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Cours Metropolisation

Le document traite de la transition urbaine mondiale, marquée par une urbanisation croissante, surtout dans les pays du Sud, et l'émergence de métropoles qui concentrent des fonctions économiques et décisionnelles. Il souligne également les inégalités croissantes au sein des métropoles, exacerbées par la gentrification et l'étalement urbain, et propose des solutions pour un développement durable et une meilleure gouvernance. Enfin, il évoque l'importance de la participation citoyenne face aux défis urbains contemporains.

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Cours Metropolisation

Le document traite de la transition urbaine mondiale, marquée par une urbanisation croissante, surtout dans les pays du Sud, et l'émergence de métropoles qui concentrent des fonctions économiques et décisionnelles. Il souligne également les inégalités croissantes au sein des métropoles, exacerbées par la gentrification et l'étalement urbain, et propose des solutions pour un développement durable et une meilleure gouvernance. Enfin, il évoque l'importance de la participation citoyenne face aux défis urbains contemporains.

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Les villes à l’échelle mondiale : le poids croissant des métropoles.

Qu’est-ce que la transition urbaine et métropolitaine ?


Un monde de plus en plus urbain

► Une transition urbaine en cours. L’humanité a connu un tournant historique en 2007 :


pour la première fois, le nombre de personnes vivant en ville, les citadins, l’emporte sur celui
des personnes vivant à la campagne, les ruraux. Alors qu’un être humain sur dix seulement
vivait en ville en 1900, la population urbaine est aujourd’hui majoritaire. Principales sources
d’emploi, vues comme un gage de modernité et d’une vie meilleure, les villes sont très
attractives.

► Une urbanisation qui devrait se poursuivre. Selon les projections, l’essentiel de la


croissance démographique à venir devrait être absorbée par les villes, de plus en plus
nombreuses et de plus en plus grandes. L’ONU indique ainsi qu’environ 2,5 milliards de
personnes supplémentaires devraient venir alimenter les espaces urbains d’ici à 2050.
L’espace urbain mondial, qui représentait 0,5 % de la totalité des terres émergées en 2000,
devrait tripler d’ici à 2030. Cette croissance horizontale des villes est appelée étalement
urbain.

► Une croissance urbaine concentrée dans les pays des Suds. Les pays du Nord et
d’Amérique latine sont les pays les plus urbanisés (avec des taux supérieurs bien souvent à
80 %) mais leur croissance urbaine est désormais faible (de l’ordre de 0,5 % par an). Ce sont
surtout les pays du Sud qui portent aujourd’hui l’essentiel de la croissance urbaine. Cependant
tous ces pays ne seront pas également concernés : l’Inde, la Chine et le Nigeria devraient aussi
représenter 35 % de la croissance des villes entre 2018 et 2050. Cette croissance urbaine
s’explique par un fort exode rural.

Le poids croissant des métropoles

► Une métropolisation qui se renforce. La métropolisation est un processus spatialement


sélectif qui favorise les espaces les plus performants et connectés aux différents réseaux.
Concentrant des centres décisionnels majeurs (sièges sociaux d’entreprises, institutions
politiques, recherche et développement, etc.), des services de haut niveau (finances,
informatique, etc.), de nombreux cadres très qualifiés, les métropoles sont aussi des nœuds
essentiels dans les réseaux de communication. Desservies par de multiples modes de
transport, elles attirent autant qu’elles créent de nombreux flux (de marchandises, de
personnes, d’informations), ce qui en fait de véritables centres d’impulsion de la
mondialisation. Elles jouent un rôle d’aimant sur les territoires qui les entourent, qu’elles
organisent de plus en plus selon une logique centre/périphérie.

► L’émergence des métropoles du Sud. Bien que confrontées à des enjeux nombreux
(croissance démographique, pauvreté, problèmes d’infrastructures et de gouvernance), ces
dernières renforcent leurs fonctions métropolitaines au fil des années : Kinshasa, en
République démocratique du Congo, propose désormais sa propre Fashion Week et a vu son
nombre de banques tripler en dix ans ; Bangalore (surnommée la « Silicon Valley de l’Inde »),
de plus en plus spécialisée dans les secteurs de l’ingénierie et de l’informatique, serait le
5e centre technologique du monde. Leur capacité à organiser et à accueillir des événements de
portée mondiale (Exposition universelle, coupe du monde de football, JO, etc.) est un autre
signe de leur affirmation.

Comment expliquer la hiérarchisation des métropoles ?


Une logique de réseau physique et immatériel

► Vers une « mégalopolisation » du monde ? Les métropoles s’organisent en réseaux,


fortement connectées entre elles par les moyens de transport et de communication. Si les
mégalopoles américaine, européenne et japonaise sont des exemples connus, d’autres espaces
mondiaux participent à cette dynamique mégalopolitaine, au Nord comme au Sud : Shanghai,
principale métropole chinoise, est désormais à la tête d’un réseau de villes de près de
80 millions d’habitants le long du delta du Yangzi. Des régions mégalopolitaines émergent
aussi en Amérique latine (autour de Buenos Aires, Rio de Janeiro et São Paulo), en Afrique du
Sud (axe Johannesbourg/Pretoria) ou encore autour des Grands Lacs américains.

► Un réseau qui polarise le monde ? Les grandes métropoles revendiquent une place centrale
dans la gouvernance mondiale. Elles s’organisent en réseau. L’archipel métropolitain mondial,
identifié par le géographe O. Dollfus dès le milieu des années 1990, tend ainsi à se renforcer.

Une attractivité inégale

► Une puissance économique chiffrable. Les métropoles sont au cœur de l’économie


mondiale. Tokyo et New York, avec leur PUB (produit urbain brut) respectif de plus de
1 000 milliards de dollars, se placent au même niveau que des pays tels que le Canada ou
l’Espagne. Séoul représente à elle seule 47,4 % du PIB de la Corée du Sud. On estime que les
600 villes les plus peuplées produisent près de 60 % de la richesse mondiale en concentrant
⅕ de la population.

► Classer les métropoles. On peut classer les villes en fonction de leur puissance économique,
par le PUB, mais aussi en comptant les sièges sociaux des FTN. Les métropoles disposent aussi
de fonctions de commandement dans les domaines économique, politique et culturel. Leur
influence peut donc aussi être mesurée en s’intéressant au nombre de grandes universités et des
événements accueillis, ainsi qu’aux sièges des grandes institutions internationales (ONU à
Genève).

► Des métropoles parfois incomplètes. Certaines métropoles ne disposent pas d’une gamme
de fonctions de commandement complète. C’est le cas souvent dans les États fédéraux qui
répartissent les fonctions entre les métropoles (Berlin capitale politique et Francfort capitale
économique en Allemagne). Les pays centralisés disposent souvent d’un nombre plus réduit de
métropoles mais celles-ci sont plus puissantes (Londres au Royaume-Uni, Mexico au Mexique,
Tokyo au Japon).
► Les quartiers d’affaires (CBD), cœurs métropolitains au centre du marketing
territorial. Les central business district (CBD) constituent, plus que jamais, le symbole et la
vitrine du pouvoir accru des métropoles parce qu’ils concentrent d’importantes fonctions de
commandement. Leur skyline se veut toujours plus impressionnante : la Défense à Paris,
Manhattan à New York, Business Bay à Dubaï, Lujianzui à Shanghai, se ressemblent par leur
architecture verticale souvent avant-gardiste et hors norme. La verticalité est un symbole de
visibilité et de puissance, dans un contexte de forte concurrence entre les métropoles.
Des métropoles inégales et en mutation.

Comment expliquer l’accroissement des inégalités au sein


des métropoles ?
Des métropoles qui s'étendent

► Un foncier rare et cher. Avec la croissance démographique, la place vient à manquer


dans les métropoles. Le prix du foncier augmente, surtout au centre, qui constitue la vitrine
internationale de la métropole.

► Une croissance verticale et horizontale. La première solution consiste à construire des


gratte-ciel, inventés à la fin du XIXe siècle à Chicago aux États-Unis. L’autre dynamique qui
résulte du manque de foncier est l’étalement urbain : les métropoles tendent aujourd’hui à
changer d’échelle et à devenir des régions métropolitaines. L’urbanisation se diffuse dans
des espaces ruraux de plus en plus éloignés et de nouvelles centralités apparaissent.

► Une organisation spatiale qui reflète les inégalités sociales. Les centres des métropoles
abritent les quartiers d’affaires, et sont réhabilités au profit des plus riches. Pour les
populations les plus pauvres, se loger passe souvent par un éloignement du centre. La distance
entre lieux d’emplois et zones résidentielles s’accroît pour les ménages pauvres. Dans les pays
du Sud, cet étalement urbain se fait largement sous la forme d’un habitat informel :
bidonvilles d’Afrique, slums d’Inde, favelas du Brésil, etc.

Une fragmentation socio-spatiale croissante

► Une privatisation des services qui pénalise les plus fragiles. Dans les pays développés
comme dans les Suds, les services de base sont de plus en plus pris en charge par des sociétés
privées. Eau, énergie et transports voient alors souvent leur prix augmenter, au détriment des
plus pauvres.

► Les gated communities, une privatisation de l’espace. Certains promoteurs immobiliers


peuvent créer de véritables quartiers ou villes privés. Ces espaces sont qualifiés de gated
communities. Ce phénomène concerne souvent les catégories aisées ou moyennes supérieures,
notamment dans les Suds. Mais le phénomène concerne également les Nords, à commencer
par les États-Unis, où elles peuvent être spécialisées par classe d’âge ou type de loisirs et où
une discrimination à l’achat s’opère.

► La fin du vivre-ensemble ? Aux États-Unis, les gated communities peuvent organiser un


référendum local pour devenir une municipalité. De nombreux quartiers riches, par exemple
en Californie, ont ainsi fait sécession de quartiers pauvres. Ils payent pour assurer leurs
propres services courants (adduction d’eau, gestion des déchets, entretien des routes) et haut
de gamme (piscines, courts de tennis) sans payer pour le reste de la ville. La solidarité et le
vivre-ensemble disparaissent dans cet entre-soi choisi. La métropole se fragmente.
Quelles solutions face à la fragmentation des métropoles ?
Des politiques qui ciblent les centres

► Créer de nouveaux centres. Les villes petites et moyennes sont rejointes par l’étalement
urbain, qui favorise la constitution de grandes continuités urbaines, tandis que des centralités
secondaires s’y développent. L’essor de nouveaux centres est promu par les pouvoirs publics
pour réduire les trajets domicile-travail et lutter contre la saturation des réseaux de transport.
La ville devient polycentrique. Aux États-Unis, ces centralités périphériques sont appelées
edge cities. Ces pôles périphériques concentrent des zones d’activités spécialisées dans des
fonctions secondaires (logistique, informatique, etc.). Les fonctions les plus stratégiques
restent dans l’hypercentre.

► Réhabiliter les centres anciens. En parallèle de la création de nouveaux centres en


périphérie, les centres anciens sont réhabilités pour lutter contre l’étalement urbain. Les
métropoles comme Baltimore et Philadelphie aux États-Unis, Londres au Royaume-Uni ou
Lagos au Nigeria se lancent dans la reconquête des fronts d’eau, ces bords de rivières ou de
mer. Les anciennes emprises portuaires, ferroviaires et industrielles en friche sont aussi
réhabilitées. Le centre reste la vitrine internationale de la métropole.

► Une gentrification qui accroît la ségrégation. La rénovation des quartiers centraux vise
à créer des espaces attractifs, générateurs de richesse et d’une bonne image. La réhabilitation
par les pouvoirs publics et par certains promoteurs de quartiers et de logements au centre-ville
aboutit à une hausse des prix du foncier. Les plus pauvres ne peuvent plus se loger aux centres
et sont remplacés par des couples d’actifs de catégorie socio-professionnelle élevée. C’est la
gentrification. Les plus modestes sont relégués en périphérie, dans des espaces moins bien
connectés ou plus disqualifiés et voient leur temps de transport s’accroître. Toutefois, dans
certaines métropoles des États-Unis notamment, des ghettos perdurent près de l’hypercentre
comme à New York ou au cœur de Detroit, fuie par les plus aisés.

Vers un développement durable des métropoles

► L’émergence des préoccupations sociales et environnementales. La plupart des grands


projets des métropoles des pays développés tentent d’accroître la part des espaces verts, de
promouvoir les modes de transport doux, de construire des immeubles plus écologiques. Il en
va de même, de manière plus symbolique, dans les métropoles des pays des Suds. Au Nord,
l’impératif de mixité sociale s’impose de plus en plus contre la ville fragmentée : les autorités
tentent de reloger une partie des habitants victimes des rénovations urbaines. Dans les pays
des Suds en revanche, les mesures d’éviction des habitats informels perdurent, notamment à
l’occasion de grands événements comme les Jeux olympiques (favelas de Rio de Janeiro). Il
s’agit alors de masquer la pauvreté.

► Des échelles de gouvernance inadaptées. Avec l’étalement urbain, le périmètre d’action


des instances des métropoles ne correspond plus à la taille réelle de l’espace métropolitain
(cas du Grand Londres). L’intégration de nouvelles municipalités est une solution mais elle
est parfois complexe. Le nombre d’acteurs concernés rend complexe le gouvernement des
métropoles fragmentées.

► La démocratie participative et ses limites. On voit émerger localement d’autres modes


de gouvernance, lancés par des acteurs de la société civile. Les habitants revendiquent une
prise en compte accrue de leur avis et de leurs revendications.

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