© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville
Devoir à la maison n°11
• Le devoir devra être rédigé sur des copies doubles.
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• Toute copie ne satisfaisant pas à ces exigences devra être intégralement récrite.
�Problème 1 – Centrale MP 2019�
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Notations et définitions
Dans tout le problème, 𝕂 désigne ℝ ou ℂ, ℕ désigne l’ensemble des entiers naturels et 𝑛 est un entier naturel.
On note 𝕂𝑛 [X] le sous-espace vectoriel de 𝕂[X] des polynômes de degré inférieur ou égal à 𝑛 à coefficients
dans 𝕂 et, pour 𝑛 ≥ 1, ℳ𝑛 (𝕂) la 𝕂-algèbre des matrices carrées de taille 𝑛 à coefficients dans 𝕂. La matrice
unité est notée I𝑛 et on désigne par GL𝑛 (𝕂) le groupe des matrices inversibles de ℳ𝑛 (𝕂).
Pour toute matrice A de ℳ𝑛 (𝕂), on note A⊤ la transposée de la matrice A, rg(A) son rang, tr(A) sa trace,
χA = det(XI𝑛 − A) son polynôme caractéristique, πA son polynôme minimal et Sp(A) l’ensemble de ses valeurs
propres dans 𝕂.
Dans tout le problème, E désigne un espace vectoriel sur le corps 𝕂 de dimension finie 𝑛 supérieure ou égale
à 2, et ℒ(E) est l’algèbre des endomorphismes de E. On note 𝑓 un endomorphisme de E.
On note 𝑓0 = IdE et ∀𝑘 ∈ ℕ, 𝑓𝑘+1 = 𝑓𝑘 ∘ 𝑓.
Si Q ∈ 𝕂[X] avec Q(X) = 𝑎0 +𝑎1 X+⋯+𝑎𝑚 X𝑚 , Q(𝑓) désigne l’endomorphisme 𝑎0 IdE +𝑎1 𝑓+⋯+𝑎𝑚 𝑓𝑚 .
On note 𝕂[𝑓] la sous-algèbre commutative de ℒ(E) constituée des endomorphismes Q(𝑓) quand Q décrit 𝕂[X].
De même, on utilise les notations suivantes, similaires à celles des matrices, pour un endomorphisme 𝑓 de
E : rg(𝑓), tr(𝑓), χ𝑓 , π𝑓 et Sp(𝑓).
Enfin, on dit que 𝑓 est cyclique si et seulement s’il existe un vecteur 𝑥0 dans E tel que (𝑥0 , 𝑓(𝑥0 ), … , 𝑓𝑛−1 (𝑥0 ))
soit une base de E.
I Matrices compagnons et endomorphismes cycliques
I.A
Soit M ∈ ℳ𝑛 (𝕂).
1 Montrer que M et M ⊤ ont même spectre.
2 Montrer que M ⊤ est diagonalisable si et seulement si M est diagonalisable.
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I.B Matrices compagnons
3 Soit (𝑎0 , 𝑎1 , … , 𝑎𝑛−1 ) ∈ 𝕂𝑛 et Q(X) = X𝑛 + 𝑎𝑛−1 X𝑛−1 + ⋯ + 𝑎0 . On appelle matrice compagnon de Q la
matrice
⎛ 0 … … … 0 −𝑎0 ⎞
⎜1 0 … … 0 −𝑎1 ⎟
⎜ ⎟
0 1 ⋱ ⋮ −𝑎2
CQ = ⎜ ⎟
⎜⋮ ⋱ ⋱ ⋱ ⋮ ⋮ ⎟
⎜⋮ ⋱ 1 0 −𝑎𝑛−2 ⎟
⎜ ⎟
⎝0 … … 0 1 −𝑎𝑛−1 ⎠
Déterminer en fonction de Q le polynôme caractéristique de CQ .
4 Soit λ une valeur propre de C⊤
Q . Déterminer la dimension et une base du sous-espace propre associé.
I.C Endomorphismes cycliques
5 Montrer que 𝑓 est cyclique si et seulement s’il existe une base ℬ de E dans laquelle la matrice de 𝑓 est de la
forme CQ , où Q est un polynôme unitaire de degré 𝑛.
6 Soit 𝑓 un endomorphisme cyclique. Montrer que 𝑓 est diagonalisable si et seulement si χ𝑓 est scindé sur 𝕂
et a toutes ses racines simples.
7 Montrer que si 𝑓 est cyclique, alors (IdE , 𝑓, 𝑓2 , … , 𝑓𝑛−1 ) est libre dans ℒ(E) et le polynôme minimal de 𝑓
est de degré 𝑛.
I.D Application à une démonstration du théorème de Cayley-Hamilton
8 Soit 𝑥 un vecteur non nul de E. Montrer qu’il existe un entier 𝑝 strictement positif tel que la famille
(𝑥, 𝑓(𝑥), 𝑓2 (𝑥), … , 𝑓𝑝−1 (𝑥)) soit libre et qu’il existe (α0 , α1 , … , α𝑝−1 ) ∈ 𝕂𝑝 tel que :
α0 𝑥 + α1 𝑓(𝑥) + ⋯ + α𝑝−1 𝑓𝑝−1 (𝑥) + 𝑓𝑝 (𝑥) = 0
9 Justifier que Vect(𝑥, 𝑓(𝑥), 𝑓2 (𝑥), … , 𝑓𝑝−1 (𝑥)) est stable par 𝑓.
10 Montrer que X𝑝 + α𝑝−1 X𝑝−1 + ⋯ + α0 divise le polynôme χ𝑓 .
11 Démontrer que χ𝑓 (𝑓) est l’endomorphisme nul.
II Etude des endomorphismes cycliques
II.A Endomorphismes cycliques nilpotents
Dans cette sous-partie, on suppose que 𝑓 est un endomorphisme nilpotent de E. On note 𝑟 le plus petit entier
naturel tel que 𝑓𝑟 = 0.
12 Montrer que 𝑓 est cyclique si et seulement si 𝑟 = 𝑛. Préciser alors la matrice compagnon.
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II.B
Dans cette sous partie, on suppose 𝕂 = ℂ.
On suppose que (Id, 𝑓, 𝑓2 , … , 𝑓𝑛−1 ) est libre et on se propose de montrer que 𝑓 est cyclique.
On factorise le polynôme caractéristique de 𝑓 sous la forme
𝑝
χ𝑓 (X) = ∏(X − λ𝑘 )𝑚𝑘
𝑘=1
où les λ𝑘 sont les 𝑝 valeurs propres deux à deux distinctes de 𝑓 et les 𝑚𝑘 de ℕ∗ leurs ordres de multiplicité
respectifs.
Pour 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, on pose F𝑘 = ker((𝑓 − λ𝑘 IdE )𝑚𝑘 ).
13 Montrer que les sous-espaces vectoriels F𝑘 sont stables par 𝑓 et que E = F1 ⊕ ⋯ ⊕ F𝑝 .
Pour 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, on note φ𝑘 l’endomorphisme induit par 𝑓 − λ𝑘 IdE sur le sous-espace vectoriel F𝑘 ,
F𝑘 ⟶ F𝑘
φ𝑘 ∶ {
𝑥 ⟼ 𝑓(𝑥) − λ𝑘 𝑥
14 Justifier que φ𝑘 est un endomorphisme nilpotent de F𝑘 .
ν
On note ν𝑘 le plus petit entier naturel tel que φ𝑘𝑘 = 0.
15 Pourquoi a-t-on ν𝑘 ≤ dim(F𝑘 ) ?
16 Montrer, avec l’hypothèse proposée, que pour tout 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, on a ν𝑘 = 𝑚𝑘 .
17 Expliciter la dimension de F𝑘 pour 𝑘 ∈ ⟦1, 𝑝⟧, puis en déduire l’existence d’une base ℬ = (𝑢1 , … , 𝑢𝑛 ) de
E dans laquelle 𝑓 a une matrice diagonale par blocs, ces blocs appartenant à ℳ𝑚𝑘 (ℂ) et étant de la forme
⎛ λ𝑘 0 … … … 0 ⎞
⎜ 1 λ𝑘 ⋱ ⋮ ⎟
⎜ ⎟
0 1 λ𝑘 ⋱ ⋮
⎜ ⎟
⎜ ⋮ ⋱ ⋱ ⋱ ⋱ ⋮ ⎟
⎜ ⋮ ⋱ ⋱ λ𝑘 0 ⎟
⎜ ⎟
⎝ 0 … … 0 1 λ𝑘 ⎠
On pose 𝑥0 = 𝑢1 + 𝑢𝑚1+1 + ⋯ + 𝑢𝑚1+⋯+𝑚𝑝−1+1 .
18 Déterminer les polynômes Q ∈ ℂ[X] tels que Q(𝑓)(𝑥0 ) = 0.
19 Justifier que 𝑓 est cyclique.
III Endomorphismes commutants, décomposition de Frobenius
On appelle commutant de 𝑓 l’ensemble C(𝑓) = {𝑔 ∈ ℒ(E), 𝑓 ∘ 𝑔 = 𝑔 ∘ 𝑓}.
20 Montrer que C(𝑓) est une sous-algèbre de ℒ(E).
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III.A Commutant d’un endomorphisme cyclique
On suppose que 𝑓 est cyclique et on choisit un vecteur 𝑥0 dans E tel que (𝑥0 , 𝑓(𝑥0 ), … , 𝑓𝑛−1 (𝑥0 )) est une
base de E.
Soit 𝑔 ∈ C(𝑓), un endomorphisme qui commute avec 𝑓.
21 Justifier l’existence de λ0 , λ1 , … , λ𝑛−1 de 𝕂 tels que
𝑛−1
𝑔(𝑥0 ) = ∑ λ𝑘 𝑓𝑘 (𝑥0 )
𝑘=0
22 Montrer alors que 𝑔 ∈ 𝕂[𝑓].
23 Établir que 𝑔 ∈ C(𝑓) si et seulement s’il existe un polynôme R ∈ 𝕂𝑛−1 [X] tel que 𝑔 = R(𝑓).
III.B Décomposition de Frobenius
On se propose de démontrer le théorème de décomposition de Frobenius : toute matrice est semblable à une
matrice diagonale par blocs, ces blocs étant des matrices compagnons.
24 Montrer que si la réunion d’un nombre fini de sous-espaces vectoriels F1 , … , F𝑟 de E est un sous-espace
vectoriel, alors l’un des sous-espaces F𝑖 contient tous les autres.
On note 𝑑 le degré de π𝑓 .
25 Justifier l’existence d’un vecteur 𝑥1 de E tel que (𝑥1 , 𝑓(𝑥1 ), … , 𝑓𝑑−1 (𝑥1 )) est libre.
Pour tout 𝑥 non nul de E, on pourra remarquer que I𝑥 = {P ∈ 𝕂[X], P(𝑓)(𝑥) = 0} est un idéal de
𝕂[X] engendré par un polynôme unitaire π𝑓,𝑥 diviseur de π𝑓 et considérer les sous-espaces vectoriels
ker(π𝑓,𝑥 (𝑓)).
On pose 𝑒1 = 𝑥1 , 𝑒2 = 𝑓(𝑥1 ), …, 𝑒𝑑 = 𝑓𝑑−1 (𝑥1 ) et E1 = Vect(𝑒1 , 𝑒2 , … , 𝑒𝑑 ).
26 Montrer que E1 est stable par 𝑓 et que E1 = {P(𝑓)(𝑥1 ), P ∈ 𝕂[X]}.
On note ψ1 l’endomorphisme induit par 𝑓 sur le sous-espace vectoriel E1 ,
E1 ⟶ E1
ψ1 ∶ {
𝑥 ⟼ 𝑓(𝑥)
27 Justifier que ψ1 est cyclique.
On complète, si nécessaire, (𝑒1 , 𝑒2 , … , 𝑒𝑑 ) en une base (𝑒1 , 𝑒2 , … , 𝑒𝑛 ) de E. Soit Φ la 𝑑-ième forme coordonnée
qui à tout vecteur 𝑥 de E associe sa coordonnée suivant 𝑒𝑑 . On note F = {𝑥 ∈ E, ∀𝑖 ∈ ℕ, Φ(𝑓 𝑖 (𝑥)) = 0}.
28 Montrer que F est stable par 𝑓 et que E1 et F sont en somme directe.
Soit Ψ l’application linéaire de E dans 𝕂𝑑 définie, pour tout 𝑥 ∈ E, par
Ψ(𝑥) = (Φ(𝑓 𝑖 (𝑥)))0≤𝑖≤𝑑−1 = (Φ(𝑥), Φ(𝑓(𝑥)), … , Φ(𝑓𝑑−1 (𝑥)))
29 Montrer que Ψ induit un isomorphisme entre E1 et 𝕂𝑑 .
30 Montrer que E = E1 ⊕ F.
31 En déduire qu’il existe 𝑟 sous-espaces vectoriels de E, notés E1 , … , E𝑟 , tous stables par 𝑓, tels que :
• E = E1 ⊕ ⋯ ⊕ E𝑟 ;
• pour tout 1 ≤ 𝑖 ≤ 𝑟, l’endomorphisme ψ𝑖 induit par 𝑓 sur le sous-espace vectoriel E𝑖 est cyclique ;
• si on note P𝑖 le polynôme minimal de ψ𝑖 , alors P𝑖+1 divise P𝑖 pour tout entier 𝑖 tel que 1 ≤ 𝑖 ≤ 𝑟 − 1.
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III.C Commutant d’un endomorphisme quelconque
32 Montrer que la dimension de C(𝑓) est supérieure ou égale à 𝑛.
33 On suppose que 𝑓 est un endomorphisme tel que l’algèbre C(𝑓) est égale à 𝕂[𝑓]. Montrer que 𝑓 est cyclique.
IV Endomorphismes orthocycliques
Dans cette partie, on suppose que 𝕂 = ℝ et que E est un espace euclidien. Le produit scalaire de deux
vecteurs 𝑥, 𝑦 de E est noté (𝑥|𝑦) et on désigne par O(E) le groupe des isométries vectorielles de E.
On dit qu’un endomorphisme est orthocyclique s’il existe une base orthonormale de E dans laquelle la
matrice de 𝑓 est de la forme CQ (matrice compagnon).
IV.A Isométries vectorielles orthocycliques
Soit 𝑓 ∈ O(E).
34 Soit 𝑓′ ∈ O(E) ayant le même polynôme caractéristique que 𝑓. Montrer qu’il existe des bases orthonormales
ℬ et ℬ′ de E pour lesquelles la matrice de 𝑓 dans ℬ est égale à la matrice de 𝑓′ dans ℬ′ .
35 En déduire que 𝑓 est orthocyclique si et seulement si χ𝑓 = X𝑛 − 1 ou χ𝑓 = X𝑛 + 1.
IV.B Endomorphismes nilpotents orthocycliques
Soit 𝑓 un endomorphisme nilpotent de E.
36 Montrer qu’il existe une base orthonormale de E dans laquelle la matrice de 𝑓 est triangulaire inférieure.
37 En déduire que 𝑓 est orthocyclique si et seulement si
𝑓 est de rang 𝑛 − 1 et ∀𝑥, 𝑦 ∈ (ker 𝑓)⊥ , (𝑓(𝑥)|𝑓(𝑦)) = (𝑥|𝑦)
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