0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues10 pages

Sunshine

La schizophrénie est une affection psychiatrique complexe, caractérisée par une dissociation des fonctions psychiques, des symptômes variés et une évolution souvent invalidante. Sa prévalence est d'environ 1 % de la population, avec des débuts généralement avant 30 ans, et elle est associée à une mortalité accrue et à des comportements d'addiction. Les symptômes se classifient en trois dimensions : positive (délire et hallucinations), négative (appauvrissement affectif et social) et désorganisation (perte de cohérence entre cognition, émotion et comportement).

Transféré par

lotfionmed
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
3 vues10 pages

Sunshine

La schizophrénie est une affection psychiatrique complexe, caractérisée par une dissociation des fonctions psychiques, des symptômes variés et une évolution souvent invalidante. Sa prévalence est d'environ 1 % de la population, avec des débuts généralement avant 30 ans, et elle est associée à une mortalité accrue et à des comportements d'addiction. Les symptômes se classifient en trois dimensions : positive (délire et hallucinations), négative (appauvrissement affectif et social) et désorganisation (perte de cohérence entre cognition, émotion et comportement).

Transféré par

lotfionmed
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

by Sunshine

6- Les schizophrénies

1. Introduction-définition :
 Etymologiquement : Le mot schizophrénie du grec : schizen = couper et phren = cerveau, pensée.
 C’est une affection psychiatrique fréquente, généralement sévère, hétérogène, d’évolution prolongée
et invalidante, appartenant au groupe des psychoses chroniques, avec une symptomatologie variable
d’un patient à l’autre.
 La schizophrénie est définie par Bleuler en 1911 comme une dissociation des fonctions psychiques
avec perte de l’unité de la personnalité et sentiment de perte de l’intégrité corporelle, rupture de
contact avec la réalité (idées délirantes, hallucinations) et tendance à s’enfermer dans un monde
intérieur (repli autistique)
 La Symptomatologie est variable d’un patient à l’autre : plusieurs modes de début, plusieurs modes
évolutifs, plusieurs facteurs étiologiques, pas d’étiologie unique à ce jour.

2. Epidémiologie :
 La schizophrénie est un problème de santé publique, fréquent actuellement classe parmi les dix
maladies les plus invalidantes par l’OMS.
 Prévalence est estimé à 1 % de la population générale ;
 L’âge de début < 30 ans, la maladie débute généralement à la fin de l’adolescence ou chez l’adulte
jeune entre 15 et 25 ans. avec un second pic d’incidence concernant les femmes à 45-50 ans. (On note
cependant une diminution du risque de schizophrénie avec l’âge, plus rapidement chez les hommes
par rapport aux femmes)
 Le sex-ratio est assez équilibré.
 Parmi les 1ères causes d’invalidité ;
 Leur éthiopathogénie est multifactorielle (génétique (facteurs de vulnérabilité) , neurobiologique
(dysfonctionnement dopaminergique) , Socio-environnementale…)
 Mortalité 1,75 à 4 fois plus élevée, Durée de vie inférieure de10 ans par rapport à la population
générale ;
 Mortalité suicidaire : 10 % des décès ;
 Mortalité cardio-vasculaire : deux fois plus que la population générale ;
 30 à 40 % de comportements d’addiction (drogues…)

3. Les phases de développement de la schizophrénie :

Début brutal :
 Bouffée délirante aiguë polymorphe: c’est une éclosion brutale d’un délire polymorphe dans ses
thèmes et mécanismes avec des fluctuations thymiques, et angoisse, l’entrée dans une schizophrénie
qui évoluera par poussées entrecoupées d’intervalles libres ou alors évolution dès la fin de l’accès aigu
vers la chronicité.
 Manie ou dépression atypique : asyntonie, froideur affective, réticence, incohérence, bizarrerie,
agressivité.
 Fugue : motivation bizarre, fugue sous tendue par une activité délirante.
 Acte médico-légal : impulsion agressives ou meurtrières envers un membre de la famille, un voisin,
une personne célèbre pour échapper à un sentiment de persécution, de possession, d’ensorcellement.
 Automutilation : sans aucune motivation.
 Suicide : on ne retrouve aucune motivation compréhensible, mais qui peut s’expliquer par
l’envahissement angoissant des changements intérieurs.

Début progressif :
 Fléchissement scolaire : Baisse du rendement intellectuel, pas de contexte familial explicatif.
 Modifications des croyances : Engouement pour des activités ésotériques (magie, activités occultes,
ésotériques) pouvant s’accompagner de l’adhésion à une secte. Croyance à des phénomènes
surnaturels
 Modifications de l’affectivité : Isolement, opposition. Pensée allusive. Discours digressif. Présentation
bizarre. Hermétisme. Agressivité.
 Trouble des conduites (addiction, anorexie, errance pathologique) : Caractère immotivé, étrangeté

A ces débuts progressifs s’ajoute d’autres formes de trouble :


 Formes pseudo-névrotiques : elles ont en commun : la pauvreté du contact avec l’entourage, le
sentiment de vide et d’indifférence avec l’entourage, l’inquiétude démesurée vis-à-vis de situations
sans importance.
 Formes hypochondriaques et dysmorphophobiques : souvent des plaintes stéréotypées, peu sensibles
à la réassurance, souvent infiltrées de rationalisme morbide. Le contact reste distant, le
comportement est souvent bizarre avec un sentiment de modification corporelle.

Les signes cliniques de la schizophrénie en phase d’état :


Le diagnostic de la schizophrénie repose sur l’association de symptômes appartenant à trois grandes
dimensions : positive, négative et désorganisée.
La classification de la symptomatologie selon trois dimensions (positive, négative, désorganisée) qui est
proposée est le résultat d’analyses en composante principale à partir des échelles d’un large échantillon de
patients (exp : SANS et SAPS). L’idée est de mettre en évidence les facteurs dont chaque symptôme serait le
reflet. Cependant soulignons que le nombre de facteurs trouvés dépend de l’échelle utilisée

1. La dimension positive de la schizophrénie :


La dimension "distorsion de la réalité" regroupe l'essentiel des symptômes psychotiques, souvent aussi
appelés symptômes positifs. Elle correspond essentiellement au délire et aux hallucinations. Ils sont parfois à
l’origine de troubles du comportement et donc sont la cause principale d’admission à l’hôpital.
a) Les idées délirantes :
 Le délire du latin « délirare » signifiant « sortir du sillon »
 Il est défini comme la conviction inébranlable en une ou plusieurs idées fausses non conformes à
la réalité et non partagées par le groupe socioculturel
 Le délire, dans la schizophrénie, prend typiquement une forme dite « paranoide », concordante
avec la dissociation psychique : flou, peu structuré, plus ou moins riche et s'appauvrissant dans le
temps, avec une participation affective marquée par la froideur, le détachement.
 Délire chronique > 6 mois dans sa définition.
 Mode d’apparition : Variable :
o Peut s'instaurer brutalement sous la forme d'un épisode psychotique aigu
o Plus typiquement, I ‘instauration est subaiguë, sourde
 Se caractérise par :
o Thème
o Mécanisme
o Structure ou systématisation (degré d’organisation)
o L’Adhésion (réactivité).
o Retentissement émotionnel et comportemental
 Thèmes :
o La thématique délirante correspond à l’ensemble des idées du patient sur lesquelles porte
sa conviction délirante.
o Les thématiques peuvent varier à l’infini, être uniques ou multiples dans un même délire,
s’associer entre elles de façon plus ou moins logique.
o Chaque thème peut être trouvé dans plusieurs types de trouble psychiatrique.
o Persécution : thème principal et le plus fréquent
o Tous les thèmes peuvent s'illustrer (mégalomanie, mysticisme, ruine…) :
 la persécution (« on cherche à me nuire », « on agit contre moi »), entraînant
généralement une méfiance ou une hostilité.
 l’influence « une force a pris le contrôle de moi ».
 la référence « ce n’est pas par hasard que cela s’est produit : un message m’était
destiné ». Conviction délirante que les événements survenant autour de soi
(Actualité, décisions politiques, météo, sorties de films...) sont en référence
directe au contenu émotionnel et psychique de l'instant, ou qu'ils s'adressent
électivement à soi.
 la possession « un démon s’est emparé de mon corps ».
 la mégalomanie « mes pouvoirs me conduisent à mettre en oeuvre un grand
projet ».
 les convictions mystiques « j’ai une relation privilégiée avec Dieu, qui me guide ».
 l’hypocondrie « je suis atteint d’une maladie » alors qu’aucune maladie ne justifie
effectivement cette conviction.
 la négation d’organe « je n’ai ni poumon, ni foie ».
 Dysmorphophobie : impression que toute ou une partie de son corps est
étrangère, inhabituelle. Peut inclure un trouble de la reconnaissance de soi, où le
sujet passe de longs moments devant la glace (signe du miroir), un trouble de
l'identité sexuelle...
 Dépersonnalisation : altération globale de la perception de soi, où le corps paraît
totalement étranger, dévitalisé.
 Déréalisation : altération de la perception de l'environnement, qui paraît alors
irréel, onirique, hostile, étrange.
 Mécanismes
o Le mécanisme du délire correspond au processus par lequel le délire s’établit et se
construit.
o Il s’agit du mode d’élaboration et d’organisation du délire.
o Il existe 4 types de mécanisme à l’origine des idées délirantes :
 Interprétatif : Attribution d’un sens erroné à un fait réel
 Hallucinatoire : Construction d’une idée délirante à partir d’une hallucination
 Intuitif : Idée fausse admise sans vérification ni raisonnement logique en dehors
de toute donnée objective ou sensorielle
 Imaginatif : Fabulation ou invention où l’imagination est au premier plan et le
sujet y joue un rôle central
 Systématisation
o Le degré de systématisation évalue l’organisation et la cohérence des idées délirantes.
o Elles peuvent être « non systématisées » (ou « paranoïdes » ) si elles sont à thèmes
multiples (polymorphes),
o sans cohérence ni lien logique entre elles, c’est ce qu’on retrouve dans la schizophrénie
 Adhésion
o Elle correspond au degré de conviction attaché à ces idées, elle est variable mais peut être
élevée.
o Lorsque la conviction est inébranlable, inaccessible au raisonnement et aux critiques,
l’adhésion est dite « totale ».
o Lorsque l’adhésion est partielle, le patient est en mesure de critiquer son propre
délire,donc elle est fluctuante, avec des moments de critique.
 Participation affective
o Pauvre, inadaptée, quand la dissociation est majeure (détachement).
o Parfois intense, dans les schizophrénies à forte composante thymique (troubles schizo-
affectifs) ou hallucinatoire.
o Angoisse parfois très intense, notamment des manifestations de dépersonnalisation-
déréalisation, mais souvent tue et vécue intérieurement, pouvant mener à des actes auto-
ou hétéro-agressifs( le risque suicidaire et le risque de passage à l’acte hétéro agressif).
o La dangerosité pour soi-même ou pour autrui peut être la conséquence directe des idées
délirantes (échapper au complot, expier ses fautes, se venger d’un persécuteur).

b) Les hallucinations intrapsychiques :


 Les hallucinations intrapsychiques correspondent à un phénomène psychique, vécu dans la propre
pensée du patient sans manifestation sensorielle.
 Ces hallucinations ne présentent pas de caractère de sensorialité ni de spatialité ; elles sont
perçues comme des phénomènes intrapsychiques étrangers au sujet.
 La pensée prend alors une forme hallucinatoire avec des voix intérieures, des murmures
intrapsychiques. Le sujet souffrant de ce type d’hallucinations peut entendre ses pensées comme
si elles venaient d’autrui et a l’impression de vol, de divulgation, de divinement de la pensée, de
transmission de la pensée, de pensées imposées…
 Dans le phénomène d’écho de la pensée, le sujet entend ses propres pensées répétées à voix
haute, comme renvoyées par un écho.
 Ces phénomènes sont aussi appelés « perte de l’intimité psychique ».

2. La dimension négative (déficitaire) de la schizophrénie :


 Le syndrome négatif regroupe les signes cliniques qui traduisent un appauvrissement de la vie
psychique.
o l’émoussement des affects : L’émoussement des affects absence d’émotions dans
l’expression du visage qui ressemble en permanence à un masque, et dans l’intonation de
la voix. Le regard est fixe, le corps parait fige et le sourire rare. Donne une impression de
froideur, de détachement et d’indifférence.
o l’anhédonie : A « sans », Hédonisme « plaisir »
L’anhédonie désigne : Apparente absence de plaisir manifeste ; Indifférence par
rapport aux activités considérées comme procurant du plaisir comme manger
interagir avec les autres.
o l’alogie : A « sans », et logos « mots » (diminution de l’expressivité verbale) : Pauvreté du
discours « réponses brèves non élaborées », barrages, augmentation des latences de
réponses.
Le discours est alors laconique, son contenu pauvre et manquant de mobilité. Il est
éventuellement stéréotypé, répétitif, ou laisse apparaître une persévération. Les
réponses, retardées, sont peu informatives. Le barrage correspond à une
interruption brusque, en apparence immotivée, du langage. Le fading désigne un
simple ralentissement du débit verbal, tous deux semblent traduire une possibilité
de suspension ou d'arrêt imprévisible et inexplicable de la pensée.
o l’asociabilité : La vie relationnelle est pauvre. Le sujet manifeste peu d’affection pour ses
proches même s’il en est très dépendant. Il ne cherche pas le contact d’autrui il n’établit
pas de liens, ni superficiels ni intimes. Son isolement va souvent croissant avec les années.
o l’avolition : A « sans » et volition « acte de volonté de choix ou de décision » (diminution
de la motivation) : avec négligence corpo vestimentaire, le sujet n’a pas d’initiative
motrice et une réduction marquée de l’activité.
o L’apragmatisme est une incapacité à entreprendre et planifier des actions. Au maximum,
le patient peut rester assis ou au lit (clinophilie) à ne rien faire en permanence, jusqu’au
point de négliger son hygiène (incurie).
 Il est important de savoir aussi que les signes négatifs de la schizophrénie sont parfois dus à des
facteurs extrinsèques comme les effets secondaires des médicaments, l’institutionnalisation
prolongée.
 Ils peuvent être aussi une conséquence des symptômes psychotiques (ainsi les idées délirantes de
persécution peuvent expliquer une réclusion), ou dépressif.

3. La dimension désorganisation de la schizophrénie :


 Le syndrome de désorganisation correspond a la perte de l’unité psychique entre cognition,
émotion et comportement
Altérations  discours diffluent (elliptique, sans idée directrice)
du cours de  des propos décousus, parfois incompréhensibles. Le sens des phrases est obscur,
la pensée le discours est hermétique et la pensée impénétrable.
 On retrouve également des barrages (brusque interruption du discours, en pleine
Cognitif
phrase, suivie d’un silence plus ou moins long) et un fading (ralentissement du
discours et réduction du volume sonore).
Altérations  La pensée du patient désorganisé ne repose pas sur des éléments de logique
du système communément admis:
logique ou  l’ambivalence (tendance à éprouver ou à manifester simultanément deux
illogisme sentiments opposés à l’égard d’un même objet),
 le rationalisme morbide (logique incompréhensible, raisonnement a partir
d’arguments ne reposant sur aucun élément de réalité),
 le raisonnement paralogique (qui s’appuie sur des intuitions, des mélanges
d’idées, des analogies).
 une altération des capacités d’abstraction (interprétation des propos au premier
degré que l’on peut évaluer par exemple en demandant la signification de
proverbes).
 On retrouve ici essentiellement le phénomène d’ambivalence affective ou
discordance ideoaffective qui s’exprime par la coexistence de sentiments et
d’émotions contradictoires.
Affectif
 L’ambivalence se manifeste aussi par l’expression d’affects inadaptés aux
situations, par des sourires discordants et des rires immotivés témoignant de
l’incohérence entre le discours et les émotions exprimées.
 La désorganisation comportementale est le reflet de l’absence de relation entre
les différentes parties du corps, entre les pensées et le comportement et il ne
semble pas dirigé vers un but :
o Hyperactivité motrice stéréotypée, stéréotypies gestuelles ;
o Présentation insolite ;
o Comportement bizarre comme collectionner des objets ;
Comportemental
o Conduites sexuelles inattendues, désinhibition exhibitionnisme ;
o Agressivité et hostilité imprévisibles.
 On retrouve :
o un maniérisme gestuel : mauvaise coordination des mouvements ;
o des parakinésies : décharges motrices imprévisibles, paramimies (mimiques
qui déforment l’expression du visage).

4. Autres symptômes
 Altérations des fonctions cognitives: fréquentes (environ 70 %) et souvent sévères dans la
schizophrénie. D’un point de vue qualitatif, les domaines cognitifs reconnus les plus altères sont
les fonctions exécutives, la mémoire verbale, la mémoire visuo-spaciale, la mémoire de travail,
l’attention sélective, la vitesse de traitement de l’information et la cognition sociale.
L’évolution de la schizophrénie est émaillée de symptômes et parfois de véritables syndromes
thymiques. Les symptômes dépressifs peuvent être plus ou moins continus
 La dépression post-psychotique, syndrome dépressif complet survenant alors que la
symptomatologie schizophrénique est très atténuée, lors d’une phase résiduelle, toucherait 25%
des sujets. Les tentatives de suicide sont alors fréquentes.
 Les troubles du sommeil, peu spécifiques et souvent en relation avec les autres symptômes
pathologiques comme une insomnie prolongée, une inversion du rythme nycthéméral sont
souvent rencontrés.
 Les conduites alimentaires bizarres, expliquées par des convictions délirantes, hyperphagie plus
ou moins liée aux médicaments et au mode de vie, peuvent retentir sur l’état physique du patient.

4. Diagnostic positif
Le diagnostic de schizophrénie est clinique et Il faut que les critères suivants soient remplis :
 Sur une association de symptômes
 D'évolution chronique >6 mois
 Retentissant sur le fonctionnement individuel
 A l'exclusion d'autres étiologies, notamment organiques.

Critères diagnostiques selon le DSM5


A. Deux (ou plus) des symptômes suivants sont présents, durant une période d’un mois (ou moins quand
ils répondent favorablement au traitement). Au moins l’un des symptômes (1), (2) ou (3) doit être
présent :
1. Idées délirantes.
2. Hallucinations.
3. Discours désorganisé (p. ex. déraillements fréquents ou incohérence).
4. Comportement grossièrement désorganisé ou catatonique.
5. Symptômes négatifs, (p. ex. diminution de l’expression émotionnelle, ou aboulie).
B. Le niveau de fonctionnement dans un domaine majeur tel que le travail, les relations interpersonnelles
ou l’hygiène personnelle est passe d’une façon marquée en dessous du niveau atteint avant le début
du trouble
C. Les signes persistent depuis au moins 6 mois durant les quels symptômes répondant au critère A
doivent avoir été présents pendant au moins un mois ou moins en cas de traitement efficace;
D. Il ne s’agit pas d’Un trouble schizoaffectif, ou dépressif, ou un trouble bipolaire avec manifestations
psychotiques
E. N’est pas induit par une AMG ni a une substance donnant lieu à abus ni a un médicament
F. Si Autisme dans l’enfance, le dg de schizophrénie est surajouté en présence des délires et des
hallucinations ainsi que des autres symptômes de sx
 Les sous-types de schizophrénie ont été éliminés du DSM- 5 et ont été remplacés par une évaluation
dimensionnelle des symptômes ; ceci étant le changement le plus important concernant la
schizophrénie dans le DSM-5. Ce changement représente une simplification.

5. Diagnostic différentiel :

Trouble psychotique dû à une affection médicale générale


Certaines affections médicales générales peuvent se manifester par des idées délirantes et des hallucinations :
 Neurologiques (épilepsies, tumeurs cérébrales, encéphalite herpétique, chorée de Huntington,
neurolupus, encephalite a anticorps anti-neuronaux, etc.).
 Endocriniennes (dysthyroidie, altération de l’axe corticotrope, etc.).
 Métaboliques (maladie de Wilson, Niemann-Pick type C, etc.).
 Infectieuses (neurosyphilis, SIDA, etc.).

Intoxication par une substance psychoactive :


 Intoxication aiguë ou chronique au cannabis.
 Symptômes liés à l’intoxication par amphétaminiques et autres (anticholinergiques, LSD,
kétamine,phencyclidine, etc.).
 Sevrage (alcool, sédatifs hypnotiques)
 Effets secondaires de médicaments prescrits (stéroïdes, L-dopa, isoniazide et de nombreux autres)
 Métaux lourds (plomb, mercure)

Pathologies psychiatriques :
 Trouble de l’humeur avec caractéristiques psychotiques : Les symptômes psychotiques apparaissent
exclusivement au cours de périodes de perturbation de l’humeur.
 Trouble schizo-affectif : Pendant au moins deux semaines des signes psychotiques en l’absence de
signes thymiques
Un épisode thymique contemporain des symptômes de la phase active de la schizophrénie
Les signes thymiques doivent être présents pendant une période substantielle de la durée totale de la
maladie en phase active ou résiduelle
 Trouble schizophréniforme : Ancienne bouffée délirante aigue, symptomatologie ne répondant pas au
critère de durée < 6 mois
 Trouble psychotique bref : Durée d’évolution des symptômes < à un mois.
 Trouble délirant : Ancienne psychose paranoïaque délire bien systématisé et à mécanisme
essentiellement interprétatif.
 Les troubles du neurodéveloppement

6. Evolution et pronostic :
 La schizophrénie est une pathologie chronique cependant l’évolution peut être continue sans véritable
période d’amélioration voire même aggravation progressive ou bien épisodique :
 20 à 25% évolution favorable.
 50 à 60% des patients grâce à une médication neuroleptique continue pourront avoir une bonne
stabilisation.
 5 à 15% aggravation malgré un traitement bien conduit
 La schizophrénie est associée à une diminution de l’espérance de vie. La mortalité des personnes
souffrant de schizophrénie est 2 à 3 fois plus élevée que celle de l’ensemble de la population, en raison
principalement de comorbidités parmi lesquelles les maladies cardiovasculaires figurent en tête.
 La prise en charge globale de la santé des patients souffrant de schizophrénie dont l’accès aux soins
est généralement limite doit donc être multidisciplinaire (médecin généraliste, psychiatre,
endocrinologue, etc.).
 Le suicide est également un des facteurs expliquant la mortalité plus importante de cette population
puisque 5 % des patients souffrant de schizophrénie décèdent par suicide.
 Eléments de bon pronostic :
 Sexe féminin ;
 Personnalité pré morbide adaptée ;
 Un environnement favorable ;
 Des facteurs déclenchant manifestes ;
 Un début tardif et aigue ;
 Un tableau clinique polymorphe et de durée brève ;
 Un traitement antipsychotique précoce et Une bonne observance ;
 Un bon fonctionnement entre les épisodes ;
 Antécédents familiaux de troubles de l’humeur et non de schizophrénie.

7. Comorbidités :
1/comorbidités somatiques :
 C’est la règle et non l’exception. Elles sont souvent ni identifiées ni traitées et sont responsables : de
l’augmentation des coûts pour le système de santé, de la diminution de la qualité de vie et du
fonctionnement des patients ainsi que l’augmentation du taux de mortalité et la diminution de la
longévité par rapport à population générale.
Comorbidité Schizophrénie Population générale
Maladie Cardio-vasculaire Jusqu’à 50 % 22%
VIH Jusqu’à 15 % 8%
Diabète de 3 à 6% 0,30%
Hépatite C Jusqu’à 19,9 % Jusqu’à 19,9 %
Maladie hépatique Jusqu’à 9,3 % 0,20%
 Fréquence donc élevée de pathologies somatiques en raison de plusieurs facteurs de risque :
(Antipsychotiques) (Tabagisme, Alcool et d’autres substances psychoactives), une Mauvaise hygiène
de vie.
2/comorbidités psychiatriques :
 Les comorbidités médicales et psychiatriques entrainent une polypharmacie, à l’origine : d’une
augmentation du risque d’effets indésirables, une diminution de l’efficacité (induction enzymatique),
une diminution de l’observance, diminution de la qualité de vie, et augmentation du risque de mort
subite.
Troubles Prévalence
Troubles anxieux 50%
ESPT 45%
Trouble Panique 20%
Anxiété sociale 35%
TOC 15%
Abus d'Alcool 35%
Abus de toxiques 30%
Tabagisme 80%

8. Les aspects médico- légaux de la schizophrénie :


 Expertise psychiatrique : Parfois le patient schizophrène se retrouve dans l’instance judiciaire 1) suite
à un acte délictueux eu criminel, pour apprécier le lien entre les troubles présentés et l’acte commis, le
magistrat fait appel à un psychiatre expert afin de répondre à différentes questions qui permettent au
juge de trancher, notamment celle qui déterminera la responsabilité du patient par rapport à l’acte
commis.
 Hospitalisations d’office : lorsqu’un patient schizophrène est déclaré irresponsable pénalement, il
n’est pas emprisonné pour l’acte commis mais hospitalisé dans un service psychiatrique médicolégal
suite à la décision de justice.
 Responsabilité civile : le patient garde sa responsabilité civile malgré son statut de malade, en cas de
sévices ou dégâts matériels. Il est tenu, lui ou sa famille à rembourser la victime.
 Protection des biens : si la maladie est à l’origine d’une incapacité de gestion des biens, le juge peut
désigner un tuteur dont la tâche serait de gérer les biens du patient incapable.

9. VIII) Les principes directeurs de prise en charge de la schizophrénie :


 La prise en charge de la schizophrénie est bio psychosociale, c'est-à-dire qu’elle fait appel à plusieurs
approches thérapeutiques pour contrer les différentes facettes de l’affection, elle s’inspire pour son
modèle étiopathogenique.
 Les différents objectifs sont :
 L’effacement des symptômes positifs,
 l’amélioration des symptômes négatifs,
 l’atténuation des symptômes cognitifs,
 la prévention des rechutes,
 l’amélioration de l’autonomie du patient, sa socialisation et son insight,
 la Prise en charge des comorbidités psychiatriques, somatiques et addictives.
 Il faut savoir que ces différents axes de traitement ont un dénominateur commun, à savoir la prise
d’un médicament antipsychotique, le plus souvent au long cours.
 L’hospitalisation : Elle est nécessaire pour :
 Réaliser l'évaluation initiale lors du premier épisode psychotique
 Bilan somatique, biologique et psychologique pour éliminer une organicité, une éventuelle
précaution ou contre-indication au traitement NLP.
 Faciliter la mise en route du traitement et, ensuite, lors des phases aiguës ou en cas de risque
suicidaire.
 Une mauvaise Compliance thérapeutique ou résistance à une thérapeutique bien conduite.
 Au besoin, on aura recours à une hospitalisation à la demande d'un tiers en cas de refus du
patient.
 Exceptionnellement, il sera fait appel à l'hospitalisation d'office (en cas de danger pour autrui).

1/ CHIMIOTHERAPIE :
 Les Neuroleptiques (antipsychotiques) :
 L’instauration précoce d’un traitement neuroleptique permet l’atténuation plus rapide des
symptômes schizophréniques, et améliore le pronostic de la maladie.
 Favoriser la monothérapie et les nouveaux neuroleptiques (atypiques) mieux tolérés.
 Débuter en milieu hospitalier et poursuivi en ambulatoire, Augmentation progressive de la
posologie,
 Utiliser la dose minimale efficace permettant la réduction optimale des symptômes et la meilleure
tolérance possible.
 Surveillance clinique et biologique de la tolérance et de l'efficacité
 Les antipsychotiques :
o Incisifs (RISPERDAL*, ZYPREXA*, SOLIAN*, ABILIFY*)
o sédatifs (NOZINAN*, LARGACTIL*)
o désinhibiteurs (SOLIAN*, RISPERDAL*)
 Durée du traitement:
o Au moins 2 ans après un premier épisode psychotique Au moins 5 ans si épisodes
multiples
o Le plus souvent, le traitement sera suivi à vie
 Prise en charge de l’épisode aigu :
o Le traitement antipsychotique doit impérativement être initié rapidement.
o En cas d’anxiété ou d’agitation modérée, un traitement symptomatique doit être associé.
Deux possibilités de molécules anxiolytiques et sédatives s’offrent au thérapeute :
 les antipsychotiques « sédatifs » (p. ex. : loxapine ++, chlorpromazine,
lévomépromazine) ;
 les benzodiazépines (p. ex. : diazépam) peuvent faciliter la poursuite de la prise en
charge Et l’introduction du traitement antipsychotique. Le risque de développer
une dépendance aux benzodiazépines si le traitement est prolongé doit inciter à
limiter la durée de prescription de ce traitement.
 Traitement Au Long Cours :
o Doit être bien toléré par le patient ;
o Posologie à la dose minimale efficace.
o Peut reposer sur l’utilisation d’un NAP (en cas de mauvaise observance);
o Utilise une monothérapie tant que cela est possible
o Doit être adapté au cours évolutif de la maladie.
 Dans les situations ou l’observance est difficile ou si le patient préfère cette forme, certains
antipsychotiques d’action prolongée ou ≪retard ≫ existent sous forme intramusculaire
permettant selon les molécules une injection tous les 15 jours, 3 semaines, 4 semaines ou 3 mois
[p. ex. : risperidone (Risperdal ConstaR, XeplionR, TrevictaR), olanzapine (ZypadheraR),
aripiprazole (MaintenaR)).
 En cas de résistance (absence de réponse après 4 semaines à bonne posologie) : changer de classe
neuroleptique En cas d'échec de 2 classes différentes de neuroleptiques : Clozapine (LEPONEX)
 Des complications rares mais potentiellement mortelles des antipsychotiques doivent
impérativement être connues : le syndrome malin des neuroleptiques et les troubles du rythme
cardiaque
Autres traitements :
 Les anxiolytiques : Peut-être associé aux neuroleptiques (TEMESTA*, LEXOMIL*)
 Les hypnotiques : Peuvent être associé aux neuroleptiques car insomnie possibles
 Les thymorégulateurs : Peuvent être associé aux neuroleptiques

2. LES TRAITEMENTS NON PHARMACOLOGIQUES :


1. Traitement physique : place de l’électro-convulsivo-thérapie(ECT)
 Elle peut être utilisée, lorsqu’il existe des épisodes thymiques, ou dans les formes avec syndrome
positif résistant ou encore en cas de syndrome catatonique associe et en cas d'intolérance ou de
contre-indication aux neuroleptiques.
 D’autres traitements physiques peuvent également être utilisés dans des situations particulières (p.
ex.: la stimulation magnétique transuranienne)

2. Psychothérapie :
 En complément du traitement médicamenteux, les psychothérapies permettent :
 D'améliorer le vécu de la maladie
 De favoriser l'insertion sociale
 D'améliorer la compliance globale au traitement et de diminuer le nombre de rechutes
 Psychothérapie de soutien : Écoute et empathie Renforcement positif, attitude de réassurance de
conseils, rôle de médiateur bienveillant et neutre entre le patient et la famille
 Éducation thérapeutique ou psychoéducation : L’éducation thérapeutique vise à transmettre au
patient, et éventuellement à sa famille et ses proches, un certain niveau de compréhension et de
maitrise de son trouble. L’objectif est de construire avec chaque patient un minimum de langage
commun et de consensus sur les difficultés et les objectifs des soins. Ces programmes d’éducation
thérapeutique permettent de réduire le risque de rechutes.
 Thérapie comportementales et cognitives :
 Vise à améliorer le fonctionnement social et diminuer le risque de rechute ;
 Aider le patient à faire face aux événements stressants ;
 Donner des informations adaptées à propos de la schizophrénie,
 Détecter les signes de rechute ;
 Remédiation cognitive : Les altérations cognitives dans la schizophrénie, peu accessibles au traitement
pharmacologique, expliquent une grande part du handicap psychique de ces patients. Ce constat a
conduit au développement de techniques visant à rééduquer ou ≪remédier ≫le fonctionnement
cognitif, qu’il s’agisse de compétences neuropsychologiques non spécifiques (attention, mémoire,
fonction exécutive) ou de cognition sociale (reconnaissance des émotions, capacités d’attribution
d’intention à autrui).
 Thérapies familiales : Éducation des familles, Informer à propos des divers aspects de la
schizophrénie: causes, symptômes, les traitements, les aspects éducatifs
 Psychothérapie de groupe : Ergothérapie ; Art thérapies, dessin ; sculpture peinture, Activité sportive.

3. MESURES SOCIALES :
1. 3.1. Réadaptation et réinsertion :
 Reprendre ses activités de façon progressive à temps partiel, étude, travail, formation etc.( emploi
protégé à mitemps);
 Travail dans un environnement favorable (poste aménagé)

2. 3.2. Aides financières des malades :


 Allocations d’adultes handicapés
 Exonération des taxes et des impôts,
 Gratuité des transports publics,
 Carnet de gratuité des soins (100%) établi systématiquement pour affection chronique exonérant.

3. 3.3. Protection des biens des malades mentaux :


 Mise sous le régime de tutelle, curatelle ou sauvegarde de justice en cas de décompensation

[Link] :
 La schizophrénie est une affection psychotique chronique, qui peut prendre des formes très variées.
 Elle touche 1 % de la population mondiale. Les troubles débutent entre 15 et 30 ans et évoluent sur la
vie entière.
 De nombreuses hypothèses existent sur ses causes, mais son origine reste inconnue.
 Elle peut avoir un impact important sur l’adaptation sociale et entrainer une grande souffrance chez la
personne et ses proches.
 La détection précoce et le traitement précoce améliorent le fonctionnement à long terme.
 La prise en charge d’un patient schizophrène consiste à adapter à chaque sujet une combinaison
particulière des différents moyens disponibles en fonctions de ses symptômes, du stade de sa maladie,
de sa personnalité et de la qualité de son environnement.
 Le traitement durera de nombreuses années, il faut éviter les ruptures de traitement aussi il faut créer
une relation compatible avec une bonne alliance thérapeutique

Vous aimerez peut-être aussi