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FT Restructurations

Le document traite des différentes opérations de restructuration d'entreprises, notamment les fusions, dissolutions par confusion, scissions et apports partiels d'actifs, en détaillant leurs définitions et implications juridiques. Il présente également le calendrier d'une opération de fusion, les aspects juridiques et financiers, ainsi que les implications fiscales associées. Enfin, il aborde la question de la rétroactivité des actes de fusion et les exigences légales en matière de publicité et d'enregistrement.

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Le document traite des différentes opérations de restructuration d'entreprises, notamment les fusions, dissolutions par confusion, scissions et apports partiels d'actifs, en détaillant leurs définitions et implications juridiques. Il présente également le calendrier d'une opération de fusion, les aspects juridiques et financiers, ainsi que les implications fiscales associées. Enfin, il aborde la question de la rétroactivité des actes de fusion et les exigences légales en matière de publicité et d'enregistrement.

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RESTRUCTURATIONS D’ENTREPRISES

FUSIONS & DISSOLUTION PAR CONFUSION– SCISSIONS – APPORTS PARTIEL D’ACTIFS (APA)

FICHES THEMATIQUES

1. Définition des opérations de :


fusions - dissolution par confusion - scissions – apports partiels d’actifs

2. Le calendrier d’une opération de fusion

3. Date d’effet des actes de fusion et opérations assimilées

4. Les aspects juridiques des fusions et opérations assimilées

5. Les aspects financiers des fusions et opérations assimilées


6. Valorisation des apports suite à l'application des nouvelles règles comptables

7. Etude du boni et du mali de fusion (Aspects comptable et fiscal)

8. Les aspects fiscaux de la fusion : le régime de droit commun

9. Les aspects fiscaux de la fusion : le régime spécial

10. (IS) La situation de la société absorbée

11. (IS) La situation de la société absorbante

12. Etat de suivi des sursis et des reports d’imposition

13. Fusion et taxe sur la valeur ajoutée

14. Apports - Scissions – Fusions de sociétés ou cessions d’établissements (CET)

15. Restructurations et droits d’enregistrement

1
1.Définition des opérations de :
fusions –– dissolution par confusion - scissions – apports partiels d’actifs
Fusion

La fusion est l’hypothèse où deux ou plusieurs sociétés se transforment en une seule, soit par
dissolution des sociétés précédemment existantes et création d’une société nouvelle, soit par
absorption d’une société existante par une autre existante (C. com. art. L 236-1, al. 1). Ce
dernier procédé est de loin le plus courant car c’est également le moins coûteux fiscalement.

La fusion implique la dissolution de la personne morale absorbée, sans liquidation de celle-ci,


et la transmission universelle de patrimoine de l’une à l’autre. Cela signifie notamment une
transmission du passif de la société absorbée.
L’un des effets majeurs est que les associés de la société absorbée acquièrent la qualité
d’associés de l’absorbante.
Les fusions permettent de renforcer les capacités des entreprises à faire face à leurs
concurrents ; elles leur permettent également d’abaisser les coûts de production et de réaliser
des économies d’échelle.

Dissolution-confusion

Les opérations de dissolution-confusion sont visées à l’article 1844-5 du Code civil. En


application de cette disposition, la dissolution d’une société détenue à 100% à la suite de la
réunion de tous les droits sociaux en une même main entraîne la transmission universelle du
patrimoine de la société à l’associé unique, sans qu’il y ait lieu à liquidation.

Scission

La scission suppose que le patrimoine d’une société existante est partagé entre deux sociétés
existantes ou nouvelles (C. com. art. L 236-1, al. 2).

Apport partiel d’actif

L’apport partiel d’actif suppose qu’une société fait apport à une autre d’une branche d’activité
et reçoit des droits sociaux en contrepartie. A priori, cette opération échappe au régime des
fusions, mais peut dans certaines hypothèses lui être soumis. Il est précisé que l’apport partiel
d’actif n’est pas défini par le Code de commerce mais l’article L 236-22 (art. L 236-24 pour
les sociétés à responsabilité limitée) précise que la société qui apporte une partie de son actif à
une autre société et la société qui bénéficie de cet apport peuvent décider d’un commun
accord de soumettre l’opération aux dispositions des articles du code relatifs à la scission.

En effet, à titre principal, l’opération n’est pas une fusion ou une scission au sens où l’auteur
de l’apport ne va pas disparaître par dissolution. L'apport partiel d'actif implique donc le
maintien de la société apporteuse. Cette opération est toutefois plus qu’une simple opération
d’apport en nature. On apporte ici une branche d’activité, sous son angle actif comme passif.
Par principe cette opération n’est pas soumise au régime des fusions-scissions.
Par exception, il y sera soumis, soit si l’apport modifie l’objet social de la société qui le
réalise, soit si les parties décident de se soumettre volontairement à ce régime.

***********

2
Ainsi définies, ces différentes opérations présentent les caractéristiques juridiques suivantes :
les fusions et scissions entraînent la transmission universelle du patrimoine de la société
absorbée ou scindée au profit des sociétés absorbantes ou nouvelles qui le recueillent. Ces
dernières se trouvent donc substituées à la société absorbée ou scindée dans tous les biens,
droits ou obligations de cette dernière. Il s'ensuit notamment que le passif de la société
absorbée ou scindée est pris en charge par les sociétés absorbantes ou nouvelles selon les
modalités définies au contrat de fusion ou de scission.

3
2. Le calendrier d’une opération de fusion

1 – Phase préparatoire Etude des conditions de l’opération (au plan juridique, comptable,
fiscal, social, …)
Négociation entre les sociétés parties à l’opération
Etablissement d’un avant projet avec évaluation et parités
envisagées
Requête auprès du Président du Tribunal de commerce en vue de
la nomination des commissaires à la fusion
2 – Approbation du projet de fusion Réunion des Conseils d’Administration
Approbation du projet de fusion
Adoption du rapport
3 – Publicité du projet de fusion Dépôt au greffe du tribunal de commerce et insertion d’un avis
dans un journal d’annonces légales par les sociétés concernées
(minimum 30 jours avant la date de la dernière A.G.E. statuant sur
l’opération)
Communication du projet aux commissaires à la fusion
Information de l’A.M.F. (sociétés faisant appel à l’épargne)
4 – Approbation du projet de fusion Convocation aux assemblées générales extraordinaires (sociétés
absorbée et absorbante)
dépôt du rapport du commissaire à la fusion
Réunion des assemblées générales extraordinaires (sociétés
absorbée et absorbante)
Modification des statuts
5 – Enregistrement et publicité de la fusion Dépôt au greffe du tribunal de commerce d'une déclaration de
conformité de l'opération avec la loi (sous peine de nullité de
l’opération)
publication dans un journal d’annonces légales
dépôt au greffe du tribunal de commerce des procès-verbaux des
assemblées
inscription modificative au registre du commerce et des sociétés et
insertion au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et
commerciales)
enregistrement de la convention de fusion auprès du service
d’enregistrement de la direction des finances publiques.
Dépôt d’une déclaration fiscale de clôture pour l’absorbée (dans
les deux mois de la dernière A.G.E. statuant sur l’opération de
fusion)

Documents devant être établis :


Toutes les sociétés qui participent à l’une des opérations mentionnées à l’article L. 236-1 du Code de
Commerce établissent un projet de fusion. Ce projet est déposé au greffe du tribunal de commerce du
siège desdites sociétés et fait l’objet d’une publicité dont les modalités sont fixées par décret en
Conseil d’Etat. Le projet de fusion doit contenir les informations suivantes :
1. La forme, la dénomination et le siège social des sociétés participantes ;
2. Les motifs, buts et conditions de la fusion ;
3. La désignation et l’évaluation de l’actif et du passif dont la transmission aux sociétés absorbantes ou
nouvelles est prévue ;
4. Les modalités de remises des parts ou actions et la date à partir de laquelle ces parts ou actions
donnent droit aux bénéfices ;

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5. Les dates auxquelles ont été arrêtés les comptes des sociétés intéressées utilisées pour établir les
conditions de l’opération ;
6. Le rapport d’échange des droits sociaux et, le cas échéant, le montant de la soulte ;
7. Le montant prévu de la prime de fusion ;
8. Les droits accordés aux associés ayant des droits spéciaux et aux porteurs de titres autres que des
actions ainsi que, le cas échéant, tous avantages particuliers.

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3. Date d’effet des actes de fusion et opérations assimilées
Principes :

Les fusions peuvent s’effectuer soit par création d’une société nouvelle à laquelle plusieurs
sociétés apportent leur actif, soit par l’absorption qu’effectue une société existante des actifs
d’une ou plusieurs sociétés.
1. Dans l’hypothèse d’une fusion par création d’une société nouvelle :
l’administration rapporte sa doctrine selon laquelle la rétroactivité d’une opération de
fusion, scission ou apport partiel d’actif par création d’une société nouvelle ne peut
pas remonter à une date antérieure à la date d’immatriculation de la société nouvelle
au registre du commerce et des sociétés (RCS). Tirant les conséquences de la
jurisprudence du Conseil d’Etat (CE 29-6-2011 n° 317212 Arrêt reproduit ci-après),
l’administration admet désormais que l’effet rétroactif soit pris en compte, sur le plan
fiscal, dans la limite du jour d’ouverture de l’exercice au cours duquel la société
nouvelle a été immatriculée au RCS.
2. Dans les autres cas (opérations entre sociétés existantes), c’est la date de la dernière
assemblée générale ayant statué sur l’opération pour les effets à l’égard des associés,
et celle de l’accomplissement des formalités de publicité à l’égard des tiers.
Le traité de fusion peut décider de donner à l’opération une date différente, soit antérieure,
soit postérieure, à la condition qu’elle se situe à l’intérieur de l’exercice en cours au jour de
l’opération.
Lorsque la date d’effet est antérieure à la date de la dernière A.G.E., c’est un effet
rétroactif ;
Lorsque la date d’effet est postérieure à la date de la dernière A.G.E., c’est un effet
différé.
Le contrat de fusion peut prévoir une date d'effet différente pourvu que celle-ci ne soit ni
antérieure à la date de clôture du dernier exercice clos de la société absorbée, en cas d'effet
rétroactif, ni postérieure à la date de clôture de l'exercice en cours de la société absorbante, en
cas d'effet différé (les fusions à effet différé sont beaucoup plus rares que celles à effet
rétroactif).

Limite au principe :

En raison du principe de la spécialité des exercices, les clauses de rétroactivité ne peuvent pas
conduire à rectifier les résultats de la période précédente. Les effets de l'opération restent donc
sans influence sur les résultats imposables dégagés par chacune des sociétés au cours des
exercices qui précèdent celui au cours duquel l'apport est réalisé.
Exemple :
Les sociétés X (absorbante) et Y (absorbée) décident de fusionner. La dernière A.G.E. statuant
sur l’opération s’est tenue le 28 octobre de l’année N. L’exercice de la société Y coïncide avec
l’année civile. La société X clôture son exercice de 12 mois le 31 mai N. La période de
rétroactivité opposable à l’administration est comprise entre le 1er juin N et le 27 octobre N.

Clause de rétroactivité :

La clause de rétroactivité convenue par les parties ne se présume pas et doit être régulière du
point de vue juridique. Elle doit être inscrite dans le traité de fusion. Cette clause, qui prévoit
une date d'effet de la fusion antérieure à la date de réalisation de l'opération (en général, la
date d'effet retenue correspond au premier jour de l'exercice en cours de la société absorbée),

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permet d'en simplifier la réalisation, notamment en ce qui concerne la détermination des
valeurs d'apport et de la parité d'échange.
Il est précisé que la rétroactivité au regard de l'impôt sur les sociétés s'applique aux régimes
fiscaux de droit commun et de faveur.
La clause de rétroactivité est opposable à l’administration uniquement en matière d’I.S. Elle
n’a aucun effet sur les autres impôts, notamment la taxe sur la valeur ajoutée et la contribution
économique territoriale.

Portée de la date d’effet rétroactif :

Les conséquences de la date d'effet rétroactif affectent les résultats de l'exercice au cours
duquel l'opération est réalisée. Le premier bilan dans lequel les conséquences d'une opération
sont prises en compte est donc le bilan de clôture de l'exercice au cours duquel le traité
d'apport est définitivement conclu.
Donner un effet rétroactif à une opération de fusion a une incidence sur la prise en compte des
résultats comptables et fiscaux de la société absorbée réalisés pendant la période intercalaire.
Les résultats de la société absorbée réalisés pendant la période de rétroactivité sont donc
inclus dans les résultats de l'absorbante.
Traitement des opérations réciproques : les opérations réciproques réalisées entre la société
absorbée et la société absorbante sont éliminées comptablement (règles identiques à celles
prévues par les règlements relatifs aux règles de consolidation).

Jurisprudence en matière de rétroactivité d’un apport partiel d’actif consenti à une


société nouvelle

Le Conseil d’Etat a jugé qu’un apport partiel d’actif peut rétroagir fiscalement à une date
antérieure à celle à laquelle la société bénéficiaire de l’apport est immatriculée au registre du
commerce et des sociétés. Il fixe une limite à cette rétroactivité en précisant qu’elle doit rester
sans effet sur le bilan de clôture du ou des exercices précédents de la société apporteuse.
CE 29 juin 2011 n° 317234, 3e et 8e s.-s.,Sté AM Finance et CE 29 juin 2011 n° 317212, 3e et
8e s.-s., Sté Maurice Agofroy
Par deux décisions du même jour, le Conseil d’Etat juge que les parties à un apport partiel
d’actif peuvent décider conventionnellement de faire rétroagir l’opération à une date
antérieure à l’immatriculation de la société nouvelle bénéficiaire des apports. Les dispositions
du Code de Commerce, qui prévoient qu’une société nouvelle acquiert sa personnalité morale
à compter de son immatriculation au registre du commerce et des sociétés, ne font pas
obstacle à un tel effet rétroactif, lequel peut être pris en compte pour la détermination du
bénéfice imposable.
La Haute Assemblée infirme donc la position de l’administration selon laquelle l’opération ne
peut produire effet au plan fiscal avant la date d’immatriculation de la société bénéficiaire.
Le Conseil d’Etat précise toutefois que l’effet rétroactif conféré à l’opération ne peut être pris
en compte que pour la détermination du résultat imposable de l’exercice d’immatriculation de
la société nouvelle et doit rester sans incidence sur le bilan de clôture du ou des exercices
précédents de la société apporteuse.
Le Conseil d’Etat consacre donc l’effet, au plan fiscal, des clauses de rétroactivité contenues
dans les conventions d’apport partiel d’actif. Selon les Editions Francis Lefebvre cette
solution est transposable en cas de fusion par création d’une ou plusieurs sociétés nouvelles.

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4. Les aspects juridiques des fusions et opérations assimilées
Sur le plan juridique, le Code de Commerce (article L. 236-1 à L. 236-24) distingue les
fusions (fusion création, fusion absorption), les scissions et les apports partiels d’actifs.
La fusion est l'opération par laquelle deux ou plusieurs sociétés réunissent leurs patrimoines
pour ne plus en former qu'une seule. La fusion suppose donc la réunion d'au moins deux
sociétés préexistantes.
Les fusions peuvent s’effectuer selon deux modes :
1- par création d’une société nouvelle à laquelle plusieurs sociétés apportent leur actif ;
2- par l’absorption qu’effectue une société existante des actifs d’une ou plusieurs sociétés.
3- Toutefois, la seule lecture des articles L. 236-1 et suivants du Code de Commerce n’est pas
suffisante pour appréhender les opérations de fusion et de scission, qui font également
appel au droit financier et au droit de la concurrence.
Prise en compte des règles relatives à la concurrence
Les opérations de fusion ou de scission peuvent participer à une concentration économique
soumise à contrôle si les enjeux sont importants. Deux types de contrôles peuvent s’exercer :
.1. le contrôle par l’Autorité française :
Le contrôle national est régi par les articles L. 430-1 et suivants du Code de Commerce. Il est
exercé par l’autorité de la concurrence créée par la loi du 4 août 2008. L’Autorité de la
concurrence pourra autoriser, interdire ou soumettre à conditions l’opération si elle cumule les
critères suivants :
- le chiffre d’affaires total mondial hors taxes de l’ensemble des entreprises ou groupes de
personnes physiques ou morales parties à la concentration est supérieur à 150 millions d’euros
hors taxes ;
- le chiffre d’affaires total hors taxes réalisé en France par deux au moins des entreprises ou
groupes de personnes physiques ou morales concernés est supérieur à 50 millions d’euros ;
- l’opération n’entre pas dans le champ d’application du règlement (CE) n° 139/2004 du
Conseil, du 20 janvier 2004, relatif au contrôle des concentrations entre entreprises.
N.B. : des seuils spécifiques plus bas sont prévus pour les opérations concernant le commerce
de détail et l’Outre-mer.
Les parties à l’opération doivent donc notifier leur projet, faute de quoi des sanctions
pécuniaires importantes peuvent être prises à leur encontre. Le montant maximum de la
sanction est, pour une entreprise, de 10% du montant du chiffre d’affaires mondial hors taxe
le plus élevé réalisé au cours d’un des exercices clos depuis l’exercice précédant celui au
cours duquel les pratiques ont été mise en œuvre. Si les comptes de l’entreprise concernée ont
été consolidés ou combinés en vertu des textes applicables à sa forme sociale, le chiffre
d’affaires pris en compte est celui figurant dans les comptes consolidés ou combinés de
l’entreprise consolidante ou combinante. Les sanctions pécuniaires sont appréciées en
fonction de quatre critères : la gravité des faits, la durée des pratiques, la situation de
l’association d’entreprises ou de l’entreprise sanctionnée ou du groupe auquel l’entreprise
appartient, et, l’éventuelle réitération de pratiques prohibées par les règles de la concurrence.
Des sanctions de même nature peuvent affecter les sociétés parties à l’opération si elles ne
respectaient pas les conditions délivrées par l’Autorité de la concurrence.
.2. le contrôle par la Commission européenne :
Lorsque l’opération concerne le territoire de plusieurs Etats membres et que le chiffre
d’affaires des entreprises concernées sont très importants, la Commission européenne est
compétente. Elle peut cependant décider d’en renvoyer l’examen à l’Autorité de la

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concurrence si elle l’estime mieux placée pour examiner l’affaire. Tel est le cas lorsque les
effets de l’opération interviennent principalement sur le territoire français.
Concentration de dimension européenne : une concentration comporte une « dimension
européenne » lorsque :
.- le chiffre d’affaires total réalisé sur le plan mondial par l’ensemble des entreprises
concernées représente un montant supérieur à 5 milliards d’euros, et ;
.- le chiffre d’affaires total réalisé individuellement dans l’UE par au moins deux des
entreprises concernées représente un montant supérieur à 250 millions d’euros, à moins que
chacune des entreprises concernées réalise plus des deux tiers de son chiffre d’affaires total
dans l’UE à l’intérieur d’un seul pays.
Même si les seuils précités ne sont pas atteints, il peut s’agir d’une concentration de
dimension européenne dans les cas où :
.- le chiffre d’affaires total réalisé sur le plan mondial par l’ensemble des entreprises
concernées représente un montant supérieur à 2,5 milliards d’euros ;
.- dans chacun d’au moins trois pays de l’UE, le chiffre d’affaires total réalisé par toutes les
entreprises concernées est supérieur à 100 millions d’euros ;
.- dans chacun d’au moins trois pays de l’UE, le chiffre d’affaires total réalisé
individuellement par au moins deux des entreprises concernées représente un montant
supérieur à 25 millions d’euros ;
.- le chiffre d’affaires total réalisé individuellement dans l’UE par au moins deux des
entreprises concernées représente un montant supérieur à 100 millions d’euros, à moins que
chacune des entreprises concernées réalise plus des deux tiers de son chiffre d’affaires total
dans l’UE à l’intérieur d’un seul pays.
Une notification à la Commission européenne s’impose dès lors que les quatre conditions ci-
avant sont réunies.
Le franchissement de ces seuils confère une dimension communautaire à la concentration,
faisant échec à toute application des législations nationales.
La commission évalue si l’opération va ou non porter une entrave significative à la
concurrence au sein de l’Union européenne, notamment par la mise en place ou le
renforcement d’une position dominante des entreprises.
Pour assurer le respect de ce règlement, la Commission a le pouvoir d’infliger :
.- des amendes jusqu’à 1% du chiffre d’affaires total réalisé par l’entreprise lorsque cette
dernière fournit un renseignement inexact, dénaturé, incomplet ou au-delà du délai prescrit.
La Commission peut également infliger des amendes lorsque les scellés apposés lors d’une
inspection ont été brisés. Elle a la possibilité d’infliger des amendes jusqu’à concurrence de
10% du chiffre d’affaires total réalisé par l’entreprise concernée lorsque, de façon délibérée
ou par négligence, celle-ci omet de notifier une concentration avant sa réalisation, réalise une
concentration en violation des dispositions du présent règlement ou contrevient à une décision
de la Commission.
.- des astreintes jusqu’à concurrence de 5% du chiffre d’affaires total journalier moyen de
l’entreprise par jour ouvrable de retard à compter de la date fixée par la commission dans sa
décision de demande de renseignement, d’inspection ou autre.
Les fusions et opérations assimilées sont un des instruments privilégiés de la restructuration
des entreprises. Elles ont pour but, entre autres, de renforcer la capacité concurrentielle des
entreprises, d'abaisser les prix de revient en améliorant les conditions de production, de
distribution et d'études et de recherches, de réorganiser la structure d'un groupe, etc.. .

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5. Les aspects financiers des fusions et opérations assimilées
Lorsque deux sociétés X et Y fusionnent, X absorbant Y :
3. Le patrimoine de Y est transmis à X ;
4. Les associés de Y deviennent associés de X.
Il convient donc :
1) de déterminer la valeur respective des deux entités (valeur globale et valeur des
titres) ;
2) de déterminer un rapport (que l’on appelle parité d’échange) entre les titres de X et de
Y puisque les associés de Y vont recevoir des titres de X.

L’évaluation des sociétés


Le domaine de l’évaluation des entreprises est complexe et aléatoire.
La méthode traditionnelle consiste à évaluer l'actif net de chaque société concernée. Cette
méthode est utilisée fréquemment dans les fusions intéressant les sociétés dont la comparaison
ne peut se faire que sur la base des actifs nets (sociétés de portefeuille ou sociétés
immobilières).
Mais elle ne correspond pas parfaitement à la finalité des fusions chaque fois que celles-ci ont
pour but d'obtenir une amélioration de la rentabilité économique des entreprises fusionnées.
Dès lors qu’une société a une activité commerciale ou industrielle, l’estimation devient plus
complexe, puisqu’il va s’agir de déterminer sa valeur économique, laquelle dépend non
seulement d’éléments d’actif, mais également de la rentabilité de ceux-ci, du contexte
économique et concurrentiel, des perspectives commerciales futures, etc… .
L'évaluation doit porter sur les sociétés dans leur ensemble.
L'Autorité des Marchés Financiers recommande, sauf cas exceptionnels, l'emploi de plusieurs
critères d'évaluation, sans que leur nombre soit excessif et de nature à compliquer inutilement
le calcul de la parité d'échange.
Plusieurs critères d’évaluation peuvent être retenus. Les principaux critères utilisés sont les
suivants : - critère de rentabilité ;
- actif net ;
- capitalisation boursière ;
- résultats prévisionnels ;
- valeur mathématique, économique ou intrinsèque ;
- valeur liquidative … .

La détermination des parités


Une fois la valeur des sociétés déterminée, il convient d’attribuer à chaque titre (part ou
action) une valeur unitaire. La valeur globale de chaque société résultant de la combinaison
des différents critères d'estimation adoptés est ensuite divisée par le nombre d'actions ou de
parts composant le capital de telle sorte que soit déterminée une valeur unitaire de chaque
titre.
Le quotient obtenu correspond au nombre de titres de la société absorbée devant être possédés
pour obtenir un titre de la société absorbante.
De la parité retenue dépendra le nombre d'actions nouvelles émises par la société absorbante
ou nouvelle, en vue de leur attribution aux actionnaires de la société absorbée ou scindée.
Exemple :
Soit une société X, au capital de 1 000 000 € divisé en 1 000 actions de 1 000 € chacune.
Soit une société Y, au capital de 1 250 000 € divisé en 500 actions de 2 500 € chacune.
X souhaite absorber Y.
Les deux sociétés sont respectivement évaluées 5 000 000 € et 2 000 000 €.

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La valeur unitaire du titre X est donc de (5 000 000 / 1 000) = 5 000 €. La valeur unitaire du
titre Y est de (2 000 000 / 500) = 4 000 €. Le rapport théorique d'échange, c'est à dire la parité,
est alors de 5 000 / 4 000 = 1,25.

En d'autres termes, il faut 4 actions de X pour rémunérer 5 actions de Y (4 x 1,25 = 5).


X va donc émettre 400 actions nouvelles (500 actions de X/1,25).

Le problème des « rompus » : la question des rompus se pose chaque fois que la parité
d’échange n’est pas un nombre entier. Lorsqu’un actionnaire se trouve dans cette situation :
- soit il se voit attribuer un nombre d’actions « par défaut ». Le nombre d’actions non utilisé
peut être cédé.
- soit il se voit attribuer un nombre d’actions « par excès ». Il devra donc acheter le nombre
d’actions manquantes (ou verser une soulte).

Prime de fusion (valeur vénale des titres supérieure à la valeur nominale) : chaque fois
que la valeur réelle des actions ou parts de la société absorbante excède leur montant nominal,
la différence entre la valeur des biens reçus en apport (actif net) et le montant de
l'augmentation du capital de la société absorbante doit être portée au passif du bilan à un
compte "prime de fusion". Ce cas est fréquent. Il est précisé que la prime de fusion est
comparable à la prime d’émission lors d’une augmentation de capital. Il est ajouté que la
prime de fusion ne concerne que la fusion – absorption. La question ne se pose pas pour la
fusion par création d’une société nouvelle : dans cette hypothèse la valeur vénale des actions
émises est égale à la valeur nominale à l’instant de la création de la société nouvelle.
Exemple
Reprises des données de l'exemple précédent
X crée 400 actions nouvelles, dont chacune a été évaluée 5 000 €.
L'actif net apporté s'élève à 2 000 000 €.
Le nominal de l'action est de 1 000 €. La différence entre 5 000 et 1 000 est constitutif d'une
prime de fusion qui, au total, est de 400 x 4 000 = 1 600 000.
Augmentation de capital nominal 400 000 (400 x 1 000)
Prime de fusion 1 600 000 (400 x 4 000)
Actif net de Y apportée 2 000 000

Existence de participations entre les sociétés intéressées à la fusion


Les sociétés parties à une fusion sont rarement sans lien capitalistiques préalables.
L’absorbante peut avoir une participation dans l’absorbée, l’absorbée dans l’absorbante, enfin,
les sociétés (absorbée et absorbante) peuvent avoir des participations réciproques.
Cas où la société absorbante détient une participation dans la société absorbée
La société absorbante a alors une double qualité :
1. elle reçoit l'apport de la société absorbée, apport qu'elle doit rémunérer par une attribution
de parts ou d'actions nouvelles,
2. elle a vocation à recevoir une fraction des parts ou actions nouvelles qu'elle doit émettre, en
tant que membre de la société absorbée.
L'attribution à une société de ses propres parts ou actions en échange de sa participation dans
la société absorbée ou scindée est interdite. Deux solutions sont alors concevables : la fusion-
renonciation ou la fusion-allotissement.
Fusion-renonciation : la société absorbante renonce à émettre les actions ou parts qui
devaient lui revenir et se borne à créer les droits sociaux nécessaires à la rémunération des
associés de la société absorbée autres qu'elle-même.

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Chaque fois que la participation que détient la société absorbante dans la société absorbée a
une valeur comptable inférieure à la valeur d'apport de la fraction de l'actif net de la société
absorbée correspondant aux droits de la société absorbante, la différence constitue une prime
de fusion complémentaire de celle déjà constatée à raison des actions nouvelles.
Fusion-allotissement (rare) : elle s'analyse juridiquement en une liquidation partielle de la
société (pour la fraction du patrimoine de l'absorbée qui correspond aux droits de
l'absorbante) suivie immédiatement d'une fusion. La plus-value réalisée par la société
absorbée n'a alors que partiellement le caractère d'une plus-value de fusion ; à concurrence de
l'actif alloti, il s'agit d'une plus-value de liquidation qui ne bénéficie pas, en principe, de
l'exonération fiscale prévue pour les plus-values de fusion. C'est pourquoi ce procédé est peu
utilisé.
Cas où la société absorbée détient une participation dans la société absorbante
Dans ce cas, la société absorbante va trouver ses propres parts ou actions dans le patrimoine
qui lui est transmis par la société absorbée. Si la société absorbante est une société par actions,
elle peut conserver ses actions en portefeuille à condition que, compte tenu des autres actions
"propres" qu'elle détiendrait déjà, elle ne possède pas plus de 10 % de son capital. Dans le cas
contraire, elle est tenue de céder les actions excédentaires dans le délai de deux ans à compter
de la date de réalisation définitive de la fusion.
Les sociétés autres que par actions n'ont pas la possibilité de détenir leurs propres parts. Elles
ont alors recours le plus souvent au procédé suivant : la société absorbante augmente son
capital dans les conditions habituelles, puis le réduit d'un montant égal à la valeur nominale de
ses propres parts qui lui ont été apportées et qui se trouvent ainsi annulées.
La différence entre la valeur nominale des titres ainsi annulés est leur valeur d'apport est
imputée sur la prime de fusion. Cette solution est aussi employée par les sociétés par actions
n'ayant pas d'intérêt à détenir leurs propres actions.
Cas où les sociétés absorbée et absorbante détiennent des participations réciproques
Les sociétés procéderont alors le plus souvent à une fusion-renonciation et à une réduction de
capital pour éviter que la société absorbante ne devienne propriétaire de ses propres actions ou
parts.

12
6. Valorisation des apports suite à l'application des nouvelles règles comptables
Effet: Opérations réalisées à compter du 01101/2005

Principes

~ Les restructurations internes sont effectuées obligatoirement à la valeur nette comptable


~ Les restructurations externes sont effectuées à la valeur réelle, sauf opérations à l'envers.

Valeur comptable Valeur réelle


'Opérations visant des sociétés
sous contrôle commun
Opérations à l'endroit X
Opérations à l'envers X
Opérations visant des sociétés
sous contrôle distinct
Opérations à l'endroit X
Opérations à l'envers X

Notion de contrôle

 Contrôle de droit, à savoir par la détention de la majorité de droits de vote.

 Contrôle contractuel, par l'exercice d'une influence dominante.

 Contrôle de fait, présumé si plus de 40% des droits de vote et aucun autre
actionnaire
ne détient une fraction supérieure.

Sens de la fusion

 A l'endroit : après la fusion, l'actionnaire de l'absorbante conserve son pouvoir de


contrôle.

 A l'envers: après la fusion, l'actionnaire principal de l'absorbée prend le contrôle de


l'absorbante.

Sens de l'apport

 A l'endroit: après l'apport, l'actionnaire de la bénéficiaire des apports conserve son


pouvoir de contrôle sur celle-ci.

 A l'envers: après l'apport, la société apporteuse prend le contrôle de la bénéficiaire


des apports, ou renforce son contrôle sur celle-ci.

Filialisation en vue d'une cession

 Apport à la valeur réelle obligatoire.

13
7. Le boni et le mali de fusion
Lorsque la société absorbante a acquis des titres de la société absorbée antérieurement à la
date de l’opération de fusion, un boni ou un mali peut apparaître lors de l’annulation de ces
titres auxquels se substituent les actifs et passifs de la société absorbée.

Boni de fusion

Le boni de fusion représente l’écart positif entre l’actif net reçu par la société absorbante à
hauteur de sa participation détenue dans la société absorbée, et la valeur comptable de cette
participation.

Il est comptabilisé dans le résultat financier à hauteur de la quote-part des résultats accumulés
par la société absorbée depuis l’acquisition et non distribués et, dans les capitaux propres pour
le montant résiduel ou si les résultats accumulés ne peuvent être déterminés de manière fiable.

Mali de fusion (dispositions antérieures au 1er janvier 2016)

Le mali de fusion représente l’écart négatif entre l’actif net reçu par la société absorbante à
hauteur de sa participation détenue dans la société absorbée, et la valeur comptable de cette
participation.

Le mali de fusion peut être décomposé en deux éléments :


 Un mali technique « faux mali » : généralement constaté pour les fusions évaluées à
la valeur comptable lorsque la valeur nette des titres de la société absorbée figurant à
l’actif de la société absorbante est supérieure à l’actif net comptable apporté. Cette
composante du mali correspond, à hauteur de la participation antérieurement
détenue, aux plus-values latentes sur éléments d’actif comptabilisés ou non dans les
comptes de l’absorbée, déduction faite des passifs non comptabilisés en l’absence
d’obligation comptable dans les compte de la société absorbée (par exemple
provisions pour retraites, impôts différés passifs).
 Au-delà du mali technique, le solde du mali « vrai mali », qui peut être représentatif
d’un complément de dépréciation de la participation détenue dans la société
absorbée, doit être comptabilisé dans le résultat financier de la société absorbante de
l’exercice au cours duquel l’opération est réalisée.

Il y a mali technique lorsque les trois conditions suivantes sont réunies :


- les apports sont comptabilisés à la valeur comptable ;
- la société absorbante est propriétaire d’une partie du capital de la société absorbée ;
- les titres de la société absorbée possédés par la société absorbante ont une valeur
supérieure à la valeur comptable de la quote-part des actifs diminués des passifs représentée
par ces titres.

La société absorbante ou bénéficiaire des apports doit inscrire la totalité du mali technique
dans un sous-compte intitulé « mali de fusion » du compte 207 « fonds commercial ».

L’article 210 A du Code Général des Impôts ne permet pas la déduction fiscale du mali
technique.

14
Suivi et dépréciation du mali technique

Conformément au règlement CRC 2004-01 relatif au traitement comptable des fusions et


opérations assimilées, à la date de l’opération, afin de suivre dans le temps la valeur du mali,
les entreprises procèdent de manière extracomptable, à l’affectation de ce mali aux différents
actifs apportés par la société apporteuse dans la mesure où la plus-value latente constatée
par actif est significative. Cette affectation peut être faite selon les modalités suivantes :
- détermination de la valeur réelle à la date de l’opération (et non à la date d’acquisition des
titres), des actifs de la société absorbée y compris ceux ne figurant pas dans ses comptes ;
- calcul du montant des plus-values latentes par différence entre cette valeur et la valeur
comptable sociale de chaque actif ;
- affectation extracomptable du mali technique aux différents actifs au prorata des plus-
values latentes et dans la limite de celles-ci.

Le mali n’est pas un élément amortissable car la durée de consommation de ses avantages
économiques futurs ne peut être déterminée à priori de façon fiable. Cependant les éléments
constitutifs du mali, tels que définis précédemment, doivent faire l’objet d’un test de
dépréciation prévu à l’article 322-5 du PCG et selon les modalités exposées ci-après.

Le mali subit une dépréciation lorsque la valeur actuelle d’un ou plusieurs actifs sous-
jacents, auxquels une quote-part de mali a été affectée, devient inférieure à la valeur
comptable du ou des actifs précités, majorée de la quote-part de mali affectée. La valeur
actuelle correspond à la valeur la plus élevée de la valeur vénale ou de la valeur d’usage.

La dépréciation du mali technique n’est pas irréversible et peut, en cas de réappréciation


future des éléments d’actifs concernés, être reprise.

En cas de sortie d’un actif auquel une quote-part de mali a été affecte, le mali doit être réduit
à due concurrence. Ce traitement est analogue a celui retenu dans les comptes consolidés
pour l’écart d’acquisition dans le cas d’une cession d’une branche d’activité.

Mali de fusion (dispositions applicables à compter des exercices ouverts à partir du


1er janvier 2016)

Les nouvelles règles comptables

Le règlement ANC 2015-06 du 23 novembre 2015 modifie les règles comptables applicables
au mali technique de fusion.

L’article 745-5 modifié du PCG dispose que le mali technique doit faire l’objet d’une
affectation comptable au bilan de la société absorbante, c’est-à-dire être comptabilisé dans des
sous-comptes spécifiques par catégorie d’actifs apportés identifiables auxquels il se rattache.
En cas de solde éventuel, il devra être affecté au fonds commercial. Le nouveau règlement
précise les modalités de prise en compte des impôts latents dans la détermination et
l’affectation du mali technique.
En sus de cette nouvelle comptabilisation au bilan, le mali technique fait désormais l’objet
d’un amortissement, pour ses quotes-parts affectées à des actifs amortissables. Ainsi, le mali
technique suit les règles d’amortissement et de dépréciation de l’actif sous-jacent auquel il est
affecté. Le mali technique afférent à des actifs non amortissables fera toujours l’objet de tests
et dépréciations le cas échéant. A noter également que le solde du mali affecté au fonds

15
commercial bénéficiera d’une présomption de non-amortissement au même titre que le fonds
commercial lui-même.

Le traitement fiscal du mali technique

Le traitement fiscal du mali technique diffère selon le régime fiscal appliqué à l’opération de
fusion :

Fusion placée sous le régime de faveur

Conformément à l’article 210 A du Code Général des Impôts, l’inscription du mali technique
de fusion au bilan de la société absorbante ne peut donner lieu à aucune déduction fiscale
ultérieure, dès lors que les plus-values latentes existant chez la société absorbée auxquelles ce
mali correspond ne sont pas imposées lors de la fusion. Ainsi, la constatation d’une
dépréciation sur le mali, ou d’une charge correspondant à tout ou partie de la quote-part de
mali affectée à un sous-jacent lors de la cession de cet actif sous-jacent, ne peut impacter le
résultat fiscal de la société absorbante.

Fusion réalisée en régime de droit commun

Certaines fusions ne bénéficient pas du régime de faveur, notamment lorsque les deux
sociétés parties à l’opération ne sont pas soumises à l’impôt sur les sociétés, ou lorsque ces
dernières choisissent délibérément le régime de droit commun.
Dans le premier cas, l’impossibilité de bénéficier du régime de faveur pour une société en
nom collectif non soumise à l’impôt sur les sociétés qui serait absorbée par une société de
capitaux, qui serait également sa société mère, peut présenter un intérêt si cette dernière
dispose de déficits, qui peuvent utilement se compenser, du fait de la translucidité de la
société en nom collectif, avec les plus-values imposables dégagées par la fusion.
Dans le second cas, les plus-values latentes au niveau de la société absorbée peuvent être
purgées d’impôt pour tout ou partie, au moyen par exemple des pertes qu’elle a générées au
cours de l’exercice de la fusion ou de ses éventuels déficits reportables pour lesquels les
parties estiment que leur transfert à la société absorbante ne pourrait vraisemblablement pas
être obtenu par voie d’agrément.
Le choix du régime de droit commun peut donc se justifier : certes, il peut constituer une
charge d’impôt immédiate au moment de la fusion, mais se révèle être une économie d’impôt
future au niveau de la société absorbante, au moyen des dépréciations et des charges
constatées lors de la sortie des actifs auxquels une quote-part du mali technique aura été
affectée.
En effet, dès lors que le mali technique correspond à des plus-values sur actifs qui auront été
imposées du fait de la fusion en régime de droit commun, les charges ultérieurement
constatées sous forme de dépréciation du mali ou lors de sa sortie du bilan doivent être
admises en diminution du résultat imposable de la société absorbante, ce qui a été confirmé
par la doctrine administrative.
Toutefois, concernant la déductibilité des dépréciations constatées, l’administration estime,
dans cette même doctrine, que le traitement fiscal du mali doit suivre celui des actifs sous-
jacents qui le composent. Une telle interprétation consiste à refuser la déduction fiscale des
charges affectées au mali, liées à la dépréciation ou à la sortie d’un actif sous-jacent lorsque,
notamment, ces actifs relèvent du régime du long terme (ainsi, selon l’administration, la
quote-part de mali technique affectée à des titres de participations – hors titres de société à
prépondérance immobilière – ne peut donner lieu à déduction fiscale lors de constitution de

16
provisions pour dépréciation). On voit que l’administration assimilait, à cette occasion, le
mali technique à un complément du prix de revient des actifs sous-jacents alors même qu’elle
ne contestait pas l’inscription du mali technique en fonds commercial.
Nul doute que la position de l’administration sur ce point, qui pouvait paraître contestable à
l’époque, s’en trouvera renforcée dans la mesure où le mali technique sera comptabilisé en
tant que composante de l’actif sous-jacent.

Conséquences fiscales du nouveau traitement comptable du mali technique

Les conséquences fiscales du nouveau traitement comptable du mali technique diffèrent


également selon le régime fiscal appliqué à l’opération de fusion : elles sont limitées pour les
fusions bénéficiant du régime de faveur, contrairement aux opérations placées sous le régime
de droit commun.

Fusion placée sous le régime de faveur

Ainsi qu’il a été évoqué ci-dessus, le mali technique est sans effet sur le résultat fiscal lorsque
l’opération de fusion bénéficie du régime de faveur. Les charges ultérieures affectées au mali
technique, qu’il s’agisse de dépréciation, de sortie d’actif ou désormais, de dotations aux
amortissements, ne peuvent donner lieu à déduction fiscale. La société absorbante devra donc
prendre soin de réintégrer extra-comptablement les dotations aux amortissements relatives
aux quotes-parts de mali technique affectées à ses actifs amortissables sur ses déclarations de
résultats.
Il convient par ailleurs de noter que du fait de la suppression de l’état de suivi du mali
technique, l’administration n’a plus de visibilité sur ce dernier, et sur son affectation aux
différents actifs sous-jacents, alors même que l’état de suivi des valeurs comptables et fiscales
des différents actifs amortissables et non amortissables apportés dans le cadre de la fusion est
maintenu.
Toutefois, le mali technique étant désormais inscrit en comptabilité en tant que composante
des actifs sous-jacents, on peut penser que cette nouvelle comptabilisation serait susceptible
de réintroduire le suivi du mali technique dans l’état de suivi. Celui-ci ne sera pas identifiable
en tant que tel, mais inclus dans les valeurs comptables des actifs, bien qu’apportés pour une
valeur comptable inférieure.
En effet, la valeur des biens apportés demeurera la valeur nette comptable dans le cas d’une
opération faisant intervenir des entités sous contrôle commun ; il conviendrait donc d’obtenir
de l’administration une prise de position quant à la valeur comptable a inscrire dans l’état de
suivi pour chaque actif apporté, afin de ne pas risquer de se voir appliquer la pénalité de 5%
assise sur les montants non déclarés, en cas de non-inclusion de la quote-part de mali
technique affecté dans la valeur comptable des actifs apportés sur l’état de suivi.
A cet égard, l’entrée en vigueur de ce nouveau règlement (exercices ouverts à compter du
1er janvier 2016) nécessitera d’affecter comptablement les malis techniques existant à cette
date, pour des opérations de restructuration antérieures : en conséquence, même en l’absence
d’opération de fusion au cours d’un exercice ouvert en 2016, cette question de l’inscription ou
non sur l’état de suivi devra être résolue dès cette année.

Fusion réalisée en régime de droit commun

En cas de fusion placée sous le régime de droit commun, le nouveau traitement comptable du
mali technique constitue un véritable changement pour la société absorbante, désormais
autorisée à déduire de son résultat fiscal les dotations aux amortissement du mali technique

17
affecté aux actifs amortissables. Alors que seule la sortie de l’actif sous-jacent ou l’éventuelle
dépréciation pouvait donner lieu à déduction fiscale du mali technique, la société absorbante
disposera dorénavant de charges d’amortissement automatiques et annuellement déductibles.
Dans la pratique, le mali technique est souvent représentatif de plus-values latentes sur le
fonds commercial, les immeubles ou les titres de participation détenus par la société absorbée.
S’agissant d’éléments amortissables, les charges d’amortissement seront surtout susceptibles
de concerner les immeubles, et plus accessoirement les brevets et matériels spécifiques (les
matériels non spécifiques ne générant généralement pas de plus-values). Ainsi, la déductibilité
des dotations aux amortissements du mali technique affecté aux immeubles constituera une
source de déduction nouvelle pour les sociétés immobilières.
En revanche, et comme indiqué précédemment, dans la mesure où le mali technique est
désormais comptabilisé en tant que composante de l’actif auquel il se rapporte, la position de
l’administration relative à la non-déductibilité des provisions pour dépréciation d’actifs
relevant notamment du secteur exonéré apparaît prendre d’avantage de sens. En effet, la
nouvelle comptabilisation renforce la connexité entre mali technique et actifs sous-jacents, et
par extension entre leur traitement fiscal respectif.

18
8. Les aspects fiscaux de la fusion : le régime de droit commun
L'opération s'analyse en une cession ou une cessation d'activité de la société absorbée, c'est-à-
dire comme une vente pure et simple de l'ensemble des valeurs actives et passives de
l'entreprise (en application des dispositions de l’article 221-2 du Code Général des Impôts).
Dans cette hypothèse, la réalisation d'une fusion entraîne toutes les conséquences de la
cessation d'entreprise de la société absorbée, notamment l'imposition immédiate des plus-
values d'apport et des bénéfices en sursis d'imposition
Le régime spécial n'est pas toujours favorable en matière d'impôt sur les sociétés et les
sociétés fusionnantes peuvent avoir intérêt à y renoncer pour se placer sous le régime de droit
commun.
En pratique, les sociétés se placeront sous ce dernier régime si elles disposent de déficits ou
moins-values antérieures importants qui ne pourront être transférés à la société absorbante.
Dans ce cas les plus-values d'apport serviront à l'imputation des déficits et moins-values
antérieurs, et la société bénéficiaire des apports recevra des actifs réévalués et libérés d'impôt.
L'intérêt pour une entreprise de rester sous le régime de droit commun est devenu marginal.
En effet, le transfert des déficits de l'absorbée au profit de l'absorbante dans le cadre du
régime de faveur est possible sur agrément et cette transmission n'est plus plafonnée depuis le
1er janvier 2005.
Toutefois et dans la mesure où la société absorbante ne serait plus en mesure de poursuivre
l'activité à l'origine des déficits transférés pendant trois ans (condition à l'octroi de l'agrément
autorisant ce transfert), les parties pourraient encore trouver un intérêt à ce régime.
Champ d'application
Le régime de droit commun trouve à s'appliquer dans deux cas précis :
- Les parties ne répondent pas aux conditions requises pour opter au régime de faveur
- Les parties n'ont pas opté dans le traité d'apport pour le régime de faveur (conditions de
forme).
Conséquences en matière d'I.S.
Les conséquences chez la société absorbée
Au regard de l'entreprise cédante, il y a imposition immédiate au vu d'une déclaration
souscrite dans les 60 jours de la réalisation de la fusion (article 201 du Code Général des
Impôts) :
1. Dans les conditions de droit commun :
 Du bénéfice d'exploitation relatif à la période écoulée entre la clôture du dernier
exercice et le jour où la fusion est effective.
 Des divers éléments dont l'imposition a été différée (provisions diverses). Toutes les
provisions, dont les dotations sont venues diminuer le résultat imposable, deviennent
imposables au nom de la société absorbée, du fait de la fusion. Cependant, l’impact
réel de cette reprise doit être nuancé : en effet, si cette provision correspond à une
dépréciation ou à une charge réelle, la reprise de la provision se trouvera compensée
par une perte ou charge d’égal montant.
 Des plus-values sur cession d'actif dégagées au cours de l'exercice. Les plus ou moins
values seront calculées par différence entre leur valeur réelle à la date de l’apport et
leur valeur nette comptable.
2. Selon le régime des plus-values à long terme pour :
 Les cessions de titres de participation opérées pendant l'exercice. En cas d’apport de
biens relevant du régime des plus-values à long terme (titres de participations détenus
par la société absorbée depuis au moins deux ans), la plus-value sera imposable au
nom de la société absorbée dans les conditions prévues à l’article 219 I a quinquies du
Code Général des Impôts (exonération sous réserve de l’imposition au taux de droit

19
commun d’une quote-part de frais et charges égale à 10% du montant net de la plus-
value).
 Les reprises de provisions pour dépréciation de titres de participation.
Les conséquences chez la société absorbante
Dans la mesure où les plus ou moins-values sur les éléments d’actifs ont été imposés chez la
société absorbée, tout se passe chez la société absorbante comme si elle avait acquis les biens
qui lui ont été transférés.
Au regard de la société absorbante, il y a reprise à son bilan de tous les éléments apportés
pour leur valeur d'apport.
Le calcul des plus-values, en cas de cession ultérieure de ces éléments, est effectué par
référence à leur valeur d'apport dans le patrimoine de la société absorbante.
Les amortissements sont calculés d'après ces mêmes valeurs et datés en fonction de la durée
d'utilisation probable sauf à écarter l'amortissement dégressif réservé exclusivement aux biens
neufs. Le boni de fusion est imposable dans les conditions de droit commun (régime LT ou
taux normal de l'IS), y compris le boni comptabilisé en prime d'apport.
Les dividendes provenant des titres de participation apportés peuvent être exonérés en
application du régime mère-fille à la condition que les titres aient été conservés pendant au
moins deux ans. Il en résulte que les dividendes perçus par la société absorbante provenant
des titres qui lui ont été apportés par la société absorbée ne bénéficieront de cette exonération
que si la société absorbante conserve les titres en cause pendant un délai minimum de deux
ans à compter de la réalisation de la fusion.

Dans ce régime de droit commun, qui assimile sur le plan fiscal la fusion à une augmentation
de capital pour la société absorbante et à une cessation pour la société absorbée, le coût est
généralement très élevé. Outre les conséquences en matière d’impôt sur les sociétés, il faut
noter, entre autres :
- la TVA sur les apports de marchandises ou sur les immobilisations par la société absorbée (il
est toutefois précisé que la société absorbante peut récupérer cette TVA) ;
- l’impôt sur le revenu (au titre des revenus mobiliers) pour les actionnaires de la société
absorbée sur les plus-values réalisées sur les titres au niveau de la distribution.

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9. Les aspects fiscaux de la fusion : le régime spécial
Les opérations de restructuration posent de nombreuses questions fiscales. Qu’il s’agisse
d’une opération de fusion ou de scission, d’une part, une ou plusieurs sociétés seront
dissoutes, d’autre part, des apports vont être réalisés.
En l’absence de mesures fiscales particulières, chaque étape juridique de l’opération devrait
être imposée de manière distincte. La dissolution de la société entraînerait l’imposition
immédiate du résultat de liquidation, et notamment celle des plus-values latentes réalisées au
cours de l’opération.
La société absorbante ou bénéficiaire devrait payer les droits d’enregistrement prévus pour les
augmentations de capital ou la création de la société. En ce qui concerne les associés de la
société absorbée ou scindée, ils seraient imposés à raison de la plus-value dégagée par
l’échange des titres.
Un tel régime d’imposition serait très pénalisant et compromettrait bien des restructurations
d’entreprises.
C’est pourquoi les sociétés parties à l’opération ont la possibilité de se placer sous le régime
spécial de l’article 210 A du code général des impôts (C.G.I.). Il s’agit d’un régime de faveur.
Les dispositions de l'article 210 A du C.G.I. posent en principe que la fusion ne doit entraîner
par elle-même aucune imposition supplémentaire pour la société absorbée. Les plus-values de
fusion et les provisions de la société apporteuse conservant leur objet sont exonérées.
En contrepartie, la société absorbante est soumise à diverses obligations qui ont pour objet de
rendre possible l'imposition ultérieure, à son nom, des plus-values et provisions exonérées lors
de la fusion.

Domaine d’application du régime spécial :

Champ d'application
La définition fiscale de l’opération de fusion : le régime fiscal de faveur des fusions est
réservé aux opérations qui répondent à l’une des définitions fournies par l’article 210-0 A du
Code Général des Impôts. Ces définitions ont en commun de définir les opérations à partir de
leurs effets et non à la lumière d’une qualification juridique.
Opérations susceptibles de bénéficier du régime fiscal de faveur :
 fusion au profit d’une société préexistante : une ou plusieurs sociétés absorbées
transmettent, par suite et au moment de leur dissolution sans liquidation, l'ensemble de leur
patrimoine à une autre société préexistante absorbante, moyennant l'attribution à leurs
associés de titres de la société absorbante et, éventuellement, d'une soulte ne dépassant pas
10 % de la valeur nominale de ces titres ;
 fusion au profit d’une société nouvelle : deux ou plusieurs sociétés absorbées
transmettent, par suite et au moment de leur dissolution sans liquidation, l'ensemble de leur
patrimoine à une société absorbante qu'elles constituent, moyennant l'attribution à leurs
associés de titres de la société absorbante et, éventuellement, d'une soulte ne dépassant pas 10
% de la valeur nominale de ces titres.
 Fusion simplifiée et dissolution sans liquidation prévue à l’article 1844-5 du Code
Civil : le régime de faveur s’applique de plein droit aux opérations définies ci-dessus pour
lesquelles il n’est pas procédé à l’échange de titres de la société absorbante contre les titres de
la société absorbée lorsque ces titres sont détenus soit par la société absorbante, soit par la
société absorbée (fusion-renonciation). Grâce à cette définition, les opérations de dissolution
sans liquidation d’une société par réunion de toutes ses parts entre les mains de son associé
unique prévues à l’article 1844-5 du Code Civil sont éligibles au régime de faveur
(dissolution-confusion).

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La fusion, au sens fiscal du terme concerne des opérations qui ont les caractéristiques
suivantes :
- dissolution sans liquidation de la société absorbée ;
- transmission universelle du patrimoine de la société absorbée ;
- attribution de titres de la société absorbante aux associés de la société absorbée ;
- absence de soulte ou attribution d'une soulte ne dépassant pas 10 % de la valeur nominale
des titres de la société absorbante attribués.

Conditions d'application du régime spécial


1. Régime fiscal des personnes concernées
Le régime des fusions est réservé aux opérations auxquelles participent exclusivement des
personnes morales ou organismes passibles de l'impôt sur les sociétés, quelle que soit par
ailleurs leur forme juridique (sont donc concernées, entre autres, les établissements publics,
les organismes des départements et communes, les sociétés civiles ayant opté pour l’I.S.). Il
est précisé que l’administration accorde le bénéfice du régime spécial des fusions prévu à
l’article 210-A du CGI aux opérations de fusion, scission, et apport partiel d’actifs de
plusieurs associations soumises à l’impôt sur les sociétés au taux de droit commun, bien que
les apports ne puissent être rémunérés par l’attribution de droits représentatifs du capital de
l’organisme bénéficiaire (BOI-IS-FUS-10-20-20). Le régime fiscal de l’article 210-0 A du
Code Général des Impôts n’est donc susceptible de s’appliquer que si les sociétés absorbée et
absorbante sont effectivement soumises à l’impôt sur les sociétés. Le régime fiscal de la
société absorbante doit garantir l’imposition des plus-values d’apport et des provisions qui ne
sont pas taxées chez la société absorbée. Dès lors, une société absorbante qui, bien que
passible de l’impôt sur les sociétés, est en fait exonérée dudit impôt en vertu d’une disposition
spécifique permanente ou temporaire, ne peut absorber sous le régime de faveur des fusions
une société soumise au même impôt.
En théorie toutes les sociétés peuvent fusionner. Il n’y a aucune restriction. En pratique, la
plupart de ces opérations concernent des sociétés par actions.
Il est précisé que les opérations de fusion et de scission peuvent concerner des sociétés de
formes différentes : une SAS peut fusionner avec une SA, une SARL peut être scindée entre
une SNC et une SA, … . Il est ajouté que des règles spéciales régissent les fusions entre les
sociétés par actions, d’autres les fusions entre les SARL.
2. Nationalité des personnes morales bénéficiaires des apports (opérations de
restructurations transfrontalières)
Apports faits par des personnes morales étrangères à des personnes morales françaises
L’absorption d’une société étrangère par une société française n’est pas de nature à soulever
des difficultés au regard de l’impôt sur les sociétés en France dans la mesure où la fusion rend
normalement imposable les plus-values de la société absorbée dans le pays d’implantation de
cette dernière.
Les apports consentis à une personne morale française par une personne morale étrangère ne
peuvent être placés sous le régime spécial des fusions que si notamment la personne morale
apporteuse exerce en France une activité qui la rend passible de l'impôt français sur les
sociétés. De même, les modalités de l'opération doivent permettre d'assurer l'imposition future
des plus-values placées en sursis d'imposition. Toutefois, il a été décidé d'étendre le champ
d'application du régime spécial à l'ensemble des fusions et opérations assimilées mettant en
cause de telles personnes morales, eu égard à la forme juridique des personnes morales
étrangères concernées et à la nature de l'activité exercée par elles, sans exiger qu'au regard des
règles de territorialité applicables en matière d'impôt sur les sociétés il y ait imposition
effective en France. En ce qui concerne le cas particulier de l'apport par une société étrangère
22
de sa succursale française à une société française et lorsque cette opération peut être
considérée comme portant sur une branche complète d'activité au sens de l’article 210 B du
CGI, il n'est pas exigé que les titres remis en contrepartie soient rattachés à un établissement
stable situé en France. Ainsi, l'apport est éligible au régime spécial des fusions de plein droit à
condition de constituer un ensemble capable de fonctionner, du point de vue de l'organisation,
par ses propres moyens et de respecter les dispositions du 3 de l'article 210 A du CGI. Il est
précisé que, dans le cas où la succursale française procède elle-même à un apport partiel
d'actifs au profit d'une société française, les titres remis en rémunération de l'apport doivent
être rattachés à ladite succursale.
Remarque : Les dispositions relatives au cas particulier de l'apport par une société étrangère
de sa succursale française à une société française s'appliquent aux opérations réalisées à
compter du 1er janvier 2018.
Apports faits par des personnes morales françaises à des personnes morales étrangères
Conformément au 1 de l'article 210 C du CGI, les dispositions de l'article 210 A du CGI et de
l'article 210 B du CGI s'appliquent aux opérations auxquelles participent exclusivement des
personnes morales ou organismes passibles de l'impôt sur les sociétés.
Les apports consentis à une personne morale étrangère par une personne morale française ne
peuvent être placés sous le régime spécial des fusions que si notamment la personne morale
bénéficiaire exerce en France une activité qui la rend passible de l'impôt français sur les
sociétés. De même, les modalités de l'opération doivent permettre d'assurer l'imposition future
des plus-values placées en sursis d'imposition.
Toutefois, il a été décidé d'étendre le champ d'application du régime spécial à l'ensemble des
fusions et opérations assimilées mettant en cause de telles personnes morales, eu égard à la
forme juridique des personnes morales étrangères concernées et à la nature de l'activité
exercée par elles, sans exiger qu'au regard des règles de territorialité applicables en matière
d'impôt sur les sociétés, il y ait imposition effective en France.
Il résulte du 2 de l'article 210 C du CGI (modifié par l'article 23 de la loi n° 2017-1775 du 28
décembre 2017 de finances rectificative pour 2017) que le régime spécial des fusions prévu à
l’article 210 A du CGI n'est applicable aux opérations de fusion, de scission et d'apport partiel
d'actifs d'une branche complète d'activité réalisées au profit de personnes morales étrangères
par des personnes morales françaises que si les éléments apportés sont effectivement rattachés
à un établissement stable de la personne morale étrangère situé en France.
Il est précisé que l'obligation de rattachement à un établissement stable ne trouve à s'appliquer
qu'aux éléments apportés inscrits, préalablement à l'opération, à l'actif ou au passif du bilan
fiscal français d'une personne morale. Ainsi, lorsque parmi les éléments apportés sont inclus
des éléments provenant d'un établissement stable étranger, ces derniers ne sont pas soumis à
l'obligation de rattachement à un établissement stable situé en France.
En outre, cette obligation n'est pas exigée pour les opérations d'apport de participations
assimilés à une branche complète d'activité mentionnés au 1 de l'article 210 B du CGI ou pour
les opérations de fusion dont les éléments apportés sont exclusivement constitués de titres de
participations. En revanche, les apports qui ne sont pas composés exclusivement de titres de
participation mentionnés au I de l'article 219 du CGI (tels que les fusions de holdings lorsque
les activités de ces dernières seraient constitutives d'un établissement stable si elles étaient
exercées par une société étrangère) sont soumis à l'obligation de rattachement à un
établissement stable situé en France.
Remarque : Conformément à l'article 23 de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de
finances rectificative pour 2017, ces dispositions s'appliquent aux opérations réalisées à
compter du 1er janvier 2018.
Conformément au IV de l'article 210-0 A du CGI, lorsque les opérations de fusion, de scission
ou d'apport partiel d'actifs, placées sous le régime de l'article 210 A du CGI, sont réalisées au

23
profit d'une personne morale étrangère, la société apporteuse est tenue de souscrire, par voie
électronique, dans le même délai que sa déclaration de résultat de l'exercice au cours duquel
l'opération a été réalisée, une déclaration spéciale n° 2260-SD (CERFA n° 15884), accessible
en ligne sur le site [Link], permettant d'apprécier les motifs et conséquences de
cette opération.
La déclaration spéciale, dont le contenu est fixé à l'article 46 quater-0 ZS ter de l'annexe III au
CGI, mentionne :
- la date de réalisation et la nature de l'opération, les noms ou dénominations et adresses des
personnes concernées par cette opération, y compris, le cas échéant, celles de l'établissement
stable situé en France de la personne morale étrangère, les liens capitalistiques entre ces
mêmes personnes avant la réalisation de l'opération et la nature exacte de l'activité exercée par
la personne morale étrangère mentionnée au IV de l'article 210-0 A du CGI ;
- les motifs et buts de l'opération réalisée, notamment les améliorations recherchées, ainsi que
les éventuelles opérations de cession, de fusion, de scission ou d'apport partiel d'actifs
préalables et subséquentes en lien avec cette opération ;
- les conséquences économiques et fiscales de l'opération réalisée, notamment sur les
activités, moyens et fonctions maintenus en France et transférés à l'étranger.
Le non-respect de cette obligation déclarative entraîne l'application, pour chaque opération,
d'une amende de 10 000 € prévue à l'article 1760 bis du CGI.
Remarque : Conformément à l'article 23 de la loi n° 2017-1775 du 28 décembre 2017 de
finances rectificative pour 2017, ces dispositions s'appliquent aux opérations réalisées à
compter du 1er janvier 2018.
Pour l'application de ces dispositions, les personnes morales françaises s'entendent,
exclusivement de celles qui sont constituées selon la loi française et qui ont leur siège social
en France métropolitaine ou dans les départements et territoires d'outre-mer, sans qu'il soit
tenu compte de la nationalité de leurs membres ni du lieu de leur exploitation.
Ce siège social n'est d'ailleurs pas nécessairement celui qui est déterminé par les statuts ou
une assemblée ultérieure, mais le siège réel de la direction juridique, financière,
administrative et comptable où se réunissent ordinairement les organes dirigeants de la société
et les assemblées d'associés.
Le régime des opérations d’apport-attribution est également aménagé :
Conformément à l’article 115, 1 du CGI, en cas de fusion ou de scission de sociétés,
l’attribution de titres, sommes ou valeurs aux membres de la société apporteuse en
contrepartie de l’annulation des titres de cette société n’est pas considérée comme une
distribution de revenus mobiliers.
Le mécanisme d’agrément est supprimé en cas d’attribution de titres représentatifs d’un
apport partiel d’actif d’une branche complète d’activité aux membres de la société apporteuse,
lorsque les trois conditions suivantes sont remplies :
- L’apport est placé sous le régime de l’article 210 A du CGI ;
- La société apporteuse dispose encore au moins d’une branche complète d’activité
après la réalisation de l’apport ;
- Cette attribution, proportionnelle aux droits des associés dans le capital, a lieu dans un
délai d’un an à compter de la réalisation de l’apport.
Une nouvelle procédure de rescrit est créée :
L’article L 80 B du Livre des Procédures Fiscales (LPF) est complété afin de prévoir une
nouvelle procédure de rescrit fiscal. En application de ce dispositif, les entreprises qui
souhaitent sécuriser le traitement fiscal d’une opération qu’elles envisagent de réaliser
peuvent demander à l’administration, à partir d’une présentation écrite, précise et complète de
cette opération, la confirmation que les dispositions excluant des régimes de faveur les

24
opérations ayant comme objectif la fraude ou l’évasion fiscales ne lui sont pas applicables.
La demande doit préciser :
- Le nom, la raison sociale et l’adresse du demandeur et des personnes concernées par
l’opération ;
- La date de celle-ci, la nature du patrimoine apporté, les modalités de transcription et de
rémunération des apports, le montant des plus-values mises en sursis d’imposition ;
- La nature et le contexte économique de l’opération, ses conséquences économiques et
fiscales ainsi que toute information permettant à l’administration d’en apprécier les
motifs et objectifs.
L’administration sera regardée comme ayant donné un accord tacite lorsqu’elle n’a pas
répondu dans un délai de 6 mois.
N.B. : bien que l’exposé des motifs de la mesure ne vise expressément que le cas des fusions
transfrontalières, la rédaction plus large du texte légal autorise les entreprises à solliciter
l’administration également pour les opérations purement internes.
3. Rémunération des apports
La fusion doit être rémunérée par des actions ou parts sociales émises par la société
absorbante au profit des associés de la société absorbée. Cette condition est sans objet dès lors
que la société absorbante détient l'intégralité des titres de la société absorbée (cas des fusions
simplifiées ou des confusions de patrimoine).
Il est précisé que les titres remis en contrepartie de l’apport doivent être représentatif du
capital social de la société absorbante, à l’exclusion notamment des titres représentatifs d’une
créance, d’obligations convertibles, d’obligations remboursables en actions, de bons de
souscription d’action, etc… .
Tolérance : ces apports peuvent faire l'objet de règlements sous une autre forme, notamment
par le versement de soultes en espèces dans la limite de 10 % de la valeur nominale des titres
attribués. L'article 210-0 A du CGI prévoit expressément la possibilité de rémunérer les
apports, outre l'attribution de titres de la société absorbante, par l'attribution d'une soulte ne
dépassant pas 10 % de la valeur nominale des titres attribués. Sur ce point, la définition fiscale
est conforme à la règle prévue au plan juridique par l'article L 236-1 du Code de commerce.

**********

Les opérations d’apports partiels d’actif :


La loi complète la définition des opérations ouvrant droit aux régimes de faveur afin d’y
intégrer les apports partiels d’actif. Ces derniers sont définis comme les opérations par
lesquelles une société apporte, sans être dissoute, l’ensemble ou une ou plusieurs branches
complètes de son activité à une autre société, moyennant la remise de titres représentatifs du
capital social de la société bénéficiaire de l’apport. Cette définition correspond à celle de
l’article 2, d et j de la directive 2009/133 du 19 octobre 2009.
L’apport partiel d’actif est l’opération par laquelle une société apporte à une autre société
(nouvelle ou préexistante) une partie de ses éléments d’actif et reçoit, en échange, des titres
émis par la société bénéficiaire de l’apport (un règlement sous une autre forme dans la limite
de 10% de la valeur nominale des titres attribués est toutefois possible). Contrairement à la
fusion ou à la scission, l’apport partiel d’actif n’entraîne pas la disparition de la société
apporteuse.
Pour pouvoir bénéficier de plein droit du régime spécial des fusions en matière d’I.S. et de
distribution de revenus mobiliers, l’apport partiel d’actif doit porter sur une branche complète
d’activité ou sur des éléments assimilés. La société apporteuse doit prendre l’engagement,
dans l’acte d’apport, de calculer ultérieurement les plus-values de cession de ces mêmes titres

25
par référence à la valeur que les biens apportés avaient, du point de vue fiscal, dans ses
propres écritures.
Lorsque l’apport partiel d’actif ne peut prétendre à l’application du régime spécial de plein
droit faute de respecter les conditions prévues, il est toujours possible d’en solliciter le
bénéfice dans le cadre d’un agrément administratif. Cet agrément est, par exemple, sollicité
lorsque la branche d’activité n’est pas complète.
La définition des éléments assimilés à une branche d’activité est complétée :
Cette définition est complétée afin de prendre en compte les opérations d’apport de titres
venant renforcer une participation majoritaire (plus de 50% du capital) déjà détenue par la
société bénéficiaire de l’apport.
La condition de conservation des titres est supprimée lorsque l’apport porte sur une branche
complète ou des éléments assimilés :
Le régime spécial des fusions prévu à l’article 210 A du CGI s’applique à l’apport partiel
d’actif d’une ou plusieurs branches complètes d’activité ou d’éléments assimilés. Lorsque
l’apport répond à ces conditions, la condition d’engagement de conservation des titres remis
en contrepartie de l’apport est supprimée.
Les plus-values de cession afférentes aux titres remis en contrepartie de l’apport demeurent
calculées par référence à la valeur que les biens apportés avaient, du point de vue fiscal, dans
les écritures de la société apporteuse mais ce mode de calcul constitue désormais une
conséquence de l’application du régime de faveur et non plus un engagement qui doit être pris
dans le traité d’apport.
La condition de conservation des titres reste exigée lorsque le régime s’applique sur agrément.

Précisions concernant le régime des opérations d’apport-attribution :


Lorsque l’apport partiel d’actif n’est pas représentatif d’une branche complète d’activité ou
lorsque la société apporteuse ne dispose plus au moins d’une branche complète d’activité
après la réalisation de l’apport, la neutralité fiscale peut s’appliquer sur agrément. Cet
agrément, prévu à l’article 115, 2 bis du CGI, est délivré lorsque :
- Les conditions prévues à l’article 210 B, 3-a, b et c du CGI sont remplies ;
- L’attribution est justifiée par un motif économique, se traduisant notamment par
l’exercice par la société apporteuse d’une activité autonome et l’amélioration des
structures, ainsi que par une association entre les parties formalisée par un engagement
de conservation des titres de la société apporteuse par ses associés pendant trois ans à
compter de la réalisation de l’apport. Il résulte notamment de ces conditions que
l’opération doit être justifiée par un motif économique à la fois au niveau de l’apport
et au niveau de l’attribution.
L’engagement de conservation pendant trois ans concerne à la fois les titres représentatifs de
l’apport partiel d’actif et les titres de la société apporteuse détenus par ses associés. Il est
toutefois expressément prévu que l’obligation de conservation des titres de la société
apporteuse ainsi que l’obligation de conservation des titres remis en contrepartie de l’apport
ne sont exigées que des associés qui détiennent dans cette société, à la date d’approbation de
l’apport, 5% au moins des droits de vote ou qui y exerce ou y ont exercé, dans les 6 mois
précédant cette date, directement ou par l’intermédiaire de leurs mandataires sociaux ou
préposés, des fonctions de direction, d’administration ou de surveillance et détiennent au
moins 0,1% des droits de vote dans la société.
Dans l’hypothèse où le capital de la société apporteuse est émietté et qu’il existe une
disproportion marquée entre la valeur de la branche apportée et celle de la société bénéficiaire
des apports, l’administration accepte de délier les associés de l’engagement de conservation
des titres.
Il est précisé que la directive communautaire définit la branche complète d’activité comme

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l’ensemble des éléments d’actif et de passif d’une division d’une société qui constituent, du
point de vue de l’organisation, une exploitation autonome, c'est-à-dire un ensemble capable de
fonctionner par ses propres moyens.
Jurisprudence en matière d’apport d’une branche d’activité complète et autonome :

D’après le Conseil d’Etat, l’existence d’une exploitation autonome doit être établie aussi bien
chez la société apporteuse que chez la société bénéficiaire de l’apport. Mais il suffit que le
transfert porte sur les éléments essentiels de l’activité tels qu’ils existaient dans le patrimoine
de la société apporteuse et dans des conditions permettant à a société bénéficiaire de l’apport
de disposer durablement de tous ces éléments.
Pour ouvrir droit au régime spécial en matière d’impôt sur les sociétés, l’apport doit
comprendre les éléments d’actif et de passif liés directement ou indirectement à la branche.

Les immeubles et les marques nécessaires à l’exploitation de la branche apportée doivent en


principe être transférés en pleine propriété. Toutefois, en cas d’apport partiel d’actif, la société
apporteuse peut se contenter, à certaines conditions, de ne consentir que l’usage de ces biens à
l’apporteuse.

« Considérant qu’il ressort des pièces du dossier soumis aux juges du fond que, par le traité
d’apport du 3 août 2001, la société Promo Art Distribution s’est vu transférer le bénéfice de
tous traités, marques, brevets ou autres afférents à l’exploitation de la branche d’activité
ainsi que les moyens juridiques propres à assurer l’efficacité de son activité qu’elle exerçait
avec un personnel propre, distinct de la société Promo Art ; que si le traité prévoit que le
droit d’usage illimité de la marque « Les couleurs du temps » dont bénéficiait la société
Promo Art Distribution est assorti d’un engagement général et sans réserve de non
concurrence directe ou indirecte dans son secteur d’activité par la société apporteuse, il ne
comporte aucune clause de résiliation du droit d’usage de la marque ; que, par suite, en
estimant au terme d’une appréciation souveraine du traité d’apport exempte de dénaturation,
que les conditions d’octroi du droit d’usage sur la marque permettaient de regarder la mise à
disposition et l’usage de celle-ci comme suffisamment durable, poue en déduire que ces
éléments étaient de nature à constituer, contrairement à ce que soutient le ministre, une
branche complète et autonome d’activité au sens des articles 210 A et 210 B du CGI, la cour
administrative d’appel n’a ni commis d’erreur de droit ni donné aux faits ainsi énoncés une
qualification juridique erronée. »
CE 6 décembre 2013 n° 346809, 10e et 9e s.-s., min. c/ Sté Promo Art

Le Conseil d’Etat considère que le fait qu’une marque ne soit pas apportée en pleine propriété
mais sous la forme d’un droit d’usage ne fait pas obstacle à ce que la branche d’activité soit
regardée comme complète et autonome dès lors que ce droit est concédé sans aucune réserve.
**********
Les opérations de scissions :
La loi supprime la condition de conservation des titres dans le cas de scissions de sociétés
comportant au moins deux branches complètes d’activité lorsque chacune des sociétés
bénéficiaires reçoit une ou plusieurs de ces branches. Comme pour les apports partiels
d’actifs, les plus-values de cession des titres remis en contrepartie de l’apport doivent être
calculées par référence à la valeur que les biens apportés avaient, du point de vue fiscal, dans
les écritures de la société apporteuse.
En l’absence d’apport d’une ou plusieurs branches complètes d’activité, le régime spécial
s’applique sur agrément dans les mêmes conditions que pour les apports partiels d’actif.

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Comme dans le régime actuel, la condition de conservation des titres n’est exigée que des
associés qui détiennent dans la société scindée, à la date d’approbation de la scission, 5% au
moins des droits de vote ou qui y exerce ou y ont exercé dans les 6 mois précédant cette date,
directement ou par l’intermédiaire de leurs mandataires sociaux ou préposés, des fonctions de
direction, d’administration ou de surveillance et détiennent au moins 0,1% des droits de vote
dans la société. Toutefois, la condition selon laquelle les droits de vote détenus par ces
actionnaires doivent représenter ensemble au moins 20% du capital de la société scindée est
supprimée.
Comme pour les apports partiels d’actif, les sanctions prévues aux articles 210 B, 1-al. 7 et
1768 du CGI en cas de défaut de souscription de l’engagement de conservation ou de non-
respect de cette obligation de conservation par un associé d’une société scindée sont
supprimées.

**********
Fusions et scissions sans échange de titres :
Le nouveau régime fiscal des fusions et scissions sans échange de titres (loi de finances pour
2020) a pour objectif de préserver la neutralité fiscale de ces opérations.
- L’annulation des titres de la société absorbée, qui se traduit comptablement par l’ajout de
leur valeur brute à la valeur brute des titres de la société absorbante dans les comptes de
la société mère, ne constitue pas un fait générateur de plus-value imposable.
- La valeur brute des titres de la société absorbée est répartie linéairement sur la valeur
unitaire des titres de la société absorbante.
- L’annulation des titres de la société scindée est également sans incidence fiscale sur le
résultat de la société détentrice.
- La fusion ou scission sans échange de titres ne met pas fin au sursis d’imposition des
plus-values dont ont bénéficié les titres de la société absorbée ou scindée à l’occasion
d’une précédente opération de restructuration.
- L’ajout de la dépréciation des titres de la société absorbée à la dépréciation des titres de
la société absorbante n’est pas traité comme une reprise de provision imposable.
- S’agissant des calculs à réaliser pour la détermination de l’origine des titres
ultérieurement cédés par la société absorbante ou bénéficiaire des apports en cas de
remise en cause du régime mère-fille, l’administration précise que la valeur vénale des
titres des sociétés participantes à la date de l’opération s’entend de la valeur réelle à la
date de son effet juridique. Elle admet que cette valeur soit fixée d’après la valeur des
titres retenue à la date d’inventaire.
- Les mêmes solutions sont admises lorsqu’il est nécessaire de ventiler la plus-value
ultérieurement réalisée par la société mère pour déterminer la part qui est réputée ce
rapporter aux titres de la société absorbée ou scindée. La plus-value de cession des titres
de la société absorbante ou bénéficiaire des apports est déterminée en prenant en compte
la valeur fiscale des titres de la société absorbée ou scindée, lorsqu’elle est différente de
leur valeur comptable.
- Pour l’application du régime des plus-values à long terme, l’administration précise qu’en
cas de cessions ultérieures successives des titres issus de l’opération de fusion ou de
scission, l’ordre de priorité des titres cédés est en principe déterminé en application de la
règle FIFO, par rapport aux titres de la société absorbante ou bénéficiaire des apports.
- L’administration admet que le remboursement des sommes qui ont été incorporées aux
capitaux propres à l’occasion d’une fusion sans échange de titres peut être considéré
comme un remboursement d’apports dans la mesure où les biens apportés étaient eux-
mêmes considérés comme des apports dans la société absorbée. Une solution analogue
est retenue en cas de scission.

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10. (IS) La situation de la société absorbée
Le régime de l’article 210 A du Code Général des Impôts prévoit le transfert de l’imposition
des plus-values afférentes aux biens apportés, qu’elles aient été réalisées du fait de l’apport ou
qu’elles aient été constatées précédemment mais sans avoir encore été imposées. Par contre, le
transfert des déficits reportables en avant de la société absorbée est subordonné à l’obtention
d’un agrément ministériel. Il est ajouté, qu’afin d’éviter que la société absorbée ne perde
rétroactivement le bénéfice du régime mère-fille à raison des dividendes perçus avant la
réalisation de la fusion, l’apport des titres de participation à la société absorbante du fait de la
fusion n’interrompt pas le calcul du délai de détention de ces titres.

Le transfert de l’imposition des plus-values d’apport

Pour la société absorbée, le régime de faveur se traduit par :


1) L’exonération des plus-values réalisées à l’occasion de la fusion ou qui bénéficiaient
d’un sursis d’imposition à raison d’une précédente opération de restructuration.
C’est l'article 210 A-1 du Code Général des Impôts qui dispose que les plus-values
nettes dégagées sur l'ensemble des éléments d'actif compris dans un apport fusion ne
sont pas soumises à l'impôt sur les sociétés.

2) L’exonération des profits dégagés sur l’ensemble des éléments d’actif transférés à la
société absorbante.
L’exonération concerne :
- les éléments non amortissables : l’imposition est reportée à la cession ultérieure des
biens par l’absorbante (terrain, fonds de commerce, titres de participation,…).
- les éléments amortissables : une réintégration fractionnée est opérée dans les
résultats imposables de la société absorbante.
- Sont également exonérés les profits réalisés sur les éléments de l’actif circulant.
Toutefois, la société absorbante doit reprendre à son bilan ces éléments pour la valeur
qu’ils avaient, du point de vue fiscal, dans les écritures de la société absorbée.
- Enfin, l’imposition de la plus-value d’apport sur les titres de placement (exclus du
régime des plus-values à long terme) est reportée chez la société bénéficiaire de
l’apport.

N.B. : les moins-values nettes partielles sur éléments amortissables sont portées sur la
déclaration 2065 de liquidation de la société absorbée. Elles sont déduites dans les conditions
de droit commun. A défaut de possibilité d'imputation (ou pour la fraction résiduelle de
moins-values subsistant après imputation), la moins-value nette est transférée de plein droit à
la société absorbante qui l'imputera sur ses résultats dans les conditions de droit commun.

Le transfert des déficits


Les déficits que la société apporteuse a subi antérieurement à la date d’effet de la fusion ou
assimilée ne sont pas déductibles des bénéfices ultérieurs de la société bénéficiaire des
apports. Toutefois, ces déficits peuvent être transférés soit de plein droit, soit sur agrément.
Transfert de plein droit des déficits en cas de fusion (dispositions applicables aux opérations
de fusion réalisées depuis 2020).
- Le dispositif de transfert de plein droit s’applique aux opérations dont la date d’effet
juridique telle que fixée par l’article L 236-4 du Code de commerce intervient à compter du

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1er janvier 2020, peu important la date d’effet fiscal rétroactif conféré par les parties à
l’opération.
- La dispense d’agrément concerne les opérations de fusion, y compris les fusions sans
échange de titres, les opérations de confusion de patrimoine ainsi que certaines opérations de
fusion transfrontalières ou étrangères.
- Lorsque le montant global cumulé des sommes dont le transfert est envisagé est supérieur ou
égal à 200 000 €, le transfert ne peut pas, au titre d’une même opération, être réalisée pour
partie en dispense d’agrément et pour partie dans le cadre de la procédure d’agrément. La
société absorbante ou confondante peut procéder au transfert d’une quote-part de déficits
égale à 199 999 €, mais le surplus est alors définitivement perdu.
- La condition tenant à l’absence de cession ou de cessation de l’exploitation d’un fonds de
commerce ou d’un établissement au cours de la période déficitaire s’applique même si le
fonds ou l’établissement cédé ou dont l’exploitation a cessé n’a pas contribué aux déficits, aux
charges financières nettes ou à la capacité de déduction inemployée de la société absorbée ou
confondue.

Transfert sur agrément du droit au report des déficits de la société apporteuse


En cas de fusion ou d’opération assimilée bénéficiant du régime de faveur, les déficits
antérieurs non encore déduits subis par la société apporteuse et qui ne bénéficient pas du
transfert de plein droit peuvent être reportés dans leur intégralité sur les bénéfices ultérieurs
de la société bénéficiaire des apports si un agrément spécial est délivré.
L’agrément est de droit lorsque :
- L’opération est placée sous le régime de l’article 210 A du CGI ;
- Elle est justifiée du point de vue économique et obéit à des motivations principales autres
que fiscales ;
- L’activité à l’origine des déficits n’a pas subi de changements significatifs (apprécié aux
moyens de critères relatifs à la clientèle, à l’emploi, aux moyens d’exploitation mis en œuvre
ainsi qu’à la nature et au volume d’activité (CGI art. 209, II-1-b)) pendant la période de
constatation des déficits, qui s’entend de l’exercice de naissance des déficits jusqu’à celui au
cours duquel la demande de transfert est effectuée. Cette condition s’applique à la seule
activité transmise à la société absorbante. Une diminution importante de l’emploi et des
moyens d’exploitation mis en œuvre, lorsqu’elle est destinée à assurer le maintien du volume
de l’activité à l’origine des déficits, ne suffit pas à caractériser un changement significatif
d’activité justifiant le refus d’agrément ;
- L’activité à l’origine des déficits dont le transfert est demandé doit être poursuivie pendant
un délai minimum de trois ans, sans faire l’objet pendant cette période, de changement
significatif apprécié selon les modalités décrites ci-dessus ;
- Les déficits ne proviennent ni de la gestion d’un patrimoine mobilier par des sociétés
holdings ni de la gestion d’un patrimoine immobilier.
L’agrément peut autoriser un transfert partiel des déficits de l’absorbée. Le montant du déficit
transféré par voie d’agrément peut être revu à la baisse par l’administration dans le cadre de
son droit de contrôle. Il peut également être revu à la hausse sur réclamation contentieuse du
contribuable présentée dans le délai légal.
La société bénéficiaire des apports peut imputer les déficits transférés sur ses résultats dans
les conditions de droit commun.
En présence de déficits reportés en arrière, contrairement aux déficits reportables en avant, la
créance est transférée automatiquement à la société absorbante.

30
La production de l’état de suivi des plus-values

Afin de permettre à l’administration de pouvoir contrôler l’imposition des plus-values sur


éléments amortissables et non amortissables qui, du fait de l’option pour le régime de faveur,
ne le sont pas chez la société absorbée, l’article 54 septies du CGI oblige tant celle-ci que la
société absorbante à souscrire un état de suivi des plus-values en sursis d’imposition. Cet état
est fourni sur papier libre conformément au modèle figurant en annexe I à l’instruction
administrative 4-I-1-02 du 17 janvier 2002 (voir n° 12).
Conformément aux dispositions des articles 9 et 10 de l'ordonnance n° 2015-681 du 18 juin
2015 portant simplification des obligations déclaratives des entreprise en matière fiscale, la
valeur du mali technique n'a plus à être renseignée sur l'état de suivi prévu par l'article 54
septies du CGI produit au titre d'un exercice clos à compter du 20 juin 2016.
En conséquence, les dispositions du 3° du I de l'article 38 quindecies de l'annexe III au CGI,
détaillant les éléments du mali technique à mentionner sur l'état de suivi prévu par l'article
54 septies du CGI, ne trouvent plus à s'appliquer à compter de cette même date.

31
11. (IS) La situation de la société absorbante

Les conséquences du régime de faveur dépendent du point de savoir si la fusion a été


comptabilisée aux valeurs réelles ou à la valeur nette comptable. Il est rappelé que la
comptabilisation aux valeurs réelles concerne les fusions à l’endroit entre sociétés sous
contrôle distinct.

Eléments d’actifs

Fusions aux valeurs réelles

La société absorbante doit prendre l’engagement de réintégrer dans ses bénéfices


d’exploitation les plus-values dont l’imposition avait été différée chez la société absorbée et
qui n’avaient pas encore été réintégrées chez cette dernière.
Concernant les éléments amortissables, le montant et le nombre des annuités de réintégration
doivent être précisés dans l’acte de fusion, en fonction du nombre et du montant des annuités
que la société absorbée aurait eu à réintégrer si elle n’avait pas été dissoute.

Eléments de l’actif immobilisé :

Eléments non amortissables :


Il est rappelé que la plus-value d’apport des éléments d’actif immobilisé non amortissables est
exonérée chez la société absorbée. Aux termes de l’article 210 A 6 du Code Général des
Impôts, sont également soumis à ce régime les titres de portefeuille, qu’il s’agisse de titres de
participation ou assimilés ou de titres de placement. En contrepartie, la société absorbante doit
s’engager, conformément aux dispositions de l’article 210 A 3 c du Code Général des Impôts,
à calculer les plus-values réalisées ultérieurement à l’occasion de leur cession d’après la
valeur qu’ils avaient, du point de vue fiscal, dans les écritures de la société absorbée.
La valeur fiscale est égale au prix de revient des éléments diminué, le cas échéant, des
provisions pour dépréciation qui ne sont pas imposées lors de la fusion.

La valeur fiscale d’un élément d’actif immobilisé non amortissable reçu par la société
absorbée dans un précédent apport placé également sous le régime de l’article 210 A du Code
Général des Impôts correspond à la valeur qu’il avait du point de vue fiscal chez la première
société apporteuse.

Eléments amortissables :
L’article 210 A 3 d du Code Général des Impôts prévoit pour les plus-values d’apport des
éléments d’actif amortissables un mécanisme d’échelonnement de leur imposition. Les plus-
values doivent être réintégrées par la société absorbante dans ses résultats imposables sur une
période de :
- 5 ans pour les immobilisations amortissables autres que les constructions ;
- 15 ans pour les constructions et droits qui s’y rapportent. Relèvent également de la période
de réintégration de 15 ans, les installations, agencements, aménagements et ouvrages
d’infrastructure, plantations amortissables sur 15 ans au moins et agencements de terrains
amortissables sur 15 ans au moins.
Toutefois, lorsque la plus-value nette sur les constructions, installations, etc…, excède 90%
de la plus-value nette globale résultant de l’apport des éléments amortissables, la réintégration

32
des plus-values afférentes aux constructions est effectuée sur une période égale à la durée
moyenne pondérée d’amortissement de ces biens.
Cette durée est déterminée en fonction des valeurs d’apport et des durées d’amortissement
retenues par la société absorbante.
Pour le calcul de la somme à réintégrer, il convient de compenser les plus-values et les moins-
values dégagées par l’apport des biens amortissables relevant d’une durée de réintégration
identique.
Modalités de réintégration : la réintégration des plus-values par la société absorbante doit être
effectuée par parts égales, c’est-à-dire soit par 5ème, soit par 15ème ou soit sur la durée
moyenne pondérée. La réintégration débute sur l’exercice de fusion.
La société absorbante peut procéder à la réintégration anticipée de tout ou partie des plus-
values à réintégrer.
La société absorbante est considérée comme ayant satisfait à ses obligations si le montant
cumulé des réintégrations est toujours égal à autant de 5ème (ou de 15ème) de la réintégration
globale que cette société a clos d’exercice depuis la fusion.
Cas de réintégration anticipée : la cession d’un bien amortissable apporté entraîne
l’imposition immédiate de la fraction de la plus-value afférente à ce bien qui n’a pas encore
été réintégrée (imposition au titre de l’exercice de cession du bien).
La société absorbante doit prendre dans l’acte de fusion l’engagement d’imposer
immédiatement la fraction de la plus-value qui n’a pas encore été réintégrée à la date de
cession d’un bien amortissable. Cette imposition est applicable quelles que soient les
modalités de sortie d’actif du bien (vente, mise au rebut,…). Toutefois, il n’y a pas
d’imposition immédiate de la fraction de la plus-value non encore réintégrée lorsque le bien
concerné est à nouveau apporté à l’occasion d’une opération soumise au régime de faveur. La
société bénéficiaire de ce second apport se substitue à la société apporteuse pour la
réintégration des résultats dont la prise en compte avait été différée pour l’imposition de cette
dernière.
Lorsque la plus-value nette globale sur éléments amortissables autres que les constructions
résulte d’une compensation entre plus-values et moins-values, il est admis que la société
absorbante puisse choisir entrer une répartition proportionnelle et une affectation sur certains
biens pour la détermination des plus-values nettes à réintégrer sur chaque bien.
La société absorbante doit alors produire en annexe l’état prévu à l’article 54 septies du Code
Général des Impôts.
Le choix effectué par l’entreprise d’affecter bien par bien les réintégrations à opérer constitue
une décision de gestion qui lui est opposable. En l’absence de choix, les réintégrations sont
réputées effectuées selon la méthode proportionnelle.
En contrepartie de la réintégration des plus-values d’apport, les amortissements et les plus-
values ultérieurs afférents aux éléments amortissables sont calculés d’après la valeur qui leur
a été attribuée lors de l’apport. La durée d’amortissement est égale à la durée probable
d’utilisation des biens apportés, appréciée à la date effective de la fusion. Elle peut donc
excéder la durée dont aurait disposé la société absorbée pour achever son plan
d’amortissement.
Particularité concernant l’amortissement dégressif : en principe, les biens d’occasion ne
peuvent être amortis en dégressif. Dès lors, les biens apportés ne devraient pouvoir être
amortis que selon le mode linéaire. Toutefois, l’administration admet de faire abstraction du
caractère usagé des biens apportés. En conséquence, ceux qui entrent dans le champ
d’application de l’article 39 A du Code Général des Impôts peuvent être amortis selon le
mode dégressif par la société absorbante.

33
Eléments de l’actif circulant :
Du fait de la fusion, c’est l’ensemble des éléments d’actifs de la société absorbée qui sont
apportés. En ce qui concerne les éléments de l’actif circulant, il s’agira, entre autres, des
stocks et des créances. La neutralisation des profits sur les éléments autres que les
immobilisations est subordonnée à la condition que la société absorbante inscrive à son bilan
ces éléments pour la valeur qu’ils avaient, du point de vue fiscal, dans les écritures de la
société absorbée (Article 210 A 3 e du Code Général des Impôts). A défaut, les profits
correspondants sont imposables chez la société absorbante au titre de l’exercice de réalisation
de la fusion.
Or, la valeur fiscale est égale au prix de revient des éléments de l’actif circulant diminué, le
cas échéant, des provisions pour dépréciation constituées en franchise d’impôt par la société
absorbée et qui ne sont pas imposées lors de la fusion. Pour bénéficier de la neutralisation des
profits, la société absorbante doit reprendre à son bilan les écritures comptables de la société
absorbée (prix de revient des éléments considérés, provisions pour dépréciation constituées en
franchise d’impôt). Cela revient donc à effectuer une fusion à la valeur nette comptable.
La condition posée par le législateur ne pouvant par définition être satisfaite en cas de fusion
aux valeurs réelles, la société absorbante est tenue de prendre en compte dans son résultat
imposable de l’exercice de la fusion le profit correspondant à la différence entre la nouvelle
valeur des éléments de l’actif circulant et la valeur fiscale dans les écritures de la société
absorbée. Il est rappelé que la fusion aux valeurs réelles concerne des opérations visant des
sociétés sous contrôle distinct lorsqu’elle est réalisée « à l’endroit ».

Fusions aux valeurs comptables

La réalisation d'une fusion d'après les valeurs comptables implique, d'après le règlement du
CRC, que les valeurs individuelles des actifs et passifs transcrits dans les comptes de la
société absorbante correspondent aux valeurs de chaque actif et passif figurant dans les
comptes de la société absorbée à la date d'effet de l'opération.
La doctrine administrative subordonne la réalisation d’une fusion à la valeur nette comptable
à la reprise par la société absorbante dans ses comptes de la valeur brute et des
amortissements comptabilisés chez la société absorbée. Même si cette exigence ne résulte pas
expressément des dispositions du Code Général des Impôts, elle est de nature à faciliter la
comptabilisation de la fusion chez la société absorbante qui peut ainsi reprendre les fichiers
informatiques de la société absorbée.

Reprise des provisions et des subventions d’équipement


Les provisions figurant au bilan de la société absorbée qui conservent leur objet à la date de la
fusion ne sont pas réintégrées dans son résultat imposable.
La société absorbante doit reprendre à son passif les provisions dont l’imposition est différée
(Article 210 A 3 a du Code Général des Impôts). Les provisions transférées à la société
absorbante deviennent en principe imposables lors de leur reprise comptable par cette
dernière.

Provisions pour dépréciation :


Les provisions pour dépréciation conservent leur objet lorsque la valeur d’apport des éléments
d’actif non amortissables auxquels elles se rapportent n’excède pas le prix de revient de ces
éléments diminué des provisions correspondantes. A défaut, si la valeur d’apport d’un bien
excède son prix de revient diminué de la provision constituée par la société absorbée, la

34
provision doit être, à concurrence de l’excédent, réintégrée dans le résultat imposable de la
société absorbée.

Il existe des dérogations admises par l’administration :


(Documentation administrative 4 I-1242, 1er novembre 1995, n° 22)
(Instruction du 11 août 1993 BOI 4 I-1-93, n° 53).

Subventions d’équipement :
En principe, en cas de cession d’immobilisations financées totalement ou partiellement par
une subvention dont l’imposition est échelonnée conformément à l’article 42 septies du Code
Général des Impôts, la fraction de la subvention non encore rapportée aux résultats
imposables est imposable au titre de l’exercice de la cession. Normalement l’imposition se
fait chez la société absorbée. Toutefois, l’article 42 septies précité autorise l’imposition chez
la société absorbante si cette dernière s’engage dans le traité de fusion à procéder à procéder
elle-même à la réintégration ultérieure des subventions et si la fusion est placée sous le régime
de faveur.

Sort des déficits


La société absorbante, du fait de la fusion conserve sa personnalité morale. En principe, elle
conserve les déficits qui ont été générés par sa propre activité. Ce ne serait pas le cas si, par
exemple, la fusion se traduisait pour l’absorbante par un changement d’activité. Il est
important de préciser que sur ce point, qu’il s’agisse d’une fusion placée sous le régime
spécial ou d’une fusion placée sous le régime de droit commun, les conséquences sont
identiques.

Obligations déclaratives
En contrepartie de l'exonération des plus- values d'apport dégagées dans le cadre du régime
spécial des fusions, l'article 54 septies du CGI impose des obligations déclaratives aux
sociétés fusionnantes. En application de l’article 1763 du Code Général des Impôts, le non-
respect de ces obligations entraîne l’exigibilité d’une amende, non déductible du résultat
imposable de la société absorbante, égale à 5% des résultats omis.
Les obligations qui incombent à la société absorbante sont les suivantes :
- produire un état de suivi des plus-values d'apport en sursis d'imposition (Code Général des
Impôts, art. 54 septies I) ;
- tenir à la disposition de l'administration un registre spécial du suivi des plus-values sur
éléments non amortissables bénéficiant d'un report d'imposition (Code Général des Impôts,
art. 54 septies II).
Concernant l’état de suivi, il est précisé que la société absorbante doit joindre cet état à sa
déclaration de résultats de l’exercice de réalisation de la fusion. Pour les exercices ultérieurs,
la société absorbante doit produire l'état tant que les éléments auxquels est attaché un sursis
d'imposition subsistent à l'actif du bilan. Toutefois, pour ces exercices, cette obligation n'a pas
à être remplie lorsque la fusion a été réalisée sur la base des valeurs nettes comptables des
éléments apportés, à la condition que la valeur fiscale des éléments transférés soit reflétée par
leur valeur comptable.
En ce qui concerne le registre spécial, il est simplement ajouté les éléments recueillis dans le
cadre d'une fusion réalisée sur la base des valeurs nettes comptables n'ont pas à figurer sur le
registre lorsque ces valeurs correspondent aux valeurs fiscales.

35
12. ETAT DE SUIVI DES SURSIS ET DES REPORTS D'IMPOSITION
Nature de l'opération
D
- Fusions, apports partiels d'actif et scissions de sociétés -Apport d'une entreprise individuelle à une société D
(art. 210 A et 210 B du CGI) (art. 151 octies du CGI)

D D
- Echanges d'actions dans le cadre d'O.P.E., conversions de _ Echanges de titres d'O.P.C.V.M.
titres et remboursements d'obligations en actions (art. 38-5 bis du CGI)
(art. 38-7 du CGI)
- Echanges de titres résultant d'une fusion ou d'une scission
(art. 38-7 bis et 93 quater V du CGI) D
- Transformation en S.C.O.P.
(art. 210 D du CGI)
D
- Apports réalisés par les S.C.P.
(art. 151 octies A du CGI) D
Date de réalisation de l'opération:
Désignation (nom ou dénomination, adresse et n° sire!..,,) des personnes physiques et morales concernées (apporteuses.
bénéficiaires des apports. associées,.,,)
- Apporteur:
- Société bénéficiaire:

SUIVI DES VALEURS FISCALES DES BIENS NON AMORTISSABLES


Valeur fiscale Valeur Montant de la Montant de la Valeur d'échange
soulte ou d'apport des
BIENS NON AMORTISSABLES comptable soulte imposée (1)
éventuellement biens
reçue (1)
(1) (2) (4)
(3) (5)
Fonds commercial
Autres immobilisations
incorporelles
Terrains

Participations

Autres immobilisations
financières

(1) Ces colonnes ne sont a remplir que pour les opérations visées aux articles 38-5 bls, 38-7, 38-7 bis, 93 quater V et
151 octies A du CGI et les opérations visées à l'article 210 B du CGI lorsque la société apporteuse a reçu une soulte à
l'occasion d'un apport de titres assimilé à un apport de branche complète d'activité.

SUIVI DES PLUS-VALUES SUR BIENS AMORTISSABLES


Montant net des Durée de la Montant Montant Montant
plus-values période prévue antérieurement réintégré dans restant à
BIENS AMORTISSABLES
réalisées pour la réintégré le résultat de réintégrer
réintégration l'exercice
(1) (2) (3) (4) (5)
Brevets

Autres droits incorporels


Terrains servant à une
exploitation (carrières, sablières,
ardoisières ... )
Constructions
Installations techniques, matériel
et outillage industriels
Autres immobilisations
corporelles

TOTAL

36
13. Fusion et taxe sur la valeur ajoutée
En application de l’article 256 I du Code Général des Impôts, les apports en société,
notamment dans le cadre d’une fusion, entrent dans le champ d’application de la taxe sur la
valeur ajoutée. Normalement, lors d’une fusion, il conviendrait de soumettre à la TVA les
biens mobiliers apportés ainsi que certains immeubles. De plus, il serait nécessaire de
procéder à certaines régularisations de la TVA antérieurement déduite.
Toutefois, l’article 257 bis du Code Général des Impôts confère un caractère intercalaire à la
fusion au regard de la TVA. Il est précisé que l’article 257 bis du Code Général des Impôts
s’applique également aux apports partiels d’actifs et aux scissions.

Apports dispensés de taxe sur la valeur ajoutée

L’article 257 bis du Code Général des Impôts a légalisé depuis le 1er janvier 2006 l’option
offerte à chaque Etat membre de l’Union Européenne de ne pas taxer les livraisons de biens
résultant de la transmission d’une universalité totale ou partielle de biens.

Absence de régularisation de la taxe sur la valeur ajoutée antérieurement déduite

L’article 207 de l’annexe II au Code Général des Impôts distingue la régularisation globale
(par exemple en cas de revente d’un bien) des régularisations annuelles (variation de
l’utilisation d’un bien dans le temps)

1. Absence de régularisation globale


En principe, il y a lieu de procéder à une régularisation globale de la TVA
antérieurement déduite par une société en cas de cession d’une immobilisation non
soumise à la TVA intervenant dans un délai de régularisation égal à cinq ans (biens
meubles) ou vingt ans (immeubles) calculé à compter de son acquisition. Dans la
mesure où la cession de biens mobiliers d’occasion ayant ouvert droit à déduction de
la TVA est soumise à la TVA, la régularisation de TVA ne frappe en réalité que les
cessions d’immeubles dont tout ou partie de la TVA ayant grevé l’acquisition a été
déduite. Toutefois, la société absorbante est réputée continuer la personne de la société
absorbée. Dès lors, aucune régularisation globale de la TVA antérieurement déduite ne
sera à effectuer du fait de la fusion. Corrélativement, la société absorbante sera
soumise aux mêmes obligations que celles qui auraient incombé à la société absorbée
si cette dernière avait continué son activité : la transmission n’entraîne pas une remise
à zéro des délais de régularisation (instruction du 20 mars 2006 précitée, commentant
l’article 257 bis du Code Général des Impôts). En cas de cession d’un immeuble ayant
donné lieu à déduction de la TVA chez la société absorbée, le délai de vingt ans sera
décompté à partir de la date d’acquisition (par la société absorbée).

2. Maintien des éventuelles régularisations annuelles


La société absorbante devra procéder aux éventuelles régularisations annuelles de la
TVA auxquelles aurait été tenue la société absorbée si elle avait continué à exercer son
activité. A titre d’exemple, des régularisations annuelles doivent être effectuées par les
entreprises qui sont partiellement soumises à la TVA. Dans la mesure où la fusion est
réputée inexistante au regard de la TVA, ces régularisations annuelles devront être
pratiquées par la société absorbante si l’activité de cette dernière est partiellement
soumise à la TVA.

37
14. APPORTS - SCISSIONS - FUSIONS DE SOCIETES
OU CESSIONS D'ETABLISSEMENTS

Cotisation foncière des entreprises (CFE) et cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE)

La contribution économique territoriale (CET) est composée de deux éléments distincts : la


cotisation foncière des entreprises (CFE) et la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises
(CVAE). Pour la CFE, en matière d’apports, de scissions ou de fusions de sociétés les règles
applicables sont identiques à celles qui régissent les cessions d’établissements.

I - Les obligations déclaratives :


On doit distinguer deux cas :

1) Le changement d'exploitant se fait en cours d'année (exemple : fusion au 01/05/N).

La taxe afférente aux établissements apportés par la société absorbée reste due l'année
de l'opération pour l'année entière par la société absorbée. Elle est calculée sur les
éléments de l'année N-2.
Il convient de préciser que la réduction de la cotisation foncière des entreprises
prorata temporis appliquée en cas de cessation d'activité ne bénéficie pas à ces
opérations en raison de la poursuite de l'activité.
La société absorbée doit faire la déclaration de ce changement au service des impôts
avant le 1er janvier de l'année suivant celle du changement.
Pour les deux années suivantes, soit N+1 et N+2, la société absorbante est redevable
de la cotisation foncière des entreprises.
Elle sera imposable en N+1 et N+2 sur les bases correspondant aux éléments
imposables afférents à l'année N.
La société absorbante doit déposer une déclaration provisoire avant le 01/01/N+1.
Il en est ainsi même si la fusion rétroagit au 01/01/N. En effet, en matière de
cotisation foncière des entreprises, la clause de rétroactivité est non opposable à
l'administration

2) Le changement d'exploitant a lieu au 01/01/N

Pour l'année du changement N, la société absorbante est imposée sur les bases
relatives à l'activité de la société absorbée (bases correspondant aux éléments
imposables afférents à l'année N-2).
Pour les deux années suivantes, soit N+1 et N+2, les bases imposables de l'absorbante
sont calculées, en vertu des dispositions de l'article 1478-IV du Code Général des
Impôts, d'après les éléments afférents à l'année N.

38
II - La valeur locative minimum en cas de restructurations d'entreprises :
L'article 1518 B du Code Général des Impôts a pour objet d'éviter qu'à l'occasion de
restructurations, les collectivités locales ne subissent des pertes de matière imposable.
Calcul du "plancher" :

Date de l'opération Pourcentage PLANCHER


antérieure au 31/12/88 2/3 de la valeur locative globale retenue au titre de l'année
précédant l'opération
du 01/01/89 au 31/12/91 2/3 de la valeur locative globale retenue au titre de l'année
précédant l'opération
ou
85% de la valeur locative globale retenue l'année précédant
l'opération lorsque les bases des établissements
concernés par une opération représentaient la même
année plus de 20% des bases de taxe professionnelle
imposées au profit de la commune d'implantation.
du 01/01/92 au 31/12/92 80% de la valeur locative globale retenue au titre de l'année
même de l'opération
A compter du 01/01/93 80% de la valeur locative globale retenue au titre de l'année
(cas général) même de l'opération. La valeur locative plancher
s'apprécie par grandes catégories d'immobilisations
(terrains, constructions, E.B.M.)

De même, la valeur locative des immobilisations corporelles acquises à la suite


d’opérations de transmissions universelles de patrimoine réalisées à compter du 1er
janvier 2010 ne peut être inférieure à 80% de la valeur locative retenue l’année de
l’opération.
Par exception, le seuil de 80% est porté à 90% pour les opérations d’apports, de scissions,
de fusions de sociétés ou de cessions d’établissements réalisées à compter du 1er janvier
2006, ainsi que pour les opérations de transmissions universelles de patrimoine réalisées à
compter du 1er janvier 2010, lorsque ces opérations interviennent entre sociétés membres
d’un groupe fiscalement intégré. Le seuil est porté à 100% pour les opérations d’apports,
de scissions, de fusions de sociétés, de cessions d’établissements ou de transmissions
universelles de patrimoine réalisées à compter du 1er janvier 2010 (pour ce qui concerne la
CFE) ou du 1er janvier 2011 (pour ce qui concerne la taxe foncière), lorsque ces opérations
interviennent entre entreprises liées, c’est-à-dire lorsque, directement ou indirectement,
l’entreprise cessionnaire ou bénéficiaire de l’apport contrôle l’entreprise cédante, apportée
ou scindée ou est contrôlée par elle, ou que ces deux entreprises sont contrôlées par la
même entreprise.
En revanche, le seuil est ramené à 50% pour certaines opérations de reprise des actifs
d’une entreprise en difficulté réalisées à compter du 1er janvier 2005.
Par ailleurs, la valeur locative d’une immobilisation corporelle cédée à compter du 1er
janvier 2010 (pour ce qui concerne la CFE) ou du 1er janvier 2011 (pour ce qui concerne la
taxe foncière) et rattachée au même établissement avant et après la cession ne peut être

39
inférieure à 100% de son montant avant l’opération, lorsque cette cession intervient entre
entreprises liées au sens indiqué ci-dessus.

III – Incidences de la fusion sur la contribution foncière des entreprises :


Aux termes de l’article 1467 du Code Général des Impôts, il y a lieu de prendre en compte
pour la détermination de la contribution foncière des entreprises la valeur locative des
biens passibles d’une taxe foncière dont le redevable a disposé pour les besoins de son
activité professionnelle, autrement dit, des terrains, locaux ou bâtiments mis à disposition
de la société.
La jurisprudence a précisé la notion de biens dont le redevable a disposé. Le Conseil d’Etat
a posé pour principe qu’il s’agit des biens placés sous le contrôle du redevable et que celui-
ci utilise matériellement pour la réalisation des opérations qu’il effectue. Dès lors, une
société est imposable à raison de la valeur locative des biens immobiliers dont elle est
propriétaire mais également ceux dont elle est locataire, voire sous-locataire ou pris en
crédit-bail qu’elle utilise pour son activité professionnelle (C.E. 19 avril 2000, n° 172003,
SA Fabricauto-Essarauto RJF 5/2000 , n° 631).
Il est précisé que l’apport de locaux à usage commerciaux n’a aucune incidence au regard
de la fusion. Le calcul de la valeur locative n’est pas modifié.
Par contre, lorsque l’apport concerne des établissements industriels, la valeur locative
dépendra de la valeur d’apport.
Pour les fusions à la valeur réelle, la société absorbante sera imposable sur une valeur
locative supérieure si la valeur d’apport des immobilisations industrielles est supérieure à
la valeur brute chez la société absorbée.
Pour les fusions à la valeur nette comptable, la valeur locative des immobilisations
industrielles recueillies par la société absorbante sera donc inférieure à la valeur des
mêmes biens chez la société absorbée. Toutefois, cette valeur locative ne pourra être
inférieure au « plancher » (se conférer paragraphe précédant sur la valeur locative
minimum en cas de restructurations d’entreprises).
Précisions sur la notion d’établissement industriel : dans la majorité des cas l’établissement
industriel est une usine dans laquelle est exercé une activité industrielle au moyen
d’installations techniques et de matériel et outillage représentant des investissements
importants. La jurisprudence donne une définition plus large de l’établissement industriel :
sont des établissements industriels, les établissements dont l’activité nécessite d’importants
moyens techniques, non seulement lorsque cette activité consiste dans la fabrication ou la
transformation de biens corporels mobiliers, mais également lorsque le rôle des
installations techniques, matériels et outillages mis en œuvre est prépondérant. Dès lors, il
apparaît que les deux critères, importance des moyens techniques, d’une part, et, nature
industrielle de l’activité, d’autre part, ne sont pas cumulatifs. Si les moyens techniques sont
importants et jouent un rôle prépondérant dans l’exercice de l’activité l’établissement sera
qualifié d’industriel (quelle que soit l’activité exercée, y compris s’il s’agit d’une activité
de prestations de services). En conclusion, soit une entreprise exerce une activité
industrielle, soit elle exerce une activité qui se caractérise par l’importance et la
prépondérance des moyens techniques mis en œuvre (sans qu’il y ai pour autant
fabrication). Dans les deux cas, ces établissements seront qualifiés d’industriels.

40
IV – Incidences de la fusion sur la cotisation sur la valeur ajoutée des
entreprises :
Fusion par voie d’absorption :
En cas de fusion par voie d’absorption, la disparition des entreprises absorbées du groupe
économique ne peut avoir d’incidence sur le calcul du taux effectif de leur CVAE due au
titre de l’année de l’opération.
Il est rappelé que les effets rétroactifs des opérations de fusion et assimilées n’ont pas
d’incidence en matière de contribution économique territoriale. Ainsi, une entreprise
appartenant à un groupe économique qui est absorbée par une autre entreprise au cours
d’une année avec un effet rétroactif au 1er janvier de cette même année demeure redevable
de la CVAE au titre de l’année de l’opération et est toujours considérée comme
appartenant au groupe économique pour le calcul de son taux effectif d’imposition.
En cas de fusion-absorption, le taux effectif de CVAE d’une entreprise absorbée
appartenant à un groupe économique doit être calculé, si la somme des chiffres d’affaires
des entreprises membres (assujetties ou non à la CVAE) est supérieure ou égale à
7 630 000 €, à partir de la somme des chiffres d’affaires réalisés durant la période
d’imposition par les entreprises membres du groupe économique au 1er janvier de l’année
d’imposition.
Plafonnement en fonction de la valeur ajoutée :
L’insertion d’une clause de rétroactivité dans l’acte de fusion n’est pas opposable à
l’administration. Par conséquent, dans l’hypothèse où la date d’effet de la fusion est
rétroactivement fixée au 1er janvier de l’année de sa réalisation, la valeur ajoutée servant au
plafonnement de la taxe frappant les établissements apportés est celle réalisée par la société
absorbée du 1er janvier jusqu’à la date de réalisation définitive de l’opération.
Corrélativement, la société absorbante neutralisera cette valeur ajoutée lors du calcul de ses
propres droits à plafonnement.
Incidence du nouveau traitement du mali technique de fusion sur la CVAE :
Les charges d’amortissement pourront venir en diminution du montant du calcul de la
valeur ajoutée et, par conséquent, du montant de la cotisation. En effet, sont déduites du
calcul de la valeur ajoutée les dotations aux amortissements pour dépréciation afférents à
des biens donnés en location plus de 6 mois (ou en crédit-bail ou faisant l’objet d’un
contrat de location-gérance).
Ainsi, la société absorbante donnant en location, pendant toute la durée de l’exercice, un
immeuble apporté dans le cadre d’une fusion avec sa filiale, devrait également pouvoir
déduire du calcul de sa valeur ajoutée le montant correspondant à l’amortissement de la
quote-part du mali technique affecté audit immeuble, et ce quel que soit le régime fiscal
appliqué à la fusion ou à la transmission universelle de patrimoine.

41
15. Restructurations et droits d’enregistrement

Les formalités à accomplir dépendent de la nature de l'acte réalisé : actes préparatoires à


la fusion, notamment les projets de fusion, ou actes constatant la réalisation définitive de
la fusion.
Les actes préparatoires à la fusion, et notamment le projet (ou traité) de fusion, ont le
caractère d'actes imparfaits et sont soumis, en cas de présentation volontaire à la formalité
ou de rédaction en la forme notariée, au droit fixe prévu pour les actes innomés.
Lorsqu'il est rédigé en la forme notariée, le projet de fusion doit être obligatoirement
présenté à la formalité de l'enregistrement au service des impôts dans le ressort duquel
réside le rédacteur de l'acte, dans le délai d'un mois à compter de sa date.
Lorsque le projet de fusion est établi par acte sous seing privé, il peut être volontairement
présenté à l'enregistrement auprès du service des impôts compétent défini à l'article 652
du CGI.
Au regard des droits d'enregistrement, les fusions de sociétés sont susceptibles d'être
assujetties à deux régimes distincts :
- le régime de droit commun, qui découle purement et simplement de la nature de
l'opération : création d'une société nouvelle ou augmentation de capital ;
- le régime spécial, institué en vue de faciliter les regroupements et les restructurations
d'entreprises.

- le régime de droit commun


Le régime de droit commun qui n'est défini expressément par aucun texte formel est
d'application limitée.
Il concerne les opérations de fusion qui ne réunissent pas les conditions d'application du
régime.
Il en est ainsi, notamment :
- en principe lorsque la société bénéficiaire de l'apport n'est pas une société passible de
l'impôt sur les sociétés (voir toutefois art. 816 A, II du CGI)
- lorsque la société apporteuse n'est pas dissoute ;
- lorsque les apports ne sont pas rémunérés dans les conditions prévues à l'article 301 F
de l'annexe II au CGI.
Les droits à percevoir sont ceux qui sont exigibles sur les apports en société. Ils varient
donc suivant le caractère des apports (purs et simples ou à titre onéreux), selon la nature
des biens apportés et suivant qu'ils sont effectués à une société nouvelle ou à une société
préexistante.

- le régime spécial
Remarque préliminaire :
Les organismes sans but lucratif, et spécialement les associations régies par la loi du 1er juillet
1901, sont passibles de l'impôt sur les sociétés en vertu de l'article 206, 5 du CGI alors même
qu'ils ne perçoivent pas de revenus susceptibles d'être soumis à cet impôt. C'est pourquoi, il est
admis que le champ d'application du régime de faveur des fusions, scissions et apports partiels
d'actif en matière d'enregistrement est applicable à ces organismes bien qu'ils ne poursuivent pas
un but lucratif.

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Dispositions applicables à compter du 1er janvier 2019 :
Les actes constatant des fusions de sociétés et opérations assimilées relevant du régime spécial
sont enregistrés gratuitement.
Lorsqu’il en existe, les apports à titre onéreux sont soumis au régime suivant :
- La prise en charge du passif de la société apporteuse, par la société bénéficiaire des apports, ne
donne ouverture à aucun droit ;
- Les autres apports à titre onéreux (exemple : apport contre remise d’obligations) sont soumis
aux droits de mutation.
Les apports sont dits à titre onéreux lorsqu’ils sont rémunérés par un équivalent ferme et
actuel, définitivement acquis à l’apporteur et par conséquent soustrait aux risques sociaux (par
exemple : espèces, obligations ou, cas le plus courant, prise en charge par la société d’un
passif incombant à l’apporteur). Dans ce cas, l’associé ne fait pas une véritable mise sociale ;
son apport prend le caractère d’une vente faite à la société. Ces apports constituent en réalité
de véritables ventes.
Lorsqu’ils portent sur des immeubles, ou des droits immobiliers, les apports à titre onéreux
sont soumis à une taxation spécifique de 5%.
Ceux qui ont pour objet des biens autres que des immeubles sont soumis, quel que soit le
régime fiscal de la société qui les reçoit, aux droits de mutation ordinaires selon la nature des
biens ainsi apportés (fonds de commerce, droits sociaux, etc…).
- Les cessions de droits sociaux intervenant dans les conditions des articles 210 A et 210 B du
CGI sont par ailleurs expressément exclues du droit de vente d’actions ou de parts sociales
autres que de sociétés à prépondérance immobilière.
Dispositions applicables jusqu’au 31 décembre 2018 :
Auparavant, ces actes étaient soumis à un droit fixe de 375 € ou 500 € selon que le capital social
était inférieur ou non à 225 000 €.

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