CYCLE DES ELEVES GPX
MODULE : APPLIQUER LE CODE DE PROCEDURE PENALE
PREMIERE PARTIE
Volume Horaire Prévu : 30 Heures
Introduction
La procédure pénale constitue la troisième branche du droit pénal, après
le droit pénal spécial et le droit pénal général. C’est une science très
importante du Droit en ce sens que sans elle, les notions dégagées en DPG
et DPS ne peuvent recevoir application.
La procédure pénale consacre donc la mise en œuvre concrète du droit
pénal. En effet, il s’agit de l’ensemble des règles strictes qui régissent la
constatation des infractions, la recherche des auteurs de celles-ci, la
traduction de ceux-ci devant les juridictions répressives ainsi que
l’exécution des décisions de ces dernières.
La procédure pénale a donc pour objet la règlementation du procès pénal,
l’organisation de la compétence des différentes juridictions appelées à
connaitre de l’infraction, la détermination des règles à suivre et des
formes à respecter pour la recherche, la constatation des infractions, la
poursuite de leurs auteurs, des modes de preuve et de leur établissement.
En outre, elle a pour objet le jugement de l’auteur réel ou supposé de
l’infraction et enfin la réglementation de l’autorité et des effets de la
décision pénale ainsi que les voies de recours susceptibles d’être exercées
contre ledit jugement.
Il convient de noter que la procédure pénale se fonde sur certains
principes qui sont :
Le principe de la présomption d’innocence ;
Le principe du caractère professionnel du juge
Le principe de l’unité de la justice pénale et de la justice civile ;
Le principe du double degré des juridictions ;
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Le principe de la séparation des fonctions de poursuite,
d’instructions et de jugement ;
Le principe de la collégialité des juridictions sur le plan de la prise
des décisions ;
L’ensemble de ces règles et principes consacrés par la loi n° 61-33 du 14
aout 1961 portant institution du code de procédure pénale et ses textes
modificatifs subséquents concilie deux objectifs : la protection des
personnes mises en cause à tort ou à raison et la protection de la société
en réprimant les délinquants.
Cependant, la procédure pénale doit être distinguée d’autres branches
voisines comme la procédure disciplinaire et la procédure administrative.
1. Evolution de la procédure pénale
La procédure pénale dans ses formes primitives est toujours de type
accusatoire. Cette forme de procédure tire son nom du fait qu’elle est
déclenchée par une accusation qui provient de la victime (cette forme de
procédure privilégie l’intérêt individuel. Ce type de procédure a pour
principales caractéristiques la publicité, l’oralité et la contradiction. Ainsi,
le procès pénal est nourri par l’opposition entre la personne accusée et la
personne accusatrice.
La procédure de type accusatoire s’oppose à celle de type inquisitoire
qui lui a succédé.
La procédure inquisitoire prend naissance au sein des juridictions
ecclésiastiques. Elle privilégie l’intérêt social, la poursuite pénale est
déclenchée par un juge, doté des prérogatives énormes : le ministère
public. Elle tire son nom de la formalité initiale qui domine tout le
déroulement du procès et qui pèse sur sa solution : il s’agit de
l’inquisition ou enquête. Ce type de procédure est caractérisé par le
secret, l’écrit et l’absence totale de contradiction. La procédure de type
inquisitoire a généré beaucoup d’abus. Pour y mettre fin, le code
d’instruction criminelle du 16 décembre 1808 a adopté une solution de
compromis : type inquisitoire à toute la phase du procès pénal qui précède
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l’audience de jugement, procédure de type accusatoire recevant
application pour la suite.
Dans le cadre de ce cours, nous étudierons successivement les différentes
actions en justice (1ère partie) et les organes intervenant dans le procès
pénal (2ème partie).
1ère partie : Les actions en justice
Toute infraction à la loi pénale, qu’elle soit un crime, un délit ou une
contravention, donne naissance, contre son auteur à une action
déclenchée par le ministère public ou parquet : action publique.
Il en existe deux catégories : l’action publique (chapitre I) et l’action civile
(chapitre II).
Chapitre I : L’action publique
L’action publique est l’action exercée devant les juridictions répressives
par le Ministère Public au nom de la société, pour faire prononcer la
peine encourue par l’auteur d’une infraction.
L’action publique appartient à l’Etat qui représente la société.
Mais, à qui est confié l’action publique ? et contre qui peut être l’action
publique ? comment l’action publique est déclenchée ?
Section 1 : Les sujets de l’action publique
Il s’agit des personnes qui exercent l’action publique (sujets actifs ou
demandeurs) et celles contre lesquelles cette action est exercée (sujets
passifs ou défendeur).
Paragraphe 1: Les sujets actifs ou demandeurs à l’action
publique
L’art 1er du code pénal dispose que : « l’action publique pour l’application
des peines est mise en mouvement et exercée par les magistrats ou par
les fonctionnaires auxquels elle est confiée par la loi.
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Cette action peut aussi être mise en mouvement par la partie lésée, dans
les conditions déterminées par le présent code ».
Il ressort des dispositions de cet article que les demandeurs à l’action
publique sont le ministère public (A), l’administration (B) et la partie
offensée ou la victime (C).
A. Le ministère public
Il est aussi appelé parquet. Le ministère public est constitué de l’ensemble
des magistrats chargé de la défense des droits de la société lors d’une
infraction.
Les membres du ministère public sont nommés par décret du Président de
la République sur proposition du ministre de la justice, garde des sceaux
et sont irrécusables, irresponsables, hiérarchisés et amovibles. Le
ministère public est représenté auprès de chaque juridiction répressive.
B. L’administration
Certains fonctionnaires appartenant à des administrations nettement
déterminées, pour certaines infractions commises au préjudice de leur
administration, ont le droit d’exercer l’action publique. L’exercice de
l’action publique par l’administration peut intervenir seule ou avec le
ministère public.
Contrairement au ministère public, l’administration dispose de l’action
publique dont elle peut arrêter notamment en transigeant. Exemple :
l’administration des douanes, des impôts ou de l’environnement (eaux et
forêts).
C. La victime
La mise en mouvement de l’action publique par la victime résulte soit de
sa plainte avec constitution de partie civile devant le juge d’instruction soit
de la citation directe de l’auteur de l’infraction devant la juridiction
répressive.
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Paragraphe II : Les sujets passifs ou défendeurs à l’action
publique
Il s’agit de l’auteur de l’infraction commise, du coauteur ou du complice.
En effet, l’action publique, ayant pour objet l’application d’une peine, ne
peut être dirigée que contre l’auteur ou le complice présumé de
l’infraction.
Section II : les modes d’exercice de l’action publique
Il s’agit des différents moyens dont dispose le ministère public (le
Procureur de la République) pour déclencher l’action publique : la citation
directe (paragraphe I), le réquisitoire introductif (paragraphe II) et le cas
de crime ou délit flagrant (paragraphe III).
Paragraphe I : La citation directe
Elle est délivrée à la requête du Ministère Public, de la partie lésée
(victime) ou de certaines administrations. La citation directe consiste à
assigner directement l’auteur présumé de l’infraction devant la juridiction
répressive compétente pour y être jugé. Elle doit comporter l’identité du
requérant, le fait poursuivi, la qualité du prévenu (ses noms, prénoms et
adresse).
Paragraphe II : Le réquisitoire introductif
Il est encore appelé réquisitoire aux fins d’informer, c’est un acte écrit,
daté et signé par lequel le Procureur de la République requiert le juge
d’instruction afin d’ouvrir une information ou mener une instruction.
Il doit mentionner le nom de la personne poursuivie ou la lettre X lorsque
l’auteur de l’infraction est inconnu, le nom du procureur ou du substitut
qui l’a rédigé, la qualification des faits sur lesquels doit porter
l’information.
Paragraphe III : La procédure de délit ou crime flagrant
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Elle est encore appelée procédure de comparution immédiate. Elle n’est
pas applicable aux crimes ni aux mineurs encore moins aux infractions
dont la procédure est prévue par une loi spéciale (terrorisme). La
procédure du flagrant délit permet de juger le prévenu sur le champ.
NB : l’action publique peut être également mise en mouvement par la
victime à travers une plainte avec constitution de partie devant le juge
d’instruction et la citation directe.
Section III : L’extinction de l’action publique
Il s’agit des obstacles permanent à la mise en mouvement de l’action
publique. Nous distinguerons les modes généraux d’extinction de l’action
publique (paragr. I) des modes spéciaux (paragr. II).
Paragraphe I : les modes généraux
Ce sont entre autres :
De l’autorité de la chose jugée (jugement définitif)
Du décès du prévenu
De l’abrogation de la loi pénale
De l’amnistie
De la prescription
Paragraphe II : les modes spéciaux
Il s’agit de :
La transaction : lorsque la loi accorde à certaines administrations le
droit de transiger (l’administration fiscale)
Le désistement ou retrait de la plainte (en ce qui concerne les
infractions d’adultère, de diffamation ou d’injures).
Chapitre II : L’action civile
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L’action civile est l’action exercée par la personne lésée (victime) pour
obtenir la réparation du préjudice causé par l’infraction. En effet, la
réparation du préjudice consiste en une condamnation :
A des dommages et intérêts
A des restitutions
Aux frais et dépens du procès
L’action civile a un caractère d’ordre privé, elle n’appartient qu’à la
victime qui peut soit la céder, y renoncer soit transiger.
Section I : l’exercice de l’action civile
Paragraphe I : les conditions d’exercice de l’action civile
L’article 3 al. 1er du code pénal précise que : « l’action civile peut être
exercée en même temps que l’action publique et devant la même
juridiction ». En effet, trois conditions doivent être réunies :
Existence d’une infraction punissable
Existence d’un préjudice actuel et personnel qui peut être matériel,
corporel ou simplement moral
Existence d’une relation de cause à effet entre l’infraction et le
préjudice causé (le préjudice subi doit être la conséquence directe
de l’infraction).
Paragraphe II : la mise en mouvement de l’action civile
Lorsqu’un dommage résulte d’une infraction pénale, la victime a, pour
obtenir réparation, le choix entre la voie civile ou la voie pénale. En effet,
la mise en mouvement de l’action civile appartient à la victime qui
s’adresse soit à la juridiction civile (A) soit à la juridiction pénale (B).
A. L’action civile devant la juridiction civile
La victime dirige son action comme elle l’entend, mais le pénal tient le
civil en l’état. C’est-à-dire si dans une affaire, la juridiction pénale se
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trouve saisie le tribunal civil sursoit à statuer jusqu’à décision intervenue
au pénal.
B. L’action civile devant la juridiction pénale
On distingue deux cas :
L’action publique a été mise en mouvement par le ministère public.
La victime peut intervenir au cours du procès pénal en se
constituant partie civile
L’action publique n’est pas encore mise en mouvement, le ministère
public n’a pas encore connaissance de l’infraction. La victime en se
constituant partie civile met en mouvement l’action civile et par le
même fait, l’action publique. Elle procède soit par citation directe
devant la juridiction pénale soit par dépôt entre les mains du juge
d’instruction, d’une plainte avec constitution de partie civile.
Paragraphe III : les sujets de l’action civile
Il s’agit des sujets actifs (A) et passifs (B).
A. Les demandeurs à l’action civile
Aux termes de l’article 2 CP « l’action civile en réparation du dommage
causé par un crime, un délit ou une contravention appartient à tous ceux
qui ont personnellement souffert du dommage directement causé par
l’infraction ». Ainsi, le sujet actif de l’action civile est la personne lésée.
C’est elle qui attaque au procès.
En effet, par personne lésée ou victime, il faut entendre toute personne
qui justifie d’un préjudice actuel et personnel, directement causé par
l’infraction. Elle peut être une personne morale représentant pour une
société, un héritier, un créancier…
B. Les défendeurs à l’action civile
L’auteur de l’infraction est le sujet passif de l’action civile. Il se défend au
procès. L’action civile, en raison de son caractère patrimonial, s’exerce
aussi contre :
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La personne civilement responsable (père et mère pour l’enfant
mineur, le patron pour l’employé) ;
Le cessionnaire (l’assureur pour l’assuré)
Les héritiers
Section II : L’extinction de l’action civile
Au cours de l’exercice de l’action civile, plusieurs évènements peuvent
provoquer son extinction : par la volonté de la victime (paragraphe I) ou
par la prescription (paragraphe II).
Paragraphe I : Par la volonté de la victime
L’action civile s’éteint par la volonté de la victime suite à une satisfaction
qu’elle a reçue : paiement par l’auteur de l’infraction, remise de dettes,
transaction.
Elle peut également s’éteindre par suite d’un abandon de ses droits :
désistement, retrait de la plainte, l’acquiescement, la chose jugée.
Paragraphe II : Par la prescription
Tout comme l’action publique, l’action civile qui n’est pas mise en œuvre
pendant un certain s’éteint par l’effet de la prescription. En effet, l’action
civile se prescrit selon les règles du code civil.
NB : le décès de l’auteur et l’amnistie ne sont pas des causes d’extinction
de l’action civile.