Cours Solide I
Cours Solide I
Ce cours (et les suivants) est basé sur un des deux ouvrages suivants :
1
10-35 10-15 10-9 10-3 103 109 1015 1026
2
La physique du solide c’est
3
fl
ℏ2 ∇2i Ze 2 e2
+
∑ 2 | ri − rj | )
H= ∑ | ri − R |
−
∑
(−
2m R i≠j
i
Energie cinétique Interactions electron-ion
S1 S2 S3-MQ
solide 1 solide 2 solide 3 : Physique à N-corps
3. Magnétisme (3.5C/2TDs)
A. Rappels phénoménologiques.
B. Réponse linéaire, magnétisme localisé/itinérant.
C. Interactions, ordres magnétiques.
fi
ff
Solide IIa (électrons de Bloch) 24hC/TD
1. Electrons dans un potentiel périodique
Réseau réciproque et théorème de Bloch. Relation de dispersion, notions de DFT (introduction à la topologie)
2. Propriétés électroniques et thermiques
Métaux/Isolants (incl. Anderson + Mott), conductivité électrique (phonons, spin) et thermique (+ e et Seebeck)
7
A. Liaisons liantes et antiliantes, notion de bandes
On sait que
pour des électrons liés orbitales atomiques
p2 Ze 2
H= −
2m 4πϵ0 | r |
E = − E0 /n 2
8
Dans un solide, les électrons de coeur (couches profondes) restent fortement liés
mais ceux des couches supérieures (peu liés) sont susceptibles de se « libérer » et de se
déplacer au sein du solide, on parle d’électrons de conduction
mais ils ne sont pas totalement libres…
E = − E0 /n 2
ℏ2 ∇2 Ze 2 Ze 2
H= − − −
2m 4πϵ0 | r | 4πϵ0 | r − R |
A B
pour deux atomes distants de R
→ ϕ = cAϕatA + cBϕatB
∫
ϕati*Vϕati d 3r = β
∫
Orbitale atomique et en posant : ϕati*Vϕatj d 3r = γ avec H = Hat + V, on obtient :
∫
ϕati*ϕatj d 3r = S
antiliante
β±γ
les valeurs propres E± = Eat +
1±S liante
9
}
On peut généraliser à N atomes
(modèle dit des liaisons fortes) :
on forme alors une BANDE de N niveaux*
le terme γ « couple » les positions
r et r + R, il est appelé intégrale
de saut : il traduit le déplacement
de l’électron dans le solide et xe la
largeur de la bande.
On supposera (par simplicité) dans la suite que l’on n’a qu’une seule bande (voir Solide 2).
* uk = 1 pour des électrons totalement libres et pour les liaisons fortes uk(x) = ∑ ϕat(x − R)e −ik(x−R).
R
** vous verrez en solide 2 que ℏk ≠ p . . . mais k reste néanmoins une grandeur essentielle.
11
fi
fi
En comptant les énergies à partir de E0 (E − E0 ↔ E)
et en dé nissant une masse effective (ou masse de bande) m* = ℏ2 /2γR 2
le potentiel crée par les N atomes (noyaux + électrons de coeur) donne donc lieu
à l’existence de bandes d’énergie qui peuvent être (souvent) approximées par :
E ≈ ℏ2k 2 /2m*.
(voir semi-conducteurs)
12
fi
B. Niveau de Fermi, densité d’états
états occupés
mais d 3k peut être très délicat à déterminer…
mais dans notre cas (E ∝ k 2) les surfaces d’énergie constante sont des
sphères de rayon 2m*E/ℏ2 et : d 3k = 4πk 2dk
13
fi
4 3
πk F
d’où 2 32π = Ne, soit kF = (3π 2n)1/3
( L )3
où n = Ne /V est la densité électronique ∼ Z/a 3.
ℏkF 6 c
Remarque : vF = ∼ qq10 m /s ∼ pour Z = 2,a = 3Å, m* = me
m* 100
les électrons sont NON relativistes.
~ énergie d’un électron dans une boite de rayon a. C’est une énergie TRES grande !
!2 kδk !2 π 2π
Mais la différence d’énergie entre deux niveaux : δE = ∼ ∼ 1µeV << kT
m ma L
EF >> kT >> δE
Seuls les états près de EF seront les niveaux peuvent être considérés
«UTILES», l’ensemble des états d’énergie comme CONTINUS, on peut dé nir une
EF dans l’espace des k est appelée DENSITE D’ETATS
SURFACE DE FERMI L d
dNe = g(E)dE = 2 × ( ) × d d k
2π
14
fi
Comme mentionné précédemment, la dif culté réside dans la détermination de d d k mais
pour des électrons « libres » (relation quadratique) : d 3k = 4πk 2dk (3D) et dE = ℏ2kdk /m
2 3 2 L3 ! 2m "3/2 √
g(E) = (m /ℏ ) × (L k /π ) = E
2π 2 !
2
états occupés
états libres
EF
bande complète
1D 2D
et pour les autres dimensions
ddk 2dk 2πkdk
(voir TDs) L 2m 1/2 1 mL2
g(E) (
π ℏ2
)
E π!2
Comme nous le verrons, g(EF )/L 3 ici égal à mkF /π 2ℏ2 est alors LA grandeur
fondamentale pour toutes les propriétés des solides.
15
fi
EF
1 2m 3/2 3/2 2
∫0
Remarque : Ne[3D] = g(E)dE = 2 ( 2 ) EF = g(EF )EF
3π ℏ 3
i.e. à 3D g(EF ) = 3Ne /2EF et l’énergie totale (à T=0K) est :
EF
3EF
∫0
E= Eg(E)dE = N [@3D]
5
l’équipartition classique ne peut pas être appliquée ! Les électrons sont foncièrement
quantiques. Mais pourquoi ?…
leur densité est grande ρ ∼ 1/a 3 ∼ 1023 e/cm3 (➞ Heisenberg)
et leur masse très faible, E ∼ ℏ2 /ma 2.
16
Drude suppose également qu’ils se déplacent indépendamment les uns des autres, mais
subissent des chocs sur les ions du réseau (ce qui est également FAUX… voir Solide 2) et
pour une distance entre choc ∼ 10−9 m (quelques distances inter-atomiques), on obtient
τ ∼ 10−13s et - bien que les hypothèses soient FAUSSES - l’ordre de grandeur est correct*.
Et en résumé :
tous les électrons sont équivalents seuls les électrons proche de EF comptent
Qu’en est-il à T ≠ 0 ?
Certains états proches de EF se vident car les électrons peuvent être thermiquement activés pour
occuper des états jusqu’à là vides au dessus de EF. Comment trouver le nouveau remplissage ?
* Le calcul exact est en fait très compliqué… et les erreurs de Drude se compensent…
** Les atomes conduisent (avec les interactions e/e) à l’existence d’une masse effective et peuvent « aider »
(ou pas) les électrons à se déplacer.
17
fonction statistique* «propre» dite de Fermi-Dirac (voir cours de physique statistique).
1
< nk > = f(E, T ) =
e (E(k)−μ)/kBT + 1
± kT
A T = 0 tous les états sont occupés jusqu’à EF et
la fonction de distribution est une marche : EF = μ(0),
mais à T ≠ 0, f(E) s’élargit et les niveaux peuvent être occupés jusqu’à l’in ni
∞
∫0
(avec une probabilité exponentiellement nulle) et E(T ) = Ef(E)g(E)dE
* on retrouve dans ce traitement statistique (le nombre d’électron est extrêmement grand ∼ 1023/mm3) la notion de gaz.
18
fi
C. Développement de Sommerfeld
Pour calculer les propriétés d’un solide on doit calculer des intégrales du type :
∞ ∞
∫0 ∫0
X̄ = X(E)g(E)f(E)dE = A(E)f(E)dE
(E − µ)2
→ K(E) = K(µ) + (E − µ)K (µ) + !
K”(µ) + ...
! "# $ 2
donnera une contribution nulle par parité
19
! ! ! ∞
∞
df ∞
(E − µ)2 df x2 df
Ā = K(µ)(− )dE + K”(µ) (− )dE = K(µ) + K”(µ)(kT )2 (− )dx
0 dE 0 2 dE −µ/kT 2 dx
� µ 2
2π
et µ/kT → ∞ d’où Ā = A(E)dE + A (µ)(kT )
�
+ ...
0 6
Développement de Sommerfeld
∫0
N= g(E)dE + g′(μ)(kT )2π 2 /6 = N + (μ − EF )g(μ) + g′(μ)(kT )2π 2 /6
π 2g′(EF )
soit μ(T ) ∼ EF − (kT )2
6g(EF )
Le potentiel chimique « s’adapte » pour assurer la conservation de N.
∞ EF 2 2
2π 2π
∫0 ∫0
X(E)g(E)f(E)dE = X(E)g(E)dE + (kT ) X′(EF )g(EF ) = X̄(0) + (kT ) X′(EF )g(EF ) + . . .
6 6
2
π
Et en prenant A = Eg(E) on a : Ē(T ) ∼ Ē(0) + (kT )2 g(EF )
6 



20

π2 2
Et on peut calculer la chaleur spéci que C = dE/dT = kBg(EF )T = γT.
3
Contrairement au calcul classique (équipartition) qui prévoyait une chaleur spéci que
3
constante CDP = kB N (loi de Dulong-Petit), la chaleur spéci que tend
2
linéairement vers zéro à basse température.
Comment peut-on comprendre cette dépendance ?
3kB 3
En fait on peut écrire : C = Nutile ∼ kB × [g(EF ).2kB T ]
2 2
Remarque : γ ∝ g(EF ).
En fait toutes les propriétés physique seront proportionnelles à g(EF )
qui est la grandeur fondamentale en physique du solide,
car elle dé nit la notion de Nutile = g(EF ) × ΔE.
énergie caractéristique
21
fi
fi
fi
fi
La conductivité électrique, σ représente la capacité d’un matériau à transporter un
courant électrique. La densité de courant est alors relié au champ électrique par J ⃗= σE ⃗
et la résistance R est elle reliée à la résistivité ρ = 1/σ par la relation : ρ = RS/l
23
fi
En fait on doit écrire : champ électrique
i.e. σ = g(EF )e2 D g(EF ) est ici la densité d’états par unité de volume
∫0
Le calcul exact consiste à écrire : jx = − e g(E)fHE(E)vx(E)dE
où fHE est la fonction de distribution HORS EQUILIBRE car la surface de Fermi se déplace
sous l’action du champ Ex avec dpx /dt = ℏdkx /dt = − eEx
∂f ∂E ∂k ∂f
et fHE = f + τ . . =f−τ . ℏvx . eEx /ℏ
∂E ∂kx ∂t ∂E
24
2
∂f e τ ∂f
∫ 3 ∫
soit jx = 0 + e 2τ g(E) vx2dE . Ex et donc σ = g(E) v 2dE
∂E ∂E
vF2 τ 2
et comme ∂f/∂E ≈ δ(E − μ) (pour T → 0) on retrouve bien σ(0) = e g(EF )
3
* il existe une « 3eme voie » : e=0 ! La « fractionalisation » spin/charge peut en effet conduire à des fermions
sans charge (isolants Kondo).
** Pour T ≠ 0 on peut retrouver un conductivité non nulle par activation thermique (voir semiconducteurs)
*** Pour T < Tc .
25
fi
En résumé :
∞ 2
2π
∫0
X(E)g(E)f(E)dE = X̄(0) + (kT ) X′(EF )g(EF ) + . . .
6
∂f0
et en présence d’une force extérieure (hors équilibre) : f = f0 + ΔE
∂E
et X̄(0) ≈ X̄0(0) + X(EF )g(EF )ΔE
Nutiles
g(EF ) est donc la grandeur fondamentale. Nous avons vu ici que si E = ℏ2k 2 /2m*,
g(EF ) = (m*/ℏ2) × (L 3kF /π 2) = (m*/ℏ2) × (L 3 /π 2) × (3π 2n)1/3,
et ce calcul - ainsi que l’application à d’autres propriétés - sera étendu au delà de cette
approximation parabolique en Solide 2.
Comme nous l’avons vu une caractéristique essentielle des solides est l’existence d’une masse
effective qui découle de la présence d’un potentiel périodique crée par les ions* (noyaux +
électrons de coeur) : la seconde partie de ce cours sera consacrée elle à une introduction aux
principales propriétés de ce réseau d’ions (cristal).
* les interactions entre électrons jouent bien entendu également un rôle, qui ne sera discuté qu’en M2-MQ

26
Chap.2
27
A. Rappels de cristallographie
solide = différentes structures (arrangements atomiques) et compositions chimiques.
28
fi
fi
fi
Pour prendre en compte l’interaction entre les électrons « libres » (de conduction)
et les ions, on doit donc connaître la position (R) de ces ions.
30
➡︎
➡︎
Structure = cfc + motif à 2 points en (0,0,0) et a/4(1,1,1),
diamant C=0.34, coordinence 4 (sp3)
32
fi
fi
fi
Roger Penrose publie en 1974 un Dan Shechtman montre en 1984*
article sur les pavages non périodiques que ces « symétries interdites »
2 motifs élémentaires et non pas un peuvent exister (à 2D et même 3D).
(dont le rapport des surfaces = nombre d’or…) AlCuFe, AlPdMn,......
34
fi
B. Cohésion
- Systèmes covalents :
Comme on l’a vu, il existe deux types d’électrons dans les métaux : les électrons de coeur
qui restent con nés sur leur orbitale atomique et forment - avec le noyau - un cristal
d’ions positifs et les électrons de conduction « libres » de se déplacer dans tout le solide.
ℏ2 ∇2i 2 1 1 e2
= Ec + U ion + U el + U ech
∑ ∑ | ri − R | 2 ∑ | rj − ri |
H= − − Ze +
i
2m R j≠j
35
fi
et on peut montrer que U ion + U el ∼ 0 (modèle du Jellium = distribution homogène)
pas de cohésion associée à l’interaction Coulombienne directe.
Le cristal ne devrait donc pas exister puisque « l’équilibre » correspondrait à rs → ∞,
A l’équilibre
attractif = échange
U coh ∼ qq 0.1eV/atome
rs = R rs
les solides sont TRES stables…
équilibre
et rs = R = 4.8a0 ∼ 2.5Å
N e2 1 1 N Ωe 2 R = vecteur du réseau
∑ ∑ α(R)
U=− [ − ]=− d = distance A+/B-
2 4πϵ0d signe−oppose α(R) meme−signe 2 4πϵ0d
et |R| = α(R)d
Ω = constante de Madelung,
il faut néanmoins rajouter une répulsion à courte portée (répulsion de coeur dur)
que l’on choisi (de façon phénoménologique) en A/r m, avec m : 6 à 10.
! r
+q +q
chaine linéaire in nie : Ω = 2(1-1/2+1/3+...) = 2Ln2 = 1.386
-q -q +q -q +q
!
+q
-q
+q
+q
cluster de 8 atomes : Ω = (3-3/21/2+1/31/2) = 1.456
-q
réseau cubique cfc (NaCl) : Ω = 1.748
-q +q
U coh ∼ qq eV/atome
r
fi
- Systèmes Moléculaires :
Pour les atomes n’ayant que des couches électroniques pleines : pas de
déformation sensible des orbitales atomiques : Ne, Ar,K,... (gaz rares).
Les atomes restent neutres (pas d’interaction électrostatique) mais
forces de van der Waals (−A/r 6, uctuations dipolaires) +
(comme pour les cristaux ioniques)
potentiel répulsif à courte portée que l’on suppose ici B/r 12 = Lennard-Jones.
- Liaison hydrogène :
(1) H ne peut créer de liaison qu’avec UN atome ≠ covalents et
(2) énergie de ionisation 13.6eV plus forte que autres ions (Na+ ~ 4eV) ≠ionique.
«Ion H+» = proton : rayon 10-13 m (105 fois plus petit que tous les autres ions)
H vient se «coller» sur ion électronégatif (O) le long de la ligne O-H-O
= liaison (dynamique) essentiellement dipolaire
mais 10x plus forte que pour les cristaux moléculaires, stabilisée par
la forte entropie de con guration dans la répartition des H.
38
fi
fl
C. Phonons
Les interactions (électrostatiques ou dipolaires) conduisent donc à U(r)
dont le minimum dé ni la distance inter-atomique = noeuds du réseau (R)
MAIS les atomes peuvent s’écarter de cette position d’équilibre et
des oscillations sont possibles dans le fond du puits.
� =R
M ∂ 2 u/∂t2 = −∂U/∂u �r(R) � + �u(R)
�
on cherche des modes d’oscillations collectives :
PHONONS
u(na) = u0 ei(kna !t)
et pour des interactions harmoniques (le fond du puits est approximé par une parabole)
entre premiers voisins :
eika + e−ika
M ω = 2K(1 −
2
) = 2K(1 − cos(ka)) = 4Ksin2 (ka/2)
2
fi
�
K = relation de dispersion
ω=2 |sin(ka/2)| = modes de vibration possibles
M
�
K
Pour les faibles valeurs de ω : ω = a |k| = v|k| où v est la vitesse du son.
M
2 branches transverses et
1 branche longitudinale.
* c’est aussi le cas de l’ énergie électronique vue au chapitre 1 : E(k + K ) = E(k), voir Solide 2.
fi
fi
Pour un système diatomique : on suppose ici (pour simpli er l’écriture) que tous les atomes
ont la même masse M et que l’on a un MOTIF de 2 atomes distants de b, couplés par un ressort K et
que les motifs sont couplés entre eux par des ressorts G.
i(kx−ωt) −ika
……
et comme on cherche u ∝ e et on a u1 = u3e , u2 = u4e −ika,…
le deux dernières équations (par exemple) s’écrivent alors :
(Mω 2 − (K + G))u2 + (Ge −ika + K )u3 = 0
(Ge ika + K )u2 + (Mω 2 − (K + G))u3 = 0
et le déterminant doit être nul, soit
M 2ω 4 − 2M(K + G)ω 2 + (K + G)2 − (K + Ge −ika)(K + Ge ika) = 0
M 2ω 4 − 2M(K + G)ω 2 + 2KG(1 − cos(ka)) = 0
�
K +G± K 2 + G2 + 2KGcos(ka) K+G 4KG 2 ka
soit ω =
2 = [1 ± 1− sin ( )]
M M (K + G)2 2
41 fi
�
2(K + G)
M et pour un motif plus complexe : 3 modes (branches)
�
2K
acoustiques + 3(p − 1) branches optiques
M
�
2G
M UGA M1 PFN 2018-2019 Cours de Physique du Solide et Magnétisme
�
KG
branche optique. Les déplacements atomiques de A et B seront donnés par ε" A = εB pour le
ω= ka mode acoustique et ε" A = − εB pour le mode optique. encore une fois le mode acoustique
2M (K + G)
correspond à des mouvements des atomes A et B en phase, et le mode optique correspond à
des mouvements en opposition de phase.
En se rappelant que le produit k" a donne le déphasage des vibrations entre mailles du cristal, et
que ε" A /εB donne le déphasage entre les atomes ika de chaque maille, on peut représenter les
u
déplacements atomiques comme1 K + Ge
en figure 6.6. Schématiquement on peut dire que les modes
Remarque : = ± ika | et si K >> G (ou k ~ 0)
optiques sont dominés par u2les vibrations
|K de+ laGe« molécule » AB dans chaque maille, avec un
faible couplage inter-maille et une faible dispersion, alors que dans les modes acoustiques la
les atomesdynamique
vibrent en opposition
est donnée de phase
par l’interaction (u1 = − u2) sur la branche optique : «molécules»
entre mailles.
A B
Mode acoustique
k=π/a
Mode optique
Et on trouve :
Vω 2
UGA M1 PFN 2018-2019
• g(ω) = Cours 2de Physique pour lesetmodes
du Solide Magnétisme acoustiques
2π v 3
g(ω)
• que
densité de modes n’est définie pour ω" ∝≤ ωδ(ω
. La − ωEd’états
densité ) pour
Contrairement au cas de électrons, pour les phonons le spectre en énergie est borné, donc la
pour unlesmodemodes
est optiques D
représentée en figure 6.9.
F (!)
<latexit sha1_base64="P9meqHu1sJq94JgkABT9J1+BfJY=">AAACzHicjVHLSsNAFD2Nr1pfVZdugkWom5KIoO4EQVxJBfuQtkiSTutgkgnJRJDSrT/gVr9L/AP9C++MU1CL6IQkZ86958zce/0k5Jl0nNeCNTM7N79QXCwtLa+srpXXN5qZyNOANQIRirTtexkLecwaksuQtZOUeZEfspZ/e6LirTuWZlzEl/I+Yb3IG8Z8wANPEnV1Wu2KiA293etyxak5etnTwDWgArPqovyCLvoQCJAjAkMMSTiEh4yeDlw4SIjrYURcSojrOMMYJdLmlMUowyP2lr5D2nUMG9NeeWZaHdApIb0pKW3skEZQXkpYnWbreK6dFfub90h7qrvd0983XhGxEjfE/qWbZP5Xp2qRGOBQ18CppkQzqrrAuOS6K+rm9peqJDkkxCncp3hKONDKSZ9trcl07aq3no6/6UzFqn1gcnO8q1vSgN2f45wGzb2a69Tci/3K8ZEZdRFb2EaV5nmAY5yhjgZ5R3jEE56tc0taI2v8mWoVjGYT35b18AGcNZJI</latexit>
Einstein
Figure 6.9 : Densités de modes dans le modèle de
Debye et dans le modèle d’Einstein.
Debye
<latexit sha1_base64="1CWQhJNxEeHTyizZa+Yoi8hTwRA=">AAACy3icjVHLSsNAFD2Nr1pfVZdugkVwVRIR1J2gCzdCBfuAtpRkOq2heZGZCFpd+gNu9b/EP9C/8M44BbWITkhy5txz7sy910/DQEjHeS1YM7Nz8wvFxdLS8srqWnl9oyGSPGO8zpIwyVq+J3gYxLwuAxnyVppxL/JD3vRHJyrevOaZCJL4Ut6kvBt5wzgYBMyTRLU6ScSHXu+0V644VUcvexq4BlRgVi0pv6CDPhIw5IjAEUMSDuFB0NOGCwcpcV2MicsIBTrOcY8SeXNScVJ4xI7oO6Rd27Ax7VVOod2MTgnpzchpY4c8Cekywuo0W8dznVmxv+Ue65zqbjf0902uiFiJK2L/8k2U//WpWiQGONQ1BFRTqhlVHTNZct0VdXP7S1WSMqTEKdyneEaYaeekz7b2CF276q2n429aqVi1Z0ab413dkgbs/hznNGjsVV2n6l7sV46PzKiL2MI2dmmeBzjGGWqo6zk+4gnP1rklrFvr7lNqFYxnE9+W9fABkmOSSg==</latexit>
!D <latexit sha1_base64="td8tu0KPDSAj3tx/N2KPkpTqx8w=">AAACy3icjVHLSsNAFD2Nr1pfVZdugkVwVRIR1J0gghuhgn1AW0oyndbQvMhMBK0u/QG3+l/iH+hfeGecglpEJyQ5c+45d+be66dhIKTjvBasmdm5+YXiYmlpeWV1rby+0RBJnjFeZ0mYZC3fEzwMYl6XgQx5K824F/khb/qjExVvXvNMBEl8KW9S3o28YRwMAuZJolqdJOJDr3faK1ecqqOXPQ1cAyowq5aUX9BBHwkYckTgiCEJh/Ag6GnDhYOUuC7GxGWEAh3nuEeJvDmpOCk8Ykf0HdKubdiY9iqn0G5Gp4T0ZuS0sUOehHQZYXWareO5zqzY33KPdU51txv6+yZXRKzEFbF/+SbK//pULRIDHOoaAqop1Yyqjpksue6Kurn9pSpJGVLiFO5TPCPMtHPSZ1t7hK5d9dbT8TetVKzaM6PN8a5uSQN2f45zGjT2qq5TdS/2K8dHZtRFbGEbuzTPAxzjDDXU9Rwf8YRn69wS1q119ym1CsaziW/LevgAlMOSSw==</latexit>
!E !
<latexit sha1_base64="WR8Y3em/iNdNNlzM7/VYFaWsnFc=">AAACyXicjVHLSsNAFD3GV62vqks3wSK4KokI6q7gRnBTwT6gFkmm0xqbZGIyEWtx5Q+41R8T/0D/wjvjFNQiOiHJmXPvOTP3Xj8Jg0w6zuuUNT0zOzdfWCguLi2vrJbW1huZyFPG60yEIm35XsbDIOZ1GciQt5KUe5Ef8qY/OFLx5g1Ps0DEZ3KY8E7k9eOgFzBPEtU4FxHvexelslNx9LIngWtAGWbVROkF5+hCgCFHBI4YknAIDxk9bbhwkBDXwYi4lFCg4xz3KJI2pyxOGR6xA/r2adc2bEx75ZlpNaNTQnpTUtrYJo2gvJSwOs3W8Vw7K/Y375H2VHcb0t83XhGxEpfE/qUbZ/5Xp2qR6OFA1xBQTYlmVHXMuOS6K+rm9peqJDkkxCncpXhKmGnluM+21mS6dtVbT8ffdKZi1Z6Z3Bzv6pY0YPfnOCdBY7fiOhX3dK9cPTSjLmATW9ihee6jimPUUCfvKzziCc/WiXVt3Vp3n6nWlNFs4NuyHj4AvmaRkw==</latexit>
<latexit
* le calcul (M2-MQ…) du temps τ tient compte de l’interaction e-phonons (et des défauts structuraux) car un réseau parfaitement
périodique ne diffuse PAS les électrons (voir Solide 2) contrairement à l’idée de Drude.
fi
fi
Il s’git pour nir de transformer la somme discrète en intégrale.
d 3k 2πk 2dk
∑ ∫ ∫ ∫ (2π/L)3 ∫ (2π/L)3 ∫
et = = = g(ω)d(ω)
k
Remarque : on retrouve c opt → ρnkB = Dulong-Petit lorsque T > > ΘE = ℏωE /kB
En fait, on est alors exactement dans le cadre du calcul du rayonnement du corps noir !
On connaissait donc déjà ce résultat : E ∝ T 4 (loi de Stephan) et donc C ∝ T 3
C’est en fait, un résultat très général :
toute excitation bosonique (ou fermionique si μ = 0) dont la relation de dispersion est
proportionnelle à ω ∝ k p a un chaleur spéci que C ∝ T d/p à d dimension.
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Finalement, pour T → 0, la chaleur spéci que du solide s’écrit donc
C/T = γ + βT 2 + . . .
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Chap.3
Magnétisme
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A. Rappels phénoménologiques
Le lien entre magnétisme et électricité est mis en évidence par le physicien danois Hans Christian
Œrsted en 1820, puis formalisé (la même année) par Jean-Baptiste Biot et Félix Savart qui
montrent que le champ B ⃗ (également appelé induction magnétique) est donné par
μ0 I dl ⃗ ∧ PM ⃗
4π ∫ | | PM ⃗ | |3
⃗
B =
Ces courants peuvent être externes (crées dans un solénoïde par exemple) et on note
alors H*⃗ le champ magnétique correspondant ou due à des boucles de courant internes
et on note M ⃗ le champ correspondant, appelé aimantation et le champ total :
B ⃗ = μ0( M ⃗ + H)⃗
* les effets de bords liées à la taille nie des solides font que H ⃗ = H ext
⃗ − N M ⃗ où N est appelé coef cient
d d
de désaimantation (pour des échantillons de forme elliptique).
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Cette aimantation est reliée à une distribution volumique de moments magnétiques
⃗ dμ ⃗
(microscopiques) : M = = n μ ,⃗ eux reliées à la taille de la boucle μ = πR 2I.
dV
Ce moment magnétique est le pendant du moment dipolaire associé à deux charges et (même
s’ils différent à courte distance) les champs B ⃗ et E ont
⃗ alors la même forme à longue distance,
• un terme −γ( < Lz + gSz > ) qui traduit l’existence du moment magnétique local
paramagnétique (même en l’absence de champ extérieur).
Commençons par traiter le cas des électrons de coeur (magnétisme dit localisé).
J ⃗ = L ⃗ + S ⃗ et | L − S | ≤ J ≤ (L + S)
avec 2 ⃗ ⃗ ⃗ 2 ⃗ ⃗ 2 2 ⃗ ⃗
gJ J = ( L + 2S) . J = J + S . J = J + S + L . S =
3J 2 + S 2 − L 2
2
3J(J + 1) + S(S + 1) − L(L + 1)
donc gJ =
2J(J + 1)
et le moment magnétique est : μz = gJ mJ μB et E = E0 + gJ mJ μB B
52
mJ
Par exemple si 3/2 l+2s = 2
S = 1/2,L = 1 1/2 aj=gJmJ
J = 1/2ou3/2 -1/2
2
-3/2 l+2s = 1
2/3
remarque :
-2/3 l+2s = 0
pour B = 0 la dégénérescence
l+2s = 0
entreJ = 1/2 et J = 3/2 est
MJ αJ -2
levée par l’interaction spin-orbite 1/2 1/3
l+2s = -1
53
Le remplissage des différentes couches pour un atome à N électrons suit
les règles de Hund (voir également mécanique quantique).
Le terme de plus faible énergie est celui maximisant le spin total (1ere règle)
et pour un spin total donné, l’état fondamental maximise ∑
mL (2eme règle).
En n, il correspond à J = | L − S | pour les remplissages <1/2 et à J = L + Spour ceux >1/2 (3eme règle).
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En mécanique classique (voir L3) on écrirait :
π π
∫0 μ cos θe −U(θ)/kBT sin θdθ ∂Ln( ∫0 e −U(θ)/kBT sin θdθ)
⟨μz⟩ = π = kT
∂B
avec U(θ) = − μ ⃗ . B ⃗ = − μBcosθ
∫0 e −U(θ)/kBT sin θdθ
fonction de Brillouin
e −μB mJ gJ B/kBT est appelée fonction de partition, voir cours de physique statistique.
∑
*
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pour x<<1 :
μe2 B
On peut alors dé nir un moment effectif μe = μBgJ J(J + 1) et < μz > = .
3kBT
μB B[T]
Paramagnétisme de Curie < μPara > ≈ ×
10 T[K]
px2 + py2
Et si on applique le théorème d’équipartition Lz2 = (px2 y 2 + py2 x 2) = 2mR 2 = 2mR 2kT
2m
Bohr (1911) et van Leeuwen (1912) avait ainsi montré que les solides ne possèdent pas de
propriété magnétique à l’équilibre thermodynamique.
Mais ceci est manifestement FAUX…
Et ce paradoxe a été levé par la mécanique quantique
Lz = mlℏ ≠ 2mR 2kT (l’équipartition ne marche pas !)
et bien sur on ne peut pas « oublier » le SPIN.
∫−Δ ∫Δ
μpara = μB(n↑ − n↓) = (μB /2)[ g(E + Δ)f(E)dE − g(E − Δ)f(E)dE]
∫0
μpara ≈ μBΔ g′(E)f(E)dE
Remarque : on a écrit mPauli = μBΔn = μBnutiles = μB × g(EF )/2 × ΔE = μB × g(EF )/2 × 2μB B

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Le calcul de la contribution orbitale est plus complexe.
Il faut pour cela revenir à l’Hamiltonien (sans spin dont on a déjà calculé la contribution).
( p⃗ + e A )⃗ 2 p2 e 2r 2B 2
H= +X
V=[ + ] +X
V + [γ0 Lz B]
2m* 2m* 8m*
En négligeant cette fois la partie
potentiel pour les électrons e ω
délocalisés (presque libres) Epara = ( )(n′ℏ)(B) = n′ℏ c
2m* 2
1 1 ℏω
Oscillateur harmonique dans le plan En = [(nx + ) + (ny + )]ℏω = (n + 1) c
2 2 2
perpendiculaire à B et libre le long de B
eB
avec ωc = : fréquence cyclotron.
m*
2
ℏkFz
On peut montrer que n′ = − n, − n + 2,....n − 2,n et on obtient : EF = (nF + 1/2)ℏωc +
2m*
et on peut donc en déduire la contribution orbitale (ici due au terme d’induction et à Lz)
= diamagnétique des électrons de conduction :
diamagnétisme de Landau
* ces niveaux Landau se « retrouvent » dans différentes propriétés (voir Oscillations Quantiques en Solide 2)
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Paramagnétisme Diamagnétisme
LANGEVIN LARMOR
μB
Approche Classique mpara ∼ −
1000000
. B[T ] mdia = − mpara
indépendant de T identique au paramagnétisme !
CURIE
Electrons LARMOR
μB B[T ] μB
localisées mpara ∼ mdia ∼ − . B[T ]
10 T [K ] 1000000
(couches atomiques) indépendant de T
diverge en ~1/T
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C. Interactions (ordres magnétiques)
Pour l’instant nous avons considéré que les moments J ⃗ = L ⃗ + S ⃗ étaient indépendants les uns des
autres. L’énergie d’interaction dipolaire directe ∼ μ0 μB2 /4πr 3 étant (généralement) faible ( ∼ 1K
pour une distance de l’ordre de Å entre les moments), cela pouvait sembler légitime. Néanmoins
l’échange (encore lui !) conduit elle aussi à une interaction entre ces moments. Dans la suite
(et pour respecter la convention usuelle) on appellera « spin » le moment total (bien qu’il puisse
contenir un terme orbital) et on le notera S ⃗ ≡ J.⃗
Ce terme d’échange est alors de la forme :
Si J > 0, les moments peuvent s’aligner dans la phase ordonnée pour minimiser
l’interaction d’échange. On parle de FERROmagnétisme. Néanmoins la direction n’est pas
dé ni et il apparaît alors généralement des domaines magnétiques homogènes (domaines
de Weiss) séparées par des parois, et dont la taille augmente avec le champ appliqué.
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Pour aller plus loin dans l’analyse quantitative, il peut résoudre le problème dans une
< Sj ⃗ >
approximation champ moyen, en écrivant l’Hamiltonien : Hmag = − ∑ gs μB Si ⃗ . ( B ⃗ + ∑ Jij )
i j
gS μB
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Pour T = 0, les moments s’alignent donc pour former un ordre magnétique (M = Msat).
Cet ordre est progressivement détruit par la température (0 ≤ M ≤ Msat)
Et pour T > Tc, l’aimantation en champ nul (spontanée) s’annule et on retrouve un état
paramagnétique caractérisé par une réponse linéaire (pour B ≠ 0) mais avec :
C
χmag = (en développant Bs(x) au 1er ordre).
T − Tc
loi de Curie-Weiss
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Remarque I : Les courbes M(H) décrivent alors des cycles d’aimantation (voir aussi TDs)
qui traduisent le retournement progressif des moments avec H.
*L’interaction d’échange peut elle même contenir un terme d’anisotropie que l’on ne développera pas ici (il est
(liée à un développement perturbatif au second ordre de l’interaction spin-orbite). Ce terme est appelé interaction
de Dzyaloshinsky-Moriya et s’écrit : HijDM = Dij Si ⃗ ∧ Si ⃗.
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Le cas J < 0, est plus délicat (et intéressant). Les moments vont
chercher à « s’anti-aligner ». Ce qui est possible pour certaines
géométries (carrée par exemple) et on obtient alors l’état prédit par
Louis Neel (1904-2000) à Grenoble en 1951 (prix Nobel en 1970).
on parle d’ordre ANTI-ferromagnétique
Remarque : il peut en n exister une interaction entre les électrons de conduction d’un
métal et des impuretés magnétiques (moments localisés) appelée effet Kondo (1964).
Ces impuretés auront tendance à localiser les électrons de conduction autour d’elles,
conduisant à une augmentation de la résistance électrique pour T → 0.
Si le taux d’impuretés devient important, les électrons de conduction peuvent devenir la
source d’un couplage (Je ) entre elles (pouvant être positif ou négatif selon la distance qui
les séparent) : effet Ruderman-Kittel-Kasuya-Yoshida (RKKY).
ff
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