Devoir Maison no 2 : corrigé
MPSI Lycée Camille Jullian
2 octobre 2025
Exercice 1 : une équation fonctionnelle.
1. La fonction identité idN est une solution du problème.
2. (a) C’est évident : f (n) = 2n − f ◦ f (n) ⩽ 2n puisque f ◦ f (n) est un entier naturel, donc
positif. Et bien sûr, par définition, f (n) ∈ N, donc f (n) ⩾ 0.
(b) D’après la question précédente, f (0) appartient à un ensemble ne contenant que la valeur
0, donc f (0) = 0.
(c) Toujours d’après la question a, f (1) ∈ {0, 1, 2}. Si on suppose f (1) = 0, alors f (1) + f ◦
f (1) = 0 + f (0) = 0, alors qu’on devrait avoir f (1) + f ◦ f (1) = 2 pour satisfaire la relation
initiale. Si on suppose maintenant f (1) = 2, alors f (1) + f ◦ f (1) = 2, donc f (2) = 0.
Mais alors f (2) + f ◦ f (2) = 0 + f (0) = 0, ce qui contredit une nouvelle fois la relation de
départ. La seule solution restante est donc f (1) = 1.
(d) Raisonnons par l’absurde : si f n’est pas injective, on peut trouver deux entiers distincts
n et p pour lesquels f (n) = f (p). Mais alors f ◦ f (n) = f ◦ f (p), donc f (n) + f ◦ f (n) =
f (p) + f ◦ f (p). D’après la relation de départ, cela implique 2n = 2p, donc n = p, ce qui
est en contradition flagrante avec notre hypothèse. La fonction est donc bien injective.
(e) L’initialisation de la récurrence a été faite à la question b. Supposons donc que tous les
entiers k ∈ {0, 1, . . . , n} vérifient f (k) = k. Alors, par injectivité de la fonction f , on
a nécessairement f (n + 1) ⩾ f (n + 1) (toutes les valeurs précédentes étant déjà images
d’entiers strictement inférieurs à n + 1). On a alors f ◦ f (n + 1) = 2(n + 1) − f (n + 1) ⩽
2n + 2 − n − 1 = n + 1 en reprenant une nouvelle fois la relation de départ. Cette inégalité
est en fait nécessairement une égalité (sinon l’application f ne serait plus injective), ce qui
implique bien que f (n + 1) = n + 1 et achève donc la récurrence.
(f) On a prouvé qu’une solution de l’équation vérifiait nécessairement f (n) = n pour tout
entier naturel n. L’identité est donc la seule solution possible.
3. Oui, il en existe plein, et on peut en construire assez facilement. Imaginons par exemple qu’on
impose pour commencer f (0) = 1, histoire d’avoir une solution différente de l’identité. Alors,
la relation appliquée à n = 0 impose 1 + f (1) = 0, donc f (1) = −1. On applique ensuite la
relation pour n = 1 pour obtenir −1 + f (−1) = 2 donc f (−1) = 3. Puis, en posant n = −1,
3 + f (3) = −2 donc f (3) = −5. En continuant ainsi, on trouve successivement les conditions
nécessaires f (−5) = 11, f (11) = −21 et ainsi de suite. Il est facile de prouver que les entiers
apparaissant dans ces calculs seront toujours distincts, puisqu’on obtient alternativement des
valeurs positives et négatives de plus en plus grandes en valeur absolue. On construit ainsi un
sous-ensemble A ⊂ Z dont les images par f sont imposées (et tous les entiers appartenant à
A vérifient la condition de départ par construction). Il suffit alors de compléter la définition
de f en posant : ∀n ∈ / A, f (n) = n, et on a une fonction qui convient. On peut en construire
d’autres en imposant une valeur différente de 1 pour f (0), ou même en tenant de compléter
autrement que par l’identité sur l’ensemble N\A (mais c’est plus compliqué). Bref, il y a des
tonnes de solutions.
1
Exercice 2 : des inégalités classiques.
1. Il suffit de constater que x2 + y 2 − 2xy = (x − y)2 ⩾ 0 pour obtenir l’inégalité demandée.
√ √
2. Si a et b sont positifs, a et b sont définis, et on peut leur appliquer l’inégalité de la question
√ √ √ a+b
précédente pour obtenir 2 a b ⩽ a + b, donc ab ⩽ .
2
1 1
3. (a) Si p ⩽ 1 (avec p > 0), alors ⩾ 1, donc ⩽ 0, ce qui est difficilement compatible avec la
p q
condition q > 0.
(b) La fonction f est dérivable et f ′ (x) = xp−1 − 1, quantité positive si x ⩾ 1, négative
sinon (on suppose ici la fonction f définie sur ]0, +∞[, le nombre p n’ayant aucune raison
d’être entier). La fonction f admet donc un minimum atteint pour x = 1, de valeur
1 1
f (1) = + − 1 = 0 par hypothèse. La fonction f est donc toujours positive, ce qui
p q
1 1
revient bien à dire que x ⩽ xp + .
p q
a a 1 ap 1
(c) Posons donc x = q−1 (quelle inspiration géniale !), alors q−1 ⩽ × pq−p + , donc en
b b p b q
1 a p b q 1 1
multipliant tout par bq , ab ⩽ × pq−p−q + . Or, + = 1 donc q + p = qp. Autrement
p b q p q
ap bq
dit, pq − p − q = 0, et l’inégalité obtenue peut bien s’écrire ab ⩽ + .
p q
1 1
Dans le cas particulier p = q = 2 (qui vérifient bien + = 1), on retrouve ab ⩽
p q
a2 b2
+ .
2 2
(d) On peut déjà constater, en testant l’inégalité avec a = b = 1, qu’on doit nécessairement
1 1
avoir 1 ⩽ + . Reste à demontrer l’inégalité dans l’autre sens pour pouvoir conclure que
p q
1 1 ap bq
+ = 1. Si on suppose que l’inégalité de Young ab ⩽ + est vraie pour tout couple
p q p q
1 1
de réels positifs, alors on peut l’appliquer pour a = x p et b = x q , avec x > 0 quelconque.
1
+1 x x 1
+ 1 −1 1 1 1 1
On en déduit que x p q ⩽ + , ou encore que x p q ⩽ + . Si on avait + > 1,
p q p q p q
1 1 1
+ 1
−1
on aurait + − 1 > 0, donc lim x p q = +∞, ce qui est en contradition violente
p q x→+∞
avec l’inégalité qu’on vient d’obtenir (le membre de droite en est constant !). On n’a pas
1 1
d’autre choix qu’avoir + − 1 ⩽ 0 (dans ce cas, la limite de la quantité de gauche est
p q
1 1
égale à 1 ou 0, ce qui ne pose aucun problème). Comme on a déjà vu que 1 ⩽ + , on
p q
1 1
conclut bien à la nécessité d’avoir + = 1.
p q
4. (a) La fonction g est dérivable et vérifie f ′ (x) = ex−1 , donc f ′ (1) = 1. On a également
f (1) = 1, donc l’équation de la tangente est donnée par y = x − 1 + 1 = x.
(b) La fonction g est convexe (trivial), donc sa courbe est située au-dessus de ses tangentes,
ce qui prouve directement l’inégalité demandée.
xi
(c) On applique simplement l’inégalité précédente aux nombres , puis on multiplie toutes les
m
majorations (tout est positif, ça ne pose aucun problème) pour obtenir ce qui est demandé.
(d) Le produit d’exponentielles à droite peut s’écrire comme une exponentielle de somme. Or,
x1 xn x1 + · · · + xn nm
−1+· · ·+ −1 = −n = −n = 0. Autrement dit, on a en fait prouvé
m m m m
x1 x2 . . . xn
que ⩽ e0 = 1, soit x1 . . . xn ⩽ mn (encore une fois, tout est positif, on peut
mn
2
multiplier par mn sans problème). Il ne reste qu’à prendre les racines n-èmes à gauche et
1 x1 + x 2
à droite pour avoir l’inégalité (x1 x2 . . . xn ) n ⩽ m. Dans le cas où n = 2, m =
2
√ x1 + x 2
et on a donc prouvé à nouveau que x1 x2 ⩽ , c’est-à-dire exactement l’inégalité
2
arithmético-géométrique.
p p
5. (a) L’inégalité P1 affirme que x21 + y12 ⩾ x21 + y12 , ce qui ne devrait pas prendre trop de
temps à démontrer.
(b) Calculons brillamment la différence : (a2 + c2 )(b2 + d2 ) − (ab + cd)2 = a2 b2 + a2 d2 + c2 b2 +
c2 d2 − a2 b2 − c2 d2 − 2abcd = (ad)2 + (bc)2 − 2abcd = (ad − bc)2 ⩾ 0. Cela prouve l’inégalité
demandée.
√ √
(c) En changeant simplement les notations, la propriété P2 affirme que a2 + c2 + b2 + d2 ⩾
p
(a + b)2 + (c + d)2 . Tout étant
p positif, on peut élever au carré pour obtenir la condi-
2 2
tion équivalente a + c + 2 (a + c2 )(b2 + d2 ) + b2 + d2 ⩾ (a + b)2 + (c + d)2 , soit en
2
développant
p à droite et en simplifiant les carrés (puis en divisant par 2 tant qu’on y est)
(a2 + c2 )(b2 + d2 ) ⩾ ab+cd. C’est exactement ce qu’on vient de démontrer (à un dernier
passage au carré près).
(d) On a déjà prouvé les cas n = 1, et même n = 2, inutile pour l’initialisation de la ré-
currence, mais qui va nous pservir pour l’hérédité. Supposons la propriété vraie au rang
n, et cherchons à majorer (x1 + · · · + xn + xn+1 )2 + (y1 + · · · + yn + yn+1 )2 . En posant
X1 = x1 + · · · + xn , X2 = p xn+1 , Y1 = y1 + · · · + yn et p Y2 = yn+1 , lappropriété P2
nous permet d’affirmer que (X1 + Xq 2 ) 2 + (Y + Y )2 ⩽
1 2 X12 + Y12 + X22 + Y22 =
p
(x1 + · · · + xn )2 + (y1 + · · · + yn )2 + x2n+1 + yn+1 2 , et il ne reste plus qu’à majorer
la première racine carrée à l’aide de l’hypothèse de récurrence pour obtenir exactement la
propriété souhaitée au rang n + 1. C’est magique !
(e) On applique évidemment la propriété Pn en posant xi = ai (pour tout entier i vérifiant
1 ⩽ i ⩽ n), et yi = 1 − ai+1 (avec yn = 1 − a1 ). En constantant que x1 + · · · + xn =
a1 + · · · + an = S et y1 + · · · + yn = 1 − a2 + · · · + 1 − an + 1 − a1 = n − S, le résultat
demandé est immédiat.
p
(f) On sait déjà que notre quantité est minorée par S 2 + (n − S)2 . Posons alors, à n fixé,
f (S) = S 2 +(n−S)2 . Cette fonction est polynômiale de degré 2, décroissante puis croissante
sur R et admet un miminimum atteint quand f ′ s’annule, avec f ′ (S) = 2S − 2(n − S),
n n n2 n2 n2
donc f ′ (S) = 0 ⇔ S = . Le minimum correspondant est égal à f = + = ,
2 r √ 2 4 4 2
p n 2 n 2
ce qui prouve qu’on a toujours S 2 + (n − S)2 ⩾ = , et démontre donc la
2 2
dernière inégalité demandée.