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Cours 05 (1) Programation

Le cours de programmation opérationnelle aborde les approches qualitatives en urbanisme, soulignant l'importance de traduire les objectifs stratégiques en projets concrets tout en mobilisant les ressources nécessaires. Il critique les limites des approches quantitatives, favorisant une urbanisation durable qui intègre la mixité sociale et fonctionnelle pour améliorer la qualité de vie. Enfin, il présente des modèles émergents comme la ville du quart d'heure, visant à rendre les services accessibles à proximité des résidences.

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Cours 05 (1) Programation

Le cours de programmation opérationnelle aborde les approches qualitatives en urbanisme, soulignant l'importance de traduire les objectifs stratégiques en projets concrets tout en mobilisant les ressources nécessaires. Il critique les limites des approches quantitatives, favorisant une urbanisation durable qui intègre la mixité sociale et fonctionnelle pour améliorer la qualité de vie. Enfin, il présente des modèles émergents comme la ville du quart d'heure, visant à rendre les services accessibles à proximité des résidences.

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Université de Blida 1

Institut d’Architecture et
d’Urbanisme

COURS 03:
PROGRAMMATION
OPÉRATIONNELLE
(PARTIE 2: LES
APPROCHES
QUALITATIVES)

PROGRAMMATION Dr. AOUISSI K. B.


ARCHITECTURALE Année universitaire:
(2025/2026)
ET URBAINE 1
1/ RAPPEL SUR LES
OBJECTIFS DE LA
PROGRAMMATION URBAINE
OPÉRATIONNELLE:

La programmation urbaine opérationnelle permet de :

 Traduire les objectifs de la programmation urbaine stratégique en projets


concrets ;
 Élaborer des programmes d'aménagement et de construction ;
 Mobiliser les ressources financières et humaines nécessaires à la réalisation
des projets.
La programmation urbaine stratégique et la programmation urbaine
opérationnelle sont donc deux étapes essentielles du processus d'aménagement
urbain. Elles permettent de garantir la cohérence et la durabilité du
développement urbain.

2
2/ LES LIMITES ET
LACUNES DES APPROCHES
QUANTITATIVES:
 Approche standard et qui manque de contextualisation,

 Des cas où les résultats qui s’éloignent de la réalité du terrain et qui s’écarte

des véritables besoins,

 Approche rigide, et manque de flexibilité,

 Approche avec une vision collectiviste et qui pénalise la personnalisation,

3
La
complexifica
tion de la
ville,

4
3/ LES METHODES
QUANTITATIVES COMME
APPORT DE L’URBANISME
DURABLE:
A/ Le développement durable:
L'idée de développement durable est née dans les années 1960, à la suite
de la prise de conscience croissante des limites de la croissance
économique et des impacts négatifs de l'activité humaine sur
l'environnement.
Une première étape importante a été la publication du rapport Meadows en
1972, qui a mis en garde contre les risques d'une croissance économique
non durable. Ce rapport a été suivi par la publication de nombreux autres
rapports et études, qui ont contribué à populariser le concept de
développement durable.
En 1987, la Commission mondiale sur l'environnement et le développement
a publié le rapport Brundtland, qui a défini le développement durable
comme « un développement qui répond aux besoins des
générations présentes sans compromettre la capacité des
générations futures à satisfaire les leurs ».

5
Ce rapport a été un tournant dans l'histoire du développement durable, car
il a permis de fixer un cadre conceptuel clair pour ce concept. Le rapport
Brundtland a également contribué à la diffusion du développement durable
au niveau international.
En 1992, la Conférence des Nations unies sur l'environnement et le
développement (CNUED), également connue sous le nom de Sommet de la
Terre, a été organisée à Rio de Janeiro. Cette conférence a été l'occasion de
ratifier la Convention-cadre des Nations unies sur les changements
climatiques et la Convention sur la diversité biologique, deux instruments
juridiques internationaux importants pour la promotion du développement
durable.
La CNUED a également adopté la Déclaration de Rio sur l'environnement et
le développement, qui réaffirme le principe du développement durable.
Cette déclaration a été suivie par l'adoption du Programme d'action 21, qui
est un plan d'action pour la mise en œuvre du développement durable.

6
B/ L’urbanisme durable:

L'urbanisme durable est une approche de l'aménagement des villes et des


territoires qui vise à concilier le développement économique, le bien-être
social et la protection de l'environnement. Il s'appuie sur les principes du
développement durable, qui sont les suivants :
 La durabilité environnementale :
Il s'agit de protéger l'environnement et de réduire l'impact des activités
humaines sur les ressources naturelles. Cela passe par la promotion de
l'énergie renouvelable, la réduction de la consommation d'énergie et d'eau,
la préservation des espaces naturels, etc.
 La durabilité sociale :
Il s'agit de créer des villes et des territoires qui répondent aux besoins de
tous les habitants, en particulier des plus vulnérables. Cela passe par la
promotion de l'inclusion sociale, l'accès à l'éducation, à la santé, au
logement, aux transports, etc.
 La durabilité économique : 7
L'urbanisme durable s'applique à toutes les échelles de
l'aménagement urbain, de la planification à l'échelle d'une ville ou
d'une région jusqu'à la conception d'un bâtiment ou d'un espace
public.
l'urbanisme durable est un domaine important car il offre de
nouvelles perspectives pour la conception des villes et des
territoires. Les architectes peuvent jouer un rôle important dans la
promotion de l'urbanisme durable en intégrant les principes du
développement durable dans leurs projets.
Le renoncement aux approches dites quantitative apportées par
l’urbanisme moderne, sont revue au profit d’approche dite
qualitative,

8
De la ville mobile à la ville durable

DensificatMixité
ion fonctionn
Mixité elle
Revue "Urbanisme", N° 330

sociale
Mobilité
La
résilience
douce
9
4/ LA DENSIFICATION
URBAINE:
La densification urbaine est une stratégie
d'aménagement urbain qui consiste à augmenter la
densité des populations et des activités dans les zones
urbaines existantes. Cette stratégie présente de
nombreux avantages notamment;
Une réduction de l'impact environnemental : la
densification urbaine permet de réduire la
consommation d'énergie et de ressources, car les
habitants sont plus proches de leurs lieux de travail, de
loisirs et d'achats. Elle permet également de réduire
les émissions de gaz à effet de serre, car les
déplacements sont plus courts.
Une amélioration de la qualité de vie : la
densification urbaine permet de créer des espaces
publics plus animés et plus sûrs, car il y a plus de
personnes présentes. Elle permet également de réduire
10
la pollution sonore et la congestion du trafic.
Amélioration de la qualité de l'air : Les villes
denses ont tendance à avoir une meilleure qualité de
l'air que les zones rurales. Cela est dû au fait que la
pollution de l'air est plus diluée dans les villes.
Une plus grande efficacité des services publics :
la densification urbaine permet de réduire les coûts des
services publics, tels que les transports en commun,
l'éducation et la santé. Elle permet également de
mieux desservir les populations vulnérables.
La construction de nouveaux bâtiments : il s'agit
de la forme la plus courante de densification urbaine.
Elle peut se faire sur des terrains vacants ou sur des
terrains occupés par des bâtiments existants par un
processus de recyclage de foncier ou également connu
par le concept de renouvellement urbain.
Amélioration de la desserte des transports en
commun : Les villes denses sont plus faciles à
desservir par les transports en commun. Cela permet
aux gens de se déplacer plus facilement et plus
efficacement. 11
Graphe de corrélation entre le nombre de voiture et la densité de population, (Newman
et al., 1989)

12
Graphe de
corrélation
entre la
consommatio
n
énergétique
et la densité
de
population,
(Newman et
al., 1989)

13
Relation
amis/voiture

14
5/ LA MIXITÉ SOCIALE:
La mixité sociale est un
principe d'urbanisme
qui vise à favoriser la
cohabitation de
personnes de
différentes origines
sociales, économiques,
culturelles et
générationnelles. Elle
est considérée comme
un élément important
de l'urbanisme durable
qui vise à l’inclusivité
des individus, car elle
présente de nombreux
avantages, notamment Julie Fanovard
: (2006)
15
Une réduction des inégalités : la mixité sociale
permet de réduire les inégalités sociales et
économiques, en favorisant l'inclusion et la cohésion
sociale. Elle permet également de réduire la
ségrégation spatiale, qui est souvent associée à la
pauvreté et à l'exclusion sociale.
Une amélioration de la qualité de vie : la mixité
sociale permet d'améliorer la qualité de vie de tous les
habitants, en favorisant le dialogue et la
compréhension entre les différentes communautés. Elle
permet également de créer des espaces publics plus
animés et plus sûrs.
Une plus grande résilience des villes : la mixité
sociale permet de renforcer la résilience des villes face
aux crises, en favorisant la solidarité et la coopération
entre les différents habitants. Elle permet également
de mieux faire face aux changements
démographiques, tels que le vieillissement de la
population.
La diversité des types de logements : il est 16
6/ DIVERSITÉ ET MIXITÉ
FONCTIONNELLE:
La mixité fonctionnelle en
urbanisme durable fait
référence à la planification et
à la conception des villes et
des quartiers de manière à
promouvoir un mélange
diversifié et équilibré des
activités, des usages et des
fonctions dans un même
espace urbain. Elle vise à
créer des environnements où
les habitants ont accès à
divers services, équipements
et emplois, réduisant ainsi la
nécessité de déplacements
longs et coûteux, tout en
favorisant la cohésion sociale,
la vitalité économique et la 17
durabilité environnementale.
Réduction des déplacements : En regroupant différentes
fonctions (résidentielles, commerciales, industrielles,
récréatives, etc.) dans un même quartier ou une même
zone urbaine, la mixité fonctionnelle réduit la dépendance à
l'égard de la voiture et encourage l'utilisation de modes de
transport alternatifs, tels que la marche, le vélo ou les
transports en commun.
Optimisation des ressources : En utilisant l'espace
urbain de manière polyvalente, la mixité fonctionnelle
permet une utilisation plus efficace des ressources
foncières, réduisant ainsi l'étalement urbain et la
consommation excessive de terres agricoles ou naturelles.
Vie communautaire renforcée : Elle favorise la création
de quartiers plus dynamiques et inclusifs, offrant aux
résidents la possibilité de travailler, vivre et se divertir dans
un même lieu. Cela encourage la diversité sociale et
culturelle, renforçant le tissu social et favorisant des
communautés plus résilientes.

18
Vitalité économique : La coexistence d'activités
économiques variées dans un même espace favorise
l'innovation, stimule l'entrepreneuriat local et crée des
opportunités d'emploi à proximité des lieux de résidence.
Durabilité environnementale : En réduisant les
distances parcourues pour les déplacements quotidiens, la
mixité fonctionnelle contribue à diminuer les émissions de
gaz à effet de serre et à préserver la qualité de l'air. De
plus, elle encourage l'utilisation efficace des infrastructures
existantes, comme les réseaux de transports en commun et
les services publics.
Amélioration de la qualité de vie : En offrant un accès
facile à divers équipements, espaces verts, commerces et
services, la mixité fonctionnelle contribue à améliorer la
qualité de vie des habitants en créant des quartiers plus
complets et plus conviviaux.

19
7/ LA RÉSILIENCE
URBAINE:
La résilience urbaine fait référence à la capacité d'une ville
à absorber, s'adapter et se réorganiser face aux chocs et
aux stress, qu'ils soient d'origine naturelle (comme les
catastrophes naturelles) ou d'origine humaine (comme les
crises économiques, sociales ou environnementales). Elle
exprime la capacité d’une ville ou d’un tissu urbain à
s’adapter aux chocs (transition et changement d’état) et
aux stress (manque de ressource)
Une ville résiliente est capable de faire face aux crises de
manière efficace, minimisant ainsi les perturbations dans
les services essentiels, l'économie, la société et
l'environnement.

20
Graphe explicatif de la résilience, (Marie Toubin et
al., 2012)

21
8/ EXEMPLE DE
PROGRAMMATION
URBAINE
OPÉRATIONNELLE PAR
APPROCHE QUALITATIVE;
La Roue de Madec est un concept développé par l'urbaniste
LA
françaisROUE DE
Philippe Madec dansMADEC:
les années 1980. Il s'agit d'un
outil méthodologique destiné à la conception et à
l'organisation spatiale des villes, mettant l'accent sur la mixité
urbaine et fonctionnelle. Cette approche vise à créer des
quartiers équilibrés et complets en termes d'usages, de
services et de fonctions.
Les composantes de la Roue de Madec :
La Radialité : La roue est organisée autour d'un axe central
qui représente souvent le cœur de la ville ou du quartier. Ce
point central est entouré de secteurs ou de zones
concentriques qui sont reliés à cet axe.
La Mixité fonctionnelle : Chaque secteur de la roue
correspond à une fonction spécifique (résidentielle,
commerciale, industrielle, loisirs, etc.). L'idée est de favoriser
la coexistence de ces fonctions différentes dans des 22
La Mobilité : Les voies de
circulation rayonnent depuis
le centre vers les zones
périphériques de la roue.
L'organisation de ces voies
vise à faciliter les
déplacements tout en évitant
la congestion et en favorisant
l'accessibilité à tous les
secteurs de la ville.
L'Équilibre : L'objectif
principal est d'atteindre un
équilibre entre les différentes
fonctions urbaines pour
éviter la ségrégation spatiale
et sociale. Cela permet de
créer des quartiers où les
habitants peuvent vivre,
travailler, se divertir et
accéder aux services sans
avoir à parcourir de longues
distances.

23
Le principe de proximité et de programmation
urbaine par la roue de Madec. 24
8/ L’ÉMERGENCE DE LA
VILLE D’UN QUART
D’HEURE, LA VILLE
COMPACTE ET LE T.O.D;
Trois modèles urbains émergents dominent les débats
contemporains en programmation urbaine et en
aménagement territorial : la ville du quart
d'heure (15-minute city), la ville compacte et
le Transit-Oriented Development (TOD). Bien que
tous trois cherchent à répondre aux défis de l'étalement
urbain, du changement climatique et de la qualité de
vie urbaine, ils diffèrent profondément par leurs
orientations stratégiques, leurs échelles d'intervention,
leurs modèles de gouvernance et leurs impacts
territoriaux. Une compréhension précise de leurs
particularités, intersections et tensions est essentielle
pour les urbanistes, architectes et programmateurs
engagés dans la conception de villes durables.
Ce développement offre une analyse systématique
comparant ces trois modèles selon 15 dimensions 25
Tableau comparatif des trois approches;

26
1. La Ville du Quart d'Heure : localisme comme
réponse à la mobilité subie:
La ville du quart d'heure est un modèle urbain où tous
les services essentiels sont accessibles à moins de
15 minutes à pied ou à vélo depuis le domicile.
Conceptualisée par Carlos Moreno, urbaniste franco-
colombien à Paris 1-Panthéon-Sorbonne, en 2015, cette
approche repose sur une critique radicale de l'urbanisme
automobile post-1950.
Moreno identifie six fonctions urbaines
indispensables qu'un habitant doit pouvoir accéder
localement : habiter, travailler, se nourrir (commerce), se
soigner, s'éduquer, et se divertir (culture, loisirs). Le
concept ne demande pas l'autarcie totale des quartiers
mais plutôt que ces six fonctions soient accessibles en
proximité, réduisant drastiquement la "mobilité subie" —
ces trajets épuisants et polluants domicile-travail ou vers
services distants qui structurent les villes modernes.
Historiquement, ce concept a accéléré son adoption
pendant la pandémie COVID-19 en 2020, lorsque les
confinements ont montré l'importance de pouvoir satisfaire
ses besoins à proximité immédiate. Anne Hidalgo, maire
de Paris, en a fait l'élément central de sa campagne de
réélection (2020-2021), générant une large publicité 27
internationale et l'adoption du modèle par Melbourne,
2. La Ville Compacte : densité qualitative et effet
d'agglomération
La ville compacte est un modèle urbanistique fondé sur
une densité résidentielle élevée combinée à une
mixité fonctionnelle, une qualité paysagère et une
organisation spatiale compacte. Conceptuellement,
elle puise ses racines dans les travaux de Jane
Jacobs (The Death and Life of Great American Cities,
1961), qui critiquait l'urbanisme zoning-based des années
1950 au profit d'une mixité urbaine créatrice d'interactivité
sociale et économique.
La distinction cruciale entre densité et compacité mérite
attention : la densité brute mesure simplement le nombre
de logements par surface, indépendamment de la forme
urbaine. La compacité, en revanche, qualifie le rapport
entre surfaces bâties et non bâties, la continuité des
tissus, la présence d'espaces publics attractifs et l'absence
de discontinuités urbaines.
Le modèle a reçu une forte impulsion aux Pays-Bas dans
les années 1980, quand les urbanistes des villes
néerlandaises ont délibérément favorisé une densification
urbaine qualitative autour de centralités traditionnelles,
générant des effets d'agglomération positifs :
innovation, créativité, rencontres informelles, accessibilité
économique. Des exemples comme Copenhague, Zurich
et Strasbourg démontrent que haute densité n'équivaut
pas nécessairement à mauvaise qualité de vie ; au
contraire, une compacité bien gérée peut engendrer des 28
3. Transit-Oriented Development (TOD) :
transports collectifs comme structurant
spatial
Le Transit-Oriented Development (TOD) est un
modèle de planification urbaine où la densité urbaine
et la mixité fonctionnelle sont concentrées
autour de nœuds de transports collectifs de
haute qualité (gares ferroviaires, BRT, tramways).
Originaire du mouvement New Urbanism et du
courant Smart Growth des années 1990-2000 en
Amérique du Nord, le TOD offre une alternative
théorique au sprawl urbain automobile en s'appuyant
sur un principe simple : si les transports en commun
offrent une bonne accessibilité, les gens choisiront de
vivre à proximité plutôt que de s'étaler.
Le TOD cible structurellement une zone de 800
mètres (10 minutes à pied) autour des stations
de transport, où la densité peut atteindre 40-60+
logements/hectare. Cette proximité gare est censée
générer un report modal : plutôt que de dépendre de
voitures individuelles, les habitants utilisent les 29
La ville du quart d'heure, la ville compacte et le TOD représentent trois
réponses distinctes aux défis de l'urbanisation contemporaine. La ville du
quart d'heure excelle pour créer proximité et réduire mobilité subie,
particulièrement en contextes urbains denses déjà existants. La ville
compacte offre un cadre stratégique d'efficacité territoriale, limitant
étalement tout en créant agglomération positive. Le TOD structure la
connectivité régionale efficace, mobilisant transports en commun comme
moteur de densification.
Plutôt que de défendre un modèle unique comme panacée, la
programmation urbaine sage reconnaît que articulation des trois —
compacité globale, TOD pour connectivité, 15-minute pour vie quotidienne
— génère des villes résilientes, équitables et attractives. Le choix dépend
fondamentalement du contexte géographique, historique, social et de
gouvernance locale : ce qui fonctionne à Paris n'est pas nécessairement
applicable à la banlieue automobile de Montréal ou à une ville moyenne
française en déprise démographique. L'urbanisme durable moderne est par
essence polycentrique et multi-échelle, refusant la monolithique pour
favoriser des montages urbains sophistiqués et contextualisés.

30
31
Dimension 15-minute City Ville Compacte TOD
Corridors
Échelle Quartier 1-2 km Métropole entière
régionaux
Proximité services 15 min à pied Modérée à élevée 10 min station
Densité Modérée 6/10 Très élevée 9/10 Très élevée 8/10
Mobilité
Pédestre/vélo Pédestre/TC Transport collectif
dominante
Planification
Gouvernance Décentralisée locale Multi-niveaux
métropolitaine

Compacité Homogène
Homogène local Linéaire corridors
urbaine métropolitain

Rejet automobile Partiel (réduction) Réduction Transfert TC


Technologie Secondaire Variable Variable
Environnement Intégration Préservation
Densification axe
naturel progressive sélective
En mise en œuvre Éprouvée (Pays- Éprouvée mais
Viabilité observée 32
9/ L’ENVIRONNEMENT
AU CENTRE DES
PRÉOCCUPATIONS
PROGRAMMATIQUES:
La programmation urbaine contemporaine se distingue
des approches classiques par une intégration
systématique et précoce du facteur environnemental à
chaque étape du processus. Cette évolution découle
des exigences du développement durable et de la
nécessité urgente de répondre aux défis climatiques,
notamment la formation des îlots de chaleur urbains et
l'érosion de la biodiversité. Contrairement aux
méthodes antérieures où l'environnement était
considéré comme un élément accessoire, les
démarches actuelles placent l'analyse écologique et
climatique en amont du projet, dès les phases de
diagnostic et de programmation. Cette transformation
repose sur une compréhension profonde des
interactions entre urbanisation, imperméabilisation des
sols, densification urbaine et réchauffement climatique 33
En parallèle, une analyse des continuités
écologiques selon la logique de la Trame Verte et
Bleue (TVB) permet d'identifier les réservoirs de
biodiversité et les corridors écologiques existants.
Cette infrastructure naturelle repose sur la
préservation et la restauration de réseaux permettant
à la faune et la flore de se déplacer, de s'alimenter, de
se reproduire et de se reposer. Les programmateurs
doivent cartographier les zones d'infiltration naturelle
des sols, les cours d'eau, les zones humides et les
secteurs boisés qui structurent l'équilibre hydrique et
thermique du territoire.
Cette contextualisation écologique amont
est obligatoirement documentée dans les
documents d'urbanisme : les Schémas de
Cohérence Territoriale (SCoT), les Plans Locaux
d'Urbanisme (PLU) et les documents de programmation
opérationnelle. En France, notamment, le Plan
National d'Adaptation au Changement
Climatique (PNACC) et les Schémas Régionaux
d'Aménagement, de Développement Durable et
34
d'Égalité des Territoires (SRADDET) fixent le cadre
CBS: Coefficient de Biotope par Surface; un outil de
régulation quantitative de la nature en ville

35
Le Coefficient de Biotope par Surface (CBS) constitue l'un
des outils les plus novateurs et contraignants introduits en
programmation urbaine contemporaine pour assurer la présence
effective de nature en ville. Pionnier depuis 1998, le CBS a été
adopté par de nombreuses collectivités françaises après son
intégration dans la Loi ALUR (Accès au Logement et Urbanisme
Rénové).
Le CBS se définit comme le rapport entre la surface
écologiquement aménagée (végétalisée ou favorable aux
écosystèmes) et la surface totale d'une parcelle. Il ne
s'agit pas simplement d'imposer un pourcentage d'espace vert
minimal, mais de définir une stratégie différenciée selon le
contexte urbain et le potentiel écologique de chaque site. Les
objectifs du CBS sont multiples :
Améliorer le microclimat et l'hygiène atmosphérique en
réduisant l'absorption de rayonnement solaire par les surfaces
minérales, ce qui limite directement la formation d'îlots de
chaleur.
Développer les fonctions naturelles des sols en préservant
leur capacité d'infiltration, ce qui recharge les nappes
phréatiques et régule le bilan hydrique urbain. Infiltrer les
eaux pluviales et alimenter les ressources
souterraines selon le principe de gestion de proximité.
Créer et revaloriser l'espace vital pour la faune et la flore,
en particulier en milieux urbains denses où les surfaces de pleine
terre sont limitées. 36
Le calcul du CBS emploie une formule simple mais
potentiellement complexe à l'application : surface
écologiquement aménageable divisée par surface
totale de la parcelle. Cependant, ce qui rend l'outil
puissant, c'est la possibilité de pondérer différentes
surfaces selon leur efficacité écologique. Une
surface de pleine terre végétalisée reçoit un coefficient
de 1,0 (efficacité maximale). Une toiture végétalisée,
selon qu'elle soit intensive ou extensive, peut recevoir
un coefficient compris entre 0,5 et 0,8. Une façade
végétalisée, un balcon verdoyiez ou des surfaces
alvéolées perméables reçoivent des coefficients plus
faibles (0,3 à 0,6), mais leur combinaison permet à un
promoteur ou à un maître d'ouvrage urbain d'atteindre
l'objectif CBS fixé par le PLU.
Cette flexibilité du CBS est essentielle en
environnement urbain dense où il n'est pas toujours
possible de préserver 30 à 40% de pleine terre. En
imposant une combinaison de solutions (toitures
végétalisées, façades, garde-corps végétalisés, pavés
poreux, espaces verts sur dalle), le CBS force les
37
projecteurs à "verdir" la ville en trois dimensions,
Limitation des ilots de chaleur urbain:
Les îlots de chaleur urbains (ICU) constituent l'un
des phénomènes climatiques les plus critiques et
visibles du changement climatique en milieu urbain.
Avec l'intensification des vagues de chaleur,
l'urbanisation croissante et la densification des villes,
les ICU ne sont plus une anomalie météorologique
marginale mais une réalité tangible affectant
des millions d'habitants et posant des enjeux
majeurs de santé publique, résilience urbaine et
sustainability. Contrairement à une vision
traditionnelle où l'urbanisme ignorait ces phénomènes,
la programmation urbaine contemporaine doit intégrer
la lutte contre les ICU comme orientation
stratégique fondamentale dès les phases amont de
conception des quartiers et des aménagements.
Un îlot de chaleur urbain (ICU) se définit
comme l'écart de température atmosphérique
entre un milieu urbain densément construit et
les zones rurales environnantes, particulièrement
manifeste la nuit. Contrairement à une perception
commune, ce phénomène n'est pas une création de
l'imagination mais une réalité mesurée
scientifiquement par des relevés thermométriques, des 38
Phénomène de l’ilot de chaleur urbain (ICU, en anglais UHI) 39
La ville de NEOM, la ville sans voiture, 40
Neom est un projet de ville nouvelle futuriste situé dans la province de Tabuk,
dans le Nord-Ouest de l'Arabie saoudite, s'étendant sur 170 km entre la mer 41
Rouge et des montagnes culminant à plus de 2 500 mètres.
Une ville qui se concrétise,

42

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