Support Org Jud
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Elaboré par :
Dr. Mamadou B. DEMBELE
Dr. Alfousseyni DIAWARA
Dr. Mamoudou SAMASSEKOU
Dr Boubacar BOCOUM
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Introduction générale
La vie en société ne peut se concevoir sans l’existence des règles s’imposant à toutes les
personnes qui la composent. Cette vie sociétale est régie par le principe fondamental selon
lequel « nul ne peut se rendre justice à soi-même ». Il est incontestable que toute vie en
société entraîne des contestations, un sujet de droit prétend une chose que lui conteste un autre
sujet de droit. Aussitôt né, un différend, à défaut de solution amiable, ne peut être réglé que
par les institutions mises en place par l’Etat à cet effet. Parmi ces institutions figure la justice.
Elle (justice) est l’ensemble des organes chargés de trancher les contestations entre les sujets
de droit. La justice peut aussi revêtir d’autres significations, dont deux sont essentielles. Elle
peut être distributive, celle qui vise à répartir entre les personnes, les biens, les droits et les
devoirs, les honneurs, en fonction de la valeur, des aptitudes, de chacun et de son rôle dans la
société ; ou commutative, celle qui prétend veiller à une égalité arithmétique, et veille à
l’égalité dans les échanges.
La justice est rendue au Mali par des cours et des tribunaux. Ce sont : les tribunaux de grande
instance, les tribunaux d’instance, les tribunaux de commerce, les tribunaux de travail, les
tribunaux administratifs, les tribunaux militaires, les cours d’Appel (judiciaires et
administratives), la cour constitutionnelle, la cour des comptes, la cour suprême et les
juridictions de l’application des peines. Cependant, l’organisation des juridictions maliennes
obéit à un système dualiste :
d’une part, l’ordre judicaire, incluant les juridictions civiles et pénales, règle les litiges
opposant les citoyens entre eux et sanctionnent les auteurs d’infractions aux lois
pénales ;
d’autre part, l’ordre administratif tranche les litiges qui opposent un citoyen à l’Etat, à
une collectivité territoriale ou à un organisme chargé d’une mission de service public.
Les juridictions quelles qu’elles soient sont soumises aux exigences d’indépendance et
d’impartialité.
Le mot « institution judiciaire » est pris ici dans son acception large qui concerne non
seulement l’ordre judiciaire mais aussi l’ordre administratif. Un important personnel assure le
fonctionnement de la justice au Mali. Ce personnel est de deux catégories : les magistrats ou
juges et les auxiliaires de justice (avocats, huissiers, greffiers, notaires, experts…)
Le programme de la 1ère Année Droit s’articule autour de l’étude de la justice (1 ère Partie), le
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La justice est un attribut de la souveraineté. Elle est un service public de l’Etat. En tant que
service public, elle est assujettie aux principes d’organisation et de fonctionnement des
services publics avec quelques particularités.
Pour comprendre mieux les principes généraux de la justice, il suffit d’examiner le principe de
la séparation des pouvoirs et les principes d’organisation et de fonctionnement de la justice.
Il n’est pas redondant de rappeler que la fonction de juger est une des prérogatives de la
souveraineté étatique, à côté de la fonction législative qui édicte la norme juridique et de la
fonction exécutive qui en assure l'application. La coexistence de ces trois fonctions constitue
de ce qu’il conviendrait d’appeler la séparation des pouvoirs. Des bornes sont fixées
permettant à chacun de ces pouvoirs de mener sa mission dans les règles de l’art, de ne pas
empiéter le domaine de l’autre. La séparation des pouvoirs soulève deux problématiques
majeures : d’une part, l’interdiction du pouvoir judiciaire de s’immiscer dans les fonctions
exécutrice et législative, dans la mesure où les différentes fonctions sont distinctes ; d’autre
part, la défense faite aux pouvoirs exécutif et législatif de s’immiscer dans les fonctions
juridictionnelles. Ce dernier aspect pose le problème de l’indépendance du juge.
Il s’agit d’un principe qui interdit aux juges de juger par voie de disposition générale, c'est-à-
dire de prendre une décision applicable non seulement aux cas d’espèce, mais aussi aux cas
futurs. Cette interdiction est prévue par l’article 5 du code civil qui précise qu’il est défendu
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aux juges de se prononcer par voie de disposition générale et règlementaire sur les causes qui
leur sont soumises. Permettre au juge de se prononcer par voie de disposition générale revient
à lui confié la mission du législateur. Ce qui est contraire au principe de la séparation des
pouvoirs. Le juge doit trancher les litiges cas par cas. Les « arrêts de règlement » sont
prohibés.
Les fonctions judiciaires sont distinctes et demeurent toujours séparées des fonctions
administratives. Les juges ne peuvent à peine de forfaiture, troubler de quelle que manière
que ce soit les opérations des agents du pouvoir. Ils ne peuvent plus non plus assigner ces
agents pour raison de leurs fonctions. Toute immixtion du juge dans des matières qui
relèvent de 1a compétence du pouvoir exécutif et de l'Administration est interdite.
Le pouvoir judiciaire est protégé contre les empiètements du pouvoir exécutif. Il s’agit
d’assurer au juge l’indépendance. Lorsqu’on évoque la justice, la notion d’indépendance est
fondamentale. Elle remplit deux fonctions essentielles : d’une part, garantir l’impartialité du
juge et d’autre part, assurer l’équilibre des pouvoirs qui est protégé par le principe de la
séparation des pouvoirs. L’indépendance ne signifie en aucune façon « un privilège du juge ».
Mais plutôt un bouclier de protection du juge dans sa mission de protection des droits et
libertés. C’est un mécanisme qui permet au juge de décider en toute liberté, sans aucune
pression, quelle qu’elle soit.
Il y a lieu de préciser que le législateur peut aussi anéantir la justice si des mesures ne sont pas
prises. Ainsi, il lui est en principe interdit de voter des lois rétroactives. Les lois d’amnistie
doivent être prises conformément aux exigences du moment.
La justice est un service public. Un service public est une activité destinée à satisfaire un
besoin d’intérêt général et qui, en tant que telle, doit être assurée ou contrôlée par
l’administration. Cette administration organise des moyens matériels et humains en vue de
l’exécution de cette tâche. La justice, en tant que service public, est soumise aux principes
d’organisation et de fonctionnement des services publics. Mais la justice est un service public
particulier, c’est pourquoi elle présente des particularités par rapport aux autres services
publics.
Le principe de la séparation
Le principe de la séparation concerne d’abord les ordres de juridiction, à la fois, par la
distinction des ordres administratif et judiciaire et, à l’intérieur de l’ordre judiciaire, par la
séparation des juridictions civiles des juridictions répressives.
La hiérarchie
Le service public de la justice n'échappe pas à toute hiérarchie. C'est un fait que certaines
juridictions sont hiérarchiquement supérieures à d'autres et que parmi les juges, certains
occupent une position hiérarchique qui les place à un rang plus élevé que d'autres. Ce
phénomène hiérarchique est particulièrement marqué dans l'ordre judiciaire, il se retrouve
aussi dans l'ordre administratif.
La collégialité et l’unicité
La collégialité se traduit par la prise de décisions par plusieurs juges appelés (collège) et non par un
seul juge. La collégialité est présentée comme le rempart contre l’arbitraire et les erreurs
judiciaires. Elle est traditionnellement perçue comme une garantie des droits de la défense car,
elle diminue les risques de partialité, dans la mesure où la prise de la décision se fait à l’issue
d’un débat contradictoire entre les juges. Une juridiction statuant à juge unique est facilement
taxable de partialité. Si les tribunaux de première instance fonctionnent avec un seul juge,
chargé de rendre le verdict, la situation se complique davantage avec les justices de paix à
compétence étendue. La justice de paix à compétence étendue est le prototype de la juridiction
à juge unique car cette juridiction ne comprend qu’un seul magistrat remplissant à la fois les
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tarification, tandis que les frais irrépétibles correspondent à des prestations non obligatoires et
non tarifées, telles que les honoraires d’avocat dont le montant est librement fixé par lui et son
client.
Les juridictions sont les organes chargés de trancher les litiges au moyen d’une décision,
appelée dans un sens large « jugement ». Il y a une multitude de juridictions. Elles peuvent
être classées en des juridictions nationales, communautaires, régionales et internationales.
Au Mali l’organisation des juridictions obéit au système dualiste (l’ordre judiciaire et l’ordre
administratif). A côté des juridictions judiciaires et administratives figurent les juridictions à
valeur d’institution.
Les juridictions de l’ordre judicaire, incluant les juridictions civiles et pénales, règlent les
litiges opposant les citoyens entre eux et sanctionnent les auteurs d’infractions aux lois
pénales. Les juridictions de l’ordre judiciaire peuvent être regroupées selon leur degré, leur
spécificité ou selon leur fonction.
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Ce sont les Tribunaux de Grande Instance (TGI) et les Tribunaux d’Instance. Il convient de
noter que les Tribunaux d’Instance ont remplacés les Justices de Paix à Compétence Etendue
(JPCE) qui existaient dans les cercles et dans quelques communes du pays.
Les TGI et les TI ont une compétence générale, c’est pour cette raison qu’on on les qualifie de
juridictions de droit commun. Ils connaissent en premier et dernier ressort des actions civiles
et coutumières dont le montant n’excède pas 500 000 F en principal et 50 000 F de revenu
mensuel.
Les TGI et les TI poursuivent et jugent toutes les personnes qui ont commis des infractions
dans leur ressort. Les TGI sont composés d’un Président, d’un vice-président, d’un ou
plusieurs juges au siège, d’un ou plusieurs juges d’instruction, d’un Procureur de la
République, d’un premier substitut, d’un ou plusieurs substituts de la Procureur de la
République, d’un greffier en chef responsable du greffe, des greffiers en chef, des greffiers et
des secrétaires de greffes et de parquets. Quant aux TI, du point de vue de la loi, ils ont la
même composition que les TGI, exception faite de l’absence de vice-président. Mais dans la
pratique, eu égard au manque de personnel, la plupart des TI n’ont actuellement en leur sein
qu’un Président, un Procureur de la République, un juge d’instruction et un greffier en chef
responsable du greffe.
Ces juridictions dites d’exception ou spécialisées ont un statut dérogatoire au droit commun,
par leur composition, leur compétence ou la procédure suivie devant elles. Ce sont : le
tribunal de commerce, le tribunal du travail, les juridictions pour mineurs, les juridictions
militaires.
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ans sont régis par la théorie des incapacités et les contestations qui en résultent sont jugées par
des juridictions autres que celles des mineurs.
Le juge des enfants et le tribunal pour enfants sont les juridictions pour mineurs du premier
degré.
Le juge des enfants exerce en réalité les fonctions de juge d’instruction (Voir classification
des juridictions d’instruction).
Au siège de chaque TGI et TI est institué un tribunal pour enfants. Seul le Tribunal pour
enfant du District de Bamako est doté d’un siège et d’un personnel propres. Le tribunal pour
enfants est compétent pour juger uniquement les délits et contraventions concernant les
mineurs. Sa compétence s’étend sur le ressort du TGI ou du TI qui l’abrite. Celui de Bamako
couvre l’ensemble du District.
La cour d’appel constitue avec ses différentes chambres la juridiction du second degré de
l’ordre judiciaire. C’est la juridiction d’appel. La juridiction du second degré ou encore
appelée la cour d’appel a pour rôle essentiel de statuer une seconde fois sur les affaires jugées
par les juridictions du 1er degré. Toute personne qui a perdu son procès en 1 ère instance peut
donc sous certaines conditions demander à la cour d’appel le réexamen de son litige. L’appel
est une voie de recours qui consiste à ce que la partie non satisfaite d’un jugement, saisisse
une juridiction du second degré afin que l’affaire soit jugée à nouveau. La partie perdante peut
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Les juridictions de l’ordre administratif tranchent les litiges qui opposent un citoyen à l’Etat, à
une collectivité territoriale ou à un organisme chargé d’une mission de service public. Les
tribunaux administratifs, la cour administrative d’appel et la section administrative de la cour
suprême constituent les juridictions de l’ordre administratif.
Les Tribunaux administratifs sont créés par la loi N°88-039 du 18 février 1988 mais leurs
règles d’organisation et de fonctionnement proviennent de la loi N°94-006 du 18- 03-1994,
modifiée par les lois N°95-057 du 03 -08 -1995 et N°2018-031 du 12 -06 -2018. Il existe
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La Cour Suprême a pour mission de veiller au respect de la règle de droit par les juridictions
inférieures en se prononçant sur les pourvois dirigés contre les arrêts rendus par les cours
d'appel, et plus exceptionnellement contre les jugements des tribunaux rendus en dernier
ressort. La Cour Suprême peut aussi être saisie « pour avis » indépendamment de tout
pourvoi. Elle ne constitue pas un troisième degré de juridiction, car elle est juge de droit et
non de fait. Lorsqu'elle est saisie d'un pourvoi, la cour suprême n'a le choix qu'entre deux
solutions : - si elle estime que le juge dont la décision est attaquée a correctement appliqué la
règle de droit dans ce cas, elle rejette le pourvoi et la décision attaquée devient irrévocable ; -
si elle estime au contraire que la décision attaquée est entachée d'une violation de la loi, et
dans ce cas, il lui appartient alors de « casser » la décision c'est-à-dire, de l'anéantir
totalement ou partiellement. La Cour Suprême peut aussi être « saisie pour avis » c'est la
possibilité donnée aux juges de fond lorsqu'ils éprouvent des hésitations sur l'interprétation
d'un nouveau texte, de saisir directement la cour suprême pour qu'elle donne un avis.
La Cour Suprême comprend la Présidence, les sections, le parquet général, le greffe, le
Bureau de la cour et l’assemblée générale.
Le parquet général : Les fonctions du Ministère public sont exercées par le Procureur
général, le Premier Avocat général et les Avocats généraux et les Avocats généraux
référendaires placés sous son autorité. A cet effet, il assure le service du Ministère public
devant toutes les formations de la Section Judiciaire et de la Section des Comptes de la Cour
Suprême et auprès de l'assemblée consultative.
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Le Procureur général dirige le Parquet de la Cour Suprême dont il assure la discipline. En cas
d'empêchement, il est suppléé par le Premier Avocat général ou par l'Avocat général le plus
ancien.
Le Président de la Cour constitutionnelle est élu par ses pairs. La Cour constitutionnelle est
juge de la constitutionnalité des lois et est l’organe régulateur du fonctionnement des
institutions et de l’activité des pouvoirs publics.
Elle statue obligatoirement sur :
La constitutionnalité des lois organiques avant leur promulgation, (et sur saisine, des
lois ordinaires) ;
Les règlements intérieurs de l’Assemblée Nationale, du Sénat et du Conseil
Economique, social, culturel et environnemental, quant à leur conformité à la
constitution et avant leur mise en application ;
Les conflits d’attribution entre les institutions de la République du Mali ;
La régularité des élections présidentielles, législatives et des opérations référendaires,
dont elle proclame les résultats.
Le Mali est membre de plusieurs juridictions internationales. Il est possible de les classer en
des juridictions communautaires, régionales et internationales (onusiennes). Nous prenons
l’exemple sur quelques unes notamment : les juridictions de l’UEMOA ; la Cour commune de
justice et d’arbitrage ; la Cour africaine des droits de l’homme et la Cour pénale
internationale.
Les arrêts de la cour Les recours formés devant la Cour de Justice n'ont pas d'effet suspensif.
Toutefois, la Cour de Justice peut ordonner le sursis à exécution des actes contestés devant
elle. Dans les affaires dont elle est saisie, la Cour de Justice peut prescrire les mesures
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conservatoires nécessaires. L'arrêt est rendu en audience publique, les parties dûment
convoquées. L'arrêt a force obligatoire à compter du jour de son prononcé.
L'arrêt rendu par défaut est susceptible d'opposition. L’arrêt de la Cour de justice peut
également être attaqué par les voies de recours extraordinaires :
- La tierce opposition ;
- Le recours en révision ;
- Le recours en interprétation.
La Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’OHADA a été créée par le Traité de
Port Louis du 17 octobre 1993 entré en vigueur en 1995. La Cour de Justice et d'arbitrage de
l'OHADA est une juridiction communautaire dont la mission est déterminée par l'article 14 du
Traité. Elle siège à Abidjan (Côte d'Ivoire).
Composition
Le Traité prévoit la nomination de 7 juges ressortissants des Etats membres qui exercent en
toute indépendance leurs fonctions au sein de la CCJA pour un mandat de 7 ans renouvelable
une fois. Les juges sont élus, aux termes de l’article 31 du Traité, parmi les ressortissants des
Etats parties, dans les fonctions et sous les conditions suivantes : les magistrats ayant acquis
une expérience judiciaire d’au moins quinze années et exercé de hautes fonctions
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juridictionnelles ; les avocats inscrits au barreau de l’un des Etats parties, ayant au moins
quinze années d’expérience professionnelle ; les professeurs de droit ayant au moins quinze
années d’expérience professionnelle.
La Cour élit son Président pour une durée de trois ans et six mois, sans que cette durée puisse
excéder celle du mandat de l'intéressé en tant que membre de la Cour. Le Président dirige les
travaux et contrôle les services de la Cour. Il en préside les séances. Il représente la Cour et
exerce toute autre mission qui lui est confiée par celle-ci. La Cour siège en formation plénière.
Elle peut toutefois constituer des Chambres de trois ou cinq juges. La Cour comporte en outre
un service de greffe, dirigé par le Greffier en chef de la Cour, nommé pour une période de
sept ans renouvelable une fois.
Les pouvoirs de la CCJA
La CCJA donne un avis préalable à l'adoption des Actes Uniformes et tranche des différends
entre les Etats quant à l'interprétation ou l'application du Traité. En outre, la CCJA est
compétente pour toutes les questions relatives à l'application des Actes Uniformes, à
l'exception des décisions appliquant des sanctions pénales.
La CCJA bénéficie d’un transfert de compétences anciennement dévolues aux juridictions de
cassation nationales, et contribue indéniablement à assurer une interprétation commune par
les juges du fond de l’espace OHADA d’un même droit substantiel communautaire.
La Cour de Justice et d'arbitrage est une Cour de cassation, se prononçant sur les décisions
rendues par les juridictions d'appel des Etats ou sur les décisions non susceptibles d'appel,
avec la particularité de statuer au fond sans renvoi devant une autre juridiction.
Les arrêts de la CCJA
L'arrêt est rendu en audience publique, les Parties dûment convoquées. La minute de l'arrêt est
signée par le Président et le Greffier en chef. Elle est scellée et déposée au Greffe. L'arrêt a
force obligatoire à compter du jour de son prononcé.
L'exécution forcée des arrêts de la Cour est régie par les règles de la procédure civile en
vigueur dans l'Etat sur le territoire duquel elle a lieu. L'exécution forcée ne peut être
suspendue qu'en vertu d'une décision de la Cour. Toute demande tendant à surseoir à
l'exécution forcée d'une décision de la Cour est présentée dans les conditions prévues aux
articles 23 et 27 du Règlement de la CCJA.
Les arrêts de la CCJA peuvent faire l’objet de voies des recours extraordinaires que sont
la tierce opposition, le recours en interprétation ainsi que le recours en révision. Ces différents
recours sont exercés conformément aux dispositions des articles 47 à 50 du Règlement de la
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CCJA.
4°) La Cour africaine des droits de l’homme
La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples est une cour régionale créée par les
Etats africains afin d’assurer la protection des droits de l'homme et des peuples, des libertés et
des devoirs en Afrique. Elle complète et renforce les fonctions de la Commission africaine des
droits de l’homme et des peuples. Le Protocole créant la Cour Africaine a été adopté à
Ouagadougou, Burkina Faso, le 9 juin 1998 et est entré en vigueur le 25 janvier 2004. Ses
décisions ne sont susceptibles d’aucun recours et s’imposent aux Etats parties au Protocole.
La Cour est composée de 11 juges élus par l’Assemblée des chefs d’Etat et de gouvernement
de l’Union Africaine. Les juges sont élus en leur qualité personnelle cependant deux juges de
la même nationalité ne peuvent être membres de la Cour. Il est également accordé une
considération due au genre et à la représentation géographique. Les juges sont élus pour un
mandat de six ans renouvelable une fois. Seul le président de la Cour exerce ses fonctions à
temps plein. Les 10 autres juges travaillent à temps partiel. Les premiers juges de la Cour ont
prêté serment le 1er juillet 2006. Le siège de la Cour est à Arusha en Tanzanie.
Compétence de la Cour africaine
La compétence de la Cour s’étend seulement aux Etats ayant ratifié le Protocole relatif à la
Cour. La Cour peut examiner des affaires et contentieux relatifs à l’interprétation et
l’application de la Charte africaine, du Protocole relatif à la Cour et de tout autre instrument
des droits de l’homme ratifié par l’Etat concerné. La Cour peut également rendre des avis
juridiques sur toute question de sa compétence. Un avis juridique de la Cour peut être requis
par l’UA, les organes de l’UA et toute organisation africaine reconnue par l’UA. La Cour est
également compétente pour promouvoir le règlement à l’amiable des affaires pendantes
devant elle. Elle peut aussi interpréter ses propres arrêts.
Conditions de recevabilité des plaintes portées devant la Cour africaine
En ce qui concerne les plaintes introduites par les ONG et les individus, les articles 6 et 34(6)
du Protocole créant la Cour prévoient les critères de recevabilités ci-après : en sus des sept
conditions de recevabilité édictées à l’article 56 de la Charte africaine, les affaires portées
directement devant la Cour par les individus et les ONG ne sont recevables que lorsque l’Etat
contre lequel la plainte est introduite a fait une déclaration aux termes de l’article 5(3) du
Protocole créant la Cour acceptant la compétence de la Cour pour recevoir de telles plaintes.
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La Cour a pour mandat de juger des personnes, et non pas des États, et d’obliger ces
personnes à rendre des comptes pour les crimes les plus graves touchant l’ensemble de la
communauté internationale, à savoir le crime de génocide, les crimes de guerre, les crimes
contre l’humanité et le crime d’agression, une fois les conditions pour l’exercice de la
compétence de la Cour à l’égard de ce dernier seront remplies.
Selon la définition qu’en donne le Statut de Rome, on entend par génocide les actes listés ci-
dessous lorsqu’ils sont commis dans l’intention de détruire, en tout ou partie, un groupe
national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
• meurtre de membres du groupe ;
• atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
• soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa
destruction physique totale ou partielle ;
• mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
• transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe.
Les crimes contre l’humanité, crimes de guerre, le crime d’agression,
Tout État partie au Statut de Rome peut demander au Procureur d’ouvrir une enquête. Un État
qui n’est pas partie au Statut peut aussi accepter la compétence de la Cour pour des crimes
commis sur son territoire ou par l’un de ses ressortissants et demander au Procureur de mener
une enquête. Le Conseil de sécurité des Nations Unies peut également renvoyer une situation
devant la Cour.
Le suspect est présumé innocent. Il est présent dans la salle d’audience lors des débats et il a
le droit à ce que sa cause soit entendue publiquement, équitablement et de façon impartiale. A
cette fin, une série de garanties sont prévues dans les documents juridiques de la Cour. Pour
n’en citer que quelques unes :
• Être défendu par le conseil (avocat) qu’il a désigné, présenter ses propres éléments de
preuve, citer les témoins de son choix et s’exprimer dans une langue qu’il comprend et parle
parfaitement ;
• Être informé en détail des charges qui pèsent contre lui dans une langue qu’il comprend et
parle parfaitement ;
• Disposer du temps et des facilités nécessaires à la préparation de sa défense et communiquer
librement et confidentiellement avec son conseil ;
• Être jugé sans retard excessif ;
• Ne pas être forcé de témoigner contre lui-même ou de s’avouer coupable, et pouvoir garder
le silence, sans que ce silence soit pris en considération pour déterminer sa culpabilité ou son
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innocence ;
• Obtenir que le Procureur communique à la Défense les éléments de preuve en sa possession
ou à sa disposition dont il estime qu’ils disculpent l’accusé ou tendent à le disculper ou à
atténuer sa culpabilité, ou sont de nature à entamer la crédibilité des éléments de preuve à
charge.
La voie normale d'accès aux fonctions judiciaires est celle du concours ouvert à des candidats
qui sortent des grandes écoles et universités et qui en principe feront toute leur carrière dans la
magistrature. A côté de cette filière normale, il en est une autre qui consiste à intégrer dans le
corps de la magistrature judiciaire ou administrative, des personnes plus âgées ayant déjà
exercé des activités professionnelles dans divers secteurs de la vie juridique et autres (avocats,
etc.)
CHAPITRE 2 : LES AUXILIAIRES DE JUSTICE
Les auxiliaires de justice sont des personnes qui, sans être investies de la fonction de juger,
sont appelées à participer à l'administration de la justice en apportant leurs concours aux
juges et aux parties. Parmi les auxiliaires de justice, seuls les greffiers sont sous la
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dépendance de l'Etat, les autres étant de simples particuliers. Il existe une multitude de
professions judiciaires. Cependant parmi les auxiliaires de justice on distingue nettement
deux catégories d'une part les avocats, qui exercent une profession libérale et indépendante,
et d'autre part, les officiers ministériels.
SECTION 1 : LES AVOCATS
La loi n° 94-042 du 13 octobre 1994 portant création et organisation de la profession
d'Avocat. L'avocat est un auxiliaire de justice exerçant les fonctions de conseil, de
mandataire et de défenseur des plaideurs. La profession d'avocat, l'une des professions
judiciaires les plus anciennes, remonte à l'époque romaine. A la lumière du droit positif
moderne, nous examinerons successivement les fonctions et le statut de la profession
d'avocat.
Les fonctions de l’avocat
L’avocat exerce une double fonction : une fonction d’assistance et une fonction de
représentation.
FONCTION D’ASSISTANCE
Tout d'abord, l'avocat assiste son client en lui donnant des conseils sur les problèmes de droit
au moyen de consultations écrites ou orales.
Ensuite dans un procès, l'avocat assiste son client de différentes manières. Dès l'instruction, il
peut assister son client dans tous les actes de la procédure (audition de témoin, interrogatoire,
expertise etc.) A l'audience, cette existence prend la forme d'une plaidoirie dont le monopole
appartient aux avocats cependant les parties peuvent toujours se présenter pour défendre leur
propre cause.
FONCTION DE REPRESENTATION
Les avocats peuvent postuler, représenter les parties en toute matière devant les diverses
juridictions. Il faut souligner que la fonction de représentation, comme celle du conseil, n'est
pas un monopole de l'avocat. En effet les parties elles-mêmes, leurs représentants légaux,
leurs mandataires ; dans les limites fixées par la loi, ont le droit de représentation devant les
cours et tribunaux.
Statut de la profession d’avocat
Droits et devoirs: les avocats ont le droit de plaider devant toutes les juridictions, sans
aucune limitation territoriale.
Organisation professionnelle L’accès à la profession d'avocat s'effectue soit par voie de
concours, soit sur titre et est conditionné à la détention du Certificat d'Aptitude à la profession
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huissiers, les titulaires du certificat d'aptitude â la profession d'huissier ou d'un titre reconnu
équivalent par la chambre des huissiers.
La profession d'huissier de justice est organisée en une Chambre Nationale et une chambre
régionale dans le ressort des Cours d'Appel. Ces différentes Chambres sont des
établissements d'utilité publique.
2. LES NOTAIRES
Le statut des notaires est réglementé par la loi n° 96-023 du 21 février 1996.
Définition: Les notaires sont des officiers publics institués à vie pour assurer un service public
de la preuve. L'office notarial a un caractère patrimonial.
ATTRIBUTIONS
L'une des fonctions essentielles du notaire est de recevoir ou dresser tous les actes et contrats
auxquels les parties doivent ou veulent donner le caractère d'authenticité attaché aux actes de
l'autorité publique et pour en assurer la date, en conserver le dépôt, en délivrer des grosses,
expéditions et extraits. Signalons que les actes notariés ont une force authentique et une force
exécutoire et font foi jusqu'à inscription en faux.
Mais à cette fonction s'ajoute une autre, non moins importante, celle de conseil. Le notaire
donne des consultations à ses clients et les éclaire sur les divers aspects des différents actes et
sur plusieurs questions juridiques.