Feuille d’exercices no 9 : Structures algébriques
MPSI Lycée Camille Jullian
11 décembre 2025
Exercice 1 (**)
Montrer que la loi ⋆ définie sur R∗ × R par (x, y) ⋆ (x′ , y ′ ) = (xx′ , xy ′ + yx′n ) est une loi de groupe
quel que soit l’entier n ⩾ 1.
Exercice 2 (*)
On définit une loi ⋆ sur R par x ⋆ y = x + y + x2 y 2 .
1. La loi ⋆ est-elle associative ? Commutative ?
2. Existe-t-il un élément neutre pour cette loi ?
3. Résoudre dans R les équations 1 ⋆ x = 0 et 1 ⋆ x = 1.
Exercice 3 (*)
On munit l’ensemble E = {1, 2, 3, 4} de la loi ⋆ définie de la façon suivante : x ⋆ y est le reste de
la division euclidienne de xy par 5.
1. Vérifier que ⋆ est une lci, puis écrire le tableau de la loi ⋆.
2. S’agit-il d’une loi de groupe ?
3. Résoudre dans E les équations (3 ⋆ x) ⋆ 2 = 1, puis 4 ⋆ (2 ⋆ x) = 2, et enfin (3 ⋆ x) ⋆ 3 = 3.
Exercice 4(*)
On considère l’ensemble G formé des six applications fi : R → R suivantes : f1 (x) = x, f2 (x) =
1 x−1 1 x
, f3 (x) = , f4 (x) = , f5 (x) = et f6 (x) = 1 − x.
1−x x x x−1
1. Montrer que (G, ◦) est un groupe. Est-ce un groupe abélien ?
2. Quels sont les sous-groupes de G contenant exactement deux éléments ?
3. Les sous-ensembles H1 = {f1 , f2 , f3 } et H2 = {f1 , f2 , f4 , f6 } sont-ils des sous-groupes de G ?
Exercice 5 (*)
Soit E un ensemble quelconque, montrer que (P(E), ∆, ∩) est un anneau commutatif (on rappelle
que l’opération ∆ est la différence symétrique définie par A∆B = (A∪B)\(A∩B) = (A\B)∪(B\A).
Quelles sont les unités de cet anneau ?
Exercice 6 (*)
√ √
Montrer que Q[ 3] = {a + b 3 | (a, b) ∈ Q2 } est un corps.
1
Exercice 7 (**)
G → G
Soit G un groupe et a ∈ G, on note τa l’application τa : (en notant la loi de
x 7→ axa−1
groupe multiplicativement, ce qu’on fera dans tout l’exercice).
1. Montrer que τa est un automorphisme de G (appelé automorphisme intérieur).
2. Si a et b sont deux éléments de G, que vaut τa ◦ τb ? Que vaut τe ?
3. Montrer que l’application a 7→ τa est un morpisme de groupes de G vers Aut(G). Quel est
son noyau ?
Exercice 8 (***)
Un élément x d’un groupe G dont la loi est notée multiplicativement est dit d’ordre fini s’il existe
un entier n ⩾ 1 tel que xn = e. On appelle alors ordre de l’élément x le plus petit entier n vérifiant
xn = e.
1. Quels sont les éléments d’ordre fini dans (R, +) ? Et dans (C∗ , ×) ?
2. Montrer que, si x est un élement d’ordre n de G, H = {xk | 0 ⩽ k < n} est un sous-groupe
de G.
3. Montrer que, si x est d’ordre fini, x−1 l’est aussi, et que ces deux éléments ont le même ordre.
4. Montrer que, si x est d’ordre fini, yxy −1 est de même ordre que x, quel que soit y appartenant
à G.
5. Montrer que, si xy est d’ordre fini, alors yx est d’ordre fini, et a le même ordre que xy.
Exercice 9 (**)
Soit G un groupe.
1. Montrer qu’une intersection de sous-groupes de G est toujours un sous-groupes de G.
2. Soit x ∈ G, on appelle centralisateur de x dans G l’ensemble des éléments de G qui commutent
avec x. Montrer qu’il s’agit d’un sous-groupe de G.
3. On appelle centre de G l’ensemble des éléments de G qui commutent avec tous les éléments
de G, montrer qu’il s’agit d’un sous-groupe de G.
Exercice 10 (***)
Soit (G, ⋆) un groupe fini et H un sous-groupe de G.
1. On définit sur G une relation R par xRy ⇔ ∃z ∈ H, y = x ⋆ z. Montrer que la relation R est
une relation d’équivalence. Quelle est la classe d’équivalence de l’élément x ?
2. Montrer que les classes d’équivalence de la relation R ont toutes le même nombre d’éléments.
3. En déduire que le nombre d’éléments de H est forcément un diviseur de celui de G.
4. Quels sont les sous-groupes d’un groupe fini contenant un nombre premier d’éléments ?
Exercice 11 (**)
np o
On note A = | (p, n) ∈ Z × N .
2n
1. Montrer que A est un sous-anneau de Q.
2. Déterminer les unités de A.
3. Mêmes questions avec l’ensemble des nombres décimaux.
2
Exercice 12 (***)
Soit A un anneau, un élément x ∈ A est dit nilpotent s’il existe un entier n ⩾ 1 tel que xn = 0.
1. Montrer que, si A est intègre, 0 est le seul élément nilpotent.
2. Montrer que, si x et y sont nilpotents et commutent, x + y et xy sont encore nilpotents.
3. Montrer que, si x est nilpotent, 1 − x est inversible, et déterminer son inverse.
Exercice 13 (**)
Soit (A, +, ×) un anneau dans lequel ∀x ∈ A, x2 = x.
1. Montrer que, ∀x ∈ A, 2x = 0.
2. Montrer que A est nécessairement un anneau commutatif.
3. Montrer que ∀(x, y) ∈ A2 , xy(x + y) = 0.
4. En déduire que, si A contient au moins trois éléments, il ne peut pas être un anneau intègre.
Exercice 14 (***)
On note pour tout l’exercice α l’une des deux solutions de l’équation z 2 + z + 2. Le choix de
la solution et la valeur exacte de α n’ont aucune importance pour la suite de l’exercice. On note
Z[α] = {p + αq | (p, q) ∈ Z2 }.
1. Montrer que Z[α] est un sous-anneau de C.
2. Quelles sont les valeurs de α + α et de αα ?
3. Montrer que Z[α] est stable par conjugaison complexe.
4. Montrer que, ∀z ∈ Z[α], zz ∈ N.
5. Soit z = p+αq ∈ Z[α], montrer que z est inversible dans Z[α] si et seulement si p2 +2q 2 −pq =
1.
6. Montrer que z ne peut pas être inversible si pq < 0.
7. Montrer que z ne peut pas non plus être inversible si pq > 0.
8. En déduire l’ensembles des unités de Z[α].