Devoir Maison no 6 : corrigé
MPSI Lycée Camille Jullian
5 janvier 2026
Énigme 1 : ˜l´e ˚r`e˙p`a¯s `d`e N`oflë¨l.
Il va évidemment falloir quelques connaissances en dénombrement pour s’en sortir. Supposons
pour simplifier dans un premier temps que les places autour de la table sont numérotées de 1 à 45
(avec donc la place 45 qui est en fait à côté de la place 1. Le nombre de façons de placer les six filles
sur ces 45 places (si on considère que tout ce qui est importantestde savoir où sont placées les filles,
45
indépendamment de la place précise de chaque fille) est de = 8 145 060. On va essayer de
6
compter, parmi ceux-ci, les placements où il n’y a pas deux filles l’une à côté de l’autre. Si c’est le cas,
on peut effectuer la drôle d’opération suivante : on ne bouge pas la première fille (celle dont le numéro
de place est le plus petit), on déplace d’une unité (vers le bas) la deuxième fille, de deux unités la
troisième, ainsi de suite jusqu’à déplacer de cinq unités la sixième et dernière fille. Puisque les filles
n’étaient pas côte à côte au départ, on ne peut pas se retrouver avec deux filles au même endroit lors
de cette opération, et elles occuperont donc six places distinctes dont les numéros ne peuvent plus
varier qu’entre 1 et 40 (on a déplacé de 5 unités la dernière fille). Réciproquement, si on part de six
numéros compris entre 1 et 40, on peut faire l’opération inverse : on ne touche pas au premier, on
augmente le deuxième d’une unité, etc, pour obtenir
à l’arrivée six numéros entre 1 et 45 sans risque
40
d’en avoir deux consécutifs. Il y a exactement façons de choisir ces six numéros, mais attention,
6
il faut enlever tous les cas où les deux numéros extrêmes (le 1 et le 40) ontété choisis, sinon on va se
38
retrouver avec deux filles aux places 1 et 45, donc côte à côte. Il y a cas où on a choisi le 1 et
4
le 40 (ces deux numéros sont imposés, il en reste 4à choisir
parmi les 38 restants), donc le nombre
40 38
de placements sans filles côte à côte est égal à − = 3 838 380 − 73 815 = 3 764 565, ce
6 4
35 853
qui donne une probabilité égale à . La probabilité qu’il y ait au moins deux filles côte à côte
77 572
41 719
est donc de ≃ 0.538. Eh oui, il y a plus d’une chance sur deux que ça se produise, ce qui n’est
77 572
pas vraiment intuitif (si vous jouez au Loto et que ne mettez jamais dans votre grille deux numéros
consécutifs, pas sûr que ce soit très malin).
Si on suppose maintenant que nos élèves sont assis autour de tables de 15, calculons comme ci-
dessus la probabilité qu’il n’y ait pas deux filles côte à côte, en fonction du nombre de filles présentes
à la table (les raisonnements sont les mêmes que pour le premier calcul ci-dessus) :
10 8
• s’il y a six filles à la table, le nombre de placements sera égal à − = 140, et
6 4
140 140 4
la probabilité correspondante égale à 15 = = (oui, ça ne fait vraiment pas
6
5 005 143
beaucoup).
11 9
• avec cinq filles, le nombre de possibilités devient − = 378, donc une probabilité de
5 3
1
378 18
15 = 143 .
5
12 10
• avec quatre filles à table, on monte à − = 450 cas, soit une probabilité de
4 2
182 30
15 = 91 .
4
13 11 275 55
• avec trois filles à table, on a − = 275 cas et une proba de 15 = .
3 1 3
91
14 90 6
• avec deux filles, on a − 1 = 90 cas, soit une proba de = .
2 105 7
• avec une ou zéro fille, la probabilité est évidemment égale à 1.
Il reste ensuite à calculer la probabilité d’apparition de chacune des répartitions des filles entre
45
les trois tables. Le nombre total de façons de répartir les 45 élèves sur les trois tables est de ×
15
30
≃ 5.3 × 1019 (oui c’est beaucoup). Si on veut par exemple deux filles sur chaque table, il y a
15
6 39 4 26
× × × cas possibles. Attention, si la répartition des filles n’est pas équilibrée (par
2 13 2 13
exemple 3, 2 et une fille sur les trois tables), il faut multiplier le produit de coefficients binômiaux
correspondants par 3! = 6 (l’ordre des tables n’ayant pas d’importance). On obtient les probabilités
suivantes :
13
• répartition 6 − 0 − 0 des filles avec une probabilité .
7 052
117
• répartition 5 − 1 − 0 avec une probabilité .
3 526
4 095
• répartition 4 − 2 − 0 avec une probabilité .
38 786
8 775
• répartition 4 − 1 − 1 avec une probabilité .
77 572
5 915
• répartition 3 − 3 − 0 avec une probabilité .
77 572
20 475
• répartition 3 − 2 − 1 avec une probabilité .
38 786
11 025
• répartition 2 − 2 − 2 avec une probabilité (ouf, la somme est bien égale à 1).
77 572
Il ne reste plus qu’à faire une magnifique moyenne pondérée des différents cas pour trouver la
35 853
probabilité globale de n’avoir de paires de filles côte à côte à aucune table, ce qui donne . Il
77 572
41 719
reste donc une proba d’avoir deux filles côte à côte égale à ≃ 53.8%. Mais, mais, incroyable,
77 572
c’est exactement la même probabilité qu’avec une seule table de 45 personnes ! Bon, il ne reste plus
qu’à vérifier ce que ça donne avec cinq tables de neuf, mais j’avoue avoir la flemme de faire tous les
cas, qui sont encore un peu plus nombreux qu’avec trois tables de quinze... (sans surprise, la proba
sera à nouveau la même, ce qu’on peut d’ailleurs tenter d’expliquer « logiquement » avec à peine un
peu de mauvaise foi).
Énigme 2 : ˜l´e ¯sfi`a¯p˚i‹nffl `d`e N`oflë¨l.
Pour les calculs qui suivent, je vais noter c le côté du pentagone intérieur à l’étoile, et a le côté du
décagone dans lequel l’étoile est inscrite (on cherchera plus tard le lien entre a et c). On va calculer
successivement l’aire du pentagone (en fonction de c), celle d’une branche de l’étoile (toujours en
fonction de c), puis celle du décagone (en fonction de a), et enfin trouver une relation entre a et c,
et on aura alors tous les éléments pour effectuer le calcul démandé.
3π
Dans un pentagone régulier, chaque angle intérieur a pour mesure (on peut découper le
5
pentagone en trois triangles dont la somme des angles vaut évidemment 3π, et cette même somme
est tout aussi évidemment égale à cinq fois la valeur d’un angle intérieur). On peut donc découper
notre pentagone en cinq triangles isocèles ayant un sommet au centre du pentagone et pour angles
3π 2π
(pour les deux angles égaux) et (pour l’angle « au centre »). La hauteur h de chacun de
10 5
3π h c 3π
ces triangles vérifie tan = c , donc h = tan . L’aire de chaque triangle vaut donc
10 2 2 10
c2 5c2
ch 3π 3π
= tan . Pour le pentagone en entier, on a donc une aire égale à tan . Histoire
2 4 10 r 4 10
3π π π 1 2
d’avoir une formule concrète, tan = tan − = π = 1 + √ (le calcul des lignes
10 2 5 tan( 5 ) 5
π
trigonométriques de a été effectué dans le problème de la feuille d’exercices de trigo, je vous laisse
5
c2 p √
aller retrouver tout ça si besoin). L’aire calculée vaut donc 25 + 10 5.
4
2π
Une branche de l’étoile est un triangle isocèle dont les deux angles égaux ont pour mesure
5
(ils sont supplémentaires d’un angle intérieur du pentagone), et le troisième a donc pour mesure
π
. Ce triangle a par ailleurs pour base c. Si on note à nouveau h sa hauteur (oui, je recycle la
5
2π h
notation, ce n’est pas la même valeur que tout à l’heure), elle vérifie donc tan = c , donc
5 2
c
2π c2
2π
h = tan , puis l’aire de notre branche vaut tan . L’aire des cinq branches vaut donc
2 5 4 5
5c2 2π 5c2 p √
tan = 5 + 2 5.
4 5 4
L’aire du décagone de côté a se calcule avec la méthode que celle du pentagone. Chaque angle
4π
intérieur d’un décagone a une mesure de (on peut découper le décagone en huit triangles dont la
5
somme des angles, égale à dix fois l’angle intérieur du décagone, vaut 8π), et on peut donc scinder
notre décagone en dix triangles isocèles ayant un sommet au centre du décagone et deux angles égaux
2π π
à , le dernier ayant donc pour mesure . Un tel triangle a pour base a et sa hauteur h vérifie
5 5
2π 2h a a2
, donc h = tan 2π 2π
tan = 5 , puis notre triangle a pour aire tan 5 , ce qui donne pour
5 a 2 4
5a2 5a2 p √
tan 2π
le décagone une aire totale égale à 5 , soit 5 + 2 5. On remarque que les trois aires
2 2 p √
calculées se factorisent fort sympathiquement par la même constante 5 + 2 5, pour donner pour
c 2 5 + √5
√
c2 5 5c2
+
le rapport d’aires demandé l’expression 4 5a2 4 = × .
a 10
2
Il ne reste plus qu’à estimer le rapport entre les deux côtés. Pour cela, on constate que la zone
située à l’intérieur du décagone, entre deux branches de l’étoile, est constituée de deux triangles
2π
isométriques ayant un angle égal à (la moitié de l’angle intérieur du décagone qui est coupé en
5
3π
deux pour créer les deux triangles), un deuxième égal à (la moitié de l’angle entre deux branches
10
de l’étoile, angle qui est le même que l’angle intérieur du pentagone), et un dernier angle égal aussi à
3π
(soit en utilisant la somme des angles dans ce triangle, soit en constatant que c’est la moitié d’un
10
angle intérieur de décagone auquel on a soustrait l’angle de la pointe d’une branche d’étoile). Oui, je
sais, un dessin aurait aidé à comprendre mais j’ai la flemme. Bref, on a sous les yeux un triangle isocèle
dont deux côtés ont pour longueur a et le troisième a pour longueur l, longueur des deux côtés égaux
2π
d’une branche d’étoile. Justement, dans une branche d’étoile dont les deux angles égaux valent ,
5
2π c c
on a cos , donc l =
= . Et dans le triangle isocèle précédemment décrit, on calcule
5 2l 2 cos( 2π
5 ) p
π l π c c π 2π √
de même sin = , donc 2a sin = 2π , puis = 4 sin cos = 5−2 5
5 2a 5 2 cos( 5 ) a 5 5
après quelques petites simplifications que je vous épargne généreusement.
√ √ √ √
(5 − 2 5)(5 + 5) 15 − 5 5 3− 5
Il est temps de conclure : notre proportion vaut donc = = ,
10 10 2
soit environ 38% de la surface totale en smaragdin. Vraiment un problème passionnant.
Énigme 3 : ˜l´affl ”n˚u˚i˚t `d`e N`oflë¨l.
Pas grand chose de plus à faire que donner les solutions dans les cas où ça marche :
6 6
• la seule solution avec 1, 3, 4 et 6 est 3 = 1 = 6 × 4 = 24
1 − 4 4
1 24
• la seule solution avec 1, 5, 5 et 5 est 5 × 5 − =5× = 24
5 5
8 8
• la seule solution avec 3, 3, 8 et 8 est 8 = 1 = 8 × 3 = 24
3− 3 3
• il est impossible d’obtenir 24 avec le tirage 3, 4, 8 et 8
• pour les tirages avec quatre chiffres identiques, c’est impossible avec quatre 1, quatre 2, quatre
7, quatre 8 ou quatre 9, mais possible avec quatre 3 (par exemple 3 × 3 × 3 − 3 = 24), avec
5
quatre 4 (par exemple 4 × 4 + 4 + 4 = 24), quatre 5 (par exemple 5 × 5 − ), quatre 6 (celui-là,
5
même mon caniche y arrive : 6 + 6 + 6 + 6 = 24)
Kevin rajoute une question subsidiaire : si on autorise aussi à tirer le nombre 10, quel est le tirage
qui donne le plus grand nombre de calculs différents (les calculs identiques à permutation près sont
considérés comme étant les mêmes) aboutissant à 24 ? C’est trivial, mon petit Kevin, c’est le tirage
10 − 4
2, 4, 8, 10 aves les 11 calculs suivants : 2 + 4 + 8 + 10 = 10 × 4 − 2 × 8 = 4 × (8 × 2 − 10) = 8 × =
2
8 8 8
4 × 10 − = (10 + 2) × = 10 × 2 + 8 − 4 = 4 × 8 + 2 − 10 = 4 × (10 − 2) − 8 = 2 × 10 + =
2 4 4
10 × 4 + 8
= 24.
2
Énigme 4 : ˜l„`â`g´e `d˚uffl ¯p`èˇr`e N`oflë¨l
Le seul nombre qui fonctionne est 6 210 001 000, qui contient bien six fois le chiffre 0, deux
fois le chiffre 1, une fois le chiffre 2 et le chiffre 6 et aucune fois les autres chiffres. Pour montrer
rigoureusement que c’est le seul cas possible, pas vraiment d’autre choix qu’une distinction de cas un
peu laborieuse, mais pas si longue que ça (la somme de tous les chiffres du nombre est nécessairement
égale à 10 et le nombre de 0 ne peut pas être inférieur à 5, ce qui ne fait que quelques cas à traiter).
Énigme 5 : ˜l´e `d`e˙sfi¯sfi`eˇr˚t `d`e˙s ˚r`e›n‹n`e˙s `d˚uffl ¯p`èˇr`e N`oflë¨l
Pour simplifier les calculs, on va plutôt supposer que le disque a pour rayon 1 (il suffit de dire
qu’on prend les décamètres comme unité) et que le renne est attaché au point A, extrémité d’un
diamètre [AB] du disque. On note L la longueur de la corde, et on va noter O le centre du disque,
et P et Q les points du cercle situés à distance L de notre point A. Autrement dit, on a un dessin
qui ressemble à ceci (la figure ne répond pas au problème, puisque sur la figure l’aire broutée par le
renne est clairement supérieure à la moitié de la surface totale) :
P
A O B
Sur ce schéma, donc, si on note x l’angle AOP [ (qui est droit sur le dessin mais ne le sera pas en
x
pratique), l’angle \ABP a pour mesure (théorème de l’angle au centre), et comme le triangle AP B
2
sera toujours un triangle rectangle en P (triangle dont un côté est un diamètre du cercle et dont le
troisième point est situé sur le cercle), l’angle \AP B est toujours droit, et OAP[ a donc pour mesure
π−x
. L’angle P[ AQ a donc pour mesure π − x, et l’aire du secteur circulaire du grand disque (en
2
pointillés bleus sur le dessin, celui qui a pour rayon L et pour centre A) compris entre ses points P
π−x (π − x)L2
et Q est donc égale à × πL2 = . Or, dans le triangle rectangle AP B, on a la relation
x 2π 2
L
sin = (l’hypothèse du triangle est le diamètre [AB] de notre pré, qui a par hypothèse pour
2 2 x x
rayon 1), donc L = 2 sin , et l’aire du secteur calculée précédemment vaut 2(π − x) sin2 .
2 2
Pour obtenir l’aire broutée, il faut ajouter deux fois l’aire de la portion de pré située au-dessus de
la corde de longueur L entre les points P et Q. Cette aire est égale à celle du secteur du pré compris
x x
entre P et Q, qui vaut π × = (on est dans un pré de rayon 1, à laquelle on soustrait l’aire
2π 2
du triangle AOP . Celui-ci a une base de longueur 1, et une hauteur issue de P de longueur sin(x)
(si ça ne vous semble pas clair, regardez le triangle OP H, où H est le projeté orthogonal de P sur
sin(x) x
(AB)), donc pour aire . L’aire totale de broutage vaut donc 2(π − x) sin2 + x − sin(x).
2 2
Or, ce qu’on veut, c’est que cette aire soit exactement la moitié de celle du pré complet, donc que
x π x 1 − cos(x)
2(π − x) sin2 + x − sin(x) = . En rappelant que sin2 = , on trouve l’équation
2 2 2 2
π π
équivalente (π − x)(1 − cos(x)) + x − sin(x) = , soit = sin(x) + (π − x) cos(x). Si on trouve une
2 x2
solution x à cette équation, on aura alors L = 2 sin . Seul léger problème, cette équation ne se
2
résoud pas de façon exacte ! Pas grave, Wolfram nous donne généreusement x ≃ 1.236 radian, ce qui
fournit ensuite L ∼ 1.159 décamètre, donc une corde d’environ 11.6 mètres.