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Cycle de Rankine - Wikipédia

Le cycle de Rankine est un cycle thermodynamique endoréversible composé de deux transformations isobares et deux adiabatiques, inventé par William John Macquorn Rankine. Il se distingue du cycle de Carnot par sa réalisabilité technique et un rendement inférieur, bien qu'il soit plus efficace en pratique grâce à l'utilisation de liquides pour la compression. Des variantes comme le cycle de Kalina et le cycle de Hirn améliorent l'efficacité en utilisant des mélanges de fluides et des techniques de surchauffe.

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Le cycle de Rankine est un cycle thermodynamique endoréversible composé de deux transformations isobares et deux adiabatiques, inventé par William John Macquorn Rankine. Il se distingue du cycle de Carnot par sa réalisabilité technique et un rendement inférieur, bien qu'il soit plus efficace en pratique grâce à l'utilisation de liquides pour la compression. Des variantes comme le cycle de Kalina et le cycle de Hirn améliorent l'efficacité en utilisant des mélanges de fluides et des techniques de surchauffe.

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Cycle de Rankine

cycle thermodynamique

Le cycle de Rankine est un cycle thermodynamique endoréversible qui comprend deux isobares
et deux adiabatiques.

Diagramme entropique du cycle de Rankine avec l'eau comme fluide


de travail.

C'est le cycle qui se rapproche le plus du cycle de Carnot. Il se distingue de ce dernier par la
substitution de deux transformations isobares aux deux transformations isothermes, ce qui rend
possible sa réalisation technique.

Il fut inventé par William John Macquorn Rankine (1820-1872) qui lui donna son nom.

Description

Le cycle de Rankine est un cycle endoréversible1, c'est-à-dire que les seules irréversibilités
proviennent des échanges, ici de chaleur, avec l'extérieur. Au contraire, les transformations dites
fermées sont considérées comme réversibles.

Le cycle, parcouru dans le sens moteur, est composé des quatre transformations suivantes :

1→2 : compression adiabatique et réversible (isentropique) ;

2→3 : vaporisation isobare et irréversible ;

3→4 : détente adiabatique et réversible (isentropique) ;

4→1 : liquéfaction isobare et irréversible.

L'évaporation isobare du fluide peut être divisée en deux étapes successives : chauffe du liquide
de façon isobare uniquement puis évaporation isobare et isotherme.
Différence avec le cycle de Carnot

Le cycle de Carnot est un cycle idéal réversible qui, pour deux sources de chaleur données, est le
plus efficace. En réalité, les phases de compression, de détente et de condensation sont trop
délicates d'un point de vue technique. De plus, la notion de réversibilité des transferts de chaleur
et de travail implique des surfaces d'échanges infiniment grandes et des transformations
infiniment lentes qui ne sont pas réalisables en pratique2. Le cycle de Rankine, physiquement
réalisable, est le cycle thermodynamique qui se rapproche le plus du cycle de Carnot.

Dans le cycle de Rankine, contrairement au cycle de Carnot, la condensation est totale. La


compression qui suit nécessite un travail moindre car le fluide est sous forme liquide3. Cette
amélioration fait qu'une pompe, peu consommatrice d'énergie, peut être utilisée comme
compresseur et que le travail utile produit est plus important que pour le cycle de Carnot4.
Néanmoins, le surplus de chaleur nécessaire pour évaporer le liquide fait que le rendement du
cycle de Rankine reste inférieur à celui du cycle de Carnot.

Variantes

Cycle de Rankine organique


Article détaillé : Machine à cycle organique de Rankine.

Des moteurs utilisant l'alcool ou l'éther (au lieu de l'eau) furent développés dès 1825/1826 par
Thomas Hodward (et donc antérieurement aux travaux de Rankine). Vers 1850, Verdat Du
Trembley5 construit un moteur en cascade vapeur d'eau/éther pour des bateaux remontant le
Rhône6 et baptise ce procédé « à vapeur combinées ». Ce système équipa plusieurs navires pour
la navigation fluviale ou maritime.

En 1883, Frank Ofeldt fut le premier à développer un moteur Rankine n'utilisant pas l'eau comme
fluide de travail mais du naphta7. Cette innovation permit de contourner la réglementation
obligeant la détention d'une autorisation afin de pouvoir évaporer l'eau nécessaire aux machines
à vapeur, le naphta n'étant pas sujet à réglementation.

Les fluides organiques comprennent les alcanes, les alcanes fluorés, les éthers et les éthers
fluorés8.

Par la suite, l'utilisation de fluides organiques pour le cycle de Rankine a continué à se


développer et à faire l'objet d'études. Ses principaux avantages sont :

la possibilité d'utiliser une source chaude possédant une température plus faible grâce à la
température d’ébullition plus faible des fluides organiques ;
la diminution de la vitesse de rotation du turbo-générateur, de la pression et de l'usure grâce à
la masse molaire plus élevée des fluides organiques.

Ses applications9 se trouvent notamment dans la géothermie, la récupération de chaleur


industrielle et la production d'électricité à partir de biomasse. Fin 2015, la capacité installée dans
le monde et fonctionnant sur le principe de cette technologie représente environ 2.7 GW
électrique10.

Cycle de Kalina

Le cycle de Kalina est une variante du cycle de Rankine et une marque déposée (The Kalina
Cycle®) de la société Global Geothermal11. Le cycle de Kalina fut inventé dans les années 1980
par un ingénieur russe, Alexander Kalina, qui lui donna son nom. Il développa la première centrale
électrique basée sur cette technologie sous la tutelle du département de l'énergie des États-Unis
entre 1991 et 1997 à Canoga Park en Californie. Cette centrale d'essai fut en activité durant
8 600 heures et était capable de fournir 6,5 MW12.

L'originalité de ce cycle thermodynamique réside dans l'utilisation d'un mélange de deux fluides
comme fluide de travail. À l'origine, ce mélange était composé d'eau et d'ammoniac. Par la suite,
d'autres mélanges ont fait leur apparition13.

Comparé au cycle de Rankine traditionnel, cette innovation consiste en une variation de la


température lors des phases d'évaporation et de condensation du fluide auparavant isothermes.
L'efficacité thermique du cycle s'en trouve ainsi améliorée car la température moyenne lors du
gain de chaleur est plus élevée par rapport à celle d'un cycle de Rankine équivalent et la
température moyenne lors de la perte de chaleur est plus basse. Le gain d'efficacité, par rapport
au cycle de Rankine traditionnel, est estimé entre 10% et 50%14 en fonction de l'application. Plus
la température de la source de chaleur est basse, plus le gain d'efficacité par rapport au cycle de
Rankine est important.

Les centrales géothermiques situées à Húsavík en Islande, à Unterhaching et à Bruschal en


Allemagne mais aussi à Quingshui à Taiwan utilisent le cycle de Kalina. On le retrouve aussi dans
des applications de récupération de chaleur au Japon comme dans une aciérie de l'entreprise
Sumitomo Metal, dans la raffinerie de Fuji Oil dans la baie de Tokyo ou encore dans un
incinérateur de déchets de la ville de Fukuoka. Dans une moindre mesure, le cycle de Kalina fut
utilisé lors de l'exposition universelle de 2010 à Shanghai pour produire 50 kW à partir d'une
centrale solaire15.
Cycle de Hirn

Le cycle de Hirn se caractérise par une surchauffe en fin d'évaporation. Cette variante est le cycle
qui se rapproche le plus du fonctionnement d'un cycle eau-vapeur d'une centrale thermique16. En
plus de fournir un gain d'efficacité, la surchauffe diminue l'humidité de la vapeur nuisible aux
aubes de turbines.

Applications industrielles

Le cycle de Rankine réel est celui de la plupart des machines thermiques dites à combustion
externe actuellement utilisées : machines à vapeur et turbines à vapeur pour la propulsion de
bateaux, de sous-marins, ou pour la production d'électricité dans le sens moteur, réfrigérateurs,
climatiseurs et pompes à chaleur dans le sens inverse.

Références

1. Francis Meunier, Aide-mémoire : Thermodynamique de l'ingénieur : Énergétique - Changement


climatique, Paris, Dunod, 2009, 2e éd., 367 p. (ISBN 978-2-10-052103-6).

2. (en) H. Mullen-Steinhagen, « Carnot Cycle ([Link]


110&sn=7) [archive] », sur Thermopedia, 2 février 2011 (consulté le 26 juin 2013)

3. (en) H. Mullen-Steinhagen, « Rankine Cycle ([Link]


2/) [archive] », sur Thermopedia, 2 février 2011 (consulté le 26 juin 2013).

4. Jean-Noël Foussard, Edmond Julien et Stéphane Mathé, Thermodynamique : Bases et


applications, Paris, Dunod, 2010, 2e éd., 245 p. (ISBN 978-2-10-053078-6).

5. « Note sur la navigation sur le Rhône, du trembley ([Link]


[Link]/Pdf/PH-1954-04-017_08.pdf) [archive] »

6. « EntrepreneurCleantech ([Link] [archive] »

7. (en) « Organic Rankine Cycle ([Link]


p) [archive] », sur [Link] (consulté le 26 juin 2013)

8. (en) Bahaa Saleh et al., Gerald Koglbauer, Martin Wendland et Johann Fischer, « Working
fluids for low-temperature organic Rankine cycles », Energy, vol. 32,‎2007, p. 1210–1221
(DOI 10.1016/[Link].2006.07.001 ([Link]

9. « applications et acteurs ([Link]


[Link]) [archive] »

10. (en) Tartière, « ORC Market : A World Overview ([Link]


l) [archive] », sur [Link], janvier 2016 (consulté le 10 mars 2016)
11. (en) « Global Geothermal ([Link] [archive] », sur
[Link]/ (consulté le 26 juin 2013)

12. (en) « Kalina Cycle - History ([Link] [archive] », sur


[Link] (consulté le 26 juin 2013)

13. (en) « Kalina Cycle Power Plant ([Link]


[Link]) [archive] », sur [Link] (consulté le 26 juin 2013)

14. (en) « Kalina Cycle - Home ([Link] [archive] », sur [Link]

(consulté le 26 juin 2013)

15. (en) M. D. Mirolli, « Kalina Cycle power systems in waste heat recovery applications (https://
[Link]/magazine/articles/721-kalina-cycle-power-systems-in-waste-heat-
recovery-applications) [archive] », sur [Link], 6 août 2012 (consulté le
26 juin 2013)

16. Jean-Marie Monteil, Centrale à cycle combiné : Théorie, performances, modularité, Ed.
Techniques Ingénieur, p. 5

Voir aussi

Articles connexes
Machine à cycle organique de Rankine

Turbine à vapeur

Cycle de Brayton

Cycle de Kalina

Eau d'alimentation de chaudière

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