Au terme de cette autopsie de la politique d’émergence du Cameroun à l’horizon 2035 dans
le secteur des transports, il apparaît que ce domaine occupe incontestablement une place
stratégique dans la transformation économique du pays. En effet, les transports constituent
le socle de toute dynamique de développement, en facilitant la mobilité, les échanges
commerciaux et l’intégration territoriale. À ce titre, les investissements engagés par l’État
dans la modernisation des routes, des ports, des aéroports et du réseau ferroviaire
traduisent une volonté politique réelle d’inscrire le Cameroun sur la voie de l’émergence.
Cependant, l’évaluation critique met en évidence un décalage important entre les ambitions
affichées et les résultats obtenus. Si des réalisations concrètes sont observables, leur impact
demeure limité par des insuffisances structurelles, des faiblesses de gouvernance, un déficit
de maintenance et une absence de culture systématique de l’évaluation. Ainsi, la politique
de transport apparaît pertinente dans sa conception, mais partiellement efficace et peu
efficiente dans sa mise en œuvre. L’émergence envisagée reste donc davantage un objectif
en construction qu’une réalité pleinement accomplie.
Dès lors, pour que le secteur des transports devienne un véritable moteur de
développement, il importe que l’État dépasse la logique des grands chantiers visibles pour
privilégier une approche durable fondée sur la planification rigoureuse, la maintenance des
infrastructures, la bonne gouvernance et la gestion axée sur les résultats. C’est à cette
condition que le Cameroun pourra transformer ses infrastructures de transport en un levier
réel d’intégration économique et sociale et concrétiser son ambition d’émergence à
l’horizon 2035.