CHAPITRE 3 : REFLUX GASTRO OESOPHAGIEN : RGO
l. GENERALITES :
Le RGO se définit comme le passage à travers le cardia d’une partie du contenu gastrique dans
l’œsophage. Il existe 2 types de RGO :
RGO acide physiologique
RGO pathologique
Le diagnostic est facile s’il y a des signes typiques, sinon c’est la FOGD qui donne le diagnostic
L’évolution du RGO est chronique avec parfois des complications
Le traitement est surtout médical
II. EPIDÉMIOLOGIE :
La prévalence des symplômes : 20 à 40% de la population générale
10% des patients ont des signes 1 fois/semaine
5% des patients ont des signes 1 fois/j
L’œsophagite est retrouvée chez 25% des endoscopies faites il y a :
- RGO sans œsophagite : sujet jeune surtout femme
- RGO avec œsophagite
L’incidence et la sévérité augmentent avec l’age
III. PHYSIOPATHOLOGIE
La maladie reliée au RGO dépend de la fréquence, de la durée, de l’extension et de la sévérité du RGO. Elle
dépend également de la résistance et de la protection de la muqueuse.
1. RGO physiologique
a. Facteurs s’opposant au RGO :
SIO : c’est une zone de haute pression manométrique à cheval entre l’abdomen et le
thorax et constitue une barrière anti-reflux. Ll est sous contrôle nerveux et hormonal.
Facteurs de fixation de la région cardio tubérositaire :
- Œsophage intra abdominal
- Pilier droit du diaphragme
- Structure de fixation de l’œsophage aux organes de voisinage
b. Facteurs s’opposant aux effets du RGO :
Clairance oesophagienne : mouvements périststaltiques du corps de l’œsophage,
évacuant le contenu de l’œsophage .
Résistance de la muqueuse oesophagienne : qui constitue une barrière de défense par
l’intermédiaire du mucus et des jonctions inter cellulaire
Malgré ces fauteurs il y’a toujours un RGO physiologique qui est Modéré et fugace.
2. RGO pathologie : Surtout quant il y’a une défaillance du sphincter inférieur de l’œsophage( SIO).
Deux types de RGO :
- RGO acide : 95%(PH=1)
- RGO alcalin : 5%
IV CLINIQUE :
1. FORME TYPE : RGO chez l’adulte
a. Signes spécifiques : dans 1/3 des cas
- Pyrosis : brûlures retrostérnales, ascendantes post prandiales
- Regurgitations : remontées acides ou alimentaires qui provoquent des brülures dans le bouche
- Syndrome postural : pyrosis et régurgiations favorisés par l’antéflexion (signe de LACET), et par
le décubitus.
b. Signes digestifs : éructations, hoquet, hypersalivation odynophagie
c. Signes en faveur de complication :
Hématémèse ou méléna
Anémie
Dysphagie, amaigrissement
d. Manifestations extra digestives : fréquentes et trompeuses
Manifestations ORL : sont les plus fréquentes et diverses il peut s’agir de pharyngite,
d’enrouement, de laryngite, d‘apnée nocturne, laryngospasme, otalgies, hypersalovation
etc…”
Manifestations respiratoires : asthme, toux chronique nocturne en décubits, broncho-
pneumopathies à répétition
Manifestations Cardiaques : douleur qui doit faire craindre un angor, le RGO peut également
aggraver une ischémie myocardique
2. FORMES CLINIQUES :
a. RGO chez la femme enceinte : Plus fréquent, favorisé par les oestro-progestatifs qui
entrainent une diminution transitoire du SIO et également par augmentation de la pression
abdominale au cours du 3éme trimestre
b. RGO au cours de la sclérodermie : il est sévère avec hypotonie pemanente du SIO et absence
du péristaltisme
c. RGO et hernie hiatale : c’est l’hernie par glissement qui donne le RGO, elle est la plus
fréquente (95%), caractérisée par la montée du cardia dans le thorax. L’hernie par roulement
est rare et n’est pas responsable de RGO
V. Examens COMPLEMENTAIRES
1. FOGD :
a. Indication : patient âgé de plus de 50ans, et RGO atypique
b. But :
- préciser la sévérité
- Recherche des complications, Recherche d’hernie hiatale
- Éliminer une autre pathologie, Faire des biopsies
c. Résultat : peut être .
Normale dans 50% des cas
Hernie hiatale
Œsophagite par reflux : elle est fréquente, plusieurs classifications dont la plus utilisée est la
classification de SAVARY MÛLLER en 4 stades :
Stade I : érosion et ulcération non confluente
Stade Il : érosion et ulcération confluentes non circonférentielles
Stade III : érosion et ulcération confluentes et circonférentielles non sténosante
Stade IV : sténose et /ou ulcère
Endobrachy œsophage (EBO) : œsophage de BARRET
2. PH METRlE OESOPHAGIENNE :
C’est l’enregistrement de l’exposition acide de l’œsophage, se fait en ambulaoire (électrode
introduite jusqu’à 5cm au dessus du SIO reliée à un boîtier qui enregistre le PH).
Indiquée si :
Signes non spécifiques et endoscopie normale
Avant chirurgie
Elle enregistre le PH inférieur à 4 et précise leur durée et leur fréquence
3. AUTRES EXAMENS :
a. Transit oeso gastro duodénal TOGO : si sténose
b. Manométrie oesophagienne : C’est l’enregistrement des pressions au niveau du SlO. Indiquée
s’il y’a une oesophagite sévère à répétition
c. Test de perfusion acide : test de BERNSTEIN : peu utilisé
d. Scintigraphie oesophagienne : mesure de la vidange gastrique ,si gastroparésie
e. ECG
VI. COMPLICATION
1. Œsophagite
2. Hémorragie : hématemèse, méléna, anémie
3. Ulcérations œsophagiennes : qui peuvent se compliquer d’hémorragie ou de perforation
4. EBO : complique 8 à 20% de RGO. C’est le remplacement de l’épithélium malpighien par un
épithélium metaplasique cylindrique souvent intestinal, Cliniquement on peut avoir une
dysphagie ou odynophagie, le diagnostic se fait par la FOGD plus la biopsie, les complications
sont surtout adénocarcinome
5. Sténose
VII. TRAITEMENT
1. But : diminuer les symptômes, cicatriser l’œsophagite, prévenir les récidives et les complications
2. Moyen :
a. Règles hygièno_diététique
b. Médicaments :
Alginates : gaviscon , topaal: 1càs 3fois/j
Antisécretoires : surtout inhibiteurs de la pompe à proton IPP (omeprazol, lanzoprazol,
pentaprazol, ésomeprazol etc)
Les anti h2 : ranitidine, famotidine etc …
Prokinetiques
c. Chirurgie : permet de rétablir une continence cardial en créant un procédé anti reflux, 2 types :
- Fundoplicacture complète : NISSEN
- Hémi fundoplicature
d. traitement endoscopique :
Injection des produits sclérosants au niveau du SIO
radio fréquence au niveau du SIO
cardioplicature endoscopique
dilatation endoscopique par les bougies en cas de Sténose
3. Indications : RGO :
Symptômes typiques espacés : tt à la demande (algmates ou anti H2 à faible dose)
Symptômes typiques rapprochés : tt continue (H2 et IPP à ½ dose pendant 4 sem) si succès
= arrêt de tt , si récidive précoce = FOGD si échec = FOGD
Symptômes d’alarme ou âge sup à 50 ans = FOGD