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DM05 Corrige

Le document présente un devoir de mathématiques axé sur des concepts tels que la symétrie, la bilinéarité, et la projection orthogonale des polynômes. Il aborde des problèmes liés à la minimisation de normes et à la détermination des racines des polynômes, tout en fournissant des démonstrations et des résultats mathématiques. Les exigences de présentation des devoirs sont également spécifiées, notamment l'absence de ratures et de corrections.

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© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Devoir à la maison n°05

• Le devoir devra être rédigé sur des copies doubles.


• Les copies ne devront comporter ni rature, ni renvoi, ni trace d’effaceur.
• Toute copie ne satisfaisant pas à ces exigences devra être intégralement récrite.

Problème 1
1 La symétrie, la bilinéarité et la positivité sont laissées au lecteur. Concentrons-nous l’aspect défini. Soit P ∈ ℝ𝑛 [X]
1
tel que ⟨P, P⟩ = 0 i.e. ∫ P(𝑡)2 d𝑡 = 0. Comme 𝑡 ↦ P(𝑡)2 est continue et positive sur [0, 1], elle est nulle sur [0, 1]. Ainsi
0
P possède une infinité de racines : il est nul.

2 2.a Remarquons que pour (𝑥0 , … , 𝑥𝑛−1 ) ∈ ℝ𝑛 ,

𝑓(𝑥0 , … , 𝑥𝑛−1 ) = ‖X𝑛 − P‖2


𝑛−1
où P = ∑ 𝑥𝑘 X𝑘 et ‖ ⋅ ‖ est la norme euclidienne associée au produit scalaire ⟨⋅, ⋅⟩. D’après le théorème de projection
𝑘=0
orthogonale, il existe un unique polynôme Q ∈ ℝ𝑛−1 [X] tel que

N2 (X𝑛 − Q) = min N2 (X𝑛 − P)


P∈ℝ𝑛−1 [X]

Il s’agit de la projection orthogonale de Q de X𝑛 sur ℝ𝑛−1 [X]. On en déduit que 𝑓 admet un minimum en un unique
(𝑎0 , … , 𝑎𝑛−1 ) ∈ ℝ𝑛 où Q = ∑ 𝑎𝑘 X𝑘 . Comme X𝑛 − Q est normal à ℝ𝑛−1 [X],
𝑘=0

∀𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛 − 1⟧ , ⟨X𝑛 − Q, X𝑘 ⟩ = 0

ou encore
1 𝑛−1
∀𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛 − 1⟧ , ∫ (𝑡𝑛 − ∑ 𝑎𝑗 𝑡𝑗 ) 𝑡𝑘 d𝑡 = 0
0 𝑗=0

ce qui peut enfin s’écrire


𝑛−1
1 𝑎𝑗
∀𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛 − 1⟧ , −∑ =0
𝑛 + 𝑘 + 1 𝑗=0 𝑗 + 𝑘 + 1

2.b En réduisant au même dénominateur, il existe un polynôme P de dgré inférieur ou égal à 𝑛 tel que

P(𝑥)
∀𝑥 ∈ ℝ ∖ ⟦−𝑛 − 1, −1⟧ , F(𝑥) = 𝑛+1
∏𝑗=1 (𝑥 + 𝑗)

ou encore
𝑛+1
∀𝑥 ∈ ℝ ∖ ⟦−𝑛 − 1, −1⟧ , F(𝑥) ∏(𝑥 + 𝑗) = P(𝑥)
𝑗=1

D’après la question précédente, tout élément de ⟦0, 𝑛 − 1⟧ est un zéro de F et donc une racine de P. Comme deg P ≤ 𝑛, il
𝑛−1
existe 𝑎 ∈ ℝ tel que P = 𝑎 ∏(X − 𝑘). Ainsi
𝑘=0

𝑛+1 𝑛−1
∀𝑥 ∈ ℝ ∖ ⟦−𝑛 − 1, −1⟧ , F(𝑥) ∏(𝑥 + 𝑗) = 𝑎 ∏(𝑥 − 𝑘)
𝑗=1 𝑘=0

[Link] 1
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

En utilisant l’expression initiale de F(𝑥), on trouve lim (𝑥 + 𝑛 + 1)F(𝑥) = 1. En faisant tendre 𝑥 vers −𝑛 − 1 dans la
𝑥→−𝑛−1
dernière égalité, on obtient alors
2𝑛
(2𝑛)!
(−1)𝑛 𝑛! = 𝑎(−1)𝑛 ∏ 𝑘 = 𝑎(−1)𝑛
𝑘=𝑛+1
𝑛!
(𝑛!)2
On en déduit que 𝑎 = .
(2𝑛)!
2.c Avec les notations précédentes,

𝑚𝑛 = ‖X𝑛 − Q‖2 = ⟨X𝑛 − Q, X𝑛 ⟩ + ⟨X𝑛 − Q, Q⟩

Or Q ∈ ℝ𝑛−1 [X] et X𝑛 − Q ∈ ℝ𝑛−1 [X]⟂ car Q est le projeté orthogonal de X𝑛 sur ℝ𝑛−1 [X]. Ainsi ⟨X𝑛 − Q, Q⟩ = 0 puis
1 𝑛−1
𝑚𝑛 = ⟨X − Q, X ⟩ = ∫ (𝑡 − ∑ 𝑎𝑗 𝑡𝑗 ) 𝑡𝑛 d𝑡
𝑛 𝑛 𝑛

0 𝑗=0

2.d On a donc
𝑛−1
1 𝑎𝑘
𝑚𝑛 = −∑ = F(𝑛)
2𝑛 + 1 𝑘=0 𝑛 + 𝑘 + 1
Puisque pour 𝑥 ∈ ℝ ∖ ⟦−𝑛 − 1, −1⟧
𝑛−1
𝑎 ∏𝑘=0 (𝑥 − 𝑘)
F(𝑥) = 𝑛+1
∏𝑘=1 (𝑥 + 𝑘)
on trouve
𝑎𝑛! (𝑛!)4
𝑚𝑛 = F(𝑛) = =
(2𝑛 + 1)!/𝑛! (2𝑛)!(2𝑛 + 1)!

3 3.a Soit P ∈ 𝒫𝑛 . Par le changement de variable indiqué,


1
N2 (P)2 = 2 ∫ P(2𝑡 − 1)2 d𝑡
0

Or P(2X − 1) est un polynôme de degré 𝑛 et de coefficient dominant 2𝑛 . Il existe donc (𝑥0 , … , 𝑥𝑛−1 ) ∈ ℝ𝑛 tel que
𝑛−1
P(X) = 2𝑛 (X𝑛 − ∑ 𝑥𝑘 X𝑘 )
𝑘=0

Ainsi
N2 (P)2 = 22𝑛+1 𝑓(𝑥0 , … , 𝑥𝑛−1 ) ≥ 22𝑛+1 𝑚𝑛
puis
N2 (P) ≥ 2𝑛 √2𝑚𝑛
X+1
3.b Réciproquement, en posant R = X𝑛 − Q puis P = 2𝑛 R ( ), on obtient avec le même changement de variable
2
1
N2 (P) = 2𝑛 N2 (R) = 2𝑛 √2 ∫ R(𝑡)2 d𝑡 = 2𝑛 √2‖X𝑛 − Q‖ = 2𝑛 √2𝑚𝑛
0

Ainsi
min N2 (P) = 2𝑛 √2𝑚𝑛
P∈𝒫𝑛

4 4.a Tout d’abord, deg T0 = 0 et deg T1 = 1. Supposons qu’il existe 𝑘 ∈ ℕ∗ tel que deg T𝑘 = 𝑘 et deg T𝑘−1 = T𝑘−1 .
Alors deg(2XT𝑘 ) = 𝑘 + 1 > 𝑘 − 1 = deg T𝑘 donc deg T𝑘+1 = 𝑘 + 1. Par récurrence double, deg T𝑘 = 𝑘 pour tout 𝑘 ∈ ℕ.
De plus, en notant 𝑐𝑘 le coefficient dominant de T𝑘 , on observe en étudiant les coefficients dominants de T𝑘+1 et 2XT𝑘 −T𝑘−1
que 𝑐𝑘+1 = 2𝑐𝑘 pour tout 𝑘 ∈ ℕ∗ . Puisque 𝑐1 = 1, deg T𝑘 = 2𝑘−1 pour tout 𝑘 ∈ ℕ∗ .
4.b Fixons θ ∈ ℝ. Il est clair que T0 (cos θ) = 1 = cos(0 ⋅ θ) et que T1 (cos θ) = cos θ = cos(1 ⋅ θ). Supposons que
T𝑘 (cos θ) = cos(𝑘θ) et T𝑘−1 (cos θ) = cos((𝑘 − 1)θ) pour un certain 𝑘 ∈ ℕ∗ . Rappelons que pour (𝑎, 𝑏) ∈ ℝ2 ,

𝑎+𝑏 𝑎−𝑏
cos(𝑎) + cos(𝑏) = 2 cos ( ) cos ( )
2 2

[Link] 2
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Alors on a
cos((𝑘 + 1)θ) + cos((𝑘 − 1)θ) = 2 cos θ cos(𝑘θ)
Ainsi

T𝑘+1 (cos(θ)) = 2 cos(θ)T𝑘 (cos(θ)) − T𝑘−1 (cos(θ)) = 2 cos(θ) cos(𝑘θ) − cos((𝑘 − 1)θ) = cos((𝑘 + 1)θ)

On a donc prouvé par récurrence double que

∀𝑘 ∈ ℕ, T𝑘 (cos θ) = cos(𝑘θ)

1 𝑘π
5 5.a Posons Q𝑛 = T − P et 𝑥𝑘 = cos pour 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛⟧. Alors pour tout 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛⟧,
2𝑛−1 𝑛 𝑛
cos(𝑘π) (−1)𝑘
Q𝑛 (𝑥𝑘 ) = − P(𝑥 𝑘 ) = − P(𝑥𝑘 )
2𝑛−1 2𝑛−1
1 1 1 1
De plus, − < P(𝑥𝑘 ) < 𝑛−1 puisque N∞ (P) < 𝑛−1 . Ainsi si 𝑘 est pair, Q𝑛 (𝑥𝑘 ) = 𝑛−1 − P(𝑥𝑘 ) > 0 et si 𝑘 est
2𝑛−1 2 2 2
1
impair, Q𝑛 (𝑥𝑘 ) = − 𝑛−1 − P(𝑥𝑘 ) < 0.
2
En particulier, Q𝑛 (𝑥𝑘 )Q𝑛 (𝑥𝑘+1 ) < 0 pour tout 𝑘 ∈ ⟦0, 𝑛 − 1⟧. Comme Q𝑛 est continue sur [−1, 1], Q𝑛 s’annule sur chacun
des intervalles ]𝑥𝑘 , 𝑥𝑘+1 [ en vertu du théorème des valeurs intermédiaires. Le polynôme Q𝑛 possède au moins 𝑛 racines.
Le polynôme T𝑛 est de degré 𝑛 et de coefficient dominant 2𝑛−1 et P est unitaire de degré 𝑛 donc deg Q𝑛 < 𝑛. On en déduit
T𝑛 | T𝑛 | 1 1
que Q𝑛 = 0 i.e. P = 𝑛−1 . Ceci est imposible puisque || 𝑛−1 (𝑥𝑘 )|| = 𝑛−1 tandis que N∞ (P) < 𝑛−1 .
2 2 2 2
1 1
5.b La question précédente montre que pour tout P ∈ 𝒫𝑛 , N∞ (P) ≥ 𝑛−1 . On en déduit que inf N∞ (P) ≥ 𝑛−1 . De
2 P∈𝒫𝑛 2
T𝑛 T𝑛 1 1
plus, 𝑛−1 ∈ 𝒫𝑛 de sorte que N∞ ( 𝑛−1 ) ≤ 𝑛−1 et N∞ (T𝑛 /2𝑛−1 ) ≥ |T𝑛 (𝑥𝑘 )/2𝑛−1 | = 𝑛−1 de sorte que
2 2 2 2
T𝑛 1
min N∞ (P) = N∞ ( ) = 𝑛−1
P∈𝒫𝑛 2𝑛−1 2

6 6.a On prouve à nouveau par récurrence que U𝑘 est un polynôme de degré 𝑘 et de coefficient dominant 2𝑘 .
Posons V𝑘 (X) = (−1)𝑘 U𝑘 (−X). Alors V0 = U0 = 1 et V1 = −U1 (−X) = 2X = U1 . De plus, pour tout 𝑘 ∈ ℕ∗ ,

V𝑘+1 (X) = (−1)𝑘+1 U𝑘+1 (−X)


= (−1)𝑘+1 (−2XU𝑘 (−X) − U𝑘−1 (−X))
= 2X(−1)𝑘 U𝑘 (X) − (−1)𝑘−1 U𝑘−1 (X)
= 2XV𝑘 (X) − V𝑘−1 (X)

Ainsi les suites (U𝑘 ) et (V𝑘 ) possèdent les mêmes deux premiers termes et suivent la même relation de récurrence d’ordre
2 : elles sont égales.
6.b Si cos θ = 1, alors l’équation caractéristique associée à la relation de récurrence possède 1 comme racine double. L’en-
semble des suites recherchées est donc vect ((1)𝑘∈ℕ , (𝑘)𝑘∈ℕ ). Si cos θ = −1, alors l’équation caractéristique associée à la
relation de récurrence possède −1 comme racine double. L’ensemble des suites recherchées est donc vect (((−1)𝑘 )𝑘∈ℕ , ((−1)𝑘 𝑘)𝑘∈ℕ ).
Dans le cas général, les racines de l’équations caractéristiques sont les complexes conjugués 𝑒𝑖θ et 𝑒−𝑖θ . L’ensemble des
suites recherchées est donc vect ((cos(𝑘θ))𝑘∈ℕ , (sin(𝑘θ))𝑘∈ℕ ).
Soit θ ∈]0, π[ de sorte que −1 < cos θ < 1. Comme la suite (U𝑘 (cos θ)) suit la relation de récurrence de l’énoncé, il
existe (A, B) ∈ ℝ2 tel que U𝑘 (cos θ) = A cos(𝑘θ) + B sin(𝑘θ) pour tout 𝑘 ∈ ℕ. Puisque U0 (cos θ) = 1, A = 1 et comme
cos θ
U1 (cos θ) = 2 cos θ, A cos θ + B sin θ = 2 cos θ puis B = . Ainsi, pour tout 𝑘 ∈ ℕ,
sin θ
cos θ cos(𝑘θ) sin(θ) + cos(θ) sin(𝑘θ) sin((𝑘 + 1)θ)
U𝑘 (cos θ) = cos(𝑘θ) + sin(𝑘θ) = =
sin θ sin θ sin θ
De la même manière, il existe (A, B) ∈ ℝ2 tel que U𝑘 (1) = A + 𝑘B pour tout 𝑘 ∈ ℕ. Puisque U0 (1) = 1 et U1 (1) = 2,
A = B = 1 puis U𝑘 (1) = 𝑘 + 1 pour tout 𝑘 ∈ ℕ.
Enfin, il existe (A, B) ∈ ℝ2 tel que U𝑘 (1) = (−1)𝑘 A + (−1)𝑘 𝑘B pour tout 𝑘 ∈ ℕ. Puisque U0 (−1) = 1 et U1 (−1) = −2,
A = B = 1 puis U𝑘 (1) = (−1)𝑘 (𝑘 + 1) pour tout 𝑘 ∈ ℕ.

[Link] 3
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

Remarque. On aurait pu utiliser un argument de continuité pour déterminer U𝑘 (1) et U𝑘 (−1) (faire tendre θ vers 0
et π dans U𝑘 (cos θ)).

6.c Pour tout θ ∈ ℝ, T𝑘+1 (cos θ) = cos((𝑘 + 1)θ). En dérivant par rapport à θ, on obtient

∀θ ∈ ℝ, − sin(θ)T𝑘+1

(cos θ) = −(𝑘 + 1) sin((𝑘 + 1)θ)

Puisque sin ne s’annule pas sur ]0, π[,

′ sin((𝑘 + 1)θ)
∀θ ∈]0, π[, T𝑘+1 (cos θ) = (𝑘 + 1) = −(𝑘 + 1)U𝑘 (cos θ)
sin θ
Ainsi les polynômes T𝑘+1

et (𝑘 + 1)U𝑘 coïncident sur l’ensemble infini cos(]0, π[) =] − 1, 1[ : ils sont égaux.
𝑛−1
7 7.a Soit Q ∈ 𝒫𝑛 . Alors Q − P ∈ ℝ𝑛−1 [X]. Il existe donc (𝑎0 , … , 𝑎𝑛−1 ) ∈ ℝ𝑛 tel que Q − P = ∑ 𝑎𝑘 X𝑘 . Par linéarité
𝑘=0
de l’intégrale
1 𝑛−1 1
∫ (Q(𝑥) − P(𝑥)) sgn(P(𝑥)) d𝑥 = ∑ 𝑎𝑘 ∫ 𝑥𝑘 sgn(P(𝑥)) d𝑥 = 0
−1 𝑘=0 −1

7.b Remarquons que pour tout 𝑥 ∈ [−1, 1], P(𝑥) sgn(P(𝑥)) = |P(𝑥)| et Q(𝑥) sgn(P(𝑥)) ≤ |Q(𝑥)|. Ainsi
1
N1 (Q) − N1 (P) ≥ ∫ (Q(𝑥) − P(𝑥)) sgn(P(𝑥)) d𝑥 = 0
−1

7.c Par le changement de variable indiqué et par positivité de sin sur [0, π],
(𝑛+1)π (𝑛+1)π
1 | θ | θ 1 | θ θ |
N1 (U𝑛 ) = ∫ |U𝑛 (cos
| )| sin ( ) dθ = ∫ |U𝑛 (cos ) sin ( )| dθ
𝑛+1 0 𝑛+1 | 𝑛+1 𝑛+1 0 | 𝑛+1 𝑛+1 |

Or sin(α)U𝑛 (cos α) = sin((𝑛 + 1)α) pour tout α]𝑖𝑛0, π[. Cette égalité est encore valide lorsque α = 0 et α = π par
continuité de sin, cos et U𝑛 . Ainsi, pour tout θ ∈ [0, (𝑛 + 1)π],
θ θ
U𝑛 (cos ) sin ( ) = sin θ
𝑛+1 𝑛+1
Finalement,
(𝑛+1)π
1
N1 (U𝑛 ) = ∫ | sin θ| dθ
𝑛+1 0
puis, par π-périodicité de | sin |,
π π
N1 (U𝑛 ) = ∫ | sin θ| dθ = ∫ sin θ dθ = 2
0 0
1
Par conséquent, N1 (U𝑛 /2𝑛 ) = . Comme U𝑛 /2𝑛 appartient à 𝒫𝑛 et vérifie l’hypothèse de l’énoncé,
2𝑛−1
∀Q ∈ 𝒫𝑛 , N1 (P) ≥ N1 (U𝑛 /2𝑛 )
1
Ainsi min N1 (P) = N1 (U𝑛 /2𝑛 ) = .
P∈𝒫𝑛 2𝑛−1
sin(𝑗π)
8 8.a Pour tout 𝑗 ∈ ⟦1, 𝑛⟧, U𝑛 (𝑐𝑗 ) = 𝑗π
= 0. Comme deg U𝑛 = 𝑛, les racines de U𝑛 sont exactement les 𝑐𝑗 et
sin ( )
𝑛+1
ces racines sont simples. On sait également que le coefficient de U𝑛 est 2𝑛 de sorte que
𝑛
𝑛
U𝑛 = 2 ∏(X − 𝑐𝑗 )
𝑗=1

On en déduit que U𝑛 (𝑐𝑗 ) est du signe de (−1)𝑗 sur l’intervalle ]𝑐𝑗+1 , 𝑐𝑗 [.


8.b On sait que pour tout 𝑥 ∈ [−1, 1],

(−𝑥)𝑘 sgn(U𝑛 (−𝑥)) = (−𝑥)𝑘 sgn((−1)𝑛 U𝑛 (𝑥)) = (−1)𝑛+𝑘 𝑥𝑘 sgn(U𝑛 (𝑥)) = −𝑥𝑘 sgn(U𝑛 (𝑥))

Ainsi l’intégrande dans I𝑘 est impair. Comme l’intervalle d’intégration [−1, 1] est symétrique par rapport à 0, I𝑘 = 0.

[Link] 4
© Laurent Garcin MP Dumont d’Urville

8.c D’après la relation de Chasles,


𝑛 𝑐𝑗
I𝑘 = ∑ ∫ 𝑥𝑘 sgn(U𝑛 (𝑥)) d𝑥
𝑗=0 𝑐𝑗+1

Or on a vu que U𝑛 (𝑥) était du signe de (−1) sur l’intervalle ]𝑐𝑗+1 , 𝑐𝑗 [. On en déduit que
𝑗

𝑛 𝑐𝑗
I𝑘 = ∑ (−1)𝑗 ∫ 𝑥𝑘 d𝑥
𝑗=0 𝑐𝑗+1
𝑛 𝑛 𝑛
1 1
= ∑ (−1)𝑗 (𝑐𝑗𝑘+1 − 𝑐𝑗+1
𝑘+1
) = ( ∑ (−1)𝑗 𝑐𝑗𝑘+1 − ∑ (−1)𝑗 𝑐𝑗+1
𝑘+1
)
𝑘 + 1 𝑗=0 𝑘 + 1 𝑗=0 𝑗=0

Mais par changement d’indice,


𝑛 𝑛+1 𝑛+1
𝑘+1
∑ (−1)𝑗 𝑐𝑗+1 = ∑ (−1)𝑗−1 𝑐𝑗𝑘+1 = − ∑ (−1)𝑗 𝑐𝑗𝑘+1
𝑗=0 𝑗=1 𝑗=1

Or 𝑐𝑛+1 = −1 = −𝑐0 donc (−1)𝑛+1 𝑐𝑛+1


𝑘+1
= (−1)𝑛+2+𝑘 𝑐0𝑘 = 𝑐0𝑘 de sorte que
𝑛+1 𝑛
∑ (−1)𝑗 𝑐𝑗𝑘+1 = ∑ (−1)𝑗 𝑐𝑗𝑘+1
𝑗=1 𝑗=0

On en déduit bien que


𝑛
2
I𝑘 = ∑ (−1)𝑗 𝑐𝑗𝑘+1
𝑘 + 1 𝑗=0
D’après une relation d’Euler,
1 𝑛+1𝑖𝑗π

𝑖𝑗π
𝑐𝑗 = (𝑒 + 𝑒 𝑛+1 )
2
Avec la formule du binome de Newton,
𝑘+1
1 𝑘 + 1 𝑖𝑗𝑝π − 𝑖𝑗(𝑘+1−𝑝)π 1 𝑘+1 𝑘 + 1 𝑖𝑗(2𝑝−𝑘−1)π
𝑐𝑗𝑘+1 = ∑( )𝑒 𝑛+1 𝑒 𝑛+1 ∑( )𝑒 𝑛+1
2𝑘+1 𝑝=0
𝑝 2𝑘+1 𝑝=0 𝑝

𝑖(2𝑝−𝑘−1)π
Par interversion de l’ordre de sommation, en posant 𝑑𝑝 = 𝑒 𝑛+1 ,
𝑘+1 𝑛
2 𝑘+1 𝑗
I𝑘 = ∑ ∑ (−1)𝑗 ( )𝑑𝑝
𝑘 + 1 𝑝=0 𝑗=0 𝑝
𝑘+1
2 𝑘+1 𝑛
= ∑( ) ∑ (−𝑑𝑝 )𝑗
𝑘 + 1 𝑝=0 𝑝 𝑗=0

(2𝑝 − 𝑘 − 1)π
Remarquons que pour 𝑝 ∈ ⟦0, 𝑘 + 1⟧, −𝑘 − 1 ≤ 2𝑝 − 𝑘 − 1 ≤ 𝑘 + 1. Mais comme 0 ≤ 𝑘 < 𝑛, −π < < π.
𝑛+1
En particulier, −𝑑𝑝 ≠ 1 de sorte que
𝑘+1
2 𝑘 + 1 1 − (−𝑑𝑝 )𝑛+1
I𝑘 = ∑( )
𝑘 + 1 𝑝=0 𝑝 1 + 𝑑𝑝
Or
(−𝑑𝑝 )𝑛+1 = (−1)𝑛+1 𝑒𝑖(2𝑝−𝑘−1)π = (−1)𝑛+2𝑝−𝑘 = (−1)𝑛+𝑘+2(𝑝−𝑘) = 1
car 𝑛 + 𝑘 est pair. Finalement, I𝑘 = 0.
En conclusion, I𝑘 = 0 quelque soit la valeur de 𝑘 i.e. U𝑛 /2𝑛 vérifie bien l’hypothèse de l’énoncé.

[Link] 5

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