI3 ) à t = 2τ .

185

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4. Théorie du contact viscoélastique

FN FN

( )( ), ( )( ),

Oo≡O ≡ o
A A
≡ A A

( )( ), ( )( ),

FN

( )( ),
=0 =2

O0 o
A A

( )( ),

=
Figure 4.50 – Vue 3D du mouvement de roulement/glissement d’une sphère sur un
massif viscoélastique hétérogène contenant une hétérogénéité ellipsoı̈dale, le mouve-
ment ayant lieu suivant l’axe X1 .
A-A
FN FN
A-A

( )( ), ( )( ),

o
O ≡O O 0
o
dx
M Ɵ M
Ɵ

2 2 A-A 2 2

( )( ), FN x3 ( )( ),

( )( ),
=0 =2
O0 o
M Ɵ

2 2
( )( ),

Figure 4.51 – Vue 2D du mouvement de roulement/glissement


= d’une sphère sur un
massif viscoélastique hétérogène contenant une hétérogénéité ellipsoı̈dale, le mouve-
ment ayant lieu suivant l’axe X1 .

186

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Roulement sur massif viscoélastique hétérogène

Données d’entrée :
• Propriétés géométriques
et matériaux
• Chargement
• Simulation pour ∈
[0, ]
• Roulement/glissement
• Profile du déplacement

Discrétisation temporelle en
pas de temps ∆ = ; ∈
0…….

=0

Résolution des équations de


contact roulant viscoélastique à
= × ∆ . Transfert de Méthode de l’inclusion
champs. équivalente

Contraintes élastiques en sous-


couches (3D-FFT).
Transfert de champs

Détermination eigenstrain ε*

Contraintes en surface
Détermination de la surcontrainte
due à ε* (3D-FFT)

Déplacements ∗ et
= +1 Déplacements induits par la
contraintes induits par les
présence des hétérogénéités
contraintes en surfaces.
U ∗ , U ∗ (éventuellement)

Prise en
compte
Somme des contraintes puis des espace
déplacements
semi-infini

Convergence sur les


déplacements résiduels ?

= ?

Figure 4.52 – Algorithme de couplage entre le roulement viscoélastique et le


problème hétérogène.

187

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4. Théorie du contact viscoélastique

L’effet de γ (propriétés matériaux), de la géométrie, de la position et de l’orien-


tation de l’hétérogénéité sur les champs de pression et le coefficient de frottement
apparent sera étudié. θ représente l’orientation angulaire spatiale de l’hétérogénéité
ellipsoı̈dale. Pour toutes les simulations qui seront présentées dans la suite de cette
partie, ν I = ν M = 0.3. La distribution de pression sera représentée à la fois dans
le repère fixe R0 (O0 , X10 , X20 , X30 ) et dans le repère mobile R(O, X1 , X2 , X3 ). Les
configurations 3D et 2D du problème sont rappelées dans les figures 4.50 et 4.51.

4.7.2 Résultats

[Link] Hétérogénéité sphérique

Le massif viscoélastique contient une hétérogénéité sphérique située à dX I =


(−0.6a∗ , 0.0, 0.3a∗ ), de rayon r = 0.15a∗ . La distribution de pression et le coefficient
de frottement apparent seront présentés respectivement dans les figures 4.53 et 4.54
pour un chargement en déplacement normal imposé de δ = 0.1mm et pour une
vitesse vτ /a∗ = 0.6. Le module de Young de l’hétérogénéité est choisi identique
au module de Young instantané de la matrice viscoélastique (à t = 0), i.e. γ =
E I /E M (0) = 1.
Sur la figure 4.53, pour t = 0 on remarque que la présence de l’hétérogénéité
n’a aucun effet sur la distribution de pression, le résultat correspond donc à un
cas hertzien, ce qui est cohérent puisque γ = E I /E M (0) est choisi égal à 1. Pour
t = τ /5, t = τ /2, t = τ une surpression du champ de pression, induite par la
présence de l’hétérogénéité, peut être observée. Cette surpression devient négligeable
au voisinage de 2τ . Ceci est dû au fait que : i) l’effet d’hystérésis induit par le
roulement finit par prendre le pas sur la surpression induite par la contribution
élastique de l’hétérogénéité. ii) Pour t = 2τ le centre de l’hétérogénéité ne se trouve
plus dans la zone de contact.
Il est évident qu’une hétérogénéité sphérique modifie la distribution de pression.
Cependant, en se basant sur la figure 4.54, on remarque que la présence d’une seule
hétérogénéité sphérique ne modifie pas le coefficient de frottement apparent. Ceci est
lié à la symétrie sphérique. D’après le formalisme d’Eshelby, la contribution d’une
hétérogénéité sphérique unique au champ de déplacement ou à la distribution de
pression est symétrique. Alors que le coefficient de frottement apparent est lié au
caractère non symétrique de la distribution de pression. La conclusion selon laquelle
une hétérogénéité sphérique unique n’a aucun effet sur le coefficient de frottement
apparent est donc entièrement cohérente avec le formalisme d’Eshelby.
Il sera montré dans la suite, que seules les hétérogénéités inclinées, ou certaines
distributions d’hétérogénéités sphériques sont susceptibles de modifier le coefficient
de frottement apparent.

188

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Roulement sur massif viscoélastique hétérogène

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8

P/P0
P/P0

0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗
(a) (b)

Figure 4.53 – Distribution de pression pour un massif viscoélastique hétérogène


contenant une hétérogénéité sphérique γ = E I /E M (0) = 1 (a1 = a2 = a3 = r =
0.15a∗ , dx3 = 0.3a∗ ) ; le déplacement normal imposé est de δ = 0.1mm et pour une
vitesse vτ /a∗ = 0.6 ; (a) dans le repère du contact (repère mobile) R(O, X1 , X2 , X3 ),
(b) dans le repère fixe R0 (O0 , X10 , X20 , X30 ).

0.04

0.035

0.03

0.025
µapp

0.02

0.015

0.01

0.005 Homogene
Heterogene
0
0 0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 1.75 2
t/τ

Figure 4.54 – Coefficient de frottement apparent pour un massif viscoélastique


hétérogène contenant une hétérogénéité sphérique γ = E I /E M (0) = 1 (a1 = a2 =
a3 = r = 0.25a∗ , dx3 = 0.3a∗ ) ; le déplacement normal imposé est de δ = 0.1mm, la
vitesse est vτ /a∗ = 0.6.

189

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4. Théorie du contact viscoélastique

[Link] Hétérogénéité ellipsoı̈dale

Dans cette partie, l’effet d’une hétérogénéité ellipsoı̈dale inclinée, d’orientation


spatiale angulaire θ, est considérée (voir Figs. 4.50 et 4.51). L’effet de l’orientation θ,
et du module de Young sera étudié. Les résultats seront tracés dans le plan x2 = 0.
– Effet de l’orientation angulaire θ. La variable γ est fixée à 1 (γ = 1). La dis-
tribution de pression et le coefficient de frottement apparent seront présentés
respectivement à la figure 4.55 et à la figure 4.56 pour différentes orientations
angulaires θ de l’hétérogénéité ellipsoı̈dale.
Quand θ tend vers 90◦ , l’hétérogénéité ellipsoı̈dale devient très proche de la
surface de contact, ce qui induit donc une surpression du champ de pression.
Une augmentation de 7% du coefficient de frottement apparent, peut être
observée durant le régime transitoire (précisément à t = τ /2). Ce pic diminue
progressivement jusqu’à disparaı̂tre pour t = 3τ /2, i.e. lorsque l’hétérogénéité
ne se trouve plus dans la zone de contact.
– Effet du module de Young.
Les figures 4.57 et 4.58 présentent les résultats pour différents modules de
Young de l’hétérogénéité ellipsoı̈dale isotrope élastique. Il faut rappeler que
le cas γ = 0.1 correspond à un module de Young de l’hétérogénéité E I =
2×(1+ν)× lim R(t) = 2×(1+ν)×µ0 . Ainsi dans le cas γ = 0.1 l’hétérogénéité
t→∞
sera plus souple que la matrice durant toute la durée de la simulation. Une
augmentation du maximum de pression peut être observée dans le cas des
hétérogénéités dures (γ = 1, γ = 4). Inversement, dans le cas de l’hétérogénéité
souple (γ = 0.1), une diminution brusque du champ de pression peut être
observée.
Le coefficient de frottement augmente (par rapport au cas homogène), de 4%
et 6% pour γ = 1 et γ = 4 en régime transitoire. Il est aussi important
de remarquer que même en régime permanent (t > τ /2), une diminution du
coefficient de frottement est observée pour l’hétérogénéité souple (γ = 0.1),
alors que les hétérogénéités dures (γ = 1 ou γ = 4) induisent plutôt une
augmentation du coefficient de frottement apparent.

[Link] Hétérogénéités multiples avec prise en compte des influences mu-


tuelles

Jusqu’à maintenant on ne s’est intéressé qu’au cas d’une hétérogénéité unique.


Le cas de plusieurs hétérogénéités isotropes élastiques sera étudié dans cette partie.
Une approche basée sur la méthode de gradient conjugué (cf. chapitre 3) est utilisée
pour la prise en compte des influences mutuelles entre les hétérogénéités élastiques.
Comme mentionné plus haut dans ce document, cette approche fut déjà utilisée
par [ZHO 12] pour déterminer les propriétés effectives d’un composite périodique.
Le module de compressibilité et le module de cisaillement obtenus par [ZHO 12]
sont bien situés dans les bornes Hashin-Shtrikman, ce qui valide la pertinence de

190

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Roulement sur massif viscoélastique hétérogène

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8

P/P0

P/P0
0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗

(a) (b)

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8
P/P0

P/P0
0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗

(c) (d)

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8
P/P0

P/P0

0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗

(e) (f)

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8
P/P0

P/P0

0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗

(g) (h)

Figure 4.55 – Distribution de pression pour différentes orientations angulaires θ


d’une hétérogénéité ellipsoı̈dale γ = E I /E M (0) = 1 (a1 = 0.4a∗ , a2 = 0.5a∗ , a3 =
0.2a∗ , dx3 = 0.4a∗ ) ; le déplacement normal imposé est de δ = 0.1mm et la vitesse
vτ /a∗ = 0.6 ; dans R(O, X1 , X2 , X3 )(θ = 30◦ (a), θ = 45◦ (c), θ = 60◦ (e), θ = 80◦
(g)) dans R0 (O0 , X10 , X20 , X30 ) (θ = 30◦ (b), θ = 45◦ (d), θ = 60◦ (f), θ = 80◦ (h)).

191

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.04

0.035

0.03

0.025
µapp
0.02

0.015

0.01
Homogene
0.005 Heterogene θ = 300
Heterogene θ = 600
0
0 0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 1.75 2
t/τ
Figure 4.56 – Coefficient de frottement apparent pour différentes orientations an-
gulaires θ de l’hétérogénéité ellipsoı̈dale γ = E I /E M (0) = 1 (a1 = 0.4a∗ , a2 =
0.5a∗ , a3 = 0.2a∗ , dx3 = 0.4a∗ ) ; pour un déplacement normal imposé de δ = 0.1mm
et pour une vitesse vτ /a∗ = 0.6.

l’approche.

Neuf hétérogénéités ellipsoı̈dales inclinées

Le cas de 9 hétérogénéités ellipsoı̈dales inclinées (a1 = 0.2a∗ , a2 = 0.5a∗ , a3 =


0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ ) ; situées dx1 = −1.6a∗ , −1.2a∗ , −0.8a∗ , −0.4a∗ , 0., 0.4a∗ , 0.8a∗ ,
1.2a∗ , 1.6a∗ sera considéré.
Le coefficient de frottement apparent peut être considérablement modifié. De
manière générale les hétérogénéités dures augmentent le coefficient de frottement
apparent et les hétérogénéités souples réduisent le frottement apparent (Fig. 4.59a).
Dans certains cas, le coefficient de frottement apparent peut être réduit de 40% ou
augmenté de 60% (Fig. 4.59b). L’effet des hétérogénéités est bien évidemment plus
important en régime transitoire.

Cluster d0 hétérogénéités sphériques

Cette fois-ci un cluster d’hétérogénéités sphériques sera considéré. Les


hétérogénéités auront un rayon r = 0.1a∗ , seront situées à la profondeur dx3 = 0.15a∗
et dx3 = 0.4a∗ . Les distances entre les centres des hétérogénéités est de 0.4a∗ .
Dans ce précis, l’effet des hétérogénéités sphériques sur le coefficient de frotte-
ment apparent est moins important (Fig. 4.60) mais ne peut pas être négligé. Comme

192

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Roulement sur massif viscoélastique hétérogène

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8
P/P0

P/P0
0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗
(a) (b)

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8
P/P0

P/P0

0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗
(c) (d)

1.2 t=0 1.2 t=0


t = τ /5 t = τ /5
t = τ /2 t = τ /2
1 t=τ 1 t=τ
t = 2τ t = 2τ

0.8 0.8
P/P0

P/P0

0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3
x1 /a∗ x01 /a∗
(e) (f)

Figure 4.57 – Distribution de pression pour différentes valeurs de γ d’une


hétérogénéité ellipsoı̈dale (a1 = 0.4a∗ , a2 = 0.5a∗ , a3 = 0.2a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 30◦ ) ;
pour un déplacement normal imposé de δ = 0.1mm et pour vitesse vτ /a∗ = 0.6 ;
γ = 0.1 ((a) dans R(O, X1 , X2 , X3 )), (b) dans R0 (O0 , X10 , X20 , X30 )) ; γ = 1((c) dans
R(O, X1 , X2 , X3 ), (d) dans R0 (O0 , X10 , X20 , X30 )) ; γ = 4 ((e) dans R(O, X1 , X2 , X3 ),
(f) dans R0 (O0 , X10 , X20 , X30 ))

193

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.04

0.035

0.03

0.025
µapp

0.02

0.015

0.01 Homogene
γ = 0.1(E I = E 0 )
0.005 γ = 1(E I = E ∞ )
γ=4
0
0 0.25 0.5 0.75 1 1.25 1.5 1.75 2
t/τ
Figure 4.58 – Coefficient de frottement apparent pour différentes valeurs de γ quand
le massif viscoélastique contient une hétérogénéité ellipsoı̈dale (a1 = 0.4a∗ , a2 =
0.5a∗ , a3 = 0.2a∗ , dx3 = 0.4a∗ , θ = 30◦ ) ; pour un déplacement normal imposé de
δ = 0.1mm et pour une vitesse vτ /a∗ = 0.6.

dans le cas des hétérogénéités ellipsoı̈dales cet effet est beaucoup plus marqué en
régime transitoire. Il faut toutefois noter que certaines distributions d’hétérogénéités
sphériques peuvent avoir des effets beaucoup plus importants sur le coefficient de
frottement apparent.
Il est possible d’architecturer des matériaux viscoélastiques hétérogènes de
manière à augmenter ou à réduire le coefficient de frottement apparent. Les mêmes
simulations peuvent également être réalisées sur un matériau composite réel.

[Link] Contraintes en sous-couche


Contrairement aux autres approches existant dans la littérature, le modèle
présenté ici permet de remonter aux champs de contrainte en sous-couche. Pour
l’illustrer, la contrainte de von Mises est présentée dans le cas d’une hétérogénéité
sphérique de rayon r = 0.15a∗ située à dxI3 = 0.3a∗ avec γ = 0.4. A l’instant ini-
tial, i.e. t = 0 l’hétérogénéité est relativement souple par rapport à la matrice mais
devient progressivement dure quand t augmente, E I = 4E 0 pour t = 2τ .
La contrainte de von Mises sera tracée dans le repère fixe R0 (O0 , X10 , X20 , X30 ),
Fig.4.61. A t = 0, la valeur maximale de la contrainte de von Mises se situe à
l’équateur de l’interface hétérogénéité/matrice. Cette valeur s’élève à 0.8P0 au lieu de
0.6P0 dans le cas d’un massif homogène. Le maximum de la contrainte de von Mises
est localisé à l’interface hétérogénéité/matrice aussi longtemps que l’hétérogénéité

194

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Roulement sur massif viscoélastique hétérogène

0.04 120
γ = 4, θ = 80◦
100 γ = 4, θ = −80◦
0.035
80
γ = 4, θ = 45◦
γ = 4, θ = −45◦
0.03 = 0.01, θ = 80◦

app − µapp )/µapp (%)


60 γ
γ = 0.01, θ = −80◦

hom
40 γ = 0.01, θ = 45◦
0.025
20 γ = 0.01, θ = −45◦
µapp

hom
0.02 0
γ = 4, θ = 80◦
γ = 4, θ = −80◦ −20
0.015 γ = 4, θ = 45◦

(µheter
−40
γ = 4, θ = −45◦
0.01 Homogene −60
γ = 0.01, θ = 80◦
γ = 0.01, θ = −80◦ −80
0.005
γ = 0.01, θ = 45◦ −100
γ = 0.01, θ = −45◦
0 −120
0 0.25 0.5 0.75 0 0.25 0.5 0.75
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.59 – Coefficient de frottement apparent dans le cas de neuf hétérogénéités


ellipsoı̈dales inclinées (avec prise en compte de l’influence mutuelle) (a1 = 0.2a∗ , a2 =
0.5a∗ , a3 = 0.1a∗ , dx3 = 0.4a∗ ) ; dx1 = −1.6a∗ , −1.2a∗ , −0.8a∗ , −0.4a∗ , 0., 0.4a∗ ,
0.8a∗ , 1.2a∗ , 1.6a∗ ; pour un déplacement normal imposé de δ = 0.1mm et pour une
vitesse vτ /a∗ = 0.6.

se trouve dans la zone de contact, cependant ce maximum chute à 0.14P0 pour


t = τ /2 et se situe cette fois ici au pôle sud de l’interface hétérogénéité/matrice.
Quand l’hétérogénéité ne se trouve plus dans la zone de contact, le maximum de la
contrainte de von Mises correspond à 0.1a∗ et est localisé à x1 /a∗ = 1. Ce résultat
est cohérent car le maximum de pression, dans le cas du massif homogène, se situe
à la même position (i.e. en bordure de contact).

195

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.04
20

0.035
15
app − µapp )/µapp (%)

0.03 10
hom

0.025 5
µapp

hom

0.02 0

0.015 −5
(µheter

0.01 −10
γ=4
0.005 Homogene −15 γ=4
γ = 0.01 γ = 0.01
0 −20
0 0.25 0.5 0.75 0 0.25 0.5 0.75
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.60 – Coefficient de frottement apparent dans le cas d’un cluster


d’hétérogénéités sphériques ; pour un déplacement normal imposé de δ = 0.1mm
et pour une vitesse vτ /a∗ = 0.6.

196

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Roulement sur massif viscoélastique hétérogène

(a)

(b)

(c)

(d)

(e)

Figure 4.61 – Contrainte de von Mises pour différents pas de temps dans le cas
d’une hétérogénéité sphérique de rayon r = 0.15a∗ située à dxI3 = 0.3a∗ (γ = 0.4) ;
pour un déplacement normal imposé de δ = 0.1mm et pour une vitesse vτ /a∗ = 0.6 ;
(a) t = 0, (b) t = τ /2, (c) t = τ , (d) t = 3τ /2, (e) t = 2τ .

197

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4. Théorie du contact viscoélastique

4.8 Bilan partiel


Le modèle mis en place dans les parties 4.6 et 4.7 s’intéresse à la résolution
du problème de contact roulant/glissant entre matériaux viscoélastiques homogènes
ou hétérogènes. Le modèle a été validé dans un premier temps par éléments finis
et ensuite par comparaison avec les résultats de Carbone et Putignano [CAR 13].
Le modèle fournit des solutions en termes de champs de pression mais aussi de
champs de contraintes aussi bien en régime permanent qu’en régime transitoire. Les
principaux résultats sont rappelés ci-dessous :
La nature du chargement normal appliqué (force normal imposée ou déplacement
normal imposé) a une influence considérable sur la réponse du contact : distribution
de pression/contraintes, coefficient de frottement apparent, . . . Le laps de temps
nécessaire à l’établissement du régime permanent diffère considérablement selon que
l’on soit en force imposée ou en déplacement imposé. Ce laps de temps dépend de
la fonction de relaxation du matériau pour un chargement en déplacement normal
imposé, et de la fonction de fluage dans le cas d’un chargement en force normale
imposée.
Lorsque les deux matériaux sont viscoélastiques et en l’absence de frottement au
sens de Coulomb, il y a une différence considérable entre le mouvement de roule-
ment et le mouvement de glissement. Dans le cas du glissement, la valeur maximale
du coefficient de frottement apparent n’est pas forcément celle obtenue en régime
permanent, d’où la nécessité de traiter le régime transitoire.
Lorsque l’un des corps en contact contient des hétérogénéités, les champs
de pression, de contraintes peuvent être fortement perturbés. Cependant, l’ef-
fet de l’hétérogénéité sur le coefficient dépend fortement de la morphologie de
l’hétérogénéité. Une hétérogénéité unique de forme sphérique n’a aucun effet sur le
coefficient de frottement apparent. Seules les hétérogénéités ellipsoı̈dales inclinées ou
des clusters d’hétérogénéités peuvent modifier le coefficient de frottement apparent.
Il a été montré que les hétérogénéités souples réduisent le coefficient de frottement
apparent et inversement, les hétérogénéités dures augmentent le coefficient de frot-
tement apparent. Il est alors possible d’architecturer les matériaux viscoélastiques
hétérogènes (composites) de manière à réduire ou à augmenter le coefficient de frot-
tement apparent.

198

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Fretting viscoélastique

4.9 Fretting viscoélastique


4.9.1 Mise en équation
On résout alternativement le problème normal et tangentiel jusqu’à convergence
des deux solutions.

Contact Normal

Les équations du contact peuvent se réécrire sous la forme


– La conservation de la charge à chaque pas de temps.
R
W (t) = Γc (t) p(x1 , x2 , t)dx1 dx2 (4.66)

– La déformée des deux massifs en contact : La déformée des deux massifs (M 1


et M 2) en contact h(x1 , x2 , t) est définie par :
h(x1 , x2 , t) = hi (x1 , x2 ) + δ(t) + up3 (x1 , x2 , t) + uq3x1 (x1 , x2 , t) + uq3x2 (x1 , x2 , t)
(4.67)
où hi (x1 , x2 ) est la géométrie initiale et δ(t) le déplacement de corps rigide.
– Les conditions de contact :
contact : h(x1 , x2 , t) = 0 et p(x1 , x2 , t) > 0 à l’intérieur Γc (t)
séparation : h(x1 , x2 , t) > 0 et p(x1 , x2 , t) = 0 à l’extérieur Γc (t) (4.68)

Contact Tangentiel

Les équations du contact tangentiel viscoélastique peuvent se réécrire sous la


forme :

∆sτ (x1 , x2 , t)
qτ (x1 , x2 , t) = −µcoul · p (x1 , x2 , t) · ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γsl (t) (4.69)
k ∆sτ (x1 , x2 , t) k
tot
∆uτ (x1 , x2 , t) − ∆δτ (t) = ∆sτ (x1 , x2 , t) ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γsl (t) (4.70)
k qτ (x1 , x2 , t) k< µcoul · p (x1 , x2 , t) ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γst (t) (4.71)
∆utot
τ (x1 , x2 , t) − ∆δτ (t) = 0 ∀ (x1 , x2 ) ∈ Γst (t) (4.72)
X
q (x1 , x2 , t) S = Qτ (t) (4.73)
Γp

Γsl (t) ∪ Γst (t) = Γc (t) (4.74)


avec

utot qx1 qx2 p


τ (x1 , x2 , t) = uτ (x1 , x2 , t) + uτ (x1 , x2 , t) + uτ (x1 , x2 , t) (4.75)

199

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4. Théorie du contact viscoélastique

et µcoul le coefficient de frottement de Coulomb.

Détermination des déplacements tangentiels

Les champs de déplacements présentés dans les équations 4.67 et 4.74 sont donnés
par :

Z ∞ Z ∞ Z t
q (1) 0 0
uq1,2,3
x1
(x1 , x2 , t) = x1
(T1,2,3 (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ) +
−∞ −∞ 0
q (2) 0 0 ∂qx1 (x01 , x02 , ξ) 0 0
x1
T1,2,3 (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ)) dx1 x2 dξ (4.76)
∂ξ

Z ∞ Z ∞ Z t
qx2 q (1) 0 0
u1,2,3 (x1 , x2 , t) = x2
(T1,2,3 (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ) +
−∞ −∞ 0
q (2) 0 0 ∂qx2 (x01 , x02 , ξ) 0 0
x2
T1,2,3 (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ)) dx1 x2 dξ (4.77)
∂ξ

Z ∞ Z ∞ Z t
p(1) 0 0
up1,2 (x1 , x2 , t) = (T1,2 (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ) +
−∞ −∞ 0
p(2) 0 ∂p(x01 , x02 , ξ) 0 0
0
T1,2 (x1 − x1 , x2 − x2 , t − ξ)) dx1 x2 dξ (4.78)
∂ξ
qx1 qx2
Les tenseurs T1,2,3 , T1,2,3 contiennent des propriétés spatiales et matériaux (la
fonction de fluage des matériaux viscoélastiques en contact). Ces tenseurs sont
présentés dans l’annexe A.
Une approche numérique identique à celle présentée en 4.3.2 sera utilisée pour
la résolution du problème.

4.9.2 Résultats
Le couplage normal/tangentiel ne présente d’intérêt qu’en présence de coefficient
de frottement de Coulomb µcoul . Ici, un problème de contact avec un indenteur
sphérique et un solide élastique semi-infini viscoélastique homogène sera considéré.
Le coefficient de frottement de Coulomb est fixé à µcoul = 0.7. L’indenteur de rayon
R = 10mm sera supposé rigide.
Les fonctions de fluage et de relaxation du massif semi-infini viscoélastique sont
données par :
Fonction de fluage :
   
1 1 t 1 1 t
J(t) = − exp(− ) = + (1 − exp(− )) (4.79)
µ0 µ1 τ µ∞ µ1 τ

200

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Fretting viscoélastique

0.8

0.6

0.4

0.2
δx1 /a∗
0

−0.2

−0.4

−0.6

−0.8
0 0.5 1 1.5 2
t/τ

δx1
Figure 4.62 – Chargement tangentiel a∗
∈ [−0.62, +0.62].

Fonction de relaxation :
" #
t
R(t) = µ0 + (µ∞ − µ0 ) exp(− µ0 ) (4.80)
µ∞
τ

L’effet de la nature du chargement sur la transition stick-slip sera étudié. Ensuite


l’effet de la viscoélasticité sur les boucles de fretting sera analysé.

[Link] Effet de la nature du chargement sur la transition stick-slip.


Le coefficient de frottement de Coulomb µcoul est fixé à 0.7. Le chargement normal
peut être piloté en force normale imposée (FN = 1.4866N ) ou en déplacement normal
imposé (δ = 0.1mm). Dans le cas élastique, i.e. à t = 0, ces deux chargements sont
équivalents en terme de champs de pression, contraintes en sous-couche,. . . Le char-
gement tangentiel sera piloté exclusivement en déplacement, δax1∗ ∈ [−0.62, +0.62].
La simulation sera faite entre [0, 2τ ]. Il faut rappeler dans le cas des matériaux
viscoélastiques, le fait que l’on soit en déplacement normal imposé ou en force nor-
male imposée, change considérablement les résultats obtenus. Lorsque le chargement
est en déplacement imposé, la force à tendance à diminuer. Alors qu’inversement,
en force imposée, le déplacement de corps rigide (δ) a plutôt tendance à augmenter
(Fig.4.63).
– Cas d’un chargement en déplacement normal imposé.
Au début du chargement, on observe une zone d’adhérence (stick) et une zone
de glissement (slip). Ce phénomène de stick-slip disparaı̂t assez rapidement
pour laisser place à un mouvement de full-slip (Fig.4.64).
Dans la configuration considérée, la transition stick-slip/full slip a lieu assez
rapidement, i.e. pour t = τ /9. Contrairement au cas élastique, cette transi-
tion est irréversible (Fig.4.64). Intuitivement, l’on pourrait s’attendre à ce que
la zone de transition réapparaisse quand le déplacement tangentiel repasse à
nouveau par 0, i.e. t = τ . Ceci n’est pas le cas et s’explique par l’effet d’his-
toire du matériau viscoélastique et variera considérablement d’un matériau à
un autre. Il est alors quasiment impossible de déduire des abaques généraux

201

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.6 1.6

1.4
0.5
1.2
0.4
1
δ(mm) FN (N )
0.3 0.8

0.6
0.2
0.4
0.1
0.2

0 0
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
t/τ t/τ
(a) (b)

Figure 4.63 – (a) Evolution du déplacement normal pour un chargement en force


normale imposée FN = 1.4866N (b) Evolution de la force normale pour un charge-
ment en déplacement normal imposé δ = 0.1mm.

(comme dans le cas de l’élasticité). A chaque problème posé il faudrait donc


mettre en place une démarche de modélisation assez fine.
– Cas d’un chargement en force normale imposée.
Dans le cas d’un chargement en force normale imposée (Fig.4.65), la zone de
contact est toujours en stick-slip. Ceci s’implique par le fait que le critère sera
toujours vérifié du fait de la constance de la force normale imposée. Ceci n’est
pas le cas en déplacement imposé.

[Link] Boucles et Bûches de Fretting

Les boucles/bûches de fretting décrivent le comportement macroscopique d’un


problème de contact. Ces grandeurs, contrairement à certaines variables comme
les champs de pression ou de contraintes, peuvent être obtenues de manière
expérimentale. Outre le fait qu’elles fournissent des informations sur l’état du contact
(stick-slip/ full slip), elles peuvent être utilisées pour prédire l’endommagement et
l’usure des corps en contact. L’énergie dissipée dans le contact correspond à l’aire
sous la courbe de fretting et peut s’obtenir aisément à partir des boucles de fretting.
Il est donc nécessaire d’analyser ces boucles de fretting dans le cas des contacts entre
matériaux viscoélastiques.
La simulation sera réalisée entre [0, 4τ ]. Un chargement en force normale imposée
FN = 1.4866N sera considéré. Le chargement tangentiel est piloté en déplacement
imposé. Dans cette partie, il convient de faire la différence entre :
– µv qui est le coefficient de frottement apparent induit par le seul fait de la

202

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Fretting viscoélastique

1.2 1.2
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
P/P0 P/P0
−1 −1
Qx1 /µcoul × P0 Qx1 /µcoul × P0
−1.2 −1.2
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

1.2 1.2
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
P/P0 P/P0
−1 −1
Qx1 /µcoul × P0 Qx1 /µcoul × P0
−1.2 −1.2
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(c) (d)

1.2 1.2
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 P/P0 −0.8
Qx1 /µcoul × P0 P/P0
−1 −1
−P/P0 Qx1 /µcoul × P0
−1.2 −1.2
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(e) (f)

Figure 4.64 – Distribution de pression et de cisaillement (adimensionnés) pour


différents pas de temps (a) t = τ /32, (b) t = τ /16, (c) t = τ /9, (d) t = τ , (e) t =
3τ /2, (f) t = 2τ , cas d’un chargement en déplacement normal imposé δ = 0.1mm.

203

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4. Théorie du contact viscoélastique

1.2 1.2
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
P/P0 P/P0
−1 −1
Qx1 /µcoul × P0 Qx1 /µcoul × P0
−1.2 −1.2
−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 −2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(a) (b)

1.2 1.2
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
P/P0 P/P0
−1 −1
Qx1 /µcoul × P0 Qx1 /µcoul × P0
−1.2 −1.2
−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 −2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(c) (d)

1.2 1.2
1 1
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 P/P0 −0.8
Qx1 /µcoul × P0 P/P0
−1 −1
−P/P0 Qx1 /µcoul × P0
−1.2 −1.2
−2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5 −2.5 −2 −1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5 2 2.5
x1 /a∗ x1 /a∗
(e) (f)

Figure 4.65 – Distribution de pression et de cisaillement (adimensionnés) pour


différents pas de temps (a) t = τ /32, (b) t = τ /16, (c) t = τ /9, (d) t = τ , (e)
t = 3τ /2, (f) t = 2τ , cas d’un chargement en force normale imposée FN = 1.48N .

204

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Fretting viscoélastique

0.15
δx1 /a∗ ∈ [-0.08,0.08]; λ/τ = 8

0.1

0.05

δx1 /a∗
0

−0.05

−0.1

−0.15
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
t/τ
δx1
Figure 4.66 – Chargement en déplacement tangentiel imposé a∗
∈ [−0.08, +0.08],
λ/τ = 8.

dissymétrie des champs de pression, parfois dénommé frottement visqueux.


– et le coefficient de frottement apparent qui prend en compte µv et la force
tangentielle induit par le coefficient de frottement de Coulomb. Dans cette
partie µapp 6= µv , µapp = Qx1F+F
N
V
ou encore µapp = QFx1
N
+ µv . Qx1 étant la force
tangentielle induite par le coefficient de frottement de Coulomb.
L’analyse se subdivisera en trois parties : l’effet du coefficient de frottement de
Coulomb, l’effet de la fréquence de sollicitation et enfin l’effet de l’amplitude du
chargement tangentiel.

Effet du coefficient de frottement Coulomb

Le chargement en déplacement tangentiel imposé est tel que δax1∗ ∈ [−0.08, +0.08].
32 cycles de fretting ont été réalisés entre [0, 4τ ], ce qui fait un ratio λ/τ = 8,
Fig.4.66. Les simulations sont réalisées pour différentes valeurs du coefficient de
frottement de Coulomb µcoul = 0.4, 0.7, 1.0.
Lorsque µcoul = 0.4 (Fig.4.67b), il n’y a pas une grande différence entre le cas
élastique et le cas viscoélastique. Le contact se retrouve très vite en glissement total.
Le coefficient de frottement apparent s’obtient facilement en faisant la somme µapp =
µcoul + µv . Pour µcoul = 0.7 (Fig.4.67d), il est important de noter que le cas élastique
n’est pas en stick-slip alors que dans le cas viscoélastique, le contact est glissement
total. L’énergie dissipée par fretting est quasiment multipliée par 3. Pour µcoul = 1.0
(Fig.4.67f), la boucle élastique reste quasiment inchangée comparé au cas µcoul = 0.7.
Par contre, le cas viscoélastique atteint toujours le régime de glissement total. A
noter que le régime de glissement total, dans le cas viscoélastique, ne disparait que
pour µcoul = 1.5 (Fig.4.68b). Il est important de remarquer que µv ne varie quasiment
pas avec le coefficient de frottement de Coulomb (Figs. 4.67a,4.67c,4.67e,4.68a).

205

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4. Théorie du contact viscoélastique

0.08 1
Massif Elastique
0.8 Massif viscoElastique Qx1 /FN
0.06 Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN
0.6
0.04
0.4
µv = FV /FN

0.02
0.2

Q/FN
0 0

−0.2
−0.02
−0.4
−0.04
−0.6
−0.06
−0.8 µcoul=0.4
−0.08 −1
−0.1 −0.05 0 0.05 0.1 −0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15
δx1 /a∗ δx1 /a∗
(a) (b)

0.08 1.2
Massif Elastique
1 Massif viscoElastique Qx1 /FN
0.06 Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN
0.8
0.04 0.6
0.4
µv = FV /FN

0.02
0.2
Q/FN

0 0
−0.2
−0.02
−0.4
−0.04 −0.6
−0.8
−0.06
−1 µcoul=0.7
−0.08 −1.2
−0.1 −0.05 0 0.05 0.1 −0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15
δx1 /a∗ δx1 /a∗
(c) (d)

0.08 1.6
Massif Elastique
1.4 Massif viscoElastique Qx1 /FN
0.06 1.2 Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN
1
0.04
0.8
µv = FV /FN

0.02 0.6
0.4
0 0.2
Q/FN

0
−0.02 −0.2
−0.4
−0.04
−0.6
−0.06 −0.8
−1 µcoul=1.0
−0.08 −1.2
−0.1 −0.05 0 0.05 0.1 −0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15
δx1 /a∗ δx1 /a∗
(e) (f)

Figure 4.67 – Boucles de fretting de µv pour différentes valeurs du coefficient de


frottement de Coulomb µcoul ; µcoul = 0.4 (a) µcoul = 0.7 (c) µcoul = 1.0 (e) / Boucles
de fretting de µapp pour différentes valeurs du coefficient de frottement de Coulomb
µcoul ; µcoul = 0.4 (b) µcoul = 0.7 (d) µcoul = 1.0 (f).

206

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Fretting viscoélastique

0.08 2.4
Massif Elastique
2 Massif viscoElastique Qx1 /FN
0.06 Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN
1.6
0.04 1.2
0.8
µv = FV /FN

0.02
0.4

Q/FN
0 0
−0.4
−0.02
−0.8
−0.04 −1.2
−1.6
−0.06
−2 µ =1.5
coul
−0.08 −2.4
−0.1 −0.05 0 0.05 0.1 −0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15
δx1 /a∗ δx1 /a∗
(a) (b)

Figure 4.68 – Boucles de fretting de µv pour µcoul = 1.5 (a) / Boucles de fretting
de µapp pour µcoul = 1.5 (b).

Effet de la fréquence de chargement

Ici, la valeur du coefficient de frottement est fixée à µcoul = 0.7. L’effet de la


fréquence du chargement sur l’évolution des boucles de fretting est étudié. Deux
simulations sont réalisées : une pour λ/τ = 1 et une autre pour λ/τ = 4. L’amplitude
du déplacement tangentiel est supposée constante δax1∗ ∈ [−0.08, +0.08], Fig.4.69.
Plus la fréquence est élevée (λ/τ = 4), plus l’effet visqueux est marqué (Figs.
4.70c et 4.70d). Pour λ/τ = 1 le contact reste en stick-slip durant toute la durée de
la simulation. Cependant λ/τ = 4, un glissement total peut être observé. La boucle
de fretting s’élargit, ce qui montre que l’énergie dissipée est plus importante. Une
augmentation conséquente de µv , de 91.7% peut être observée entre le cas λ/τ = 1
et λ/τ = 4,(Figs. 4.70a et 4.70b).

Effet de l0 amplitude du chargement

La valeur du coefficient de frottement est toujours fixée à µcoul = 0.7. Cette fois-
ci la fréquence du déplacement tangentiel est identique pour les deux simulations
λ/τ = 8. Par contre, l’amplitude varie de la sollicitation varie : δax1∗ ∈ [−0.32, +0.32]
pour la première simulation et δax1∗ ∈ [−0.08, +0.08] pour la seconde, Fig.4.71.
Lorsque l’amplitude est élevée, le contact se retrouve très vite en glissement total
(Figs. 4.72c et 4.72d), même dans le cas élastique. Les boucles obtenues dans le cas
viscoélastique deviennent très proches de celles obtenues dans le cas élastique. Dans
ce cas de figure, le coefficient de frottement µv , induit par le seul fait de la dissymétrie
des champs de pression, est plus élevé. Ici µv est proche de 0.1 (Figs. 4.72a et 4.72b),
ce qui représente près de 14% du coefficient de frottement de Coulomb. Ce qui peut

207

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4. Théorie du contact viscoélastique

(a) δx1 /a∗ ∈ [-0.08,0.08]; λ/τ = 1


(b) δx1 /a∗ ∈ [-0.08,0.08]; λ/τ = 4
0.1

0.05

δx1 /a∗
0

−0.05

−0.1

0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4


t/τ
δx1
Figure 4.69 – Chargement en déplacement tangentiel imposé a∗
∈ [−0.08, +0.08]
pour différentes fréquences λ/τ = 1,λ/τ = 4.

considérablement modifier la durée de vie.


De part cette analyse, il ressort que le phénomène de glissement total est
prépondérant dans les contacts viscoélastiques. Il est dès lors possible de choisir au
mieux les propriétés des revêtements viscoélastiques utilisées dans l’aéronautique. En
effet en partant des sollicitations polycycliques, on peut choisir de manière optimale
le revêtement permettant d’avoir la plus forte/faible adhérence. Car les propriétés
d’adhérence, contrairement au cas élastique, sont liées à la nature, à l’amplitude et
à la fréquence du chargement considéré. Un revêtement viscoélastique optimal pour
des applications automobiles peut s’avérer peu performant pour des applications
aéronautiques, et vice-versa. Ceci permettra de réduire considérablement le nombre
d’essais.

208

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Fretting viscoélastique

0.08 0.08

0.06 0.06

0.04 0.04

µv = FV /FN
µv = FV /FN

0.02 0.02

0 0

−0.02 −0.02

−0.04 −0.04

−0.06 −0.06

−0.08 −0.08
−0.1 −0.05 0 0.05 0.1 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1
δx1 /a∗ δx1 /a∗
(a) (b)

1.2 1.2
Massif Elastique Massif Elastique
1 Massif viscoElastique Qx1 /FN 1 Massif viscoElastique Qx1 /FN
Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN
0.8 0.8
0.6 0.6
0.4 0.4
0.2 0.2
Q/FN

Q/FN

0 0
−0.2 −0.2
−0.4 −0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
−1 µcoul=0.7 −1 µcoul=0.7
−1.2 −1.2
−0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15 −0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15
δx1 /a ∗
δx1 /a∗
(c) (d)

Figure 4.70 – Boucles de fretting de µv pour différentes fréquences (a) λ/τ = 1 (b)
λ/τ = 4 / Boucles de fretting de µapp pour différentes fréquences (c) λ/τ = 1 (d)
λ/τ = 4.

209

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4. Théorie du contact viscoélastique

(a) δx1 /a∗ ∈ [-0.32,0.32]; λ/τ = 8


(b) δx1 /a∗ ∈ [-0.08,0.08]; λ/τ = 8
0.4

0.2

δx1 /a∗
0

−0.2

−0.4

0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4


t/τ

Figure 4.71 – Chargement en déplacement tangentiel imposé pour λ/τ = 8 pour


différentes amplitudes δax1∗ ∈ [−0.32, +0.32], δax1∗ ∈ [−0.08, +0.08].

210

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Fretting viscoélastique

0.12 0.08
0.1
0.06
0.08
0.06 0.04
µv = FV /FN

0.04

µv = FV /FN
0.02
0.02
0 0
−0.02
−0.02
−0.04
−0.06 −0.04
−0.08
−0.06
−0.1
−0.12 −0.08
−0.4 −0.3 −0.2 −0.1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1

δx1 /a δx1 /a∗
(a) (b)

1.4 1.2
Massif Elastique Massif Elastique
1.2 Massif viscoElastique Qx1 /FN 1 Massif viscoElastique Qx1 /FN
Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN Massif viscoElastique (Qx1 + FV )/FN
1 0.8
0.8 0.6
0.6
0.4
0.4
0.2
Q/FN

0.2
Q/FN

0
0
−0.2
−0.2
−0.4
−0.4
−0.6 −0.6
−0.8 −0.8
−1 µcoul=0.7 −1 µcoul=0.7
−1.2 −1.2
−0.4 −0.3 −0.2 −0.1 0 0.1 0.2 0.3 0.4 −0.15 −0.1 −0.05 0 0.05 0.1 0.15
δx1 /a ∗
δx1 /a∗
(c) (d)

Figure 4.72 – Boucles de fretting de µv pour différentes amplitudes (a) δax1∗ ∈


[−0.32, +0.32] (b) δax1∗ ∈ [−0.08, +0.08] / Boucles de fretting de µapp pour pour
différentes amplitudes (c) δax1∗ ∈ [−0.32, +0.32] (d) δax1∗ ∈ [−0.08, +0.08].

211

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4. Théorie du contact viscoélastique

4.10 Bilan partiel


Nous nous sommes intéressés à la modélisation du phénomène de fretting. La
résolution du problème tangentiel a été réalisée. Pour des raisons de concision,
l’analyse s’est limitée à l’étude de la transition entre le phénomène de stick-slip
(adhérence/glissement) et le mouvement de full-slip (glissement) et à l’évolution
des boucles/bûches de fretting. En déplacement normal imposé, le mouvement de
stick-slip disparaı̂t assez rapidement pour laisser place à un mouvement de glis-
sement total. Ceci même si le déplacement tangentiel repasse par 0. Alors qu’en
force normale imposée la zone située en bordure de contact reste en adhérence du-
rant toute la durée de simulation. L’analyse des boucles de fretting montre que le
phénomène de glissement total est prépondérant. L’énergie dissipée par fretting aug-
mente considérablement par rapport au cas élastique. Les boucles de fretting sont
sensibles aux fréquences de chargement.

4.11 Synthèse
Dans ce chapitre, la résolution du contact entre matériaux viscoélastiques
homogènes/hétérogènes a été présentée. A noter que le contact viscoélastique
est très peu étudié dans la littérature. Dans le modèle, les hétérogénéités sont
élastiques (isotropes/anisotropes) et seul l’un des corps en contact peut contenir
des hétérogénéités. Le chapitre est subdivisé en trois parties.
La première partie a été consacrée à un problème d’indentation entre matériaux
viscoélastiques homogènes et hétérogènes. Dans le cas de l’indentation, seul le
problème de contact normal est résolu. L’approche développée a été validée avec un
modèle éléments-finis. Plusieurs types de chargement peuvent être pris en compte.
Des cas d’applications à l’indentation du PMMA (PolyMethylMethAcrylate) ont été
réalisés. Un déphasage entre la réponse du contact et le chargement imposé peut être
observé lorsqu’on est présence d’un chargement sinusoı̈dal. Dans le cas du contact
viscoélastique hétérogène, les résultats obtenus au chapitre 3 dans le cas de la matrice
élastique ne sont plus valides. L’effet de l’hétérogénéité sur le problème de contact
varie avec le temps et nécessite donc une modélisation fine. Le modèle peut prendre
en compte une ou plusieurs hétérogénéités et peut traiter le cas des matériaux com-
posites constitués d’une matrice viscoélastique et des renforts élastiques.
La deuxième partie s’est intéressée à des problématiques de roulement/glissement
entre deux corps viscoélastiques ou entre un corps rigide et un massif viscoélastique
[CAR 13]. L’approche a été validée avec une solution éléments finis et la solution
de référence de Carbone [CAR 13] dans le cas des massifs homogènes. Le roule-
ment/glissement entre massif viscoélastique hétérogène a été également étudié. Il
a été montré par exemple qu’une hétérogénéité unique sphérique ne modifie pas le
coefficient de frottement apparent. Le modèle, contrairement à la plupart des autres
méthodes de la littérature, permet de décrire l’évolution des contraintes en sous-
couche et notamment au voisinage de l’hétérogénéité.

212

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Synthèse

La dernière partie est consacrée à l’étude du fretting dans le cadre des matériaux
viscoélastiques. Le contact tangentiel est résolu et le couplage problème normal
et tangentiel a été pris en compte. L’analyse s’est limitée au cas purement ho-
mogène pour des raisons de précision et de concision. La transition stick-slip varie
considérablement selon que l’on soit en force normale imposée ou en déplacement
normal imposé. L’analyse des boucles de fretting montre que le coefficient de frot-
tement apparent augmente considérablement. L’énergie dissipée (aire sous la boucle
de fretting) peut être 2 à 5 fois supérieure à celle dissipée dans le cas d’un matériau
élastique et varie grandement en fonction de l’amplitude et la fréquence du charge-
ment. Il est dès lors possible de choisir ou de concevoir au mieux des revêtements
viscoélastiques en fonction des applications considérées réduisant ainsi le nombre
d’essais.
L’étude réalisée dans ce chapitre a permis d’avoir une compréhension approfondie du
contact viscoélastique, car il s’agit d’un problème très peu étudié dans la littérature.
Le modèle peut prendre en compte des matériaux viscoélastiques avec plusieurs
hétérogénéités et donc un matériau composite constitué d’une matrice viscoélastique
et des renforts élastiques. L’avantage ici est qu’il est possible de résoudre un problème
de contact en prenant en compte toute la microstructure (simulation dite full field),
tout en gardant des temps de calculs raisonnables. Jusqu’à présent, l’approche
développée a été validée de manière numérique. Il convient maintenant de propo-
ser un dispositif expérimental permettant une validation expérimentale de notre
approche.

213

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4. Théorie du contact viscoélastique

214

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Chapitre 5

Vers une validation expérimentale

Dans ce chapitre, une méthodologie expérimentale de


validation des modèles numériques développés sera
proposée. Le dispositif expérimental mis en place permet
de mesurer les champs de déplacements à l’interface des
corps en contact à l’aide d’une technique de corrélations
d’images. Les résultats obtenus par le dispositif
expérimental ont été comparés aux résultats numériques
et analytiques. Une bonne corrélation essais/calculs a été
obtenue.

Sommaire
5.1 Introduction . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
5.2 Dispositif expérimental . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
5.2.1 Cahier de charges . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 217
5.2.2 Principe de fonctionnement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 218
5.3 Eprouvette . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 223
5.3.1 Eprouvette homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 224
5.3.2 Eprouvette hétérogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
5.3.3 Eprouvette composites . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 225
5.4 Réalisation des essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 226
5.4.1 Propriétés matériaux des corps en contact . . . . . . . . . . . 226

215

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5.4.2
Détermination du coefficient de frottement . . . . . . . . . . 226
5.4.3
Protocole opératoire . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 227
5.4.4
Post-traitement des résultats et méthode de corrélation
d’images numériques. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 228
5.5 Quelques résultats d’essais . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 230
5.5.1 Éprouvette homogène . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 231
5.5.2 Éprouvette composite . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 233
5.6 Vers une estimation expérimentale de la pression de contact236
5.7 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 237

216

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Introduction

5.1 Introduction
Un dispositif expérimental développé au LAMCOS et considérablement modifié
tout au long de cette thèse, a été utilisé pour réaliser des essais de fretting. L’origina-
lité de l’approche réside dans le fait qu’on peut mesurer les champs de déplacements
à l’interface des surfaces en contact. Le dispositif a mis beaucoup de temps à se
mettre en place suite à de très nombreux essais infructueux.
Pour les matériaux homogènes, les solutions analytiques ainsi que les essais clas-
siques prédisent assez bien ce qui se passe à l’interface des matériaux en contact.
Par contre, avec l’avènement des matériaux composites, notamment dans le cas du
contact aube/disque, il devient indispensable de connaı̂tre finement ce qui se passe
à l’interface afin de valider les modèles numériques, de développer des lois d’endom-
magements phénoménologiques, . . . La plupart des tribomètres existants se limitent
à la mesure du coefficient de frottement de Coulomb et ne permettent pas de mesu-
rer les champs de déplacements ou de déformations réelles à l’interface des corps en
contact pour les trois modes de fretting. Le but de notre dispositif est donc de four-
nir une solution économique, simple et efficace permettant de répondre à ce besoin.
Le dispositif expérimental a fait l’objet d’un dépôt de brevet SNECMA/LAMCOS.
Le chapitre se structurera en quatre grandes parties. Dans un premier temps la ver-
sion finale fonctionnelle du dispositif expérimental sera présentée. Ensuite un zoom
sera fait sur les différents types d’éprouvettes d’essais utilisées. Le protocole d’essais
sera détaillé dans la troisième partie. Enfin, quelques résultats d’essais sur diverses
éprouvettes seront présentés. Une comparaison essai/calcul sera effectuée dans le cas
de l’éprouvette homogène.

5.2 Dispositif expérimental


5.2.1 Cahier de charges
La mise en place s’est faite progressivement après de nombreux essais infruc-
tueux. A chaque nouvel essai, il fallait revoir la conception de la machine, modifier
des pièces, acheter de nouveaux composants . . . Le fil conducteur de cette démarche
était simplement de réussir à mesurer proprement les champs de déplacements de
la surface de contact. Partant de ces champs de déplacements, il était alors possible
de remonter aux champs de déformations.
Le dispositif expérimental devrait être capable de mesurer les champs de
déplacements liés aux trois sollicitations de fretting (Fig.5.1). Il s’agit d’un dis-
positif expérimental à la pointe sur une thématique encore ouverte. Le terme fret-
ting est employé lorsque les deux surfaces en contact sont soumises à des micro-
déplacements tangentiels alternés. Et comme indiqué au chapitre 1, le fretting
est l’un des principaux modes de défaillances du contact aube/disque. Cependant,
de manière beaucoup plus générale, l’endommagement par fretting est également
présent dans d’autres types de contact : liaisons (cannelures, liaisons par axe, pieds

217

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5. Vers une validation expérimentale

d’aube de turbine,. . . ), les assemblages rivetés (boulonnés) . . . Suivant l’amplitude de


déplacement imposée, plusieurs types d’endommagements peuvent être rencontrés.
Outre le fait de pouvoir valider des approches numériques, les essais permettent sur-
tout de comprendre les phénomènes mis en jeu. Les contacts réels sont généralement
complexes et très mal définis. Il est donc d’un point de vue expérimental (instru-
mentations d’essais, techniques de mesure) très difficile de travailler sur des configu-
rations de contact réelles. La recherche académique et parfois même les industriels
choisissent des géométries simplifiées, beaucoup plus faciles à instrumenter. Il existe
donc trois types d’essais normalisés :
– le contact sphère/plan
– le contact plan/plan
– le contact cylindre/plan
L’analyse mécanique de la configuration  plan/plan  montre que la dis-
tribution de pression et de cisaillements se caractérise par une disconti-
nuité en bordure de contact. Ceci n’est pas le cas pour les configurations
 sphère/plan  et  cylindre/plan . Pour des facilités d’instrumentation, la confi-

guration  sphère/plan  sera retenue. Cependant le principe de base du dispositif


peut s’appliquer à d’autres types de configuration ( pion/plan (plus proches du
contact aube/disque) ). Les trois modes de fretting, définis par Mohrbacher sont
bien adaptés au cadre du contact sphère-plan. Ces trois modes sont :
– le mode I : déplacement tangentiel
– le mode II : déplacement radial
– le mode III : déplacement orthoradial

Figure 5.1 – Les trois modes de fretting [GAL 10b].

Le but de cette démarche expérimentale est donc de réussir à obtenir les champs de
déplacements et de déformations lors des essais des trois modes de fretting, tels que
définis par [MOH 95] (Fig.5.1).

5.2.2 Principe de fonctionnement


Le principe de fonctionnement du dispositif expérimental,  tribomètre  sera
décrit ci-après.

218

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Dispositif expérimental

Le dispositif est composé d’un bâti rigide permettant d’éviter des chargements
parasites et d’avoir des mesures assez précises. En effet, les déplacements à mesurer
étant de l’ordre du micron, la moindre déformation du tribomètre pourrait entrainer
d’importantes erreurs de mesure. Une photo du dispositif expérimental (tribomètre+
caméra) ainsi que tous les composants électroniques qui le composent (contrôleur,
. . . ) sont présentés à la figure 5.2a. La figure 5.2b présente la configuration CAO.
Le tribomètre comprend plusieurs composants
– un bâti rigide.
– une plaque de verre ayant de très bonne qualité optique. Les caractéristiques
de la vitre utilisée sont données dans l’annexe B.
– une éprouvette de forme cylindrique dont le bout est surmonté d’une ca-
lotte sphérique. L’éprouvette pouvant être homogène, hétérogène ou composite
([Link] 5.3). L’éprouvette doit présenter un mouchetis naturel pour
pouvoir utiliser la corrélation d’images.
– Un capteur dénommé MC3A (de la société PM Instrumentation) mesurant
trois composantes de forces FX , FY , FZ , et trois composantes de moments
MX , MY , MZ .
– L’éprouvette est donc montée sur le capteur, l’ensemble (capteur, éprouvette)
est mis en contact avec un verre rigide (Fig.5.3) ayant de très bonne qualité
optique.
– Trois actionneurs permettent de reproduire les trois modes de fretting. Le
premier actionneur est un moteur pas à pas configuré pour appliquer une
force dans une direction verticale (Z), perpendiculaire à l’interface de contact.
Le second actionneur est également un moteur pas à pas électrique configuré
pour appliquer un déplacement alternatif suivant une direction parallèle Y , co-
linéaire à la surface de contact. Un troisième actionneur constitué d’un moteur
pas à pas permettant d’appliquer un moment autour de l’axe Z, MZ .
– Un système asservi permettant de contrôler les différents types de chargements
appliqués.
– La surface ou interface de contact est éclairée à l’aide d’une  lampe
pieuvre  de part et d’autre de l’échantillon (cf. Fig 5.4). Il s’agit d’un éclairage
à incidence rasante de manière à éviter toute surbrillance de la surface à
étudier. Il est possible d’envisager l’utilisation d’une lampe annulaire à LED
en forme de parabole, de type CCS LDR2 afin d’améliorer l’homogénéité de
l’éclairage sur l’interface de contact.
– Deux capteurs LVDT sont utilisés pour mesurer le déplacement de corps ri-
gide suivant Z. Le premier se trouve avant le capteur de force, le second au
niveau de l’échantillon. Le dispositif peut être aussi utilisé pour faire des essais
d0 indentation, même si ce n’est pas sa vocation première.
– Une caméra CCD (de 29 Mégapixels) et des moyens informatiques configurés
pour déterminer les champs de déplacements sur la surface de contact et
ainsi remonter aux champs de déformations. La caméra haute résolution (cf.
Fig.5.5) est dotée d’un objectif télé-centrique (caractérisé par un grandisse-

219

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5. Vers une validation expérimentale

(a)

(b)

Figure 5.2 – Tribomètre expérimental ; (a) représentation photographique, (b)


CAO.

220

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Dispositif expérimental

(a)

(b)

Figure 5.3 – Zoom sur la partie capteur-éprouvette-verre ; (a) représentation pho-


tographique, (b) représentation schématique.

221

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5. Vers une validation expérimentale

Figure 5.4 – Eclairage LED à l’aide des lampes pieuvres.

Figure 5.5 – Caméra Haute résolution à 29 Mégapixels.

ment constant quel que soit l’éloignement de l’objet par rapport à l’objectif)
est placée en dessous de la vitre transparente.
– A partir des images enregistrées par la caméra, il est possible de remonter aux
champs de déplacements et donc de déformations en utilisant une technique
de corrélation d’images numériques.
En utilisant ce tribomètre, les conditions de contact ne sont pas perturbées lors
de la mesure, ce qui très difficile à réaliser. En résumé, le dispositif expérimental
décrit plus haut permet :
– de soumettre l’interface de contact (éprouvette/vitre) à des sollicitations de
fretting en mode I, II ou III.
– d’identifier et de suivre les positions des points en contact au fur et à mesure
du chargement.

222

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Eprouvette

Figure 5.6 – Déformation de l’ancien capteur CMAX-010.

– de faire une capture des images à l’aide d’une caméra et des logiciels d’acqui-
sition d’images.
– d’analyser les images enregistrées en utilisant des techniques de corrélations
d’images de façon à déterminer les champs de déplacements de ladite interface.
Le principe tel que présenté paraı̂t plus ou moins simple. Par contre, plusieurs
difficultés restent à surmonter avant d’aboutir à un dispositif fonctionnel.
– Il était par exemple très difficile de faire coı̈ncider le point d’application de la
force et le centre de la zone de contact.
– d’éviter de perturber la surface de contact.
– Le capteur multi-composants à jauge utilisé initialement se déformait
énormément (cf Fig. 5.6). Il en résultait donc un important déplacement de
corps rigide suivant Y lors des sollicitations en mode I. Il fallait donc avoir
un capteur le plus rigide possible. Ce principe est contraire au caractère in-
trinsèque même des capteurs à jauge, dont les mesures sont basées sur une
déformation d’un corps d’épreuve. L’utilisation des capteurs piézoélectriques
éviterait ce type de problème. Cependant les capteurs piézoélectriques se
révèleront, après analyse, trop lourds. De plus, ces types de capteurs réalisent
une  une mesure relative  et non  une mesure absolue . Finalement, un
capteur à jauge MC3A (cf. Annexe B) à très haute performance, avec de très
faibles déflections, sera retenu.

5.3 Eprouvette
La géométrie de l’éprouvette peut être décomposée en deux parties : un corps
cylindrique et une extrémité constituée d’une calotte sphérique (Fig.5.7a).
La détermination des champs de déplacements de la surface de contact est basée
sur le principe de la corrélation d’images. Cela nécessite la présence d’un mouchetis
sur la surface de contact. Deux possibilités s’offrent à nous en ce qui concerne la
conception et la fabrication des éprouvettes :

223

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5. Vers une validation expérimentale

(a) (b)

Figure 5.7 – (a)Vue 3D de l’éprouvette, (b) Image de la surface de l’éprouvette


obtenue grâce à la caméra rapide.

– Fabriquer des éprouvettes sur lesquelles on rajoute un mouchetis. Le principal


inconvénient de cette approche réside dans le fait que l’ajout d’un mouchetis
 perturbe le contact . Il est alors difficile de savoir et de comprendre ce qu’on

mesure.
– Concevoir des éprouvettes dont la microstructure peut servir de mouchetis. En
jouant sur la microstructure, il est alors possible de diminuer ou d’augmenter le
niveau de gris. C’est cette deuxième option qui a été retenue pour la réalisation
des essais (Fig.5.7b).
Le processus de fabrication des éprouvettes homogènes et hétérogènes sera présenté
dans un premier temps.

5.3.1 Eprouvette homogène


La fabrication de l’éprouvette nécessite un mélange de trois résines de couleurs
différentes : rouge, verte et noire (Fig.5.8).
Il a fallu dans un premier temps broyer les trois résines afin d’obtenir une poudre
assez fine. Après le broyage des trois résines, il convient de les mélanger suivant la
formule suivante : 57%rouge + 28%vert + 15%noir. Le mélange ainsi obtenu est
compacté dans une machine d’enrobage à chaud disponible au laboratoire MATEIS
(cf. Annexe B). Il faut toutefois rappeler que cette machine était destinée à l’origine
au polissage des éprouvettes pour la microscopie électronique à balayage MEB.
L’éprouvette ainsi obtenue est usinée afin d’obtenir la calotte sphérique (cf. An-
nexe B).

224

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Eprouvette

(a) (b) (c)

Figure 5.8 – Différentes couleurs de résines nécessaires à la fabrication des


éprouvettes.

5.3.2 Eprouvette hétérogène


N’étant pas certain de l’arrivée des éprouvettes composites avant la fin de thèse,
il a été décidé de concevoir des éprouvettes hétérogènes constituées d’une matrice
résine et des billes céramiques. Ces billes céramiques sont des rebuts de roulements
dont les propriétés matériaux sont respectivement : E = 305000MPa, ν = 0.3.
La démarche utilisée pour la fabrication de ces éprouvettes hétérogènes, est assez
similaire de celle utilisée pour la fabrication des éprouvettes homogènes. L’enrobage à
chaud est réalisé en ajoutant au préalable une ou plusieurs billes céramiques (Si3N4)
au mélange des trois résines. Avec ce procédé, il est difficile de maı̂triser précisément
la position de ces billes (cf. Annexe B). Pour cela, la tomographie a été utilisée à
posteriori pour déterminer leur position exacte. Les essais ont été réalisés en utilisant
le système de tomographie informatisée à ultra haute résolution, Phoenix x-ray
(MATEIS, INSA-Lyon). Le logiciel de traitement d’images fiji permet de remonter
assez aisément :
– au centre de gravité des inclusions
– aux dimensions des inclusions
– de connaitre la position du centre de gravité de l’inclusion par rapport à la
surface inférieure/supérieure de l’éprouvette. Pour plus de précisions, le lecteur
pourra se référer à l’annexe B.
On peut ensuite repositionner l’inclusion par rapport à la surface de contact en
enlevant plus ou moins de matière lors du procédé d’usinage de la calotte sphérique.

5.3.3 Eprouvette composites


Les éprouvettes composites CMO présentent une microstructure naturelle qui
permet d’avoir un bon niveau de gris pour la corrélation d’images. Cependant si
le niveau de gris dans les fibres est élevé, le niveau de gris dans la partie ”résine”
reste très insuffisant. Plusieurs solutions d’améliorations existent actuellement. Une
première approche consisterait à charger légèrement la résine afin d’avoir un bon
niveau de gris. Durant cette thèse, nous n’avons pas eu la main sur le processus de

225

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5. Vers une validation expérimentale

(a) (b)

Figure 5.9 – Tomographie d’une éprouvette hétérogène contenant (a) une ou (b)
deux billes céramiques.

fabrication de ces éprouvettes composites.

Les éprouvettes sont ensuite réusinées de manière à avoir un bout en forme de


calotte sphérique de rayon R = 250mm.

5.4 Réalisation des essais


Le dispositif expérimental permet de réaliser les essais de fretting en mode I, II
ou III.

5.4.1 Propriétés matériaux des corps en contact


Plusieurs configurations peuvent être rencontrées. L’éprouvette peut être ho-
mogène, hétérogène ou composite. Il est également possible de choisir soit la vitre,
soit une plaque PVC. La vitre offre de meilleurs résultats comparés à la plaque PVC.
Les propriétés matériaux des corps en contact sont énumérées ci-dessous :
– Propriétés de l’inclusion (billes en nitrure de silicium Si3N4) : E =
305000MPa, ν = 0.3.
– Propriétés de la plaque PVC E = 3400MPa, ν = 0.42.
– Propriétés de la vitre E = 72700MPa, ν = 0.16.
– Propriétés de l’éprouvette E = 5758MPa, ν = 0.37.

5.4.2 Détermination du coefficient de frottement


La réponse des essais en mode I et III dépend fortement du coefficient de
frottement. Il faudrait préalablement déterminer le coefficient de frottement entre

226

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Réalisation des essais

l’éprouvette et la vitre/plaque PVC transparente. Le coefficient de frottement peut


être déterminé grâce au mode I. Il est bien connu qu’en mode I le régime de glis-
sement total est atteint lorsque l’effort tangentiel Q atteint en valeur absolue le
produit du coefficient de frottement µcoul par l’effort normal FZ (Q = µcoul Fz ). Un
effort normal F z = 2000N est appliqué, puis un effort tangentiel FY progressif est
appliqué jusqu’au glissement. Le rapport entre ces deux efforts en début de glis-
sement total donne le coefficient de frottement de Coulomb. En faisant plusieurs
essais répétitifs, et prenant une moyenne statistique, le coefficient de frottement
matériau homogène/verre s’élève à 0.11233. Le coefficient de frottement matériau
composite/verre est de 0.055994. La valeur maximale du coefficient de frottement de
Coulomb est de 0.25 et est obtenue pour le couple matériau homogène/plaque PVC.
Il est également possible d’augmenter artificiellement le coefficient de frottement
en appliquant un point de colle au niveau de la zone de contact pour augmenter
légèrement l’adhérence éprouvette/plaque de verre.

5.4.3 Protocole opératoire


Comme mentionné précédemment le tribomètre expérimental peut réaliser des
essais suivant les trois modes de Fretting (tels que définis par Mohrbacher [MOH 95]
(Fig.5.1).
Les différentes étapes de réalisation d’un essai de fretting (Mode I, II ou III) sont
décrites ci-après :
– La première étape consiste à monter l’éprouvette sur le capteur de force MC3A.
– Il faut ensuite faire une mise en contact entre l’ensemble capteur/éprouvette
et l’ensemble vitre/bâti.
– Mettre en route le logiciel d’acquisition des images.
– Mettre la caméra en marche et vérifier la netteté de l’image.
– Régler la luminosité.
– Vérifier et régler la netteté de l’image.
– Mettre en route le logiciel d’asservissement. Ce logiciel permet de réduire
l’écart entre la valeur mesurée et la consigne donnée en entrée.
– Mode I : En utilisant le logiciel  TriboAsser , fixer la valeur de la force
normale FZ à appliquer suivant Z. Ensuite appliquer une force tangentielle alter-
native entre [−FY , +FY ] (via le logiciel TriboAsser ) par incrément de FY /50.
A chaque incrément de chargement, enregistrer via la caméra rapide l’image de la
zone de contact.
– Mode II : Augmenter de manière progressive la force normale verticale (via
le logiciel TriboAsser ) jusqu’à atteindre la valeur maximale de FZ . A chaque
incrément de chargement FZ /50, enregistrer via la caméra rapide l’image de la
zone de contact.
– Mode III : La valeur de la force normale suivant Z est fixée à FZ . On augmente
progressivement le moment suivant z ( TriboAsser ) jusqu’à atteindre MZ . A
chaque incrément de chargement MZ /50, enregistrer en utilisant la caméra rapide

227

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5. Vers une validation expérimentale

l’image de la zone de contact.


Pour les modes I et III l’utilisateur peut toujours rester en stick-slip ou en full
slip. Cela dépendra du chargement appliqué, du coefficient de frottement de Coulomb
du couple de matériaux mis en jeu.
Les images enregistrées lors de l’essai sont ensuite transférées vers un logiciel
de corrélation d’images. Le logiciel Vic2D sera utilisé pour le post-traitement des
essais avec des éprouvettes en résine, alors que le logiciel Uferspeckles sera retenu
pour les éprouvettes composites. Les raisons de ces choix sont expliquées dans les
paragraphes ci-dessous.

5.4.4 Post-traitement des résultats et méthode de


corrélation d’images numériques.
Plusieurs méthodes de mesures de champs cinématiques en mécanique par
méthode optique existent de nos jours. On pourra citer par exemple :
– la méthode de Moiré
– la photoélasticimétrie
– l’interférométrie laser
– la corrélation d’images numériques (ou DIC : Digital Image Correlation).
Le LaMCoS possède des compétences très avancées en corrélation d’images
numériques. C’est cette méthode de mesure qui sera retenue pour la mesure des
champs de déplacements à l’interface des surfaces en contact.
Les paragraphes suivants présenteront rapidement le principe de la corrélation
d’images. Pour plus de détails, le lecteur se rapportera à [HIL , MAY 12, MAR 15].
La corrélation d’images repose sur la comparaison de deux images : une image de
référence correspondant à la configuration initiale et une image déformée corres-
pondant à la configuration courante. Elle s’appuie sur l’équation de la conservation
du flux optique et permet de mesurer un déplacement à partir de deux images
prises pour deux états différents de sollicitations mécaniques. Il est donc supposé
que toute différence entre l’image de référence et l’image déformée provient unique-
ment du champ de déplacement. Si on note f (x) l’image de référence et g(x) l’image
déformée, l’hypothèse de conservation du flux optique [HOR 81] donne :

f (x) = g(x + u(x)). (5.1)

où u(x) décrit le champ de déplacement d’une image déformée à partir d’une
image de référence. Deux approches différentes seront mises en œuvre pour le post-
traitement des résultats par corrélation d’images.

[Link] Méthode locale


Il s’agit de la méthode mise en œuvre dans le logiciel VIC-2D [SUT 83]. L’image
analysée est divisée en une série de petites imagettes Ωi (cf. Fig.5.10a), dont on va
suivre les déplacements. Chaque imagette est ainsi traitée séparément une à une

228

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Réalisation des essais

par rapport à l’image de référence pour obtenir le déplacement du centre de chaque


imagette, comme représenté sur la figure 5.10b. Le champ de déplacement u(x)
peut être estimé en intégrant sur un domaine d’intérêt Ωi l’écart au carré des deux
membres de l’équation 5.1.
Z
φ(u(x)) = [f (x) − g(x + u(x))]2 dΩ. (5.2)
Ωi

(a) (b)

Figure 5.10 – Principe de la corrélation d’images locale : (a) image de référence,


(b) image dans la configuration déformée.

où f (x) représente l’image de la configuration de référence et g(x) l’image de la


configuration déformée.
Dans la formulation locale, chaque composante du champ de déplacement u(x)
correspond donc au déplacement d’un domaine d’intérêt Ωi , défini par son centre
x. Le déplacement de chaque imagette est indépendant du reste de l’image. Cette
méthode peut induire de fortes fluctuations d’une imagette à une autre, provenant
par exemple du mouchetis, de la variation d’éclairage. Dans le cas des éprouvettes
homogènes, le problème ne se pose pas. Par contre les résultats peuvent être forte-
ment influencés dans le cas des éprouvettes composites.

[Link] Méthode globale


Un code de corrélation globale [BES 06], Uferspeckles est disponible au LAMCOS
depuis peu. La corrélation globale ne considère plus le champ de déplacement comme
la juxtaposition d’informations locales mais comme un champ continu, qui a une
existence globale. L’approximation du champ solution u(x) se fait en chaque nœud
d’un maillage de type éléments finis. Les images étant discrétisées en pixels carrés,

229

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5. Vers une validation expérimentale

les éléments de référence (éléments finis) sont des quadrilatères. La méthode globale
sera privilégiée pour le post-traitement des essais sur éprouvettes composites. Les
éprouvettes composites présentent de fortes variations de microstructures et donc
de fortes variations de mouchetis. La méthode globale sera donc la seule à même de
donner des résultats fiables.

(a) (b)

Figure 5.11 – Principe de la corrélation d’image globale : (a) image de référence


avec un maillage éléments finis, (b) image déformée avec le maillage éléments finis
déformé.

5.5 Quelques résultats d’essais


Plusieurs tests préliminaires ont été réalisés afin d’étudier finement la
répétabilité, la fidélité et la précision du dispositif expérimental. Ces tests ont
également permis d’obtenir les paramètres donnant les meilleurs résultats en termes
de fidélité, répétabilité, . . . . Plusieurs séries de tests faisant varier la vitesse de
chargement ont été réalisées sur plusieurs jours. Ceci a permis d’étudier l’effet de
l’environnement, de la surchauffe des composants électroniques, . . . . L’analyse des
courbes obtenues montre :
– qu’une très bonne reproductibilité des essais est obtenue dès lors que le char-
gement se fait progressivement par palier de 50N .
– la nécessité d’utiliser une table anti-vibration pour les essais en mode I et III.
Cette table est actuellement en cours d’acquisition.
Les essais se sont donc principalement focalisés sur le mode II. La force normale
verticale suivant Z est augmentée de manière progressive par palier de 50N jusqu’à
2000N . Les résultats d’essais seront présentés ici pour l’éprouvette homogène et
l’éprouvette composite.

230

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Quelques résultats d’essais

Figure 5.12 – Déformation εxy en utilisant la corrélation locale(VIC 2D).

5.5.1 Éprouvette homogène


– Champs de déplacements et de déformations : Les résultats de l’essai
en mode II seront post-traités en utilisant à la fois le logiciel VIC 2D (méthode
locale) et le logiciel Uferspeckles (méthode globale). Les résultats obtenus sont
quasiment identiques aussi bien quantitativement que qualitativement. Les figures
5.12 et 5.13, présentent les champs de déformations εxy à l’interface des corps en
contact.
La figure 5.14 présente les résultats obtenus par la simulation numérique. On
remarque donc qu’il y a une très bonne corrélation entre les essais et le calcul, ce
qui prouve la fiabilité du dispositif expérimental en ce qui concerne les essais de
fretting en mode II.
– Courbe d 0 indentation : Outre l’obtention des déformations planes en sur-
face, il est également possible d’utiliser le dispositif expérimental pour tracer la
courbe d’indentation. En effet, un capteur LVDT permet de mesurer, au fur et
à mesure que l’effort évolue, le déplacement normal vertical δ de la surface de
contact. La courbe d’indentation obtenue dans le cas de l’éprouvette homogène
est présentée à la figure 5.15.
La corrélation entre les résultats numériques et expérimentaux, en ce qui concerne

231

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5. Vers une validation expérimentale

Figure 5.13 – Déformation εxy en utilisant la corrélation globale (Uferspeckles).

Figure 5.14 – Déformation εxy obtenue par la simulation numérique.

232

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Quelques résultats d’essais

la courbe d’indentation, n’est pas très bonne. Ceci est lié principalement à la
résolution du capteur LVDT utilisé pour la mesure du déplacement normal. La
précision du capteur est de l’ordre de 10 microns. Il serait possible d’améliorer
considérablement les résultats d’indentation en choisissant un capteur avec une
meilleure précision, et surtout en utilisant une table anti-vibration.

2100

1800

1500

1200
FN (N )
900

600

300
Experimental
Code SA
0
0 50 100 150 200 250
δ(µm)

Figure 5.15 – Courbe d’indentation sur éprouvette homogène.

5.5.2 Éprouvette composite


Champs de déplacements et de déformations : Les essais avec l’éprouvette
composite ne seront post-traités qu’avec le logiciel Uferspeckles qui utilise une ap-
proche de corrélation globale. Les résultats obtenus montrent une forte concentra-
tion des champs de déformations ainsi qu’une forte hétérogénéité de leur distribu-
tion. Ces résultats sont difficiles à prédire, d’autant plus que la surface de contact
est composite (résine+fibre). Ce dispositif présente l’avantage de renseigner sur la
compréhension physique du contact composite.
Courbe d 0 indentation : De même, il est possible d’obtenir la courbe d’indentation
dans le cas de l’éprouvette composite. La théorie de Hertz n’est plus valable car le
matériau est fortement hétérogène et fortement anisotrope.
Il est difficile à l’heure actuelle d’envisager une comparaison essais/calculs dans le
cas des éprouvettes composites. Les propriétés matériaux sont inconnues. Il faudrait
au préalable connaı̂tre les propriétés matériaux ainsi que la mésostructure après
usinage.

233

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5. Vers une validation expérimentale

(a) (b) (c)

Figure 5.16 – Déformation εxx en utilisant la corrélation globale (Uferspeckles)(a)


200N (b) 1000N (c) 1600N.

(a) (b) (c)

Figure 5.17 – Déformation εxy en utilisant la corrélation globale (Uferspeckles) (a)


200N (b) 1000N (c) 1600N.

234

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Quelques résultats d’essais

(a) (b) (c)

Figure 5.18 – Déformation εyy en utilisant la corrélation globale (Uferspeckles) (a)


200N (b) 1000N (c) 1600N.

1.5

FN /F0
1

0.5

0
0 50 100
δ/δ0

Figure 5.19 – Courbe d’indentation sur éprouvette composite.

235

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5. Vers une validation expérimentale

5.6 Vers une estimation expérimentale de la pres-


sion de contact
Les résultats présentés jusqu’à présent se limitaient aux champs de déformations
et de contraintes dans le plan. Les variables telles que les champs de pression ne
pouvaient pas être obtenus de manière expérimentale. Cependant des films (cf. An-
nexe B) existent depuis peu sur le marché permettant de remonter à la distribution
spatiale des champs de pression (pas les valeurs). Il s’agit de films fins et flexibles (ne
modifiant donc pas la nature du contact), qui placés entre deux solides en contact
(cf. Fig.5.20), permet de remonter à la distribution de pression. Ces films ont été
testés durant le stage de master de Tristan Bronsard, il s’est avéré que la gamme de
pression que couvrent ces films soit relativement trop faible pour nos applications.

Figure 5.20 – Distribution de champs de pression dans le cas d’éprouvette ho-


mogène pour différents chargements.

La figure 5.20 présente une distribution des champs de pression dans le cas de
l’éprouvette homogène. La gamme de force est limitée entre [0, 1000N ]. Il est possible
de mesurer la demi-largeur de contact et tracer la courbe a∗ = ff onc (F ), a∗ étant la
demi-largeur de contact. Une bonne corrélation essai-calcul est obtenue (Fig.5.21).
La même démarche peut être appliquée aux éprouvettes composites.

10

7
a∗ (mm)

1 Experimental
Analytique/Numerique
0
0 200 400 600 800 1000
FN (N )

Figure 5.21 – Courbe force normale/rayon de contact, éprouvette homogène.

236

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Synthèse

5.7 Synthèse
Dans ce chapitre, un dispositif expérimental original a été mis en place afin de
valider les méthodes numériques développées dans le cas du contact entre matériaux
hétérogènes ou composites. Le dispositif expérimental a fait l’objet d’un brevet
SNECMA/LAMCOS.
Les différentes composantes du dispositif ont été présentées dans un premier temps.
Quelques difficultés liées la mise en place du dispositif ont été énumérées succincte-
ment.
Dans la deuxième partie, diverses éprouvettes d’essais ont été présentées :
éprouvettes homogènes, hétérogènes et composites. Un accent particulier a été
mis sur le processus de fabrication des éprouvettes polymères. Des compositions
spécifiques de résines permettent en effet d’avoir un très bon contraste pour la
corrélation d’images. Dans le cas des éprouvettes polymères hétérogènes, des ana-
lyses par tomographie ont été réalisées afin de localiser la position des hétérogénéités
par rapport à la surface de contact.
Le protocole expérimental a ensuite été présenté dans le cas des trois modes de fret-
ting. Plusieurs tests ont été réalisés afin de s’assurer de la reproductibilité des essais.
Une comparaison essais/calculs a été réalisée dans le cas des essais en mode II. La
comparaison s’est limitée au cas des éprouvettes polymères. Une bonne corrélation
essais/calculs a été obtenue dans le cas de l’éprouvette homogène. Une comparai-
son n’était pas cependant envisageable dans le cas des éprouvettes composites car
les propriétés matériaux ainsi que la mésostructure ne sont pas connues. Dans la
dernière partie un film spécifique a été utilisé afin d’évaluer la taille de la zone de
contact.

237

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5. Vers une validation expérimentale

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Chapitre 6

Applications sur quelques cas


industriels

Le code développé est appliqué à quelques problématiques


industrielles. Le code semi-analytique peut être utilisé
comme un zoom dans la résolution des problèmes de
contact aube/disque. Il s’agit d’un code robuste et rapide,
facilement utilisable en bureau d’études, qui peut
également contribuer à l’étude de la nocivité de défauts
dans les billes céramiques. Enfin une application dans le
cas d’un matériau composite idéalisé sera rapidement
présentée.

Sommaire
6.1 Méthodologie multi-échelle de calculs sur pièces . . . . . . . 240
6.1.1 Description du modèle éléments finis . . . . . . . . . . . . . . 240
6.1.2 Cycles de chargement . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
6.1.3 Résultats . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 241
6.2 Etude de la nocivité des défauts dans les billes céramiques. 247
6.3 Applications sur matériaux composites idéalisés . . . . . . . 250
6.4 Synthèse . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 254

239

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6. Applications sur quelques cas industriels

6.1 Méthodologie multi-échelle de calculs sur


pièces
Le code semi-analytique peut être utilisé comme un zoom dans la résolution des
problèmes de contact aube/disque (cf. Fig.6.1). Le problème global à l’échelle de
la structure (chargements aérodynamiques) peut être résolu en utilisant un logiciel
éléments finis commercial (Abaqus v6.11). Cependant, le contact sera résolu en
utilisant le code semi-analytique. On est donc en présence de deux échelles : une
première échelle qui est celle de la structure et une seconde échelle qui est celle du
contact. La résolution du contact se fera via un couplage éléments finis (Abaqus
v6.11)/semi-analytique (Code SA).
Une phase de décollage et d’atterrissage d’un moteur d’avion commercial sera
simulée en utilisant un modèle éléments finis (Abaqus v6.11). Les torseurs d’ef-
forts ainsi que leurs points d’application au niveau du contact aube/disque seront
récupérés et utilisés comme données pour le code semi-analytique de contact afin de
résoudre finement le contact, i.e. sur un maillage beaucoup plus raffiné. Le modèle
éléments finis utilisé sera présenté dans un premier temps, le cycle de chargement
dans un deuxième temps puis enfin les résultats obtenus en termes de champs de
pression, de cisaillements et de contraintes en sous-couche.

x2
x3
x1

(a) (b)

Figure 6.1 – Modèles éléments finis des portées extrados de l’aube et du disque (a)
aube ; (b) disque.

6.1.1 Description du modèle éléments finis


Le type de chargement appliqué correspond à un démarrage et arrêt du moteur.
Cette sollicitation correspond à l’application d’un chargement centrifuge sur l’aube
et le disque puis d’un chargement de type pressions aérodynamiques sur les faces de

240

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Méthodologie multi-échelle de calculs sur pièces

l’aube. Un coefficient de frottement de Coulomb de 0.6 sera considéré. Le contact


est résolu à partir de la méthode des pénalités afin d’assurer une bonne convergence
du problème. Le disque sera la surface maı̂tre et l’aube la surface esclave. Le modèle
comprend environ 90000 ddls.
Les champs de pression et de cisaillements sont récupérés à chaque incrément
du calcul éléments finis. Le torseur des efforts transmis dans le contact est calculé à
partir de la sommation des champs de pression et de cisaillements. Ce torseur sera
utilisé en entrée du code semi-analytique

6.1.2 Cycles de chargement


L’analyse se limitera ici à la portée intrados. Le trajet de chargement lors d’une
phase de démarrage et d’arrêt moteur est présenté à la figure 6.2 :

2.5

1.5

0.5

−0.5

−1

−1.5
Force normale (normalisee par F0 )
−2 Force tangentielle X (normalisee F0 )
Force tangentielle Y (normalisee F0 )
−2.5
0 3 6 9 12 15
Increments Chargement

Figure 6.2 – Chargement de la portée intrados au contact aube/disque.

Dans la suite, les résultats ne seront présentés que pour l’incrément de charge-
ment N ◦ 6 (cf. Fig.6.2).

6.1.3 Résultats
Les surfaces de la portée seront reconstruites pour leur utilisation dans le code
SA. Elles seront définies par des plans et des rayons en sortie de portée. Le maillage
du code semi-analytique utilisera 256 points dans la direction x (direction radiale
du moteur) et 512 points dans la direction y (direction axiale du moteur). La taille
de maille sera de 31 microns suivant x et de 282 microns suivant y.
– Champs de pression

241

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6. Applications sur quelques cas industriels

Figure 6.3 – Vue 3D de la distribution adimensionnée de champs de pressions sur


le pied d’aube.

Il est possible d’avoir une représentation 3D de la distribution du champ de pres-


sion sur l’aube. Un premier constat porte sur l’amplitude des pics de pression ainsi
que leur fine largeur par rapport aux dimensions du contact. Une représentation
optimale de ces pics nécessite un maillage fin, maillage qui n’est pas envisageable
avec un code éléments finis (temps de calculs très élevés).
– Champs de cisaillement
Les champs de cisaillements sont des variables très importantes utilisées en entrée
de nombreuses lois d’usure [FOU 03b, FOU 03a] et lois d’endommagement par
fretting. En plus des champs de pression, le code permet également d’avoir une
bonne représentation de la distribution des cisaillements suivant x et suivant y
(Figs.6.5, 6.6 et 6.7).
– Contraintes en sous-couche
En mécanique du contact, il est bien connu que le maximum de la contrainte
de von Mises est localisé en sous-couche. Il est donc important d’arriver à esti-
mer finement l’évolution des champs de contraintes en sous-couche en fonction
du chargement. Le code semi-analytique autorise des niveaux de raffinements in-
imaginables pour un maillage éléments finis. Les figures 6.8 et 6.9 montrent la
distribution des champs de contrainte en sous-couche dans les plans X = 0 et
Y = 0 pour l’incrément 6 (Fig.6.2). Par exemple sur la figure 6.9a, une brusque
variation de la contrainte de cisaillement σ13 /P0 peut être observée. A cet en-
droit, le matériau est fortement sollicité à la fois en traction et en compression. Si
amorçage de fissures il devrait y avoir, cela devrait se produire à cet endroit.
En comparaison, la figure 6.10 présente les champs de contraintes obtenus dans
le cas d’un modèle éléments finis. Le maillage est assez grossier.
Comme le temps de calcul est très faible avec la méthode semi-analytique, il est pos-
sible de faire des calculs d’usure sur des milliers de cycles avec des temps de calculs

242

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1.2 1.2

1 1

0.8 0.8
P /P0 P /P0
0.6 0.6

0.4 0.4

0.2 0.2

0 0
−2 −1 0 1 2 −40 −30 −20 −10 0 10 20 30 40
x/a∗ y/a∗
(a) (b)

Figure 6.4 – Distribution de la valeur adimensionnée des champs de pression sur


le pied d’aube (a) dans le plan X = 0 ; (b) puis dans le plan Y = 0.

relativement raisonnables. Les mêmes calculs d’usure sur des milliers de cycles avec
la méthode éléments finis s’avèrent extrêmement coûteux en temps de calcul. Les
lois d’usure utilisées sont obtenues sur des essais bien instrumentés et peuvent être
facilement intégrées au code de calcul semi-analytique. La méthode semi-analytique
peut être vue comme une méthode de zoom permettant d’accélérer les calculs de
contact. Ainsi il est possible de simuler 60000 cycles d’usure avec bouclage (bouclage
structure (EF)/contact (SA)) tous les 100 cycles. Le bouclage consiste donc à in-
troduire les géométries usées, obtenues avec le code semi-analytique, dans le modèle
structurel éléments finis afin d’avoir les nouveaux torseurs d’efforts.

243

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Figure 6.5 – Vue 3D de la distribution adimensionnée de champs de cisaillements


qx sur le pied d’aube.

Figure 6.6 – Vue 3D de la distribution adimensionnée de champs de cisaillements


qy sur le pied d’aube.

244

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Méthodologie multi-échelle de calculs sur pièces

0.7

0.6 0.6

0.5

0.4 0.4
qx /µP0 qx /µP0
0.3

0.2 0.2

0.1

0 0
−2 −1 0 1 2 −40 −30 −20 −10 0 10 20 30 40
x/a∗ y/a∗
(a) (b)

0.15 0.15

0.1 0.1

qy /µP0 qy /µP0

0.05 0.05

0 0
−2 −1 0 1 2 −40 −30 −20 −10 0 10 20 30 40
x/a∗ y/a∗
(c) (d)

Figure 6.7 – Distribution de la valeur adimensionnée des champs de cisaillements


qx (a) dans le plan X = 0 et (b) dans le plan Y = 0 ; et des champs de cisaillements
qy (c) dans le plan X = 0 et (d) dans le plan Y = 0.

(a) (b)

Figure 6.8 – Distribution de la valeur adimensionnée des champs de contraintes en


sous-couche dans le plan X = 0 (a) σ13 /P0 et (b) σ33 /P0 .

245

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6. Applications sur quelques cas industriels

(a) (b)

Figure 6.9 – Distribution de la valeur adimensionnée des champs de contraintes en


sous-couche dans le plan Y = 0 (a) σ13 /P0 et (b) σ33 /P0 .

Figure 6.10 – Distribution des contraintes avec le modèle EF.

246

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Etude de la nocivité des défauts dans les billes céramiques.

6.2 Etude de la nocivité des défauts dans les billes


céramiques.
Les travaux réalisés sur les hétérogénéités peuvent également s’utiliser en bureau
d’études afin d’étudier la nocivité de défauts dans des éléments de roulements, par
exemple pour des billes céramiques. Ces billes céramiques du fait des processus de
fabrication, peuvent contenir divers défauts qui réduisent leurs durées de vie et leurs
performances. Compte tenu du fait que ces types de défauts sont divers et variés
(porosités, inclusions, . . . ), il est impossible de les reproduire industriellement et de
les tester un par un.
Il faudrait donc arriver à proposer un modèle rapide et générique permettant de
faire une étude rapide de nocivité de défauts dans les roulements hybrides sous char-
gement de contact. Les méthodes analytiques usuelles sont insuffisantes. La méthode
des éléments finis classiques n’est pas adaptée à ce genre de modélisation pour plu-
sieurs raisons. La première, il faudrait pour chaque défaut, refaire un maillage, faire
une étude de convergence de maillage et s’assurer la convergence du contact à chaque
fois. Ce type d’étude (convergence de maillage, convergence du contact) peut s’avérer
très lourd et n’est clairement pas envisageable à l’heure actuelle. La seconde raison
réside dans le coût de calcul associé à chaque calcul éléments finis ainsi que le post-
traitement associé.
Vu la flexibilité et les gains en termes de temps de calculs offerts par le code SA, il
est clairement possible d’envisager ce genre d’étude avec une matrice contenant plus
de 300 calculs. Il faut rappeler que cette matrice a été conçue puis affinée grâce aux
études préliminaires et la compréhension qu’on avait sur les hétérogénéités élastiques
isotropes [KOU 14b]. Deux variables d’études seront introduites afin d’évaluer la
surcontrainte induite par la présence des défauts.

σijavecdef aut − σijsansdef aut dx3 − r


βij = = f( ) (6.1)
σijsansdef aut a∗

où : dx3 est la position du centre du défaut.


r est le rayon de l’hétérogénéité sphérique dans le cas d’une hétérogénéité sphérique
(Fig.6.11a).
Dans le cas d’une forme ellipsoı̈dale, r sera la projection (Fig.6.11b) du grand axe
de l’hétérogénéité sur l’axe x3 .
βij la surcontrainte induite par la présence d’un défaut. La fonction f sera donc
unique (quel que soit le chargement), pour un couple matériaux et géométriques
donnés. De ce fait, f peut donc se présenter sous forme d’abaques pour différentes
familles de défauts donnés. Pour faciliter la compréhension, l’approche sera mise
en œuvre sur un cas concret. Considérons un contact roulant entre une bille en
céramique (E = 305GP a, ν = 0.28) et une piste en acier (E = 210GP a, ν = 0.3).
Les champs de contraintes en sous-couche correspondant à cette configuration sont
bien connus du concepteur BE, et sont présentés à la figure 6.12.

247

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6. Applications sur quelques cas industriels

Piste Piste
∗ ∗
2 x1 2 x1

− −
− −

défaut
défaut
x3 x3

Bille Bille

(a) (b)

Figure 6.11 – Étude de défauts dans les billes céramiques (a) Cas d’une
hétérogénéité sphérique (b) Cas d’une hétérogénéité ellipsoı̈dale.

Supposons qu’un défaut de type hétérogénéité sphérique dure de rayon r, de


propriétés élastiques (E = 610GP a, ν = 0.28) est identifié à une position dx3 dans
la bille en céramique par tomographie. Le concepteur BE cherche donc à savoir
quelle sera l’influence de ce défaut sur les contraintes. Est-ce que la bille en question
peut être utilisée ? doit-elle être rebutée ?
L’abaque f (issu de la méthode semi-analytique) correspondant à ce couple
géométrique/matériau est donné à la figure 6.13.
Il ressort clairement que pour dxa3∗−r > 0.8, l’impact du défaut sur le problème
global peut donc être totalement négligé.
Ainsi pour le chargement F0 , a∗ = a0 , le BE doit contrôler une profondeur de
0.8a0 + r, au-delà de cette profondeur, l’impact du défaut sur le problème de contact
peut être négligé. Une étude plus fine de la zone critique à contrôler (ici dxa3∗−r ≤ 0.8)
en prenant en compte éventuellement la plasticité peut être envisagée. Cependant
cette étude simple permet d’avoir des critères assez robustes. Il arrive parfois que
la zone critique à contrôler représente à peine 2% du volume total de la bille. Ceci
réduit considérablement le nombre d’essais, la charge de travail, permet de gagner
du temps et d’avoir des cahiers de charges moins restrictifs pour les sous-traitants.
Il est possible en se basant sur cette méthode des abaques, de faire une classification

248

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Etude de la nocivité des défauts dans les billes céramiques.

1 1
F0 F0
0.8 2.01 ∗ F0 0.8 2.01 ∗ F0
5.6 ∗ F0 5.6 ∗ F0
0.6 77.5 ∗ F0 0.6 77.5 ∗ F0
0.4 0.4

0.2 0.2
σ11 /Re σ22 /Re
0 0

−0.2 −0.2

−0.4 −0.4

−0.6 −0.6

−0.8 −0.8

−1 −1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
x3 /a∗ x3 /a∗
(a) (b)

1 0
F0
0.8 2.01 ∗ F0
0.6 5.6 ∗ F0
77.5 ∗ F0 −0.2
0.4
0.2
σ33 /Re −0.4
0
−0.2 σV Ms /Re
−0.4 −0.6
−0.6
−0.8
−0.8 F0
−1 2.01 ∗ F0
−1.2 5.6 ∗ F0
77.5 ∗ F0
−1.4 −1
0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4 0 0.5 1 1.5 2 2.5 3 3.5 4
x3 /a∗ x3 /a∗
(c) (d)

Figure 6.12 – Valeur adimensionnée des contraintes suivant l’axe Z dans le cas
d’un massif homogène (sans défauts).

des défauts, de mettre en place des méthodes et critères de contrôle. Il s’agit de


résultats qualitatifs et une bonne corrélation essais/calculs fut obtenue par la suite.
Des études beaucoup plus précises pourront être faites ensuite pour décrire finement
les phénomènes d’endommagement, . . . .

249

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6. Applications sur quelques cas industriels

1 1

0.5 0.5

β11 0
β22 0

−0.5 −0.5

−1 −1
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
(dx3 − r)/a∗ (dx3 − r)/a∗
(a) (b)

1 1

0.5 0.5

β33 0
βV M 0

−0.5 −0.5

−1 −1
0 0.5 1 1.5 2 0 0.5 1 1.5 2
(dx3 − r)/a∗ (dx3 − r)/a∗
(c) (d)

Figure 6.13 – La surcontrainte induite par la présence d’une hétérogénéité


sphérique dure (γ = E I /E M = 2) pour différentes positions de l’hétérogénéité.

6.3 Applications sur matériaux composites


idéalisés
Il est impossible de montrer les résultats de calculs sur un composite réel. Les
résultats seront donc présentés ici dans le cas d’un matériau composite idéalisé
composé d’une matrice viscoélastique linéaire (matrice organique) contenant des
hétérogénéités sphériques réparties de manière périodique. Le contact se faisant donc
entre une sphère rigide et le dit matériau composite. Les propriétés de la matrice
viscoélastique sont données par la fonction de relaxation :

R(t) = µ exp(−t/τ ) (6.2)

où µ est le module purement élastique, η la viscosité, et τ = η/µ le temps de


relaxation.
Le coefficient de Poisson du massif viscoélastique est supposé constant ν M =0.3.
Le module de cisaillement instantané est R(0) = µ = 80.77GP a et le temps de
relaxation τ = 25 secondes.

250

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Applications sur matériaux composites idéalisés

Les propriétés des hétérogénéités sphériques sont toutes identiques et sont


données par :
E I = 105 GPa, ν I = 0.3
En mettant en œuvre toutes les méthodes numériques développées dans les chapitres
3 et 4, il est possible de résoudre finement le problème de contact.
Sur la figure 6.14, on remarque que le problème de contact est fortement perturbé.
Cette perturbation évolue considérablement avec le temps et mérite d’être modélisée.
Les figures 6.16, 6.17, 6.18, 6.19 montrent la distribution des champs de
contrainte ainsi que leurs évolutions au cours du temps. Dans ces types de matériaux,
la connaissance des champs de contraintes en sous-couche s’avère indispensable.
Il est également possible de faire un zoom autour d’une hétérogénéité sphérique
afin de connaı̂tre les contraintes normales et les cisaillements aux interfaces
fibres/matrices. Ces variables sont très utiles dans l’étude de l’endommagement
fibre/matrice, des phénomènes de décohésion, . . .

(a) (b)

Figure 6.14 – Vue 3D de la distribution des champs de pression (a) à t = 0 et (b)


à t = τ /5.

251

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6. Applications sur quelques cas industriels

1.2

0.8
P/P0
0.6

0.4

0.2
t=0
t = τ /5
0
−1.5 −1 −0.5 0 0.5 1 1.5
x1 /a∗

Figure 6.15 – Valeur adimensionnée de la distribution de pression dans le plan


X2 = 0.

(a) (b)

Figure 6.16 – Distribution de la valeur adimensionnée de la contrainte σ13 /P0 dans


le plan Y = 0 ; (a) à t = 0 et (b) à t = τ /5.

(a) (b)

Figure 6.17 – Distribution de la valeur adimensionnée de la contrainte σ22 /P0 dans


le plan Y = 0 ; (a) à t = 0 et (b) à t = τ /5.

252

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Applications sur matériaux composites idéalisés

(a) (b)

Figure 6.18 – Distribution de la valeur adimensionnée de la contrainte σ33 /P0 dans


le plan Y = 0 ; (a) à t = 0 et (b) à t = τ /5.

(a) (b)

Figure 6.19 – Distribution de la valeur adimensionnée de la contrainte σV M /P0


dans le plan Y = 0 ; (a) à t = 0 et (b) à t = τ /5.

253

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6. Applications sur quelques cas industriels

6.4 Synthèse
Le modèle semi-analytique a été appliqué sur 3 cas industriels différents. Un
couplage entre un modèle éléments-finis et le code semi-analytique a tout d’abord été
réalisé pour résoudre le contact aube/disque. Le modèle éléments finis est utilisé pour
simuler une phase de décollage et atterrissage moteur. Les torseurs des efforts sont
récupérés du modèle éléments finis et introduits en entrée du code semi-analytique
avec un maillage plus fin, ce qui permet de mieux décrire les champs de pression, de
cisaillements et les contraintes en sous-couche. Le code semi-analytique a été ensuite
utilisé pour réaliser une étude qualitative en ce qui concerne la nocivité des défauts
dans les billes céramiques de roulements hybrides. Un premier critère de contrôle des
billes a été proposé. Cette étude a permis de réduire considérablement le volume de
la zone à contrôler. Le modèle a enfin été appliqué sur un matériau composite idéalisé
constitué de renforts sphériques noyés dans une matrice viscoélastique semi-infini.

254

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Conclusions et perspectives

Synthèse
La problématique du contact entre matériaux hétérogènes est de plus en
plus présente dans de nombreuses applications industrielles : roulements hy-
brides pour l’aéronautique et l’aérospatiale, contact entre matériaux composites
. . . L’introduction des aubes de soufflante en matériaux composites dans les nou-
veaux moteurs LEAP, développés par la société SNECMA du groupe SAFRAN et
GE Aviation, a permis par exemple de réduire de près de 500 Kg le poids de l’avion. Il
s’agit donc d’une véritable rupture technologique qui doit être suivie d’une évolution
des modèles de résolution des problèmes de contact, plus précisément de contact
entre matériaux hétérogènes. Dans ce manuscrit, une méthodologie de résolution de
contact entre matériaux hétérogènes est présentée. Les méthodes semi-analytiques
sont utilisées pour la résolution du problème contact. Les modèles proposés sont
systématiquement validés par comparaison avec la méthode des éléments finis. Le
temps de calcul ainsi que l’espace mémoire nécessaire sont considérablement réduits
par rapport aux éléments finis.
Dans le premier chapitre, le contexte industriel de la thèse a été introduit ainsi
que la problématique du contact entre matériaux hétérogènes dans le cas du contact
aube/disque, roulements hybrides, . . . . Les différents modes d’endommagements du
contact aube/disque ont été présentés. Une classification des matériaux composites
suivant plusieurs critères a été réalisée afin de mieux cerner la spécificité des com-
posites CMO et CMC utilisés par SNECMA. Les différentes méthodologies multi-
échelles utilisées dans la modélisation des matériaux hétérogènes ont été présentées.
Les méthodes de résolution des problèmes de contact ont été ensuite détaillées. Un
accent particulier a été mis sur la difficulté inhérente au contact entre matériaux
hétérogènes.
Dans le second chapitre, les bases de la méthode semi-analytique ont été passées
en revue afin de faciliter la compréhension du reste du manuscrit. Les algorithmes de
gradient conjugué CGM et les Transformées de Fourrier Rapides furent présentés.
L’utilisation de ces transformées de Fourier permet de réduire considérablement les
temps de calculs.
Le troisième chapitre s’intéresse à la prise en compte d’hétérogénéités iso-
tropes/anisotropes inclinées dans la résolution des problèmes de contact. Le mas-

255

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Conclusions et perspectives

sif est supposé élastique. Une étude fine, de l’effet du module de compressibi-
lité/cisaillement de l’hétérogénéité sur le problème de contact a été réalisée. Une
méthode numérique permettant de prendre en compte l’interaction entre plusieurs
hétérogénéités a été ensuite présentée. Un accent particulier a été mis sur la réduction
du temps de calcul et la robustesse du code. La mise en place d’une nouvelle méthode
de décomposition permet de diviser le temps de calcul par 2 ou 4 selon les configura-
tions. Une parallélisation OpenMP a été également introduite permettant d’avoir un
gain de 1.87 sur 2 coeurs et de 3.55 sur 4 coeurs. L’algorithme d’une parallélisation
MPI a été également présenté.
Le chapitre 4 s’intéresse à la théorie du contact viscoélastique. Une approche
originale basée sur les méthodes semi-analytiques a été mise en place pour résoudre
le problème de contact entre matériaux viscoélastiques, homogènes ou hétérogènes.
Le modèle peut traiter à la fois des cas d’indentation, de roulement/glissement
et de fretting. Le modèle fournit des solutions en termes de champs de pression,
de cisaillements, de coefficients de frottement apparent mais aussi et surtout les
champs de contraintes en sous-couche. Les résultats obtenus sont valables aussi bien
en régime permanent que transitoire.
Le chapitre 5 présente essentiellement le dispositif expérimental développé en
laboratoire pour mesurer les champs de déplacements à l’interface des corps en
contact. La technique de corrélations d’images a été utilisée. Le protocole d’essais
ainsi que les éprouvettes utilisées ont été présentés. Les résultats obtenus seront
comparés à ceux obtenus au travers de la simulation numérique. Le dispositif a fait
l’objet d’un dépôt de brevet SNECMA/LAMCOS.
Dans le dernier chapitre, le modèle sera appliqué sur trois cas industriels
différents. Un prototype de couplage entre un modèle éléments finis et le code semi-
analytique sera réalisé pour résoudre le contact aube/disque. Il s’agit d’une stratégie
multi-échelle de calculs sur pièce. Le modèle a été ensuite utilisé pour étudier la
nocivité des défauts dans les billes céramiques. Une application dans le cas d’un
matériau composite idéalisé sera présentée. Les résultats dans le cas de tissages 3D
SNECMA/Safran Composites ne pouvant être présentés pour des raisons de confi-
dentialités.

Perspectives
Les perspectives pouvant être apportées à ce travail de thèse sont nombreuses.
Un premier chantier concerne la mise en place d’une chaı̂ne automatisée, partant de
la description de la microstructure des composites tissés 3D via le logiciel WiseTex
jusqu’à la résolution du problème de contact avec la méthode semi-analytique. Les
fibres anisotropes du composite tissé peuvent être décrites par une série de cubes
ou d’ellipsoı̈des. Cette description se limitera à l’échelle mésoscopique. Le défi scien-
tifique n’est pas énorme, cependant ce travail est indispensable d’un point de vue
industriel.

256

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Conclusions et perspectives

Une seconde piste concerne la modélisation de la décohésion hétérogénéité


/matrice. Le modèle doit arriver à intégrer le phénomène de décohésion dans
la résolution des problèmes de contact. Cette étude passera d’abord par la
détermination des paramètres gouvernant la décohésion fibre/matrice. Le modèle
permet actuellement de remonter à la contrainte normale ainsi qu’au cisaille-
ment à l’interface hétérogénéité/matrice. Cependant, un effort reste à faire afin de
déterminer la meilleure méthode de prise en compte du phénomène de décohésion
hétérogénéité/matrice dans les problèmes de contact.
Plusieurs améliorations peuvent être apportées à la partie ”résolution du contact
entre matériaux viscoélastiques”. Dans un premier temps, il est possible d’envisager
de prendre en compte les effets d’adhésions dans la résolution du problème de contact
viscoélastique. Une extension du modèle dans le cas de la viscoélasticité non-linéaire
peut également être envisagée. Il convient de rappeler que le modèle développé dans
cette thèse se limite uniquement au cas des matrices viscoélastiques linéaires. Il
s’agira d’un travail long qui nécessitera des développements conséquents. Toutefois,
la viscoélasticité linéaire suffit pour décrire le comportement d’une grande variété
de polymères à température ambiante.
Par rapport au dispositif expérimental, il convient de travailler sur l’acquisition
d’une table anti-vibration afin d’améliorer la qualité des résultats obtenus en mode
I et en mode III. Cette table anti-vibration permettra de supprimer tous les bruits
parasites. Les fonctions du dispositif peuvent être étendues à l’étude de l’évolution
de la zone de contact au cours d’un chargement d’indentation, glissement ou fret-
ting dans le cas de certains polymères. Une validation expérimentale de tous les
résultats présentés au chapitre 4 pourrait être alors envisagée. Le dispositif peut
également être mis à contribution pour tester les propriétés d’adhérences de cer-
tains revêtements viscoélastiques utilisés dans l’industrie aéronautique.
D’une manière générale, toute évolution de la méthode semi-analytique traitant
à la fois des problématiques de 3ème corps, de lubrification dans les problèmes de
contact serait très bien accueillie aussi bien par la communauté scientifique que par
le monde industriel.

257

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Conclusions et perspectives

258

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Annexe A

Coefficients d’influences

A.1 Espace élastique semi-infini.


Hertz résout le problème de contact elliptique à partir de la solution en
déplacement d’un chargement en forme de demi-ellipsoı̈de. Love développa la so-
lution du déplacement normal dans le cas d’une pression constante sur une surface
rectangulaire [LOV 20]. Ce développement est repris par Vergne [VER 85], et étendu
au chargement tangentiel. Tous les champs de déplacements et de contraintes sont
formulés. Une zone rectangulaire de taille ∆x1 × ∆x2 centrée en O est soumise à
une pression constante p, ou à un cisaillement qx1 ou qx2 constant. On donne les
solutions des déplacements d’un point M̄ (x1 , x2 ) enpsurface et des contraintes d’un
point M (x1 , x2 , x3 ) dans le volume. On note ρ = x21 + x22 + x23 . I et J sont des
indices qui font référence à x1 , x2 ou x3 .
La contribution des pressions p sur les contraintes du massif semi-infini est donnée
par

σIJ p p ∆x1 ∆x2 p ∆x1 ∆x2


= CIJ (x1 , x2 , x3 , E, ν) = SIJ (x1 + , x2 + , x3 , E, ν)+SIJ (x1 − , x2 − , x3 , E, ν)
p 2 2 2 2
p ∆x1 ∆x2 p ∆x1 ∆x2
+ SIJ (x1 + , x2 − , x3 , E, ν) + SIJ (x1 − , x2 + , x3 , E, ν), (A.1)
2 2 2 2
avec

x23 + x22 − x2 ρ 1 − 2ν ρ − x2 + x3
   
ν x3 x1 x2
Sxp1 x1 (x1 , x2 , x3 , E, ν) = arctan + arctan + ,
π x3 x1 π x1 2π (x21 + x23 )ρ
(A.2)

x23 + x22 − x2 ρ 1 − 2ν ρ − x1 + x3
   
ν x3 x1 x2
Sxp2 x2 (x1 , x2 , x3 , E, ν) = arctan + arctan + ,
π x3 x1 π x2 2π (x22 + x23 )ρ
(A.3)

259

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A. Coefficients d’influences

x23 + x22 − x2 ρ
   
1 x3 x1 x2 1 1
Sxp3 x3 (x1 , x2 , x3 , E, ν) = arctan − + ,
2π x3 x1 2π ρ x21 + x23 x22 + x23
(A.4)

x3 1 1 − 2ν
Sxp1 x2 (x1 , x2 , x3 , E, ν) = − − ln (ρ + x3 ) , (A.5)
2π ρ 2π

x23 x1
Sxp2 x3 (x1 , x2 , x3 , E, ν) = , (A.6)
2π (x22 + x23 )ρ

x23 x2
Sxp1 x3 (x1 , x2 , x3 , E, ν) = . (A.7)
2π (x1 + x23 )ρ
2

La contribution des cisaillements qx1 sur les contraintes du massif semi-infini est
donnée par

σIJ qx1 qx1 ∆x1 ∆x2 qx1 ∆x1 ∆x2


= CIJ (x1 , x2 , x3 , E, ν) = SIJ (x1 + , x2 + , x3 , E, ν)+SIJ (x1 − , x2 − , x3 , E, ν)
qx1 2 2 2 2
qx1 ∆x1 ∆x2 qx1 ∆x1 ∆x2
+ SIJ (x1 + , x2 − , x3 , E, ν) + SIJ (x1 − , x2 + , x3 , E, ν), (A.8)
2 2 2 2
avec

−x21 + x3 x2
 
x3 1 ν x2 1
Sxqx1
1 x1
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = − 1+ + − ln (ρ − x2 ) ,
2π ρ (ρ + x3 )(ρ − x2 ) π ρ + x3 π
(A.9)

 
x3 x2 ν x2
Sxqx1
2 x2
(x1 , x2 , x3 , E, ν) =− − + ln (ρ − x2 ) , (A.10)
2π ρ(ρ + x3 ) π ρ + x3

x23 x2
Sxqx1
3 x3
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = , (A.11)
2π ρ(x1 + x23 )
2

x3 x1 ν x1 1
Sxqx1
1 x2
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = − − − ln (ρ − x1 ) , (A.12)
2π ρ(ρ + x3 ) π ρ + x3 2π

x3 1
Sxqx1
2 x3
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = − , (A.13)
2π ρ

260

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Espace élastique semi-infini.

x23 + x22 − x2 ρ
 
x3 x1 x2 1
Sxqx1
1 x3
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = 2 2 + arctan . (A.14)
2π ρ(x1 + x3 ) 2π x3 x1
La contribution des cisaillements qx2 sur les contraintes du massif semi-infini est
donnée par

σIJ qx2 qx2 ∆x1 ∆x2 qx2 ∆x1 ∆x2


= CIJ (x1 , x2 , x3 , E, ν) = SIJ (x1 + , x2 + , x3 , E, ν)+SIJ (x1 − , x2 − , x3 , E, ν)
qx2 2 2 2 2
qx2 ∆x1 ∆x2 qx2 ∆x1 ∆x2
+ SIJ (x1 + , x2 − , x3 , E, ν) + SIJ (x1 − , x2 + , x3 , E, ν), (A.15)
2 2 2 2
avec

 
x3 x1 ν x1
Sxqx2
1 x1
(x1 , x2 , x3 , E, ν) =− − + ln (ρ − x1 ) , (A.16)
2π ρ(ρ + x3 ) π ρ + x3

−x22 + x3 x1
 
x3 1 ν x1 1
Sxqx2
2 x2
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = 1+ + − ln (ρ − x1 ) ,
2π ρ (ρ + x3 )(ρ − x1 ) π ρ + x3 π
(A.17)

x23 x1
Sxqx2
3 x3
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = (A.18)
2π ρ(x2 + x23 ),
2

x3 x2 ν x2 1
Sxqx2
1 x2
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = − − − ln (ρ − x2 ) , (A.19)
2π ρ(ρ + x3 ) π ρ + x3 2π

x23 + x21 − x1 ρ
 
x3 x2 x1 1
Sxqx2
2 x3
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = 2 2 + arctan , (A.20)
2π ρ(x2 + x3 ) 2π x3 x2

x3 1
Sxqx2
1 x3
(x1 , x2 , x3 , E, ν) = − . (A.21)
2π ρ
Identiquement aux p contraintes, on peut définir les déplacements élastiques en
surface. On note ρ̄ = x21 + x22 . La contribution des pressions p sur les déplacements
élastiques en surface du massif semi-infini est donnée par

ūJ ∆x1 ∆x2 ∆x1 ∆x2


= KJp (x1 , x2 , E, ν) = UJp (x1 + , x2 + , E, ν) + UJp (x1 − , x2 − , E, ν)
p 2 2 2 2
∆x1 ∆x2 ∆x1 ∆x2
+ UJp (x1 + , x2 − , E, ν) + UJp (x1 − , x2 + , E, ν), (A.22)
2 2 2 2

261

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A. Coefficients d’influences

avec

(1 + ν)(1 − 2ν) ρ̄ − x2
   
Uxp1 (x1 , x2 , E, ν) = − 2x1 arctan − x2 ln ρ̄ , (A.23)
2πE x1

(1 + ν)(1 − 2ν) ρ̄ − x1
   
Uxp2 (x1 , x2 , E, ν) =− 2x2 arctan − x1 ln ρ̄ , (A.24)
2πE x2

(1 − ν 2 )
Uxp3 (x1 , x2 , E, ν) = − (x2 ln (ρ̄ − x1 ) + x1 ln (ρ̄ − x2 )) . (A.25)
πE
La contribution des pressions qx1 sur les déplacements élastiques en surface du
massif semi-infini est donnée par

ūJ ∆x1 ∆x2 ∆x1 ∆x2


= KJqx1 (x1 , x2 , E, ν) = UJqx1 (x1 + , x2 + , E, ν)+UJqx1 (x1 − , x2 − , E, ν)
qx1 2 2 2 2
∆x1 ∆x2 ∆x1 ∆x2
+ UJqx1 (x1 + , x2 − , E, ν) + UJqx1 (x1 − , x2 + , E, ν), (A.26)
2 2 2 2
avec

1 − ν2 1+ν
Uxqx1 (x1 , x2 , E, ν) = − x1 ln (ρ̄ − x2 ) − ln (ρ̄ − x1 ) , (A.27)
πE πE

ν(1 + ν)
Uxqx1 2 (x1 , x2 , E, ν) = − ρ̄, (A.28)
πE

(1 + ν)(1 − 2ν) ρ̄ − x2
   
Uxq3x1 (x1 , x2 , E, ν) = −2x1 arctan + x2 ln ρ̄ . (A.29)
2πE x1
La contribution des pressions qx2 sur les déplacements élastiques en surface du
massif semi-infini est donnée par

ūJ ∆x1 ∆x2 ∆x1 ∆x2


= KJqx2 (x1 , x2 , E, ν) = UJqx2 (x1 + , x2 + , E, ν)+UJqx2 (x1 − , x2 − , E, ν)
qx2 2 2 2 2
∆x1 ∆x2 ∆x1 ∆x2
+ UJqx2 (x1 + , x2 − , E, ν) + UJqx2 (x1 − , x2 + , E, ν), (A.30)
2 2 2 2
avec

ν(1 + ν)
Uxq1x2 (x1 , x2 , E, ν) = − ρ̄, (A.31)
πE

262

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Prise en compte des hétérogénéités.

1 − ν2 1+ν
Uxq2x2 (x1 , x2 , E, ν) = − x2 ln (ρ̄ − x1 ) − ln (ρ̄ − x2 ) , (A.32)
πE πE

(1 + ν)(1 − 2ν) ρ̄ − x1
   
Uxq3x2 (x1 , x2 , E, ν) = −2x2 arctan + x1 ln ρ̄ . (A.33)
2πE x2

A.2 Prise en compte des hétérogénéités.


Le tenseur Dijkl est donné par :

1
Dijkl = {ψ,klij − 2νδkl φ,ij
8π (1 − ν)
− (1 − ν) [φ,kj δil + φ,ki δjl + φ,lj δik + φ,li δjk ]} (A.34)

Ces coefficients d’influence dépendent donc des propriétés matériaux de la ma-


trice et de la géométrie des inclusions qui vont conditionner les fonctions potentielles.
Pour certaines formes géométriques particulières, des solutions analytiques des fonc-
tions potentielles peuvent être explicitement calculées.

Inclusion ellipsoı̈dale

Eshelby fut un des premiers à montrer que les coefficients d’influence Dijkl à
l’intérieur de l’inclusion sont constants. Considérons une ellipsoı̈de de demi-axe a1 ,
a2 , a3 suivant x1 ,x2 , et x3 respectivement. Les fonctions potentielles peuvent alors
s’exprimer comme,
Z ∞
U ds
φ = πa1 a2 a3 (A.35)
λ ∆
1 ∞ ∂ s2 U 2 1 U 2s
Z    
ψ = πa1 a2 a3 − ds (A.36)
2 λ ∂s ∆ 2 ∆

Où,
xi xi
U (s) = 1 − 2 (A.37)
a +s
q i
∆ (s) = (a21 + s) + (a22 + s) + (a23 + s) (A.38)

La borne inférieure de l’intégrale λ est la plus grande racine de l’équation U (λ) = 0


pour les points extérieurs à l’inclusion et λ = 0 à l’intérieur. Si l’on pose les intégrales

263

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A. Coefficients d’influences

suivantes définies par,


Z ∞
ds
I (λ) = 2πa1 a2 a3 (A.39)
λ ∆ (s)
Z ∞
ds
Ii (λ) = 2πa1 a2 a3 (A.40)
λ (a2i+ s) ∆ (s)
Z ∞
ds
Iij (λ) = 2πa1 a2 a3  (A.41)
λ (ai + s) a2j + s ∆ (s)
2

Les fonctions potentielles s’écrivent alors,

φ=V (A.42)
a2i Vi

ψ,i = xi V − (A.43)

Avec,
Z ∞
U (s) 1
V (x) = πa1 a2 a3 ds = [I (λ) − xr xr Ir (λ)] (A.44)
λ ∆ (s) 2
Z ∞
U (s) 1
Vi (x) = πa1 a2 a3 2
ds = [Ii (λ) − xr xr Iri (λ)] (A.45)
λ (ai + s) ∆ (s) 2

Les intégrales I sont calculées pour différentes catégories d’ellipsoı̈des,

– Ellipsoı̈de triaxial (a1 > a2 > a3 )


Dans ce cas les intégrales I,I1 ,I2 et I3 sont exprimées en terme d’intégrales ellip-
tiques du premier F et du second ordre E, définies comme :
Z θ
dw
F (Θ, K) = p avec 0 < K < 1 (A.46)
0 1 − K 2 sin2 (w)
Z θq
E (Θ, K) = 1 − K 2 sin2 (w)dw avec 0 < K < 1 (A.47)
0

Où,
s
a21 − a23 π
0 < Θ = arcsin 2
< (A.48)
a1 + λ 2
s
a21 − a22
K= <1 (A.49)
a21 − a23
s
a21 − a23
w = arcsin (A.50)
a21 + s

264

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Prise en compte des hétérogénéités.

Dès lors les expressions des intégrales I deviennent [GRA 65] :


4πa1 a2 a3
I (λ) = p 2 F (Θ, K) (A.51)
a1 − a23
F (Θ, K) − E (Θ, K)
I1 (λ) = 4πa1 a2 a3 2 p (A.52)
(a1 − a22 ) a21 − a23
( p
a21 − a23 F (Θ, K)
I2 (λ) = 4πa1 a2 a3 2 2 2 2
E (Θ, K) − 2
(a1 − a2 ) (a2 − a3 )
p
(a1 − a22 ) a21 − a23
s )
1 a23 + λ
− 2 (A.53)
a2 − a23 (a21 + λ) (a22 + λ)
4πa1 a2 a3
I3 (λ) = − I1 (λ) − I2 (λ) (A.54)
∆ (λ)

– Ellipsoı̈de oblate (a1 = a2 > a3 )


4πa2 a3
I (λ) = p 2 1 2 arccos bo , (A.55)
a1 − a3
(arccos bo − bo do )
I1 (λ) = I2 (λ) = 2πa21 a3 3 (A.56)
(a21 − a23 ) 2
4πa21 a3
I3 (λ) = − 2I1 (λ) (A.57)
∆ (λ)
Où,
s
a23 + λ
bo = (A.58)
a21 + λ
s
a21 − a23
do = (A.59)
a21 + λ

– Ellipsoı̈de prolate (a1 > a2 = a3 )


4πa1 a2
I (λ) = p 2 3 2 bp , (A.60)
a1 − a3
 
2 dp
4πa1 a3 bp −
bp
I1 (λ) = 3 , (A.61)
(a21 − a23 ) 2
2πa1 a23 1
I2 (λ) = I3 (λ) = − I1 (λ) (A.62)
∆ (λ) 2

265

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A. Coefficients d’influences

Où,
s
a21 + λ
bp = (A.63)
a23 + λ
s
a21 − a23
dp = (A.64)
a23 + λ

– Sphère (a1 = a2 = a3 = a)

4πa3
I (λ) = √ , (A.65)
a2 + λ
4πa3
I1 (λ) = I2 (λ) = I3 (λ) = 3 (A.66)
3 (a2 + λ) 2

266

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Annexe B

Dispositif expérimental

B.1 Objectifs.
Cet annexe est fortement complémentaire du chapitre 5. Le chapitre 5 s’est li-
mité, pour des raisons de concisions, à une description très succincte du dispositif
expérimental.

B.2 Compléments sur le dispositif expérimental


B.2.1 Capteur multi-composants.
Les caractéristiques du capteur multi-composants sont rappelées ci-dessous.

B.2.2 Actionneur pour appliquer le moment suivant l’axe


Z.
B.2.3 Actionneur pour appliquer la force/déplacement tan-
gentiel Y .
B.2.4 Guidages à Billes suivant Y .
B.2.5 Caractéristiques de la caméra haute résolution uti-
lisée pour l’acquisition d’images.
B.2.6 Caractéristiques géométriques, optiques et
mécaniques de la vitre utilisée.

267

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B. Dispositif expérimental

Capteur de force Multiaxes MC3A


• Etendues de mesure :
Fz : 440 à 4400 N
Fx et Fy : 220 à 2200 N
Mz : 5.6 à 56 Nm
Mx et My : 11 à 110 Nm

• Fréquence naturel: continue à 1000 Hz


• Non linéarité : +/- 0.2 % PE
• Sensibilité transverse :< 2 % PE au CoF
• Dimensions : 78 x 76 x 76 mm
• Alimentation : 10 Vcc
• Température d'utilisation : de 0°C à 52 °C
• Protection : IP61
• Poids : 0.9 Kg

La société AMTI est spécialisée dans la fabrication de capteurs de force 6 axes et de


plateformes multiaxes. Les capteurs AMTI mesurent des forces suivants trois composantes Fx,
Fy, Fz et ses trois moments Mx, My, Mz correspondants.

Précises et compactes, ces capteurs remplacent les montages complexes utilisant plusieurs
capteurs mono axe. Ils s'installent facilement sur les machines-outils et les bancs de test.
Les gammes standard des capteurs 6 axes sont de 440 N à 4400 N.

Les capteurs d'effort multiaxe AMTI sont de très grandes performances et ont une conception
qui permet d’avoir un couplage entre voies très faible.
Cette génération de capteurs de force multiaxe présente de très bonnes sensibilité et précision
de mesure dès le premier Newton quelques que soit la gamme et le modèle choisi.
Nous proposons des capteurs multiaxes IP 67 ou IP68 pour une immersion sous 10 m d’eau.

Nos capteurs intègrent une mémoire comportant les informations d’étalonnage et de


sensibilité. Nous proposons des électroniques numériques (GEN5) de très haute performance,
permettant de lire cette mémoire et de délivrer un signal numérique ou analogique conditionné
selon la matrice de découplage et de sensibilités suivant tous les axes de mesure.

Electronique numérique GEN5 compatible avec tous


les capteurs AMTI.
Ø Sortie analogique ± 5Vcc, 14 bits
Ø Calcul du découplage
Ø Connexion USB.
Ø Sortie numérique 16 Bits
Le Gen5 est livré avec un logiciel de configuration et
acquisition compatible Windows 32 ou 64bits
*C0F : Centre des Forces, donné dans le certificat de calibration du capteur

PM Instrumentation - 59 rue Emile Deschanel - F92400 Courbevoie – France – tél : (+33) 01 46 91 93 32


Fax : (+33) 01 46 91 93 39 – Web : [Link] - Contact : contact@[Link]

Figure B.1 – Caractéristiques du capteur MC3A.

268

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Compléments sur le dispositif expérimental

Caractéristiques et dimensions
Caractéristiques / Model 100 250 500 1000
Etendue de mesure Fz (N) 440 1100 2200 4400
Etendue de mesure Fx,Fy (N) 220 560 1100 2200
Etendue de mesure Mz (Nm) 5.6 14 28 56
Etendue de mesure Mx,My (Nm) 11 28 56 110
Sensibilité Fz (µV/V/N) 1.35 0.67 0.34 0.17
Sensibilité Fx,Fy (µV/V/N) 5.4 2.7 1.35 0.67
Sensibilité Mz (µV/V/Nm) 121 106 53 26
Sensibilité Mx,My (µV/V/Nm) 266 138 71 35
Rigidité Fz (x10^7 N/m) 2.8 7.5 15.0 30.0
Rigidité Fxy (x10^7 N/m) 0.2 0.5 1.0 2.0
Rigidité Mz (x10^4 Nm/rad) 0.2 0.5 1.1 2.2
Fréquence de résonnance Mxy (Hz) 300 500 700 1000

Ponts Fz :700 Ω, Autres : 350 Ω


Connecteur : Souriau 851-02E16-26P50-44
Poids : 0.900 kg
Filetages de fixation : 4 Inserts M6

PM Instrumentation - 59 rue Emile Deschanel - F92400 Courbevoie – France – tél : (+33) 01 46 91 93 32


Fax : (+33) 01 46 91 93 39 – Web : [Link] - Contact : contact@[Link]

Figure B.1 – Caractéristiques du capteur MC3A.

269

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B. Dispositif expérimental

Figure B.2 – Actionneur pour appliquer le moment suivant l’axe Z.

270

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Compléments sur le dispositif expérimental

Figure B.3 – Actionneur pour appliquer la force/déplacement tangentiel Y .

271

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B. Dispositif expérimental

Figure B.4 – Guidage à billes-type : MGN.

272

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Compléments sur le dispositif expérimental

VN-8MC / VN-11MC
VN-16MC / VN-29MC
NANO STAGE PIXEL SHIFT CAMERA FOR EXTENDED RESOLUTIONS

VN Series pixel shift cameras are designed for applications where the object is stationary and extremely
high resolution is required. Vieworks advanced pixel shift technology based on a precise piezoelectric stage
allows image captures as high as 99 million pixels using the VN-11MC cameras. Even higher resolutions, up
to 260 million pixels can be obtained using the VN-29MC camera. These cameras are ideal for applications
such as FPD inspection, document/film scanning, research and scientific imaging.

Main Features Applications

* Nano Stage Pixel Shift Mechanism * Flat Panel Inspection


* Extended Resolutions up to 260 megapixels * Electronics, Semiconductor Inspection
* True Color Full Image Resolution * Scanning and Digitizing
* Improved Fill Factor * Scientific Imaging
* Progressive Scan Interline Transfer CCD Imager
* Flat Field Correction
* Field Upgradable Firmware
* Pixel Defect Correction

W W W. S T E M M E R- I M A G I N G . C O M
[Link]

Figure B.5 – Caractéristiques de la caméra haute-résolution utilisée pour l’acqui-


sition d’images.

273

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B. Dispositif expérimental

VN-8MC / VN-11MC
VN-16MC / VN-29MC
NANO STAGE PIXEL SHIFT CAMERA FOR EXTENDED RESOLUTIONS

Specifications
Model VN-8M VN-11M VN-16M VN-29M
×1 Mode 3296 × 2472, 8.1M 4008 × 2672, 10.7M 4872 × 3248, 15.8M 6576 × 4384, 28.8M
Resolution ×4 Mode 6592 × 4944, 32.6M 8016 × 5344, 42.8M 9744 × 6496, 63.3M 13152 × 8768, 115.3M
(H × V)
×9 Mode 9888 × 7416, 73.3M 12024 × 8016, 96.4M 14616 × 9744, 142.4M 19728 × 13152, 259.5M

Sensor
KAI-08050 KAI-11002 KAI-16000 KAI-29050
(Truesense Imaging)
Sensor Size
4/3㶆 㪊㪌㩷䋘 㪊㪌㩷䋘 㪊㪌㩷䋘
(Optical Format)
Sensor Type Progressive Scan Interline Transfer CCD
Pixel Size 5.5 ঙ × 5.5 ঙ 9.0 ঙ × 9.0 ঙ 7.4 ঙ × 7.4 ঙ 5.5 ঙ × 5.5 ঙ
8.1M Mode : 16.3 fps 10.7M mode : 6.4 fps 15.8M Mode : 4.2 fps 28.8M Mode: 5 fps
Max. Frame Rate
32.6M Mode : 4.1 fps 42.8M mode : 1.6 fps 63.3M Mode : 1.1 fps 115.3M Mode: 1.3 fps
(40 ঐ)
73.3M Mode : 1.8 fps 96.4M mode : 0.7 fps 142.4M Mode : 0.5 fps 259.5M Mode: 0.6 fps
Electronic Shutter Global Shutter
Pixel Data Format 8/10/12 bit
Interface Base Camera Link
Data Output
40/80 ঐ 30/40 ঐ 30/40 ঐ 40/80 ঐ
Pixel Clock Speed
Free-Run , Overlap, Fast, Double
Trigger Mode
Programmable Exposure Time and Trigger Polarity
Dynamic Range 62 ৆
Shift Range 0 ~ 15 ঙ, 1 ঘ step
Shift Resolution 0.001 ঙ
Shift Control Manual Mode or Sequence Mode (4/9 Shot Mono, 4/16/36 Shot Color)
Shift Latency <8঱
Dimension / Weight 90 䋘 × 90 䋘 × 123.5 䋘㩷/ 1.2 䋗
Temperature Operating : 10㷄 ~ 40㷄, Storage : -30㷄 ~ 65㷄
Lens Mount F-mount, Custom mount available upon request
10 ~ 14 V DC 10 ~ 14 V DC 10 ~ 14 V DC 10 ~ 14 V DC
Power
MAX. 6 W MAX. 10 W MAX. 8 W MAX. 12 W
Configuration
Configurator
Software

W W W. S T E M M E R- I M A G I N G . C O M

Figure B.5 – Caractéristiques de la caméra haute-résolution utilisée pour l’acqui-


sition d’images.

274

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Compléments sur le dispositif expérimental

Quantum Efficiency Curves

Monochrome with Microlens


Absolute Quantum Efficiency
Absolute Quantum Efficiency

Ordering Schemme Connector Specification


VN - 11M C - M 6 A0 Power
Series Sensor Options 1 2 3 : +12V DC, 4 5 6 : GND
VN Series
eries A0 - Truesense Imaging (HR10A-7R-6PB)

Sensor Resolution Frame Rate Control


8M - 8 Megapixels
els 4 - 4 fps
11M - 11 Megapixels
els 6 - 6 fps 1 : Trigger IN+, 2 : Trigger IN-
16M - 16 Megapixels
els 16 - 16 fps 3 : Strobe OUT- (GND), 4 : Strobe OUT+
29M - 29 Megapixels
els 5 - 5 fps
(HR10A-7R-4SB)

Interface Mono / Color Connectors on camera body


C - Camera Link M - Monochrome
C - Color

W W W. S T E M M E R- I M A G I N G . C O M

Figure B.5 – Caractéristiques de la caméra haute-résolution utilisée pour l’acqui-


sition d’images.

275

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B. Dispositif expérimental

Mechanical Dimensions
Unit : mm

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K-VIEW5-09/2013 changewithout
technicalchange

W W W. S T E M M E R- I M A G I N G . C O M  I M A G I N G I S O U R PA S S I O NISO-9001, ISO-13485
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THE NETHERLANDS
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LG I U M  L U X E M B O U R G
Gyeonggi-do, 462-806 South Korea
Phone: +49 89 80902-0 Phone: +44 1252 780000 Phone: +33 1 45069560 Phone: +41 55 415 90 90 Phone: +31 575 495159
info@[Link] tel +82-70-7011-6161 info@[Link]
info@[Link] fax +82-31-737-4936 info@[Link]
e-mail sales@[Link] website [Link]
info@[Link]

Figure B.5 – Caractéristiques de la caméra haute-résolution utilisée pour l’acqui-


sition d’images.

276

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Compléments sur le dispositif expérimental
2ch_WindowsandOpticalFlats_2012.qxd 4/2/2012 1:55 PM Page 2.18

Optical Components
Ask About Our Build-to-Print and Custom Capabilities
Windows and
Optical Flats

OEM
Retroreflectors
Prisms and
Spherical
Lenses

Laser Grade Square Windows SPECIFICATIONS:


Laser Grade Square Windows
SQW series square windows are designed for a wide variety of laser win-
Optical Material UV-grade fused silica, or N-BK7 glass
Cylindrical

dow and beamsplitting applications. Typical transmitted wavefront error


Lenses

Transmitted Wavefront Error l/10 @ 633 nm


is less than l/10 peak-to-valley @ 633 nm over 85% of the window’s
Surface Quality 10-5 scratch and dig
dimension. If you don’t see the dimension you need, our in house service
Dimensional Tolerance =0/40.25 mm
department can quickly modify stock substrates to supply additional rec-
tangular dimensions. All CVI Melles Griot dielectric and metal coatings Thickness t80.25 mm
Wedge ≤5 arc min
Multielement

can be deposited on SQW series square windows.


≥85% of central dimension
Lenses

Clear Aperture
$ All CVI Melles Griot low loss, high energy AR coatings available
$ CVI Melles Griot beamsplitter coatings available
$ CVI Melles Griot partially reflective coatings available
Laser Grade Square Windows
Mirrors

l t Transmitted Wavefront Error


(mm) (mm) @ 633 nm PART NUMBER
L T Fused Silica
12.7 6.4 l/10 SQW-0525-UV
25.4 2.0 l/10 SQW-1008-UV
Beamsplitters

25.4 6.4 l/10 SQW-1025-UV


50.8 1.6 l/10 SQW-2006-UV
L 50.8 2.0 l/10 SQW-2008-UV
50.8 5.1 l/4 SQW-2020-UV
50.8 6.4 l/4 SQW-2025-UV
50.8 9.5 l/10 SQW-2037-UV
Waveplates

N-BK7
12.7 6.4 l/10 SQW-0525-C
Window dimensions layout 25.4 2.0 l/10 SQW-1008-C
25.4 6.4 l/4 SQW-1025-C
25.4 9.5 l/10 SQW-1037-C
Components
Polarization

38.1 9.5 l/10 SQW-1537-C


50.8 2.0 l/10 SQW-2008-C
50.8 5.0 l/2 SQW-2019-C
50.8 6.4 l/4 SQW-2025-C
50.8 9.5 l/4 SQW-2037-C
76.2 9.5 l/4 SQW-3037-C
Components
Ultrafast

76.2 12.7 l/4 SQW-3050-C


and Etalons
Filters

2.18 Windows and Optical Flats


SQW www. cvimellesgriot . com

Figure B.6 – Caractéristiques géométriques, optiques et mécaniques de la vitre


utilisée.

277

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B. Dispositif expérimental

Figure B.6 – Caractéristiques géométriques, optiques et mécaniques de la vitre


utilisée.

278

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Compléments sur le dispositif expérimental

Figure B.6 – Caractéristiques géométriques, optiques et mécaniques de la vitre


utilisée.

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B. Dispositif expérimental

B.3 Eprouvette
B.3.1 Billes céramiques.

Figure B.7 – Inclusions céramiques.

B.3.2 Processus de broyage de la résine.

Figure B.8 – Broyage et mélange des trois différentes résines.

B.3.3 Enrobage à chaud.

280

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Eprouvette

Figure B.9 – Processus d’enrobage à chaud.

B.3.4 Dimensions.

281

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B. Dispositif expérimental

Gamme d'usinage

51,150

2
50

0.1
50

Phase Opération Surface Outil Machine


10 Finition 2 outil à charioter Machine de tournage
conventionnel

REP:1 EPROUVETTE QTE


Echelle:1:1 27/03/2014 LaMCoS 1

Figure B.10 – Gamme d’usinage de l’éprouvette homogéne.

282

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Tomographie

B.4 Tomographie
B.4.1 Phoenix v—tome—x s, système informatisé utilisé
pour la tomographie.

Figure B.11 – Phoenix v—tome—x s (modèle GE) utilisé pour la tomographie.

B.4.2 Protocole de traitement des images issues de la to-


mographie.
B.4.3 Tableau récapitulatif.

283

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B. Dispositif expérimental

Figure B.12 – Différentes étapes de traitement d’images issues de la tomographie.

284

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Tomographie

Figure B.12 – Différentes étapes de traitement d’images issues de la tomographie.

285

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B. Dispositif expérimental

Figure B.12 – Différentes étapes de traitement d’images issues de la tomographie.

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Tomographie

Figure B.12 – Différentes étapes de traitement d’images issues de la tomographie.

287

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B. Dispositif expérimental

Figure B.13 – Récapitulatif des propriétés géométriques des diverses hétérogénéités


contenues dans les éprouvettes hétérogènes.

288

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Tomographie

Figure B.14 – Images des hétérogénéités au travers de la tomographie.

289

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B. Dispositif expérimental

B.5 Essais
B.5.1 Réglages acquisitions images
Le réglage de la ”mise au point” se fait facilement avec une molette de réglage
assez précise. Le réglage de la luminosité peut se faire de trois manières différentes :
– Ouverture du diaphragme (la netteté étant meilleure quand l’ouverture est
maximum) ;
– Réglage de la luminosité de la lampe (autour de 80 − 90%) ;
– Réglage du temps d’exposition (de l’ordre de 0.1 ms suivant les paramètres
précédents) ;
La figure B.15 ci-dessous montre une image avec un bon réglage et son histogramme
de répartition des pixels par niveau de gris. La fonction saturation permet de montrer
les zones saturée des deux extrémités (endroit o le niveau de gris est maximum ou
minimum). Ces zones sont à minimiser pour permettre une bonne corrélation des
images.

Figure B.15 – Image de référence et son histogramme de niveau de gris.

B.5.2 Protocole de traitement des résultats

(Vic 2D) − Réglage de la zone de corrélation

290

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Essais

La taille du subset contrle l’aire de l’image utilisée pour mesurer les


déplacements entre chaque image. Il doit e suffisamment grand pour s’assurer de
contenir un nombre important de motifs distinctifs. La taille du Step contrle le
décalage du centre de l’aire de corrélation (définie par le subset ) pour l’analyse
de l’image. Par exemple un step de 1 signifie que le centre de l’aire corrélation va
balayer chaque pixel de l’image. L’analyse est donc plus précise pour un step petit.
Il faut cependant noter que le temps de l’analyse augmente fortement lorsque le
step diminue (il varie inversement avec le carré du step ; par exemple un step
de 1 prend 25 fois plus de temps qu’un step de 5). Les deux résultats (Fig.B.16)
ci-dessous représentent l’analyse d’un m résultat avec des paramétres différents. Les
valeurs des déplacements sont similaires mais la précision du résultat est nettement
supérieure avec les paramétres adéquats.

Figure B.16 – Représentation du subset et du step.

Figure B.17 – Influence du subset et du step sur la qualité des résultats de la


corrélation d’images.

Un subset d’environ 90 pour un step de 20-25 représente un bon compromis entre


temps de traitement des résultats et pertinence des résultats.

Réglage de la zone de corrélation (Vic 2D)

Il est important de :

291

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B. Dispositif expérimental

– choisir une zone d’étude pas trop large avec la fonction polygone, le minimum
nécessaire à l’exploitation des résultats (la surface étant bombée, les bords sont
plus flous)
– Déplacer le point de référence hors de la zone de contact
– Choisir un Subset d’environ 90 +/- 10
– Choisir un Step ≤ 25

Paramètres d0 analyse (Vic 2D)

Dans l’onglet option du logiciel (VIC 2D), il est important de choisir :


– Interpolation : optimized 6-tap plus précis (4-tap correct, 8-tap risque de plan-
ter )
– Criterion : Normalized squared differences (plus grande flexibilité d’analyse
car diminue la sensibilité à la lumière)
– Subset weight : Gaussian weights est le meilleur compromis entre résolution
spatial et résolution des déplacements.
– Incremental correlation : à priori non
Enfin, il est conseillé de traiter les déformations : Post-processing − strain com-
putation.
Pour le reste, les paramètres prédéfinis sont corrects dans le cadre de notre étude.

B.6 Film de mesure de la distribution des champs


de pression

292

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Film de mesure de la distribution des champs de pression

The only thing not


green about our
product
pro is its color! Tactile Pressure Indicating Film
EXAMPLE APPLICATIONS
NIP IMPRESSION

Pressure -micro ®
®

Pressurex-micro® Green reveals


the pressure distribution between
contacting or impacting surfaces.

Pressurex-micro® Green is our newest addition to the LAMINATION PRESS


Pressurex®OLQH1RZIRUWKH¿UVWWLPHHYHU\RX¶OOEHDEOH
WR YLVXDOL]H SUHVVXUH GLVWULEXWLRQ on a tight budget. It
KDVVLPLODUSHUIRUPDQFHFKDUDFWHULVWLFVWRKLJKUHVROXWLRQ
SURGXFWVDWDIUDFWLRQRIWKHSULFH

Common Applications

GASKETED INTERFACE
Packaging & Converting:
QLSUROOHULPSUHVVLRQVKHDWVHDOLQJODPLQDWLRQ

Automotive:
EUDNHSDGFODPSLQJFOXWFKEDWWHU\ IXHOFHOOLPSDFW
JDVNHWEROWHGMRLQWODPLQDWLRQZHOGLQJZLSHU

Electronics:
KHDWVLQN%*$FRQQHFWRUODPLQDWLRQ/&'
ERQGLQJZDIHUERQGLQJSROLVKLQJVRODUFHOOV
TIRE TREAD

Aerospace:
FRPSRVLWHOD\XSIXHOFHOOODPLQDWLRQLPSDFW
EROWHGLQWHUIDFH

Ergonomics:
ELRPHFKDQLFVERG\PDSSLQJ

Pressurex-micro® Green www. [Link]/pmg

Figure B.18 – Film de mesure de la distribution des champs de pression.

293

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B. Dispositif expérimental

Pressurex-micro® Green TACTILE PRESSURE INDICATING FILM

An example of Pressurex-micro ® Green in use

STEP 1 STEP 2
Place Pressurex-micro®*UHHQ¿OPEHWZHHQ 7KHVHQVRU¿OPFDSWXUHVDSHUPDQHQWLPDJH
any two contacting surfaces of relative pressure distribution

Zo
om High
pressure

ed
vie
w

Heat sealer
Low
Pressurex-micro® Green pressure
placed here

How It Works
ROLL DIMENSION PRESSURE RANGE
6LPSO\ SODFH 3UHVVXUH[PLFUR® *UHHQ SUHVVXUH LQGLFDWLQJ FILM TYPE

VHQVRU¿OPEHWZHHQDQ\WZRVXUIDFHVWKDWWRXFKPDWHRULPSDFW PMG-A 6 m x 27 cm 8 to 500 PSI WRNJFP2)


$SSO\SUHVVXUHUHPRYHWKH¿OPDQGLPPHGLDWHO\WKHSUHVVXUH
WRNJFP2)
GLVWULEXWLRQ SUR¿OH WKDW RFFXUUHG EHWZHHQ WKH WZR VXUIDFHV LV PMG-B 12 m x 27 cm 150 to 1,800 PSI

UHYHDOHG3UHVVXUH[PLFUR®*UHHQLVH[WUHPHO\WKLQDQGÀH[LEOH PMG-Custom* ~ ~ ~
PP ZKLFKHQDEOHVLWWRFRQIRUPWRFXUYHGVXUIDFHV,WLV *&XVWRP¿OPW\SHVDYDLODEOHXSRQUHTXHVW
LGHDOIRULQYDVLYHLQWROHUDQWHQYLURQPHQWVDQGWLJKWVSDFHVQRW
DFFHVVLEOHE\FRQYHQWLRQDOHOHFWURQLFWUDQVGXFHUV

The Science
0LFURVFRSLF SLJPHQWHG SDUWLFOHV DGKHUHG WR WKH GRQRU VXE SPECIFICATIONS
VWUDWHDUHDWWUDFWHGWRWKHFKHPLFDOO\VXUIDFHWUHDWHGUHFHLYHU OPERATING TEMPERATURE ƒ&WRƒ&
VKHHW 7KH UHFHLYHU VKHHW FRDWLQJ KDV EHHQ IRUPXODWHG
WR FUHDWH D QRQFRYDOHQW ERQG ZLWK WKH GRQRU FRDWLQJ DV HUMIDITY RANGE 10% to 90% RH

GHVFULEHGE\WKH9DQGHU:DDOVIRUFHHTXDWLRQ7KHFKHPLFDO GAUGE 0.2 mm (8 mils)


FRPSDWLELOLW\ EHWZHHQ WKH UHFHLYHU VKHHW DQG WKH GRQRU VKHHW
cause intermolecular diffusion SPATIAL RESOLUTION 45 microns

WKDW FUHDWHV DQ LQWHUSHQHWUDWLQJ ACCURACY ±17%


QHWZRUN EHWZHHQ WKH SLJPHQW
GRQRU DQG WKH UHFHLYHU FRDWLQJ SHELF LIFE \HDUV

8SRQ  VHSDUDWLRQ PLFURVKHDU


IRUFHV  FRPSHO WKH SDUWLFOHV WR
GLVORGJHIURPWKHSLJPHQWHGGRQRU 0LFURJUDSKRI¿OP
VXEVWUDWHOHDYLQJDQLPSUHVVLRQ

TACTILE PRESSURE EXPERTS Sensor Products Inc.


0DGLVRQ$YHQXH
0DGLVRQ1-86$
[Link]
3KRQH ([FOXVLYHGLVWULEXWRURI3UHVVXUH[PLFUR® Green
)D[ ©2014 Sensor Products Inc.
SENSOR PRODUCTS INC. LQIR#VHQVRUSURGFRP 8SGDWHG

Figure B.18 – Film de mesure de la distribution des champs de pression.

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Résultats éprouvette hétérogéne

B.7 Résultats éprouvette hétérogéne

Figure B.19 – Eprouvette hétérogéne contenant une seule bille céramique pour des
essais en mode II, efforts normaux de 500N , 1000N , 1500N et 2000N : εxx , εyy et
εxy .

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B. Dispositif expérimental

296

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FOLIO ADMINISTRATIF

THèSE SOUTENUE DEVANT L’INSTITUT NATIONAL DES SCIENCES APPLIQUéES DE LYON

NOM : KOUMI DATE de SOUTENANCE : 4 décembre 2015

Prénoms : Koffi Espoir

TITRE : Modélisation du contact entre matériaux hétérogènes : Application au contact Aube/Disque

NATURE : Doctorat Numéro d’ordre :2015-ISAL-0120

École doctorale : MEGA

Spécialité : Mécanique - Génie Mécanique - Génie Civil

Cote B.I.U. - Lyon : T 50/210/19 / et bis CLASSE :

RÉSUMÉ :
Cette thèse s’intéresse à la problématique du contact entre matériaux hétérogènes. L’industrie (automobile,
aéronautique, spatiale, . . . ) s’intéresse de plus en plus à ces types de matériaux. Il s’agira par exemple des alliages
métalliques, des matériaux poreux, matériaux composites (composites tissés, interlocks 3D, interlocks 2D), des billes
céramiques contenant des impuretés (porosités/précipités),. . . Dans ce manuscrit, un modèle de contact basé sur les
méthodes semi-analytiques a été développé. Un algorithme de gradient conjugué est utilisé afin de résoudre rapidement
le problème de contact. Le modèle permet de prendre en compte la présence d’une ou de plusieurs hétérogénéités
isotropes/anisotropes dans le problème de contact. Une approche inspirée de la méthode de l’inclusion équivalente
proposée par Eshelby est utilisée dans le solveur de contact pour prendre en compte l’effet de ces hétérogénéités. Les
méthodes de transformées de Fourier rapides (FFT) permettent d’accélérer les calculs. Une méthode numérique a
été mise en œuvre afin de prendre en compte l’interaction entre plusieurs hétérogénéités. Le massif peut e élastique
ou viscoélastique. L’approche développée dans la thèse peut résoudre à la fois les problèmes d’indentation, de
roulement/glissement ou de fretting en présence de matériaux élastiques hétérogènes, viscoélastiques homogènes ou
hétérogènes. Les solutions sont données en termes de champs de pressions, de cisaillements et de contraintes. Dans
le cas des matériaux viscoélastiques le code de calcul est capable de fournir le coefficient de frottement apparent
ainsi que toutes les variables de contact aussi bien en régime permanent que transitoire. Le modèle a été validé
par comparaison avec la méthode des éléments finis classiques en utilisant le logiciel commercial Abaqus v6.11.
Le temps de calcul ainsi que l’espace mémoire nécessaire sont considérablement réduits par rapport à la méthode
éléments finis. La parallélisation a été introduite dans le code de contact afin de réduire toujours plus le temps de
calcul. Il s’agit d’un code robuste, rapide et facilement utilisable en Bureau d’Etudes. Une approche expérimentale
originale a été mise en place afin de mesurer les champs de déplacements à l’interface des corps en contact. De bonnes
corrélations essais/calculs ont été obtenues. Enfin quelques applications industrielles ont été présentées. Un cou-
plage entre un code éléments finis structurel et le code semi-analytique de résolution de contact a été également réalisé.

MOTS-CLéS : contact, fretting, semi-analytique, matériaux hétérogènes, composites tissés, viscoélasticité, anisotropie,
approche multi-échelle, couplage de code, parallélisation

Laboratoire(s) de recherche : Laboratoire de Mécanique des Contacts et des Structures


UMR CNRS 5259 - INSA de Lyon
20, avenue Albert Einstein
69621 Villeurbanne Cedex FRANCE
Directeur de thèse : Monsieur le Professeur Daniel Nélias

Président du jury : David HILLS

Composition du jury : Giuseppe CARBONE Philippe BOISSE


Sylvie POMMIER Frédéric FEYEL
Stéphane BERBENNI Daniel NELIAS
David HILLS

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