Introduction:
La sécurité incendie constitue un enjeu majeur dans les installations
industrielles, en particulier dans les sites de stockage de produits pétroliers
et chimiques. Les bacs de stockage à toit fixe, utilisés pour conserver de
grandes quantités de liquides inflammables, présentent un risque élevé en
cas d’incendie. La propagation rapide des flammes et la difficulté
d’intervention manuelle rendent indispensable la mise en place de systèmes
d’extinction fiables et conformes aux normes internationales.
L’histoire industrielle a montré à plusieurs reprises les conséquences
dramatiques d’accidents majeurs. Parmi les plus connus, on peut citer :
- La catastrophe de Seveso (Italie, 1976) : une fuite de dioxine dans une
usine chimique a entraîné une pollution massive et donné naissance à la
directive européenne « Seveso » sur la prévention des risques industriels.
- L’explosion de Bhopal (Inde, 1984) : une fuite de gaz toxique dans une
usine de pesticides a causé des milliers de morts et reste l’un des pires
désastres industriels mondiaux.
- L’incendie de Buncefield (Royaume-Uni, 2005) : une explosion dans un
dépôt pétrolier a provoqué un gigantesque incendie, mettant en évidence les
risques liés au stockage de carburants.
Ces événements rappellent que la prévention et la maîtrise des risques
industriels ne sont pas une option, mais une nécessité vitale pour protéger
les personnes, l’environnement et les biens .
Le présent rapport s’inscrit dans le cadre de mon stage au sein de [Nom de
l’entreprise], où j’ai eu l’opportunité d’étudier le système d’extinction
incendie déjà installé sur un bac de stockage à toit fixe. L’objectif de ce
travail est de décrire le fonctionnement de ce système, d’analyser sa
conformité aux standards de sécurité, et de mettre en évidence les
enseignements tirés de cette expérience.
Ce rapport vise également à montrer l’importance de la prévention incendie
dans les sites industriels, ainsi que les apports personnels et professionnels
que j’ai pu acquérir au cours de ce stage.
Présentation de l’entreprise et du champ El Borma
1. Sonatrach : un acteur majeur de l’énergie
Sonatrach, créée le 31 décembre 1963, est la compagnie nationale
algérienne des hydrocarbures. Elle est aujourd’hui la première entreprise
africaine en termes de chiffre d’affaires et de production, et elle occupe une
place stratégique dans l’économie nationale. Sonatrach est intégrée sur
toute la chaîne de valeur : exploration, production, transport, raffinage et
commercialisation du pétrole et du gaz. Elle emploie près de 200 000
personnes et contribue de manière essentielle à la sécurité énergétique de
l’Algérie .
2. Le champ El Borma : historique et importance
Le champ pétrolier d’El Borma est situé dans le sud-est algérien, à proximité
de la frontière tunisienne. Découvert dans les années 1960, il fut l’un des
premiers grands gisements exploités par Sonatrach après l’indépendance. Sa
mise en production a marqué une étape importante dans le développement
de l’industrie pétrolière nationale, en permettant à l’Algérie de renforcer son
autonomie énergétique et d’accroître ses exportations.
El Borma est principalement un champ de production de pétrole brut, mais il
comporte également des installations de traitement et de stockage. Les bacs
de stockage à toit fixe y jouent un rôle crucial dans la conservation et la
gestion des hydrocarbures avant leur transport. En raison de la nature
inflammable des produits stockés, la sécurité incendie y est une priorité
absolue.
3. Organisation et activités
Le champ est géré par Sonatrach à travers ses filiales spécialisées dans
l’exploration et la production. Les activités principales comprennent :
- L’extraction du pétrole brut.
- Le traitement et la séparation des hydrocarbures.
- Le stockage et la préparation pour l’exportation.
- La maintenance et la sécurité des installations.
4. Importance stratégique
El Borma reste un site stratégique pour Sonatrach, non seulement pour sa
production, mais aussi pour l’expérience qu’il a apportée dans la gestion des
grands gisements. Il a contribué à former plusieurs générations d’ingénieurs
et de techniciens algériens, et il demeure un symbole du développement
énergétique du pays.
Problématique
Les bacs de stockage à toit fixe, utilisés dans les sites pétroliers comme El
Borma, présentent un risque élevé d’incendie en raison de la nature
hautement inflammable des hydrocarbures qu’ils contiennent. Un incendie
dans ce type d’installation peut avoir des conséquences catastrophiques :
pertes humaines, dégâts matériels considérables, pollution
environnementale et interruption de la production.
Bien que des systèmes d’extinction incendie soient déjà installés, plusieurs
questions se posent :
- Le système en place est-il suffisamment efficace pour maîtriser rapidement
un incendie dans un bac de stockage à toit fixe ?
- Est-il conforme aux normes internationales (NFPA, API, ISO) en matière de
sécurité incendie ?
- Quelles sont les limites et contraintes de ce système (maintenance,
conditions climatiques, disponibilité des ressources en eau ou mousse) ?
- Comment ce système contribue-t-il à la réduction du risque global sur le
site industriel ?
La problématique centrale de ce rapport peut donc être formulée ainsi :
« Comment le système d’extinction incendie installé sur un bac de stockage
à toit fixe au champ El Borma permet-il de répondre aux exigences de
sécurité industrielle et de prévenir efficacement les risques majeurs liés aux
incendies ? »
Contexte et objectifs du stage
Mon stage au sein du champ El Borma s’est inscrit dans un contexte où la
sécurité industrielle est au cœur des préoccupations. Les bacs de stockage à
toit fixe, utilisés pour conserver des hydrocarbures, présentent un risque
élevé en cas d’incendie. La présence d’un système d’extinction incendie déjà
installé constitue une mesure essentielle pour réduire ces risques.
Les objectifs de mon stage étaient les suivants :
- Étudier et comprendre le système d’extinction incendie existant sur un bac
de stockage à toit fixe.
- Analyser son fonctionnement et ses composants (réseau de distribution,
buses, alimentation en eau ou mousse, dispositifs de déclenchement).
- Vérifier la conformité du système aux normes internationales (NFPA, API,
ISO).
- Observer les pratiques de maintenance et de sécurité mises en place par
l’entreprise.
- Tirer des enseignements personnels et professionnels sur la gestion des
risques industriels et la prévention incendie.
Ce stage m’a permis de développer une meilleure compréhension des enjeux
liés à la sécurité incendie dans les sites pétroliers, tout en renforçant mes
compétences techniques et mon esprit d’analyse.
Description des missions
Durant mon stage au champ pétrolier d’El Borma, j’ai été intégré au service
chargé de la sécurité industrielle et de la prévention des risques. Mon rôle
principal n’était pas de mettre en place un nouveau système, mais
d’observer, analyser et documenter le système d’extinction incendie déjà
installé sur un bac de stockage à toit fixe.
Les missions qui m’ont été confiées se sont articulées autour de plusieurs
axes :
1. Observation sur site
- Visite des installations de stockage et repérage des équipements de
sécurité incendie.
- Identification des composants du système d’extinction : réseau de
tuyauterie, buses de diffusion, réservoirs d’eau et de mousse, dispositifs de
déclenchement.
- Analyse du positionnement des équipements par rapport au bac de
stockage.
2. Étude documentaire
- Consultation des manuels techniques et des plans du système.
- Lecture des normes internationales applicables (NFPA 11 pour les systèmes
à mousse, API 650 pour les bacs de stockage, ISO 13702 pour la maîtrise des
risques incendie).
- Comparaison entre les prescriptions normatives et les caractéristiques du
système installé.
3. Analyse du fonctionnement
- Compréhension du mode de déclenchement (manuel et/ou automatique).
- Étude des conditions d’alimentation en eau et en mousse.
- Évaluation de la rapidité et de l’efficacité théorique du système en cas
d’incendie.
4. Participation aux activités de sécurité
- Observation des procédures de maintenance et de vérification périodique
des équipements.
- Participation à des réunions techniques sur la sécurité incendie.
- Rédaction de notes et schémas explicatifs pour documenter mes
observations.
5. Synthèse et rédaction
- Organisation des informations recueillies pour préparer ce rapport.
- Mise en évidence des points forts du système et des éventuelles limites.
- Réflexion sur les enseignements tirés en matière de prévention incendie et
de gestion des risques industriels.
Étude technique du système:
1. Description du bac de stockage à toit fixe
1.1 Caractéristiques générales
1.2 Le bac de stockage étudié est une cuve cylindrique en acier
soudé, conçue pour conserver du pétrole brut.
- Structure : parois verticales en acier, toit fixe métallique solidaire de la
cuve.
- Capacité : généralement comprise entre 10 000 et 100 000 m³ selon les
besoins du site.
- Fondation : posé sur une dalle en béton armé pour assurer la stabilité et
éviter les infiltrations.
- Accès : équipé d’échelles, passerelles et trappes de visite pour l’inspection
et la maintenance.
1.3 Particularités du toit fixe
1.4 Contrairement aux bacs à toit flottant, le toit fixe est une
structure permanente qui protège le produit stocké des intempéries.
- Avantages : meilleure protection contre la pluie, la poussière et les débris
extérieurs.
- Inconvénients : accumulation de vapeurs inflammables sous le toit, ce qui
augmente le risque d’explosion en cas d’étincelle ou de fuite.
1.3 Produits stockés
Le bac est destiné au stockage de pétrole brut ou de produits dérivés. Ces
hydrocarbures sont hautement inflammables et nécessitent des mesures de
sécurité renforcées.
- Risques associés : évaporation de vapeurs, fuites au niveau des joints,
propagation rapide des flammes.
- Conséquences possibles : incendie majeur, pollution environnementale,
pertes économiques.
1.5 Risques spécifiques
1.6 Les principaux risques identifiés pour un bac à toit fixe sont :
- Incendie de surface : inflammation des vapeurs ou du liquide stocké.
- Explosion interne : accumulation de gaz inflammables sous le toit.
- Propagation : extension de l’incendie aux autres bacs ou installations
voisines.
2. Présentation du système d’extinction incendie
2.1 Extinction à mousse (par chambre à mousse)
- Principe : la mousse est produite par mélange d’eau et d’émulseur, puis
injectée dans le bac via des chambres à mousse fixées sur la paroi
supérieure.
- Fonction : recouvrir la surface du liquide inflammable d’une couche de
mousse qui :
- Étouffe les flammes en isolant le carburant de l’air.
- Refroidit la surface du liquide.
- Empêche la réinflammation.
- Normes de référence : NFPA 11 (systèmes à mousse), qui définit le débit
minimal, la concentration d’émulseur et le temps d’application.
2.2 Colonnes de refroidissement (refroidissement par eau)
- Principe : des colonnes équipées de buses ou sprinklers sont disposées
autour du bac. Elles projettent de l’eau en rideau sur les parois extérieures.
- Fonction :
- Refroidir la paroi métallique du bac pour éviter la déformation ou la
rupture sous l’effet de la chaleur.
- Limiter la propagation de l’incendie aux bacs voisins.
- Protéger les structures environnantes.
- Normes de référence : NFPA 15 (systèmes de pulvérisation d’eau) et API
650 (sécurité des bacs de stockage).
2.3 Complémentarité des deux systèmes
- La mousse agit directement sur le feu en recouvrant le liquide.
- L’eau agit indirectement en protégeant la structure et en évitant l’effet
domino (propagation aux autres bacs).
- Ensemble, ces deux systèmes assurent une double barrière de sécurité :
extinction du foyer et protection des infrastructures.
3. Analyse du fonctionnement
3.1 Déclenchement du système
- Manuel : les opérateurs peuvent activer les pompes et ouvrir les vannes
depuis la salle de contrôle ou directement sur site.
- Automatique : certains systèmes sont reliés à des détecteurs de chaleur, de
fumée ou de pression qui déclenchent l’extinction sans intervention
humaine.
- Sécurité redondante : la présence des deux modes (manuel + automatique)
garantit une meilleure fiabilité.
3.2 Fonctionnement de l’extinction à mousse
- La pomperie alimente le réseau en eau et en émulseur.
- Le mélange est envoyé vers les chambres à mousse fixées sur le bac.
- La mousse se répand sur la surface du liquide, créant une barrière qui :
- Étouffe les flammes.
- Empêche l’apport d’oxygène.
- Refroidit la surface du produit.
- Performance attendue : recouvrir la surface du bac en moins de 10 minutes
(selon NFPA 11).
3.3 Fonctionnement des colonnes de refroidissement
- Les colonnes projettent de l’eau en rideau sur les parois extérieures du bac.
- Objectifs :
- Refroidir la paroi métallique pour éviter la déformation ou la rupture.
- Limiter la propagation de l’incendie aux bacs voisins.
- Protéger les structures environnantes (tuyauteries, pomperie, passerelles).
- Performance attendue : maintenir la température des parois en dessous du
seuil critique (selon NFPA 15).
3.4 Fiabilité et efficacité
- Points forts :
- Double action (mousse + eau) → extinction directe + protection indirecte.
- Conformité aux normes NFPA/API/ISO.
- Redondance des modes de déclenchement.
- Limites :
- Dépendance à la disponibilité d’eau et d’émulseur.
- Maintenance régulière indispensable (pompes, vannes, buses).
- Conditions climatiques (vent fort, chaleur extrême) peuvent réduire
l’efficacité.
3.5 Risques résiduels
Même avec un système performant, certains risques persistent :
- Retard de déclenchement en cas de défaillance humaine ou technique.
- Insuffisance du débit si plusieurs bacs sont touchés simultanément.
- Possibilité de réinflammation si la mousse est insuffisante ou mal répartie.
4. Avantages et limites du système
4.1 Avantages
- Double action (mousse + eau) : extinction directe du feu par mousse et
protection structurelle par refroidissement des parois.
- Canon à mousse tractable : couvre le scénario d’incendie dans la cuvette
de rétention, garantissant une sécurité complète.
- Conformité aux normes internationales : conception basée sur NFPA 11,
NFPA 15, API 650 et ISO 13702.
- Fiabilité : redondance des modes de déclenchement (manuel et
automatique).
- Flexibilité : possibilité d’adapter le débit et la pression selon la taille du bac
et la nature du produit stocké.
- Sécurité environnementale : limite les risques de pollution majeure en cas
d’incendie.
4.2 Limites
- Dépendance aux ressources : besoin constant d’eau et d’émulseur en
grande quantité.
- Maintenance régulière : indispensable pour garantir la disponibilité des
pompes, vannes, chambres à mousse et colonnes.
- Conditions climatiques : vent fort peut disperser la mousse, chaleur
extrême peut réduire l’efficacité.
- Canon tractable : dépend de l’intervention humaine, donc temps de
réaction plus long.
- Risques résiduels : possibilité de réinflammation si la mousse est
insuffisante ou mal répartie.