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TD7-R Corr

Ce document présente des exercices et corrections sur les propriétés des intervalles et des fonctions réelles, y compris des démonstrations sur les images directes et réciproques d'intervalles par des fonctions croissantes. Il aborde également des concepts de majoration et de comparaison de fractions, ainsi que la détermination de bornes pour divers ensembles de réels. Les corrections fournissent des justifications détaillées pour chaque exercice, illustrant les méthodes mathématiques utilisées.

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PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

Intervalle
Exercice 1 (Image directe et réciproque d’un intervalle par une fonction croissante)
Soit f : R → R une fonction croissante et soit I un intervalle de R.
1. Montrer que f −1 (I) est un intervalle de R.
2. Peut-on dire la même chose pour f (I) ?

Correction.

1. Notons J = f −1 (I) = {x ∈ R | f (x) ∈ I}.


Soit (x, y) ∈ J 2 tel que x ≤ y. Montrons que [x, y] ⊂ J.
Soit z ∈ [x, y]. Montrons que z ∈ J i.e. f (z) ∈ I.
On a x ≤ z ≤ y et f croissante donc f (x) ≤ f (z) ≤ f (y).
De plus, (x, y) ∈ J 2 donc (f (x), f (y)) ∈ I 2 et I est un intervalle donc f (z) ∈ I. Ainsi, z ∈ J, donc
J est un intervalle de R .

2. Soient f = 1R+ et I = R . Alors f est croissante de R dans R et R est bien un intervalle de R.


Pourtant f (R) = {0, 1} n’est pas un intervalle (par exemple 0+1
2 / f (R)).

Minimum, maximum
Exercice 2 (Une majoration classique)
1. Montrer ∀t ∈ R, t(1 − t) ≤ 14 .
2. En déduire ∀(x, y) ∈ [0, 1]2 , min (xy, (1 − x)(1 − y)) ≤ 14 .

Correction.

1. Une simple étude de fonction.

2. Soit (x, y) ∈ [0, 1]2 .


On détermine la valeur du min en commençant par comparer xy et (1 − x)(1 − y).
En développant le second membre,

xy ≤ (1 − x)(1 − y) ⇐⇒ xy ≤ 1 − x − y + xy ⇐⇒ x + y ≤ 1.

Distinguons alors deux cas.


Cas où x + y ≤ 1. Alors min (xy, (1 − x)(1 − y)) = xy.
On a y ≤ 1 − x donc en multipliant par x ≥ 0, on obtient

xy ≤ x(1 − x) ≤ 1/4,

d’après 1.. Ainsi,


1
min (xy, (1 − x)(1 − y)) ≤ .
4
Cas 2 où x + y > 1. Alors min (xy, (1 − x)(1 − y)) = (1 − x)(1 − y).
On peut poser x0 = 1 − x et y 0 = 1 − x. Alors (x0 , y 0 ) ∈ [0, 1]2 et x0 + y 0 < 1 donc d’après le premier

Lycée Sainte-Geneviève 1/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

cas, on a
x0 y 0 ≤ 1/4.
i.e.
1
min (xy, (1 − x)(1 − y)) = (1 − x)(1 − y) ≤ .
4
Dans les deux cas, l’inégalité voulue est établie.

Exercice 3 (Comparaison de fractions)


Soient n ≥ 2, a1 , . . . , an des réels et b1 , . . . , bn des réels strictement positifs. Montrer
a1 an a1 + · · · + an a1 an
   
min ,..., ≤ ≤ max ,..., .
b1 bn b1 + · · · + bn b1 bn

Correction. Nous allons nous contenter d’établir la deuxième inégalité :


a1 + · · · + an a1 an
 
≤ max ,..., .
b1 + · · · + bn b1 bn
En effet, une fois celle-ci acquise, il suffit de la reprendre avec les réels −a1 , . . . , −an au lieu de a1 , . . . , an
pour que, par passage à l’opposé, l’inégalité soit renversée et que le max devienne un min.
En effet, une fois la deuxième inégalité acquise, on pourra écrire

n o n o
a1 + · · · + an (−a1 ) + · · · + (−an ) −a1 −an ∗ a1 an
=− ≥ − max + ··· + = min ,..., ,
b1 + · · · + bn b1 + · · · + bn b1 bn b1 bn

où ∗ utilise ∀(x, y) ∈ R2 , − max(x, y) = min(−x, −y).

Initialisation. Pour n = 2. Soit (a1 , a2 ) ∈ R2 et soit (b1 , b2 ) ∈ (R∗+ )2 .


Quitte à échanger, supposons a1 /b1 ≤ a2 /b2 et montrons
a1 + a2 a2
≤ .
b1 + b2 b2
Les dénominateurs étant strictement positifs, cette inégalité équivaut à

(a1 + a2 )b2 ≤ a2 (b1 + b2 ).

Après développement et simplification, on obtient a1 b2 ≤ a2 b1 qui est simplement la retraduction


de l’hypothèse de départ : a1 /b1 ≤ a2 /b2 . Ainsi, l’inégalité voulue est vraie lorsque n = 2.

Hérédité. Soit n ≥ 2 tel que l’inégalité vraie au rang n.


Soit (a1 , . . . , an+1 ) ∈ Rn+1 et soit (b1 , . . . , bn+1 )) ∈ (R∗+ )n+1 . On souhaite établir l’inégalité au rang
n+1 :
a1 + · · · + an + an+1 a1 an an+1
 
≤ max ,..., , .
b1 + · · · + bn + bn+1 b1 bn bn+1
Par regroupement, on se ramène au cas n = 2. Posons α1 = a1 +· · ·+an , α2 = an+1 , β1 = b1 +· · ·+bn
et β2 = b2 . Par l’étude du cas n=2, on peut affirmer que
α1 + α2 α1 α2
 
≤ max , ,
β1 + β2 β1 β2

Lycée Sainte-Geneviève 2/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

ou encore
a1 + · · · + an + an+1 a1 + · · · + an an+1
 
≤ max , .
b1 + · · · + bn + bn+1 b1 + · · · + bn bn+1
On poursuit et on conclut en employant l’hypothèse de récurrence
a1 + · · · + an + an+1 a1 an an+1 a1 an an+1
     
≤ max max ,..., , = max ,..., , .
b1 + · · · + bn + bn+1 b1 bn bn+1 b1 bn bn+1

L’hérédité est établie, ce qui clôt la récurrence.

Borne supérieure, borne inférieure


Exercice 4 (Détermination de bornes)
Pour chacun des ensembles suivants dire s’ils sont majorés ou minorés, s’ils ont un plus grand ou un plus
petit élément, s’ils ont une borne supérieure ou une borne inférieure. Si oui, les déterminer.

1. A = {0, 2, 3, 4}. 4. D = {x ∈ R ∃n ∈ N, x = 1 + n2 }.
1
 
2. B = y ∈ R ∃x ∈]1, 3], y = .
x
1
 
3. C =]0, 1] ∪ [2, 3]. 5. E = x ∈ R ∃n ∈ N∗ , x=1− .
n

Rappels (cours). Un maximum est en particulier une borne supérieure.


Si sup(A) existe et appartient à A, alors max(A) = sup(A).
Par contraposée, si sup(A) existe mais n’appartient pas à A, alors A n’a pas de maximum.

• Pour A :

– A est majorée par 4 et 4 ∈ A, max A = 4 donc sup A = 4 .


– A est minorée par 0 et 0 ∈ A, min A = 0 donc inf A = 0 .

1
n o  
• Remarquons que B = 1
x ∈]1, 3] = , 1 donc :
x 3

1
– B est minorée par 1
et 1
∈ B min B = inf(B) = .
3 3 3
– 1 est un majorant de B.
Montrons que 1 est plus petit que tous les majorants de B.
Soit M un majorant de B. Montrons que M ≥ 1.
Supposons par l’absurde que M < 1.
Comme 13 ∈ B et M est un majorant de B, on a M ≥ 13 .
Posons b0 = 1+M 2 . D’une part, M < 1 donc
1+M
2 < 1. D’autre part, d’où 1+M2 ≥ 32 > 13 . Ainsi,
b0 ∈ B.
Par ailleurs, b0 − M = 1−M
2 > 0 donc M < b0 , ce qui contredit le fait que M soit un majorant
de B. Ainsi, M ≥ 1.
On en déduit que 1 est le plus petit des majorants de B i.e. sup B = 1 .

Lycée Sainte-Geneviève 3/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

– Comme 1 ∈/ B, on en déduit que B n’a pas de maximum (si c’était le cas, alors M = max(B)
et donc M = 1 donc 1 ∈ B, ce qui n’est pas).

• Pour C :

– C est majorée par 3 et 3 ∈ C, donc max C = 3 et sup C = 3 .


– 0 est un minorant de C.
Montrons que 0 est plus grand que tous les minorants de C :
Méthode 1. Soit m un minorant de C. Montrons que m ≤ 0.
Par l’absurde, supposons que m > 0. Alors 0 < m2 < m. Or, m est un minorant de C et 1 ∈ C
donc m ≤ 1 d’où m 2 ∈ C et m
2 < m, ce qui contredit le fait que m soit un minorant de C.
Méthode 2. Soit ε > 0. Montrons que ε n’est pas un minorant de C en trouvant c ∈ C tel
que c < ε.
∗ Si ε ≤ 1, alors on pose c = 2ε , on a 0 < c ≤ 1 ;
∗ Si ε > 1, alors on pose c = 1.
Dans tous les cas, on a 0 < c ≤ 1 donc c ∈ C et c < ε.
Alternative à la disjonction. On peut poser c = min 1, 2ε . Puisque 1 et 2ε > 0, on a c > 0.


Par définition d’un minimum, on a aussi c ≤ 1. Donc c ∈]0, 1] d’où c ∈ C. De plus, on a aussi
c ≤ 2ε et puisque ε > 0, on a 2ε < ε, donc c < ε.
Dans tous les cas, on obtient : inf C = 0 .
– 0∈/ C donc C n’a pas de plus petit élément (sinon, on aurait min(C) = inf(C) = 0 donc 0
appartiendrait à C, ce qui n’est pas).

• D = {1 + n2 | n ∈ N} donc :

– D est minorée par 1 et 1 ∈ D donc min D = inf(D) = 1 .

– D n’est pas majoré : sinon, il existerait M ≥ 1, tel que

∀n ∈ N, 1 + n2 ≤ M.

Méthode 1. PPL quand n → +∞, on obtient√ : M = +∞, ce qui est absurde car M ∈ R.
j√ 2. Alors
Méthode k on aurait ∀n ∈ N, n ≤ M − 1, ce qui est absurde par exemple pour
n0 = M − 1 + 1.
En conséquence, D n’a pas de maximum .
De plus, D est une partie non vide (car 1 ∈ D) et non majorée de R donc, par convention,
sup D = +∞ .
n o 1
• E = 1 − n1 | n ∈ N∗ . Remarquons que pour tout n ∈ N∗ , 0 ≤ 1 − < 1 donc E ⊂ [0, 1[ , donc
n
E est une partie de R, non vide, minorée et majorée donc sup E et inf E existent.

– E est minoré par 0 et 0 ∈ E (pour n = 1) donc min E = 0 = inf(E) .


– 1 est un majorant de E.
Montrons que 1 est plus petit que tous les majorants de E.
Méthode 1. Soit M un majorant de E. Alors : ∀n ∈ N∗ , 1 − 1
n ≤ M.
PPL quand n → +∞, on obtient directement 1 ≤ M .

Lycée Sainte-Geneviève 4/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

Méthode 2. Soit M un majorant de E. Montrons que 1 ≤ M .


Supposons par l’absurde que M < 1. On a : pour tout n ∈ N∗ , 1− n1 ≤ M , donc 0 < 1−M ≤ n1 ,
1
d’où n ≤ .
1 j− M k
Pour n0 = 1−M 1
+ 1 ∈ N∗ , on a une contradiction.
Ainsi, sup E = 1 .
– sup E = 1 et 1 ∈
/ E donc E n’a pas de plus grand élément .

Exercice 5 (Retour sur une propriété de début d’année)


1. Quelle est la borne inférieure de R∗+ ?

2. Soit a un réel tel que (∀ε > 0, |a| ≤ ε). En utilisant la question 1., montrer à nouveau que a = 0.

Correction.

1. 0 est un minorant de R∗+ . De plus, 0 est le plus grand des minorants car si x > 0 alors x n’est pas
un minorant de R∗+ (en effet, x2 ∈ R∗+ et x2 < x). Ainsi, inf(R∗+ ) = 0 .

2. Soit a ∈ R tel que (∀ε > 0, |a| ≤ ε). Alors |a| est un minorant de R∗+ . La borne inférieure étant le
plus grand des minorants, on peut en conclure que |a| ≤ 0, ce qui implique que |a| = 0 puis que
a=0.

Exercice 6 (Supremum positif)


Soit A une partie de R non vide et majorée.

1. On suppose que sup A > 0. Montrer qu’il existe un élément de A strictement positif.

2. On suppose que sup A ≥ 0. Existe t-il un élément de A positif ?

Correction. .

1. Le fait que A soit non vide et majorée assure l’existence de sup A.


Montrons qu’il existe un élément de A strictement positif.
Raisonnons par l’absurde en supposant que tous les éléments de A sont négatifs :

∀ a ∈ A, a ≤ 0

Ainsi, A est majorée par 0, or sup A est le plus petits des majorants, donc sup A ≤ 0 ».
On aurait aussi pu dire « en passant à la borne supérieure (licite), on a sup A ≤ 0 ».
Or d’après l’énoncé sup A > 0, d’où la contradiction.

2. Le cas de A = R∗− montre que l’on peut avoir sup A = 0 sans que A ne contienne aucun élément
positif.

Lycée Sainte-Geneviève 5/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

Exercice 7 (Autour de la borne supérieure)


Soient A et B deux parties non vides et majorées de R.

Par hypothèse, on peut trouver a0 ∈ A et b0 ∈ B, et on sait que sup A et sup B existent et sont des réels.

1. On suppose que A ⊂ B. Comparer sup A et sup B.

On a : ∀b ∈ B, b ≤ sup B.
Soit a ∈ A. Puisque A ⊂ B, on a a ∈ B, donc a ≤ sup B.
Ainsi, ∀a ∈ A, a ≤ sup B, ce qui signifie que sup B est donc un majorant de A.
Or, par définition, sup A est le plus petit des majorants de A donc sup A ≤ sup B .

2. Montrer que : sup(A + B) = sup A + sup B.

• Commençons par justifier l’existence de sup(A + B).


a0 + b0 ∈ A + B, donc A + B est une partie non vide de R.
Pour tout a ∈ A et b ∈ B, on a a ≤ sup A et b ≤ sup B, donc a + b ≤ sup A + sup B.
Ainsi, la partie A + B est majorée par sup A + sup B.
En tant que partie non vide et majorée, on sait alors que sup(A + B) existe et est réel.
De plus, par définition, sup(A + B) est le plus petit des majorants de A + B, donc

sup(A + B) ≤ sup A + sup B.

• Montrons que sup(A + B) ≥ sup A + sup B.


Pour tout a ∈ A, b ∈ B, on a a + b ≤ sup(A + B). Fixons b ∈ B. Donc,

∀a ∈ A, a ≤ sup(A + B) − b .
| {z }
indépendant de a

Ainsi, sup(A + B) − b est un majorant de A. Comme sup A est le plus petit, on a :


sup A ≤ sup(A + B) − b. Puis, b ≤ sup(A + B) − sup A, cela pour tout b ∈ B.
| {z }
indépendant de b
Ainsi, sup(A + B) − sup A est un majorant de B, or, comme sup B est le plus petit, donc
sup B ≤ sup(A + B) − sup A i.e.

sup A + sup B ≤ sup(A + B).

Finalement, on a bien l’égalité : sup A + sup B = sup(A + B) .

Lycée Sainte-Geneviève 6/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

3. Montrer que : ∀λ ∈ R∗+ , sup(λA) = λ sup A.

Soit λ ∈ R∗+ .

• Commençons par justifier l’existence de sup(λA).


λA est une partie non vide de R (car λa0 ∈ λA).
Soit a ∈ A. Alors λa ∈ λA et a ≤ sup A. En multipliant par λ > 0, on obtient : λa ≤ λ sup A.
Ainsi la partie λA est majorée par λ sup A donc sup(λA) existe dans R. En outre, comme par
définition, sup(λA) est le plus petit des majorants de λA, on a : sup(λA) ≤ λ sup A.
• Méthode 1. Montrons que λ sup A ≥ sup(λA).
1
Soit a ∈ A. On a : λa ≤ sup(λA), et comme λ > 0, on a : a ≤ sup(λA) , cela pour
|λ {z }
indépendant de a
1
tout a ∈ A. Ainsi, sup(λA) est un majorant de A, mais puisque sup A est le plus petit on
λ
1
obtient : sup A ≤ sup(λA), puis λ sup A ≤ sup(λA).
λ
Méthode 1 bis. Dans le premier point, on a montré que λ sup(A) est un majorant de λA.
Il suffit donc de montrer que λ sup(A) est inférieur ou égal à tous les majorants de λA, ce
qui revient à utiliser la méthode précédente avec M un majorant quelconque de λA (et non
sup(λA)...), et de montrer que λ sup(A) ≤ M .
On sait que : ∀a ∈ A, λa ≤ M et λ > 0 donc ∀a ∈ A, a ≤ M λ . Ainsi, λ est un majorant de
M

A. Donc sup(A) ≤ M λ , puis λ sup(A) ≤ M .


Méthode 2. En utilisant la caractérisation epsilonesque de la borne supérieure.
On a déjà que λ sup(A) est un majorant de λA.
Soit ε > 0. Trouvons a0 ∈ A tel que λ sup A − ε < λa0 , i.e. tel que sup A − λε < a0 .
Puisque λε > 0, on a sup A − λε < sup A donc d’après la caractérisation epsilonesque de
sup(A) il existe a0 ∈ A tel que sup A − λε < a0 . En multipliant par λ > 0, on obtient
λ sup A − ε < λa0 , où λa0 ∈ λA.
On conclut que λ sup A = sup(λA) .

Finalement, on a bien l’égalité : sup(λA) = λ sup A .

4. On suppose que A ⊂]0, +∞[ et B ⊂]0, +∞[. Montrer que : sup(AB) = (sup A) × (sup B).

• Commençons par justifier l’existence de sup(AB).


AB est une partie non vide de R (car a0 b0 ∈ AB).
Soient a ∈ A et b ∈ B. Alors 0 < a ≤ sup A et 0 < b ≤ sup B.
En multipliant ces inégalités positives, on a : ab ≤ sup A sup B. Ainsi la partie AB est majorée
par sup A sup B donc sup(AB) existe. En outre, comme par définition, sup(AB) est le plus
petit des majorants, on a : sup(AB) ≤ sup A sup B.
• Montrons que sup A sup B ≥ sup(AB).
1
Pour tout a ∈ A et b ∈ B, on a ab ≤ sup(AB) et b > 0 (car B ⊂ R∗+ ) donc a ≤ sup(AB) .
|b {z }
indépendant de a
Fixons b ∈ B. On a
1
∀a ∈ A, a ≤ sup(AB),
b

Lycée Sainte-Geneviève 7/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

1
ce qui montre que sup(AB) est un majorant de A. Or, sup A est le plus petit des majorants
b
1
de A donc sup A ≤ sup(AB).
b
Puisque b > 0 et sup A ≥ a0 > 0, on a aussi :

sup(AB)
b≤ , cela pour tout b ∈ B,
sup A
| {z }
indépendant de b

sup(AB)
ce qui prouve que est un majorant de B. Or, sup B est le plus petit, donc sup B ≤
sup A
sup(AB)
d’où sup A sup B ≥ sup(AB).
sup A
Autre méthode. On montre que sup A sup B est le plus petit des majorants de AB.
Soit M un majorant de AB. Montrons que sup A sup B ≤ M (M joue le même rôle que
sup A sup B dans la preuve précédente).

Finalement, on a bien l’égalité : sup A sup B = sup(AB) .

5. Montrer que : inf(−A) = − sup(A).

• −A = {−a | a ∈ A}. On sait que : ∀a ∈ A, a ≤ sup(A) donc ∀a ∈ A, −a ≥ − sup(A) donc


−A est minorée. Comme de plus, −A est non vide, on en déduit que inf(−A) existe .
En outre, on vient de montrer que − sup(A) est un minorant de −A et on sait que inf(−A)
est le plus grand des minorants de −A donc inf(−A) ≥ − sup(A).
• De plus, ∀a ∈ A, −a ≥ inf(−A) donc ∀a ∈ A, a ≤ − inf(−A) donc − inf(−A) est un majorant
de A. Or, sup(A) est le plus petit donc sup(A) ≤ − inf(−A) d’où inf(−A) ≤ − sup(A).
On en déduit que inf(−A) = − sup(A) .

Exercice 8 (« A < B »)
Soient A et B deux parties de R non vides telles que
∀ a ∈ A, ∀ b ∈ B, a < b.
Montrer que A est majorée, que B est minorée et comparer sup A et inf B.
Donner un exemple de parties de R où il y a égalité entre sup A et inf B.
Correction. .

• Montrons que sup A existe.


Comme B est non vide, il existe b0 ∈ B. On a alors avec l’hypothèse :

∀ a ∈ A, a < b0

Ainsi, A est majorée par b0 .


En tant que partie de R non vide et majorée, cette partie A admet une borne supérieure .

Lycée Sainte-Geneviève 8/26 C. Vergé


PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

• De même, on montre que B admet une borne inférieure.

• Montrons que sup A ≤ inf B.


Reprenons une partie du raisonnement pour montrer l’existence de sup A.
On a vu, que pour b0 ∈ B quelconque, on a

∀ a ∈ A, a ≤ b0

Ainsi, b0 est un majorant de A.


Or sup A est le plus petit des majorants, donc sup A ≤ b0 .
On a donc montré que
∀ b0 ∈ B, sup A ≤ b0
Ainsi, sup A est un minorant de B.
Or inf B est le plus grand des minorants, donc sup A ≤ inf B .

• Pour un exemple de parties de R où on a A < B avec sup A = inf B, on peut prendre A =] − ∞, 12[
et B =]12, +∞[.

Exercice 9 (« Longueur » d’une partie)


Soit A une partie non vide et bornée de R.
On note ∆ = {|x − y| : (x, y) ∈ A2 }. Montrer que
sup ∆ = sup A − inf A.
Correction.

• sup A et inf A existent car A est une partie non vide et bornée de R.

• Montrons que sup ∆ existe.


A est non vide donc on peut trouver a0 ∈ A puis |a0 − a0 | ∈ ∆. Ainsi 0 ∈ ∆ donc ∆ n’est pas vide.
Soit (x, y) ∈ A2 . On a : inf A ≤ x ≤ sup A et inf A ≤ y ≤ sup A, donc

inf A ≤ x ≤ sup A et − sup A ≤ −y ≤ − inf A.

En additionnant les deux inégalités, on obtient :

−(sup A − inf A) ≤ x − y ≤ sup A − inf A,

ce qui signifie que


|x − y| ≤ sup A − inf A.
Ceci étant vrai pour tout (x, y) ∈ A2 , on en déduit que sup A − inf A est un majorant de ∆.
En tant que partie non vide et majorée de R, ∆ admet donc une borne supérieure réelle .
De plus, la borne supérieure étant par définition le plus petit des majorants, on a :

sup ∆ ≤ sup A − inf A.

• Montrons que sup A − inf A ≤ sup ∆.


Soit (x, y) ∈ A2 .

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On a : x − y ≤ |x − y| ≤ sup ∆ puis x ≤ sup ∆ + y, cela étant valable pour tout x ∈ A, on en


déduit que sup A ≤ sup ∆ + y.
On a donc : ∀y ∈ A, y ≥ sup A − sup ∆, ce qui signifie que sup A − sup ∆ est un minorant de A.
Or, inf A est le plus grand des minorants de A donc sup A − sup ∆ ≤ inf A. On a donc :

sup ∆ ≥ sup A − inf A.

Finalement, on a l’égalité : sup ∆ = sup A − inf A .

Exercice 10 (Distance d’un réel à une partie)


Soit A une partie non vide de R.
Pour x ∈ R, on appelle distance de x à A le réel

d(x, A) = inf {|x − a|, a ∈ A} .

Justifier que d(x, A) est bien définie, puis montrer

∀(x, y) ∈ R2 , d(x, A) − d(y, A) ≤ |x − y|.

Correction.

• Puisque A est non vide, on peut trouver a0 ∈ A.


n o
La partie |x − a| , a ∈ A est une partie de R non vide (elle contient |x − a0 |) et minorée (par
0), donc elle admet une borne inférieure réelle.

• Montrons que
∀ (x, y) ∈ R2 , −|x − y| ≤ d(x, A) − d(y, A) ≤ |x − y|.
Soit (x, y) ∈ R2 . Montrons l’inégalité de droite.
D’après l’inégalité triangulaire, on a

∀ a ∈ A, |x − a| ≤ |x − y| + |y − a| .

Par définition de la borne inférieure, on a d(x, A) ≤ |x − a|.


Donc
∀ a ∈ A, d(x, A) ≤ |x − y| + |y − a| .

On a donc
∀ a ∈ A, d(x, A) − |x − y| ≤ |y − a| .
n o
Ainsi, d(x, A) − |x − y| est un minorant de la partie |y − a| , a ∈ A dont la borne inférieure est
d(y, A). Ainsi
d(x, A) − |x − y| ≤ d(y, A).
On aurait aussi pu dire : par passage à la borne inférieure dans les inégalités larges, on en déduit

d(x, A) − |x − y| ≤ inf |y − a| = d(y, A).


a∈A

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On a donc montré l’inégalité de droite

d(x, A) − d(y, A) ≤ |x − y| .

Montrons maintenant l’inégalité de gauche à l’aide de l’inégalité de droite.


On vient de montrer que

∀ (x0 , y 0 ) ∈ R2 , d(x0 , A) − d(y 0 , A) ≤ x0 − y 0

En appliquant cela à x0 = y et y 0 = x, on a

d(y, A) − d(x, A) ≤ |y − x| .

En multipliant par −1, il vient

d(x, A) − d(y, A) ≥ − |y − x|

Comme |y − x| = |x − y|, on obtient l’inégalité de convoitée.

Exercice 11 (Norme infinie)


On rappelle qu’une application f : R → R est dite bornée si ∃M ∈ R+ , ∀x ∈ R, |f (x)| ≤ M. On désigne
par E l’ensemble des fonctions bornées de R dans R. Pour f ∈ E, on appelle norme infinie de f , et on
note kf k∞ , le réel
kf k∞ = sup |f (x)| = sup{|f (x)|, x ∈ R}.
x∈R

1. Définition et séparation. On considère f ∈ E.


(a) Justifier l’existence de kf k∞ et le fait que kf k∞ ∈ R+ .
(b) Établir que : kf k∞ = 0 ⇐⇒ f = 0.

(a) • Notons A = {|f (x)|, x ∈ R}. Puisque |f (0)| ∈ A, on sait que A 6= ∅. Par ailleurs, f est
bornée donc il existe M ∈ R+ tel que : ∀x ∈ R, |f (x)| ≤ M , donc la partie A est majorée
(par M ).
En tant que partie non vide et majorée de R, A admet une borne supérieure réelle .
On note kf k∞ = sup A.
• De plus, kf k∞ ≥ |f (12)| ≥ 0 donc kf k∞ ∈ R+ .
(b) • Supposons que kf k∞ = 0. Comme : ∀x ∈ R, 0 ≤ |f (x)| ≤ kf k∞ = 0, on a : ∀x ∈
R, |f (x)| = 0 donc ∀x ∈ R, f (x) = 0 d’où f = 0.
• Supposons que f = 0. Alors {|f (x)|, x ∈ R} = {0} donc kf k∞ = 0 .
Ainsi, kf k∞ = 0 ⇐⇒ f = 0 .

2. Homogénéité.
(a) Justifier que ∀f ∈ E, ∀λ ∈ R, λf ∈ E.
(b) Montrer que : ∀f ∈ E, ∀λ ∈ R, kλf k∞ ≤ |λ| kf k∞ .
(c) En déduire que : ∀f ∈ E, ∀λ ∈ R, kλf k∞ = |λ| kf k∞ .

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(a) Soient f ∈ E et λ ∈ R. f bornée donc kf k∞ existe et ∀x ∈ R, |f (x)| ≤ kf k∞ . Alors :

∀x ∈ R, |(λf )(x)| = |λf (x)| = |λ| |f (x)| ≤ |λ| kf k∞ .

Ainsi, λf est bornée donc λf ∈ E .


(b) Soient f ∈ E et λ ∈ R. On a montré à la question précédente que : ∀x ∈ R, |(λf )(x)| ≤
|λ| kf k∞ . Ainsi, |λ| kf k∞ est un majorant de B = {|(λf )(x)|, x ∈ R}. Comme kλf k∞ =
sup B est le plus petit des majorants de B, on a :

∀f ∈ E, ∀λ ∈ R, kλf k∞ ≤ |λ| kf k∞ .

(c) Soient f ∈ E et λ ∈ R.
• Si λ 6= 0, on peut appliquer le résultat précédent au réel 1
λ et à la fonction λf . Il vient :

1 1
λf ≤ kλf k∞ ,
λ ∞ λ

d’où |λ| kf k∞ ≤ kλf k∞ .


• Si λ = 0, alors λf = 0 donc kλf k∞ = 0, et en particulier on a encore |λ| kf k∞ ≤ kλf k∞ .
Ainsi, dans tous les cas :
|λ| kf k∞ ≤ kλf k∞ .
La question précédente permet de conclure que :

kλf k∞ = |λ| kf k∞ .

3. Sous-additivité. Soit (f, g) ∈ E 2 . Montrer que f + g ∈ E puis établir que kf + gk∞ ≤ kf k∞ +


kgk∞ .

• f et g sont bornées donc kf k∞ et kgk∞ existent et

∀x ∈ R, |f (x)| ≤ kf k∞ et |g(x)| ≤ kgk∞ .

Par inégalité triangulaire, il vient :

∀x ∈ R, |(f + g)(x)| = |f (x) + g(x)| ≤ |f (x)| + |g(x)| ≤ kf k∞ + kgk∞ ,

d’où f + g est bien bornée et f + g ∈ E .


• De plus, kf k∞ + kgk∞ est un majorant de C = {|(f + g)(x)|, x ∈ R}, et kf + gk∞ est le plus
petit des majorants de C donc

kf + gk∞ ≤ kf k∞ + kgk∞ .

Les trois points précédents permettent de montrer que k·k∞ est une norme sur E.

4. Exemples.

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(a) On considère f : R → R . Calculer kf k∞ .


1
x 7→
1 + x2

1
Soit x ∈ R. On a : x2 + 1 ≥ 1 donc 0 ≤ ≤ 1 d’où |f (x)| = f (x) ≤ 1. On en déduit que
1 + x2
f est bornée et que kf k∞ ≤ 1.
De plus, kf k∞ ≥ |f (0)| = 1.
Finalement, kf k∞ = 1 .

(b) On considère g : R → R . Donner le tableau de variations de g puis établir avec soin


e2x − 1
x 7→ 2x
e +1
que kgk∞ = 1.

g est définie sur R car ∀x ∈ R, e2x + 1 ≥ 1 > 0. g est dérivable sur R et après calculs :
4e2x
∀x ∈ R, g 0 (x) = 2x > 0. Ainsi, g est strictement croissante sur l’intervalle R.
(e + 1)2
Par ailleurs, lim g(x) = −1 . En factorisant par e2x au numérateur et au dénominateur, on
x→−∞
1 − e−2x
obtient : ∀x ∈ R, g(x) = donc lim g(x) = 1 . D’après le tableau de variations,
1 + e−2x x→+∞
il est clair que ∀x ∈ R, −1 < g(x) < 1 donc |g(x)| < 1 et a fortiori |g(x)| ≤ 1. Ainsi, g est
bornée et kgk∞ ≤ 1.
e2x − 1 1 − e−2x
Par ailleurs, ∀x ∈ R, kgk∞ ≥ |g(x)| = = . Par passage à la limite quand
e2x + 1 1 + e−2x
x → +∞, il vient : kgk∞ ≥ 1. On a donc bien : kgk∞ = 1 .
ex − e−x shx
Remarque. ∀x ∈ R, g(x) = = = thx.
e +e
x −x chx

(c) On considère, pour tout n ∈ N, la fonction hn : x 7→ xn définie sur [0, 1]. Déterminer khn k∞ .

Soit n ∈ N. On a : ∀x ∈ [0, 1], xn ≤ 1 donc sup xn ≤ 1.


x∈[0,1]
De plus, pour x = 1, on a sup xn ≥ 1n = 1.
x∈[0,1]
Ainsi, khn k∞ = 1 .

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Exercice 12 (Une fonction définie à l’aide d’un sup)


Soit f : R → R une fonction majorée. n o
Pour tout y ∈ R, on pose f ∗ (y) = sup f (x) | x ≤ y , que l’on note encore sup f (x).
x≤y

1. Justifier le fait que f∗ est bien définie.


2. Déterminer f ∗ dans le cas où f est croissante.
3. Étudier la monotonie de f ∗ .

Correction. Notons pour tout y ∈ R, Ey := {f (x) | x ≤ y} = f (] − ∞, y]), de sorte que f ∗ (y) = sup Ey .

1. Soit y ∈ R. L’ensemble Ey est une partie de R (car f est à valeurs réelles), non vide (car f (y) ∈ Ey )
et majorée (car f l’est) donc Ey admet une borne supérieure réelle. Ainsi, f ∗ (y) existe et est réel .

2. On suppose f croissante. Soit y ∈ R. Déterminons f ∗ (y).


Soit x ∈ R tel que x ≤ y.
Alors, par croissance de f , on a f (x) ≤ f (y). Ainsi, f (y) est un majorant de Ey et appartient à
Ey donc max Ey = f (y) = sup Ey , c’est-à-dire f ∗ (y) = f (y).
Ainsi, f ∗ = f lorsque f est croissante .

3. Soit (y, z) ∈ R2 tel que y ≤ z.


On a ∀x ∈ R, x ≤ y =⇒ x ≤ z, donc Ey ⊂ Ez .
Par « croissance » de la borne supérieure, on a sup(Ey ) ≤ sup(Ez )

Détaillons. On a : On a ∀e ∈ Ey , e ∈ Ez donc ∀e ∈ Ey , e ≤ sup Ez donc sup Ez est un majorant de Ey .

Or sup Ey est le plus petit des majorants de Ey donc sup Ey ≤ sup Ez .

i.e. f ∗ (y) ≤ f ∗ (z), ce qui prouve que f ∗ est croissante sur R .

Exercice 13 (Une partie de Q sans borne supérieure)


On considère l’ensemble des rationnels Q muni de la relation d’ordre usuelle.
Montrer que l’ensemble {x ∈ Q | x2 ≤ 2} n’admet pas de borne supérieure dans Q.
√ √
Correction. Notons A = {x ∈ Q | x2 ≤ 2}. On a donc √ A = [− 2, 2] ∩ Q ⊂ Q.
A est une partie non vide (car 0 ∈ A) et majorée (par 2) de Q, donc de R. Puisque R vérifie la propriété
de la borne supérieure, on sait que A admet une borne supérieure réelle, que l’on notera s = sup A.
Raisonnons
√ par l’absurde en supposant que s ∈ Q. √
Puisque 2 est un√majorant de A et s est √ le plus petit, on a s ≤ 2.
Comme s ∈ Q et 2 ∈ / Q, on a même s < 2.
Par densité de
√ Q dans R (tout intervalle non trivial contient un rationnel), on peut trouver r ∈ Q tel
que s < r < 2.
Puisque 0 ∈ A et s majore A, on a 0 ≤ s. On a donc

0 ≤ s < r < 2.

Par croissance de x 7→ x2 sur R+ , on a r2 ≤ 2 et de plus r ∈ Q, donc r ∈ A.


Or r > s = sup A : contraction.
On en déduit que :

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? s ∈ R \ Q;

? Q ne vérifie par la propriété de la borne supérieure (puisque la partie A est un exemple de partie
non vide et majorée de Q, sans borne supérieure dans Q).

Partie entière
Exercice 14 (Propriétés de la partie entière)
Démontrer les assertions suivantes :

1. ∀(x, y) ∈ R2 , x ≤ y =⇒ bxc ≤ byc 3. ∀x ∈ R, ∀n ∈ Z, bx + nc = bxc + n.

2. ∀n ∈ Z, bnc = n. 4. ∀x ∈ R \ Z, b−xc = −bxc − 1.

Correction.

1. Soit (x, y) ∈ R2 tel que x ≤ y. On a : bxc ≤ x ≤ y. Or, par définition, byc est le plus grand entier re-
latif à être inférieur ou égal à y, donc bxc ≤ byc. Ainsi, la fonction partie entière est croissante sur R .
Alternative. On a aussi : bxc ≤ x ≤ y < byc + 1 donc bxc < byc + 1. Par propriété des entiers,
on a alors bxc ≤ byc + 1.
Remarque. La réciproque est fausse puisque b3, 4c = 3 = b3c alors que 3, 4 > 3.

2. Soit n ∈ Z. Alors n ≤ n < n + 1. Par unicité d’un tel entier, n = bnc .


Alternative. On a bnc ≤ n < bnc + 1. Puisque ce sont des entiers, on a bnc ≤ n ≤ bnc, donc
bnc = n .

3. Soient x ∈ R et n ∈ Z. On a :

bx + nc ≤ x + n < bx + nc + 1 et bxc + n ≤ x + n < bxc + n + 1.


| {z } | {z }
∈Z ∈Z

Par unicité de la partie entière, on a : bx + nc = bxc + n .

4. x 6∈ Z donc bxc =
6 x et bxc < x < bxc + 1 donc −bxc − 1 < −x < − bxc, ce qui se ré-écrit

−bxc − 1 < −x < (−bxc − 1) + 1.


| {z }
∈Z

Par unicité d’un tel entier, on en déduit que b−xc = −bxc − 1 .


Remarque. Pour tout x ∈ Z, on a −x ∈ Z donc b−xc = −x d’après 2.

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Exercice 15 (Limites)
1
 
+x
√ 1
 
x
Calculer les limites suivantes : 1) lim x 2) lim .
x→0 1
 
x→0 x
x>0 x>0 −x
x

1 1 1 √ √ 1 1 √
     
1) Soit x > 0. On a − 1 < donc √ − x < x . Or, lim √ − x = +∞ donc, par
x x x x x→0 x
x>0
√ 1
 
domination, lim x = +∞ .
x→0 x
x>0

1
 
2) Méthode 1. On a une FI du type +∞
+∞ donc on factorise par (on factorise par le terme
x
prépondérant). j k
Pour x ∈]0, 1[, on a 1
x > 1 donc 1
x 6= 0 donc

x
1 1+ j k
 
+x 1
x
x
= x .
1 1 −
−x j
1
k
x x

1 1 1 x
   
Or, pour tout x > 0, −1< , donc lim = +∞, d’où lim   = 0.
x x x→0 x x→0 1
x>0 x>0
x
x
1+ 1
 
+x
j k
1
x x
Ainsi, lim = 1 donc lim   =1.
x→0 1 − j x k x→0 1
x>0 1 x>0 − x
x
x
Méthode 2. Pour x ∈]0, 1[, on écrit :
j k j k
1
x +x 1
x − x + 2x 2x
j k = j k =1+ j k −−−−→ 1 + 0 = 0,
1 1 1 x→0+
x −x x −x x − x

1
 
car on a encore lim = +∞.
x→0 x
x>0

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Exercice 16 (Des études de fonctions)


x x+1
 
Montrer que les fonctions f : x 7→ b3xc − 3x et g : x 7→ − sont périodiques.
2 2
Tracer l’allure des courbes.

Correction.

• Soit x ∈ R. On a
1 1 1
      
f x+ = 3 x+ −3 x+
3 3 3
= b3x + 1c − 3x − 1
= b3xc + 1 − 3x − 1
= b3xc − 3x
= f (x).

Cela montre
h
que
h
la fonction f : x 7→ b3xc − 3x est 13 -périodique.
Pour x ∈ 0, 13 , on a 3x ∈ [0, 1[ donc b3xc = 0 donc f (x) = −3x. Cela permet de tracer la courbe
h h
de f sur 0, 31 . On obtient ensuite la courbe de f sur R par translation en utilisant la 31 -périodicité.

• Soit x ∈ R. On a
x+2 (x + 2) + 1
 
g(x + 2) = −
2 2
x x+1
 
= +1− +1
2 2
x x+1
 
= +1− −1
2 2
x x+1
 
= −
2 2
= g(x).
j k
Cela montre que la fonction g : x 7→ x
2 − x+1
est 2-périodique.
j 2k
Pour x ∈ [−1, 1[, on a x+1
2 ∈ [0, 1[ donc x+1
2 = 0 donc g(x) = x2 .

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Exercice 17 (Une identité)

1. Montrer ∀x ∈ R, bxc + bx + 1/2c = b2xc.


j k j k
2. Généralisons. Montrer ∀ x ∈ R, ∀ n ∈ N∗ , bxc + x + 1
n + ··· + x + n−1
n = bnxc.

Correction.

1. On note {x} = x − bxc la partie fractionnaire de x. L’égalité souhaitée devient alors :

bxc + bbxc + {x} + 1/2c = b2bxc + 2{x}c .

En tenant compte du fait que bxc est un entier, l’égalité précédente est équivalente à :

bxc + bxc + b{x} + 1/2c = 2bxc + b2{x}c.

Le résultat sera donc établi si l’on montre que :

b{x} + 1/2c = b2{x}c.

On sait que {x} appartient à [0, 1[, il n’y a plus qu’à faire une disjonction de cas, suivant que
{x} ∈ [0, 1/2[ ou {x} ∈ [1/2, 1[, chacun des deux cas étant trivial.

2. Généralisons le résultat de la question précédente. Soit n ∈ N∗ .


n−1
X k

Montrons que la fonction f : x 7→ x+ − bnxc est nulle sur R. Pour cela, on va montrer
k=0
n
h h
que f est n -périodique
1
et nulle sur 0, n1 .

Lycée Sainte-Geneviève 18/26 C. Vergé


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On a :
n−1
1 1 k 1
  X      
∀x ∈ R, f x + = x+ + − n x+
n k=0
n n n
n−1
X k+1

= x+ − bnx + 1c
k=0
n
n 
k

= x+ − bnxc − 1
X

k=1
n
n−1
X k 0 n
    
= x+ − x+ + x+ − bnxc − 1
k=0
n n n
= f (x) − bxc + bx + 1c − 1
= f (x).

Donc f est n1 -périodique.


De plus, f est clairement nulle sur [0, 1/n[, puisque tous les termes que l’on écrit dans l’expression
de f (x) sont alors nuls.
Soit x ∈ [0, 1/n[. Alors nx ∈ [0, 1[ donc bnxc = 0.
De plus, pour tout k ∈ J0, n − 1K, on a :

k 1 1
0≤ ≤1− et 0≤x<
n n n
donc
k
0≤x+ <1
n
j k
d’où x + k
n = 0. Ainsi, f (x) = 0 .

n−1
X k

On en déduit que f est nulle sur R, donc ∀ x ∈ R, x+ = bnxc.
k=0
n

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Exercice 18 (Des résultats)


Soient (x, y) ∈ R2 et n ∈ N∗ .

1. Montrer n bxc ≤ bnxc .

On a bxc ≤ x < bxc + 1 donc en multipliant par n > 0, on obtient n bxc ≤ nx.
Or, n bxc ∈ Z. Et, par définition, bnxc est le plus grand entier relatif à être inférieur à nx donc :
n bxc ≤ bnxc .

bnxc
 
2. Montrer = bxc .
n

Rédaction 1.
bnxc
• D’une part, d’après 1., n bxc ≤ bnxc, et puisque 1
n ≥ 0, on a bxc ≤ .
n
bnxc bnxc
 
Or, bxc est un entier ≤ et est le plus grand donc
n n

bnxc
 
bxc ≤ .
n

Sinon, on utilise le fait que bxc ∈ Z et b·c est croissante.


bnxc bnxc
 
• D’autre part, par définition de la partie entière, on a ≤ et bnxc ≤ nx et n > 0
n n
donc par transitivité
bnxc
 
≤ x.
n
bnxc bnxc
   
Puisque ∈ Z, et par définition de bxc, on en déduit que ≤ bxc (ou bien par
n n
croissance de b·c).

Rédaction 2. On a n bxc ≤ bnxc ≤ nx, et n ≥ 0 donc

bnxc
bxc ≤ ≤ x.
n
Par croissance de b·c, et puisque bxc ∈ Z, on a :

bnxc
 
bxc = bbxcc ≤ ≤ bxc .
n
j k
bnxc
Par antisymétrie, on conclut que n = bxc .

Lycée Sainte-Geneviève 20/26 C. Vergé


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3. Montrer bxc + bx + yc + byc ≤ b2xc + b2yc . Indication : on pourra utiliser les parties fractionnaires.

Méthode 1 [avec les parties fractionnaires]. On écrit

x = bxc + δ et y = byc + µ,

avec δ = x − bxc ∈ [0, 1[ et µ = y − byc ∈ [0, 1[. Alors


 
 
 
b2xc = 2 bxc +2δ  = 2 bxc + b2δc ,
 
| {z }
∈Z
b2yc = b2 byc + 2µc = 2 byc + b2µc
et
bx + yc = bbxc + δ + byc + µc = bxc + byc + bδ + µc .

L’inégalité demandée à la question 3. est alors équivalente à :

bδ + µc ≤ b2δc + b2µc ,

ce l’on vérifie aisément en distinguant successivement les cas où (δ, µ) ∈ [0, 21 [2 , (δ, µ) ∈ [ 12 , 1[2 et
0 ≤ δ < 21 ≤ µ < 1.
Méthode 2.
1
• D’après 1., 2 bxc + 2 byc ≤ b2xc + b2yc donc bxc + byc ≤ (b2xc + b2yc).
2
1
• Il suffit donc de montrer que : bx + yc ≤ (b2xc + b2yc) .
2
1
On a : bx + yc ≤ x + y = (2x + 2y).
2
Or, 2x < b2xc + 1 et 2y < b2yc + 1 donc 2x + 2y < b2xc + b2yc + 2 d’où
1 1
bx + yc ≤ x + y = (2x + 2y) < (b2xc + b2yc) + 1.
2 2
1
Ainsi, comme les quantités en jeu sont des entiers : bx + yc ≤ (b2xc + b2yc), ce qui conclut
2
la preuve.

Lycée Sainte-Geneviève 21/26 C. Vergé


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Exercice 19 (Comptage d’entiers dans un segment)


Soit (a, b) ∈ R2 tel que a ≤ b. Montrer Card [a, b] ∩ Z = bbc + b1 − ac.


Correction. On distingue deux cas.

• Supposons a ∈ Z.
La partie [a, b] ∩ Z = Ja, bbcK possède alors bbc − a + 1 éléments.
Par ailleurs, dans ce cas, 1 − a ∈ Z, donc b1 − ac = 1 − a, et on a bien

bbc + b1 − ac = bbc + 1 − a.

• Supposons a 6∈ Z.
La partie [a, b] ∩ Z = Jbac + 1, bbcK possède alors bbc − (bac + 1) + 1 = bbc − bac éléments.
Par ailleurs, dans ce cas, b1 − ac = − bac.
En effet, on a, par définition de la partie entière et puisque a ∈
/ Z, l’encadrement bac < a < bac + 1,
donc − bac < 1 − a < − bac + 1.
Ainsi, on a bien
bbc + b1 − ac = bbc − bac , ce qui conclut.

Exercice 20 (Un calcul)


n  
k nn+1
  
Pour tout n ∈ N, montrer que =
X
.
k=0
2 2 2
 n 2 1 − (−1)n
Montrer que cette somme vaut encore − .
2 8
n  
k n
 
Correction. . Soit n ∈ N. Notons Sn = = 0 + 0 + 1 + 1 + ··· + .
X

k=0
2 2
Distinguons les cas.

Premier cas. Supposonsk n est impair.k Alors on peut trouver p ∈ N tel que n = 2p + 1.
n j j
On a 2 = p + 2 = p et 2 = bp + 1c = p + 1 et il y a 2p + 2 termes dans S2p+1 donc
1 n+1

p(p + 1) n n+1
  
Sn = S2p+1 = 0 + 0 + 1 + 1 + · · · + p + p = 2 × = p(p + 1) = .
2 2 2

Deuxième cas. Supposons jn estkpair.


j Alorsk on peut trouver p ∈ N tel que n = 2p.
On a n2 = bpc = p et n+1 = p + 21 = p et il y a 2p + 1 termes dans S2p donc
 
2

(p − 1)p n n+1
  
Sn = S2p = 0+0+1+1+· · ·+(p−1)+(p−1)+p = 2× +p = p(p−1+1) = p2 = .
2 2 2

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PCSI 2 TD 7 - L’ensemble des réels (Correction) Année 2025-2026

1 − (−1)n  0 si n est pair


Ré-écriture. Remarquons que = 1 Donc, dans le premier cas :


8 si n est impair.
4

1 1 1 − (−1)n
2  2
n

Sn = S2p+1 = p2 + p = p + − = − ,
2 4 2 8
et dans le deuxième cas :
1 − (−1)n
 2  2
n n
Sn = S2p = p2 = = − .
2 2 8

Dans tous les cas,


n+1 1 − (−1)n
 2
n n
  
Sn = = − .
2 2 2 8


Exercice 21 (Z + 3Z)

1. Montrer que, pour tout n ∈ N∗ , il existe (an , bn ) ∈ (N∗ )2 tel que


√ √
(2 + 3)n = an + bn 3 et 3b2n = a2n − 1.

Correction. Par récurrence sur n ∈ N∗ .


Pour n = 1, a1 = 2 et b1 = 1 conviennent.
Soit n ∈ N∗ . Supposons la propriété établie au rang n. On écrit :
√ √ √ √
(2 + 3)n+1 = (2 + 3)(an + bn 3) = 2an + 3bn + 3 (an + 2bn ) .
| {z } | {z }
an+1 bn+1

Il suffit de poser an+1 = 2an + 3bn ∈ N∗ et bn+1 = an + 2bn ∈ N∗ .


On a alors : 3b2n+1 − a2n+1 = −a2n + 3b2n = −1.
L’hérédité est établie, ce qui clôt la récurrence.


2. Soit n ∈ N∗ . Montrer que la partiej entière dek (2 + 3)n est un entier impair.

Indication : on pourra montrer (2 + 3)n = 2an − 1.

Correction.
j √ nk
• Comme suggéré, montrons (2 + 3) = 2an − 1, ce qui revient à montrer

2an − 1 ≤ (2 + 3)n < 2an .
√ √ √
• D’une part, on a : 3b2n = a2n −1 donc bn 3 = a2n − 1 < an donc (2+ 3)n = an +bn 3 < 2an .
p

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• D’autre part, on a :
√ √
2an − 1 ≤ (2 + 3)n ⇐⇒ 0 ≤ an − 1 ≤ bn 3
⇐⇒ (an − 1)2 ≤ 3b2n
⇐⇒ a2n − 2an + 1 ≤ a2n − 1
⇐⇒ 2 ≤ 2an
⇐⇒ 1 ≤ an ,

ce qui est vrai car an ∈ N∗ .


• Ainsi, on a obtenu √
3)n < 2an ,
2an − 1 ≤ (2 +
j √ k j √ k
ce qui signifie (2 + 3)n = 2an − 1, donc (2 + 3)n est bien un entier impair .

Densité
Exercice 22 (Densité des rationnels et des irrationnels dans R)
Le but de cet exercice est de montrer que Q est dense dans R i.e. qu’entre deux réels, on peut toujours
trouver un rationnel.
Soit (x, y) ∈ R2 tel que x < y.

1. (a) Montrer qu’il existe q ∈ N∗ tel que qy − qx > 1.


(b) Montrer qu’il existe p ∈ Z tel que qx < p < qy.
(c) Conclure.

2. Applications.

(a) Montrer qu’il existe ξ ∈ R \ Q tel que x < ξ < y. On dit alors que
√ R \ Q est dense dans R.
Indication : on pourra utiliser sans démonstration le fait que 2 ∈ R \ Q.
(b) Justifier que tout intervalle non trivial de R contient au moins un rationnel et un irrationnel.

Correction.

1
 
1. (a) Il suffit de prendre q = +1 .
y−x
1 1
 
En effet, > 0 donc ∈ N puis q ∈ N∗ .
y−x y−x
(b) On prend p = bqxc + 1.
Par définition de bqxc, on a qx < p. De plus, bqxc ≤ qx donc p ≤ qx + 1 < qy d’après 1.
p
(c) En divisant par q > 0 dans l’inégalité précédente, on trouve : x < < y . Or, (p, q) ∈ Z × N∗
q
p
donc q ∈ Q. On a donc montré qu’entre deux réels distincts x et y, on peut toujours trouver
un rationnel, ce qui signifie que Q est dense dans R .

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p p
A retenir. Pour montrer qu’il existe un rationnel tel que x < < y, montrons qu’il existe p ∈ Z
q q
et q ∈ N∗ tels que qx < p < qy.

(a) Pour avoir un entier p entre deux réels, il faut qu’ils soient distant de plus de 1.Donc on
 montre
1 1
d’abord : ∃q ∈ N∗ , qy − qx > 1 i.e. tel que q > . Il suffit de poser q = + 1.
y−x y−x
(b) Dès lors, on pose p = bqxc + 1 qui permet d’avoir qx < p < qy.
p
(c) En conclusion : x < < y.
q

2. Applications.
√ √ √ √
(a) On a : x− 2 < y − 2 et par densité de Q dans R, il existe r ∈ Q tel que x− 2 < r < y − 2
donc √
x < r + 2 < y.
√ √ √ √
Vérifions que r + 2 ∈ R \ Q : si r + 2 ∈ Q, alors on aurait 2 = r + 2 + (−r) ∈ Q, ce qui
| {z } | {z }
∈Q ∈Q

est absurde. Ainsi, r + 2 ∈ R \ Q.
On a donc montré qu’on peut toujours insérer un irrationnel entre deux réels : ce qui signifie
que R \ Q est dense dans R .
(b) Soit I un intervalle non trivial de R. Alors il existe (x0 , y0 ) ∈ I 2 tel que x0 < y0 . D’après
les questions précédentes, il existe alors r ∈ Q tel que x0 < r < y0 . Ainsi, r ∈ [x0 , y0 ] et
[x0 , y0 ] ⊂ I (puisque I est un intervalle) donc I contient au moins un rationnel.
De même, par densité des irrationnels dans R, il existe ζ ∈ R \ Q tel que ζ ∈ [x0 , y0 ] ⊂ I.
Donc I contient au moins un irrationnel.

Exercice 23 (Une équation fonctionnelle)


1. Soit f : R → R une fonction croissante vérifiant ∀(x, y) ∈ R2 , f (x + y) = f (x) + f (y).
Montrer que : ∀x ∈ R, f (x) = xf (1).

• Commençons par remarquer que f (0) = 0 et que f est impaire.


• Par récurrence sur n ∈ N, on montre que ∀x ∈ R, f (nx) = nf (x) (on peut même fixer x ∈ R
avant la récurrence). En particulier, pour tout n ∈ N, f (n) = nf (1).
• On en déduit que ∀k ∈ Z, f (k) = kf (1). En effet, si k ∈ Z− , k = −n avec n ∈ N, alors
f (k) = f (−n) = −f (n) = −nf (1) = kf (1).
p
• On montre que ∀r ∈ Q, f (r) = rf (1). Soit r ∈ Q. Alors ∃(p, q) ∈ Z × N∗ , | r = . D’où
q
p = qr.
D’une part, puisque p ∈ Z, on a f (p) = pf (1), et d’autre part, puisque q ∈ N∗ , on a f (qr) =
qf (r).
On en déduit que pf (1) = qf (r) puis f (r) = pq f (1) i.e. f (r) = rf (1).
b10n xc
• On montre que ∀x ∈ R, f (x) = xf (1). Soit x ∈ R. Pour tout n ∈ N, posons xn = et
10n
1
yn = xn + n . Alors (xn ) ∈ QN , (yn ) ∈ QN , lim xn = lim yn = x et ∀n ∈ N, xn ≤ x ≤ yn .
10 n→+∞ n→+∞

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Par croissance de f , on a :

∀n ∈ N, f (xn ) ≤ f (x) ≤ f (yn ) i.e. xn f (1) ≤ f (x) ≤ yn f (1).

PPL quand n → +∞, il vient : xf (1) ≤ f (x) ≤ xf (1), d’où f (x) = xf (1) .

2. Déterminer toutes les fonctions croissantes de R dans R vérifiant ∀(x, y) ∈ R2 , f (x + y) = f (x) +


f (y).

Procédons par analyse-synthèse.

• Soit f : R → R croissante telle que ∀(x, y) ∈ R2 , f (x + y) = f (x) + f (y). Alors d’après la


question 1., pour tout x ∈ R, f (x) = xf (1). Il existe donc a ∈ R tel que pour tout x ∈ R,
f (x) = ax.
f (x) − f (y)
De plus, f doit être croissante donc pour tout x 6= y, a = doit être positif.
x−y
Les fonctions f solutions sont donc parmi les fonctions linéaires à coefficient directeur positif.
• Réciproquement, les fonctions linéaires vérifient l’équation fonctionnelle et sont croissantes.

Ainsi, les solutions du problèmes sont les fonctions linéaires à coefficient directeur positif .

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