Cours Matrices
Cours Matrices
Chapitre 8
Calcul matriciel
Pré-requis
□ Le corps K := R ou C.
□ L’espace vectoriel Kn .
□ Systèmes linéaires.
Objectifs
□ Savoir effectuer des opérations sur les matrices.
□ Savoir calculer les puissances, la transposée et le déterminant d’une matrice.
□ Savoir calculer l’inverse d’une matrice.
Sommaire
Séquence 1 : Définition et opérations sur les matrices 3
Généralités sur les matrices - Opérations simples sur les matrices - Produit de matrices.
Séquence 2 : Matrices particulières et inverse d’une matrice carrée 17
Matrices particulières - Inverse d’une matrice carrée.
Séquence 3 : Déterminant d’une matrice carrée 31
Déterminants - Calcul de l’inverse d’une matrice.
1
2
Chapitre 8 - Séquence 1
Définition et opérations sur les matrices
Notations
Dans toute la suite,
K désigne soit R, soit C,
n et p sont deux entiers naturels non nuls.
Considérons le système
2x1 + 3x2 + 2x3 = 1 L1
x + x2 + x3 = 3 L 2
1
3x1 + 8x3 = 8 L3
L1 : 2, 3, 2, L2 : 1, 1, 1 L3 : 3, 0, 8.
C’est ce que l’on appelle une matrice (tableau contenant des nombres réels ou complexes).
Définitions
On appelle matrice de taille n × p (ou matrice (n, p)) à coefficients dans K un tableau à n
lignes et p colonnes de la forme :
á ë
a11 a12 · · · a1p
a21 a22 · · · a2p
A := .. .. ..
. . .
an1 an2 · · · anp
3
Notations
On note Mn,p (K) l’ensemble des matrices de taille n × p à coefficients dans K.
Une matrice A ∈ Mn,p (K) peut aussi être notée A := (aij ) 1≤i≤n
1≤j≤p
En général, dans toute la suite, les matrices sont désignées par une lettre majuscule et
ses coefficients par la même lettre en minuscule. Par exemple, la matrice A ∈ Mn,p (K)
a pour coefficients aij , pour tous i ∈ J1; nK et j ∈ J1; pK.
Dans certains cas, on notera les coefficients d’une matrice A ∈ Mn,p (K), pour tous
i ∈ J1; nK et j ∈ J1; pK, par (A)ij .
Exercice 1.
Soient A et B les matrices définies par
Ü ê
Ñ é 1 × 6
1 −6 8 4
× 2i ×
A := 0 7 3 11 et B := .
4+i 3 ×
3 2 5 9
5 7+i ×
Vocabulaire
L’ensemble Mn,1 (K) est l’ensemble des matrices à n lignes et une colonne. Parfois
on les appelle matrices colonnes. Il s’agit des vecteurs de Kn écrits en colonne. En
particulier, cela signifie qu’un vecteur est une matrice particulière.
L’ensemble M1,p (K) est l’ensemble des matrices à une lignes et p colonnes. Parfois on
les appelle matrices lignes. Il s’agit des vecteurs de Kn écrits en ligne (sans virgule).
Pour A ∈ Mn,1 (K) (resp. A ∈ M1,n (K)) on note les coefficients, pour tout i ∈ J1; nK,
ai au lieu de ai1 (resp. a1i ).
4
Définitions : Matrices particulières
Soit A ∈ Mn,p (K).
Si n = p, on dit que A est une matrice carrée d’ordre n et Mn,n (K) est noté plus
simplement Mn (K). De plus, A peut être notée A := (aij )1≤i,j≤n .
Si n ̸= p, la matrice A est dite rectangulaire.
La matrice nulle de Mn,p (K), notée 0n,p ou simplement 0, est la matrice de taille
n × p dont tous les coefficients sont nuls.
Autrement dit, A := (aij ) 1≤i≤n ∈ Mn,p (K) est la matrice nulle si
1≤j≤p
Exemples
Ñ é
1 2 3
La matrice 4 5 6 ∈ M3 (R) est carrée.
7 8 9
Å ã
1 2 3
La matrice ∈ M2,3 (R) est rectangulaire.
4 5 6
Les matrices nulles de M32 (K), M33 (K) et M43 (K) sont
Ü ê
Ñ é Ñ é 0 0 0
0 0 0 0 0
0 0 0
0 0 , 0 0 0 et .
0 0 0
0 0 0 0 0
0 0 0
Exemples
Å ã Å ã
1+2 3i − 2i 3 − 1 3 i 2
= ,
6 22 i−i 6 4 0
Ñ é
Å ã 0 0
0 0 0
̸= 0 0 .
0 0 0
0 0
5
Exercice 2.
Å ã Å ã
2x + 3 5 −1 5
Soient les matrices A := et B := .
3 −2y − 4 3 5
Trouver (x, y) ∈ R2 tel que A = B.
Attention
On ne peut additionner que des matrices de mêmes tailles.
La matrice obtenue en effectuant la somme de deux matrices est de la même taille.
λ A := (λ aij ) 1≤i≤n .
1≤j≤p
6
Å ã
1 2+i 3
Soient γ := 3i et B := . Alors, on a :
4 2i 1 + 2i
Å ã Å ã
1 2+i 3 3i −3 + 6i 9i
γB = 3i = .
4 2i 1 + 2i 12i −6 −6 + 3i
Propriétés
Soient A, B et C trois matrices de Mn,p (K) et λ, µ ∈ K.
1. Propriétés de l’addition de matrices
(a) l’addition est commutative : A + B = B + A,
(b) l’addition est associative : A + (B + C) = (A + B) + C,
(c) l’addition admet 0n,p comme élément neutre : A + 0n,p = 0n,p + A = A,
(d) toute matrice admet un opposé : A + (−A) = 0n,p .
2. Propriétés de la multiplication par un scalaire
(a) la multiplication admet 1 comme élément neutre : 1 A = A,
(b) la multiplication est associative et commutative : λ (µ A) = (λµ) A = µ (λ A).
3. Distributivité entre l’addition et la multiplication
λ (A + B) = λ A + λ B et (λ + µ) A = λ A + µ A.
Exercice 3.
Dans chacun des cas suivants :
1) Déterminer la taille des matrices Ai et Bi pour i ∈ {1, 2}.
2) Lorsque cela est possible, calculer Ci pour i ∈ {1, 2}.
Å ã Å ã
1 0 2 1 2
a) A1 := , B1 := et C1 := 2A1 + 3B1 ;
2 0 1 2 3
Ñ é Ñ é
2i 0 1 −1
b) A2 := 1 − i 1 + i , B2 := 3i 2 et C2 := (1 + i)A2 − 2B2 .
1 1 0 0
3 Produit de matrices
On note C = AB.
7
Attention
Pour réaliser le produit AB, le nombre de colonnes de A doit être égal au nombre de
lignes de B. On gardera en tête que l’on a :
Ñ é
Calcul du coefficient c21 b11 b12
b21 b22
! Ñ é
a11 a12 a11 b11 + a12 b21 a11 b12 + a12 b12
=
a21 a22 a21 b11 + a22 b21 ×
8
Exemples – Produit de matrices
Ñ é
1 1 Å ã
0 1
Soient A := 2 3 et B := . Alors, on a
−3 −2
1 −1
Ñ é Ñ é Ñ é
1 1 Å ã 1 × 0 + 1 × (−3) 1 × 1 + 1 × (−2) −3 −1
0 1
AB = 2 3 = 2 × 0 + 3 × (−3) 2 × 1 + 3 × (−2) = −9 −4
−3 −2
1 −1 1 × 0 − 1 × (−3) 1 × 1 − 1 × (−2) 3 3
Ñ é
Å ã 0 1 2 4
1 2 3
Soient C := et D := −3 −2 5 6 . Alors, on a
4 5 9
1 1 1 1
Ñ é
Å ã 0 1 2 4 Å ã
1 2 3 −3 0 15 19
CD = −3 −2 5 6 =
4 5 9 −6 3 42 55
1 1 1 1
Exercice 4.
Pour chacune des matrices A et B ci-dessous calculer le produit AB lorsque cela est possible.
Å ã Å ã
2 −3 3 1 2
1) A := et B := .
−1 2 1 0 2
Ü ê
Å ã 1 2 3
1 2 3 4 5 6
2) A := et B := .
4 5 6 7 8 9
10 11 12
Remarque
Un vecteur x ∈ Kp étant une matrice particulière de Mp,1 (K), on peut effectuer le produit
d’une matrice A ∈ Mn,p (K) et de x. On obtient alors :
p
X
∀ i ∈ J1; nK , (Ax)i = ai1 x1 + ai2 x2 + . . . + aip xp = aik xk ,
k=1
et Ax ∈ Mn,1 (K).
Attention
Le produit de matrices n’est pas commutatif. Autrement dit, en général, on a AB ̸= BA.
AB = 0 n’implique pas A = 0 ou B = 0.
Il peut arriver que le produit de deux matrices non nulles soit nul. En d’autres termes, on
peut avoir A ̸= 0 et B ̸= 0 mais AB = 0.
AB = AC n’implique pas B = C. On peut avoir AB = AC et B ̸= C.
9
Exemples
Å ã Å ã
1 2 0 1
Soient A := et B := .
3 4 1 1
Å ã Å ã
2 3 3 4
Alors, AB = et BA = , donc AB ̸= BA.
4 7 4 6
Å ã Å ã
0 −1 2 −3
Soient A := et B := .
0 5 0 0
Å ã
0 0
Alors, AB = mais A ̸= 0 et B ̸= 0.
0 0
Å ã Å ã Å ã
0 −1 4 −1 2 5
Soient A := , B := et C := .
0 3 5 4 5 4
Å ã
−5 −4
Alors, AB = = AC mais B ̸= C.
15 12
Malgré les difficultés soulevées au-dessus, le produit vérifie les propriétés suivantes :
Proposition
Soient (q, r) ∈ (N∗ )2 , (A, A1 , A2 ) ∈ Mn,p (K)3 , (B, B1 , B2 ) ∈ Mp,q (K)3 , C ∈ Mq,r (K)
et λ ∈ K.
1. Le produit de matrices est associatif :
(AB)C = A(BC).
Remarque – Distributivité
Montrons la propriété de distributivité (A1 + A2 )B = A1 B + A2 B. On note :
aij (resp. αij ) les coefficients de A1 (resp. A2 ),
bij les coefficients de B,
dij les coefficients de (A1 + A2 )B.
Alors, la somme et le produit étant distributifs dans K, on obtient
p
X p
X p
X
dij = (aik + αik )bkj = aik bkj + αik bkj = (A1 B)ij + (A2 B)ij ,
k=1 k=1 k=1
Correction de l’Exercice 1.
1) A ∈ M3,4 (R), a23 = 3, a32 = 2, a14 = 4 et a24 = 11.
Ü ê
1 0s 6
3 2i 1 + i
2) B = .
4+i 3 2
5 7+i 2+i
Correction de l’Exercice 2.
®
2x + 3 = −1
Å ã
9
A=B ⇐⇒ ⇐⇒ (x, y) = −2, − .
−2y − 4 = 5 2
Correction de l’Exercice 3.
1) Impossible car A1 ∈ M2,3 et B1 ∈ M2 ;
Ñ é Ñ é Ñ é
−2 + 2i 0 −2 2 −4 + 2i 2
2) (1 + i)A2 − 2B2 = 2 2i + −6i −4 = 2 − 6i −4 + 2i .
1+i 1+i 0 0 1+i 1+i
Correction de l’Exercice 4.
ã Å
3 2 −2
1) A ∈ M2,2 (R) et B ∈ M2,3 (R) donc AB ∈ M2,3 (R) et AB = .
−1 −1 2
2) Produit impossible car A a 3 colonnes alors que B a 4 lignes.
Correction de l’Exercice 5.
p
X p
X p
X p
X
aik (b1kj + b2kj ) = aik b1kj + aik b2kj = aik b1kj + aik b2kj .
k=1 k=1 k=1 k=1
11
12
Chapitre 8
Feuille d’exercices : Séquence 1
Exercice 1.
Soient A et B les matrices définies par
Ü ê
Ñ é 1 × 6
1 −6 8 4
× 2i ×
A := 0 7 3 11 et B := .
4+i 3 ×
3 2 5 9
5 7+i ×
Exercice 2.
1) Donner la matrice A de taille 3 × 3 dont les coefficients aij sont donnés, pour tout
(i, j) ∈ {1, 2, 3}2 , par
aij := 2i − j.
2) Donner la matrice B de taille 4 × 4 dont les coefficients bij sont donnés, pour tout
(i, j) ∈ {1, 2, 3, 4}2 , par
bij := (−1)i+j .
Exercice 3.
1) Soient Å ã Å ã
1 −2 3 3 0 2
A := et B := .
4 5 −6 −7 1 8
Calculer A + B et 2A − 3B.
2) Soient Ü ê Ü ê
−4 1 3 0 5 −1 −3 0
1 0 0 1 −1 1 0 −1
A := et B := .
0 0 2 0 0 0 3 0
1 −2 6 5 −1 2 −6 6
Calculer A + B.
Exercice 4.
Å ã Å ã
x 5 y 7
Soient A := et B := .
0 2x −1 3y
ãÅ
2 4 12
1) Trouver (x, y) ∈ R tel que A + B = .
−1 16
Å ã
2 −5 −18
2) Trouver (x, y) ∈ R tel que 2A − 4B = .
4 −16
13
Exercice 5.
Soient Ñ é Ñ é
2 5 Å ã 0 −1 6
2 5+i
A := 3 6 B := C := 2 4 −2
4 − 2i 6
4 7 3 5 3
Ñ é
Å ã 2+i 5 0 Å ã
2 5 0 1−i
D := E := 3 6 3 − 2i F :=
3 6 3 1+i
4 1 + 3i 2
Ü ê
Å ã 2 5 0
2 5 0 3 3 6 3
G := H := I := −1 4 5 .
3 6 3 5 2 5 0
3 6 3
Déterminer tous les produits matriciels possibles pour les matrices ci-dessus, puis les calculer.
Exercice 6.
Pour toute matrice A ∈ Mn (K), on définit la trace de A, notée tr(A), comme étant la somme
des éléments diagonaux de A.
P
1) Redonner la définition de la trace d’une matrice en utilisant le symbole .
2) Montrer que, pour tous A ∈ Mn (K), B ∈ Mn (K) et pour tout λ ∈ K,
Exercice 7.
Å ã Å ã
1 −1 2 3
1) Soient A := et B := . Calculer AB.
1 −1 2 3
2) Que peut-on en déduire sur le produit de matrices ?
Exercice 8.
Å ã Å ã
1 2 a b
Soient A := et B := , où (a, b, c, d) ∈ R4 .
3 4 c d
Å ã
1 0
1) Déterminer a, b, c et d tels que AB = .
0 1
Å ã
1 0
2) Montrer que la matrice B obtenue vérifie BA = .
0 1
Exercice 9.
Soient (q, r) ∈ (N∗ )2 , A ∈ Mn,p (K), (B, B1 , B2 ) ∈ Mp,q (K)3 , C ∈ Mq,r (K) et λ ∈ K. Montrer
les propriétés suivantes :
1) A(B1 + B2 ) = AB1 + AB2 ;
2) (λA)B = A(λB) = λ(AB) ;
3) (AB)C = A(BC).
Exercice 10.
Soit A ∈ Mn (K). Montrer que
F := {x ∈ Kn | Ax = 0Kn }
14
est un sous-espace vectoriel de Kn .
15
16
Chapitre 8 - Séquence 2
Matrices particulières et inverse d’une
matrice carrée
4 Matrices particulières
Attention
Les notions de matrices diagonales et matrice identité n’ont de sens que dans le cadre des
matrices carrées.
La matrice Ñ é
1 0 0
D := 0 0 0
0 0 5
est diagonale (une matrice diagonale peut aussi avoir des coefficients diagonaux nuls).
La matrice identité est la même dans Mn (R) et Mn (C).
Voici par exemple les matrices identités de M1 (R), M2 (R), M3 (R) et M4 (R) :
Ü ê
Ñ é 1 0 0 0
Å ã 1 0 0
1 0 0 1 0 0
I1 := 1 , I2 = , I3 := 0 1 0 et I4 := .
0 1 0 0 1 0
0 0 1
0 0 0 1
17
Remarques
Pour deux entiers i et j, on définit le symbole de Kronecker par
ß
1 si i = j,
δij :=
0 sinon.
Alors,
la matrice identité de Mn (K) a pour coefficients δij : In = (δij )1≤i,j≤n .
si D := (dij )1≤i,j≤n ∈ Mn (K) est une matrice diagonale alors ses coefficients vérifient
dij = di δij ,
Proposition
1. Soit A ∈ Mn,p (K). Alors AIp = A et In A = A.
2. Si B ∈ Mn (K) est telle que, pour toute matrice A ∈ Mn (K), AB = BA, alors B = In .
Remarque
La proposition précédente signifie que la matrice In est l’unique élément neutre pour la
multiplication de matrices de Mn (K).
Exemples
Pour tout p ∈ N, (In )p = In .
Å ã
2 0
Pour A := , on a
−1 1
Å ãÅ ã Å ã Å ãÅ ã Å ã
2 2 0 2 0 4 0 3 2 0
2 4 0 8 0
A = = et A = AA = = .
−1 1 −1 1 −3 1 −1 1 −3 1 −7 1
Exercice 1.
Å ã
1 1
Soit A := . Calculer Ak pour k = 2, 3, 4.
0 2
18
Définitions : Matrice transposée et matrice adjointe
Soit A := (aij ) 1≤i≤n ∈ Mn,p (K).
1≤j≤p
1. On appelle matrice transposée de A la matrice de Mp,n (K), notée At , telle que pour
tous i ∈ J1; pK et j ∈ J1; nK,
(At )ij := aji .
2. On appelle matrice adjointe de A la matrice de Mp,n (K), notée A∗ , telle que pour
tous i ∈ J1; pK et j ∈ J1; nK,
(A∗ )ij := aji .
Remarque
Dans le cas où K := R, la matrice adjointe est simplement la matrice transposée.
Attention
Si la taille de A est n × p, la taille de At et de A∗ est p × n.
Exemples
Ñ é Ñ é
1 2 3 1 4 7
Pour A := 4 5 6 , on a At = A∗ = 2 5 8 .
7 8 9 3 6 9
Ñ é
1 + 2i 3 5 7
Pour A := 6 4 3+i 2 , on a
0 i 8 2 + 3i
Ü ê Ü ê
1 + 2i 6 0 1 − 2i 6 0
3 4 i 3 4 −i
At = et A∗ = .
5 3+i 8 5 3−i 8
7 2 2 + 3i 7 2 2 − 3i
Å ã
1 2 + 3i i
Pour A := , on a
2−i 3 −2i
Ñ é Ñ é
1 2−i 1 2+i
At = 2 + 3i 3 et A∗ = 2 − 3i 3 .
i −2i −i 2i
Exercice 2.
1) Donner les transposées des matrices suivantes :
Ü ê
Ñ é 1 0 0 0
Å ã 1 Å ã
1 2 1 2 3 8 3 0 0
A := , B := 2 , C := , D := .
−3 −4 2 3 −4 5 2 4 0
1
2 3 0 1
19
2) Déterminer la matrice adjointe pour chacune des matrices suivantes :
√
Üi ê
Ñ é
2
1
i 3i 1 √ 0 i3
A := 0 0 1 − 23 i , B := i −2 4 − 7i , C := .
4 0
8 − 6i 0 5
i2 3
Proposition
Soient q ∈ N∗ , A ∈ Mn,p (K) et B ∈ Mp,q (K). Alors,
(A∗ )∗ = A, (At )t = A,
(AB)∗ = B ∗ A∗ , (AB)t = B t At .
Remarque
1
Pour tout a ∈ K∗ , il existe un inverse , noté aussi a−1 , qui vérifie
a
aa−1 = a−1 a = 1.
AB = BA = In .
Attention
La notion de matrice inversible n’existe que pour des matrices carrées.
Toutes les matrices carrées n’admettent pas forcément de matrice inverse.
20
Å ã Å ã
1 2 1 −4 2
Soient A := et B := . On a
3 4 2 3 −1
Å ãÅ ã Å ã
1 1 2 −4 2 1 2 0
AB = = = In ,
2 3 4 3 −1 2 0 2
et Å ãÅ ã Å ã
1 −4 2 1 2 1 2 0
BA = = = In ,
2 3 −1 3 4 2 0 2
donc A est inversible et B = A−1 .
Définition
Soient n ∈ N∗ , p ∈ N et soit P ∈ K[X] donné par
p
ak X k ,
X
P (X) :=
k=0
Exemple
Å ã
3 2 2 0
Soient P (X) := X − X + 2X + 1 ∈ K[X] et A := . On a vu précédemment que
−1 1
l’on a Å ã Å ã
2 4 0 3 8 0
A = et A = ,
−3 1 −7 1
donc
ã Å Å ã Å ã Å ã Å ã
3 2 8 0 4 0 4 0 1 0 9 0
P (A) = A − A + 2A + I2 = − + + = .
−7 1 −3 1 −2 2 0 1 −6 3
Exercice
Ñ
3. é
3 2 −2
Soit A := −1 0 1 .
1 1 0
1) Soit P (X) := X 2 − 2X + 1. Calculer P (A) et en déduire l’égalité : −A2 + 2A = I3 .
2) Calculer B := −A + 2I3 .
3) En déduire que B est l’inverse de A.
Remarque
Si A est inversible, alors A−1 est inversible et (A−1 )−1 = A.
21
Proposition
Si A et B sont deux matrices de GLn (K), alors AB ∈ GLn (K) et (AB)−1 = B −1 A−1 .
Autrement dit, le produit de matrices inversibles est inversible.
Remarques
Soient A, B et C trois matrices de GLn (K). D’après la proposition précédente et les propriétés
du produit matriciel :
GLn (K) est stable pour le produit matriciel : AB ∈ GLn (K) ;
le produit matriciel est associatif : (AB)C = A(BC) ;
le produit matriciel admet In comme élément neutre : In A = AIn = A ;
tout élément de GLn (K) admet un inverse pour le produit matriciel :
AA−1 = A−1 A = In .
Ces propriétés font de GLn (K) muni du produit matriciel, un groupe (d’où l’appellation de
groupe linéaire). Cette notion sera abordée plus en détail en deuxième année.
Proposition
Une matrice A ∈ Mn (K) est inversible si et seulement s’il existe B ∈ Mn (K) telle que
AB = In ou BA = In et, dans ce cas, B = A−1 .
Remarque
Soient A ∈ Mn (K) et B ∈ Mn (K). Si AB = In on dit que A est l’inverse à gauche de B et
que B est l’inverse à droite de A.
La proposition précédente signifie que pour montrer que A est inversible, il suffit de montrer
qu’elle admet un inverse à gauche B ou bien un inverse à droite B. De plus, dans ce cas,
B = A−1 .
Exemple
Ñ é Ñ é
1 0 1 1 0 −1
Soient A := 2 1 1 et B := −2 1 1 . Alors,
0 0 1 0 0 1
Ñ éÑ é Ñ é
1 0 1 1 0 −1 1 0 0
AB = 2 1 1 −2 1 1 = 0 1 0 = In .
0 0 1 0 0 1 0 0 1
x = In x = A−1 Ax = A−1 b
Exemple
Le système linéaire
x1 + x3 = 1
2x1 + x2 + x3 = 0
x3 = 2
s’écrit Ax = b avec
Ñ é Ñ é Ñ é
1 0 1 x1 1
A := 2 1 1 , x := x2 et b := 0 .
0 0 1 x3 2
23
On remarque que la matrice A est celle de l’exemple précédent, on a
Ñ é Ñ éÑ é Ñ é
1 0 −1 1 0 −1 1 −1
A−1 = −2 1 1 donc x = A−1 b = −2 1 1 0 = 0 ,
0 0 1 0 0 1 2 2
d’où x1 = −1, x2 = 0 et x3 = 2.
Exercice 5. Ñé
3 2 −2
On rappelle que la matrice A := −1 0 1 vue précédemment a pour inverse
1 1 0
Ñ é
−1 −2 2
−1
A = 1 2 −1 .
−1 −1 2
Correction de l’Exercice 1.
On obtient Å ã Å ã Å ã
21 3 3 1 7 4 1 15
A = , A = , A = .
0 4 0 8 0 16
Correction de l’Exercice 2.
On a
Ü ê
Ñ é 1 8 5 2
Å ã 1 2
1 −3 0 3 2 3
At = Bt = 1 2 1 , Ct = 2 3 Dt =
, ,
2 −4 0 0 4 0
3 −4
0 0 0 1
On a
Ñ é Ñ é
−i
√ 0 8 + 6i −i Å i ã
∗ ∗ ∗ − 2 0 4 −1
A = − 3i 0 0 , B = −2√ , C = .
2 1 i 0 3
1 1 + 3i 5 4 + 7i
24
Correction de l’Exercice 3.
1) P (A) = A2 − 2A + I3 = 0 car :
Ñ éÑ é Ñ é
3 2 −2 3 2 −2 5 4 −4
A2 = AA = −1 0 1 −1 0 1 = −2 −1 2
1 1 0 1 1 0 2 2 −1
Ñ é
−6 −4 4
−2A = 2 −2
−2 −2 0
D’où
Ñ é Ñ é Ñ é Ñ é
5 4 −4 −6 −4 4 1 0 0 0 0 0
A2 − 2A + I3 = −2 −1 2 + 2 0 −2 + 0 1 0 = 0 0 0
2 2 −1 −2 −2 0 0 0 1 0 0 0
Donc −A2 + 2A = I3 .
Ñ é
−1 −2 2
2) B = −A + 2I3 = 1 2 −1 .
−1 −1 2
3) Comme A2 −2A+I3 = 0, alors −A2 +2A = I3 et donc A(−A+2I3 ) = I3 . Or B = −A+2I3 .
D’où AB = I3 et B est l’inverse de A.
Correction de l’Exercice 4.
On a Ñ éÑ é
1 0 2 1 0 −2
AB = 0 1 1 0 1 −1 = I3 .
0 0 1 0 0 1
Alors, A est inversible et A−1 = B.
Correction de l’Exercice 5.
Le système s’écrit : Ax = b où :
Ñ é Ñ é Ñ é
3 2 −2 x1 1
A = −1 0 1 , x = x2 et b = 2
1 1 0 x3 3
Ñ éÑ é Ñ é
−1 −2 2 1 1
−1
On a donc Ax = b ⇒ x = A b = 1 2 −1 2 = 2 .
−1 −1 2 3 3
La solution du système est donc :
25
26
Chapitre 8
Feuille d’exercices : Séquence 2
Exercice 1.
Pour chacune des matrices Ak , k ∈ {1, 2, 3}, ci-dessous, calculer
1) la transposée Atk ,
2) l’adjointe A∗k .
Ü ê
Ñ é
√i 5 2 + 3i 1/5
Å ã −2 0 3
2 −3i 3 0 8i + 2/3 πi√
A1 := , A2 := 0 4 −1 , A3 := .
i+4 2 2 −i 2 i−6 3
2 −1 2
0 3 8i −1
Exercice 2.
1) Trouver une matrice de M2 (R) dont la transposée soit son opposée.
2) Donner la matrice A (resp. B) de taille 2 × 3 dont les coefficients aij (resp. bij ) sont donnés,
pour tous i ∈ {1, 2} et j ∈ {1, 2, 3}, par
Exercice 3.
1) Soient (A, B) ∈ (Mn,p (K))2 . Montrer que (A + B)∗ = A∗ + B ∗ .
2) Soient q ∈ N∗ , A ∈ Mn,p (K) et B ∈ Mp,q (K). Montrer les propriétés suivantes :
a) (A∗ )∗ = A, c) (At )t = A,
b) (AB)∗ = B ∗ A∗ , d) (AB)t = B t At .
Exercice 4.
Å ã Å ã
0 1 1 0
1) Soient A := et B := .
1 0 0 0
a) Calculer (A + B)2 et A2 + 2AB + B 2 . Que peut-on en déduire ?
b) Calculer (AB)2 et A2 B 2 . Que peut-on en déduire ?
2) Soit n ∈ N∗ et soient A et B deux matrices de Mn (K) telles que AB = BA (on dit alors
que A et B commutent).
Montrer que (A + B)2 = A2 + 2AB + B 2 et (AB)2 = A2 B 2 .
Remarque
Plus généralement, on peut montrer que si deux matrices A et B de Mn (K) commutent,
alors la formule du binôme de Newton est vérifiée :
n
Ç å
n
(A + B)n = An−k B k .
X
k=0 k
27
Exercice 5.
Å ã
1 2
Soit A := .
0 1
1) Calculer A2 , A3 et A4 .
2) En déduire Ak pour tout k ∈ N.
Exercice 6.
Å ã Å n ã
2 0 n 2 0
Soit A := . Montrer, par récurrence, que pour tout n ∈ N, A = n .
1 1 2 −1 1
Exercice 7.
Å ã
1 1
Soit A := .
0 1
Å ã
n 1 n
1) Montrer, par récurrence, que pour tout n ∈ N, A = .
0 1
2) Peut-on utiliser la formule du binôme de Newton pour développer l’expression (A + I2 )n
pour n un entier naturel non-nul ? Justifier votre réponse.
3) Déterminer (A + I2 )5 .
Exercice 8.
Soient Ü ê Ü ê
1 0 0 0 0 1 0 0
0 1 0 0 0 0 1 0
A := et C :=
0 0 1 1 0 0 0 1
0 0 0 1 0 0 0 0
1) Montrer que C n = 0 pour tout n ≥ 4.
2) Montrer par récurrence que pour tout entier n ≥ 1, on a
Ü ê
0 0 0 0
0 0 0 0
An = I4 + .
0 0 0 n
0 0 0 0
Exercice
Ñ
9. é
0 0 1
Soit A := 1 0 0 .
0 1 0
1) Montrer que A3 = I3 .
2) Déterminer An pour tout n ∈ N.
Exercice 10.√
Å ã
1 −1 3
Soit A := √ . Calculer A3 . En déduire que A est inversible et donner A−1 .
2 − 3 −1
28
Exercice
Ñ
11.é
1 0 2
Soit A := 0 1 1 . Soit P := X 3 − 3X 2 + 3X − 1 un polynôme de K[X].
0 0 1
1) Montrer que P (A) = 0.
2) En déduire que A est inversible et déterminer A−1 .
Exercice 12.
Å ã
−1 −2
Soit A := . Soit P := X 2 − 3X + 2 un polynôme de K[X].
3 4
1) Calculer P (A). En déduire que A est inversible et calculer son inverse.
2) a) Factoriser le polynôme P .
b) Pour n ≥ 2, trouver a et b deux réels tels que
X n = (X 2 − 3X + 2)Q(X) + aX + b,
Exercice 13.
Soit A ∈ Mn (K) telle qu’il existe B ∈ Mn (K) vérifiant
AB = In + A + A2 .
Exercice 14.
1) Montrer que les deux matrices
Ñ é Ñ é
1 −3 −2 1 2 −1
A := −1 1 1 et B := −2 −4 1
−2 −1 0 3 7 −2
29
Exercice 15.
Soit θ ∈ ]−π; π]. On appelle matrice de rotation d’angle θ, la matrice Rθ ∈ M2 (R) définie
par Å ã
cos θ − sin θ
Rθ := .
sin θ cos θ
1) Donner les matrices de rotation d’angle 0, π2 , π
3
et π4 .
2) Vérifier que Rθt = R−θ .
3) Soit θ′ ∈ ]−π; π]. Calculer Rθ Rθ′ .
4) En déduire que Rθ est inversible et donner Rθ−1 .
Exercice 16.
Soient A ∈ GLn (K) et B ∈ GLn (K). Montrer que AB ∈ GLn (K) et que (AB)−1 = B −1 A−1 .
Exercice 17.
On pose Ñ é Ñ é
1 0 0 0 1 0
A := 0 1 0 et P := 0 0 1 .
1 −1 2 1 −1 1
1) Calculer P 3 − P 2 + P .
2) En déduire P −1 .
3) Calculer D := P −1 AP .
Exercice 18.
Déterminer à quelle condition une matrice diagonale est inversible et, dans ce cas, déterminer
son inverse.
Exercice 19.
Soit A ∈ Mn (K) inversible. Montrer que A∗ est inversible et (A∗ )−1 = (A−1 )∗ .
Exercice 20.
Soient P ∈ Mn (K) une matrice inversible et D ∈ Mn (K) une matrice diagonale.
1) Déterminer Dk , pour tout k ∈ N.
2) Soient A := P DP −1 et k ∈ N. Donner Ak en fonction de D et P .
30
Chapitre 8 - Séquence 3
Déterminant d’une matrice carrée
6 Déterminants
Exemple
Å ã
1 5
Pour A := , on a det A = 1 × 3 − 2 × 5 = −7.
2 3
Exercice 1.
Soit A ∈ M2 (K). Montrer que det A = det At .
ou
n
à j0 ∈ J1; nK fixé, (−1)i+j0 aij0 det Aij0
X
det A := (2)
i=1
où, pour tous (i, j) ∈ J1; nK2 , Aij ∈ Mn−1 (K) est la matrice carrée déduite de A en supprimant
la i-ième ligne et la j-ième colonne.
31
Vocabulaire
Utiliser la première formule (1) pour calculer le déterminant de A se dit développer
le déterminant de A selon la i-ième ligne.
Utiliser la deuxième formule (2) se dit développer le déterminant de A selon la
j-ième colonne.
Exemple
Ñ é
1 −2 4
On veut calculer le déterminant de A := 3 5 −1 .
2 6 −3
Si on développe selon la première ligne, on obtient :
1 −2 4
det A = 3 5 −1 =
2 6 −3
5 −1 3 −1 3 5
= (1)(−1)1+1 + (−2)(−1)1+2 + 4(−1)1+3
6 −3 2 −3 2 6
= (−15 + 6) + 2(−9 + 2) + 4(18 − 10) = −9 + 2(−7) + 4(8) = 9.
1 −2 4
det A = 3 5 −1 =
2 6 −3
3 −1 1 4 1 4
= (−2)(−1)1+2 + 5(−1)2+2 + 6(−1)3+2
2 −3 2 −3 3 −1
= 2(−9 + 2) + 5(−3 − 8) − 6(−1 − 12) = 2(−7) + 5(−11) − 6(−13) = 9.
1 −2 4
det A = 3 5 −1 =
2 6 −3
3 5 1 −2 1 −2
= (4)(−1)1+3 + (−1)(−1)2+3 + (−3)(−1)3+3
2 6 2 6 3 5
= 4(18 − 10) + (6 + 4) − 3(5 + 6) = 4(8) + 10 − 3(11) = 9.
On peut voir que, en développant selon n’importe quelle ligne ou colonne, on trouvera
toujours la même valeur, c’est-à-dire 9.
Exercice 2.
Calculer les déterminants des matrices suivantes :
Ü ê
Ñ é 0 −2 1 0
Å ã 2 1 1
3 2 3 0 2 0
A := , B := −1 0 1 , C := .
−1 4 2 1 5 −4
0 4 1
1 5 0 2
32
Propriétés
Soit A ∈ Mn (K). Alors :
1. Si une ligne (resp. une colonne) de A n’est constituée que de zéros, det A = 0.
2. Si deux lignes (resp. deux colonnes) de A sont égales, det A = 0.
3. Si l’on permute les lignes et les colonnes d’une matrice, la valeur du déterminant reste
inchangée : det At = det A.
4. det A∗ = det A.
Exemples
Å ã Å ã
1 2 3 4
Soient A := et B := .
0 0 3 4
Alors, on a :
det A = 1 × 0 − 2 × 0 = 0 et det B = 3 × 4 − 4 × 3 = 12 − 12 = 0.
Å ã Å ã
1 2i 1 3
Soient A := et B := = A∗ .
3 4 −2i 4
On a :
Remarque
Le dernier point de la proposition précédente montre que les opérations de la méthode de
Gauss appliquées au calcul du déterminant ne changent pas celui-ci.
Exemples
Å ã Å ã
1 2 3 4
Soient A := et B := .
3 4 1 2
On remarque que pour obtenir B on a permuté les deux lignes de A. On a :
det A = 1 × 4 − 2 × 3 = 4 − 6 = −2 et det B = 3 × 2 − 4 × 1 = 6 − 4 = 2,
33
donc det B = − det A.
Å ã Å ã
1 2 2 4
Soient A := et B := .
3 4 3 4
On remarque que pour obtenir B on a multiplié par 2 la première ligne de A. On a :
donc det B = det A. On utilise souvent ce type d’opérations élémentaires (qui sont
similaires à celles de la méthode de Gauss) pour faire apparaître des zéros sur une
ligne (ou colonne).
Méthode
Pour calculer un déterminant :
choisir une ligne (ou une colonne) qui a le plus de 0,
si cela est possible, augmenter le nombre de ces 0 par combinaisons linéaires sur les
colonnes (ou sur les lignes),
développer le déterminant selon cette ligne (ou colonne).
1 2 3 1 2 7
det(A) = 2 5 0 = 2 5 8 .
−1 0 4 −1 0 0
2 7
det(A) = (−1)3+1 (−1) = −(16 − 35) = 19.
5 8
Ü ê
1 2 3 4
1 1 1 1
Soit A := .
2 0 3 5
3 6 1 2
34
En effectuant les opérations
L2 ←− L2 − L1
L3 ←− L3 − 2L1
L4 ←− L4 − 3L1 ,
1 2 3 4 1 2 3 4
−1 −2 −3
1 1 1 1 0 −1 −2 −3
det(A) = = = 1 −4 −3 −3 .
2 0 3 5 0 −4 −3 −3
0 −8 −10
3 6 1 2 0 0 −8 −10
−1 −2 −3 −1 −2 −3
5 9
det(A) = −4 −3 −3 = 0 5 9 =− = −(−50 + 72) = −22.
−8 −10
0 −8 −10 0 −8 −10
1 2 3 4
L2 ←− L2 − L1
1 1 1 1
det(A) = L3 ←− L3 − 2L1
2 0 3 5
L4 ←− L4 − 3L1
3 6 1 2
1 2 3 4
−1 −2 −3
0 −1 −2 −3
= = −4 −3 −3 L2 ←− L2 − 4L1
0 −4 −3 −3
0 −8 −10
0 0 −8 −10
−1 −2 −3
5 9
= 0 5 9 =− = −22
−8 −10
0 −8 −10
35
Exercice 3.
Les matrices suivantes sont-elles inversibles ?
Ü ê
Ñ é 1 0 2 3
1 2 3 Å ã
i −1 2 i 3 6
A := 2 3 2 , B := , C := .
1 i 3 1 − i 6i 8
3 3 4
2i −1 3i 6i
où, pour tout (i, j) ∈ J1; nK2 , Aij ∈ Mn−1 (K) est la matrice carrée déduite de A en supprimant
la i-ième ligne et la j-ième colonne.
Exemples
Å ã
1 2
Soit A := . Alors,
3 4
A11 = (4), A12 = (3), A21 = (2), et A22 = (1).
Å ã
4 −3
On en déduit com(A) =
−2 1
Plus généralement, pour toute matrice A ∈ M2 (K), on a
Å ã Å ã
a b d −c
A := =⇒ com(A) = .
c d −b a
Ñ é
1 0 1
Soit A := 1 −i 1 . On a
1 3 −2
Ñ é
det(A11 ) − det(A12 ) det(A13 )
com(A) = − det(A21 ) det(A22 ) − det(A23 ) .
det(A31 ) − det(A32 ) det(A33 )
Or (à vérifier en exercice)
det(A11 ) = −3 + 2i, det(A12 ) = −3, det(A13 ) = 3 + i,
det(A21 ) = −3, det(A22 ) = −3, det(A23 ) = 3, ,
det(A31 ) = i, det(A32 ) = 0, det(A33 ) = −i
d’où Ñ é
−3 + 2i 3 3 + i
com(A) = 3 −3 3 .
i 0 −i
36
Proposition
Soit A ∈ Mn (K) telle que det(A) ̸= 0. Alors,
1
A−1 = (com(A))t .
det(A)
Exemples
ã Å
a b
Soit A ∈ M2 (K) donnée par A := et vérifiant det(A) ̸= 0, alors
c d
Å ã
−1 1 d −c
A = .
ad − bc −b a
Ñ é
1 0 1
Soit A ∈ M3 (K) donnée par A := 1 −i 1 .
1 3 −2
On a (à vérifier en exercice) det(A) = 3i ̸= 0, donc A est inversible et
Ñ é Ñ é
−3 + 2i 3 i 2 + 3i −3i 1
1 1 1
A−1 = (com(A))t = 3 −3 0 = −3i 3i 0 .
det(A) 3i 3
3+i 3 −i 1 − 3i −3i −1
Exercice 4.
Les matrices suivantes sont-elles inversibles ? Si oui, calculer leurs inverses.
Ñ é Ñ é
Å ã 2 1 0 1 1 1
2 1
A := , B := 0 2 2 , C := 0 1 0 ,
0 1
1 1 1 0 0 1
à í
Ñ é 1 0 2 3 1
1 2 2 0 3 0 3 2
D := 3 1 0 , E := 0 0 0 0 −3 .
1 1 1 0 0 1 1 0
1 −1 0 0 −2
Correction de l’Exercice 1.
On a
a b a c
det A = = ad − cb et det At = = ad − bc.
c d b d
D’où le résultat.
37
Correction de l’Exercice 2.
3 2
1) = 3 × 4 − (−1) × 2 = 12 + 2 = 14
−1 4
2)
2 1 1
0 1 −1 1 −1 0
−1 0 1 = 2 −1 +1
4 1 0 1 0 4
0 4 1
= 2 × (0 − 4) − 1 × (−1 − 0) + 1 × (−4 − 0) = −8 + 1 − 4 = −11
3)
0 −2 1 0
0 2 0 3 2 0 3 0 0 3 0 2
3 0 2 0
= 0 × 1 5 −4 − (−2) × 2 5 −4 + 1 × 2 1 −4 − 0 × 2 1 5
2 1 5 −4
5 0 2 1 0 2 1 5 2 1 5 0
1 5 0 2
3 2 0 3 0 0
= 2 × 2 5 −4 + 1 × 2 1 −4
1 0 2 1 5 2
Å ã
5 −4 2 −4 1 −4
= 2× 3× −2× +1×3×
0 2 1 2 5 2
= 28 + 66 = 94.
Correction de l’Exercice 3.
1 2 3
det(A) = 2 3 2 = −7 ̸= 0
3 3 4
Donc A est inversible.
i −1
det(B) = = i2 − (−1) = −1 + 1 = 0
1 i
Donc B n’est pas inversible.
1 0 2 3 1 0 2 0
1 0 2
2 i 3 6 C4←C4−3C1 2 i 3 0 3+4
det(C) = = = (−1) (−1) 2 i 3
3 1 − i 6i 8 3 1 − i 6i −1
2i −1 3i
2i −1 3i 6i 2i −1 3i 0
1 0 2 1 0 12
C3←C3− 23 C1 1 2 i 1
det(C) = 2 i 3 = 2 i 0 = (−1)1+3 = (−2 + 2) = 0
2 2i −1 2
2i −1 3i 2i −1 0
Donc C n’est pas inversible.
38
Correction de l’Exercice 4.
det(A) = 2 − 0 = 2 ̸= 0 donc A est inversible.
Å ãt Å ã
−1 1 1 0 1 1 −1
A = =
2 −1 2 2 0 2
det(B) = 2 ̸= 0 donc B est inversible.
Ñ é
0 −1 2
1
B −1 = 2 2 −4
2
−2 −1 4
39
40
Chapitre 8
Feuille d’exercices : Séquence 3
Exercice 1.
Calculer les déterminants suivants :
0 −2 1 0
2 1 1 1 2 1
3 2 2 0 3 0 2 0
D1 = , D2 = , D3 = −1 0 1 , D4 = −1 3 1 , D5 =
−1 4 −1 1 2 1 5 −4
0 4 1 2 4 1
1 5 0 2
Exercice 2.
Ü ê
1 2 3 4
2 3 4 5
1) Calculer le déterminant de .
3 4 5 6
4 5 6 7
2 3 1
2) Calculer 0 4 2 .
0 0 −2
Exercice 3.
1) Que vaut le déterminant d’une matrice diagonale ?
2) On dit qu’une matrice T ∈ Mn (K) est triangulaire supérieure si ses coefficients vérifient
tij = 0 si i > j. Que vaut le déterminant d’une matrice triangulaire supérieure ?
3) On dit qu’une matrice T ∈ Mn (K) est triangulaire inférieure si ses coefficients vérifient
tij = 0 si i < j. Que vaut le déterminant d’une matrice triangulaire inférieure ?
4) En déduire les déterminants des matrices suivantes :
â ì
Ü ê 1 0 0 ··· 0
Ñ é 1 0 0 0 0 2 0 ··· 0
2 3 1
2 3 0 0 .
.. . .. ..
A := 0 4 2 , B := , C := . .
i 6 3−i 0
0 0 −2 0 ··· 0 n − 1 0
4 5 7 i
0 ··· ··· 0 n
Exercice 4.
Å ã Å ã
1 2 2 1
Soient A := et B := .
3 4 3 4
1) Calculer det(A + B).
2) Calculer det(A) + det(B).
3) Que peut-on en déduire ?
41
Exercice 5.
Les matrices suivantes sont-elles inversibles ? Si oui, calculer leurs inverses.
à í
Ñ é Ñ é 1 0 2 3 1
1 1 1 1 2 2 0 3 0 3 2
A := 0 1 0 , B := 3 1 0 , C := 0 0 0 0 −3
0 0 1 1 1 1 0 0 1 1 0
1 −1 0 0 −2
Exercice 6.
On dit qu’une matrice U ∈ Mn (K) est unitaire (ou orthogonale si K = R) si U est inversible
et U −1 = U ∗ . Montrer que toute matrice unitaire U vérifie | det(U )| = 1.
Exercice 7.
Soit m ∈ R. Déterminer pour quelles valeurs de m les matrices ci-dessous sont inversibles :
Ü ê
Ñ 2
é m 0 1 2m
1 m m
1 m 0 0
A(m) := m m2 m et B(m) := .
0 2m + 2 m 1
1 0 m
m 0 0 m
Exercice
Ñ
8. é Ñ é
1 2i 3 1 −2 7
Soient A := 0 1−i 4 et P := 0 1 2 .
0 0 1+i 0 0 i
1) Donner det(A) et det(P ), puis justifier que P est inversible.
2) Calculer P −1 , puis P −1 AP .
3) En déduire An pour tout n ∈ N.
Exercice 9.
On considère le système
3x + y + z = 1
(S) x + 3y + 2z = 5
−x + 2y − 4z = 0
Exercice 10.
Résoudre les systèmes linéaires suivants :
3x + 2y + z = 1 x + 3y − z = 1
x + 3y + 2z = 0 et 2x + 6y − 3z = −6
2x + y + 3z = 1 x − y + 2z = 5.
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Exercice 11.
Pour toute A ∈ Mn (K), le polynôme PA de K[X] défini par
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