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Cours Devoir

Le devoir est une obligation morale et sociale qui engage l'individu à respecter les lois et principes de sa communauté, mais il peut être légitime de désobéir à des lois injustes. La désobéissance civile, comme prônée par Thoreau, souligne que face à un État arbitraire, le citoyen a le devoir de résister pour la justice. En fin de compte, le devoir ne contraint pas mais oblige à agir selon la loi morale, qui doit être juste pour être respectée.

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Le devoir est une obligation morale et sociale qui engage l'individu à respecter les lois et principes de sa communauté, mais il peut être légitime de désobéir à des lois injustes. La désobéissance civile, comme prônée par Thoreau, souligne que face à un État arbitraire, le citoyen a le devoir de résister pour la justice. En fin de compte, le devoir ne contraint pas mais oblige à agir selon la loi morale, qui doit être juste pour être respectée.

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Le devoir

Sujet : La désobéissance à la loi peut-elle être un devoir ?

Introduction :
On entend par devoir une obligation qui engage l'être humain à respecter les principes
moraux, juridiques, politiques et sociaux de la communauté dont il fait partie. Le devoir est
une obligation adressée à l’homme parce qu’il est raisonnable, sociable et libre. Accomplir son
devoir est une valeur morale et sociale : il permet de s’affirmer comme personne, d’exercer sa
liberté et donc de s’épanouir. Cependant, L’Etat peut nous soumettre par le devoir, il est chargé
de l’autorité juridique et d’un grand pouvoir de contrainte. L’Etat qui est la source du droit, il
entend le faire respecter ; il crée des libertés à l’intérieur d’un cadre défini par les lois, et des
obligations à ne pas sortir du cadre. Mais ce cadre légal est-il légitime, impossible à contester ?

1ère partie : Le devoir de désobéir est légitime.


a- Désobéir au devoir qui n’est qu’un pouvoir social
Les valeurs du bien et du mal, du juste et de l'injuste, du permis et du défendu sont relatives
aux sociétés et varient selon les cultures considérées. En réalité ce que nous prenons pour la
voix de notre conscience n'est autre que l'écho des impératifs culturels. Le « juge intérieur »
est une pure fiction. Celui qui juge est toujours extérieur, institué, nommé : c'est un représentant
du pouvoir en place. Lorsque les hommes accomplissent leurs devoirs, ils ne font rien d'autre,
par conséquent, que de se conformer aux conventions mises en place, qu'elles soient morales,
juridiques ou autres. Des spécialistes - toujours représentants du pouvoir – sont chargés de
contrôler les comportements humains et de les sanctionner lorsqu'il n'y a pas conformité aux
devoirs prescrits.
La culture nous façonne en nous faisant intégrer le sens du devoir, au point que nous
intériorisons la règle et y obéissons spontanément. On pourrait penser qu’il s’agit d’une
pression sociale irrépressible, d’un déterminisme qui menace notre liberté. Mais l’habitude
d’obéir n’exclut pas la liberté : quand j’hésite à obéir à un devoir, je comprends que je suis
libre.
b- La désobéissance civile
Valoriser le devoir coute que coute, confondre devoir et commandement, peut être aberrant
et injuste, notamment dans un contexte politique oppressif. Les régimes politiques ou les
gouvernants ne visent pas nécessairement le bien de tous. Les décisions les plus arbitraires, les
ordres les plus contestables d’un leader politique sont parfois appliqués avec une violence qui
transforme l’obligation du devoir en contrainte. Or on n’est pas tenu d’obéir à des ordres
injustes. En effet, l’ordre du chef n’est pas une obligation ; ce dernier a même le devoir de
désobéir, y compris dans un Etat de type démocratique lorsque la loi n’est pas juste. Face à un
Etat arbitraire, face à des lois iniques, le citoyen peut découvrir un nouveau devoir, celui de
résister. Dans ce cas on doit désobéir en faveur de la justice elle-même ; c’est ce que préconise
Thoreau en inventant la notion de désobéissance civile pour s’opposer à l’Etat américain. Cette
notion de désobéissance civile est souvent revendiquée de nos jours.
c- Conscience morale et devoir
La conscience morale serait, pour tout homme, un juge intérieur évaluant la valeur de
ses intentions et de ses actions. Il y aurait en chacun une connaissance immédiate du bien et du
mal, du juste et de l'injuste, du permis et du défendu, qui, à la manière d'une voix secrète et
intime, se ferait entendre lors des circonstances importantes de l'existence. C'est pourquoi le
juge le plus implacable qu'un être humain puisse rencontrer ne serait pas le juge nommé et mis
en place par les tribunaux, mais le juge personnel, caché aux yeux d'autrui, qu'il rencontrerait
en lui-même. La voix de ce juge ne saurait se taire : c'est celle qui est énoncerait le devoir et
parlerait à l'impératif.

2ème partie : Le devoir d’obéir aux lois


a- Le devoir oblige mais ne contraint pas.
Traditionnellement, on distingue l’obligation de la contrainte : alors que l’obligation
implique la liberté de choisir, la contrainte évoque plutôt un obstacle extérieur qui induit le
renoncement à la liberté. Le devoir se confond alors avec l’obligation : il oblige, mais ne
contraint pas. Emmanuel Kant (1724-1804), est le fondateur d’une théorie pure du devoir
universel, fondé sur la seule raison. Le devoir nous commande donc d’agir toujours
conformément à la loi morale.
b- Le devoir, un « impératif catégorique » Kant
La meilleure définition du devoir et celle de Kant : c'est l'impératif catégorique. Toutes les
phrases qui débutent par il faut expriment des impératifs. Mais la plupart des impératifs ne sont
pas moraux. Ils ne sont que conditionnels ou hypothétiques : ils ne s'imposent que si on vise
un certain but. Un impératif hypothétique (relatif aux conditions et aux conséquences) est un
devoir et est toujours l'envers d'un droit. Pour Kant l'impératif d'un devoir est au contraire
catégorique (indépendant des conditions et des conséquences) et le devoir ne répond pas au
droit d’autrui mais d'abord à la dignité morale de l'humanité. Peu importe quand l’on ment ou
à qui l'on ment, mentir ne peut jamais être moral.
c- Obéir au devoir légal.
Obéir au devoir politique n’a de sens que si l’autorité est légitime et la loi juste. Si on admet
que les lois sont bonnes, lorsqu’elles veillent au bien commun, alors désobéir aux lois de l’Etat
n’a pas de sens. C’est dommageable à la société mais aussi à celui qui enfreint le pacte social.
Il est bien certain que tous les devoirs d’origine sociale ne sont pas du même ordre et que
certains sont, à la fois, nécessaires et légitimes. Par exemple, le devoir de respecter le code de
la route ne ressemble en rien à une obéissance aveugle, mais se justifie par la valeur que l’on
accorde à la vie en général. Selon Hobbes, ce qui légitime le respect des lois au sein d’un État
démocratique est l’assurance que ce dernier saura préserver la vie et la sécurité de tous ses
citoyens et en particulier des plus faibles ; et c’est dans ce cadre que tout citoyen accepte d’obéir
aux règles de son pays. Si l’état de nature est un « état de guerre de chacun contre chacun »
(Léviathan, Hobbes) où l’homme est, « un loup pour l’homme », l’homme devient un demi-
dieu lorsqu’apparaît une société où chacun est un citoyen dont la vie sera protégée. Les hommes
ont perdu leur indépendance naturelle, mais ont gagné la sécurité et l’égalité de tous devant la
loi.

3ème partie : Les devoirs vis-à-vis d’autrui


(Le devoir n’est pas seulement l’obéissance à la loi mais j’ai aussi des devoirs moraux vis-
à-vis des autres)

a- Autrui est une fin en soi


Par ailleurs, nous pouvons distinguer les êtres raisonnables (notamment l’homme) des
autres êtres en remarquant qu’ils existent comme fin en soi et non seulement comme moyen
dont telle ou telle volonté puisse user à son gré. Les choses n’ont jamais de valeur que pour
nous ; les êtres raisonnables ou personnes ont, au contraire, une valeur absolue. On peut donc
exprimer l’impératif catégorique sous une deuxième forme : « Agis de telle sorte que tu traites
l’humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même
temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. ». Il faut donc respecter
l’humanité : il ne faut pas médire, car c’est affaiblir le respect dû à l’humanité en général. Et il
ne faut évidemment pas asservir l’autre, le traiter en esclave, etc.
b- La pitié est le sentiment naturel du devoir vis-à-vis d’autrui.
Jean-Jacques Rousseau pense que la nature humaine est bonne en soi et que l'expérience
du devoir dérive d'un sentiment naturel, la pitié, par laquelle chacun éprouve une répugnance
à voir souffrir autrui. C’est de cette vertu universelle, qui contrebalance les effets négatifs de
l'amour-propre, que proviennent les vertus sociales (clémence, humanité, amitié, bienveillance,
générosité).
c- Le visage d’autrui exprime mon devoir
Selon Emmanuel Levinas l'accès au visage d'autrui est d'emblée éthique, dit-il, pour
signifier l'interdiction de tuer autrui (ne me tue pas) qu'il nous intime comme un
commandement. Par la fragilité de son visage autrui m'oblige à prendre soin de lui et détermine
ma réponse. Par la fragilité de son visage autrui oblige ma responsabilité. C'est ma relation
avec lui qui est la source de la morale et mes devoirs n'ont de sens qu’à son apparition.

Conclusion :
Le devoir ne me contraint pas à me soumettre : il m'oblige à obéir et c'est bien différent.
J'obéis à la loi morale, parce que je sais qu'elle est juste, et dans ce cas la désobéissance n’a
plus de sens. Le devoir n'a pas une simple valeur d'adaptation sociale, permettant aux êtres
humains de fonder des sociétés durables, il est, plus profondément, une manifestation de la
puissance de la raison, posée comme faculté caractérisant l'homme en tant qu’être conscient,
ayant le statut d'une personne.

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