H.1 : Eh bien, je te demande au nom de tout ce que tu prétends que j’ai été pour toi...
au nom de ta
mère... de nos parents... je t’adjure solennellement, tu ne peux plus reculer... Qu’est-ce qu’il y a eu?
Dis-le... tu me dois ça...
H.2, piteusement : Je te dis : ce n’est rien qu’on puisse dire... rien dont il soit permis de parler...
H.1 : Allons, vas-y... H.2 : Eh bien, c’est juste des mots...
H.1 : Des mots ? Entre nous ? Ne me dis pas qu’on a eu des mots... ce n’est pas possible... et je m’en
serais souvenu...
H.2 : Non, pas des mots comme ça... d’autres mots... pas ceux dont on dit qu’on les a « eus »... Des
mots qu’on n’a pas « eus » justement... On ne sait pas comment ils vous viennent...
H.1 : Lesquels? Quels mots? Tu me fais languir... tu me taquines...
H.2 : Mais non, je ne te taquine pas... Mais si je te les dis...
H.1 : Alors? Qu’est-ce qui se passera? Tu me dis que ce n’est rien...
H.2 : Mais justement, ce n’est rien... Et c’est à cause de ce rien...
H.1 : Ah on y arrive. C’est à cause de ce rien que tu t’es éloigné? Que tu as voulu rompre avec moi?
H.2, soupire : Oui... c’est à cause de ça... Tu ne comprendras jamais... Personne, du reste, ne pourra
comprendre...
H.1 : Essaye toujours... Je ne suis pas si obtus...
H.2 : Oh si... pour ça, tu l’es. Vous l’êtes tous, du reste.
H.1 : Alors, chiche... on verra...
H.2 : Eh bien... tu m’as dit il y a quelque temps... tu m’as dit... quand je me suis vanté de je ne sais
plus quoi... de je ne sais plus quel succès... oui... dérisoire... quand je t’en ai parlé... tu m’as dit : «
C’est bien... ça... »
H.1 : Répète-le, je t’en prie... j’ai dû mal entendre.
H.2, prenant courage : Tu m’as dit : « C’est bien... ça... » Juste avec ce suspens... cet accent...