Modélisation & Simulation FSW
Modélisation & Simulation FSW
: BM7764 V3
Modélisation numérique
Date de publication :
10 mai 2021
du procédé de soudage
Date de dernière validation :
par friction-malaxage
06 juillet 2021
Mots-clés Résumé Les procédés de soudage induisent des changements de microstructure, des
éléments finis | FSW | contraintes résiduelles et des distorsions qui peuvent jouer un rôle majeur sur le
simulation numérique |
Alliages aluminium | comportement en service ou l'opération de soudage elle-même. Lors d’une opération
Assemblage de matéiriaux | de soudage par friction-malaxage (FSW), ces phénomènes proviennent principalement
Soudure | Ecoulements
thermomécaniques du malaxage et des gradients de température. Dans cet article, les principaux
phénomènes physiques et leurs interactions sont décrits. L'objectif est de faire un point
sur la simulation numérique de ces phénomènes au moyen de la méthode des éléments
finis qui est l'une des techniques les plus adaptées pour résoudre ce genre de problème
multi-physique.
Keywords Abstract Welding processes induce micro-structural changes, residual stresses and
finite elements | FSW | distortions, which play a major role on the in-service behavior or on the welding operation
numerical simulation |
aluminium alloys | assembly itself. Such phenomena mainly come from material stirring and temperature gradients
process | welding | happening during Friction Stir Welding (FSW). In this article, the main physical
thermomechanical flows
phenomena and their interactions are described with the associated modeling. The
objective is to make an overview on the numerical simulation of such phenomena by
means of the well known finite element method which is one of the most popular
technique to solve this kind of multi-physical problem.
Par mail :
[Link]@[Link]
Par téléphone :
00 33 (0)1 53 35 20 20 © Techniques de l'Ingénieur | Tous droits réservés
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Évolution de la
microstructure
Température
Température
Comportement
Écoulement Transferts
mécanique
de matière de chaleur
Dissipation
Température Distorsions
et contraintes
résiduelles
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Pour l’étude du malaxage, la loi de Johnson-Cook peut être R et T correspondent respectivement à la constante des gaz parfaits
utilisée : et à la température absolue. Cette loi est très intéressante lorsque
de forts gradients de vitesse et de température sont présents.
( ( )n ) ⎜⎝1+ C ln ⎜⎝ εε
⎛ ⎛ p ⎞⎞ ⎛ ⎛ T − T0 ⎞
m⎞
σ = A + B εp ⎟ ⎟ ⎜ 1 − ⎜⎝ T ⎟ ⎟ (2)
1.1.2 Transferts de chaleur
0 ⎠⎠ ⎜⎝ fusion − T0 ⎠ ⎟⎠
Le procédé FSW ne fait appel à aucune source de chaleur exté-
avec T température, rieure. La dissipation issue du malaxage du matériau et de son frot-
s contrainte, tement sur l’outil suffit à provoquer une élévation de température à
l’échelle macroscopique, permettant la formation de la soudure à
ep déformation plastique. l’état solide. En général, les températures atteintes ne dépassent
guère 80 % de la température absolue de fusion du métal de base
A, B, C, m et n sont les paramètres du modèle correspondants à la à souder. La figure 3 [3] présente schématiquement les transferts
température de référence T0 et à déformation de référence e0. de chaleur induits par le procédé dans le plan de la soudure.
Cette loi est couramment employée pour la simulation des procé- Les transferts de chaleur sont gouvernés par :
dés de fabrication mettant en jeu de hautes vitesses de déforma-
tion. Elle nécessite de connaı̂tre la déformation de la matière au dT
cours de la simulation. div ( λ gradT ) + φ = ρ c (9)
dt
Une approche plus simple à mettre en œuvre consiste à modéli-
ser l’écoulement pâteux au voisinage du pion à l’aide d’une loi du avec t temps,
type rigide-visqueuse sous la forme :
c capacité thermique massique,
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
D=
1
2
(
grad (v ) + gradT (v ) ) (4) φ = αdissipation S : D s (10)
La viscosité peut être définie de différentes façons. L’approche la avec adissipation coefficient de Taylor-Quinney compris entre 0
plus simple consiste à supposer que les contraintes ne présentent à 1 lorsque la puissance mécanique n’est pas
aucune sensibilité à la déformation atteinte au travers d’une loi de intégralement dissipée sous forme de cha-
type Norton-Hoff. Cette loi de comportement est très souvent leur [4].
employée pour modéliser les procédés de mise en forme à chaud.
Elle fait intervenir la consistance K du matériau, ainsi que la sensi- L’élévation de température peut également provenir de la dissipa-
bilité m de la contrainte à la vitesse de déformation : tion mécanique à l’interface avec l’épaulement et le pion. Cette
condition aux limites est traitée au paragraphe 1.1.3.
( )
m −1
η=K 3D (5) Les cinétiques thermiques vécues par le matériau au voisinage
de l’outil peuvent entraı̂ner des modifications microstructurales
avec D vitesse de déformation viscoplastique équiva- s’accompagnant d’effets de chaleur latente plus ou moins impor-
lente définie par : tants. Par exemple, cela peut se produire pour des transforma-
tions de phase à l’état solide dans les aciers dont la soudabilité
par FSW fait actuellement l’objet de nombreuses recherches. La
2 s prise en compte de ces effets dans la simulation est présentée au
D= D : Ds (6)
3 paragraphe 2.2.
Les paramètres de cette loi sont les constantes A, Q, a et n. Figure 3 – Transferts de chaleur au cours du soudage FSW [3]
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
1.1.3 Conditions aux limites & Concernant les transferts de chaleur, les échanges thermiques
entre les tôles soudées et l’air environnant sont modélisés à partir
Pour les conditions aux limites, il est nécessaire de distinguer les d’un coefficient d’échange par convection Hext :
différentes surfaces sur lesquelles elles doivent être définies :
– la zone de contact outil-matière, q = Hext (Text − T ) (15)
– l’interface entre les tôles et le support de soudage,
– les faces des tôles en contact avec l’air environnant. avec Text température du milieu environnant,
& La modélisation du contact mécanique outil-matière constitue
q flux surfacique de chaleur reçu.
très certainement une des parties les plus complexes de la modéli-
sation. Différents modèles peuvent être mis en œuvre comme, par
De la même manière, la modélisation du contact thermique entre
exemple, une loi de type Coulomb :
les tôles et le support de soudage se fait à partir d’un coefficient
τ = μ σn (11) d’échange Hcontact :
Figure 4 – Surface de contact entre l’outil et la matière [6] Figure 5 – Conditions aux limites thermiques
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
rentiel lié à la vitesse de soudage voutil. Il est bien clair que l’hypo- fixe contenant le volume qui peut potentiellement être occupé par
thèse d’établissement d’un régime stationnaire repose sur le fait la matière. Le maillage Lagrangien de l’outil tourne en étant
que l’outil présente une géométrie de révolution ou du moins sa immergé à l’intérieur de la grille de calcul. Cette approche permet
représentation numérique puisqu’on a vu précédemment qu’il d’étudier le mélange de matière en 2D dans le plan des tôles pour
était possible de tenir compte d’un pas de filet sans représenter ce un soudage bout à bout. Malheureusement, aucun résultat probant
dernier. n’a été exposé à ce jour en 3D en couplant l’écoulement matériel
aux transferts de chaleur.
Pour déterminer le champ de température pendant la phase de
Une autre manière d’éviter les distorsions du maillage de calcul
soudage, il suffit alors de modéliser le procédé en se plaçant dans
est d’imposer des mouvements de corps rigide en le partitionnant
le référentiel lié à la vitesse de soudage voutil. C’est la raison pour
en trois zones comme le montre la figure 6 [12].
laquelle, les modèles se basent très souvent sur un formalisme
eulérien. Cela permet de simplifier considérablement les simula- – La zone 1 intègre une partie du malaxage au voisinage du pion
tions en s’affranchissant de l’analyse du régime transitoire coûteux et elle tourne avec la même vitesse de rotation angulaire w que
en temps de calcul. Dans ce nouveau référentiel, la matière se celle de l’outil. Dans ce cas, v t = v − ω ∧ r où r représente le vec-
déplace sous l’outil et les problèmes mécanique et thermique sont teur position du point considéré par rapport à l’axe de rotation de
alors régis respectivement par les équations suivantes : l’outil [7] [8].
– La zone 2 contient le reste de la zone de malaxage et elle est
∂v
div ( σ ) + ρ g = ρ + ρ grad (v )v t (21) fixe dans le référentiel lié à la vitesse de soudage. De fait, la vitesse
∂t de convection est telle que vt = v.
– La zone 3 se trouve en périphérie de la zone de malaxage. Il
n’est donc pas nécessaire de réaliser une analyse mécanique dans
cette partie du domaine de calcul puisque la vitesse de convection
∂T est égale à l’opposé de la vitesse de soudage : vt = v = - vsoudage.
div ( λgradT ) + φ = ρ c + ρ c grad (T ) ⋅ v t (22)
∂t
Durant la simulation, la continuité de la température et de la
vitesse doit être assurée à l’interface entre les différentes zones.
Bien évidemment, lorsque l’outil présente une géométrie de révo-
avec vt vitesse de transport (§ 1.2.2). lution, la zone 1 reste fixe et vt = v. Cette approche est disponible
Épaulement Pion
Conservation
Face d’entrée
du débit de matière
ω
3 1
2
a perspective b plan
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
dans le code de calcul Sysweld© et peut être facilement mise en consiste à définir une chaleur spécifique équivalente comme son
œuvre à l’aide d’un code CFD (Computational Fluid Dynamics) nom l’indique de la façon suivante :
comme Fluent©.
dH
ceq = (27)
1.2.3 Traitement numérique du problème dT
thermique
ceq est en fait la capacité thermique massique, corrigée dans l’inter-
Pour les matériaux présentant des transformations microstructu- valle de transformation de façon à intégrer la chaleur latente de
rales significatives à l’état solide, la simulation doit tenir compte changement d’état. Elle permet d’exprimer le problème à résoudre
des éventuels effets de chaleur latente associés. Dans le cas de la de façon habituelle :
formation d’une nouvelle phase, il existe plusieurs approches pos-
sibles [9] [10]. La première consiste à introduire la chaleur latente dT
de transformation rL comme un terme source dans l’équation de div ( λgradT ) + φ = ρceq (28)
la chaleur sous la forme : dt
lutif. L’analyse thermique est réalisée sur l’ensemble du domaine ceq ≈ (29)
d’étude sans se préoccuper de la position de chacune des phases. Tt + Δt − Tt
Toutefois, la précision des résultats dépend fortement du maillage.
Une autre approche consiste à partir de la définition de l’enthalpie : Dans le cas d’une simulation de soudage dans le référentiel lié à
la source de soudage, il n’est pas possible d’employer ce type
T d’approche. En effet, le temps n’apparaı̂t pas explicitement en
ρ H = ρ L (1 − p ) + ∫ ρ c dτ (24) régime permanent. La technique la plus simple consiste à formuler
Tref le problème en enthalpie de la manière suivante :
La figure 7 présente une évolution typique de l’enthalpie dans le La formulation intégrale faible nécessaire à l’application des élé-
cas d’une transformation anisotherme. Le taux de variation de ments finis est obtenue en multipliant cette relation par un champ
l’enthalpie s’écrit : test, puis en intégrant sur tout le domaine d’étude et enfin en appli-
quant le théorème de la divergence. Il existe plusieurs types d’élé-
dH dp dT ments finis pour traiter ce problème, mais les plus simples sont cer-
ρ = − ρL + ρc (25)
dt dt dt tainement les éléments finis à interpolation linéaire. Le champ
discret des températures T h est alors continu. La formulation faible
Le problème aux dérivées partielles régissant les transferts de discrétisée correspondante s’écrit de la manière suivante.
chaleur peut alors être reformulé à partir de l’enthalpie de la
Quel que soit le champ test θh :
manière suivante :
ϕh = θh + ξ grad θh ⋅ v ( ) (32)
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
beaucoup plus importantes que la déformation volumique au voisi- Pour la simulation de l’écoulement matériel et le traitement du
nage de l’outil FSW. Par conséquent, l’écoulement est « quasi phénomène de verrouillage, il existe d’autres approches comme
incompressible ». Dans ce cas, la discrétisation à mettre en œuvre les techniques de sous-grille, mais le traitement numérique est
doit être choisie de manière judicieuse pour ne pas faire apparaı̂tre beaucoup plus complexe. À l’heure actuelle, les codes de calcul
de phénomène de verrouillage (locking) se traduisant par une solu- industriels se basent essentiellement sur les techniques d’intégra-
tion non réaliste. D’un point de vue mathématique, cela peut tion réduite ou sur les éléments finis mixtes (par exemple, Sys-
s’expliquer par le fait que le champ des déplacements ou des vites- weld© ou FORGE©).
ses doit être suffisamment « riche » pour satisfaire à la fois les
équations éléments finis issues du bilan de quantité de mouve-
ment (22) et celles portant sur l’incompressibilité plastique. Depuis 1.2.5 Résolution du problème couplé
le début des années 60, beaucoup de travaux ont été consacrés à ce
problème. Il est possible d’utiliser des méthodes de projection Dans le cas où les cinétiques thermiques sont obtenues en simu-
décrites dans [13]. La méthode de pénalisation peut également lant l’écoulement matériel, l’analyse thermique et l’analyse méca-
être employée, mais elle nécessite la mise en œuvre de techniques nique doivent être menées conjointement du fait du couplage ther-
numériques du type intégration réduite ou sélective [14] [15]. momécanique fort qu’implique le soudage FSW. En effet, la
Le principe est d’avoir moins de valeur de pression à calculer que dissipation mécanique, les phénomènes de transport convectif et
d’inconnues cinématiques. Par exemple, pour les éléments hexaé- la thermo-dépendance du comportement mécanique impliquent
driques de type Q1, l’intégration numérique standard se fait avec un couplage physique fort nécessitant la mise en œuvre de métho-
8 points. L’intégration réduite consiste à calculer la pression au cen- des numériques spécifiques.
tre de l’élément et non pas aux 8 points. La pression est alors
considérée comme étant constante dans tout l’élément. Il existe À chaque instant de calcul, l’application de la méthode des élé-
des variantes comme la méthode B-bar où la pression est définie ments finis mixtes au problème thermomécanique conduit à résou-
comme étant la moyenne des valeurs calculées aux 8 points. dre un système d’équations non linéaires du type :
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
b
3 Cette méthode permet de prendre en compte les termes de cou-
1 ξ
plage dans l’opérateur tangent. Le processus itératif associé à une
0 1 méthode directe de résolution converge a priori plus rapidement en
nombre d’itérations qu’une approche indirecte qui consisterait à
résoudre successivement le problème thermique puis le problème
2 mécanique à chaque itération. Cependant, le grand avantage de la
vitesse méthode indirecte est que les deux problèmes physiques peuvent
1 utiliser des maillages différents. Il est alors bien sûr nécessaire de
pression
η
disposer d’un algorithme de transport des quantités physiques
d’un maillage vers un autre mais la résolution de chaque problème
Figure 8 – Tétraèdre P1+/P1 de référence [19] peut s’appuyer sur des méthodes numériques différentes.
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
z
Dans la littérature, il existe peu de données concernant la consis-
A A
tance K et la sensibilité m à la vitesse de déformation intervenant
dans l’expression de la loi de Norton-Hoff sur la plage de tempéra-
y 1 mm
ture que fait intervenir le soudage FSW. Pour l’alliage 7075, Jin et
B al. présentent l’évolution de la contrainte d’écoulement lors
d’essais de compression pour des vitesses de déformation allant
a vue de dessus de 0,001 s-1 à 2 100 s-1 et des températures comprises entre 23 C
et 470 C (figure 13) [21].
y
Pour cet exemple, la consistance et la sensibilité ont été détermi-
Direction
nées à partir des valeurs de la figure 13 [21] en employant une
x du soudage
interpolation linéaire pour leur évolution en fonction de la
S température.
La partie surfacique du maillage est présentée sur la figure 14.
Bandes Le coefficient d’échange Hext est de 30 W.m-2.K-1 pour les échan-
ges avec l’air (20 C). Pour les échanges avec le support de sou-
1 mm dage, la valeur de Hcontact dépend de la température, de la pression
de contact, de la nature des matériaux en contact et de bien
b coupe AA (xy)
d’autres paramètres tels que les états de surface. C’est la raison
Onion ring : cf. § 2.1 pour laquelle, la littérature portant sur ce sujet fait apparaı̂tre une
très large gamme de valeurs. Pour l’exemple proposé, Hcontact est
Figure 9 – Analyse du malaxage de la matière en soudage bout à bout pris égal à 350 W.m-2.K-1. Pour la modélisation numérique du
pour une vitesse d’avance de 600 mm/min [20] contact thermique tôle-support, le support est modélisé. Les
Proportion du
Déformation
matériau soudé
30 1,0
27 0,9
24 0,8
21 0,7
18 Pion trigone 0,6 Pion trigone
15 0,5
12 0,4
9 0,3
6 0,2
3 0,1
0 0,0
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
500 μm 500 μm
Bloc
500 μm 500 μm
500 μm
e 600 mm/min
Figure 11 – Impact de la vitesse d’avance sur le malaxage de la matière dans le plan A-A repéré sur la figure 9 [20]
150 mm
150 mm
Sens
de l’écoulement
stationnaire
550 mm
300 mm
figures 15 et 16 présentent les températures obtenues pour une Comme le montre la figure 17, les élévations de température
contrainte tangentielle t = 50 MPa à l’interface outil-tôle, une dans le support de soudage sont relativement faibles puisque la
vitesse d’avance de l’outil voutil = 500 mm/min et une vitesse de température maximale atteinte est de l’ordre de 34 C. Plusieurs
rotation de l’outil w = 1 100 tr/min. Cette configuration de soudage points peuvent expliquer cette faible montée en température. En
conduit à une température maximale de 465 C à l’arrière du pion. particulier, la valeur de Hcontact est considérée constante et relative-
Cette température ne dépasse pas la température de fusion de ment faible ; or, elle dépend de nombreux paramètres qui ne sont
l’alliage qui est supérieure à 500 C. Par conséquent, la soudure pas pris en compte (température, pression de contact, etc.). Par ail-
est bien réalisée à l’état solide. leurs, la figure 18 fait apparaı̂tre le caractère asymétrique du
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
800 800
600 600
200 ºC
500 10–3 s–1 500
400 400
0 0
0 100 200 300 400 500 10–4 10–3 10–2 10–1 1 10 102 103 104
Température (ºC) Vitesse de déformation (s–1)
Déformation : 0,1 Déformation : 0,1
a b
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Figure 13 – Évolution de la contrainte d’écoulement en fonction de la température et de la vitesse de déformation pour un alliage de type 7075 [21]
Température
(ºC)
0
50
100
150
200
250
300
350
z 400
x y 450
1 500
z
y
z x
x y
τ = 50 MPa
νoutil = 500 mm/min
ω = 1 100 tr/min
Figure 14 – Maillage
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Écoulement
Température
(ºC)
0
50
100
150
200
250
300
350
400
450
500
y
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
z x
z
y ω = 1 100 tr/min
0 x
τ = 50 MPa
νoutil = 500 mm/min
ω = 1 100 tr/min Figure 18 – Lignes de courant au voisinage du pion dans le plan
de l’épaulement
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
15
10
12,5
7
15 14
0 21
10 17,5
79
Direction
du soudage
Acier
Support en aluminium
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
250 1 1
K m
200 0,8
0,8
150 0,6
K m
100 0,4 0,6
Erreur ε
50 0,2
0,4
0 0
0 200 400 600
Température (ºC)
0,2
Figure 20 – Évolution des paramètres de la loi de Norton-Hoff [22] Instationnaire
Optimisé
pour une vitesse de rotation de 800 tr/min et une vitesse d’avance 0
de 550 mm/min. Il s’agit d’une soudure dite froide qui a la caracté- 0 1 2 3 4 5 6 7 8
ristique de ne pas laisser le temps à la matière de trop s’échauffer t (s)
en périphérie de la zone de malaxage. La figure 26 [22] présente
une qualité de résultat aussi satisfaisante dans le cas d’une sou- Figure 22 – Évolution de l’erreur en fonction du temps de soudage
dure dite chaude pour une vitesse de rotation de 600 tr/min et une simulé [22]
Outil
Ω1
Ω2
Ω2
Ω1
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
620
560 – la famille des alliages à durcissement structural comprenant les
500 alliages des séries 2000 (Al-Cu), 6000 (Al-Mg-Si) et 7000 (Al-Zn-Mg)
440 dont le durcissement peut être obtenu par précipitation.
380
320 Ces derniers alliages sont couramment utilisés dans le secteur
260 aéronautique et constituent actuellement une part importante des
200 études de soudabilité par FSW. Leur durcissement structural peut
140 conduire à de bonnes caractéristiques mécaniques puisque la
80 limite d’élasticité peut atteindre, par exemple, 400 MPa pour un
20 alliage de la série 2000 à 4 % de cuivre [23]. Ce durcissement est
obtenu à partir d’une trempe suivie d’une phase de maturation à
x
température ambiante et d’un revenu à environ 200 C pour accélé-
x
rer et contrôler le vieillissement.
y En reprenant l’exemple de l’alliage à 4 % de cuivre de la série
2000 subissant le traitement présenté sur la figure 28 [23], une
mise en solution des éléments d’alliage est tout d’abord réalisée à
b vue de dessus environ 540 C. Une trempe permet ensuite de conserver à la tem-
pérature ambiante, la structure existant à chaud en évitant le
Figure 23 – Champ de température simulée de la zone de malaxage « nez » du diagramme TTT (temps – température – transformation).
par un outil à 800 tr/min et 500 mm/min [22]
Contrairement à ce que pourrait laisser croire le diagramme de
phase de la figure 29 [23], la solution sursaturée n’évolue pas sim-
plement vers un mélange de phases stables a et θ (Al2Cu). En réa-
lité, l’état métastable obtenu évolue en 4 étapes vers une structure
TC1 TC5
plus stable au cours de la maturation en chassant les éléments
Direction TC2 TC6 d’alliages de la solution solide sursaturée sous forme de précipités
de soudage SS :
TC3 TC7
TC4 TC8 Trempe → maturation → revenu → surrevenu → recuit
TC : thermocouple α → α + zones GP → α + θ ′′ → α + θ ′ → α + θ ( Al2Cu)
Figure 24 – Positionnement des thermocouples [22] Tout d’abord, des zones de Guinier-Preston (zones GP) apparais-
sent dans la solution sursaturée de façon cohérente avec la
vitesse d’avance de 250 mm/min. La figure 27 montre clairement la matrice. La décomposition de la solution solide s’accentue ensuite
différence entre les champs de température obtenus dans les 2 cas par la dissolution des zones GP et la formation de particules θ ′′ tou-
de soudage. jours cohérentes. Cet état correspond au pic de vieillissement
(figure 29) [23]. Par la suite, des précipités de type θ ′ apparaissent
avant de laisser place à la phase d’équilibre θ (Al2Cu).
À retenir
Cette séquence de précipitation influe fortement sur le comporte-
L’approche CEL 2D permet d’étudier l’influence de la géométrie ment mécanique de l’alliage et, en particulier, sur la limite d’élasti-
d’un pion de soudage sur le malaxage de la matière avec des cité qui atteint son maximum à l’état vieilli a + θ ′′ (figure 30 [26]).
temps de calcul relativement faibles Le revenu permet d’accélérer et de contrôler le vieillissement après
La simulation 3D par éléments finis (FEM) a la capacité à repré- la trempe et la phase de maturation pour atteindre le pic de
senter l’évolution de la température pendant la phase de sou- vieillissement.
dage en fonction de la géométrie du pion et des vitesses
Concernant les alliages de la série 6000 quasi-binaire Al-Mg2Si, la
d’avance et de rotation
séquence d’évolution est similaire [24] :
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
300 300
TC1-moy TC2-moy
TC5-moy TC6-moy
250 250
TC1-num TC2-num
TC5-num TC6-num
Température (ºC)
Température (ºC)
200 200
150 150
100 100
50 50
0 0
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
Temps (s) Temps (s)
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
a b
300 300
TC3-moy TC4-moy
TC7-moy TC8-moy
250 250
TC3-num TC4-num
TC7-num TC8-num
Température (ºC)
Température (ºC)
200 200
150 150
100 100
50 50
0 0
0 10 20 30 40 0 10 20 30 40
Temps (s) Temps (s)
c d
Figure 25 – Comparaison des cinétiques simulées et des cinétiques mesurées pour un outil à 800 tr/min et 550 mm/min [22]
α → α + zones GP → α + β ′′ → α + β ′ → α + β (Mg2Si) – une zone affectée thermiquement (ZAT) qui ne présente que de
faibles transformations microstructurales. Les déformations méca-
niques y sont très faibles,
Néanmoins, pour les alliages de type 6000 contenant du cuivre
– une zone affectée thermomécaniquement (ZATM) qui a subi
et/ou à excès de silicium, des phases supplémentaires peuvent par-
des déformations mécaniques d’un niveau bien plus important
fois apparaı̂tre comme la phase Q pour le 6056 dont la composition
que dans la ZAT (désorientation importante de la microstructure).
chimique est encore sujette à controverse. La séquence de précipi-
La température y a été suffisamment élevée pour entraı̂ner des
tation s’en trouve modifiée [25] :
modifications microstructurales de façon significative,
α → α + zones GP → α + β ′′ → α + β ′ et /ou Q → α + β et /ou Q – le noyau qui est une zone de forme elliptique dans laquelle
apparaı̂t une microstructure allongée en bande concentrique
(onion rings). Les déformations y sont maximales et la frontière
2.1.2 Étude du soudage
entre le noyau et la ZATM est facilement identifiable.
Pour le soudage par friction-malaxage, le joint soudé d’un alliage
La microstructure du joint soudé a fait l’objet de nombreuses
d’aluminium présente 4 zones distinctes comme le montre la
études dans la littérature. Ces travaux portent essentiellement sur
figure 31 [26] pour un alliage de type 2024 :
l’état de la recristallisation et sur les mécanismes de précipitation.
– le métal de base qui correspond à la partie de la pièce où la Tous ces mécanismes sont étroitement liés au profil de dureté du
température a été suffisamment faible pour ne pas entraı̂ner de matériau au travers du joint soudé. Des profils typiques de dureté
changements significatifs de la microstructure, sont représentés sur la figure 32 [27].
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
350 350
TC1-moy TC2-moy
300 TC5-moy 300 TC6-moy
TC1-num TC2-num
250 TC5-num 250 TC6-num
Température (ºC)
Température (ºC)
200 200
150 150
100 100
50 50
0 0
20 30 40 50 60 20 30 40 50 60
Temps (s) Temps (s)
a b
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
350 350
TC3-moy TC4-moy
300 TC7-moy 300 TC8-moy
TC3-num TC4-num
250 TC7-num 250 TC8-num
Température (ºC)
Température (ºC)
200 200
150 150
100 100
50 50
0 0
20 30 40 50 60 20 30 40 50 60
Temps (s) Temps (s)
c d
Figure 26 – Comparaison des cinétiques simulées et des cinétiques mesurées pour un outil à 600 tr/min et 250 mm/min [22]
Température (ºC)
320
290
260
230
200
170
140
110
80
50
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Limite d'élasticité
α sursaturée mesurée à la température
α stable ambiante (MPa)
Pic
500 Sous-vieilli de vieillissement Survieilli
400 500
α saturée + CuAl2 (θ)
1 99
Température (ºC)
400
300 θ α sursaturée θ”
θ’
θ” 300 Zones GP
200 Zones GP θ’
200
θ
100 100
≈ 130 MPa
0
0 1 10 100 1 000
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
10–4 10–3 10–2 10–1 1 101 102 103 104 Temps de vieillissement à 150 ºC (h)
Temps (h)
GP : Guinier Preston
Figure 30 – Évolution de la limite d’élasticité de l’alliage d’aluminium
à 4 % de cuivre pendant un revenu à 150 C [26]
Figure 28 – Diagramme TTT pour un alliage à 4 % de cuivre sur lequel
est schématisé le traitement de durcissement structural [23]
700
L
600
θ 100 50 μm 100
500 1 cm
Température (ºC)
400
300 α+θ θ
(Al2Cu)
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
série 2000 [29]. Ce modèle est basé sur les travaux de Montheillet
et Gourdet sur la recristallisation dynamique continue [30] [31]. Le
principe repose sur une description de l’évolution de la densité de
c dislocations lors de la déformation à partir de la loi de Lassraoui-
Jonas. Ce modèle a été étendu au cas de la recristallisation statique
que Sarrazin modélise à partir d’une cinétique de Johnson-Mehl-
Avrami pour le soudage d’alliages de la série 5000 en écrivant [24] :
b
1 ⎡Q + nQd ⎛ 1 1 ⎞ ⎤
t * = tr* exp ⎢ s − ⎥ (40)
⎢⎣ R ⎝⎜ Tr T ⎠⎟ ⎦⎥
0,8
avec Qs enthalpie molaire du solvus métastable,
0,6 Qd énergie d’activation molaire de diffusion de
Mg dans les alliages d’aluminium,
tr* temps maximal pour dissoudre tous les préci-
0,4
pités à la température Tr
n constante positive (inférieure à 0,5).
0,2
Cette cinétique englobe la précipitation des b′′ en d’autres préci-
0 pités b′ non durcissants et la dissolution de ces derniers. La fraction
0 0,5 1 1,5 2 2,5 3 t/τ dissoute peut alors être reliée à la dureté Vickers HV de l’alliage par
une expression linéaire de la forme :
n = 0,7 n=1 n = 3/2 n = 5/2
HV − HVmin
Figure 33 – Cinétique de Johnson-Mehl-Avrami [28] xd (t ) = (41)
HVmax − HVmin
les transformations microstructurales sont nécessairement décrites
avec HVmin et HVmax duretés du métal de base et de l’alliage en
de façon phénoménologique et les cinétiques expérimentales de
l’absence de précipités.
changement de phases, en particulier pour les aciers, sont très sou-
vent représentées par une cinétique isotherme de Johnson-Mehl-
La figure 34 [4] montre l’évolution du profil de dureté obtenu au
Avrami (figure 33) [28] :
travers du joint soudé par Russel et al. Les résultats sont relative-
( )
ment satisfaisants dans la ZAT.
y (t ) = Y 1 − e − (t / τ )
n
(37)
Cependant, cette technique se limite à cette zone car, dans le
noyau, cette modélisation ne reflète pas la « remontée » de la
avec t et n paramètres de la cinétique de changement de dureté. En effet, il est indispensable de tenir compte d’autres phé-
phase, à la température considérée, nomènes tels que le grossissement des grains, la maturation ou la
recristallisation. Néanmoins, ce type de modélisation peut donner
y proportion volumique de phase transformée, une idée de la tendance concernant la chute de dureté dans le
Y proportion de phase maximale pouvant être joint soudé.
transformée. En se basant sur les travaux de Bertrand et al. [33] sur le soudage
dissimilaire d’un alliage 2139 avec un second alliage de type 7020,
Pour le soudage par FSW d’alliages d’aluminium, il se produit le point de plus faible dureté en ZAT peut également être repéré en
une séquence de précipitation complexe et une recristallisation considérant qu’il s’agit de la zone ayant atteint une température
dynamique importante dans le noyau. Heurtier présente un modèle maximale comprise entre 225 C et 260 C pendant un temps rela-
de recristallisation pour un alliage à durcissement structural de la tivement court côté 7020 comme le montre la figure 35 [34].
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
2.2 Modélisation des conséquences qui intègre des conditions de contact outil/matière périodiques,
Tongne et al. [35] ont montré qu’il est possible de simuler la forma-
mécaniques induites tion des onion rings et de prédire l’apparition éventuelle de défauts
lors de la phase de soudage. Cette approche présente l’avantage
Du point de vue mécanique, un bon malaxage est un critère
d’être simple et rapide à mettre en œuvre.
important pour la qualification des soudures FSW. En effet, un
mauvais malaxage risque de conduire à la formation de défauts et
par conséquent, à un comportement mécanique non satisfaisant.
500
L’analyse des onion rings est un bon indicateur de la qualité de 450
l’opération de soudage. Ils résultent directement de la vitesse de 400
déformation vécue par la matière (figure 36) [35] et donc, du mala- 350
xage. En mettant en œuvre une modélisation mécanique analytique 300
250
200
HV Mesures 150
160 100
50
140
a taux de déformation maximal calculé
120
100
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Modèle
80
RS AS
60
40
20
1 mm
–50 –40 –30 –20 –10 0 10 20 30 40 50
b coupe transversale du joint soudé
Distance par rapport au centre du joint (mm)
Isotherme 260 ºC
Simulation numérique Axe du joint Isotherme 200 ºC
champ de températures
~11 mm
~14 mm
Caractérisation expérimentale
- Microdureté
4
2139 7020
(AS) 2 (RS)
–5 0 5 10 15
- Rupture en traction
Déformation
plastique ~7%
5 mm
Figure 35 – Localisation de la zone de plus faible dureté en ZAT pour une soudure FSW dissimilaire [34]
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Concernant les distorsions et les contraintes résiduelles, elles « selle de cheval ». Elles tendent à diminuer lorsque l’épaisseur des
proviennent de l’évolution fortement non homogène de la masse tôles augmente, au détriment d’une augmentation des contraintes
volumique qui s’explique principalement par : résiduelles.
– la dilatation thermique, Concernant les contraintes résiduelles, les faibles niveaux de
– la variation éventuelle de la compacité des constituants en température atteints semblent conduire à des valeurs relativement
présence. basses comparativement aux procédés par fusion. De plus, il appa-
raı̂t que les contraintes résiduelles maximales se situent dans la
Le second phénomène est couramment négligé pour modéliser direction longitudinale et ne dépassent guère 50 % de la limite
le soudage des alliages d’aluminium en supposant que la masse d’élasticité du matériau de base. Elles peuvent tout de même être
volumique est exclusivement thermo dépendante. Ce n’est pas le suffisamment élevées pour affecter la tenue à la fatigue du joint
cas pour les aciers. Pour un acier fer-carbone, la structure cristalline soudé.
de la phase a est cubique centrée alors que celle de la phase g est
cubique à face centrée. Par conséquent, la masse volumique peut Concernant la modélisation, les principales difficultés résident
présenter des variations qui dépendent des phases métallurgiques dans la détermination des conditions aux limites à considérer
présentes à chaque instant dans les différentes zones de la soudure ainsi que sur le choix de la loi de comportement mécanique à
et dont les proportions résultent de l’histoire thermique vécue adopter pour simuler au mieux la formation des contraintes rési-
(figure 37). duelles après soudage. Plusieurs lois de comportement peuvent
être mises en œuvre comme un simple modèle élasto-plastique à
Les effets mécaniques résiduels peuvent être accentués par les écrouissage cinématique ou élastoviscoplastique [36]. Des modèles
conditions de bridage empêchant la déformation des éléments sou- plus élaborés de type élastoviscoplastique dit bicouche [37] peu-
dés lors du retrait thermique au refroidissement. Les distorsions vent également être utilisés. L’intérêt d’une loi de comportement
typiquement rencontrées pour le soudage « bout à bout » de tôles dite bicouche réside dans sa capacité à traiter la phase pâteuse
minces sont schématisées sur la figure 38. Dans la configuration ainsi que la phase solide. Pour les alliages d’aluminium à durcisse-
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
bout à bout, les contractions longitudinales et transversales pro- ment structural, on peut également intégrer un couplage entre le
viennent principalement du retrait thermique lors du refroidisse- comportement mécanique et l’état microstructural au travers de la
ment de la zone de malaxage. Sous un effet de grands déplace- limite d’élasticité comme suit :
ments, les distorsions peuvent induire une géométrie en forme de
y
σ y = σmin ( y
+ σmax y
− σmin )
(1− xd ) (42)
εth
avec sy limite d’élasticité effective,
y
0,015 σmin limite d’élasticité minimale lorsque l’ensemble
εth
α
des précipités se trouve en solution solide,
0,010 y
σmax limite d’élasticité maximale obtenue pour un
0,005 εth
γ
état de maturation.
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
12 11
32 51
72 92
113 132
153 172
193 212
233 252
273 292
313 333
353 373
393 413
433 433
250 clair que la simulation des états résiduels dans ce contexte consti-
tue, pour l’avenir, un enjeu très fort pour les secteurs de l’industrie
Contraintes résiduelles (MPa)
150
100 4. Glossaire
50
–100
Onion rings
–100 –75 –50 –25 0 25 50 75 100 Nom donné à la morphologie allongée en bande concentrique de
Distance au cordon de soudure suivant la direction y (mm)
la microstructure située dans le noyau d’un joint soudé par Friction
res res res
Stir Welding.
σxx σyy σzz
zone affectée thermiquement ZAT ; heat affected zone HAZ
x, y et z correspondent respectivement à la direction de soudage,
la direction transversale et la direction perpendiculaire au plan Nom donné à la zone proche d’un joint soudé dans laquelle ont
des tôles suivant l'épaisseur pu se produire des modifications microstructurales induites par les
échauffements locaux. Les déformations mécaniques y sont très
faibles.
Figure 40 – Évolution des contraintes résiduelles simulées
après soudage par friction-malaxage d’un alliage d’aluminium zone affectée thermomécaniquement ZATM ; thermomechani-
de type 7050 [36] cally affected zone TMAZ
Nom donné à la zone située entre le noyau et la ZAT d’un joint
fatigue ou étudier tout autre paramètre extrêmement utile au soudé par Friction Stir Welding. Les déformations mécaniques y
dimensionnement des structures. sont d’un niveau bien plus important que dans la ZAT. Une déso-
L’analyse de la soudure de matériaux différents est un problème rientation importante de la microstructure peut être observée dans
beaucoup plus difficile à appréhender. En effet, celle-ci nécessite la la ZATM.
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
P
O
U
Modélisation numérique du procédé R
de soudage par friction-malaxage
E
N
par Eric FEULVARCH
Professeur des universités
École nationale d’ingénieurs de Saint-Étienne, Saint-Étienne, France
S
A
Sources bibliographiques
V
[1] [22]
O
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
FEULVARCH (E.), BOITOUT (F.) et BERGHEAU ment Analysis of Heat Transfer Involving ROBE (H.), CLAUDIN (C.), BERGHEAU (J.-M.)
(J.M.). – Simulation thermo-mécanique du Phase Changes. Numerical Heat Transfer – et FEULVARCH (E.). – R-ALE simulation of
soudage par friction-malaxage. European Part B : Fundamentals, 51, 6, p. 585-610 heat transfer during friction stir welding of
Journal of Computational Mechanics, 16,
6-7, p. 865-887 (2007).
[11]
(2007).
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
O
U [33] BERTRAND (R.), ROBE (H.), TEXIER (D.), [35] TONGNE (A.), JAHAZI (M.), FEULVARCH (E.) [37] CONSTANTINESCOU (A.), CHARKALUK (E.),
ZEDAN (Y.), FEULVARCH (E.) et BOCHER (P.). et DESRAYAUD (C.). – Banded structures in LEDERER (G.) et VERGER (L.). – A computa-
R – Analysis of AA2XXX/AA7XXX friction stir
welds. Journal of Materials Processing Tech.
friction stir welded Al alloys. Journal of Ma-
terials Processing Technology, 221, p. 269-
tional approach to thermomechanical fati-
gue. International Journal of Fatigue, 26,
271, p. 312-324 (2019). 278 (2015). p. 805-818 (2004).
[34] ROBE (H.). – Apports à la compréhension du [36] BASTIER (A.), MAITOURNAM (M.H.), ROGER
soudage FSW hétérogène d’alliages d’alumi- (F.) et DANG (Van K.). – Modelling of the resi-
E nium par une approche expérimentale et nu-
mérique. PhD thesis, École Nationale d’Ingé-
nieurs de Saint-Étienne (2017).
dual state of friction stir welded plates. Jour-
nal of Materials Processing Technology, 200,
p. 25-37 (2008).
N À lire également dans nos bases
CAZES (R.). – Soudage par friction-mala- BERGHEAU (J.-M.). – Modélisation numé-
S xage. [BM 7 746] (2003). rique des procédés de soudage. [BM 7 758]
(2004).
O
Parution : mai 2021 - Dernière validation : juillet 2021 - Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
I
R
P
L
U
S
tiwekacontentpdf_bm7764 v3 Ce document a ete delivre pour le compte de 7200044384 - universite de bretagne sud // [Link]
Gagnez du temps et sécurisez vos projets
en utilisant une source actualisée et fiable
RÉDIGÉE ET VALIDÉE MISE À JOUR 100 % COMPATIBLE SERVICES INCLUS
PAR DES EXPERTS PERMANENTE SUR TOUS SUPPORTS DANS CHAQUE OFFRE
NUMÉRIQUES
Questions aux experts* Articles Découverte Dictionnaire technique multilingue Archives Info parution
Les meilleurs experts techniques La possibilité de consulter 45 000 termes en français, anglais, Technologies anciennes et versions Recevez par email toutes les nouveautés
et scientifiques vous répondent des articles en dehors de votre offre espagnol et allemand antérieures des articles de vos ressources documentaires
*Questions aux experts est un service réservé aux entreprises, non proposé dans les offres écoles, universités ou pour tout autre organisme de formation.
[Link]
CONTACT : Tél. : + 33 (0)1 53 35 20 20 - Fax : +33 (0)1 53 26 79 18 - E-mail : [Link]@[Link]