Cours Proba Stat
Cours Proba Stat
1. Colossiens, 3:23-25 — Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non
pour des hommes, sachant que vous recevrez du Seigneur l’héritage pour récompense. Servez Christ, le
Seigneur. Car celui qui agit injustement recevra selon son injustice, et il n’y a point d’acception de personnes.
I Avertissement pédagogique :
Les définitions, remarques, propositions, théorèmes, exemples , ainsi que les preuves associées et
les formules fondamentales présentés dans ce polycopié constituent le socle théorique du cours de
probabilités. À ce titre, l’ensemble des résultats et de leurs preuves doivent être connus par cœur
et rigoureusement maîtrisés. Ils seront exigés tels quels, sans indication préalable, lors des devoirs
surveillés et examens.
PREMIÈRE PARTIE
Probabilités
ALPHABET GREC
Α α Alpha Ν ν Nu
Β β Beta Ξ ξ Xi (Ksi)
Γ γ Gamma Ο ο Omikron
∆ δ Delta Π π Pi
Ε ε Epsilon Ρ ρ Rho
Ζ ζ Zeta Σ σ Sigma
Η η Eta Τ τ Tau
Θ θ Theta Υ υ Upsilon
Ι ι Iota Φ ϕ Phi
Λ λ Lambda Ψ ψ Psi
Μ µ Mu Ω ω Omega
L’alphabet grec comporte un total de 24 lettres. Les lettres suivies de (∗) sont utilisées en mathématiques et il faut les
apprendre.
1 α (∗) A alpha a
2 β (∗) B beta b
6 ζ (∗) Z zéta z
9 ι I iota i
10 κ K kappa k
12 µ (∗) M mu m
13 ν (∗) N nu n
14 ξ (∗) Ξ xi x (cs)
15 o O omikron o (bref)
16 π (∗) Π (∗) pi p
17 ρ (∗) P rho r, rh
19 τ (∗) T tau t
20 υ Υ upsilon u
2 Convergences 142
2.1 Loi des grands nombres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
2.1.1 Inégalité de Bienaymé-Tchébychev . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 143
2.1.2 Loi faible des grands nombres . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 145
2.2 Convergences et approximation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
2.2.1 Convergence en probabilité . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 146
2.2.2 Convergence en loi . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 147
2.2.3 Approximation de la loi binomiale par la loi de Poisson . . . . . . . . . . . 149
2.2.4 Approximation de la loi hypergéométrique par la loi binomiale . . . . . . . 150
2.2.5 Théorème de la limite centrée (TCL) . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 150
2.2.6 Approximation de la loi binomiale par la loi normale . . . . . . . . . . . . 152
5
TABLE DES MATIÈRES TABLE DES MATIÈRES
Objectifs pédagogiques
Après avoir étudié ce chapitre, vous devriez être capable de :
– Comprendre la notion de densité de probabilité pour une variable aléatoire réelle.
– Connaître la relation entre densité et fonction de répartition.
– Calculer des probabilités à l’aide d’intégrales de densité.
7
1. Variables aléatoires à densité 1.1. Généralités
1.1 Généralités
L’ensemble des réalisations possibles d’une expérience est appelé univers de l’expérience. Il est
souvent noté Ω.
Définition 2 Le couple (Ω, A) est appelé espace probabilisable. Les éléments de A sont appelés
événements.
Définition 3 Soit (Ω, A) un espace probabilisable. On appelle variable aléatoire réelle définie
sur (Ω, A), toute application X : Ω −→ R telle que, pour tout intervalle I de R :
{ω ∈ Ω : X(ω) ∈ I} ∈ A. (1.1)
L’ensemble de toutes les réalisations possibles de X, {X (ω) : ω ∈ Ω}, est noté X (Ω).
Remarque 1 Les réalisations possibles de la variable aléatoire X dépendent des résultats de l’expé-
rience aléatoire sur laquelle l’univers est défini. De manière générale, une variable aléatoire réelle
est une fonction de Ω dans R telle que les réalisations de la fonction sont entièrement déterminées
par les résultats de l’expérience aléatoire.
Définition 4 Lorsque l’ensemble des réalisations possibles de la variable aléatoire réelle X est
fini ou infini dénombrable, on dit que la variable aléatoire réelle X est discrète . Sinon, on dit que
la variable aléatoire réelle X est continue.
Exemple 1 (Variable aléatoire réelle avec X(Ω) fini) Soit un événement A associé à l’expérience
aléatoire e (c’est-à-dire : A ⊂ Ω où Ω est l’univers associé). On définit la variable aléatoire 1A de la
façon suivante :
1A : Ω −→ {0, 1}
1, si ω ∈ A,
ω 7−→ 1A (ω) =
0, si ω ∈
/ A.
Ici, 1A (Ω) = {0, 1} est un ensemble fini, donc la variable aléatoire réelle 1A est discrète. Notons
que dans l’Exemple 1, Ω n’est pas obligatoirement fini ou infini dénombrable.
(Ω, A, P) est alors appelé espace probabilisé, et pour tout A ∈ A, P(A) est la probabilité de
l’événement A.
De façon générale, soit X une variable aléatoire réelle de Ω dans R. Soit I une partie de R. La
probabilité que X ait une réalisation dans I, notée P(X ∈ I), est la probabilité d’obtenir un résultat
ω ∈ Ω tel que X(ω) ∈ I :
PX (I) := P(X ∈ I) = P ({ω : X(ω) ∈ I}) .
Définition 6 (Loi de probabilité) La loi de probabilité de la variable aléatoire réelle X est l’ap-
plication PX , aussi notée PX −1 , qui, à toute partie I de R, fait correspondre la probabilité que X
ait une réalisation dans I, notée
P(X ∈ I) = P {ω : X(ω) ∈ I} . (1.3)
C’est l’image réciproque par l’application X de la probabilité P.
Définition 7 Soit X une variable aléatoire. On suppose qu’il existe une fonction réelle non
négative
fX : R −→ [0, +∞[
telle que, pour tout intervalle A, on ait
Z
P(X ∈ A) = fX (x) dx. (1.4)
A
Dans l’Expression (1.5), on rappelle que fX est la fonction de densité de probabilité d’une variable
aléatoire X dont la fonction de répartition est FX .
Il est essentiel de faire attention à la manipulation des relations d’ordre. En effet, comme la fonction
de répartition n’est pas nécessairement continue, il faut bien différencier P(X < t) et P(X ≤ t).
Proposition 3 Pour tous les réels t1 et t2 avec t2 > t1 , l’égalité suivante est vraie :
{t1 < X ≤ t2 } = {X ≤ t2 } ∩ {X ≤ t1 }c .
Conséquemment, on a
d’où FX (t) ≥ FX (s). La fonction est donc bien croissante sur R. On peut aussi noter {X ≤ t} ⊃
{X ≤ s} et le résultat est immédiat par la croissance de la probabilité.
Proposition 5 La fonction FX est càdlàg (continue à droite et limitée à gauche). En d’autres termes,
pour tout t ∈ R, la limite
lim− FX (s)
s→t
existe et
lim FX (s) = FX (t).
s→t+
Définition 9 On dit qu’une V.A.R. X admet une densité fX lorsque sa fonction de répartition FX
peut s’écrire sous la forme :
Z x
FX (x) = fX (t) dt
−∞
où fX est une fonction à valeurs réelles positives, ayant un nombre fini de points de discontinuité
et telle que :
Z +∞
fX (t) dt = 1.
−∞
Remarque 4 Toute fonction g positive, égale à fX sauf éventuellement en un nombre fini de points,
est aussi une densité de X.
Théorème 1 Une fonction réelle fX définie sur R est une densité de probabilité si et seulement si :
– fX est continue sur R sauf éventuellement en un nombre fini de points,
Proposition 6 Soit X une V.A.R. admettant une densité f , et soit sa fonction de répartition FX :
– FX est continue ;
– En tout point x0 où f est continue, FX est dérivable et F 0 (x0 ) = fX (x0 ). FX est croissante de
0 à 1, dérivable sauf peut-être en un nombre fini de points ; sa dérivée est continue là où elle est
définie.
Remarque 5 Cette proposition est souvent utilisée pour déterminer la loi d’une V.A.R. Y fonction
d’une V.A.R. à densité X, c’est-à-dire pour déterminer une densité de Y .
Proposition 8 Soit X une V.A.R. admettant une densité fX et une fonction de répartition FX :
(i) Pour tout a ∈ R, P(X = a) = 0.
(ii) Pour tous a et b réels tels que a < b :
Z b
P(a < X < b) = P(a ≤ X < b) = P(a < X ≤ b) = P(a ≤ X ≤ b) = fX (t) dt. (1.6)
a
Z +∞
P(X > b) = P(X ≥ b) = fX (t) dt. (1.8)
b
Lorsque X est une variable aléatoire continue, on notera parfois P(X ∈ (a, b)) chacune des quantités
égales
P(X ∈]a, b[) = P(X ∈ [a, b]) = P(X ∈]a, b]) = P(X ∈ [a, b[). (1.9)
Preuve de la Proposition 8
(i) Pour tout a ∈ R, et tout n ∈ N∗ , on a :
1
0 ≤ P(X = a) ≤ P a − <X≤a .
n
Or
1 1
P a − < X ≤ a = F (a) − F a −
n n
et
1
lim FX a− = FX (a) car FX est continue sur R, donc en a,
n→∞ n
donc
1
lim P a − <X≤a =0 ⇒ P(X = a) = 0.
n→∞ n
(ii) Si a et b sont tels que a < b, on sait que :
Z b Z a
P(a < X ≤ b) = FX (b) − FX (a) = fX (t) dt − fX (t) dt
−∞ −∞
donc Z b
P(a < X ≤ b) = fX (t) dt
a
On a
donc Z +∞
P(X > a) = fX (t) dt.
a
Remarque 6 Si fX est nulle en dehors de [a, b], P(X < a) = 0 et P(X > b) = 0 donc on peut
considérer que X prend ses valeurs dans [a, b]. Plus généralement, si fX est nulle en dehors de I, on
dit que X prend ses valeurs dans I.
Travail no 1.
Déterminer si les fonctions suivantes sont des densités de probabilité et si oui, déterminer la fonction
de répartition associée à cette densité.
1.
4xe−2x , si x ≥ 0,
fX (x) =
0, si x < 0.
2.
4 ln(x) ,
si x ≥ 1,
gX (x) = x3
0, si x < 1.
Travail no 2.
On considère la fonction définie par :
4 (1 − x)1/3 ,
si 0 ≤ x ≤ 1,
fX (x) = 3
0, sinon.
GY (x) = FX (ln x)
GY est continue sur ] − ∞, 0] car sur cet intervalle GY est composée de F et de ln qui sont continues
sur leurs domaines de définition.
0 si x < 0
G0Y (x) =
1F0 si x ∈ R∗ − {0, ex1 , . . . , exn }
x X (ln x)
Y est donc une V.A.R. à densité et une densité de Y est la fonction g définie par :
0 si x ≤ 0
gY (x) =
1 fX (ln x) si x > 0
x
Remarque 7 On a posé gY (0) = 0 et gY (x) = x1 fX (ln x) mais on aurait pu choisir d’autres valeurs
pour gY (x) lorsque x ∈ {0, ex1 , . . . , exn }.
Exemple 4 (Transformation affine d’une variable aléatoire) Soit X une V.A.R. de densité fX et
a et b deux nombres réels (a 6= 0). Déterminons la loi de la V.A.R. Y = aX + b.
Soit FX (resp. GY ) la fonction de répartition de X (resp. Y ).
Enfin lim− GY (x) = GY (0) = lim+ GY (x), donc GY est continue en 0 et par suite GY est continue
x→0 x→0
sur R.
Y est donc une V.A.R. à densité.
En tout point où G0Y est défini, on a :
0
si x < 0,
G0Y (x) = 1 h √ √ i
√ f ( x) + f (− x) si x ≥ 0.
2 x
Solution. L’ensemble des valeurs possibles de X est ΩX = (0, +∞). Soit h : ΩX → R définie par
√
h(x) = x.
x = h−1 (y) = y 2 ,
Solution. L’ensemble des valeurs possibles de X est ΩX = ]0, 1[. Soit h : ΩX → R définie par
h(x) = 1 − 3x2 .
Y = h(X) = 1 − 3X 2 .
ΩY = { h(x) : x ∈ ΩX } = ]−2, 1[ .
Comme le domaine de la fonction h est ΩX = ]0, 1[, h est inversible, et son inverse est obtenu en
résolvant
1 − 3x2 = y
par rapport à x, ce qui donne s
1−y
x= .
3
Par conséquent, l’inverse de h est
s
−1 1−y
x = h (y) = ,
3
Travail no 3.
x2
fX (x) = , −1 < x < 2.
3
Soit
Y = −2θ ln X.
Quelle est la loi de Y ?
7. Soit X une variable aléatoire suivant une loi logistique de densité
e−x
fX (x) = , −∞ < x < ∞.
(1 + e−x )2
Montrer que
1
Y =
1 + e−X
suit une loi uniforme sur [0, 1] (voir la Définition 28, Page 45).
Z +∞
Définition 10 Soit X une V.A.R. de densité fX . Si l’intégrale |x|fX (x) dx converge, on dit
−∞
que X admet une espérance mathématique définie par :
Z +∞
E(X) = xfX (x) dx.
−∞
Le théorème suivant relie directement la fonction de répartition d’une variable aléatoire à son
espérance. Il permet de trouver l’espérance d’une variable aléatoire continue sans avoir besoin de
calculer explicitement sa fonction de densité de probabilité. Il a également d’importantes applications
théoriques.
Théorème 3 Pour toute variable aléatoire continue X ayant pour fonction de répartition FX et
pour fonction densité de probabilité fX , on a
Z +∞ Z +∞
E(X) = [1 − FX (t)] dt − FX (−t) dt.
0 0
Z +∞ Z 0 Z +∞
E(X) = xfX (x) dx = xfX (x) dx + xfX (x) dx, (1.11)
−∞ −∞ 0
Z 0 Z −x Z +∞ Z x
= − dt fX (x) dx + dt fX (x) dx, (1.12)
−∞ 0 0 0
Z +∞ Z −t Z +∞ Z +∞
= − fX (x) dx dt + fX (x) dx dt, (1.13)
0 −∞ 0 t
Remarque 9 Dans la preuve de ce théorème, on a supposé que la variable aléatoire X est continue.
Même sans cette condition, le théorème reste valide. De plus, comme 1 − FX (t) = P(X > t), ce
théorème peut aussi s’énoncer ainsi :
Pour toute variable aléatoire X,
Z +∞ Z +∞
E(X) = P(X > t) dt − P(X ≤ −t) dt.
0 0
Théorème 4 (Formule de transfert) Soit X une variable aléatoire réelle continue définie sur
(Ω, A, P) de fonction densité de probabilité fX (x) ; alors pour toute fonction h : R → R, on a :
Z +∞
E[h(X)] = h(x)fX (x) dx.
−∞
Preuve no 1. Soit
avec une représentation similaire pour h−1 (−∞, −t). Remarquons que nous n’affirmons pas que h
possède une fonction inverse. Nous considérons simplement l’ensemble {x : h(x) ∈ (t, +∞)}, qui
est appelé l’image réciproque de (t, +∞) et est notée h−1 (t, +∞).
Par le Théorème 3, nous avons :
Z +∞ Z +∞
E[h(X)] = P(h(X) > t) dt − P(h(X) ≤ −t) dt
0 0
Z +∞ Z +∞
= P(X ∈ h−1 (t, +∞)) dt − P(X ∈ h−1 (−∞, −t)) dt
0 0
Z +∞ Z ! Z +∞ Z !
= f (x) dx dt − f (x) dx dt
0 {x:h(x)>t} 0 {x:h(x)≤−t}
Z Z h(x) ! Z Z 0 !
= dt f (x) dx − dt f (x) dx.
{x:h(x)>0} 0 {x:h(x)≤0} h(x)
Maintenant, nous changeons l’ordre d’intégration pour ces deux intégrales doubles. En effet :
{(t, x) : 0 < t < +∞, h(x) > t} = {(t, x) : h(x) > 0, 0 < t < h(x)},
et
{(t, x) : 0 < t < +∞, h(x) ≤ −t} = {(t, x) : h(x) < 0, 0 < t < −h(x)}.
Ainsi, nous obtenons :
Z Z h(x) ! Z Z −h(x) !
E[h(X)] = dt f (x) dx − dt f (x) dx
{x:h(x)>0} 0 {x:h(x)<0} 0
Z Z
= h(x)f (x) dx + h(x)f (x) dx
{x:h(x)>0} {x:h(x)<0}
Z +∞
= h(x)f (x) dx.
−∞
Preuve no 2. Procédons à la preuve dans le cas où la fonction h est une bijection de R dans R telle
que h0 ne s’annule pas. L’idée est la même avec une fonction quelconque mais choisir une telle
fonction permet de s’affranchir de certaines considérations techniques. Dans cette preuve, on va se
restreindre au cas où h0 est strictement positive. Le cas où h0 est négative strictement se traite de
manière très similaire. Par définition, l’espérance de la variable aléatoire réelle à densité h (X) est
égale à
Z
E [h(X)] = x fh(X) (x) dx, (1.14)
R
où fh(X) est la densité de probabilité de la variable aléatoire réelle h(X). Pour la calculer, on regarde
d’abord la fonction de répartition de h(X) :
Fh(X) (t) = P(h(X) ≤ t) = P(X ≤ h−1 (t)) = FX h−1 (t) , (1.15)
car la fonction h est strictement croissante. Il suffit ensuite de dériver pour obtenir
d
fh(X) (t) = Fh(X) (t) (1.16)
dt
d
= FX h−1 (t) (1.17)
dt
= (h−1 )0 (t) FX0 h−1 (t) (1.18)
= (h−1 )0 (t) fX h−1 (t) . (1.19)
On en déduit
Z
E[h(X)] = t fh(X) (t) dt (1.20)
ZR
= t (h−1 )0 (t) fX h−1 (t) dt. (1.21)
R
Corollaire 1 Soit X une variable aléatoire continue ayant pour fonction densité de probabilité
fX (x). Soient h1 , h2 , . . . , hn des fonctions réelles, et α1 , α2 , . . . , αn des réels. Alors :
E [α1 h1 (X) + α2 h2 (X) + · · · + αn hn (X)] = α1 E[h1 (X)] + α2 E[h2 (X)] + · · · + αn E[hn (X)].
E(αX + β) = αE(X) + β.
Définition 11 Si E(X) = 0, on dit que X est une V.A.R. centrée. Si X admet une espérance
mathématique, X − E(X) est appelée V.A.R. centrée associée à X.
Définition 12 Le moment d’ordre k (ou k e moment) d’une variable aléatoire X par rapport à un
point a est défini par
h i Z +∞
E (X − a)k = (x − a)k fX (x) dx. (1.22)
−∞
Cas particuliers
(i) Les moments par rapport à l’origine, ou moments non centrés, de X sont :
Z +∞
k
E[X ] = µ0k = xk fX (x) dx. (1.23)
−∞
Définition 13 Si X est une variable aléatoire continue avec E(X) = µ, alors la variance Var(X)
et l’écart-type σX , appelés respectivement variance et écart-type de X, sont définis par :
Var(X) = E (X − µ)2 ,
q
σX = E ((X − µ)2 ).
De plus, comme précédemment, nous avons les relations importantes suivantes, dont les démonstra-
tions sont analogues à celles du cas discret :
Remarque 11 La variance peut s’interpréter comme une mesure de dispersion d’une V.A.R.
1
Exemple 8 (voir la Sous-section 1.2.1, Page 44) 1. Loi uniforme sur [0, 1] : Var (X) = 12
;
h i
1 3 1
2. Loi uniforme sur ,
4 4
: Var (X) = 48
.
h i
1 3
On retrouve bien que la loi uniforme sur ,
4 4
est moins dispersée que la loi uniforme sur [0, 1].
Définition 14 Soit σX (X) = 1, on dit que X est une V.A.R. réduite. Si X admet une espérance
mathématique et un écart-type non nul,
X − E(X)
σ(X)
La Remarque 10 permet de vérifier que Var (X) = E[X 2 ] − (E[X])2 , ce qui peut être réécrit comme
suit :
Deux autres quantités qui sont utilisées pour caractériser la distribution d’une variable aléatoire X
sont le coefficient d’asymétrie et le coefficient d’aplatissement. Ces deux coefficients sont définis en
fonction des moments de X.
D’abord, la quantité µ3 ≡ E[(X − µX )3 ] est utilisée pour mesurer le degré d’asymétrie des distribu-
tions de probabilité. Si la distribution est symétrique par rapport à sa moyenne µX , alors µ3 = 0 (si
l’on suppose que µ3 existe). Si µ3 > 0 (respectivement < 0), alors la distribution est dite asymétrique
vers la droite (respectivement vers la gauche).
Remarque 12 En fait, si la distribution est symétrique par rapport à sa moyenne et si tous ses
moments centrés existent, alors on peut écrire que µ2k+1 = 0 pour k = 0, 1, . . ..
µ32
β1 = . (1.27)
σ6
Définition 16 Le coefficient d’aplatissement d’une variable aléatoire X est la quantité sans unité
de mesure
µ4
β2 = . (1.28)
σ4
Remarque 14 (i) Lorsque la distribution de X est symétrique, β2 est une mesure de l’épaisseur
relative des extrémités de la distribution par rapport à sa partie centrale.
(ii) Comme dans le cas du coefficient β1 , certains auteurs utilisent un coefficient différent :
γ2 := β2 − 3.
Travail no 4.
(i) Montrer qu’il existe a tel que fX soit une densité de probabilité d’une V.A.R. X.
(ii) Calculer E (X) et Var (X) en fonction de a.
2. Une agence de voyages propose à sa clientèle différents forfaits. Le montant du forfait versé à
l’agence, par un client choisi au hasard est une variable aléatoire Y s’exprimant en milliers de
francs sous la forme Y = 2 + 0.5X, où X est une variable aléatoire à densité de fonction de
répartition FX définie par :
FX (x) = 0 si x ≤ 0
x+6
FX (x) = 1 − 6
exp − x6 si x > 0.
(i) Calculer la probabilité pour que le forfait ne dépasse pas 8.000 Francs.
(ii) Déterminer une densité de probabilité de la variable X.
(iii) Calculer l’espérance de X puis en déduire le montant moyen du forfait.
(iv) Déterminer la fonction de répartition de la variable aléatoire Y .
3. La nuit dans une savane, un lion se rend à la rivière pour boire et y reste un quart d’heure.
Après de nombreuses observations, on estime que l’instant T d’arrivée du lion à la rivière se
situe entre 0 heure et 2 heures. T , exprimée en heures, est une variable aléatoire réelle dont
une densité de probabilité est la fonction f définie par :
si
t ∈ ]−∞, 0[, fT (t) = 0
si t ∈ [0, 2], fT (t) = 34 t (2 − t)
si t ∈ ]2, +∞], fT (t) = 0
où α > 0 et x0 > 0.
5. La durée de fonctionnement, exprimée en jours, d’un certain composant électronique est une
variable aléatoire D dont la densité de probabilité est la fonction fD définie par
βx2 exp (−αx) si x ≥ 0
fD (x) = ,
0 si x < 0
où α > 0.
(i) Calculer β en fonction de α.
(ii) Sachant qu’un tel composant fonctionne en moyenne pendant 200 jours, calculer α.
√
(iii) Déterminer une densité de probabilité de la variable Y = D.
P (X ∈ A, Y ∈ B) = P (X ∈ A) P (X ∈ B) . (1.29)
P (X ≤ a, Y ≤ b) = P (X ≤ a) P (Y ≤ b) . (1.30)
l’Expression (1.30) affirme que X et Y sont des variables aléatoires indépendantes si et seulement
si leur fonction de répartition conjointe est le produit de leurs fonctions de répartition marginales.
Le théorème suivant exprime ce fait.
Théorème 5 Soient X et Y deux variables aléatoires définies sur le même espace probabilisé. Si F
est la fonction de répartition conjointe de X et Y , alors X et Y sont indépendantes si et seulement
si, pour tous réels x et y,
F (x, y) = FX (x)FY (y).
Théorème 6 (Lemme des coalitions) Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes. Soit
g(x) une fonction ne dépendant que de x et h(y) une fonction ne dépendant que de y. Alors les
variables aléatoires U = g(X) et V = h(Y ) sont indépendantes.
Preuve. Pour montrer que g(X) et h(Y ) sont indépendantes, il suffit, d’après l’Expression (1.30),
de prouver que, pour tous réels a et b,
P (g(X) ≤ a, h(Y ) ≤ b) = P (X ∈ A, Y ∈ B)
= P (X ∈ A) P (Y ∈ B)
= P (g(X) ≤ a) P (h(Y ) ≤ b) .
Exemple 9 Ainsi, d’après ce théorème, si X et Y sont des variables aléatoires indépendantes, alors
des ensembles tels que {X 2 , Y }, {sin X, eY }, {X 2 − 2X, Y 3 + 3Y } sont des ensembles de variables
aléatoires indépendantes.
Une autre propriété importante des variables aléatoires indépendantes est que l’espérance de leur
produit est égale au produit de leurs espérances respectives.
Théorème 7 Soient X et Y deux variables aléatoires indépendantes. Alors, pour toutes fonctions
réelles g : R → R et h : R → R,
E(XY ) = E(X)E(Y ).
Théorème 8 Soient X et Y deux variables aléatoires continues dont la fonction densité de probabi-
lité conjointe est fX,Y (x, y). Alors, X et Y sont indépendantes si et seulement si fX,Y (x, y) est le
produit de leurs densités marginales fX (x) et fY (y).
Preuve de la Proposition 10. La partie « seulement si » est prouvée en posant g(x) = fX (x) et
h(y) = fY (y) et en utilisant le Théorème 8. Pour prouver la partie « si » pour des variables aléatoires
continues, supposons que f (x, y) = g(x)h(y). Définissons :
Z ∞ Z ∞
g(x) dx = c et h(y) dy = d,
−∞ −∞
Z ∞ Z ∞
cd = g(x) dx h(y) dy (1.32)
−∞ −∞
Z ∞ Z ∞
= g(x)h(y) dx dy
−∞ −∞
Z ∞ Z ∞
= f (x, y) dx dy
−∞ −∞
= 1, car fX,Y (x, y) est une densité conjointe
Z ∞
fX (x) = g(x)h(y) dy = g(x)d
−∞
Z ∞
fY (y) = g(x)h(y) dx = h(y)c (1.33)
−∞
Proposition 11 (Espérance par conditionnement) Soit Y une variable aléatoire dont l’espérance
existe. Alors l’espérance conditionnelle de Y sachant X, notée E[Y | X], admet aussi une espérance
et l’on a :
E E[Y | X] = E(Y ).
Preuve. La preuve est la même que dans le cas discret. La variable aléatoire E[Y | X] prend les
valeurs E[Y | X = x] avec la densité fX (x) ; son espérance vaut donc
Z Z Z
E[E[Y | X]] = E[Y | X = x] fX (x) dx = y fY |X (y | x) dy fX (x) dx.
R R R
On obtient donc Z
E[E[Y | X]] = y fY (y) dy = E[Y ].
R
Preuve no 1. Puisque T est une variable aléatoire continue, on commence par déterminer sa fonction
de répartition, puis on en prend la dérivée. Puisque X et Y sont indépendantes,
Dans la dernière étape, on a utilisé la définition de la fonction de répartition de Y (on calcule l’aire
sous la densité de Y jusqu’à t − x).
Maintenant, on dérive l’Expression (1.40) par rapport à t. L’intégrale se comporte comme une
somme, ce qui permet de faire passer la dérivation à l’intérieur du signe intégral. De plus, fX (x) est
une constante par rapport à t.
Z +∞
d d
FT (t) = fX (x) FY (t − x) dx (1.41)
dt −∞ dt
Z +∞
= fX (x) fY (t − x) dx, (1.42)
−∞
2. Si 0 < z ≤ 1, alors
Z z Z 0 Z z
FZ (z) = FX (t) dt = FX (t) dt + FX (t) dt (1.53)
z−1 z−1 0
z
Z 0 Z z
1 2 1
= 0 dt + t dt = 0 + t = z2. (1.54)
z−1 0 2 0 2
3. Si 1 < z ≤ 2, alors
Z z Z 1 Z z
FZ (z) = FX (t) dt = FX (t) dt + FX (t) dt (1.55)
z−1 z−1 1
Z z 1
Z 1
1
= t dt + 1 dt = t2 + [t]z1 (1.56)
z−1 1 2 z−1
1 1
= − (z − 1)2 + z − 1 (1.57)
2 2
1 1 2 1 1
= − z + z − + z − 1 = − z 2 + 2z − 1. (1.58)
2 2 2 2
4. Si z > 2, alors
Z z
FZ (z) = FX (t) dt (1.59)
z−1
Z z
= 1 dt = [t]zz−1 = z − (z − 1) = 1. (1.60)
z−1
Preuve.
Définition 20 Une médiane d’une variable aléatoire X est une valeur xm (≡ x̃) pour laquelle
1 1
P[X ≤ xm ] ≥ et P[X ≥ xm ] ≥ . (1.61)
2 2
Remarque 15 Lorsque X est une variable aléatoire continue qui prend toutes ses valeurs dans un
seul intervalle (fini ou infini), la médiane est unique et on peut la définir comme suit :
1 1
P[X ≤ xm ] = =⇒ P[X ≥ xm ] = . (1.62)
2 2
La médiane, dans le cas continu, est un cas particulier de la notion de quantile.
Définition 21 Soit X une variable aléatoire continue dont l’ensemble des valeurs possibles est un
intervalle quelconque ]a, b[. Le nombre xp est appelé 100(1 − p)e quantile de X si
Remarque 16 Si 100p est un entier, alors xp est aussi appelé 100(1 − p)e centile de X. La médiane
d’une variable aléatoire continue est donc le 50e centile de X. Le 25e centile est aussi appelé premier
quartile, le 50e centile est le second quartile, et le 75e centile est le troisième quartile. Finalement,
la différence entre le troisième et le premier quartile est appelée écart interquartile.
F (πp ) = P (X ≤ πp ) = p. (1.64)
Pour déterminer le percentile πp d’une variable aléatoire continue, qui est une valeur possible de
la variable aléatoire, on fixe une probabilité cumulée p et l’on résout, par rapport à πp , l’équation
suivante :
Z πp
f (t) dt = p. (1.65)
−∞
π0.25 = Q1 ,
π0.75 = Q3 ,
Travail no 5.
Soit la variable aléatoire X représentant le temps d’attente (en minutes) d’une personne avant
l’arrivée d’un ascenseur. On suppose que le temps d’attente maximal est de 2 minutes, de sorte que
les valeurs possibles de X sont données par l’intervalle [0, 2]. Une densité de probabilité pour X est
définie par
x, pour 0 ≤ x ≤ 1,
fX (x) = 2 − x, pour 1 < x ≤ 2, (1.66)
0, sinon.
Pour x = 1,5 :
Z 1.5
FX (1.5) = f (t) dt
−∞
Z 1 Z 1.5
= t dt + (2 − t) dt
0 1
" #1 " #1.5
t2 t2
= + 2t −
2 0 2 1
= 0.5 + (1.875 − 1.5) = 0.875. (1.68)
Déterminons maintenant FX (x) de manière générale, en travaillant sur les intervalles où la densité
fX (x) admet des expressions différentes.
Pour x < 0 :
Z x
FX (x) = 0 dt = 0. (1.69)
−∞
Pour 0 ≤ x ≤ 1 :
" #x
Z x
t2 x2
FX (x) = t dt = = . (1.70)
0 2 0
2
Pour 1 < x ≤ 2 :
Z 1 Z x
FX (x) = t dt + (2 − t) dt
0 1
" #x
1 t2
= + 2t −
2 2 1
!
x2
= 0.5 + 2x − − (2 − 0.5)
2
2
x
= 2x − − 1. (1.71)
2
Pour x > 2 :
Z x
FX (x) = fX (t) dt = 1. (1.72)
−∞
En rassemblant ces résultats, on obtient la fonction de répartition sous forme définie par morceaux :
0, si x < 0,
x2
, si 0 ≤ x ≤ 1,
FX (x) = 2 (1.73)
x2
2x − − 1, si 1 < x ≤ 2,
2
1, si x > 2.
Déterminons la médiane et les quartiles.
— Médiane : on cherche π0.5 telle que F (π0.5 ) = 0.5. D’après le graphe de la fonction de répartition
(Figure 1.1), on obtient
π0.5 = 1. (1.74)
— Premier quartile : on cherche Q1 = π0.25 telle que F (π0.25 ) = 0.25. Pour cela, on utilise
l’expression de la fonction de répartition et son graphe ( voir la Figure 1.1) :
2
π0.25 √
= 0.25 =⇒ Q1 = π0.25 = 0.5 ' 0.707. (1.75)
2
— Troisième quartile : on cherche Q3 = π0.75 telle que F (π0.75 ) = 0.75. En utilisant à nouveau
l’expression de la fonction de répartition, on obtient
2
π0.75
2π0.75 − − 1 = 0.75. (1.76)
2
En résolvant cette équation du second degré, il vient
√
4− 2
Q3 = π0.75 = ' 1.293. (1.77)
2
Définition 23 Un mode d’une variable aléatoire X est n’importe quelle valeur x qui correspond à
un maximum local pour fX (x).
Remarque 18 Le mode n’est donc pas nécessairement unique. Une distribution qui possède un seul
mode est dite unimodale.
Définition 24 L’étendue d’une variable aléatoire est la différence entre la plus grande valeur que
cette variable peut prendre et la plus petite.
Définition 25 Soit X une variable aléatoire. On définit sa fonction génératrice des moments par :
MX (t) = E(etX ).
Si MX (t) est finie pour toutes les valeurs de t appartenant à un intervalle ]−δ, δ[, avec δ > 0, alors
MX (t) est appelée la fonction génératrice des moments de X. Dans le cas contraire, on dit que
la fonction génératrice des moments de X n’existe pas.
Lorsque X est une variable aléatoire continue admettant une fonction de densité de probabilité
fX (x), alors :
Z +∞
MX (t) = etx fX (x) dx. (1.78)
−∞
Il est important de noter que la condition selon laquelle MX (t) est finie dans un voisinage de 0,
c’est-à-dire sur un intervalle ]−δ, δ[ pour un certain δ > 0, est essentielle. Sans cette hypothèse,
certains moments de X peuvent ne pas exister.
Comme son nom l’indique et comme cela sera précisé par la suite, la fonction génératrice des
moments d’une variable aléatoire X permet de retrouver les moments de X en différentiant MX (t)
et en évaluant les dérivées en t = 0.
Théorème 10 Soit X une variable aléatoire admettant une fonction génératrice des moments
MX (t). Alors, pour tout entier n ≥ 1,
(n) (n)
E(X n ) = MX (0)
(0), (1.79)
où l’on définit :
(n)
(n) dn
MX (0) = MX (t) , (1.80)
dtn t=0
(n)
(n)
où MX (t) désigne la dérivée n-ième de MX (t) relativement à t. Autrement dit, le n-ième moment
est égal à la n-ième dérivée de MX (t) évaluée en t = 0.
Le but du Théorème 11 suivant est non seulement de caractériser les conditions sous lesquelles il
est légitime d’interchanger l’ordre d’intégration et de différentiation, mais aussi de nous préparer à
établir la preuve du Théorème 10.
Beaucoup de ces conditions peuvent être établies en utilisant des théorèmes standards du calcul
différentiel et intégral, et des démonstrations détaillées peuvent être trouvées dans la plupart des
cours d’analyse. Ainsi, elles ne seront pas présentées ici.
Nous souhaitons d’abord donner la méthode de calcul suivante :
d Z b(θ)
f (x, θ) dx,
dθ a(θ)
où −∞ < a(θ), b(θ) < +∞ pour tout θ. La règle pour dériver cette expression est appelée règle de
Leibniz, et elle constitue une application du théorème fondamental du calcul intégral ainsi que
de la règle de la chaîne.
Théorème 11 (Règle de Leibniz) Si f (x, θ), a(θ) et b(θ) sont différentiables par rapport à θ,
alors :
d Z b(θ) d d Z b(θ)
∂
f (x, θ) dx = f (b(θ), θ) b(θ) − f (a(θ), θ) a(θ) + f (x, θ) dx.
dθ a(θ) dθ dθ a(θ) ∂θ
Remarquons que si a(θ) et b(θ) sont constants, nous obtenons un cas particulier de la règle de
Leibniz :
d Zb Z b
∂
f (x, θ) dx = f (x, θ) dx. (1.81)
dθ a a ∂θ
Ainsi, en général, si l’on considère l’intégrale d’une fonction différentiable sur un intervalle fini, la
différentiation sous le signe intégral ne pose aucun problème. En revanche, si l’intervalle d’intégra-
tion est infini, des problèmes peuvent survenir.
Remarquons que l’interversion entre dérivée et intégrale dans l’Équation (1.81) précédente corres-
pond à identifier une dérivée partielle avec une dérivée ordinaire. Formellement, cela doit être le cas
puisque le membre de gauche est une fonction uniquement de θ, tandis que l’intégrande du membre
de droite dépend à la fois de θ et de x.
Preuve no 1 du Théorème 10. Si X est continue et admet une fonction de densité f (x), alors :
d +∞ Z Z +∞
MX0 (t) = etx fX dx = xetx fX dx,
dt −∞ −∞
Z +∞ Z +∞
d
00 tx
MX (t) = xe fX dx = x2 etx fX dx,
dt −∞ −∞
..
. Z +∞
(n)
MX (t) = xn etx fX (x) dx. (1.82)
−∞
La validité du passage de la dérivation sous le signe intégral repose sur la régularité suffisante de la
fonction fX . En prenant t = 0 dans l’Équation (1.82), on obtient :
Z +∞
(n)
MX (0) = xn fX dx = E(X n ),
−∞
Remarque 19 Puisque MX (t) est finie dans un intervalle ]−δ, δ[ avec δ > 0, il en résulte que pour
(n)
tout entier n ≥ 1, la dérivée MX (t) existe.
Preuve no 2 du Théorème 10. Supposons que l’on puisse différencier sous le signe intégral. Alors :
Z +∞
d d
tx
MX (t) = e fX (x) dx
dt dt −∞
!
Z +∞
d tx
= e fX (x) dx
−∞ dt
Z +∞
= (xetx )fX (x) dx
−∞
= E(XetX ).
Ainsi,
d
MX (t) = E(XetX ) = E(X).
dt t=0 t=0
Ainsi, E(X n ) est le coefficient de tn /n! dans le développement en série de Maclaurin de MX (t).
Il est important de savoir que si MX doit être fini, alors les moments de tous les ordres de X doivent
être finis. Mais la réciproque n’est pas nécessairement vraie. C’est-à-dire que tous les moments
peuvent être finis et pourtant il n’existe aucun voisinage de 0, de la forme ]−δ, δ[, avec δ > 0, sur
lequel MX soit fini.
(n) dn +∞
X tm X m
MX (t) = E
dtn m=0 m!
+∞
dn t m
E(X m ).
X
= n m!
(1.86)
m=0 dt
En utilisant la dérivée d’ordre n de la puissance m-ième,
n
d m mn xm−n , si n ≤ m,
x = (1.87)
dxn 0, si n > m,
où la factorielle décroissante est définie par
n−1
m!
mn =
Y
(m − i) = . (1.88)
i=0 (m − n)!
+∞
(n) t0 tm−n
E(X n ) + E(X m )
X
MX (t) =
0! m=n+1 (m − n)!
+∞
n tm−n
E(X m ).
X
= E(X ) + (1.90)
m=n+1 (m − n)!
m=n+1 (m − n)!
= E(X n ), (1.91)
ce qui est conforme à l’Équation (1.79).
n
Y
MY (t) = MXi (ai t), −hi < ai t < hi , i = 1, 2, . . . , n. (1.92)
i=1
d’où
E eai tXi = MXi (ai t). (1.96)
Ainsi,
n
Y
MY (t) = MX1 (a1 t)MX2 (a2 t) · · · MXn (an t) = MXi (ai t). (1.97)
i=1
n
X 1
(ii) la fonction génératrice des moments de la moyenne empirique X = Xi est donnée par
i=1 n
n n
t t t
Y
MX (t) = M = M , −h < < h. (1.99)
i=1 n n n
Théorème 13 Soient X et Y deux variables aléatoires ayant pour fonctions génératrices des
moments MX (t) et MY (t). S’il existe un δ > 0 tel que MX (t) = MY (t) pour toutes les valeurs de t
dans ]−δ, δ[, alors X et Y ont la même fonction de probabilité.
Définition 26 Soit X une variable aléatoire (à valeurs entières non négatives). La fonction géné-
ratrice des moments factoriels de X, notée ηX , est définie pour tout t ∈ R par
ηX (t) = E tX , t ∈ R. (1.100)
Ainsi,
dn
ηX (t) = E[X(X − 1) · · · (X − n + 1)] . (1.104)
dtn t=1
Si n = 2,
d2
ηX (t) = E[X(X − 1)] . (1.105)
dt2
Si n = 1,
d
ηX (t) = E(X). (1.106)
dt
Puisque
dn dn dn itX
!
itX
ϕX (t) = E(e ) = E e (1.112)
dtn dtn dtn
= E(in X n eitX ). (1.113)
On a donc
dn
n
ϕX (t) = in E(X n ). (1.114)
dt t=0
Autrement dit,
dn
E(X n ) = n
ϕX (t) · (−i)n , n ∈ N∗ . (1.115)
dt t=0
La fonction génératrice des moments d’une variable aléatoire X, notée MX , est définie par :
MX (t) = E etX , t ∈ R. (1.116)
Définition 28 Une V.A.R. X suit la loi uniforme sur [a, b] (notée U([a, b])) lorsque X admet pour
densité la fonction fX définie par :
1
fX (x) =
si x ∈ [a, b]
b−a .
fX (x) = 0 sinon
La définition est la même sur chacun des intervalles ]a, b[, [a, b] et ]a, b].
Théorème 15 Soit X une variable aléatoire suivant une loi uniforme continue : X U(a, b).
Alors, la fonction de répartition de X est donnée par
0, si x < a,
x−a
FX (x) = , si a ≤ x ≤ b,
b−a
1,
si x > b.
Preuve. La fonction de densité de probabilité de la loi uniforme continue est donnée par
1
, si a ≤ x ≤ b,
fX (x) = b − a
0, sinon.
Ainsi, la fonction de répartition est
Z x
FX (x) = fX (z) dz. (1.119)
−∞
De plus, si a ≤ x ≤ b, on obtient
Z a Z x
FX (x) = fX (x) dz + fX (x) dz (1.121)
−∞ a
Z a Z x
1
= 0 dz + dz (1.122)
−∞ a b−a
1
= 0+ [z]x (1.123)
b−a a
x−a
= . (1.124)
b−a
Enfin, si x > b, on a
Z b Z x
FX (x) = fX (x) dz + fX (x) dz (1.125)
−∞ b
Z x
= FX (b) + 0 dz (1.126)
b
b−a
= +0 (1.127)
b−a
= 1. (1.128)
Ceci achève la preuve.
Proposition 15 Si X suit la loi uniforme sur [a, b], alors X admet une espérance mathématique :
a+b
E(X) = .
2
Preuve
Z b
Z +∞
x 1 Zb
E(X) = xf (x) dx = dx = x dx
−∞ a b−a b−a a
" #b
1 x2 1 b 2 − a2 b+a
= = · = .
b−a 2 a b−a 2 2
b+a
Donc E(X) existe et E(X) = .
2
Proposition 16 Soit X une variable aléatoire suivant une loi uniforme continue :
X U(a, b). (1.129)
Alors, la variance de X est
1
Var(X) = (b − a)2 . (1.130)
12
1 h ib
= (2x − a − b)3 (1.134)
24(b − a) a
1 h i
= (2b − a − b)3 − (2a − a − b)3 (1.135)
24(b − a)
1 h i
= (b − a)3 − (a − b)3 (1.136)
24(b − a)
1 h i
= (b − a)3 + (−1)3 (b − a)3 (1.137)
24(b − a)
2(b − a)3 1
= = (b − a)2 . (1.138)
24(b − a) 12
Ceci achève la preuve.
Remarque 23 (voir l’Exemple 10, Page 32) La loi triangulaire est obtenue en faisant le produit
de convolution de deux lois uniformes (continues) de même support (ce qui correspond à la loi de la
somme de deux variables aléatoires réelles indépendantes suivant une même loi uniforme).
Travail no 6.
Le service de recherche d’un fabricant d’acier pense que l’une des machines de laminage de
l’entreprise produit des tôles d’acier d’épaisseur variable. L’épaisseur est une variable aléatoire
uniforme prenant des valeurs comprises entre 150 et 200 mm.
Soit X l’épaisseur des tôles produites par cette machine.
(i) Calculer la moyenne et l’écart-type de X.
(ii) Représenter graphiquement la loi de probabilité de X.
(iii) Toute tôle dont l’épaisseur est inférieure à 160 mm doit être mise au rebut ; calculer la
proportion de tôles produites par cette machine qui doivent être rebutées.
Travail no 7.
Soit (Xi )1≤i≤n une famille de V.A.R. uniformes sur [0, a] indépendantes. (a > 0). On pose U =
sup (Xi ) et V = inf (Xi ).
1≤i≤n 1≤i≤n
Travail no 8.
(i) Étudier l’existence de E (Xi ) et Var (Xi ). Effectuer le calcul en cas d’existence.
(ii) Soit Y = min (Xi ). Déterminer la loi de Y et étudier l’existence de E (Y ).
(iii) Même question pour Z = max (Xi ).
Travail no 9.
Une personne doit se rendre à un rendez-vous à 17 h 30 min. Elle appelle un taxi qui arrive à son
domicile entre 16 h et 17 h à un instant 16 + t, où t exprimé en heures suit une loi uniforme sur
[0, 1]. Étant donné la circulation, la durée de la course est :
t+1 1
d = 2
si t ≤ 2
d = 3t
.
2
sinon
Définition 29 Une V.A.R. X suit la loi exponentielle de paramètre α > 00, et on note X E(α)
ou X exp (α), lorsque X admet pour densité la fonction fX définie par
f (x) = αe−αx si x ≥ 0
X
fX (x) = 0 si x < 0.
donc Z +∞
f (t) dt = 1.
−∞
Remarque 25 La loi exponentielle peut être considérée comme l’équivalent en continu de la loi
géométrique dans le cas discret. En effet, elle modélise un temps d’attente du premier succès dans
un processus de Poisson.
Théorème 16 Soit X une variable aléatoire suivant une loi exponentielle : X exp(α). Alors,
la fonction de répartition de X est donnée par
0,
si x < 0,
FX (x) =
1 − exp(−αx),
si x ≥ 0.
Si x < 0, on a
Z x
FX (x) = 0 dz = 0. (1.141)
−∞
X exp(α). (1.143)
Preuve. Supposons que X suive une loi exponentielle de paramètre (taux) α, c’est-à-dire
X Exp(α). (1.145)
Alors, la fonction de densité de probabilité est donnée par
fX (x) = αe−αx , α > 0 (1.146)
et la fonction génératrice des moments est définie par
h i
MX (t) = Eα etX . (1.147)
En utilisant la définition de l’espérance pour les variables aléatoires continues, la fonction génératrice
des moments de X est donnée par :
Z +∞ Z +∞ Z +∞
MX (t) = etx fX (x) dx = etx αe−αx dx = αex(t−α) dx
0 0 0
α α x(t−α) α α
x=+∞
= ex(t−α) = lim e − = lim e x(t−α)
−1 .
t−α x=0 x→+∞ t−α t−α t−α x→+∞
Notons que t ne peut pas être égal à α, sinon MX (t) n’est pas définie. De plus, si t > α, alors
limx→+∞ ex(t−α) = +∞, ce qui implique que MX (t) diverge pour t ≥ α. Nous devons donc
restreindre le domaine de MX (t) à t < α. Sous cette hypothèse, on peut simplifier davantage :
α α α
x(t−α)
MX (t) = lim e −1 = [0 − 1] = . (1.148)
t−α x→+∞ t−α α−t
Ceci achève la démonstration.
h Pn i n h i n
t Xi
E etXi = MX (t) = (MX (t))n .
Y Y
MPn Xi (t) = E e = (1.149)
i=1
i=1
i=1 i=1
Pn
Si X1 , X2 , . . . , Xn sont i.i.d. de loi exponentielle exp(α), quelle est la loi de i=1 Xi ?
La fonction génératrice des moments de la loi exponentielle exp(α) est, d’après l’Expression (1.148),
donnée par
α
MX (t) = . (1.150)
α−t
Pn
La fonction génératrice des moments de i=1 Xi est alors
n −n −n
α α−t t
n
MPn X (t) = (MX (t)) = = = 1− , (1.151)
i=1 i
α−t α α
qui est la fonction génératrice des moments d’une loi Gamma (voir la Définition 35, Page 89 et l’
Expression (1.414), Page 93) de paramètres n et α > 0.
Ainsi,
n
X
Xi Gamma(n, α). (1.152)
i=1
Cas n = 2 : S2 = X1 + X2
Z x
fS2 (x) = fX1 (y)fX2 (x − y) dy (1.154)
0
Z x
= αe−αy · αe−α(x−y) dy (1.155)
0
Z x
= α2 e−αx dy = α2 xe−αx . (1.156)
0
Donc :
α2 x1 e−αx
fS2 (x) = , x ≥ 0. (1.157)
1!
Cas n = 3 : S3 = S2 + X3
Z x
fS3 (x) = fS2 (y)fX3 (x − y) dy (1.158)
Z0x
= α2 ye−αy · αe−α(x−y) dy (1.159)
0
3 −αx
Z x
x2
= α e y dy = α3 e−αx · . (1.160)
0 2
Donc :
α3 x2 e−αx
fS3 (x) = , x ≥ 0. (1.161)
2!
Cas n = 4 : S4 = S3 + X4
Z x
fS4 (x) = fS3 (y)fX4 (x − y) dy (1.162)
0
α3 y 2 −αy
Z x
= e · αe−α(x−y) dy (1.163)
0 2
α4 e−αx Z x 2 α4 e−αx x3 α4 x3 e−αx
= y dy = · = . (1.164)
2 0 2 3 6
Donc :
α4 x3 e−αx
fS4 (x) = , x ≥ 0. (1.165)
3!
Conclusion : On obtient bien la forme de la densité de la loi Gamma (voir la Définition 35) de
paramètres n et α :
αn xn−1 e−αx αn n−1 −αx
fSn (x) = = x e , x ≥ 0. (1.166)
(n − 1)! Γ (n)
Preuve Z +∞ Z A
xfX (x) dx = lim αxe−αx dx si cette limite existe.
0 A→+∞ 0
On a :
Z A h iA Z A
−αx
αxe dx = −xe−αx + e−αx dx
0 0 0
−αx A
" #
e
= −Ae−αA + −
α 0
−αA
" #
−αA 1 e
= −Ae − − +
α α
e−αA 1
= −Ae−αA + − .
α α
1 −αA 1
limA→+∞ (−A − )e = 0 donc Eα (X) existe et Eα (X) = .
α α
Remarquons que
Z +∞ Z A
x2 fX (x) dx = lim αx2 e−αx dx
0 A→+∞ 0
et
"Z #
A h iA Z A Z A
2 −αx
lim αx e dx = −x2 e−αx + 2xe −αx
dx = −A e 2 −αA
+2 −αx
xe dx = 0.
A→+∞ 0 0 0 0
2 Z +∞ −αx 2 1 2
Donc Eα (X 2 ) existe et Eα (X 2 ) = xe dx = · = 2 .
α 0 α α α
Par suite, Varα (X) existe et
1
Varα (X) = Eα (X 2 ) − Eα (X)2 = .
α2
Preuve
X suit la loi exponentielle E(α), X(Ω) = R+∗ et
Z +∞
∀s ∈ R+ , P(X > s) = αe−αx dx = e−αs 6= 0
s
FX est continue sur ] − ∞, 0[ et [0, +∞[. FX (0) = 0 = lim− FX (x), donc FX est continue sur R.
x→0
Travail no 10.
La durée de vie (en années) d’un appareil de radio présente une distribution exponentielle de
paramètre α = 1/10. Si l’on achète un appareil vieux de 5 ans, quelle est la probabilité qu’il
fonctionne moins de 10 années additionnelles ?
Il s’ensuit que
1 1
P[X ≤ xm ] = ⇐⇒ 1 − e−αxm = (1.169)
2 2
ln 2
⇐⇒ xm = . (1.170)
α
On peut vérifier que l’on a bien :
" #
ln 2 Z +∞ h i+∞
P X≥ = αe−αx dx = −e−αx ln 2
(1.171)
α ln 2
α α
ln 2 1
= e−α α = . (1.172)
2
Donc, la médiane est donnée par
ln 2
xm = .
α
Travail no 11.
Soit X une v.a. continue de densité de probabilité f (x) donnée par :
c e−2αx 1 − e−αx , si x ≥ 0,
fX (x) =
0, sinon,
où α est une constante connue strictement positive et c une constante réelle à déterminer.
Travail no 12.
1. Soit une v.a. X qui suit la loi exponentielle de paramètre 1. Rappeler la fonction de densité et
la fonction de répartition de la variable étudiée.
2. On pose Y = ln eX − 1 .
(a) Déterminer la fonction de répartition F de la v.a. Y .
(b) Déterminer la fonction de densité f de la v.a. Y .
(c) Montrer que la fonction f est paire.
(d) Déduire E(Y ).
Travail no 13.
La durée de vie en années d’un ordinateur est une v.a. notée X suivant la loi exponentielle de
paramètre λ.
(i) Sachant que P(X > 10) = 0,286, déterminer la valeur de λ.
(ii) Calculer la probabilité qu’un ordinateur ait une durée de vie inférieure à 6 mois.
(iii) Sachant qu’un ordinateur a déjà fonctionné huit années, quelle est la probabilité qu’il ait une
durée de vie supérieure à 10 ans.
Travail no 14.
Soit la v.a. continue X modélisée par la loi uniforme continue sur l’intervalle [0, 1] :
X U[0,1] .
Travail no 15.
Le fonctionnement d’une machine est perturbé par des pannes. On considère les variables aléatoires
X1 , X2 et X3 définies par :
– X1 est le temps, exprimé en heures, écoulé entre la mise en route de le machine et la première
panne.
– X2 (resp. X3 ) est le temps, exprimé en heures, écoulé entre la mise en route de le machine
après la première (resp. la deuxième) panne et la suivante.
Après la troisième panne, l’utilisation de la machine est suspendue. On suppose que les variables
aléatoires X1 , X2 et X3 sont indépendantes et suivent la même loi exponentielle de paramètre 12 .
(i) Quelle est la durée moyenne de fonctionnement entre deux pannes consécutives ?
(ii) Soit E l’événement : « chacune des 3 périodes de fonctionnement de la machine dure plus de
2 heures ». Calculer P (E).
(iii) Soit Y la variable aléatoire égale à la plus grande des 3 durées de fonctionnement de la machine
sans interruption. Calculer P (Y ≤ t) en fonction de t pour t ∈ R. Déterminer une densité de
Y.
(iv) Soit a un réel non nul. Z x
– Pour tout réel x, calculer t exp (αt) dt.
0
– À l’aide des résultats précédents, montrer que la variable aléatoire Y a une espérance et
calculer sa valeur. Exprimer le résultat en heures et minutes.
Travail no 16.
Soit T une V.A.R. exponentielle de paramètre λ. Déterminer α pour que :
P (T > α) = P (T ≤ α) .
Travail no 17.
1. On considère deux variables aléatoires réelles X et Y , définies sur le même espace probabilisé,
indépendantes, suivant toutes deux la loi exponentielle de paramètre 1.
(i) Soit t un réel strictement positif. Montrer que la variable aléatoire Y − tX admet pour
densité l’application h définie par :
exp(−x)
t+1 si x > 0
h (x) = .
exp(x/t) sinon
t+1
Y
(ii) En déduire une densité de la variable aléatoire Z = X
.
X
(iii) Déterminer la loi de la variable aléatoire U = X+Y
.
2. Soit X une V.A.R. exponentielle de paramètre λ > 0. Soit Y = [X] la partie entière de X.
(i) Loi de Y ? E (Y ) ?
(ii) Loi de X − Y ?
Travail no 18.
On dit que Z suit la loi exponentielle bilatérale si une densité de Z est fZ définie sur R par :
fZ (z) = 12 exp (−|z|), z ∈ R.
1. Soient Z1 et Z2 deux V.A.R. indépendantes suivant la loi exponentielle bilatérale. Déterminer
une densité de Z1 + Z2 .
2. Dans cette question, X et Y sont deux variables indépendantes suivant toutes les deux la loi
exponentielle de paramètre 1 et on pose Z = X − Y .
(i) Déterminer la fonction de répartition, puis une densité de −Y .
(ii) Déterminer une densité de Z et vérifier que Z suit la loi exponentielle bilatérale.
(iii) On pose T = |Z|. Déterminer la fonction de répartition de T et vérifier que T suit une
loi exponentielle dont on donnera le paramètre.
Définition 30 Une V.A.R. X suit la loi normale centrée réduite et on note X N (0, 1), lorsque
X admet pour densité la fonction fX définie par :
1 x2
fX (x) = √ e− 2 , −∞ < x < +∞. (1.173)
2π
Remarque 28 La fonction fX (x) est une densité de probabilité légitime si elle est non négative
et si son intégrale sur son support est égale à 1. La première propriété est évidente, tandis que la
seconde peut être démontrée comme suit :
Z +∞ Z +∞
1 Z +∞
1
fX (x) dx = (2π)−1/2 exp − x2 dx = (2π)−1/2 2 exp − x2 dx (1.174)
−∞ −∞ 2 0 2
1/2
1 2 1
Z +∞ Z +∞
−1/2
= (2π) 2 exp − x dx exp − x2 dx (1.175)
0 2 0 2
1/2
1 1
Z +∞ Z +∞
−1/2
= (2π) 2 exp − x2 dx exp − y 2 dy (1.176)
0 2 0 2
1/2
1
Z +∞ Z +∞
= (2π)−1/2 2 exp − (x2 + y 2 ) dy dx (1.177)
0 0 2
1/2
1
Z +∞ Z +∞
[y = xs] −1/2
= (2π) 2 exp − (x2 + s2 x2 ) x ds dx (1.178)
0 0 2
1/2
1 2
Z +∞ Z +∞
−1/2 2
= (2π) 2 exp − x (1 + s ) x dx ds (1.179)
0 0 2
+∞ !1/2
Z +∞ Z +∞
1 1
−1/2
fX (x) dx = (2π) 2 − 2
exp − x2 (1 + s2 ) ds (1.180)
−∞ 0 1+s 2 0
1/2
1
Z +∞
−1/2
= (2π) 2 0+ ds (1.181)
0 1 + s2
1/2
1
Z +∞
−1/2
= (2π) 2 ds (1.182)
0 1 + s2
1/2
= (2π)−1/2 2 [arctan(s)]+∞
0 (1.183)
– Cette courbe est symétrique par Zrapport à l’axe des ordonnées car fX est paire.
t
– L’aire du domaine hachuré vaut fX (x)dx = Φ(t) où Φ désigne la fonction de répartition
−∞
de X. Z +∞
– L’aire du domaine compris entre la courbe et l’axe des abscisses vaut fX (x)dx = 1.
−∞
Proposition 19 Si X suit la loi normale N (0, 1), alors X admet une espérance mathématique et
une variance :
Preuve de la Proposition 19
Z +∞ Z +∞
1 x2
xfX (x)dx = √ xe− 2 dx
−∞ −∞ 2π
Pour tout A > 0,
Z A A
x2 x2 A2 A2
xe− 2 dx = −e− 2 = −e− 2 + e− 2 =0
−A −A
RA x2
et limA→+∞ −A xe− 2 dx converge (et vaut 1).
x2
Comme x 7→ xe− 2 est impaire, alors
Z +∞
xfX (x)dx = 0, ce qui prouve que X admet une espérance mathématique nulle.
−∞
Par ailleurs, Z +∞ Z +∞
1 x2
x2 fX (x)dx = √ x2 e− 2 dx
−∞ −∞ 2π
Pour tout A > 0,
Z A 2
2
A Z A
x2
2 − x2 − x2
xe dx = −xe + e− 2 dx
0 0 0
Z A √
2
− A2 − x2
2 2π
lim −Ae = 0 et lim e dx =
A→+∞ A→+∞ 0 2
√
Z +∞
− x2
2 √ − x2
2
Z +∞ 2
− x2 2π
e dx = 2π et x 7→ e est paire donc e dx = .
−∞ −∞ 2
Ainsi
√
Z +∞
− x2
2 2π
x2 e dx = .
0 2
2
− x2
De plus, x 7→ x2 e est paire, donc
Z +∞
x2 √
x2 e− 2 dx = 2π.
−∞
Donc Z +∞
x2 ϕ(x)dx = 1, ce qui prouve que E(X 2 ) existe et vaut 1.
−∞
fX (t) = fX (−t), ∀t ∈ R
donc la courbe associée à cette densité est symétrique par rapport à l’axe des ordonnées. Ainsi,
Z −x∗ Z +∞
fX (t) dt = fX (t) dt. (1.188)
−∞ x∗
Il vient :
Ainsi :
ΦX (x∗ ) = 1 − ΦX (−x∗ ) ou ΦX (−x∗ ) = 1 − ΦX (x∗ ).
Par ailleurs, pour tout x∗ ∈ R+ :
Finalement,
P(|X| ≤ x∗ ) = 2ΦX (x∗ ) − 1.
F IGURE 1.3
Les domaines hachurés en rouge sont symétriques l’un de l’autre par rapport à Oy, donc leurs
aires sont égales.
– Il est impossible d’exprimer les primitives de ϕ à l’aide des fonctions usuelles. La table donnée
en annexe permet d’obtenir les valeurs approchées à 10−4 près de Φ(x) pour certaines valeurs
positives de x.
Par exemple : Φ(1,96) = 0,9750 (valeur située sur la ligne 1,9 et la colonne 0,06).
Pour x = −1,96, on écrit Φ(−1,96) = 1 − Φ(1,96) = 0,0250.
Par contre : Φ(1,964) ne figure pas dans la table.
On peut : soit approcher Φ(1,964) par Φ(1,96) = 0,9750
soit effectuer une interpolation linéaire,
c’est-à-dire approcher Φ(1,964) par
– Graphe de fX :
F IGURE 1.4
Pour déterminer le(s) point(s) d’inflexion d’une fonction, on calcule sa dérivée seconde et on étudie
le signe de cette dernière. Si le signe change pour une abscisse particulière, la fonction admet un
point d’inflexion en cette abscisse. Déterminons les points d’inflexion de fX . Le calcul de la dérivée
première donne :
1 −2(x − m) − (x−m) 2
fX0 (x) = √ e 2σ 2
σ 2π 2σ 2
1 (x−m)2
= − 3 √ (x − m) e− 2σ2 . (1.197)
σ 2π
Le calcul de la dérivée seconde donne :
" #
1 (x − m)2 − (x−m) 2
fX00 (x) = − √ 1− e 2σ 2
σ3 2π σ2
1 (x−m)2
= √ (x − m − σ)(x − m + σ) e− 2σ 2 . (1.198)
σ 5 2π
On obtient alors le tableau de signes suivant :
x −∞ m − σ m + σ +∞
x − (m − σ) − 0 + + +
x − (m + σ) − − − 0 +
00
f (x) + 0 − 0 +
x=m−σ et x = m + σ.
Preuve. Soit
fX ∗ (x∗ ) = FX0 ∗ (x∗ ) = (σx∗ + m)0 FX0 (σx∗ + m) = σ fX (σx∗ + m). (1.203)
Comme X N (m, σ 2 ), on a :
2 !
1 1 σx∗ + m − m
∗
fX (σx + m) = √ exp − . (1.204)
2πσ 2 σ
Donc,
2 !
1 1 σx∗ 1 1
∗
fX (x ) = σ ·
∗ √ exp − = √ exp − (x∗ )2 . (1.205)
2πσ 2 σ 2π 2
Ainsi,
1 1 ∗ 2
fX ∗ (x∗ ) = √ e− 2 (x ) , x∗ ∈ R (1.206)
2π
est une densité de X ∗ , d’où :
On peut utiliser la Proposition 20 pour déterminer des probabilités relatives à la variable aléatoire X,
lorsque X N (m, σ 2 ), comme suit :
!
a−m X −m b−m
P(a ≤ X ≤ b) = P ≤ ≤
σ σ σ
!
b−m a−m
= Φ −Φ , (1.208)
σ σ
X − 30
Z= N (0, 1).
3
Déterminons les probabilités P(X = 28), P(X ≤ 33), P(X ≤ 27), P(27 ≤ X ≤ 33) et P(X > 33).
Solution
— P(X = 28) = 0.
Exemple 13 Soit X une variable aléatoire réelle dont on sait qu’elle suit une loi normale. On sait
de plus que
P(X ≤ 3) = 0,5517 et P(X > 7) = 0,0166.
Déterminons les paramètres m et σ de la loi normale suivie par X.
Solution. On a
X −m
X N (m, σ) ⇐⇒ Z = ∼ N (0, 1).
σ
— X ≤ 3 ⇐⇒ Z ≤ 3−m σ
, et P(X ≤ 3) = P Z ≤ 3−m
σ
= Φ 3−m
σ
= 0,5517. D’après la table de
la loi normale centrée réduite,
3−m
Φ(0,13) = 0,5517, donc = 0,13.
σ
7−m
— X > 7 ⇐⇒ Z > σ
, donc
P(X ≤ 7) = 1 − P(X > 7) = 1 − 0,0166 = 0,9834.
Ainsi,
7−m
Φ = 0,9834.
σ
D’après la table,
7−m
Φ(2,13) = 0,9834, donc = 2,13.
σ
On résout alors le système
3 − m = 0,13 σ,
7 − m = 2,13 σ.
Par soustraction,
4 = 2σ ⇒ σ = 2,
puis
m = 3 − 0,13 × 2 = 2,74.
Conclusion :
X N (m = 2,74, σ = 2).
[m − σ ; m + σ].
— {m − 2σ ≤ X ≤ m + 2σ} = {−2 ≤ Z ≤ 2} et
[m − 2σ ; m + 2σ].
— {m − 3σ ≤ X ≤ m + 3σ} = {−3 ≤ Z ≤ 3} et
[m − 3σ ; m + 3σ].
4−3 X −3 8−3
P(4 ≤ X ≤ 8) = P ≤ ≤
4 4 4
= ΦX ∗ (1.25) − ΦX ∗ (0.25) = 0.8944 − 0.5987 = 0.2957. (1.209)
0−3 5−3
P(0 ≤ X ≤ 5) = P ≤ X∗ ≤
4 4
= ΦX ∗ (0.5) − ΦX ∗ (−0.75) = 0.6915 − 0.2266 = 0.4649. (1.210)
et
−2 − 3 1−3
P(−2 ≤ X ≤ 1) = P ≤ X∗ ≤
4 4
= ΦX (−0.5) − ΦX (−1.25) = 0.3085 − 0.1056 = 0.2029. (1.211)
∗ ∗
Nous voulons
c X − 25 c
P − ≤ ≤ = 0.9544. (1.213)
6 6 6
Ainsi,
c c
Φ − 1−Φ = 0.9544, (1.214)
6 6
et
c
Φ = 0.9772. (1.215)
6
Par conséquent, c/6 = 2 et donc c = 12. Autrement dit, la probabilité que X se situe à moins de
deux écarts-types de sa moyenne est la même que la probabilité que la variable normale centrée
réduite Z se situe à moins de deux unités (écarts-types) de zéro.
Il arrive parfois que l’on souhaite lire la table de la loi normale dans le sens inverse, c’est-à-dire
déterminer l’inverse de la fonction de répartition de la loi normale centrée réduite. Autrement dit,
étant donnée une probabilité p, on cherche une constante a telle que
P(Z ≤ a) = p.
Exemple 17 Si la variable aléatoire Z suit une loi normale centrée réduite N (0, 1), déterminer des
constantes a et b telles que
Pour cela, on recherche les probabilités correspondantes dans les tables Va et Vb, on lit les valeurs
correspondantes de z. À partir de la table Va, on obtient a = 1.37, et à partir de la table Vb, on
obtient b = 1.62.
Dans les applications statistiques, on est souvent amené à déterminer un nombre zα tel que
P(Z ≥ zα ) = α, (1.223)
où Z N (0, 1) et où α est généralement inférieur à 0.5. Autrement dit, zα est le centile d’ordre
100(1 − α) (parfois appelé le point centile supérieur 100α) de la loi normale centrée réduite. La
valeur de zα est donnée dans la table Va pour certaines valeurs de α. Pour les autres valeurs de α, zα
peut être trouvé à l’aide de la table Vb.
En raison de la symétrie de la densité de la loi normale, on a
Par exemple,
Ainsi,
Remarque 33 Le centile d’ordre 100p, noté souvent πp , d’une variable aléatoire X, est un nombre
tel que
P(X ≤ πp ) = p. (1.230)
P(Z ≥ zα ) = α, (1.231)
il en résulte que
Ainsi, zα est le centile d’ordre 100(1 − α) de la loi normale centrée réduite N (0, 1). Par exemple,
z0.05 = 1.645 est le 95e centile et z0.95 = −1.645 est le 5e centile.
Exemple 19 Soit X la note d’un étudiant choisi au hasard lors d’un examen d’un cours de proba-
bilités, supposée être une variable aléatoire normale. On dit qu’un professeur note l’examen selon
la courbe lorsqu’il calcule la moyenne m et l’écart-type σ des notes, puis attribue les mentions
conformément au tableau suivant.
Intervalle des notes X ≥m+σ m≤X <m+σ m−σ ≤X <m m − 2σ ≤ X < mσ X < m − 2σ
Mention A B C D F
Supposons que le professeur du cours de probabilités note l’examen selon la courbe. Déterminer le
pourcentage des étudiants qui obtiendront respectivement les mentions A, B, C, D et F.
Solution. Du fait que (X − m)/σ suit une loi normale centrée réduite, on a :
X −m
P(X ≥ m + σ) = P ≥ 1 = 1 − Φ(1) ≈ 0.1587, (1.233)
σ
X −m
P(m ≤ X < m + σ) = P 0 ≤ < 1 = Φ(1) − Φ(0) ≈ 0.3413, (1.234)
σ
X −m
P(m − σ ≤ X < m) = P −1 ≤ < 0 = Φ(0) − Φ(−1) = 0.5 − 0.1587 ≈ 0.3413,
σ
X −m
P(m − 2σ ≤ X < m − σ) = P −2 ≤ < −1 = Φ(−1) − Φ(−2)
σ
= 0.1587 − 0.0228 ≈ 0.1359,
X −m
P(X < m − 2σ) = P < −2 = Φ(−2) ≈ 0.0228. (1.235)
σ
Par conséquent, environ 16% des étudiants obtiennent la note A, 34% la note B, 34% la note C, 14%
la note D, et 2% la note F. Si un enseignant note un examen selon la courbe, au lieu de calculer m et
σ, il ou elle peut attribuer A aux 16% les mieux classés, B aux 34% suivants, et ainsi de suite.
Proposition 21 Si X suit la loi nor male N (m, σ 2 ), X admet une espérance mathématique et une
variance :
E(X) = m et Var(X) = σ 2 .
σ 2 Varσ (X ∗ ) = σ 2 .
1 2 t2
Z +∞
1 1 2
= e2σ , car √ e− 2 u du = 1
−∞ 2π
donc
1
1 2 t2
MX (t) = etm+ 2 σ = exp tm + σ 2 t2 . (1.248)
2
Remarque 34 Il existe une correspondance bijective entre la fonction caractéristique et la fonction
densité de probabilité d’une variable aléatoire.
σ 2 u2
Si X N (m, σ), alors MX (u) = exp mu + 2
. Il vient,
! !
σ 2 (ln t)2 d m σ 2 ln t
ηX (t) = exp m ln t + =⇒ ηX (t) = + ηX (t). (1.249)
2 dt t t
On obtient :
d
ηX (t) = m =⇒ E(X) = m. (1.250)
dt t=1
De plus,
!
d2 σ 2 m2 2mσ 2 ln t σ 4 (ln t)2
ηX (t) = + 2 + + ηX (t).
dt2 t2 t t2 t2
Donc :
d d2
ηX (t) = m et η (t)
2 X
= m2 + σ 2 . (1.251)
dt t=1
dt t=1
Ainsi :
Preuve no 3.
Z +∞ Z +∞
E(X) = xfX (x) dx = (x − m + m)fX (x) dx (1.253)
−∞ −∞
Z +∞ Z +∞
= (x − m)fX (x) dx + m fX (x) dx (1.254)
−∞ −∞
Z +∞
= (x − m)fX (x) dx + m (1.255)
−∞
Remarquons que :
Z +∞ Z +∞
1 1 µ
2
(x − m)fX (x) dx = µ √ e− 2 σ2 dµ (1.256)
−∞ −∞ σ 2π
Comme l’intégrande est une fonction impaire, on a :
Z +∞
1 1 µ
2
µ √ e− 2 σ2 dµ = 0 (1.257)
−∞ σ 2π
Donc
Em (X) = m (1.258)
Par ailleurs,
Z +∞
Em (X 2 ) = x2 fX (x) dx (1.259)
−∞
x−m
en posant t = σ
, on obtient :
Z +∞
1 1 2
E(X 2 ) = (σt + m)2 · √ e− 2 t dt (1.260)
−∞ σ 2π
1 Z +∞ 2 2 1 2
= √ (σ t + 2mσt + m2 )e− 2 t dt (1.261)
2π −∞
σ 2 Z +∞ 2 − 1 t2 2mσ Z +∞ − 1 t2 m2 Z +∞ − 1 t2
= √ te 2 dt + √ te 2 dt + √ e 2 dt (1.262)
2π −∞ 2π −∞ 2π −∞
σ 2 Z +∞ 2 − 1 t2
= √ t e 2 dt + m2 . (1.263)
2π −∞
Faisons une intégration par parties :
1 2
u = t, dv = te− 2 t dt
du = dt, v = −e− 12 t2
σ2 h 1 2 +∞
i Z +∞
σ2 1 2
E(X 2 ) = √ −te− 2 t + √ e− 2 t dt + m2 (1.264)
2π −∞ −∞ 2π
Z +∞
1 1 2
= σ2 √ e− 2 t dt + m2 (1.265)
−∞ 2π
2 2
= σ +m (1.266)
Par définition,
D’où
v
n
X
u n
uX
N mk , t σk2 .
k=1 k=1
Comme X1 N (m1 , σ1 ) :
1 2 2
ϕX1 (t) = e itm1 − 2 σ1 t . (1.280)
Comme X2 N (m2 , σ2 ) :
1 2 2
ϕX2 (t) = e itm2 − 2 σ2 t . (1.281)
D’où :
1 2 2 2
ϕX1 +X2 (t) = ϕX1 (t) ϕX2 (t) = e it(m1 +m2 )− 2 (σ1 +σ2 )t . (1.282)
On a :
2
m1 +m2 −x
− 12 Z +∞ − 1 t− m1 +m2 −x 2 (σ2 +σ2 )
σ 2 +σ 2
e 1 2
2 2
σ +σ 2 1 2
fX1 +X2 (x) = e 1 2 dt.
2π −∞
Posons :
m1 + m2 − x
y =t− =⇒ dy = dt. (1.287)
σ12 + σ22
Ainsi :
2
m1 +m2 −x
− 21
σ 2 +σ 2 Z +∞
e 1 2 1 2 2 2
fX1 +X2 (x) = e− 2 (σ1 +σ2 )y dy. (1.288)
2π −∞
Remarquons que :
Z +∞
π
r
−ay 2
e dy = , a > 0. (1.289)
−∞ a
1 2 Z +∞ − u2
− x2
1
+ 12 − xu
2σ 2 σ2
∀x ∈ R, fX+Y (x) = e 2σ e 1
2σ
2 2 du. (1.297)
2πσ1 σ2 −∞
σ1 u xσ1
Dans l’intégrale on pose t = σσ2
− σσ2
1 2
− x2 σ1 σ2 Z +∞ − t2 1 − x22 √ 1 x2
f (x) = e 2σ · e 2 dt = e 2σ · 2π = √ e− 2σ2 . (1.298)
2πσ1 σ2 σ −∞ 2πσ 2πσ
q
Donc X1 + X2 suit la loi normale N (0, σ) avec σ = σ12 + σ22 .
Cas général :
X1 suit la loi N (m1 , σ1 ) =⇒ X1 − m1 suit la loi N (0, σ1 )
De même X2 − m2 suit la loi N (0, σ2 ) q
D’après ce qui précède, X1 + X2 − (m1 + m2 ) suit la loi N (0, σ12 + σ22 ), donc
X1 + X2 − (m1 + m2 ) q
q N (0, σ12 + σ22 ) ⇒ X1 + X2 N (m1 + m2 , σ12 + σ22 )
σ12 + σ22
La généralisation à n V.A.R. se démontre par récurrence.
Travail no 26.
P(X ≤ y) = 0,4218.
P(2,5 ≤ X ≤ 6,5).
5. Dans un certain type de graine, la probabilité de germination est p = 0,8. Une personne sème
400 graines. Calculez la probabilité pour que 300, au moins, germent.
Travail no 27.
1. La longueur des tiges de chrysanthèmes en fleurs coupées intervient dans le classement par
catégorie. Pour simplifier, on supposera par la suite que cette longueur sera le seul critère
de classement. Un chrysanthème sera classé en catégorie extra si la longueur de sa tige est
supérieure ou égale à 80 cm.
Au 1er décembre, on évalue la production d’une certaine serre à 6 000 chrysanthèmes pour le
mois. À cette époque, les chrysanthèmes classés en catégorie extra sont payés au producteur
10 frs les dix, et les autres 6 frs les dix seulement.
La qualité de la production ayant été étudiée sur un échantillon de 100 tiges coupées de
chrysanthèmes, on en conclut que la longueur des tiges coupées est une variable aléatoire qui
suit une loi normale de moyenne 92 cm et d’écart type 8 cm.
(i) Quelle est la probabilité pour qu’une fleur soit classée en catégorie extra ?
(ii) Quelle est l’espérance mathématique du nombre de fleurs qui seront classées en catégorie
extra sur les 6 000 fleurs de la production de décembre ?
(iii) Déduisez-en l’espérance mathématique de la recette pour le total de la production de la
serre pendant ce mois.
2. Seth et Bouesso décident de faire n parties de pile ou face, avec un enjeu de 1 frs par partie.
Chacun d’eux dispose de la somme de 20 frs. Le règlement aura lieu à la fin de la n-ième
partie.
(i) Soit X le nombre de parties que gagnera Seth . À quelle double inégalité doit satisfaire
X pour que le règlement puisse s’effectuer sans dette de l’un ou l’autre joueur ?
(ii) Déterminez une valeur de n pour que la probabilité d’un règlement sans dette soit au
moins égale à 0,68.
Travail no 28.
La distance (en mètres) parcourue par un projectile suit une loi normale. Au cours d’un entraînement,
on constate que :
– la probabilité qu’un projectile dépasse 60 mètres est 0,0869 ;
– la probabilité qu’un projectile parcoure une distance inférieure à 45 mètres est 0,6406.
Calculer la distance moyenne parcourue par un projectile, ainsi que l’écart-type de celle-ci.
Travail no 29.
Une enquête a été menée auprès de ménages de 4 personnes en vue de connaître leur consommation
de lait sur 1 mois. On suppose que sur l’ensemble des personnes interrogées, la consommation a une
distribution de type normale avec une moyenne de 20 litres et un écart-type de 5 litres. Dans le cadre
d’une campagne publicitaire, on souhaite connaître :
(i) Le pourcentage des faibles consommateurs (moins de 10 litres par mois).
Travail no 30.
(i) Soit X une V.A.R. suivant la loi N (0, 1). Déterminer t > 0 tel que
(ii) Soit X une V.A.R. suivant la loi N (8, 4). Calculer P (X < 7.5), P (X > 8.5), P (6.5 < X < 10),
P [(X > 6) / (X > 5)].
(iii) Soit X une V.A.R. gaussienne, déterminer l’espérance et la variance de X, sachant que :
P (X < −1) = 0.05
P (X > 3)
.
= 0.12
Calculer la longueur moyenne parcourue par un javelot, ainsi que l’écart type de cette longueur.
Travail no 31.
1. Soit T une V.A.R. qui suit la loi normale N (0, 1). Soit a un nombre réel strictement positif.
Soit X = |T | + a.
(i) Calculer la fonction de répartition FX de X en fonction de la fonction de répartition Φ
de la loi N (0, 1).
(ii) En déduire une densité fX de X.
(iii) Calculer E (X) et Var (X).
2. X suit la loi N (0, 1). Soit n un entier supérieur ou égal à 2. Pour quelle valeur de a ∈ R∗ , la
probabilité P (a < X < na) est-elle maximale ?
Définition 32 Soit ln X une variable aléatoire suivant une loi normale de moyenne µ ∈ R et de
variance σ 2 > 0 (ou d’écart-type σ) :
Alors, la variable aléatoire obtenue en prenant l’exponentielle de Y est dite suivre une loi log-
normale de paramètre de localisation µ et de paramètre d’échelle σ :
Théorème 20 Soit X une variable aléatoire suivant une loi log-normale de paramètres µ ∈ R et
σ2 > 0 :
X ln N (µ, σ 2 ). (1.301)
Preuve. Une variable aléatoire suivant une loi log-normale est définie comme l’exponentielle d’une
variable aléatoire normale :
Comme la dérivée de exp(Y ) est strictement positive, la fonction g(Y ) = exp(Y ) est strictement
croissante. La densité de X = g(Y ) est alors donnée par
dg −1 (x)
fY (g −1 (x)) , si x ∈ X ,
fX (x) = dx (1.307)
0, si x ∈
/ X,
où
Théorème 21 Soit X une variable aléatoire suivant une loi log-normale de paramètres µ ∈ R et
σ2 > 0 : X ln N (µ, σ 2 ).
Alors, la fonction de répartition de X est donnée par
" !#
1 ln x − µ
FX (x) = 1 + erf √ , x > 0. (1.315)
2 2σ
où la fonction d’erreur est définie par
2 Zx
erf(x) = √ exp(−t2 ) dt. (1.316)
π 0
Ainsi,
!
1 1 ln x − µ
FX (x) = + erf √
2 2 2σ
" !#
1 ln x − µ
= 1 + erf √ . (1.329)
2 2σ
X ln N (µ, σ 2 ). (1.330)
Preuves.
Preuve de l’Expression (1.331). Par définition, l’espérance d’une variable aléatoire continue est la
moyenne pondérée par la densité de probabilité :
Z
E(X) = x fX (x) dx. (1.334)
X(Ω)
on obtient
!2
Z +∞
1 1 ln x − µ
E(X) = x· √ exp− dx
0 x σ 2π 2 σ
!2
1 Z +∞ 1 ln x − µ
= √ exp− dx. (1.336)
σ 2π 0 2 σ
x = 0 =⇒ z = −∞, (1.339)
x → +∞ =⇒ z → +∞. (1.340)
Ainsi,
1 Z +∞ 1
E(X) = √ exp − z 2 exp(µ + σz)σ dz
σ 2π −∞ 2
1 Z +∞ 1 2
= √ exp − z + σz + µ dz. (1.341)
2π −∞ 2
On regroupe les termes dans l’exponentielle :
1 1
− z 2 + σz + µ = − z 2 − 2σz + µ
2 2
1 1
= − z 2 − 2σz + σ 2 + µ + σ 2 . (1.342)
2 2
On en déduit
1 1 1
Z +∞
E(X) = √ exp µ + σ 2 exp − (z − σ)2 dz. (1.343)
2π 2 −∞ 2
Or, on reconnaît l’intégrale de la densité d’une loi normale centrée réduite :
Z +∞
1 1
√ exp − u2 du = 1. (1.344)
−∞ 2π 2
Ainsi,
1
E(X) = exp µ + σ 2 . (1.345)
2
La démonstration est achevée.
Preuve de l’Expression (1.332). Par définition, le mode d’une variable aléatoire continue est la
valeur qui maximise la densité de probabilité :
Seconde dérivée :
" # !
1 (ln x − µ)2 ln x − µ
fX00 (x) = √ exp − 2
(ln x − µ) 1 +
2
2πσ x 3 2σ σ2
√ " # !
2 (ln x − µ)2 ln x − µ
+ √ 3 exp − 2
1+
πx 2σ σ2
" #
1 (ln x − µ)2
−√ exp − . (1.349)
2πσ 2 x3 2σ 2
ln x − µ = −σ 2 , (1.351)
soit
x = exp(µ − σ 2 ). (1.352)
Preuve de l’Expression (1.333). Par définition, la variance d’une variable aléatoire est
h i
Var(X) = E (X − E(X))2 . (1.355)
Or, l’espérance d’une variable aléatoire suivant une loi log-normale est
1
E(X) = exp µ + σ 2 . (1.357)
2
Il reste donc à calculer le second moment E(X 2 ).
Calcul du second moment.
Par définition,
Z +∞
E(X 2 ) = x2 fX (x) dx. (1.358)
0
on obtient
!2
Z +∞
1 1 ln x − µ
E(X 2 ) = x2 √exp− dx
0 x σ 2π 2 σ
!2
1 Z +∞ 1 ln x − µ
= √ x exp− dx. (1.360)
σ 2π 0 2 σ
x = 0 =⇒ z = −∞, (1.363)
x → +∞ =⇒ z → +∞. (1.364)
Ainsi,
1 Z +∞ 1
2
E(X ) = √ exp(µ + σz) exp − z 2 σ exp(µ + σz) dz
σ 2π −∞ 2
1 Z +∞ 1 2
= √ exp − z + 2σz + 2µ dz. (1.365)
2π −∞ 2
Théorème 23
Γ(a + 1) = aΓ(a), a > 0. (1.372)
De plus, on a : Z ∞ h i∞
Γ(1) = e−t dt = −e−t = 1. (1.373)
0 0
Γ(n + 1) = n! n ∈ N. (1.374)
Z 1 Z 1 Z 1
u−1 v−1 v−1 u−1
B (u, v) = (1 − t) t dt = (1 − s) s ds = su−1 (1 − s)v−1 ds = B (v, u) .
0 0 0
Théorème 24 La connexion entre la fonction bêta et la fonction gamma est donnée par :
Γ(u)Γ(v)
B(u, v) = , u > 0, v > 0. (1.376)
Γ(u + v)
Remarquons que :
Z +∞ Z +∞
Γ(u)Γ(v) = tu−1 e−t dt sv−1 e−s ds. (1.378)
0 0
On a
Z +∞Z +∞
Γ(u)Γ(v) = tu−1 sv−1 e−(t+s) dt ds (1.379)
0 0
∂(t, s) 1−v v
= = u(1 − v) + uv = u > 0.
∂(u, v) −u u
Ainsi,
Z 1
Γ(u)Γ(v)
v v−1 (1 − v)u−1 dv = , (1.386)
0 Γ(u + v)
ce qui achève la démonstration.
Z +∞ Z +∞
α−1 −x β−1 −y
Γ(α)Γ(β) = x e dx y e dy
0 0
Z +∞Z +∞
= xα−1 y β−1 e−(x+y) dx dy. (1.387)
0 0
En posant
x
u= , (1.388)
x+y
on obtient
uy y y
x= , dx = du, u ∈ (0, 1), x+y = . (1.389)
1−u (1 − u)2 1−u
Ainsi,
Z 1
Γ(α)Γ(β) = Γ(α + β) xα−1 (1 − x)β−1 dx (1.394)
0
Définition 35 (Loi Gamma) On dit qu’une variable aléatoire X suit la loi Gamma de paramètres
a et θ, où a > 0 et θ > 0, et on note X Γ(a, θ) ou X Gamma (a, θ) si X possède la fonction
densité de probabilité :
θa a−1 −θx
fX (x) = x e , si x > 0,
Γ(a) (1.395)
f (x) = 0,
sinon.
X
En particulier, pour a = 1, la variable aléatoire X Γ(1, θ) n’est rien d’autre que la V.A.R.
exponentielle de paramètre θ.
Remarque 37 Lorsque la variable X Γ(a, θ), la variable est alors appelée variable Gamma de
paramètres a et θ.
Remarque 38 Le paramètre θ est un paramètre d’échelle, tandis que a est un paramètre de forme.
La forme de la fonction densité de probabilité fX varie beaucoup avec a, lorsque a est relativement
petit. Lorsque a devient grand, fX (x) tend vers une densité normale (voir la Proposition 27, page
103) ; cela est une conséquence du théorème central limite, car lorsque a est un entier, la variable
aléatoire X peut être représentée comme une somme de a variables aléatoires (voir la Remarque 26,
page 50).
D’après la Définition 35, une variable aléatoire continue X est dite suivre une loi Gamma de
paramètres a et θ (a > 0, θ > 0) si sa fonction de densité de probabilité est donnée par
θa a−1 −θx
x e , 0 < x < +∞,
fX (x) = Γ(a)
0,
sinon.
La fonction définie ci-dessus est bien une densité de probabilité, car l’aire totale sous la courbe de
probabilité est égale à 1, c’est-à-dire
Z +∞ Z +∞
θa −θx a−1 θa Z +∞ −θx a−1
fX (x) dx = e x dx = e x dx. (1.396)
0 0 Γ(a) Γ(a) 0
Posons
t dt
t = θx, x= , dx = . (1.397)
θ θ
Lorsque x → 0, alors t → 0, et lorsque x → +∞, alors t → +∞. Ainsi,
Z +∞
θa Z +∞ −t t a−1 dt
fX (x) dx = e
0 Γ(a) 0 θ θ
1 Z +∞
= e−t ta−1 dt
Γ(a) 0
1
= Γ(a) = 1. (1.398)
Γ(a)
Cas particuliers
(i) Si α est un entier naturel (n ∈ N), alors on dit aussi que X suit une loi d’Erlang, laquelle est
importante dans la théorie des files d’attente.
(ii) Si a = ν/2, où ν ∈ {1, 2, . . .}, et θ = 1/2, alors la loi gamma porte aussi le nom de loi du
khi-deux (ou khi-carré) à ν degrés de liberté.
(iii) Si a = 1, alors la fonction densité fX devient
On dit que X suit une loi exponentielle de paramètre θ > 0. On écrit : X exp(θ).
suit une distribution gamma de paramètres n et α (voir la Remarque 26, page 50, pour plus de
détails).
Définition 36 (Loi Gamma) Soit b et t deux nombres réels strictement positifs. Une V.A.R. X suit
la loi Gamma de paramètres b et t , et on note X Gamma(b, t) si et ssi X admet pour densité
la fonction fX définie par :
x
e− t xb−1
X (x) = si x > 0
f
Γ(t)bt (1.400)
f (x) = 0 si x ≤ 0 .
X
Proposition 23 (Relation avec la loi normale centrée réduite) Soit Z une variable aléatoire sui-
vant une loi normale centrée réduite et soit X son carré : X = Z 2 . Alors X suit une loi gamma de
paramètres b = 2 et t = 1/2.
Pour x < 0, on a FX (x) = 0, car X, étant un carré, ne peut pas être négative. En utilisant la règle
de Leibniz pour l’intégration et le fait que la fonction de densité est la dérivée de la fonction de
répartition, la densité de probabilité de X, notée fX (x), est obtenue comme suit (pour x ≥ 0) :
Preuve no 1.
tX
θa a−1 −θx
Z +∞
tx
MX (t) = Ea,θ e = e x e dx. (1.413)
0 Γ(a)
θa Z +∞ a−1 (t−θ)x θa Γ(a) Z +∞ (θ − t)a a−1 −(θ−t)x
= x e dx = x e dx
Γ(a) 0 Γ(a) (θ − t)a 0 Γ(a)
!a !a
θa
a
θ t 1
= = = 1+ = = (1 − t/θ)−a .
(θ − t)a θ−t θ−t 1 − t/θ
D’où :
Preuve no 2. Par définition, la fonction génératrice des moments d ?une variable aléatoire réelle X
suivant la loi Gamma Γ(a, θ) est donnée par :
MX (t) = Ea,θ etX . (1.415)
On a alors
Z +∞ Z +∞
θa a−1 −θx
MX (t) = etx fX (x) dx = etx x e dx
0 0 Γ(a)
θa Z +∞ a−1 −(θ−t)x
= x e dx (1.416)
Γ(a) 0
u=(θ−t)x θa Z +∞ ua−1 −u du θa 1 Z +∞
= e = ua−1 e−u du
Γ(a) 0 (θ − t)a−1 θ−t Γ(a) (θ − t)a 0
!a −a
θa 1 θ t t
= Γ(a) = = 1− , < 1. (1.417)
Γ(a) (θ − t)a θ−t θ θ
On en déduit la fonction caractéristique de X :
Proposition 25 Si X suit la loi Gamma (b, t), alors X admet une espérance mathématique :
alors on a
dn
MX (t) = Ea,θ X n tX
e , n ∈ N∗ . (1.424)
dtn
En particulier,
dn
MX (t) = Ea,θ (X n ) . (1.425)
dtn t=0
Autrement dit,
(n)
Ea,θ (X n ) = MX (0). (1.426)
Or
−a −a−1
d t 1 t
(1)
MX (t) = 1− = −a − 1− , (1.428)
dt θ θ θ
donc
(1) a a
MX (0) = , i.e. Ea,θ (X) = . (1.429)
θ θ
Par ailleurs, si n = 2, alors l’Expression (1.426) donne :
(2)
Ea,θ (X 2 ) = MX (0). (1.430)
Or
2 −a−2
(2) 1 t
MX (t) = −a 1− (−a − 1), (1.431)
θ θ
donc
(2) 1 a2 + a
MX (0) = −a(−a − 1) = . (1.432)
θ2 θ2
Ainsi,
a2 + a
Ea,θ (X 2 ) = . (1.433)
θ2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 94 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.5. Loi Gamma
Il vient,
2 a2 + a a2 a
Vara,θ (X) = Ea,θ (X ) − E2a,θ (X) = 2
− 2 = 2. (1.434)
θ θ θ
Finalement, si
alors
a a
Ea,θ (X) = et Var(X) = . (1.436)
θ θ2
1 Z +∞ a −u du 1 a
Ea,θ (X) = u e = Γ(a + 1) = . (1.439)
Γ(a) 0 θ θΓ(a) θ
θa a−1 −θx
fa,θ (x) = x e 1R+ (x), (1.441)
Γ(a)
il vient :
θa Z +∞ a+1 −θx
Ea,θ (X 2 ) = x e dx. (1.442)
Γ(a) 0
On obtient ainsi :
θa 1 Γ(a + 2)
Ea,θ (X 2 ) = · a+2 Γ(a + 2) = 2 . (1.446)
Γ(a) θ θ Γ(a)
En utilisant la propriété de la fonction Gamma :
il vient finalement :
(a + 1)a
Ea,θ (X 2 ) = . (1.448)
θ2
Ainsi, la variance de X vaut :
(a + 1)a a2 a
Var(X) = E(X 2 ) − E(X)2 = 2
− 2 = 2. (1.449)
θ θ θ
X Γ(a, θ)
Alors,
Z +∞
E(X n ) = xn f (x) dx
0
Z +∞
θa a−1 −θx θa Z +∞ (a+n)−1 −θx
= xnx e dx = x e dx
0 Γ(a) Γ(a) 0
θa Γ(a + n) Γ(a + n)
= = , n ∈ N. (1.450)
Γ(a) θa+n θn Γ(a)
Par conséquent, l’espérance est
a
E(X) = . (1.451)
θ
Le second moment est
(a + 1)a
E(X 2 ) = . (1.452)
θ2
Et la variance est
2
(a + 1)a a a
Var(X) = E(X 2 ) − (E(X))2 = − = . (1.453)
θ2 θ θ2
On a :
n n n
!
X X X ai
E(Sn ) = E Xi = E(Xi ) = . (1.454)
i=1 i=1 i=1 θ
i.e.
n
1X
E(Sn ) = ai . (1.455)
θ i=1
Puis,
n n n
!
X X 1 X
Var(Sn ) = Var Xi = Var(Xi ) = ai . (1.456)
i=1 i=1 θ2 i=1
Remarque 42 (Le mode) Le mode Mo est la valeur de la variable pour laquelle la densité fX (x)
est maximale, c’est-à-dire que le mode est la solution de
fX0 (x) = 0 et fX00 (x) < 0. (1.457)
Par conséquent,
d
fX0 (x) = fX (x) = 0. (1.458)
dx
Pour la loi Gamma de paramètres a et θ,
θa −θx a−1
fX (x) = e x , x > 0.
Γ(a)
On dérive :
θa −θx a−1
!
d
e x = 0. (1.459)
dx Γ(a)
Ce qui donne
(a − 1)xa−2 e−θx = θxa−1 e−θx . (1.460)
En simplifiant,
a − 1 = θx. (1.461)
Ainsi,
a−1
x = . (1.462)
θ
Le mode de la loi Gamma est donc
a−1
Mo = .
θ
Théorème 25 (Stabilité de la loi Gamma) Soient X et Y deux V.A.R. indépendantes telles que :
X Γ(a, θ), Y Γ(b, θ). Alors X + Y Γ(a + b, θ).
Plus généralement, si X1 , . . . , Xn sont
! indépendantes et Xk Γ(ak , θ), k = 1, . . . , n, alors
n
X
Sn = X1 + · · · + Xn Γ ak , θ .
k=1
si l’on a posé v = t − u.
Remarquons que si t ≤ 0 et si u ≤ 0, alors fX (u) = 0 et donc fX+Y (t) = 0.
Si t < 0 et si u > 0, alors t − u < 0 et donc fX+Y (t) = 0.
En fait, on a :
Z t Z +∞
∀t ∈ R, fX+Y (t) = fX (u) fY (t − u) du + fX (u) fY (t − u) du. (1.467)
−∞ t
Si t > 0, alors :
Z 0 Z t
fX+Y (t) = fX (u)fY (t − u) du + fX (u)fY (t − u) du
−∞ 0
Z +∞ Z t
+ fX (u)fY (t − u) du = fX (u) fY (t − u) du. (1.468)
t 0
D’où
θa a−1 −θu θb
Z t
∀t > 0, fX+Y (t) = u e (t − u)b−1 e−θ(t−u) du (1.469)
0 Γ(a) Γ(b)
θa+b Z t a−1 θa+b Z t
= u (t − u)b−1 e−θt du = e−θt ua−1 (t − u)b−1 du
Γ(a)Γ(b) 0 Γ(a)Γ(b) 0
θa+b Z t
u b−1 b−1
= e−θt ua−1 1 − t du (1.470)
Γ(a)Γ(b) 0 t
Nous allons maintenant démontrer ce même résultat en utilisant une technique de changement de
variables. Tout d’abord, posons Z = X + Y. Nous allons maintenant déterminer la fonction de
répartition de Z :
Z +∞
fX+Y (z) = fX (z − y)fY (y) dy, z ∈ (0, +∞)
0
Z +∞ Z z−y
= fX (x)fY (y) dx dy
0 0
Z +∞
θa θb b−1 −θy
= (z − y)a−1 e−θ(z−y) y e dy
0 Γ(a) Γ(b)
θa θb Z +∞
= (z − y)a−1 y b−1 e−θz dy. (1.474)
Γ(a)Γ(b) 0
y = zu, dy = z du
Faisons maintenant une substitution simple afin que le résultat final puisse être mis en évidence :
θa θb −θz
Z +∞
fX+Y (z) = e (z − zu)a−1 (zu)b−1 z du
Γ(a)Γ(b) 0
θa θb Z +∞
= e−θz z a+b−1 (1 − u)a−1 ub−1 du
Γ(a)Γ(b) 0
θa θb Z +∞
= e−θz z a+b−1 ub−1 (1 − u)a−1 du. (1.475)
Γ(a)Γ(b) 0
On remarquera ici que la partie intégrale de cette équation correspond à la fonction de la loi Bêta.
Par conséquent, on obtient :
θa+b
fX+Y (z) = e−θz z a+b−1 B(a, b) (1.476)
Γ(a)Γ(b)
En utilisant une définition alternative de la loi Bêta, qui a été démontrée dans la démonstration
précédente, on arrive à notre résultat final :
θa+b
fX+Y (z) = e−θz z (a+b)−1 (1.477)
Γ(a + b)
Ceci correspond, de la manière la plus évidente, à la fonction de densité de probabilité d ?une loi
Gamma :
Z Γ(a + b, θ) (1.478)
On peut aussi procéder comme suit. On a montré que si X suit une loi Gamma Γ(a, θ), alors
−a
t
MX (t) = 1 − . (1.479)
θ
Soient X et Y deux variables aléatoires réelles suivant respectivement les lois Gamma de paramètres
(a, θ) et (b, θ). Autrement dit,
Ainsi,
−a −b −(a+b)
t t t
MX+Y (t) = MX (t)MY (t) = 1 − 1− = 1− . (1.482)
θ θ θ
On reconnaît la fonction génératrice des moments d’une loi Gamma de paramètres
a + b, θ > 0. (1.483)
Comme la fonction génératrice des moments d’une loi est unique, on en déduit que
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 100 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.5. Loi Gamma
Par hypothèse,
n
X
Sn = Xi , où Xi Γ(ai , θ). (1.486)
i=1
Initialisation. Pour n = 1, on a
Si n = 2, alors
S2 = X + Y. (1.488)
En prenant a = a1 et b = a2 , on obtient
Autrement dit,
Examinons si
n+1
!
X
Sn+1 Γ ai , θ . (1.493)
i=1
Par hypothèse,
Autrement dit,
n+1
!
X
Sn+1 Γ ai , θ . (1.497)
i=1
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 101 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.5. Loi Gamma
Comme P(2) est vraie et qu’il y a hérédité, alors la propriété P(n) est vraie pour tout n ∈ N∗ .
On peut donc en déduire que la loi Gamma est stable par additivité des variables aléatoires réelles
indépendantes.
Preuve
– X admet pour densité la fonction f définie par :
x
− t b−1
e x
si x > 0
f (x) =
Γ(t)bt .
0 si x ≤ 0
Z x − ub t−1 x−u
e u e− b (x − u)s−1
fX+Y (x) = · du
0 Γ(t)bt Γ(s)bs
x
e− b Z x
= t+s
ut−1 (x − u)s−1 du
Γ(t)Γ(s)b 0
− xb s+t−1 Z 1
e x
= ut−1 (1 − u)s−1 dx (changement de variable u = vx)
Γ(t)Γ(s)bt+s 0
x x
e− b xs+t−1 e− b xs+t−1
= B(t, s) =
Γ(t)Γ(s)bt+s bt+s Γ(t + s)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 102 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.5. Loi Gamma
n
!
X
On montre par récurrence sur n que Sn suit la loi Gamma b, tk (On utilise le fait que si
k=1
X1 , . . . , Xn , Xn+1 sont indépendantes, alors X1 , . . . , Xn sont indépendantes de Xn+1 , donc Xn+1
est indépendante de Sn ).
Preuve
Pn
1 1
∀k ∈ J1, nK, Xk E(α) = Γ α
,1 , donc k=1 Xk Γ α
,n , α 6= 0.
Proposition 27 (Propriété limite) La loi Gamma tend vers une loi normale lorsque a → +∞.
a
X −
t √
θ tθX ta tθX √ tθX
a/θ
√ −√ √ −t a √ √
a a = Ee a = Ee a · e−t a
MZ (t) = e
E = E
e
tθX
√a
! !−a
√ √ tθ √ tθ
−t a = e−t a M −t a
= e Ee X √ =e 1− √
a θ a
!−a
√ t
−t a
= e 1− √ (1.501)
a
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 103 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.6. Loi Bêta
Travail no 33.
1. Montrer que pour tout λ > 0 et pour tout entier n non nul :
n−1
λ λk Z λ λ−t tn−1
X
e = + e dt.
k=0 k! 0 (n − 1)!
2. Soit Y une variable aléatoire suivant la loi de Poisson de paramètre λ et X une variable
aléatoire suivant la loi Gamma (2, n). Montrer que P (X > 2λ) = P (Y < n).
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 104 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.6. Loi Bêta
X
Z=
X +Y
suit la loi Bêta de paramètres α et β, c’est-à-dire :
Z Beta(α, β).
Théorème 27 Soit Z une variable aléatoire suivant une loi bêta : Z Beta(α, β). Alors, la
fonction de densité de probabilité de Z est donnée par :
1
fZ (z) = z α−1 (1 − z)β−1 , pour z ∈ ]0, 1[ , (1.505)
B(α, β)
X
Preuve de l’Expression (1.505). On a Z = X+Y
X
P(Z ≤ z) = P ≤ z = P (X ≤ z(X + Y )) (1.508)
X +Y
z
= P ((1 − z)X ≤ zY ) = P X ≤ Y (1.509)
1−z
Z +∞ Z zy
1−z
= fX (x)fY (y) dxdy. (1.510)
0 0
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 105 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.6. Loi Bêta
z α−1 (1 − z)β−1
= Γ(α + β) (1.519)
Γ(α)Γ(β)
1
= z α−1 (1 − z)β−1 , pour z ∈ ]0, 1[ . (1.520)
B(α, β)
On a donc :
B(α + 1, β)
Eα,β [X] =
B(α, β)
Comme
Γ(a)Γ(b)
B(a, b) = ,
Γ(a + b)
alors
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 106 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.6. Loi Bêta
Γ(α + 1)Γ(β)
Γ(α + β + 1) Γ(α + 1) Γ(α + β)
Eα,β [X] = = · (1.523)
Γ(α)Γ(β) Γ(α) Γ(α + β + 1)
Γ(α + β)
Se rappeler que
Γ(α + 1) = αΓ(α), Γ(α + β + 1) = (α + β)Γ(α + β)
Ainsi
αΓ(α) Γ(α +β) α
Eα,β [X] = ·
= (1.524)
Γ(α) (α + β)
Γ(α + β) α+β
D’où
α
Eα,β [X] = (1.525)
α+β
On calcule :
Z 1
1
Z 1
E[X ] =2 2
x f (x)dx = xα−1 (1 − x)β−1 dx
x2 · (1.526)
0 0 B(α, β)
1 Z 1
B(α + 2, β)
= xα+1 (1 − x)β−1 dx = (1.527)
B(α, β) 0 B(α, β)
Γ(α+2)Γ(β)
Γ(α+β+2) Γ(α + 2)Γ(α + β)
= Γ(α)Γ(β)
= (1.528)
Γ(α+β)
Γ(α)Γ(α + β + 2)
(α + 1)α
Γ(α)Γ(α +β) α(α + 1)
2
Eα,β [X ] = = .
Γ(α)(α + β)(α + β + 1)
Γ(α + β) (α + β)(α + β + 1)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 107 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.6. Loi Bêta
de sorte que toute valeur de l’ensemble {0, 1} peut être considérée comme le mode.
(iii) Si α = 1 et β = 1, alors
1 Γ(2)
fX (x) = x1−1 (1 − x)1−1 = x0 (1 − x)0 = 1 = constante. (1.538)
B(1, 1) Γ(1)Γ(1)
c’est-à-dire que la distribution devient équivalente à la loi uniforme continue (standard) sur [0, 1],
qui possède une densité de probabilité constante. Ainsi, toute valeur de l’intervalle [0, 1] peut être
considérée comme le mode.
(iv) Pour les cas restants, nous devons analyser la densité de probabilité. Les deux premières dérivées
de cette fonction sont :
dfX (x) 1 h i
fX0 (x) = = −(β − 1)xα−1 (1 − x)β−2 + (α − 1)xα−2 (1 − x)β−1 . (1.539)
dx B(α, β)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 108 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.6. Loi Bêta
d2 fX (x) 1 h
fX00 (x) = = (α − 1)(α − 2)xα−3 (1 − x)β−1
dx2 B(α, β)
i
−2(α − 1)(β − 1)xα−2 (1 − x)β−2 + (β − 1)(β − 2)xα−1 (1 − x)β−3 .(1.540)
! !α−3 !β−1
α−1 1 α−1 β−1
fX00 = (α − 1)(α − 2)
α+β−2 B(α, β) α+β−2 α+β−2
!α−2 !β−2
α−1 β−1
−2(α − 1)(β − 1)
α+β−2 α+β−2
!α−1 !β−3
α−1 β−1
+(β − 1)(β − 2) . (1.545)
α+β−2 α+β−2
En multipliant par des facteurs qui sont certainement positifs, on peut se concentrer sur les parties
de la dérivée seconde qui déterminent son signe :
!2
fX00 (x) B(α, β) β−1
α−3 β−3 = (α − 1)(α − 2)
α+β−2
α−1 β−1
α+β−2 α+β−2
! !
α−1 β−1
−2(α − 1)(β − 1)
α+β−2 α+β−2
!2
α−1
+(β − 1)(β − 2) . (1.546)
α+β−2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 109 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.6. Loi Bêta
En multipliant ou en divisant encore par des termes nécessairement positifs, et qui ne changent donc
pas le signe de la valeur de la fonction, on obtient :
fX00 (x) B(α, β) (α + β − 2)2
α−3 β−3 · = (α − 2)(β − 1) − 2(α − 1)(β − 1) + (α − 1)(β − 2)
(α − 1)(β − 1)
α−1 β−1
α+β−2 α+β−2
h i h i
= (α − 1) (β − 2) − (β − 1) − (β − 1) (α − 1) − (α − 2)
= −(α − 1) − (β − 1) < 0, si α > 1 et β > 1. (1.547)
Ainsi, fX00 (x) est négative pour
α−1
x= , (1.548)
α+β−2
ce qui montre qu’il s’agit d’un maximum. Pour résumer :
– Si α < 1 et β < 1, alors fX (x) diverge aux deux extrémités et les deux valeurs de l’ensemble
{0, 1} peuvent être considérées comme le mode de X.
– Si α < 1 ou β < 1 (mais pas α < 1 et β < 1), alors le mode de X est 0 ou 1, car fX (x) tend
vers l ?infini lorsque x → 0 ou x → 1.
– Si α = 1 et β = 1, alors fX (x) est constante et toute valeur de l ?intervalle [0, 1] peut être
considérée comme le mode de X.
– Si α > 1 et β > 1 (mais pas α = 1 et β = 1), alors
α−1
0<x= < 1, fX0 (x) = 0, fX00 (x) < 0, (1.549)
α+β−2
et donc fX (x) atteint son maximum en
α−1
= mode(X). (1.550)
α+β−2
Théorème 31 Soit X une variable aléatoire positive suivant une loi bêta :
X Bet(α, β).
X k k−1
+∞
t
Y α+n
MX (t) = 1 + . (1.551)
k=1 k! n=0 α + β + n
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 110 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.7. Loi de Pareto
Preuve. La fonction génératrice des moments est définie comme l’espérance de la transformée de
Laplace de la fonction de densité de probabilité.
Z 1
tX
MX (t) = E(e ) = etx f (x; α, β) dx
0
1 Z 1
= etx xα−1 (1 − x)β−1 dx. (1.552)
B(α, β) 0
Une forme indépendante de l’intégrale peut être obtenue en utilisant le développement en série de
Taylor de etx et la définition de la fonction bêta :
Z 1 +∞
X tk xk
!
1
MX (t) = xα−1 (1 − x)β−1 dx
B(α, β) 0 k=0 k!
+∞
X tk Z 1
1
= xα+k−1 (1 − x)β−1 dx
B(α, β) k=0 k! 0
+∞
X k t B(α + k, β)
=
k=0 k! B(α, β)
+∞
X k t B(α + k, β)
= 1+ . (1.553)
k=1 k! B(α, β)
En utilisant l’expression des fonctions bêta en termes de fonctions gamma, on obtient finalement
X k k−1
+∞
t
Y α+n
MX (t) = 1 + (1.554)
k=1 k! n=0 α + β + n
Définition 38 Soit a et α deux réels strictement positifs et x0 un réel quelconque. Une V.A.R. X
suit la loi de Pareto de paramètres α, a et x0 si X admet pour densité la fonction fX définie par :
α+1
α a
si x − x0 > a
fX (x) = a x−x0 (1.555)
0 si x − x0 ≤ a
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 111 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.7. Loi de Pareto
Proposition 28 Soit X une v.a.r. suivant la loi de Pareto de paramètres α > 0, a > 0 et x0 . Alors
αa αa2
E(X) = x0 + et Var(X) = . (1.556)
α−1 (α − 2)(α − 1)2
u = t − x0 . (1.558)
Alors
α u + x0
Z +∞
E(X) = αa du (1.559)
a uα+1
Z +∞
1 x0
= αaα + du. (1.560)
a uα uα+1
On a
Z
1 x0 1 x0
α
+ α+1 du = − α−1
− . (1.561)
u u (α − 1)u αuα
Comme
1 1
lim = 0, lim =0 (α > 1), (1.562)
u→+∞ uα−1 u→+∞ uα
il vient
αa
E(X) = x0 + . (1.563)
α−1
De même, E(X 2 ) existe si et seulement si α > 2.
Supposons α > 2. On a
Z +∞
αaα
E(X 2 ) = t2 dt. (1.564)
a+x0 (t − x0 )α+1
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 112 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
Avec u = t − x0 , on obtient
2 α
Z +∞
(u + x0 )2
E(X ) = αa du (1.565)
a uα+1
!
α
Z +∞
1 2x0 x20
= αa + α + α+1 du. (1.566)
a uα−1 u u
Après intégration,
!
Z
1 2x0 x20 1 2x0 x20
+ α + α+1 du = − − − . (1.567)
uα−1 u u (α − 2)uα−2 (α − 1)uα−1 αuα
Comme
1 1 1
lim = lim = lim =0 (α > 2), (1.568)
u→+∞ uα−2 u→+∞ uα−1 u→+∞ uα
on obtient
αa2 2αx0 a
E(X 2 ) = + + x20 . (1.569)
α−2 α−1
Finalement,
2
Var(X) = E(X 2 ) − E(X) (1.570)
αa2
= . (1.571)
(α − 2)(α − 1)2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 113 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
c.-à-d. √
Fχ2 (1) (x) = 2FZ1 ( x) − 1.
En dérivant par rapport à x l’expression précédente, on obtient :
√ √ 1 1 1
Fχ0 2 (1) (x) = 2( x)0 fZ1 ( x) = √ · √ e− 2 x . (1.575)
x 2π
D’où
1 1 1 1 1 1 1
fχ2 (1) (x) = √ x− 2 e− 2 x = √ √ x− 2 e− 2 x (1.576)
2π 2 π
2−1/2
1/2
1 1
= √ x−1/2 e−x/2 = √ x−1/2 e−x/2 .
π 2 π
1 √
Comme Γ 2
= π, alors
(1/2)1/2 1 −1 −x/2
fχ2 (1) (x) = x2 e , x > 0.
Γ(1/2)
1
On en déduit que χ2 (1) = Z12 suit la loi Gamma de paramètres a = 2
et θ = 12 .
Autrement dit :
Z12 Γ 1 1
,
2 2
. (1.577)
Comme la loi Gamma est stable par addition de variables indépendante suivant cette loi, alors :
ν
!
Z12 Zν2
X
1 1 1 1
+ ··· + Γ ν· ,
2 2
=Γ ,
2 2
. (1.578)
i=1
Autrement dit :
ν
ν 1
Zi2
X
Γ , . (1.579)
i=1 2 2
ν/2
1
2
fPν Zi2 (x) = xν/2−1 e−(1/2)x 1{x>0} (1.580)
i=1 Γ(ν/2)
2−ν/2 ν/2−1 −(1/2)x
= x e 1{x>0} (1.581)
Γ(ν/2)
1
= ν/2
xν/2−1 e−x/2 1{x>0} . (1.582)
2 Γ(ν/2)
Par définition, la fonction génératrice des moments de χ2 (ν) est donnée par :
2 (ν)
Pν
Zi2
Mχ2 (ν) (t) = Eν et χ = Eν et i=1 . (1.583)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 114 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
2 2
Mχ2 (ν) (t) = Eν (etZ1 ) · · · Eν (etZν ) (1.584)
ν
2
Eν (etZi )
Y
= (1.585)
i=1
Yν ν
= MZi2 (t) = MZ12 (t) . (1.586)
i=1
1 1
Comme Z12 ∼ Γ ,
2 2
, alors l’Expression (1.414) donne :
Z +∞
2 2
MZ12 (t) = E etZ1 = etx fZ1 (x) dx (1.587)
−∞
Z +∞
tx2 1 −x2 /2 1 Z +∞ − 1 (1−2t)x2
= e √ e dx = √ e 2 dx (1.588)
−∞ 2π 2π −∞
2 Z +∞ − 1 (1−2t)x2
= √ e 2 dx. (1.589)
2π 0
Posons s
2z
z = 12 (1 − 2t)x2 =⇒ x = .
1 − 2t
−1/2 −1/2
1 2z 2 1 2 2z
dx = dz = dz
2 −2t + 1 −2t + 1 2 −2t + 1 −2t + 1
1 1
dx = √ √ dz.
2 (−2t + 1) 1/2 z
De plus, quand x → 0, z → 0 et quand x → +∞, z → +∞. Ainsi,
2 Z +∞ e−z 2 Z +∞ 1
MZ12 (t) = √ q dz = √ √ z 1/2−1 e−z dz (1.590)
2π 0 2z(1 − 2t) 4π 0 1 − 2t
√
2 Z +∞
1/2−1 −z 2
1 2 π
= q z e dz = q Γ 2 = √ √ (1.591)
4π(1 − 2t) 0 4π(1 − 2t) 2 π 1 − 2t
= (1 − 2t)−1/2 . (1.592)
Remarque 46
Z +∞
1 Z +∞ 1 −1 −u 1 1 1
−tα [u=tα ]
e dt = u α e du = Γ =Γ +1 ,
0 α 0 α α α
avec α > 0.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 115 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
Z +∞
(1/2)1/2 ν/2−1 (tx−x/2)
Mχ2 (1) (t) = x e dx (1.593)
0 Γ(ν/2)
Posons :
2u 2
u = 12 (1 − 2t)x, x= , dx = du.
1 − 2t 1 − 2t
(1/2)1/2 Z +∞ 2u ν/2−1 −u 2
Mχ2 (1) (t) = e du
Γ(ν/2) 0 1 − 2t 1 − 2t
(1/2)1/2 2ν/2
= Γ(ν/2) = (1 − 2t)−ν/2 . (1.596)
Γ(ν/2) (1 − 2t)ν/2
Donc
Mχ2 (1) (t) = (1 − 2t)−ν/2
Par définition,
dn
Eν (X n ) = Mχ2 (ν) (t) . (1.597)
dtn t=0
Pour n = 1,
d
Eν (X) = Mχ2 (ν) (t) (1.598)
dt t=0
ν ν
= − (−2) (1 − 2t)−ν/2−1 = (2) = ν. (1.599)
2 t=0 2
Pour n = 2,
d2
Eν (X 2 ) = Mχ2 (ν) (t) (1.600)
dt2 t=0
ν ν
= − (−2) − − 1 (−2) (1 − 2t)−ν/2−2 (1.601)
2 2 t=0
= ν (ν + 2). (1.602)
D’où
Varν (X) = Eν (X 2 ) − Eν (X)2 = ν(ν + 2) − ν 2 = 2ν.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 116 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
Il est important de remarquer que la variance est le double des degrés de liberté.
Proposition 29 La somme de variables aléatoires indépendantes suivant une loi du khi-deux est
aussi une variable suivant une loi du Khi-deux. Autrement dit, si χ21 , χ22 , . . . , χ2k sont k variables
aléatoires indépendantes suivant une loi du Khi-deux avec respectivement ν1 , ν2 , . . . , νk degrés de
liberté, alors la somme
χ21 + χ22 + · · · + χ2k
est aussi une variable suivant une loi du khi-deux avec ν1 + ν2 + · · · + νk degrés de liberté.
Preuve. Comme χ21 , χ22 , . . . , χ2k sont k variables aléatoires indépendantes, suivant une loi du Khi-
deux avec respectivement ν1 , ν2 , . . . , νk degrés de liberté, alors :
ν1 1 ν1 1
χ21 Γ , , a1 = , θ1 = ,
2 2 2 2
ν2 1 ν2 1
χ22 Γ , , a2 = , θ2 = ,
2 2 2 2
...
νk 1 νk 1
χ2k Γ , , ak = , θk = .
2 2 2 2
Il vient :
!!−ν1 /2
1
Mχ21 (t) = 1−t = (1 − 2t)−ν1 /2 , (1.603)
1/2
!!−ν2 /2
1
Mχ22 (t) = 1−t = (1 − 2t)−ν2 /2 , (1.604)
1/2
..
. (1.605)
!!−νk /2
1
Mχ2k (t) = 1−t = (1 − 2t)−νk /2 . (1.606)
1/2
On a :
P !
k
t χ2i 2 2 2
MPk χ2
(t) = E e i=1
= E etχ1 +tχ2 +···+tχk (1.607)
i=1 i
2 2 2
= E(etχ1 ) E(etχ2 ) · · · E(etχk ) (1.608)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 117 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
i=1
Le théorème d’unicité des fonctions génératrices des moments permet d’affirmer que :
k k
!
χ2i χ2
X X
νi
i=1 i=1
La somme de khi-deux indépendantes est une khi-deux dont les degrés de liberté s’additionnent.
Proposition 30 La loi du χ2 à ν degrés de liberté tend vers une loi normale lorsque ν → +∞.
On définit :
χ2 − Eν (χ2 ) χ2 − ν
χ2∗ = q = √ .
Var(χ2 ) 2ν
! !
2 tχ2
t χ√ −ν − √tν
tχ2∗ √
Mχ2∗ (t) = E e =E e 2ν =E e 2ν 2ν (1.613)
√
√t χ2
√ t
!
−t ν/2 −t ν/2
= e E e 2ν =e Mχ2 √ . (1.614)
2ν
Comme
Mχ2 (t) = (1 − 2t)−1/2 ,
alors s −1/2
! !−1/2
t t 2
Mχ2 √ = 1 − 2√ = 1 − t .
2ν 2ν ν
D’où :
s −1/2
√
2
Mχ2∗ (t) = e−t ν/2 1 − t . (1.615)
ν
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 118 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
Ainsi,
s
tν ν 2
ln Mχ2∗ (t) = − √ − ln 1 − t . (1.616)
2ν 2 ν
Se Rappeler : au voisinage de 0,
x2 x3 xn
ln(1 + x) = x − + + · · · + (−1)n+1 + xn ε(x).
2 3 n
Il vient :
t2 2 1 3 2 3/2 2 q 2
q q q
2 2
ln 1 − t ν
= −t ν
− − t ν − ν ν ε t ν2 . (1.617)
2 ν 3
ν q q t2 1 q q q q t2
ln(1 − t ν2 ) = −t ν2 − − t3 ν2 − ν ν2 ε t ν2 = −t ν2 − − · · · (1.618)
2 2 3 2
Lorsque ν → ∞, on a :
s
2 3
t t 2 t2
lim log M χ2∗ (t) = lim + + ··· = + 0 + ···
(1.619)
ν→∞ ν→∞ 2 3 ν 2
Donc :
2 /2
ν→∞
lim Mχ2∗ (t) = et . (1.620)
L’expression à droite est la fonction génératrice des moments de la loi normale centrée réduite. Ainsi,
par le théorème d’unicité de la f.g.m., la variable χ2 standardisée converge en loi vers la loi normale
centrée réduite lorsque ν → ∞.
Le théorème suivant fournit un résultat important qui sera utilisé dans les applications statistiques.
En lien avec ces applications, nous utiliserons la variance empirique S 2 pour estimer la variance σ 2
lors d’un échantillonnage issu d’une loi normale N (m, σ 2 ). Des précisions supplémentaires sur S 2
seront données dans la deuxième partie de ce cours.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 119 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
i=1
n n n
2
Xi2
X X X
= − 2X Xi + X
i=1 i=1 i=1
n
2 2
Xi2 − 2nX + nX
X
=
i=1
n
2
Xi2 − nX .
X
= (1.624)
i=1
Il s’ensuit que
n
2
Xi2 = (n − 1)S 2 + nX .
X
(1.625)
i=1
i=1 i=1
2
= (n − 1)S 2 + nX − 2n mX + n m2 (1.627)
= (n − 1)S 2 + n(X − m)2
n
(Xi − X)2 + n(X − m)2 .
X
= (1.628)
i=1
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 120 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
Comme
n
X
(xi − x) = 0, (1.636)
i=1
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 121 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
1
= h(y2 , y3 , . . . , yn ) g(y1 ). (1.643)
(2πσ 2 )n/2
Comme la densité conjointe fY1 ,Y2 ,...,Yn (y1 , y2 , . . . , yn ) peut être factorisée en un produit de fonctions
ne dépendant chacune que de leur ensemble respectif de statistiques, il s’ensuit, grâce à Proposition
10, Page 30, que Y1 = X̄ est indépendant de Yi = Xi − X̄, i = 2, 3, . . . , n.
Enfin, puisque X1 − X̄ = − ni=2 (Xi − X̄), il s’ensuit que X1 − X̄ est une fonction de Xi − X̄,
P
Comme X1 , X2 , . . . , Xn forment une de variables aléatoires issue d’une loi normale de moyenne
m et de variance σ 2 , alors la moyenne empirique X̄ est indépendante de la variance empirique S 2 ,
puisque S 2 est fonction de Xi − X̄ (i = 1, 2, . . . , n) il s’ensuit que S 2 est indépendante de X̄.
Il s’ensuit que
n 2 !2
X Xi −m (n − 1)S 2 X̄ − m
= 2
+n (1.645)
i=1 σ σ σ
!2
(n − 1)S 2 X̄ − m
= + √ . (1.646)
σ2 σ/ n
Posons
U = W + V. (1.647)
Remarquons que, puisque Xi N (m, σ 2 ), il s’ensuit (voir la Proposition 20, Page 62) que
Xi − m
Zi = N (0, 1). (1.648)
σ
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 122 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.8. Loi du khi-deux
2
De même, puisque X̄ N m, σn ,
X̄ − m
√ N (0, 1). (1.649)
σ/ n
D’après l’Équation (1.577), Page 114, il s’ensuit que
n 2
Xi −m
χ2 (n),
X
(1.650)
i=1 σ
!2
X̄ − m
V = √ χ2 (1). (1.651)
σ/ n
D’après l’Équation (1.579) et les équations suivantes, Page 114, il s’ensuit que
n 2
Xi −m
χ2 (n).
X
U= (1.652)
i=1 σ
Par conséquent, puisque W et V sont indépendantes, la fonction génératrice des moments de U est
MU (t) = MW (t)MV (t). (1.653)
On a
(1 − 2t)−n/2 = MW (t)(1 − 2t)−1/2 , (1.654)
d’où
(1 − 2t)−n/2
MW (t) = = (1 − 2t)−(n−1)/2 . (1.655)
(1 − 2t)−1/2
La fonction génératrice des moments de W est reconnue comme celle d’une loi du χ2 à n − 1 degrés
de liberté. Ainsi,
(n − 1)S 2
W = χ2 (n − 1). (1.656)
σ2
La preuve est donc terminée
Exemple 20 Soient X1 , X2 , X3 , X4 des variables aléatoires qui suivent de la loi normale N (76,4, 383).
Alors
4
X (Xi − 76,4)2
U= (1.657)
i=1 383
suit une loi du χ2 à 4 degrés de liberté,
4
X (Xi − X)2
W = (1.658)
i=1 383
suit une loi du χ2 à 3 degrés de liberté, et, par exemple,
P(0,711 ≤ U ≤ 7,779) = 0,90 − 0,05 = 0,85, (1.659)
P(0,352 ≤ W ≤ 6,251) = 0,90 − 0,05 = 0,85. (1.660)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 123 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.9. Loi de Student
Dans les sous-sections suivantes, nous illustrerons l’importance de la loi du χ2 dans les applications.
Nous examinons maintenant certaines lois qui constituent la base de certaines des inférences les
plus importantes en statistique.
Travail no 34.
Soit X une v.a. continue de densité :
k
, si 0 ≤ x ≤ e − 1,
fX (x) = x + 1
0, sinon.
où Z, Z1 , . . . , Zν sont des variables aléatoires indépendantes suivant toutes la loi normale centrée
réduite.
Définition 40 (Loi de Student) Soient Z et Q deux variables aléatoires indépendantes telles que
Z N (0, 1) et Q χ2 (ν). Alors la variable aléatoire
Z
T =q (1.662)
Q/ν
suit une loi appelée loi de Student à ν degrés de liberté, et on note T St(ν).
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 124 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.9. Loi de Student
(ii) L’espérance n’est pas définie pour ν = 1 et vaut 0 si ν ≥ 2. Sa variance n’existe pas pour
ν < 2 et vaut ν/(ν − 2) pour ν ≥ 3.
Remarque 47 Pour ν = 1, la loi de Student s’appelle loi de Cauchy, ou loi de Lorentz. C’est la
loi du rapport de deux variables normales centrées réduites indépendantes.
ν ν/2
!
d Z +∞ Z ts 1 −z2 /2 2
fT (t) = √ e dz ν/2−1
s ν−1 e−νs /2 ds
dt 0 −∞ 2π 2 Γ(ν/2)
Z +∞ "
ν ν/2
#
d Z ts 1 −z2 /2 2
= √ e dz ν/2−1 s ν−1 e−νs /2 ds.
0 dt −∞ 2π 2 Γ(ν/2)
Remarquons que
d Z ts 1 −z2 /2 1 2
√ e dz = √ e−(ts) /2 · s. (1.671)
dx −∞ 2π 2π
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 125 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.9. Loi de Student
Donc :
Z +∞
s 2 2 ν ν/2 2
fT (t) = √ e−t s /2 ν/2−1 s ν−1 e−νs /2 ds (1.672)
0 2π 2 Γ(ν/2)
ν ν/2
!
Z +∞
ν (t2 + ν)s2
= √ s exp − ds. (1.673)
2 ν/2−1 Γ(ν/2) 2π 0 2
Posons
u = (ν + t2 )s2 =⇒ du = 2(ν + t2 )s ds. (1.674)
D’où :
u
s2 = (1.675)
ν + t2
du du
ds = 2
= q . (1.676)
2(ν + t )s 2(ν + t2 ) u/(ν + t2 )
Déduisons l’intégrale transformée :
Z +∞
2 )s2 /2 1 Z +∞
sν e−(ν+t ds = u(ν−1)/2 e−u/2 du.
0 (ν + x2 )(ν+1)/2 0
On reconnaît l’intégrale gamma :
Z +∞
ν+1
u(ν−1)/2 e−u/2 du = 2(ν+1)/2 Γ .
0 2
Ainsi :
ν ν/2 1 ν+1
fT (t) = √ Γ .
2 ν/2−1 Γ(ν/2) 2π (ν + t2 )(ν+1)/2 2
En remplaçant ν + t2 par ν(1 + t2 /ν) dans l’expression précédente, il vient
!−(ν+1)/2
ν+1
1 Γ 2 t2
fT (t) = √ 1+ , t ∈ R. (1.677)
νπ ν
Γ 2 ν
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 126 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.9. Loi de Student
On pose :
t2 1
1+ = . (1.682)
ν y
Donc :
t2 1−y 1−y
= =⇒ t2 = ν . (1.683)
ν y y
Dérivons :
ν
2t dt = −νy −2 dy =⇒ dt = − dy. (1.684)
2t y 2
Changement des bornes :
t → ∞ ⇒ y → 0, t → 0 ⇒ y → 1.
!r
2 Γ( ν+1 ) Z1 1−y ν
µ2r = √ √ 2
ν y (ν+1)/2 dy.
ν πΓ(ν/2) 0 y 2t y 2
Comme :
s
√ 1−y
s
1 1 y
t = ν =⇒ = √ , (1.685)
y t ν 1−y
on obtient
√
ν ν −3/2
2
= y (1 − y)−1/2 . (1.686)
2t y 2
Donc :
ν r Γ( ν+1 ) Z1 ν
µ2r = √ 2
(1 − y)r y 2 −r−1 dy. (1.687)
πΓ(ν/2) 0
On reconnaît une intégrale Gamma :
Z 1
Γ(a)Γ(b)
y a−1 (1 − y)b−1 dy = , (1.688)
0 Γ(a + b)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 127 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.9. Loi de Student
avec
ν
a= − r, b = r + 1.
2
Alors :
ν r Γ ν+1
2
Γ ν
2
− r Γ(r + 1)
µ2r = √ ν ·
ν
. (1.689)
πΓ 2 Γ 2
+1
Comme
ν ν ν
Γ +1 = Γ ,
2 2 2
alors
ν ν+1
ν r−1 Γ 2
− r Γ(r + 1)Γ 2
µ2r = √ 2 ν . (1.690)
πΓ 2
En particulier, en prenant r = 1, on a
q
ν ν
2
−1 1+ 1
2 2
− 1 ν2 ν
µ2 = E ν T 2 = ν · 1 ν =ν· = .
2
· 2
1 ν
− 1 ν ν−2
2 2 2
3ν 2
= (ν > 4). (1.693)
(ν − 2)(ν − 4)
Γ(1)
fT (t) = √ (1 + t2 )−1 , t ∈ R. (1.694)
1
πΓ 2
Or
1 √
Γ(1) = 1, Γ = π (1.695)
2
donc,
1 1
fT (t) = √ √ (1 + t2 )−1 = . (1.696)
π π π(1 + t2 )
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 128 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.9. Loi de Student
On a :
1
fT (t) = , −∞ < t < ∞.
π(1 + t2 )
Proposition 32 La fonction fT est symétrique par rapport à l’origine et a la même allure que la
densité de Z N (0, 1). En fait, si ν → ∞, alors fT (t) tend vers la densité de Z. Autrement dit,
la loi de Student converge en loi vers la loi normale centrée réduite.
Remarquons que
Γ ν+12
Γ ν−1
2
+1
lim √
= lim √
ν
ν−2
(1.698)
ν→∞ ν→∞
νπ Γ 2 νπ Γ 2 + 1
√
ν−1 + 1
ν+1 ν−1 2 2 −(ν−1)/2
Γ 2 2π 2
e
lim √ = lim √ ν−2 2 + 21
(1.699)
ν→∞ √ ν−2
ν→∞
νπ Γ ν2
νπ 2π 2 e−(ν−2)/2
ν−2
1 ν−2
2
= lim √ e{ 2 − 2 − 2 +1} (2)1/2
ν 1 ν−1
(1.700)
ν→∞ nπ 2
" (ν−1)/2 #
1 ν−2
= lim √ e−1/2 (2)−1/2 (ν − 1) 1/2
(1.701)
ν→∞ nπ ν−1
1 (ν−1)/2
" #
1 1
lim √ e−1/2 1 −
= ν→∞ (1 − )1/2 (1.702)
2π ν ν
−(ν−1)/2
1 −1/2 1 1 1/2
= √ e lim 1 − lim 1 − (1.703)
2π ν→∞ ν−1 ν→∞ ν
1 1
= √ e1/2 e−1/2 · 1 = √ (1.704)
2π 2π
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 129 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
Par ailleurs,
!−(ν+1)/2 " !#
t2 = lim −
ν+1 t2
lim log 1 + log 1 +
ν→∞ ν ν→∞ 2 ν
" !#
ν+1 t2 1 t4 1 t6
= lim − − + − ··· (1.705)
ν→∞ 2 ν 2 ν2 3 ν3
t2
= − (1.706)
2
Il vient :
!−(ν+1)/2
t2 2 /2
lim 1+ = e−t (1.707)
ν→∞ ν
En tenant compte des Expressions (1.704) et (1.707), on obtient :
1 −t2 /2
lim f T (t) = √ e . (1.708)
ν→∞ 2π
Donc la loi de Student converge vers la loi normale standard.
Travail no 35.
Soit T une V.A.R. continue de densité de probabilité fX définie par
K
fT (t) = ! n+1 , −∞ < t < +∞. (1.709)
t2 2
1+
n
Déterminer la valeur de la constante K puis reconnaître cette loi.
Q1 /ν1
F = (1.711)
Q2 /ν2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 130 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
Proposition 33 La variable aléatoire F suit une loi de Fisher-Snedecor à (ν1 , ν2 ) degrés de liberté
dont la fonction densité de probabilité est donnée par :
ν1 +ν2
Γ 2 ν1
ν1 /2
xν1 /2−1
fF (x) = ν1 +ν2 si x > 0. (1.712)
Γ (ν1 /2) Γ (ν2 /2) ν2
ν1 2
1+ ν2
x
ν2
Son espérance n’existe que si ν2 ≥ 3 et vaut ν2 −2
. Sa variance n’existe que si ν2 ≥ 5 et vaut
2ν22 (ν1 +ν2 −2)
ν1 (ν2 −2)2 (ν2 −4)
.
Remarque 48 La fonction fF est bien une densité de probabilité sur ]0, +∞[, car :
– ses valeurs sont positives,
– la fonction est intégrable et son intégrale est donnée par :
ν1 +ν2 ν1
Z +∞ ν1 ν2 Γ 2
Z +∞
x 2 −1
fF (x) dx = ν1 ν2 2 2
ν1
ν2
ν1 +ν2 dx. (1.713)
0 Γ 2
Γ 2
0 (ν1 x + ν2 ) 2
on pose
ν1 x ν2
t= =⇒ dx = dt.
ν1 x + ν2 ν1 (1 − t)2
De plus,
ν2
, ν1 x + ν2 =
1−t
ce qui implique que lorsque x = 0, t = 0, et lorsque x tend vers l’infini, t tend vers 1. Par conséquent,
! ν1 −1 ν1 +ν2
Z 1
ν2 t 2
1−t 2 ν2
I = dt (1.714)
0 ν1 (1 − t) ν2 ν1 (1 − t)2
ν1 ν2 Z 1 ν1 ν2
− −
= ν1 2
ν2 2
t 2 −1 (1 − t) 2 −1 dt. (1.715)
0
Dans l’intégrale, on reconnaît la fonction Bêta d’Euler définie, lorsque les parties réelles de x et y
sont positives, par (voir la Définition 34 et le Théorème 24 , Page 87) :
Z 1
Γ(x)Γ(y)
B(x, y) = ux−1 (1 − u)y−1 du = .
0 Γ(x + y)
Donc Z 1
ν1 ν2
ν1 ν2
−1 −1
t 2 (1 − t) 2 dt = B , ,
0 2 2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 131 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
= 1. (1.717)
L’intégrale de fF est bien égale à 1, ce qui montre que fF est bien une densité de probabilité.
1
Proposition 34 1. Si F suit une loi de Fisher F (ν1 , ν2 ) alors F
suit une loi de Fisher
F (ν2 , ν1 ).
2. Si T suit une loi de Student à ν degrés de liberté alors T 2 suit une loi de Fisher F (1, ν).
P[ F ≥ Fα (ν1 , ν2 ) ] = α. (1.718)
Pour une probabilité de queue gauche égale à α, où α est généralement petit, on remarque que si F
suit une loi de Fisher F (ν1 , ν2 ), alors la variable 1/F suit une loi de Fisher F (ν2 , ν1 ). En effet,
" #
1 1
α = P[ F ≤ F1−α (ν1 , ν2 ) ] = P ≥ . (1.719)
F F1−α (ν1 , ν2 )
D’autre part,
1
P ≥ Fα (ν2 , ν1 ) = α. (1.720)
F
Il en résulte que
1 1
= Fα (ν2 , ν1 ), ou encore F1−α (ν1 , ν2 ) = . (1.721)
F1−α (ν1 , ν2 ) Fα (ν2 , ν1 )
Exemple 21 Soit F une variable aléatoire suivant une loi de Fisher F (4, 6). À partir de la Table, on
obtient
Autrement dit,
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 132 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
Travail no 36.
— Soit F une variable aléatoire suivant une loi de Fisher F (9, 24). Déterminer :
(a) F0.05 (9, 24) ;
(b) F0.95 (9, 24) ;
(c) P(0.277 ≤ F ≤ 2.70).
— Soit F une variable aléatoire suivant une loi de Fisher F (8, 4). Déterminer :
(a) F0.01 (8, 4) ;
(b) F0.99 (8, 4) ;
(c) P(0.198 ≤ F ≤ 8.98).
Preuve de la Proposition 33. Par définition, il est évident que F est une variable positive. Soit G
sa fonction de répartition, alors pour tout x > 0 on a :
!
ν1 Q1 ν2 x
G (x) = P(F ≤ x) = P ≤ x = P Q1 ≤ Q2 (1.727)
ν2 Q2 ν1
Z ∞ ν2 x
Z
ν1
s
= fQ2 (s)ds fQ1 (t) dt (1.728)
0 0
La fonction précédente est manifestement une fonction dérivable par rapport à x grâce aux théorèmes
usuels de dérivation d’une intégrale à paramètres.
d Z∞ ν2
G (x) = sfQ2 (s)fQ1 xs ds (1.729)
dx 0 ν1
ν1 −1 Z ∞
d ν1 −ν1 /2 1 ν2
ν
ν1 +ν2
2
−1 − 2ν21 s
= 2 x s 2 e ds
dx ν2 Γ( ν21 ) ν1 0
h i
ν1 x+ν2 ν1 −1
u= s
ν1 −ν1 /2 1 ν2 1 ν1 + ν2
ν2 2
= 2 ν1 x Γ
ν2 Γ( 2 ) ν1 (ν1 x + ν2 )/2 2
ν1 −1
ν1 2−(ν1 +ν2 )/2 ν1 + ν2 ν2 1
2
= Γ x (1.730)
ν2 Γ( ν21 ) 2 ν1 ν1 x + ν2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 133 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
Z ∞
µ0r = E (X r ) = xr f (x) dx (1.731)
0
ν /2
ν1 1
Z ∞
r ν2
xν1 /2−1
= x ν ν dx (1.732)
0 Γ 21 Γ 22 (ν1 +ν2 )/2
ν1 +ν2
1 + νν12 x
Γ 2
ν1 /2
ν1 ν1 +ν2 Z ν1
ν2
Γ 2
∞ x r+ 2 −1
= (ν1 +ν2 )/2 dx (1.733)
Γ ν21 Γ ν22
0 ν1
1 + ν2 x
Posons
ν1 ν2 ν2
x = t, x= t, dx = dt
ν2 ν1 ν1
Après changement de variable :
ν1 +ν2
ν1
ν1 /2 Γ ν2
2
r+ν1 /2
µ0r = ×
ν2 Γ(ν1 /2)Γ(ν2 /2) ν1
Z ∞
× t r+ν1 /2−1 (1 + t)−(ν1 +ν2 )/2 dt (1.734)
0
ν1 +ν2
ν2
r Γ 2 ν1 ν2
= B r+ , −r (1.735)
ν1 Γ(ν1 /2)Γ(ν2 /2) 2 2
On obtient alors :
ν1 ν2
ν2
r Γ r+ 2
Γ 2
−r ν2
µ0r = , r< . (1.736)
ν1 Γ(ν1 /2)Γ(ν2 /2) 2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 134 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
En particulier,
ν1 ν2
ν2
Γ 2
+1 Γ 2
− 1
µ01 = E (X) = (1.737)
ν1 Γ ν21 Γ ν22
ν1
ν2
2
Γ ν21 Γ ν22
=
ν2 −2
(1.738)
ν1 Γ ν21 Γ ν22
2
ν2
= (1.739)
ν2 − 2
De plus,
ν1 ν2
ν2
2 2+ 2 2
−2
µ02 = E X 2 = ν1 ν2 (1.740)
ν1 2 2
ν1 ν1 ν2 ν2
ν2
2 1+ 2 2 2
2
−2
=
(1.741)
ν1 ν1 ν2
− 1 ν22 − 2
2
2
ν1
ν2
2 (ν1 + 2) 2
= (1.742)
ν1 ν2
−1 ν2
−2
2 2
ν22 (ν1 + 2)
= . (1.743)
ν1 (ν2 − 2)(ν2 − 4)
On a :
ν2 (ν1 + 2) ν2 2
Varν1 ,ν2 (X) = µ02 − (µ01 )2 = − (1.744)
ν1 (ν2 − 2)(ν2 − 4) ν2 − 2
" #
ν2 ν2 (ν1 + 2) ν2
= − (1.745)
(ν2 − 2) ν1 (ν2 − 4) (ν2 − 2)
" #
ν2 ν2 (ν1 + 2)(ν2 − 2) − ν1 ν2 (ν2 − 4)
= (1.746)
(ν2 − 2) ν1 (ν2 − 2)(ν2 − 4)
" #
ν2 ν2 (ν1 ν2 − 2ν1 + 2ν2 − 4) − ν1 ν22 + 4ν1 ν2
=
(ν2 − 2) ν1 (ν2 − 2)(ν2 − 4)
" #
ν2 ν1 ν22 − 2ν1 ν2 + 2ν22 − 4ν2 − ν1 ν22 + 4ν1 ν2
Varν1 ,ν2 (X) = =
(ν2 − 2) ν1 (ν2 − 2)(ν2 − 4)
" #
ν2 2ν22 − 4ν2 + 2ν1 ν2
= (1.747)
(ν2 − 2) ν1 (ν2 − 2)(ν2 − 4)
2ν22 (ν1 + ν2 − 2)
= . (1.748)
ν1 (ν2 − 2)2 (ν2 − 4)
Le mode est cette valeur de la variable pour laquelle fF (x) est maximum, c’est-à-dire le mode est la
solution de
fF0 (x) = 0 et fF00 (x) < 0.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 135 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
Ensuite, nous savons que la fonction de densité de probabilité de la loi de Fisher-Snedecor est donnée
par
, ν1 ν2 ν1 +ν2
ν1
ν1 /2
ν1
−1
Γ 2 Γ 2 ν1 2
fF (x) = x 2 1+ x
ν2 Γ ν1 +ν2 ν2
2
ν1
−1
Cx 2
= ν1 +ν2 , 0 ≤ x < ∞, (1.749)
ν1 2
1+ ν2
x
∂ ν1 1 ν1 + ν2 1 ν1
log f (x) = −1 − ν1 =0
∂x 2 x 2 1 + ν2 x ν2
ν1 − 2 1 ν1 + ν2 1 ν1
⇒ − =0 (1.750)
2 x 2 ν2 + ν1 x ν2
ν1 − 2 1 ν1 (ν1 + ν2 )
⇒ = (1.751)
2 x 2(ν2 + ν1 x)
ν2 + ν1 x ν1 (ν1 + ν2 )
⇒ = (1.752)
x ν1 − 2
ν2 ν1 (ν1 + ν2 )
⇒ + ν1 = . (1.753)
x ν1 − 2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 136 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
ν1 +ν2
ν1
ν1 /2
ν1 /2−1
Γ ν1
2
−(ν1 +ν2 )/2
dG(x) = x 1+ x dx.
ν2 Γ ν1
Γ ν2 ν2
2 2
ν1 ν1
ν1 2 −1
ν
x 2
= 2 dx (1.757)
ν1 ν2
Γ 2
Γ 2
ν1 x
ν1 +ν2
2
ν1 +ν2
1+ ν2
Γ 2
ν1 ν1
(ν1 ) 2 Γ ν1 +ν2
2
x 2 −1
= ν1 +ν2 dx (1.758)
ν1
ν1 ν2 ν1 x 2
(ν2 ) Γ 2
2
Γ 2
1+ ν2
ν1 + ν2
Γ
(ν ) ν21 x ν21 −1 ν1 +ν2
ν x
2 2
1 1
dG(x) = ν
ν dx 1+ .
ν1
(ν2 ) 2 Γ
2
Γ
1
ν 2
2 2
Lorsque ν2 → ∞, alors
ν1 +ν2 ν1 ν1
2
Γ (ν
1) 2 x 2 −1
Limν2 →∞ dG(x) = Limν2 →∞ ν1 Limν2 →∞ dx
(ν ) 2 Γ ν2 Γ ν1
2 2 2
− ν1 +ν2
ν1 x 2
× Limν2 →∞ 1 + . (1.759)
ν2
On a alors :
ν1 + ν2 ν1 + ν2 − 2 ν1 + ν2 − 2
Γ = Γ , (1.761)
2 2 2
ν2 ν2 − 2 ν2 − 2
Γ = Γ . (1.762)
2 2 2
On obtient :
ν1 + ν2 ν1 + ν2 − 2 ν1 + ν2 − 2
Γ Γ
2 = 2 2 (1.763)
ν1 ν2 ν1 ν2 − 2 ν2 − 2
(ν2 ) 2 Γ (ν2 ) 2 Γ
2 2 2
ν1 + ν2 − 2
ν1 + ν2 − 2 Γ
= · 2
ν2 − 2 . (1.764)
ν2 − 2 ν1
(ν2 ) Γ
2
2
Lorsque ν2 → ∞, on a :
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 137 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
ν1 + ν2 − 2 ν1
= 1+ −→ 1. (1.765)
ν2 − 2 ν2 − 2
Par conséquent,
ν1 + ν2 ν1 + ν2 − 2
Γ Γ
lim 2 = lim 2
ν2 ν2 − 2 . (1.766)
ν2 →∞ ν1 ν2 →∞ ν1
(ν2 ) 2 Γ (ν2 ) 2 Γ
2 2
Se rappeler de l’approximation de Stirling pour la fonction Gamma :
√ 1
Γ(z) ∼ 2π z z− 2 e−z , lorsque z → +∞.
Ainsi,
ν1 + ν2
Γ
2
lim
ν2 →∞ ν1
=
ν (1.767)
(ν2 ) 2 Γ 2
2
ν1 +ν2 −2 − 1
√ −(
ν1 +ν2 −2
)
ν 1 + ν 2 − 2 2 2
2π e
2
2
= lim ν2 −2 − 1 (1.768)
ν2 →∞
ν1 √ ν 2−2
ν2 −2
2 2
(ν2 ) 2
2π e − ( 2 )
2
ν1 +ν2 −2 ν2 −2 ν1 +ν2 −1
e−{ 2 − 2 } (ν1 + ν2 − 2) 2
= lim ν1 ν1 +ν2 −2 1 ν2 −2 1 ν2 −1 (1.769)
ν2 →∞
(ν2 ) 2 (2) 2 + 2 − 2 − 2 (ν2 − 2) 2
ν1 ν2 −2 ν2 −2 ν1 +ν2 −1
e−{ 2 + 2 − 2 } (ν1 + ν2 − 2) 2
= νlim ν1 ν1 ν2 −1 (1.770)
2 →∞
(ν2 ) 2 (2) 2 (ν2 − 2) 2
ν1 ν1 +ν2 −1
e− 2 (ν1 + ν2 − 2) 2
= lim
ν2 →∞ ν1 ν1 ν2 −1 (1.771)
(2) 2 (ν2 ) 2 (ν2 − 2) 2
ν1 + ν2
ν1 +ν2 −1
ν ν1 +ν2 −1
Γ
e − 21
(ν2 ) 2 1 + ν1 −2 2
2
ν2
lim
ν2 →∞ ν1
= lim
ν ν2 →∞ ν2 −1
(ν2 ) 2 Γ 2
ν1 ν1 ν2 −1
(2) 2 (ν2 ) 2 (ν2 ) 2 1 − ν22 2
2
ν2 ν1 −1
ν1 − 2 2 ν1 − 2 2
ν1 lim 1 + lim 1 +
e− 2 ν2 →∞ ν2 ν2 →∞ ν2
= ν1 ν2 1
(2) 2 2 −2
2 2
lim 1 − lim 1 −
ν2 →∞ ν2 ν2 →∞
2
ν
ν1 −1
ν2 12
ν1 − 2 ν1 − 2
2
ν lim 1+ lim 1+
e − 21 ν →∞
2 ν2 ν2 →∞ ν2
= ν1 ν2 21 − 1 (1.772)
(2) 2 2 2
2
lim 1− lim 1−
ν2 →∞ ν2 ν2 →∞ ν2
ν1 ν1 −2 ν1 −2
e− 2 e 2 · 1 e 2 1
= ν1
−1
= ν1 ν1 −2 = ν1 . (1.773)
(2) 2 e · 1 (2) 2 e 2 22
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 138 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles 1.2.10. Loi de Fisher-Snedecor
χ2 dχ2
ν1 F = χ 2 , F = , dF = ,
ν1 ν1
on obtient
ν
ν1 2 1 −1
ν1 ν1
(ν −1 (ν1 ) 2 z 2
1) x dz
2 2
ν1
lim dx = (1.774)
ν2 →∞
Γ ν1
Γ ν21 ν1
2
ν1
ν1
(z 2 ) ν21 −1 (ν) −1
(ν −( −1)
2
1) 2
1
= dz
Γ ν1 2
ν1
(z 2 ) 2 −1
=
ν1
dz
Γ 2
− ν1 +ν2 " − ν1 − ν2 #
ν x ν1 x ν1 x
2 2 2
lim 1+ 1 = lim 1+ 1+ (1.775)
ν →∞
2 ν2 ν →∞2 ν2 ν2
" − ν1 # " − ν2 #
ν1 x 2 ν1 x 2
= lim 1+ lim 1+ (1.776)
ν2 →∞ ν2 ν2 →∞ ν2
" − ν1 # " ν2 − 1 #
ν1 x 2 ν1 x 2
= lim 1+ lim 1+ (1.777)
ν →∞2 ν2 ν →∞
2 ν2
ν1 x z2
= 1 · e− 2 = e− 2 (puisque ν1 F = χ2 ) (1.778)
Par conséquent,
ν1
1 (z 2 ) 2 −1 2 /2
lim dG(z) = × dz × e−z
ν2 →∞ 2 ν1 /2 Γ ν1
2
1 2 ν1
= e−z /2 (z 2 ) 2 −1 dz, 0 ≤ z < ∞.
ν1
2 ν1 /2 Γ 2
Travail no 37.
Soit X une variable aléatoire N (0, 1) et Y une variable aléatoire N (0, 4). On suppose que X et Y
sont indépendantes. Calculer h i
P (X + Y )2 < 25,1 .
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 139 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles
Travail no 38.
Soient X1 , X2 , X3 trois variables aléatoire indépendantes et identiquement distribuées de loi N (0, 1)
et Y1 , Y2 , Y3 trois autres variables aléatoire indépendantes et identiquement distribuées de loi
N (12, 4). On suppose que X et Y sont des variables aléatoires indépendantes. On définit
Travail no 39.
Vingt-cinq nombres aléatoires provenant d’une distribution N (0, 1) sont générés par un ordinateur.
On suppose que ces nombres sont indépendants. Quelle est la probabilité que :
(i) la somme des nombres obtenus soit inférieure à 5 ;
(ii) la somme des carrés des nombres obtenus soit située dans l’intervalle [13,12 ; 14,61] ;
(iii) le résultat de la division du premier nombre par la racine carrée de la somme des carrés des
vingt derniers soit supérieur à 0,4664 ;
(iv) le résultat de la division de la somme des carrés des cinq premiers nombres par la somme des
carrés des cinq derniers soit inférieur à 5,05 ?
Travail no 40.
La durée X (en heures) des pannes majeures d’électricité à Brazzaville présente une distribution
(approximativement) normale de moyenne 4 et d’écart-type 2. On suppose que les pannes se
produisent indépendamment les unes des autres. Soit X1 , X2 , . . . , X10 la durée des 10 prochaines
pannes majeures. On pose :
5 5 10
1X 1X 2 1X
X = Xi , U = (Xi − X) , V = (Xi − 4)2 . (1.781)
5 i=1 4 i=1 4 i=6
Travail no 41.
Soit X1 N (0, 1) et X2 N (1, 3) deux variables aléatoires indépendantes.
(i) Trouver le nombre c tel que h i
P (X2 − 1)2 < c = 0,90.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 140 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
1. Variables aléatoires à densité 1.2. Lois usuelles
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 141 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2 Convergences
Objectifs pédagogiques
Après avoir étudié ce chapitre, vous devriez être capable de :
– Comprendre la loi faible des grands nombres et son lien avec la convergence en probabilité.
– Appliquer la loi des grands nombres à des situations concrètes d’estimation statistique.
– Appliquer le théorème de la limite centrée (TCL) à des sommes de variables aléatoires
indépendantes et identiquement distribuées.
– Utiliser correctement la standardisation pour se ramener à la loi normale centrée réduite.
– Approcher une loi binomiale par une loi normale avec correction de continuité.
– Approcher une loi binomiale par une loi de Poisson dans les cas limites.
– Approcher une loi hypergéométrique par une loi binomiale lorsque la population est grande.
142
2. Convergences 2.1. Loi des grands nombres 2.1.1. Bienaymé-Tchébychev
Var(X)
∀ε > 0, P(|X − E(X)| ≥ ε) ≤ .
ε2
Preuve
1) Si X est une V.A.R. discrète
X prend les valeurs xi avec les probabilités pi = P(X = xi ) pour i ∈ N (si X est discrète
finie, X prend les valeurs x0 , . . . , xn avec les probabilités p0 , . . . , pn , et on convient de donner
à pi la valeur 0 pour i > n + 1).
donc
(xi − E(X))2 pi ≥ ε2 p i = ε2
X X X
Var(X) ≥ pi .
i∈I i∈I i∈I
Par suite,
Var(X)
P(|X − E(X)| ≥ ε) ≤ .
ε2
2) Si X est une V.A.R. de densité fX
Z +∞
Var(X) = (x − E(X))2 f (x) dx
−∞
Z E(X)−ε Z E(X)+ε
2
= (x − E(X)) f (x) dx + (x − E(X))2 f (x) dx +
−∞ E(X)−ε
Z +∞
+ (x − E(X))2 f (x) dx,
E(X)+ε
et
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 143 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.1. Loi des grands nombres 2.1.1. Bienaymé-Tchébychev
Donc
Z E(X)−ε Z +∞
2
Var(X) ≥ (x − E(X)) f (x) dx + (x − E(X))2 f (x) dx
−∞ E(X)+ε
Z E(X)−ε Z +∞
2
≥ ε f (x) dx + ε2 f (x) dx
−∞ E(X)+ε
2
= ε P(|X − E(X)| ≥ ε),
et
Var(X)
P(|X − E(X)| ≥ ε) ≤
ε2
Remarque 49 P(|X − E(X)| ≥ ε) est la probabilité pour que X prenne des valeurs éloignées de
E(X) d’au moins ε. Cette probabilité est d’autant plus faible que Var(X) est plus petit et que ε est
plus grand. Var(X) mesure la tendance qu’a X à s’écarter de E(X).
Exemple 22 Lorsque l’on lance un dé parfait, la probabilité d’obtenir un as est 16 , ce qui ne veut
pas dire que l’as apparaît une fois sur 6.
On utilise un dé cubique parfait. Cherchons le nombre de lancers qu’il faut effectuer pour pouvoir
affirmer avec un risque d’erreur inférieur à 5 %, que la fréquence d’apparition de l’as au cours de
1
ces lancers différera de 61 d’au plus 100 .
On effectue n lancers. Soit X le nombre d’as obtenus. F = Xn est la fréquence d’apparition de l’as
au cours des n lancers.
On cherche le n tel que :
1 1
P F− ≤ ≥ 0,95.
6 100
X est le nombre de réalisations de l’événement « l’as apparaît », de probabilité constant 16 , au cours
de n lancers indépendants. Donc
1 n 5n
X B n, , E(X) = , V (X) = .
6 6 36
On en déduit
1 1 5
E(F ) = , V (F ) = 2
V (X) = .
6 n 36n
D’après l’inégalité de Bienaymé-Tchébychev :
1 1 V (F ) 5 · 104
P F− ≥ ≤ 2 =
6 100 1 36n
100
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 144 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.1. Loi des grands nombres 2.1.2. Loi faible ...
donc
1 1 1 1 5 · 104
P F− ≤ =1−P F− ≥ ≥1− .
6 100 6 100 36n
Pour que
1 1
P F− ≤ ≥ 0,95,
6 100
il suffit donc de choisir n tel que :
5 · 104
1− ≥ 0,95 ⇒ n ≥ 27 778.
36n
Remarque 50 On étudiera à la fin de ce chapitre une méthode plus précise, car on a « perdu de
l’information » en utilisant l’inégalité de Bienaymé-Tchébychev plutôt que la loi binomiale pour
calculer
1 1
P F− ≤ .
6 100
Cas particulier. Si (Xn ) est une suite de V.A.R. deux à deux indépendantes qui suivent la loi de
Bernoulli de paramètre p, alors :
Preuve
On a : n
1X 1
E(X̄n ) = E(Xi ) = (nm) = m
n i=1 n
et
n
1 X 1 2 σ2
Var(X̄n ) = Var(X i ) = (nσ ) = , car les Xi sont deux à deux indépendantes.
n2 i=1 n2 n
Donc :
σ2
0 ≤ P(|X̄n − m| ≥ ε) ≤ ⇒ lim P(|X̄n − m| ≥ ε) = 0.
nε2 n→+∞
Et comme :
P(|X̄n − m| < ε) = 1 − P(|X̄n − m| ≥ ε) ⇒ lim P(|X̄n − m| < ε) = 1.
n→+∞
Définition 42 (Convergence faible) Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires définies sur
un espace probabilisé (Ω, A, P), et soit X une variable aléatoire définie sur ce même espace. On
dit que (Xn ) converge en probabilité vers X si, pour tout ε > 0,
lim P |Xn − X| > ε = 0.
n→+∞
P P
Proposition 36 Si Xn →
− X et Yn →
− Y , alors :
P
– Xn + Yn →− X +Y,
P
– pour tout λ ∈ R, λXn →
− λX.
Proposition 37 (Stabilité de la convergence en probabilité) Soit (Xn )n≥1 une suite de variables
aléatoires telle que
P
Xn −−−−→ X.
n→+∞
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 146 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.2. Convergence en loi
Définition 43 (Convergence en loi) Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires et X une
variable aléatoire. On dit que (Xn ) converge en loi (ou : en distribution) vers X si, pour toute
fonction f : R → R continue et bornée,
On note alors :
L
Xn −
→ X.
L
Proposition 38 Si Xn −
→ X et si f est une fonction continue, alors
L
f (Xn ) −
→ f (X).
Zn := Xn + Yn et Tn := Xn Yn ,
Remarque 53 Il est essentiel que la suite (Yn )n converge vers une constante. Sans cette hypothèse,
la convergence en loi de Xn + Yn vers X + Y n’est pas garantie.
Définition 44 (Convergence en loi et fonction de répartition) Soit (Xn )n∈N une suite de V.A.R.
et X une V.A.R. définies sur le même espace probabilisé (Ω, A, P). Soient FXn et FX leurs fonctions
de répartition.
On dit que la suite (Xn )n∈N converge en loi (ou : en distribution) vers X si, en tout point x ∈ R
où FX est continue, on a :
lim FXn (x) = FX (x).
n→+∞
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 147 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.3. ... binomiale & Poisson
Théorème 36 Soit {Xn } une suite de variables aléatoires dont la fonction génératrice des moments
MXn (t) existe pour −h < t < h (h ∈ R), pour tout n. Soit X une variable aléatoire dont la fonction
génératrice des moments MX (t) existe pour |t| ≤ h1 ≤ h. Si
alors
L
Xn −
→ X. (2.2)
Théorème 37 Soit (Xn )n∈N une suite de V.A.R. et X une V.A.R. définies sur le même espace
probabilisé (Ω, A, P) et prenant leurs valeurs dans N. La suite (Xn )n∈N converge en loi vers X si et
seulement si :
∀k ∈ N, lim P(Xn = k) = P(X = k).
n→+∞
Preuve
— Supposons que pour tout k ∈ N, limn→+∞ P(Xn = k) = P(X = k).
Pour tout x ∈ R+ où FX est continue, il existe un nombre fini d’entiers k ≤ x, donc :
X
FXn (x) = P(Xn ≤ x) = P(Xn = k)
k≤x
Or : X X
lim P(Xn = k) = P(X = k) = P(X ≤ x)
n→+∞
k≤x k≤x
donc :
lim FXn (x) = FX (x).
n→+∞
Si x < 0, alors FXn (x) = 0 = FX (x), donc aussi limn→+∞ FXn (x) = FX (x). Donc (Xn ) converge
en loi vers X.
— Réciproquement, supposons que (Xn ) converge en loi vers X.
Pour tout k ∈ N, les points k ± 21 sont des points de continuité de FX .
Donc :
1 1 1 1
P(Xn = k) = P k − < Xn ≤ k + = FXn k + − FXn k −
2 2 2 2
Ainsi :
1 1
lim P(Xn = k) = FX k+ − FX k − = P(X = k).
n→+∞ 2 2
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 148 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.3. ... binomiale & Poisson
Preuve
Pour tout n ∈ N∗ , Xn prend les valeurs k ∈ {0, 1, . . . , n}.
Soit k ∈ N. Pour tout n ≥ k,
! !k !n−k
n λ λ
P(Xn = k) = 1−
k n n
!n−k
n(n − 1) · · · (n − k + 1) λk λ
= · k · 1−
k! n n
!n−k
λk n n − 1 n−k+1 λ
= · · ··· · 1− .
k! n n n n
Donc : !n−k
λ λk −λ
lim 1− = e−λ et lim P(Xn = k) = e .
n→+∞ n n→+∞ k!
En pratique
La loi B(n, p) peut être approchée par la loi P(np) lorsque :
– p ≤ 0,1
– n ≥ 30
– np < 15
(ou lorsque d’autres conditions données par l’énoncé sont vérifiées !)
Pour retenir ce résultat, on peut se souvenir que :
– Si X B(n, p), alors E(X) = np
– Si X P(λ), alors E(X) = λ.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 149 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.5. TCL
40 × 0,03 = 1,2.
Si Y P(1,2), alors :
e−1,2 (1,2)2
P(Y = 2) = ≈ 0,2169.
2!
On constate que les deux probabilités sont peu différentes.
En pratique
La loi H(N, n, p) peut être approchée par la loi B(n, p) lorsque N ≥ 10n, c’est-à-dire si le taux de
sondage Nn est inférieur ou égal à 0,1.
Théorème 39 Soit (Xi ) une suite de V.A.R. indépendantes et de même loi, d’espérance m et
d’écart type σ. Soit :
n
Sn − nm
Sn∗ =
X
Sn = Xk , et √
k=1 σ n
Alors (Sn∗ ) converge en loi vers une V.A.R. de loi normale N (0, 1).
Donc : Z b
∗ 1 t2
2
∀(a, b) ∈ R , a < b, n→∞ lim P(a ≤ Sn ≤ b) = √ e− 2 dt.
a 2π
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 150 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.5. TCL
Preuve.
Pour cette preuve, on suppose en outre que la fonction génératrice des moments M (t) =
tX
E e existe pour −h < t < h. Si l’on remplace la fonction génératrice des moments par la
fonction caractéristique ϕ(t) = E eitX , qui existe toujours, la preuve reste essentiellement la
même que celle présentée dans des cours plus avancés utilisant les fonctions caractéristiques.
La fonction
m(t) = E et(X−µ) = e−µt M (t) (2.4)
existe également pour −h < t < h. Puisque m(t) est la fonction génératrice des moments de X − µ,
il en résulte que
m(0) = 1,
m0 (0) = E(X − µ) = 0,
h i
m00 (0) = E (X − µ)2 = σ 2 . (2.5)
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 151 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.6. binom. & normale
√
En remplaçant, dans l’Équation (2.8), t par t/(σ n), on obtient
h i
m00 (ξ) − σ 2 t2
!
t t2
m √ = 1+ + , (2.13)
σ n 2n 2nσ 2
√
où maintenant ξ est compris entre 0 et t/(σ n), avec
√ √
−hσ n < t < hσ n.
Par conséquent,
h i n
t 2 m00 (ξ) − σ 2 t2
M (t; n) = 1 + + . (2.14)
2n 2nσ 2
Ainsi,
2 /2
lim M (t; n) = et , (2.16)
n→+∞
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 152 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.6. binom. & normale
Correction de continuité
Si X B(n, p), X prend des valeurs entières.
q
Remplacer la loi B(n, p) par la loi N (np, np(1 − p)) revient à considérer X comme une variable
gaussienne prenant toutes les valeurs réelles.
L’intervalle [k − 0,5, k + 0,5[ est l’ensemble des réels qui s’arrondissent à k.
Pour k ∈ J1, n − 1K, on remplace :
D’autre part, pour que la somme des probabilités approchées P(X = k) pour k = 0, 1, . . . , n fasse
1, on remplace :
Exemple 24 Si X suit la loi B(40, √ 0,5), les calculs de probabilités concernant X peuvent être
effectués en utilisant la loi N (20, 10).
Donc :
!
19,5 − 20 20,5 − 20
P(X = 20) = P(19,5 ≤ X ≤ 20,5) = P √ ≤ X∗ ≤ √
10 10
! ! !
0,5 0,5 0,5
= Φ √ − Φ −√ = 2Φ √ − 1.
10 10 10
De même,
!
16,5 − 20 24,5 − 20
P(17 ≤ X < 25) = P(16,5 ≤ X < 24,5) = P √ ≤ X∗ < √ (2.18)
10 10
! ! ! !
4,5 −3,5 4,5 3,5
= Φ √ −Φ √ =Φ √ +Φ √ − 1. (2.19)
10 10 10 10
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 153 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.2. Convergences et approximation 2.2.6. binom. & normale
Valeur approchée :
k=17 k
Et on considère que : √ !
X 1 5
F = N , √ .
n 6 6 n
D’où
1 1 1 1 1 1 100 − 5 100 + 5
P F− ≤ = P − ≤F ≤ + =P ≤F ≤
6 100 6 100 6 100
600 600
95 105 0,01
= P ≤F ≤ = 2Φ 5 − 1.
600 600
√
36n
Donc
1 1 0,01
P F− ≤ ≥ 0,95 ⇔ 2Φ 5 − 1 ≥ 0,95
6 100
√
36n
0,01 0,01
⇔ Φ ≥ 0,975 = Φ(1,96) ⇔
5 ≥ 1,96
5
√ √
36n 36n
√ !2
1,96 · 5
⇔ n≥ ⇐⇒ n ≥ 5 336.
0,06
Cette valeur est nettement inférieure à celle obtenue en utilisant l’inégalité de Bienaymé-Tchébychev.
Cette méthode est plus précise car elle utilise la loi de X.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 154 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Théorème 42 (Existence d’une loi limite) Soit (Xn )n une suite de variables aléatoires et soit ϕ
une fonction telle que pour tout t ∈ R,
et telle que ϕ soit continue en 0. Alors, il existe une variable aléatoire X dont la loi est entièrement
déterminée par ϕ telle que ϕX = ϕ et de plus
L
Xn −
→ X.
Théorème 43 (Convergence en loi et densité) Soit (Xn )n une suite de variables aléatoires conti-
nues admettant des densités fXn , et soit X une variable aléatoire continue de densité fX . Si
fXn (x) → fX (x) pour tout x ∈ R, alors
L
Xn −−−−→ X.
n→+∞
Travail no 42.
Soit X une variable aléatoire réelle qui suit la loi exponentielle de paramètre 1. On pose
Travail no 43.
Soit (Xn )n≥1 une suite de variables aléatoires réelles indépendantes telles que
√ 1 √ 1
P(Xn = n) = et P(Xn = − n) = .
2 2
Pn Sn
On note Sn := k=1 Xk . Démontrer que n2
converge vers 0 en probabilité.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 155 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Travail no 44.
Soit (pn )n une suite de réels dans ]0, 1[ telle que
Soit (Xn )n une suite de variables aléatoires réelles telle que, pour tout n, Xn suit la loi binomiale
B(n, pn ). Soit Y une variable aléatoire de loi de Poisson de paramètre λ. Montrer que (Xn )n
converge en loi vers Y .
Travail no 45.
Soit (Xn )n une suite de variables aléatoires réelles indépendantes et de même loi N (0, 1). Déterminer
la limite en loi de la suite (Yn )n définie par
n √
1X
Yn := k Xk .
n k=1
Travail no 46.
Soit Φ la fonction de répartition de la loi N (0, 1). À l’aide de l’inégalité de Bienaymé–Tchebychev,
montrer que pour tout x > 0,
1
1 − Φ(x) ≤ 2 .
2x
Travail no 47.
Un lot de pots de confiture contient 0,2% de pots avariés. Quelle est la probabilité pour que, parmi
1000 pots, il y ait au plus 4 pots avariés ?
Travail no 48.
Une société de location de voitures a calculé que la probabilité qu’une de ses voitures louées ait un
accident dans une journée est 0,004 (la probabilité qu’une voiture louée ait plus d’un accident par
jour est supposée nulle). Les accidents sont supposés indépendants les uns des autres. Chaque jour,
1000 voitures de la société sont en circulation.
Soit N la variable aléatoire définie par le nombre de voitures de location de la société ayant un
accident dans une journée.
1. Définir la loi de probabilité de la variable aléatoire N . Calculer l’espérance et la variance de
N.
2. Montrer que la loi de N peut être approchée par une loi de Poisson.
3. À l’aide de cette approximation, calculer la probabilité des événements suivants :
(i) le nombre d’accidents en une journée est égal à 4 ;
(ii) le nombre d’accidents en une journée est au plus égal à 5 sachant qu’il est au moins égal
à 2;
(iii) déterminer le plus petit entier k tel que P(N > k) ≤ 0,01.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 156 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Travail no 49.
Sur une autoroute, la proportion des camions par rapport à l’ensemble des véhicules est 0,07.
1. Soit X le nombre de camions parmi 100 véhicules choisis au hasard. Calculer P(X ≥ 5).
2. Soit Y le nombre de camions parmi 1000 véhicules. Calculer P(65 ≤ Y ≤ 75).
Travail no 50.
Une entreprise compte 300 employés. Chacun d’eux téléphone en moyenne 6 minutes par heure.
Quel est le nombre de lignes que l’entreprise doit installer pour que la probabilité que toutes les
lignes soient utilisées au même instant soit au plus égale à 0,025 ?
Travail no 51.
500 élèves d’un collège prennent leur repas de midi à la cantine. Chaque élève choisit au hasard et
indépendamment des autres élèves l’une des 2 salles de réfectoire. Chaque salle contient N places
(250 ≤ N ≤ 500).
Déterminer la valeur minimale de N pour que la probabilité que chaque élève trouve une place dans
la salle qu’il a choisie soit supérieure à 0,99.
Travail no 52.
Chaque année, M. Durand effectue 2 fois par jour, 5 jours par semaine et pendant 46 semaines, un
trajet en voiture dont la durée est une variable aléatoire X qui suit une loi d’espérance 45 minutes et
d’écart-type 10 minutes. On suppose que les durées des trajets sont mutuellement indépendantes.
Quelle est la probabilité pour que M. Durand passe au moins 350 heures dans sa voiture au cours de
l’année ?
Travail no 53.
La durée de fonctionnement exprimée en jours d’un certain modèle de lampe est une variable aléatoire
D qui suit une loi Gamma (200, 3). Soit T la variable aléatoire égale à la moyenne des durées de
fonctionnement de 100 lampes de ce modèle (on suppose que ces durées sont indépendantes).
1. Déterminer l’espérance et l’écart-type de T .
2. Expliquer pourquoi on peut estimer que T suit approximativement une loi normale que l’on
précisera.
3. Déterminer le nombre réel positif t tel que
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 157 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 158 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 159 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 160 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 161 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
244 Tables
Lorsque le degré de liberté v est tel que v > 30, la variable aléatoire :
Z = Y − 2v − 1
suit à peu près la loi normale réduite.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 162 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 163 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
Tables 243
2. Convergences TABLE
2.3. Travaux 3
d’entraînement
Lois de Student
Si T est une variable aléatoire qui
suit la loi de Student à v degrés
de liberté, la table donne pour
a choisi, le nombre ta tel que
P(|T | ≥ tα = α ) . O
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 164 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 165 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 166 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
2. Convergences 2.3. Travaux d’entraînement
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 167 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
Tables 245
2. Convergences TABLE
2.3. Travaux 5
d’entraînement
Lois de Snedecor (` = 0,025)
Si F est une variable aléatoire
qui suit la loi de Snedecor à
(v1,v2) degrés de liberté, la
table donne le nombre fa tel
que P(F ≥ fa ) = a = 0,025.
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 168 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
246 Tables
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 169 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités
Bibliographie
170
BIBLIOGRAPHIE BIBLIOGRAPHIE
Dr Prevot Chirac BATSINDILA NGANGA page 171 / 170 1ère année Mathématiques-Info
Université Denis Sassou-N’guesso / FSA. Semestre 2 / Cours de Probabilités