Université de Blida 1
Institut d’Architecture et
d’Urbanisme
COURS 06:
PROGRAMMATION
URBAINE
CONCERTÉE
PROGRAMMATION Dr. AOUISSI K. B.
ARCHITECTURALE Année universitaire:
(2025/2026)
ET URBAINE
SNA
T
PDA
U
POS?
Les échelles de la programmation
urbaine; La pyramide de programmation /
l’entonnoir de programmation / Outils
2
1/ LA NOTION DE
GOUVERNANCE URBAINE:
A/ Définition:
La gouvernance urbaine fait référence au système de gestion et de
prise de décisions qui régissent les villes et les zones urbaines. Elle
englobe l'ensemble des processus, structures, mécanismes, et
relations qui définissent la manière dont une ville est dirigée,
administrée et planifiée. La gouvernance urbaine implique la
collaboration entre divers acteurs tels que les autorités municipales,
les gouvernements locaux, les entreprises, la société civile, les
habitants, les organisations communautaires et autres parties
prenantes.
Elle vise à garantir une gestion efficace, inclusive, transparente et
participative des affaires urbaines, tout en prenant en compte les
besoins des citoyens, la durabilité environnementale, le
développement économique, la planification urbaine, l'infrastructure,
le logement, les services publics, la sécurité, la culture et d'autres
aspects qui façonnent la vie urbaine. La gouvernance urbaine cherche
à favoriser la cohésion sociale, à réduire les inégalités et à promouvoir
un développement urbain équilibré et durable.
3
B/ Gestion locale ou gouvernance locale:
Cette une « idiologie » de gouvernance locale apparait dans les années
60 aux Etats Unis d’Amérique dans les quartiers des noires qui ont été
marginalisés et expulsés de leurs habitations par les grandes
entreprises au profit de la réalisation des quartiers pour habitation de
haut standing pour les blancs, ces derniers ont présenté une
résistance, et ont demandé leurs implication dont ce qui concerne leurs
quartiers. La gouvernance urbaine c’est l’implication du citoyen en tant
que acteur et pas un simple utilisateurs pour le développement de sa
localité a travers des choix dans il doit faire face, c’est une culture
civique et un droit exercé par ces derniers, l’idée doit être nette d’en
bas (besoin de la société locale) et pas d’en haut (manipulation
politique centrale), les meilleurs exemples, c’est les Z.A.C (zone
d’aménagement concerté) en France qui fait appel au participations
des citoyens dans la construction de leurs quartiers a travers des
Workshops, des ateliers de vulgarisation.… etc.
C/ La participation :
C’est l’ensemble d’actions initiées par les autorités, qui permettent aux
citoyens d’exprimer leurs opinions et d’influencer la décision publique.
La participation publique varie dans son degré d’implication des
citoyens et renforce la cohésion sociale. Elle est ouverte pour tout le
monde « citoyens locales » et dans tous les domaines sauf «ce qui
concerne la sécurité et les cas disciplinaires ».
4
D/ Les gouvernances; Buttom-Up VS Up-
Down:
1- Cas d’une gouvernance verticale :
pouvoir centrale qui décide :
Décision centrale ---- Projette un projet (dans
un cadre juridique et politique) ------ Citoyen
------ simple utilisateur ------ Projet peut
devenir une greffe rejeté par la société ou il
ne va pas répondre aux vrais besoins de la
société ------ Echec du projet. (Exemple des
locaux commerciaux pour jeune implanté n’
importe où…).
2- Cas de gouvernance horizontale : la
vision est née d’en bas (les citoyens),
collectivité qui répond :
Besoin local ----- Lancement des variantes de
proposition ----- Information et Consultation
des Citoyens (à travers les ONG, les
associations des Workshops…) ----- Citoyen :
Acteur et responsable ----- le projet devient
une réponse DURABLE.
5
E/ Les formes de participation :
1- L’information : a travers des fiches publicitaires, des forums internet,
un journal local, bureau spécialisé auprès de la commune.
2- La consultation.
a. Les commissions consultatives.
b. Les audiences publiques.
3- Le conseil de quartier : Les O.N.G, les représentants des quartiers
etc.… .
4- La planification participative : chacun apporte son expérience du
citoyen aux spécialistes.
5- Les jurys des citoyens.
6- Les budgets participatifs.
7- La concertation : c’est une forme de négociation et de partenariat
entre l’élu et les citoyens pour assurer le fonctionnement l’entretien et
la responsabilité des citoyens vis-à-vis du projet.
6
F. Les difficultés de la mise en œuvre :
1- Le désenchantement : La participation citoyenne est considérée par
le citoyen comme un mécanisme comme tous les autres, initiés par les
pouvoirs locaux. C’est considéré comme une nouvelle machine qui ne
fonctionne pas.
2- La courte vue : Le citoyen se soucié de ses problèmes journaliers
alors il attend des réponses rapides.
3- La tradition : la vision traditionnelle des citoyens dans les projets,
issu des expériences vécus.
4- La technicité : il faut utiliser un langage accessible avec des termes
simple car ce n’est pas tout le monde qui est spécialiste, en plus ce
n’est pas tout le monde qui a le même niveau institutionnel.
5- La dispersion : c’est la différence idéologique au sein de la même
société ou les intérêts et profits personnels qui risquent de devisé
l’opinion public.
7
Le gestionnaire public qui se suffit aux plans d’actions élaborés par les collectivités
territoriales, sont voués à l’échec. Ils ne peuvent pas connaitre et comprendre les besoins et
les préférences des citoyens qu’il gouverne.
De cette manière, une nouvelle tendance devient nécessaire, une gestion en faveur de la
démocratisation pour mieux gérer et développer la ville ou la commune qui est l’unité de
base du territoire.
L’implication des habitants permet une meilleure adaptabilité des projets, mais aussi, 8
2/ L’IMPLICATION ET
L’INCLUSION DES
HABITANTS:
A/ L’habitant, l’appropriation et l’appartenance spatiale:
L'appartenance spatiale des habitants, c'est-à-dire le lien et la
connexion émotionnelle, culturelle et sociale qu'ils entretiennent
avec leur environnement géographique, revêt une grande
importance en urbanisme pour plusieurs raisons :
[Link]é et sentiment d'appartenance : L'appartenance
spatiale contribue à forger l'identité des habitants. Lorsque les
résidents se sentent liés à leur quartier, à leur ville ou à leur
région, cela renforce leur sentiment d'appartenance à une
communauté spécifique.
[Link]ésion sociale : Une forte appartenance spatiale favorise
la cohésion sociale en encourageant la solidarité et la
collaboration entre les habitants d'une même zone
géographique. Cela peut conduire à une meilleure9
[Link] civique : Les habitants qui se sentent attachés
à leur environnement sont souvent plus impliqués dans la vie
civique et politique de leur communauté. Ils sont susceptibles de
participer à des initiatives locales, des projets de
développement urbain, des activités bénévoles, etc.
[Link]élioration du bien-être : Une forte appartenance
spatiale peut contribuer au bien-être des habitants. Se sentir
connecté à son environnement peut réduire le stress, favoriser
le sentiment de sécurité et encourager un mode de vie plus
sain.
5.Développement durable : Lorsque les habitants se sentent
attachés à leur quartier ou à leur ville, ils sont plus enclins à
investir dans son développement durable. Cela peut inclure la
préservation des ressources naturelles locales, la promotion de
modes de transport écologiques et une participation active à la
création de quartiers durables.
En urbanisme, comprendre et encourager cette appartenance
spatiale peut guider les politiques et les aménagements urbains
pour créer des environnements qui répondent mieux aux
besoins et aux préoccupations des habitants, favorisant ainsi
des communautés plus dynamiques, résilientes et
10
épanouissantes.
Dans son ouvrage « la psychologie environnementale » Jeffrey Pfeffer
(1982) qui proposait d’évaluer six caractéristiques d’un édifice
construit pour mesurer le degré d’appropriation de l’espace par des
individus :
La taille du bâtiment ;
La qualité de l’espace sur le plan de la propreté, de la sécurité, de la
décoration ;
La flexibilité, soit la possibilité d’aménager l’espace de manière
souple ;
La structuration proprement dite de l’espace, soit la distance entre
départements, personnes et services ;
Le niveau d’intimité évalué en fonction de la portion d’espace dont
on dispose personnellement par rapport à celui partagé avec autrui ;
La localisation de l’édifice lui-même, soit le prestige du site, la
qualité du quartier où l’édifice est implanté, les facilités d’accès par
les transports en commun et la présence de parcs de stationnement
à proximité.
Ces propositions et le modèle de Pfeffer ont été exploités pour
mesurer la qualité de l’environnement dans sa relation à
l’appropriation de l’espace.
11
Schéma de
l’approche
environnemen
tale,
12
Appropriation de l’espace et identité selon enric pol (1987, 1996)
13
B/ L’implication des habitants dans la programmation urbaine:
Un exemple de projet urbain illustrant l'implication et la
concertation des citoyens est généralement lors d’intervention
sur un tissu existant. Intervenir sur l’existant est plus laborieux
et exigeant qu’un site d’intervention non urbanisé. Réussir
l’adaptabilité du projet et son appropriation par les habitants
nécessite les passage par plusieurs étapes pour favoriser la
participation citoyenne et l’implication de ces derniers :
[Link] initiale : La municipalité lance des
consultations publiques, des réunions de quartier ou des
sondages en ligne pour recueillir les avis, les idées et les
préoccupations des habitants concernant le projet (parc par
exemple). Cela peut inclure des questionnaires, des ateliers de
travail, des réunions ouvertes au public, des plateformes en
ligne, etc.
[Link] de conception participative : Des sessions de
travail collaboratives sont organisées où les résidents, les
urbanistes, les architectes paysagistes et d'autres parties
prenantes se réunissent pour discuter, échanger des idées et
esquisser collectivement des plans pour le projet (parc par
exemple). Les habitants peuvent exprimer leurs souhaits14
[Link]ésentation et rétroaction : Les concepts et plans
préliminaires sont présentés à la communauté lors de réunions
publiques ou via des plateformes en ligne pour recueillir les
commentaires, les suggestions et les ajustements nécessaires
en fonction des retours des habitants.
[Link] du projet : En prenant en compte les retours
et les recommandations des citoyens, une version finale du
plan est élaborée. Cette version intègre les aspects techniques
tout en respectant les souhaits et les besoins exprimés par la
communauté.
[Link] en œuvre et suivi : Une fois le plan approuvé, sa
mise en œuvre démarre. Un suivi régulier est assuré pour
évaluer la satisfaction des habitants, mesurer l'impact du
projet et apporter des ajustements si nécessaire.
Ce processus démontre l'importance accordée à la
participation citoyenne dans la prise de décision et la
conception d’un projet urbain, permettant ainsi une
gouvernance urbaine plus inclusive et collaborative.
15
3/ LA COORDINATION
ENTRE ACTEURS:
La coordination entre les différents acteurs impliqués dans un
projet urbain est cruciale pour sa réussite. Voici quelques raisons
clés pour lesquelles cette coordination est si importante :
1. Vision partagée : Les acteurs impliqués dans un projet
urbain, tels que les urbanistes, les architectes, les
gouvernements locaux, les résidents, les entreprises et les
organisations communautaires, ont souvent des objectifs
différents. Une coordination efficace permet de créer une vision
partagée du projet, alignant les intérêts et les aspirations de
tous les acteurs.
2. Optimisation des ressources : Une coordination adéquate
permet d'optimiser l'utilisation des ressources disponibles. Cela
inclut non seulement les ressources financières, mais aussi les
compétences, les connaissances, le temps et les matériaux.
16
3. Évitement des conflits et des retards : La coordination
réduit les risques de conflits entre les différentes parties
prenantes et contribue à minimiser les retards. Une
communication ouverte et régulière favorise la résolution rapide
des problèmes et des désaccords potentiels.
4. Meilleure intégration des solutions : La diversité des
perspectives apportées par les différents acteurs peut enrichir le
processus de planification urbaine. Une coordination efficace
permet d'intégrer ces diverses idées et expertises pour
concevoir des solutions plus complètes et adaptées aux besoins
de la communauté.
5. Durabilité à long terme : Une coordination efficace entre
les acteurs assure une meilleure prise en compte des aspects
durables du projet, en tenant compte des besoins actuels tout
en planifiant pour l'avenir.
6. Évaluation et suivi améliorés : Une collaboration étroite
facilite la collecte et l'analyse des données ainsi que le suivi des
progrès du projet, ce qui permet d'apporter des ajustements et
des améliorations tout au long du processus.
En somme, la coordination entre les acteurs est fondamentale
pour maximiser l'efficacité, la durabilité et la réussite d'un projet
urbain en prenant en compte les multiples dimensions sociales,17
LA PROGRAMMATION URBAINE CONCERTÉE DOIT
ASSURER UNE COORDINATION:
Acteurs
foncier Acteurs
de
Acteurs de gestion
branchement et des
d’alimentation, Acteurs
Acteurs de déchets,
de
gestion mobilité
des Acteurs spécialisé
risques suivant type du
projet, 18
La ville est un support, mais aussi un lieu de vie et de production et de
consommation,
19
3/ LES NOUVEAUX
PARAMETRES DE LA
PROGRAMMATION URBAINE
DURABLE; LES RESSOURCES
COMME ÉLÉMENTS DE
PROGRAMMATION
Cette approche transforme la
programmation urbaine : les ressources
deviennent des variables de
conception plutôt que des contraintes.
La question n'est plus « comment
construire malgré les ressources
existantes ? » mais « comment
organiser et transformer les ressources
existantes pour générer de la ville, de
l'équité, de la durabilité ? »
les travaux de Bernardo Secchi, l'un
des plus importants théoriciens urbains
italiens (1934-2014). Son approche
révolutionne la façon de concevoir les
ressources urbaines et territoriales, en
les considérant non pas comme des
consommables à utiliser puis à oublier,
mais comme des éléments vivants et
productifs à réutiliser, transformer et
revaloriser dans le projet urbain.
20
Programmer les ressources : du diagnostic à
l'action
La méthode Secchi commence toujours par
une exploration patiente et détaillée du contexte
territorial. Elle n'impose pas de solutions
prédéterminées, mais génère des scénarios
alternatifs fondés sur une compréhension profonde
des ressources existantes, des pratiques sociales et
des enjeux écologiques.
Cette approche transforme la programmation urbaine :
les ressources deviennent des variables de
conception plutôt que des contraintes. La question
n'est plus « comment construire malgré les ressources
existantes ? » mais « comment organiser et
transformer les ressources existantes pour générer de
la ville, de l'équité, de la durabilité ? »
21
En considérant les ressources comme des éléments de
programmation et non comme des consommables, la
méthode Secchi propose une réorientation
fondamentale de la pratique urbaine :
Fin de la logique expansionniste : renoncer à
l'illusion que la ville doit toujours croître
territorialement
Économie des ressources : mobiliser l'existant de
manière optimale plutôt que de chercher toujours du
neuf
Projet écologique : comprendre que la vraie
durabilité passe par la transformation intelligente de ce
qui existe
Justice sociale : en réutilisant les ressources
existantes plutôt qu'en créant des vides spéculatifs, on
peut préserver les capacités d'accueil urbain pour des
populations diverses
Cette méthode reste profondément actuelle face aux
défis contemporains de changement climatique,
d'artificialisation des sols et d'inégalités sociales dans 22
4/ CONCLUSION:
La programmation urbaine concertée et durable est
multiscalaire et s’applique essentiellement par;
A/ L’implication: L’habitant n’est pas considéré
comme simple utilisateur, mais à travers un
mécanisme d’implication à la décision renforce son
appartenance et son appropriation de l’espace
aménagé,
B/ La coordination: L’action urbaine par sa nature
pluridisciplinaire implique l’intervention de plusieurs
acteurs d’où la coordination et l’harmonisation entre
ces derniers devient primordiale pour éviter tout
chevauchement ou conflit d’intérêt entre acteurs,
C/ La Symbiose urbaine: Considérer toutes les
23
composantes notamment les ressources comme un