0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
10 vues47 pages

Fusion

Le chapitre 3 traite des précipitations, essentielles pour la gestion de l'eau, en expliquant leur formation, les types (convection, orographique, frontale) et leurs impacts hydrologiques. Il aborde également la mesure des précipitations, en distinguant entre pluviomètres et pluviographes, ainsi que les erreurs de mesure et l'importance d'un réseau de stations pour une estimation précise. Enfin, il présente des méthodes d'analyse des données pluviométriques pour évaluer la précipitation moyenne sur un bassin versant.

Transféré par

danieldjarke9
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
0% ont trouvé ce document utile (0 vote)
10 vues47 pages

Fusion

Le chapitre 3 traite des précipitations, essentielles pour la gestion de l'eau, en expliquant leur formation, les types (convection, orographique, frontale) et leurs impacts hydrologiques. Il aborde également la mesure des précipitations, en distinguant entre pluviomètres et pluviographes, ainsi que les erreurs de mesure et l'importance d'un réseau de stations pour une estimation précise. Enfin, il présente des méthodes d'analyse des données pluviométriques pour évaluer la précipitation moyenne sur un bassin versant.

Transféré par

danieldjarke9
Copyright
© All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

CHAPITRE 3 – LES PRÉCIPITATIONS

Introduction
Pour l'ingénieur hydrologue, les précipitations constituent la donnée d'entrée fondamentale de
tout système de gestion de l'eau. Qu'il s'agisse de dimensionner un réseau d'égouts pluvial ou
de prévoir le remplissage d'un barrage, tout commence par la mesure et l'analyse de l'eau qui
tombe du ciel.

Ce chapitre a pour but de comprendre comment l'eau atmosphérique arrive au sol, comment on
la mesure et comment on analyse ces données pour prendre des décisions techniques.

3.1. La formation des précipitations et leurs différents


types
L'atmosphère contient toujours de l'eau sous forme de vapeur. Pourtant, il ne pleut pas tout le
temps. Pour qu'une précipitation se déclenche, une séquence précise d'événements physiques
doit se produire.

3.1.1. Les conditions de formation : Mécanismes de soulèvement

Le processus fondamental de la formation de la pluie est le refroidissement d'une masse


d'air.

1. L'air chaud peut contenir beaucoup de vapeur d'eau.


2. L'air froid en contient moins.
3. Lorsque l'air chaud monte en altitude, il se détend et se refroidit.
4. L'excédent de vapeur d'eau se condense (passe de gaz à liquide) pour former des nuages
(gouttelettes).
5. Si ces gouttelettes grossissent suffisamment (par coalescence ou via des cristaux de
glace), la gravité l'emporte et elles tombent : c'est la précipitation.

En hydrologie, on classe les précipitations selon le mécanisme qui force l'air à monter (le
"moteur" de l'ascension). On distingue trois types principaux :

a) La Précipitation de Convection (Orages)

Mécanisme : C'est le résultat d'un réchauffement intense du sol par le soleil. L'air au
contact du sol se réchauffe, devient plus léger et s'élève brutalement, comme une
montgolfière. En montant, il se refroidit très vite, créant des nuages à développement
vertical (cumulonimbus).
Caractéristiques :
Très forte intensité.
Courte durée.
Couvre une petite surface (localisée).
Intérêt pour l'ingénieur : Ce sont ces pluies qui dimensionnent les réseaux de drainage
urbain (égouts) et les petits ouvrages d'art, car elles provoquent des crues soudaines
("crues éclairs").

b) La Précipitation Orographique (Effet de relief)

Mécanisme : Une masse d'air humide rencontre un obstacle naturel (une chaîne de
montagnes). Elle est forcée de s'élever pour franchir l'obstacle. En montant, elle se refroidit
et condense toute son humidité sur le versant "au vent".
Caractéristiques :
Intensité modérée mais durée longue.
Localisation fixe (toujours sur les mêmes versants montagneux).
De l'autre côté de la montagne (versant "sous le vent"), l'air redescend sec : c'est
l'effet de "foehn" ou zone d'ombre pluviométrique.
Intérêt pour l'ingénieur : Ces précipitations sont essentielles pour la recharge des grands
barrages hydroélectriques souvent situés en montagne. Elles expliquent pourquoi les
ressources en eau sont plus abondantes en altitude.

c) La Précipitation Frontale (ou Cyclonique)

Mécanisme : Elle est due à la rencontre de deux masses d'air de températures différentes.
Comme l'huile et l'eau, l'air chaud et l'air froid ne se mélangent pas immédiatement.
Front froid : L'air froid (lourd) pousse l'air chaud (léger) vers le haut de manière brutale.
Cela donne des pluies intenses et courtes.
Front chaud : L'air chaud glisse doucement au-dessus de l'air froid. Cela donne des
pluies fines et durables.
Caractéristiques :
Couvre de très grandes surfaces (échelle régionale ou nationale).
Peut durer plusieurs jours.
Intérêt pour l'ingénieur : Ce sont ces pluies qui causent les grandes inondations fluviales
(crues lentes) affectant des bassins versants entiers (ex: crues de la Seine ou du Rhône).

3.1.2. Les différentes formes de précipitations


L'eau peut atteindre le sol sous forme liquide ou solide. Cette distinction est capitale pour la
gestion temporelle de la ressource.

a) La Pluie (Liquide)

C'est la forme la plus courante. Les gouttes ont un diamètre supérieur à 0,5 mm.
Impact hydrologique : La réponse du bassin versant est quasi immédiate. Dès qu'elle
touche le sol, l'eau s'infiltre ou ruisselle vers la rivière.

b) La Neige (Solide)

Elle se forme lorsque la température de l'air est négative. Elle est constituée de cristaux de
glace agglomérés (flocons).
Impact hydrologique : C'est un stockage naturel. Contrairement à la pluie, la neige ne
produit pas de ruissellement immédiat. Elle s'accumule sur le bassin versant et ne sera
libérée (fondue) qu'au printemps, souvent plusieurs mois après sa chute.
Pour l'ingénieur : Il est vital de mesurer le "stock neigeux" (l'équivalent en eau de la neige)
pour prévoir le remplissage des réservoirs au printemps et anticiper les crues de fonte des
neiges.

c) La Grêle (Solide)

Ce sont des billes de glace formées dans les courants ascendants violents des orages
(convection). Les gouttes d'eau montent et descendent plusieurs fois dans le nuage, gelant
en couches successives comme un oignon.
Impact hydrologique : Souvent négligeable en terme de volume d'eau total, mais
destructrice par son énergie cinétique (dégâts aux cultures, aux structures légères). Elle est
souvent associée à des pluies très intenses.

Résumé pour l'ingénieur :

Convection = Intensité forte, zone petite → Risque inondation urbaine.


Frontale = Volume important, zone large → Risque inondation régionale.
Pluie = Écoulement immédiat.
Neige = Écoulement différé (stock).

Pour la section 3.2. Ici, nous entrons dans le domaine de l'hydrométrie (la mesure de l'eau).
Pour un ingénieur, la qualité de la mesure est critique : les modèles de calcul les plus
sophistiqués ne valent rien si les données d'entrée sont fausses ("Garbage in, Garbage out").

3.2. Mesure des Précipitations


L'objectif de la mesure est de quantifier la hauteur d'eau tombée en un point donné pendant
une durée donnée. L'unité standard utilisée en hydrologie est le millimètre (mm).

Rappel pour l'ingénieur : 1 mm de pluie sur 1 m de surface correspond exactement à


2

1 litre d'eau. Sur un bassin de 1 km , une pluie de 1 mm représente un volume de 1 000 m


2 3

(1 million de litres).

3.2.1. Les appareils de mesure : Pluviomètre vs Pluviographe

Il est fondamental de distinguer deux types d'appareils qui ne donnent pas la même
information.

A) Le Pluviomètre standard (La mesure du volume total)

Principe : C'est un récipient collecteur calibré. Il fonctionne comme un "totalisateur". Il


accumule l'eau tombée entre deux relevés.
Fonctionnement : Un observateur vient (généralement tous les jours à une heure fixe, ex:
8h00) mesurer la quantité d'eau dans l'éprouvette et vide l'appareil.
Résultat : On obtient une hauteur de pluie journalière (ex: "il est tombé 45 mm hier").
Limite pour l'ingénieur : Le pluviomètre donne le volume mais pas l'intensité. Si on relève
50 mm, on ne sait pas s'ils sont tombés en 1 heure (orage violent, risque de crue éclaire)
ou en 24 heures (pluie fine, peu de risque). Or, pour dimensionner des tuyaux d'évacuation,
c'est l'intensité qui compte.

B) Le Pluviographe (La mesure de l'intensité)

Principe : C'est un appareil qui enregistre l'évolution de la pluie en fonction du temps. Il


permet de connaître l'intensité instantanée (I = ΔH /Δt ).
Technologies principales :
1. Le système à augets basculeurs (le plus répandu aujourd'hui) :
L'eau est collectée par un entonnoir et dirigée vers deux petits compartiments
(augets) montés sur un pivot, comme une balançoire à bascule.
Chaque auget est calibré pour basculer dès qu'il contient un volume précis d'eau
(correspondant par exemple à 0,2 mm de pluie).
En basculant, il vide l'eau et place l'autre auget sous le jet.
Chaque basculement envoie une impulsion électrique à un enregistreur
(datalogger).
Avantage : Permet une mesure numérique très précise de l'intensité. Plus ça
bascule vite, plus il pleut fort.
2. Le système à flotteur (Siphon) :
L'eau remplit un cylindre contenant un flotteur. Le flotteur monte et entraîne un
stylet sur un tambour rotatif papier (tambour hebdomadaire ou journalier).
Quand le cylindre est plein, un siphon s'amorce et le vide automatiquement en
quelques secondes.
Résultat : On obtient un hyétogramme (graphique de l'intensité en fonction du temps) ou
une courbe de masse (cumul).
Intérêt pour l'ingénieur : C'est l'outil indispensable pour calculer les courbes IDF
(Intensité-Durée-Fréquence) nécessaires au dimensionnement des ouvrages hydrauliques
urbains.

3.2.2. Les erreurs de mesure et l'installation


Mesurer la pluie est plus difficile qu'il n'y paraît. L'ingénieur doit être critique vis-à-vis des
données brutes. Les erreurs proviennent souvent de l'installation :

1. Le Vent (Erreur principale) : Le pluviomètre est un obstacle au vent. Il crée des


turbulences aérodynamiques au-dessus de son ouverture qui peuvent "chasser" les gouttes
de pluie (surtout la neige ou la bruine). Cela conduit à une sous-estimation de la pluie
réelle.
Solution : Installer des écrans protecteurs (lamelles type "Alter" ou "Nipher") pour briser
le vent autour de l'appareil.
2. Les Obstacles : Un pluviomètre placé trop près d'un arbre ou d'un bâtiment sera faussé
(effet d'abri ou effet d'égouttement).
Règle de l'art : L'obstacle doit être à une distance au moins égale à deux fois sa
hauteur par rapport au pluviomètre.
3. L'Évaporation : Si le relevé n'est pas fait immédiatement, une partie de l'eau collectée
s'évapore.

3.2.3. Notion de réseau pluviométrique

En hydrologie, on a un problème d'échelle majeur : on mesure la pluie sur une surface


minuscule (l'ouverture d'un pluviomètre fait environ 400 cm , soit la taille d'une assiette) et on
2

doit extrapoler cette valeur à un bassin versant de plusieurs km . C'est ce qu'on appelle
2

l'échantillonnage spatial.

Pour avoir une estimation fiable de la lame d'eau moyenne sur un bassin, il faut un réseau de
stations bien réparti.

Comment déterminer le nombre optimal de pluviomètres (N ) ?


Le nombre de stations nécessaires dépend de la variabilité de la pluie dans la région. En plaine
où la pluie est uniforme, peu de stations suffisent. En montagne ou zone d'orages violents, il en
faut beaucoup plus.
On utilise une approche statistique (basée sur le coefficient de variation) pour estimer N afin
d'obtenir une précision donnée :
2
Cv
N = [ ]
ϵ

Où :

N = Nombre optimal de stations.


Cv = Coefficient de variation des valeurs de pluie mesurées par les stations existantes
écart-type
(exprimé en %). Il représente l'hétérogénéité spatiale de la pluie (C v
=
moyenne
).
× 100

ϵ (epsilon) = Pourcentage d'erreur admissible sur l'estimation de la moyenne (généralement


fixée par l'ingénieur, ex: 10%).

Interprétation pour l'ingénieur :

Si la pluie varie beaucoup d'un endroit à l'autre (fort C ), il faut augmenter N (densifier le
v

réseau).
Si on veut plus de précision (réduire ϵ), il faut augmenter N au carré (le coût du réseau
augmente très vite pour gagner un peu de précision !).

Nous abordons maintenant une phase critique pour l'ingénieur : le passage de la donnée brute
(les relevés des appareils) à la donnée exploitable pour le calcul.

Il ne suffit pas de savoir qu'il est tombé 50 mm à la station A. L'ingénieur doit savoir : "Combien
d'eau est tombée en moyenne sur tout mon bassin ?" et "Quelle est la probabilité qu'une telle
pluie se reproduise ?".

3.3. Analyse des Données Pluviométriques


Une fois les mesures effectuées sur le terrain, l'ingénieur se retrouve avec des données
ponctuelles (mesurées à des endroits précis). Or, pour dimensionner un ouvrage (un pont, un
barrage), il a besoin de connaître la quantité d'eau tombée sur toute la surface du bassin
versant.

Il faut donc passer du ponctuel (le pluviomètre) au spatial (le bassin versant).

3.3.1. Calcul de la précipitation moyenne sur un bassin versant

Il est très rare qu'il pleuve exactement la même quantité partout sur un grand bassin. Un orage
peut frapper le nord du bassin tout en épargnant le sud. Pour calculer le volume total d'eau
reçu (V = P moy
× A), il faut estimer une lame d'eau moyenne.

Nous étudierons deux méthodes principales, de la plus simple à la plus rigoureuse.


A) La Méthode Arithmétique (Moyenne simple)

Principe : On fait simplement la moyenne mathématique des hauteurs de pluie relevées


par toutes les stations situées à l'intérieur du bassin.
Formule :
n
1
P moy = ∑ Pi
n
i=1

Où P est la pluie à la station i et n le nombre de stations.


i

Critique pour l'ingénieur : C'est une méthode très approximative. Elle suppose que
chaque station a le même "poids". Elle n'est valide que si :
1. Le terrain est très plat (pas de relief).
2. Les stations sont réparties de manière très uniforme (quadrillage parfait).
Si ces conditions ne sont pas réunies, cette méthode peut induire de graves erreurs de
dimensionnement.

B) La Méthode des Polygones de Thiessen (Moyenne pondérée)

Principe : Cette méthode géométrique est beaucoup plus robuste. Elle part du principe
qu'une station doit "représenter" la zone qui est plus proche d'elle que de n'importe quelle
autre station. On affecte donc un coefficient de pondération à chaque station,
proportionnel à sa zone d'influence.
Méthode de construction (à maîtriser pour les examens) :
1. Relier les stations adjacentes par des segments de droite (création d'un maillage
triangulaire).
2. Tracer les médiatrices de ces segments (lignes perpendiculaires passant par le milieu
du segment).
3. Les intersections de ces médiatrices forment des polygones autour de chaque station.
4. La surface de chaque polygone (A ) représente la zone d'influence de la station située
i

en son centre.
Formule :

∑(A i × P i )
P moy =
A totale

Où A est la surface du polygone de Thiessen associé à la station i, et P la pluie mesurée


i i

à cette station.
Avantage : Cette méthode permet de prendre en compte des stations situées à l'extérieur
immédiat du bassin si elles sont proches de la frontière, et elle corrige le fait que certaines
zones soient mieux équipées en pluviomètres que d'autres.
3.3.2. Le Hyétogramme : L'analyse temporelle

Après l'analyse spatiale (où est tombée l'eau ?), on s'intéresse à l'analyse temporelle (quand et
comment est-elle tombée ?).

Définition : Un hyétogramme est un graphique sous forme d'histogramme (diagramme en


bâtons) qui représente l'intensité de la pluie en fonction du temps.
Axe X (Abscisse) : Le temps (en heures ou minutes).
Axe Y (Ordonnée) : L'intensité de la pluie (en mm/h) ou la hauteur de pluie par
intervalle de temps (mm).
Lecture d'un hyétogramme :
La surface totale sous les bâtons représente le volume total de pluie tombée.
Le pic le plus haut représente l'intensité maximale de l'orage.
Importance pour l'ingénieur : C'est la forme du hyétogramme qui détermine la forme de la
crue.
Un hyétogramme avec un pic précoce et intense provoquera une montée des eaux
brutale.
Un hyétogramme plat et étalé produira une crue lente.
C'est la donnée d'entrée indispensable pour les logiciels de simulation hydraulique
urbaine.

Application Pratique : Génération et Analyse d'un Hyétogramme

Pour dimensionner un ouvrage, l'ingénieur utilise souvent un "Orage de Projet" (une pluie
théorique intense). Voici un script Python qui simule un orage typique de 6 heures, avec une
montée progressive, un pic violent (la pointe), et une fin plus calme.

Script Python : Simulation d'un Hyétogramme et de sa Courbe de Masse

import numpy as np
import [Link] as plt

def plot_hyetograph():
# --- 1. Données de l'épisode pluvieux ---
# Durée de l'orage : 6 heures
# Pas de temps : 1 heure
heures = [Link]([1, 2, 3, 4, 5, 6])

# Intensités relevées (en mm/h) pour chaque heure


# Scénario : Pluie faible -> Montée rapide -> Pic -> Décrue
intensites = [Link]([5, 12, 45, 20, 8, 2])

# --- 2. Calculs ---


# Calcul de la hauteur cumulée (Courbe de masse)
cumul = [Link](intensites)

# Volume total (Lame d'eau totale)


total_pluie = cumul[-1]

# --- 3. Création du graphique (Double affichage) ---


fig, (ax1, ax2) = [Link](2, 1, figsize=(10, 8), sharex=True)

# --- Graphique 1 : Le Hyétogramme (Diagramme en bâtons) ---


[Link](heures, intensites, width=1.0, color='dodgerblue',
edgecolor='black', alpha=0.7, align='center', label='Intensité (mm/h)')

# Mise en forme du graph 1


ax1.set_ylabel('Intensité de pluie (mm/h)', fontsize=12, color='blue')
ax1.set_title(f'Analyse Temporelle d\'un Orage (Total = {total_pluie}
mm)', fontsize=14, fontweight='bold')
[Link](True, linestyle='--', alpha=0.6)
ax1.set_ylim(0, max(intensites) + 10)

# Annotation du Pic
pic_max = max(intensites)
heure_pic = heures[[Link](intensites)]
[Link](f'Pic de l\'orage\n({pic_max} mm/h)', xy=(heure_pic,
pic_max), xytext=(heure_pic+1, pic_max),
arrowprops=dict(facecolor='red', shrink=0.05), fontsize=10,
color='red')

# --- Graphique 2 : La Courbe de Masse (Cumul) ---


[Link](heures, cumul, color='darkorange', marker='o', linewidth=2.5,
label='Pluie Cumulée (mm)')

# Remplissage sous la courbe


ax2.fill_between(heures, 0, cumul, color='orange', alpha=0.2)

# Mise en forme du graph 2


ax2.set_xlabel('Temps (Heures)', fontsize=12)
ax2.set_ylabel('Pluie Cumulée (mm)', fontsize=12, color='darkorange')
[Link](True, linestyle='--', alpha=0.6)
ax2.set_ylim(0, total_pluie + 10)

# Affichage des valeurs cumulées sur les points


for i, txt in enumerate(cumul):
[Link](f"{txt}mm", (heures[i], cumul[i]), xytext=(0, 5),
textcoords='offset points', ha='center')
plt.tight_layout()
[Link]()

if __name__ == "__main__":
plot_hyetograph()

Résultat
Figure 3. : Représentation couplée d'un épisode pluvieux : Hyétogramme des intensités
(Haut) et Courbe des pluies cumulées (Bas).

Interprétation du graphique pour l'étudiant :


Ce visuel permet de comprendre deux informations complémentaires :

1. Le graphique du haut (Hyétogramme) : C'est la vision instantanée.


Il montre la violence de la pluie à un moment donné.
L'ingénieur repère immédiatement l'intensité de pointe (ici 45 mm/h à la 3ème heure).
C'est cette valeur (et non la moyenne) qui risque de faire déborder les avaloirs d'eau
pluviale.
La forme (montée rapide, descente lente) influence la forme de l'hydrogramme de crue
qui suivra.
2. Le graphique du bas (Courbe de Masse) : C'est la vision volumétrique.
Il montre le stockage nécessaire.
La valeur finale (ici 92 mm) correspond à la lame d'eau totale tombée sur le bassin.
La pente de cette courbe rouge correspond à l'intensité : plus la courbe monte raide,
plus l'intensité (barre bleue) est haute.

3.3.3. Les Courbes Intensité-Durée-Fréquence (IDF)

C'est sans doute l'outil statistique le plus utilisé en ingénierie de l'eau (assainissement pluvial,
dimensionnement de petits barrages, routes).

a) Le Concept : Le trio inséparable

L'ingénieur ne dimensionne jamais un ouvrage pour "la pluie moyenne", mais pour une pluie
extrême (une situation de crise). Pour caractériser ces pluies extrêmes, on lie trois paramètres
:

1. L'Intensité (I) : "Est-ce qu'il pleut fort ?" (en mm/h).


2. La Durée (D) : "Combien de temps cela dure-t-il ?" (en minutes ou heures).
3. La Fréquence (F) ou Période de Retour (T) : "Est-ce que c'est rare ?" (ex: une fois tous
les 10 ans, tous les 100 ans).

b) La Loi physique fondamentale

Il existe une relation inverse entre l'intensité et la durée :

Plus une pluie est intense, moins elle dure longtemps.


On peut courir un sprint (intensité max) sur 100m, mais pas sur un marathon. C'est pareil
pour les nuages. Il peut pleuvoir 200 mm/h pendant 5 minutes, mais il est physiquement
impossible qu'il pleuve 200 mm/h pendant 24 heures.

c) Utilisation des courbes IDF

Les courbes IDF sont des graphiques fournis par les services météorologiques nationaux. Elles
permettent à l'ingénieur de répondre à la question : "Quelle est l'intensité de pluie que je dois
utiliser pour mes calculs ?"

La procédure standard de dimensionnement (Méthode Rationnelle) :


1. Choix de la Période de Retour (T) : C'est un choix politique ou réglementaire basé sur le
risque acceptable.
Pour un caniveau de rue : on accepte qu'il déborde une fois tous les 10 ans (T ).
= 10

Pour le déversoir d'un grand barrage : on ne veut pas qu'il cède, on prend une sécurité
maximale, par exemple une fois tous les 1000 ans (T = 1000).
2. Choix de la Durée (D) : C'est le paramètre hydrologique du bassin. On choisit une durée
de pluie égale au Temps de Concentration (t ) du bassin versant (le temps que met la
c

goutte la plus éloignée pour arriver à la sortie).


Pourquoi ? C'est la durée critique. Si la pluie dure moins longtemps que t , tout le
c

bassin ne contribue pas en même temps. Si elle dure plus longtemps, l'intensité sera
forcément plus faible (loi physique vue ci-dessus).
3. Lecture de l'Intensité (I) :
Sur le graphique IDF, on cherche l'intersection entre la courbe T choisie (ex: 10 ans) et la
durée D calculée (t ). On lit alors sur l'axe Y l'intensité de projet (ex: 120 mm/h).
c

C'est cette valeur d'intensité qui sera injectée dans les formules de débit (comme
Q = C × I × A) pour dimensionner les tuyaux.

d) Représentation mathématique (Formule de Montana)

Les courbes IDF sont souvent modélisées par une équation de type "Montana" pour être
utilisées dans les logiciels :
−b
I (t) = a ⋅ t

Où :

I (t) est l'intensité (mm/h).


t est la durée de la pluie.
a et b sont des coefficients régionaux qui dépendent de la période de retour choisie.

C'est une excellente idée. Les courbes IDF sont l'outil numéro 1 de l'hydrologie urbaine et du
dimensionnement des petits ouvrages. Sans elles, il est impossible de choisir quel diamètre de
tuyau poser sous une route.

Voici la rédaction détaillée de la section 3.3.3, incluant la théorie, l'interprétation pour


l'ingénieur, et un script Python pour générer et visualiser ces courbes.

3.3.3. Les Courbes Intensité-Durée-Fréquence (IDF)


a) Le Concept : Le "Trio" de la décision
En hydrologie opérationnelle, on ne dimensionne pas un ouvrage pour une pluie "moyenne",
mais pour une pluie "extrême" (une situation de crise). Pour caractériser mathématiquement
cette crise, l'ingénieur lie trois paramètres inséparables :

1. L'Intensité (i) : C'est la violence de la pluie, exprimée en mm/h. C'est ce qui génère le
débit immédiat.
2. La Durée (t) : C'est le temps pendant lequel cette intensité se maintient.
3. La Fréquence (F) ou Période de Retour (T ) : C'est la notion de risque.
T = 10 ans : Une pluie "courante" (risque fréquent, accepté pour les égouts pluviaux).
T = 100 ans : Une pluie "rare" et violente (risque majeur, utilisé pour les zones
inondables ou les barrages).

b) La Loi Physique Fondamentale

Il existe une relation inverse universelle entre l'intensité et la durée :

Plus une pluie est intense, moins elle dure longtemps.

Il est physiquement possible qu'il pleuve 200 mm/h pendant 5 minutes (orage tropical
violent).
Il est physiquement impossible qu'il pleuve 200 mm/h pendant 24 heures (cela ferait 4,8
mètres d'eau !).

Les courbes IDF représentent cette décroissance : pour une même période de retour (ex: 10
ans), l'intensité chute à mesure que la durée augmente.

c) La Modélisation Mathématique : La Formule de Montana

Pour faciliter les calculs dans les logiciels, on modélise ces courbes par des équations. La plus
célèbre en hydrologie francophone est la Formule de Montana :
−b
i(t) = a ⋅ t

Où :

i(t) : Intensité de la pluie (mm/h).


t : Durée de la pluie (minutes).
a et b : Coefficients régionaux qui dépendent de la période de retour T choisie (le coefficient
a augmente avec T ).

d) Méthodologie d'utilisation pour l'ingénieur

Comment utiliser ces courbes pour dimensionner un ouvrage ?


1. Fixer le risque (T ) : Le client ou la norme impose le niveau de protection (ex: "Je veux que
ce pont résiste à la crue centennale", donc T = 100). On sélectionne la courbe
correspondante.
2. Calculer le Temps de Concentration (t ) : On calcule le temps que met l'eau pour
c

traverser tout le bassin versant jusqu'à l'ouvrage.


3. Lire l'Intensité (i) : On entre dans le graphique avec la durée t = t , on monte jusqu'à la
c

courbe choisie, et on lit l'intensité i sur l'axe des ordonnées.


4. Calculer le Débit (Q) : On injecte ce i dans la formule du débit (ex: Méthode Rationnelle
Q = C ⋅ i ⋅ A).

Générateur de Courbes IDF


Ce script génère les courbes IDF standards pour différentes périodes de retour (10, 50, 100
ans) en utilisant des coefficients de Montana typiques. Il illustre aussi comment faire une
"lecture" graphique.

import numpy as np
import [Link] as plt

def plot_idf_curves():
# --- 1. Paramètres de Montana (Exemple fictif pour une région tempérée) -
--
# Dictionnaire : Période de retour -> (Coeff a, Coeff b)
# i(t) = a * t^(-b) avec t en minutes et i en mm/h
parametres_montana = {
10: (380, 0.65), # Décennale (Risque fréquent)
50: (550, 0.68), # Cinquantennale
100: (680, 0.70) # Centennale (Risque rare / Majeur)
}

# --- 2. Génération des durées (Axe X) ---


# De 5 minutes à 360 minutes (6 heures)
t_min = [Link](5, 360, 200)

# --- 3. Création du graphique ---


[Link](figsize=(10, 7))

# Boucle pour tracer chaque courbe


colors = {10: 'green', 50: 'orange', 100: 'red'}

for T, (a, b) in parametres_montana.items():


# Calcul de l'intensité selon Montana
i_mmh = a * (t_min ** (-b))
# Tracé
[Link](t_min, i_mmh, linewidth=2, color=colors[T], label=f'Période
de Retour T = {T} ans')

# --- 4. Exemple de lecture pour l'étudiant ---


# Scénario : Bassin versant avec un Temps de Concentration tc = 60 min
# On cherche l'intensité pour un risque décennal (T=10)
tc_projet = 60
a_10, b_10 = parametres_montana[10]
i_projet = a_10 * (tc_projet ** (-b_10))

# Tracé des lignes de lecture (Pointillés)


[Link](x=tc_projet, ymin=0, ymax=i_projet, colors='blue',
linestyles='--')
[Link](y=i_projet, xmin=0, xmax=tc_projet, colors='blue',
linestyles='--')

# Annotation du point
[Link](tc_projet, i_projet, 'bo', markersize=8)
[Link](tc_projet + 5, i_projet + 5,
f"Lecture pour $t_c=60min$ (T=10 ans)\nIntensité = {i_projet:.1f}
mm/h",
color='blue', fontweight='bold')

# --- 5. Mise en forme ---


[Link]("Courbes Intensité-Durée-Fréquence (IDF) - Modèle de Montana",
fontsize=14)
[Link]("Durée de la pluie (minutes)", fontsize=12)
[Link]("Intensité moyenne (mm/h)", fontsize=12)
[Link](True, which="both", linestyle='--', alpha=0.7)
[Link](title="Risque Hydrologique", fontsize=11)
[Link](0, 200) # Borné pour la lisibilité
[Link](0, 240) # Zoom sur les 4 premières heures

plt.tight_layout()
[Link]()

if __name__ == "__main__":
plot_idf_curves()
Interprétation du graphique généré :
1. Forme hyperbolique : Toutes les courbes descendent. Cela confirme la loi physique : plus
la pluie dure longtemps (vers la droite), moins elle est intense.
2. Hiérarchie du risque : La courbe rouge (T = 100 ans) est toujours au-dessus de la verte (
T = 10 ans).

Signification : Pour une même durée (ex: 1 heure), une pluie centennale est beaucoup
plus violente (donc plus de débit) qu'une pluie décennale. Dimensionner un ouvrage
pour 100 ans coûte donc plus cher (tuyaux plus gros) que pour 10 ans.
3. L'exemple de lecture (Point Bleu) :
On a calculé que l'eau met 60 minutes à traverser le bassin (t ). c

On accepte un risque de débordement tous les 10 ans (Courbe Verte).


On lit l'intensité correspondante : environ 26 mm/h.
C'est ce chiffre unique, extrait de la statistique, qui servira à calculer le débit de
conception du tuyau.

Jusqu'à présent, nous avons étudié l'entrée d'eau dans le système (la pluie). Maintenant, nous
allons nous intéresser à ce qui se passe dès que cette eau touche le sol. Une grande partie
repart vers l'atmosphère : c'est l'évaporation. Une autre partie pénètre dans le sol : c'est
l'infiltration.
Pour l'ingénieur, ces processus sont souvent considérés comme des "pertes" car c'est de l'eau
qui n'atteindra pas immédiatement la rivière ou le réservoir. Pourtant, leur quantification est
vitale, notamment pour l'irrigation et la gestion des barrages.

CHAPITRE 4 – DU CIEL AU SOL : INFILTRATION ET


ÉVAPORATION
4.1. L'Évaporation et l'Évapotranspiration
Dans le cycle de l'eau, l'évaporation est le chemin du retour vers l'atmosphère. C'est un
transfert de masse (eau) et un transfert d'énergie (chaleur latente). À l'échelle mondiale,
environ 62% des précipitations qui tombent sur les continents s'évaporent avant d'atteindre
l'océan.

4.1.1. Définitions et distinctions fondamentalaes

Pour l'ingénieur, il est crucial de bien distinguer les différents termes utilisés, car ils ne
recouvrent pas les mêmes réalités physiques.

a) L'Évaporation (Physique)
C'est le processus physique par lequel l'eau passe de l'état liquide à l'état gazeux (vapeur) à
partir de surfaces d'eau libre (lacs, rivières, barrages) ou de sols nus.

Exemple : L'eau d'une flaque qui disparaît après la pluie.

b) La Transpiration (Biologique)
C'est le processus physiologique par lequel les plantes rejettent de l'eau dans l'atmosphère.
L'eau est pompée par les racines dans le sol, circule dans la plante et s'évapore à travers de
petits orifices sur les feuilles appelés stomates.

Rôle : Cela permet à la plante de réguler sa température et de transporter les nutriments.

c) L'Évapotranspiration (ET)
Sur un bassin versant naturel, il est quasi impossible de distinguer l'eau qui s'évapore du sol de
celle qui est transpirée par les plantes. L'ingénieur regroupe donc ces deux phénomènes sous
le terme d'Évapotranspiration (ET).

ET = Évaporation du sol + Transpiration des plantes

d) La distinction cruciale : Potentielle vs Réelle

C'est le concept le plus important pour la modélisation hydrologique et l'irrigation.

1. L'Évapotranspiration Potentielle (ETP) :


C'est la quantité d'eau qui pourrait s'évaporer si l'eau était disponible en abondance. Elle ne
dépend que des conditions climatiques (soleil, vent, température). C'est la "demande" de
l'atmosphère, la "soif" de l'air.
2. L'Évapotranspiration Réelle (ETR) :
C'est la quantité d'eau qui s'évapore réellement. Elle dépend de l'eau disponible dans le sol.
Si le sol est gorgé d'eau (humide) : ET R = ET P .
Si le sol est sec : ET R < ET P .

Analogie pour l'ingénieur :

L'ETP est votre appétit (ce que vous pourriez manger).


L'ETR est ce que vous mangez réellement (limité par ce qu'il y a dans votre frigo).

4.1.2. Les facteurs météorologiques influençant l'évaporation

L'évaporation est régie par la loi de Dalton. Sans entrer dans la complexité thermodynamique,
quatre facteurs principaux pilotent ce phénomène :

1. Le Rayonnement Solaire (L'énergie) :


C'est le facteur dominant. Pour transformer de l'eau liquide en vapeur, il faut de l'énergie
(chaleur latente de vaporisation : environ 2,45 MJ par kg d'eau). Plus il y a de soleil, plus il y
a d'énergie disponible, plus l'évaporation est forte.
2. La Température de l'air et de l'eau :
L'air chaud peut contenir beaucoup plus de vapeur d'eau que l'air froid. Une température
élevée favorise donc l'évaporation.
3. L'Humidité de l'air (Le déficit de saturation) :
L'évaporation dépend de la différence entre l'humidité de l'air juste au-dessus de l'eau (qui
est saturé à 100%) et l'humidité de l'air ambiant.
Si l'air ambiant est très sec (désert), l'évaporation est maximale.
Si l'air ambiant est saturé (brouillard, humidité 100%), l'évaporation s'arrête, même s'il
fait chaud.

C'est pour cela que le linge ne sèche pas par temps de brouillard.

4. La Vitesse du Vent :
Le vent joue un rôle mécanique essentiel. L'évaporation crée une couche d'air saturée en
humidité juste au-dessus de la surface de l'eau. Si l'air est calme, cette couche stagne et
bloque l'évaporation. Le vent balaie cette couche humide et la remplace par de l'air plus
sec, relançant ainsi le processus.
Analogie : On souffle sur une soupe chaude pour la refroidir (évaporation forcée).

4.1.3. Méthodes de mesure simplifiées : Le Bac d'Évaporation

Mesurer directement l'évaporation d'un grand lac est très difficile. Les ingénieurs utilisent donc
des dispositifs standardisés qui servent d'index. Le plus utilisé au monde est le Bac de classe
A (Standard du Weather Bureau des USA).

a) Description du dispositif

C'est une cuve circulaire en métal galvanisé.


Dimensions : 1,21 m de diamètre et 25,4 cm de profondeur.
Installation : Il est posé sur un caillebotis en bois (pour laisser l'air circuler dessous) et
rempli d'eau jusqu'à un niveau précis.

b) Principe de la mesure
On mesure la baisse du niveau d'eau dans le bac chaque jour (en mm).

E bac = Niveau veille − Niveau jour + Pluie éventuelle

c) Passage du Bac au Lac : Le Coefficient de Bac


Attention ! Le bac surestime l'évaporation par rapport à un lac réel.

Le bac est en métal et chauffe vite au soleil (par les parois).


Il stocke peu de chaleur.
Il est plus sensible au vent.

Pour estimer l'évaporation d'un lac ou d'une retenue de barrage à partir des mesures du bac,
on applique un coefficient correcteur (K ), généralement inférieur à 1.
bac

E lac = K bac × E bac

E lac : Évaporation estimée du plan d'eau.


E bac : Évaporation mesurée sur le bac.
K bac : Coefficient de bac (varie généralement entre 0,6 et 0,8 selon la saison et
l'environnement).

Note pratique pour l'ingénieur : Dans les études de faisabilité de barrages en zones
tropicales, on considère souvent que l'évaporation annuelle sur la retenue sera de l'ordre de
1500 à 2500 mm. C'est une perte d'eau considérable (1,5 à 2,5 m de hauteur d'eau perdue
sur toute la surface du lac) qu'il faut absolument intégrer dans le bilan.
À présent , nous touchons à un phénomène charnière. L'infiltration est littéralement le "triage"
de l'eau. C'est à la surface du sol que se joue le destin de la goutte de pluie : va-t-elle devenir
une ressource souterraine (la "banque" d'eau) ou un risque d'inondation en surface ?

4.2. Le Phénomène d'Infiltration


4.2.1. Le devenir de l'eau qui atteint le sol : L'effet "Éponge"

L'infiltration est le mouvement de l'eau traversant la surface du sol pour pénétrer dans la zone
non saturée (le sol) et éventuellement rejoindre la nappe phréatique.

Pour comprendre ce phénomène, imaginez le sol comme une éponge.

1. Forces de gravité : L'eau est tirée vers le bas par son propre poids.
2. Forces capillaires : L'eau est aussi "aspirée" par les pores du sol sec, exactement comme
un morceau de sucre aspire le café ou comme une éponge sèche absorbe l'eau très vite au
début.

Dès que l'eau pénètre, elle remplit les vides (les pores) entre les grains de terre.

Si elle reste piégée dans les couches supérieures, elle forme l'humidité du sol (réserve
utile pour les plantes).
Si elle descend plus bas par gravité (percolation), elle recharge les nappes souterraines.

Le saviez-vous ? La surface du sol agit comme une "peau". Si cette peau est abîmée
(compactée, bétonnée), l'organisme (le sol) ne peut plus boire. C'est le drame de
l'urbanisation moderne : en imperméabilisant les villes, on empêche la recharge des nappes
et on augmente les inondations.

4.2.2. Les facteurs influençant l'infiltration

L'ingénieur doit savoir diagnostiquer un sol. Pourquoi certains bassins absorbent-ils tout l'orage
alors que d'autres inondent immédiatement ? Cela dépend de quatre facteurs majeurs.

1) La Texture et la Structure du Sol (La Géologie)


C'est le facteur le plus évident. Il dépend de la taille des pores (vides).

Sols sableux (Sable, Gravier) : Les grains sont gros, les pores sont grands. L'eau circule
très vite. L'infiltration est forte.
Sols argileux : Les particules sont microscopiques (feuillets). Les pores sont minuscules et
souvent non connectés. L'eau a beaucoup de mal à passer. L'infiltration est très faible.
Analogie routière : Le sable est une autoroute fluide pour l'eau. L'argile est un
embouteillage aux heures de pointe.

2) L'Humidité Initiale du Sol (L'état de l'éponge)

Si le sol est sec au début de la pluie : Les forces capillaires sont très fortes (le sol a "soif").
L'infiltration est maximale au début.
Si le sol est déjà saturé (gorgé d'eau par une pluie précédente) : Il n'y a plus de place dans
les pores. Le sol refuse l'eau, qui ruisselle immédiatement.
Conséquence pour l'ingénieur : Une averse de 50 mm peut être inoffensive en été (sol
sec) mais catastrophique en hiver (sol saturé).

3) La Couverture Végétale (Le rôle protecteur)


La végétation est la meilleure alliée de l'infiltration.

Elle freine l'eau en surface, lui laissant le temps de pénétrer.


Les racines créent des "macropores" (des galeries) qui conduisent l'eau en profondeur.
La litière (feuilles mortes) protège le sol de l'impact des gouttes de pluie.
Le phénomène de "Battance" : Sur un sol nu (agricole), l'impact violent des gouttes de
pluie explose les mottes de terre et crée une croûte imperméable en surface (croûte
de battance). L'eau ne rentre plus, même si le sol est sec dessous !

4) L'Action de l'Homme (Compaction)


Le passage d'engins agricoles ou de véhicules tasse le sol, réduit la porosité et diminue
drastiquement l'infiltration.

4.2.3. Notion de capacité d'infiltration

C'est le concept mathématique clé pour l'ingénieur.

Définition :
La capacité d'infiltration (f ) est le flux maximal d'eau que le sol est capable d'absorber à un
p

instant donné. Elle s'exprime en mm/h (comme une intensité de pluie).

Loi fondamentale du ruissellement (Modèle de Horton) :

Si Intensité de pluie (i) < Capacité d'infiltration (f ) : Toute la pluie s'infiltre. Pas de
p

ruissellement.
Si Intensité de pluie (i) > Capacité d'infiltration (f ) : Le sol ne peut pas tout boire.
p

L'excédent reste en surface et ruisselle.

Ruissellement = i − f p

Évolution dans le temps (L'équation de Horton)


Robert E. Horton (un des pères de l'hydrologie moderne, années 1930) a observé que la
capacité d'infiltration n'est pas constante. Elle est très forte au début de la pluie, puis diminue
exponentiellement pour se stabiliser vers une valeur constante.

L'équation de Horton (Équation 6.1 du document original) modélise cette décroissance :


−kt
f (t) = f c + (f 0 − f c )e

Où :

f (t) : Capacité d'infiltration à l'instant t (mm/h).


f0 : Capacité d'infiltration initiale (au début de la pluie, sol sec). Elle est élevée.
fc : Capacité d'infiltration finale (ou constante) lorsque le sol est saturé. Elle correspond à
la perméabilité du sol saturé (K sat ).
k : Constante de décroissance (dépend du type de sol et de la végétation).
t : Temps écoulé depuis le début de l'averse.

Ce tableau donne des ordres de grandeur pour les paramètres de l'équation de Horton (f , f 0 c

et k) pour différents types de sols.

Type de sol f0(mm/h) fc (mm/h) (min⁻¹)


k

(Capacité (Capacité (Constante de


initiale) finale) décroissance)
Standard nu 280 6 - 220 1,6
Agricole avec 900 20 - 290 0,8
tourbe
Tourbe 325 2 - 20 1,8
Sable fin nu 210 2 - 25 2,0
Argile avec tourbe 670 10 - 30 1,4

On remarque ici que la présence de tourbe (matière organique) augmente considérablement la


capacité d'infiltration, même mélangée à de l'argile (f très élevé de 670 mm/h), car elle
0

structure le sol et crée de la porosité. À l'inverse, le sable fin nu, bien que perméable, peut avoir
une capacité plus faible s'il est tassé ou non structuré.
Sable : f est élevé ( > 20 mm/h).
c

Argile : f est très faible ( < 1 mm/h). C'est pour cela que les sols argileux inondent vite.
c

Application Pratique : Modélisation Numérique du Ruissellement

Pour un ingénieur, comprendre l'équation de Horton est une chose, mais visualiser comment
elle génère une crue en est une autre. De nos jours, ces calculs ne se font plus à la main, mais
via des scripts informatiques.

Voici un outil de simulation écrit en langage Python. Ce script permet de tracer la courbe de
capacité d'infiltration et de voir, pour une pluie donnée, quelle partie de l'eau part dans le sol
(Ressource) et quelle partie reste en surface (Risque d'inondation).

Script Python : Simulation du modèle de Horton

Ce code peut être utilisé pour tester différents types de sols (en modifiant f , f et k) afin de
0 c

prédire leur comportement sous un orage.

import numpy as np
import [Link] as plt

def simulation_horton():
# --- 1. Paramètres du sol (À modifier selon le terrain) ---
f0 = 100.0 # Capacité initiale (mm/h) - Sol sec
fc = 15.0 # Capacité finale (mm/h) - Sol saturé
k = 2.0 # Vitesse de saturation du sol (h^-1)

# --- 2. Scénario de pluie ---


i_pluie = 60.0 # Intensité de l'orage (mm/h)
duree = 4.0 # Durée de l'événement (heures)

# --- 3. Calculs (Discrétisation temporelle) ---


t = [Link](0, duree, 500) # Création de l'axe temps

# Application de l'équation de Horton


f_t = fc + (f0 - fc) * [Link](-k * t)

# --- 4. Visualisation Graphique ---


[Link](figsize=(10, 6))

# Tracé de la capacité d'absorption du sol (Courbe Bleue)


[Link](t, f_t, color='blue', linewidth=2.5, label='Capacité
d\'infiltration du sol $f(t)$')

# Tracé de la pluie (Ligne Grise)


[Link](y=i_pluie, xmin=0, xmax=duree, color='gray', linestyle='--',
linewidth=1.5, label=f'Intensité de pluie constante ({i_pluie} mm/h)')

# Remplissage : Ce qui s'infiltre (Zone Verte)


# L'eau rentre tant que la pluie est inférieure à la capacité du sol
infiltration = [Link](i_pluie, f_t)
plt.fill_between(t, 0, infiltration, color='lightgreen', alpha=0.5,
label='Volume Infiltré (Stock)')

# Remplissage : Ce qui ruisselle (Zone Rouge)


# Dès que la pluie dépasse la capacité, l'excédent ruisselle
plt.fill_between(t, f_t, i_pluie, where=(i_pluie > f_t), color='salmon',
alpha=0.6, hatch='//', label='Volume Ruisselé (Crue)')

# Mise en forme
[Link](f"Simulation Hydrographique : Séparation Pluie/Débit (Modèle de
Horton)", fontsize=14)
[Link]("Temps écoulé (heures)", fontsize=12)
[Link]("Intensité (mm/h)", fontsize=12)
[Link](loc='upper right', shadow=True)
[Link](True, linestyle='--', alpha=0.7)
[Link]()

# Lancer la simulation
if __name__ == "__main__":
simulation_horton()

Figure : Séparation des volumes infiltrés et ruisselés selon le modèle de Horton pour
une pluie constante.
Interprétation graphique pour l'ingénieur :
Lorsque vous exécutez ce script, le graphique généré illustre deux phases critiques :

1. Phase d'absorption (Zone Verte) : Au début (t = 0), la capacité du sol (f ) est supérieure
0

à l'intensité de la pluie. Le sol "boit" toute l'eau. Il n'y a aucun ruissellement, donc aucun
débit dans la rivière issue de ce versant.
2. Point de saturation et Ruissellement (Zone Rouge) : À mesure que le temps passe, la
courbe bleue descend. Au moment où elle croise la ligne de la pluie, le sol sature. L'aire
rouge hachurée qui apparaît représente le volume net de ruissellement. C'est ce volume
précis qui devra être évacué par les ouvrages hydrauliques (caniveaux, ponts).

Pour l'examen (et la vie pro) :


Retenez l'allure de la courbe : elle part de haut et descend vite pour devenir une ligne
horizontale (asymptote). Tout ce qui est au-dessus de cette courbe sur un hyétogramme
deviendra du ruissellement (et donc une crue). Tout ce qui est en-dessous ira dans le sol.

Nous quittons la surface pour explorer le sous-sol. C'est un monde invisible pour l'œil, mais
c'est le réservoir stratégique de l'humanité. En hydrologie, on dit souvent que les eaux de
surface sont le "compte courant" (fluctuant, rapide) et que les eaux souterraines sont le
"compte épargne" (stable, lent).

4.3. Introduction aux Eaux Souterraines


Une fois que l'eau s'est infiltrée et a traversé la zone non saturée (zone vadose), elle atteint une
zone où tous les pores de la roche sont remplis d'eau : c'est la zone saturée. L'eau qui y
circule est appelée eau souterraine, et la formation géologique qui la contient est un aquifère.

4.3.1. Les différents types de nappes (Le contenant)

Pour l'ingénieur, il est vital de savoir dans quel type de réservoir il pompe, car la physique de
l'écoulement et la protection de la ressource sont totalement différentes. On distingue deux
grands types (voir Figure 6.1 du document).

A) La Nappe Libre (ou Phréatique)

Définition : C'est une nappe qui a une surface libre en contact direct avec l'air (à travers
les pores du sol). Elle repose sur une couche imperméable (le "mur"), mais au-dessus
d'elle, il n'y a que du sol perméable jusqu'à la surface.
Analogie : Imaginez une baignoire remplie de sable et d'eau. La surface de l'eau à
l'intérieur du sable est libre de monter ou descendre.
Pression : À la surface de la nappe, la pression est égale à la pression atmosphérique.
Risque : Comme elle n'a pas de "toit" imperméable, elle est très vulnérable à la pollution
venant de la surface (pesticides, hydrocarbures).

B) La Nappe Captive (ou Confinée)

Définition : C'est une nappe d'eau prise en "sandwich" entre deux couches imperméables
(un "mur" en bas et un "toit" en haut). L'eau y est souvent sous pression.
Analogie : C'est comme une conduite d'eau forcée (un tuyau) remplie de sable. L'eau
remplit tout l'espace et pousse sur le toit.
Le phénomène de l'Artésianisme (Fun Fact) : Si vous forez un trou dans le toit d'une
nappe captive, l'eau va remonter dans le tube, parfois plus haut que la surface du sol ! Si
elle jaillit spontanément, on parle de puits artésien (du nom de la région d'Artois en
France, où ce phénomène a été étudié au 12ème siècle).
Intérêt : Elle est souvent très bien protégée des pollutions de surface grâce à son toit
imperméable (souvent de l'argile).

4.3.2. La Loi de Darcy : La loi fondamentale

Si vous ne devez retenir qu'une seule formule en hydrogéologie, c'est celle-ci. Elle est à l'eau
souterraine ce que la loi d'Ohm est à l'électricité.

a) La petite histoire (Pour la culture G)


En 1856, Henry Darcy, un ingénieur français chargé de l'alimentation en eau de la ville de
Dijon, cherchait à améliorer les filtres à sable pour purifier l'eau. En faisant des expériences sur
des colonnes de sable (voir Figure 6.4 du document), il a découvert une loi physique
universelle.

b) Le principe
Darcy a montré que la vitesse de l'eau à travers un milieu poreux (sable, sol) est
proportionnelle à la différence de "hauteur" (charge) de l'eau et inversement proportionnelle à la
longueur du trajet.

c) La Formule (Équation 6.2)

Δh
Q = K ⋅ A ⋅
L

Ou souvent écrite sous la forme :

Q = K ⋅ A ⋅ i

Avec :

Q : Le débit d'eau qui traverse le sol (m 3


).
/s

A : La section transversale de l'aquifère (m ). 2

Δh : La différence de charge hydraulique (hauteur d'eau) entre l'entrée et la sortie (m).


C'est le "moteur" de l'écoulement.
L : La longueur du trajet parcouru par l'eau (m).
i (ou J ou S ) : Le Gradient Hydraulique (i = Δh/L). C'est la pente de la nappe.
K : La Conductivité Hydraulique (ou coefficient de perméabilité). C'est le paramètre clé !

d) Focus sur le paramètre K (Conductivité Hydraulique)


K représente la facilité avec laquelle le sol laisse passer l'eau. Il dépend de la géologie (taille
des grains, fissures).

Unités : Il s'exprime en m/s (c'est une vitesse théorique).


Ordres de grandeur (Tableau 3.4) :
Gravier (Rivière) : K ≈ 10
−2
m/s (L'eau circule vite).
Sable : K ≈ 10
−4
.
m/s

Argile (Imperméable) : K ≈ 10
−9
m/s (L'eau est quasi immobile).

Analogie électrique pour l'ingénieur :

Q (Débit) ↔ I (Intensité électrique)


Δh (Différence de hauteur) ↔ U (Différence de voltage)
1/K (Imperméabilité) ↔ R (Résistance électrique)
L'eau coule du potentiel haut vers le potentiel bas, tout comme l'électricité va du + vers le -.

Conclusion pour le chapitre :


L'eau souterraine ne stagne pas, elle circule, mais très lentement (de quelques mètres par an
à quelques mètres par jour). Cette lenteur en fait un réservoir à grande inertie, crucial pour
soutenir le débit des rivières en été (quand il ne pleut pas, c'est la nappe qui alimente la rivière :
c'est le débit de base).

Nous arrivons à l'étape finale du parcours de l'eau sur le bassin versant. Après la pluie (Chap
3), après les pertes par évaporation et infiltration (Chap 4), l'eau restante se concentre et
s'écoule vers l'exutoire : c'est le débit.

Ce chapitre est le cœur de l'hydrologie opérationnelle. Savoir mesurer et calculer un débit est la
compétence n°1 demandée à un ingénieur hydraulicien.

CHAPITRE 5 – LE RUISSELLEMENT ET LE DÉBIT DES


COURS D'EAU
5.1. Mesure du Débit d'un Cours d'Eau (Hydrométrie)
Le problème de l'ingénieur :
On ne peut pas mesurer le débit d'une rivière directement comme on mesure l'eau qui sort d'un
robinet (avec un seau et un chronomètre). Les volumes sont trop grands (des m³/s, voire des
milliers de m³/s).
On doit donc mesurer deux grandeurs physiques distinctes pour calculer le débit (Q) :

1. La Section mouillée (S ) : La surface de l'eau en coupe transversale (m ). 2

2. La Vitesse d'écoulement (V ) : La vitesse à laquelle l'eau avance (m/s).

La relation fondamentale est :

Q = V × S

Le défi, c'est que la vitesse n'est pas la même partout dans la rivière (ça frotte au fond, ça va
vite au milieu).

5.1.1. Mesure de la vitesse : Le principe du moulinet


Pour connaître la vitesse de l'eau, l'outil roi est le moulinet hydrométrique.

a) Le Principe
C'est une petite hélice (ou une roue à coupelles) immergée dans l'eau. Le courant fait tourner
l'hélice.
Plus l'eau va vite, plus l'hélice tourne vite.
L'appareil compte le nombre de tours (N ) par seconde.

b) L'Équation du moulinet
Chaque appareil est calibré en laboratoire. La relation entre la vitesse de l'eau (v) et le nombre
de tours (n) est linéaire :

v = a + b ⋅ n

Où :

v : Vitesse de l'eau (m/s).


n : Nombre de tours par seconde.
a : Vitesse de démarrage (frottements mécaniques, l'hélice ne tourne pas si le courant est
trop faible).
b : Pas de l'hélice (coefficient hydraulique).

c) Où mesurer la vitesse ? (Le profil vertical)


La vitesse change avec la profondeur. Elle est nulle au fond (frottement) et maximale juste en
dessous de la surface.
Pour avoir une vitesse moyenne sur une verticale donnée sans mesurer tous les centimètres,
l'ingénieur utilise des méthodes standardisées:

Méthode 1 point : On mesure à 60% de la profondeur (0,6d depuis la surface). C'est une
bonne approximation de la vitesse moyenne.
Méthode 2 points (plus précise) : On mesure à 20% et à 80% de la profondeur (0,2d et
0,8d), puis on fait la moyenne arithmétique des deux vitesses.

5.1.2. Le Jaugeage : Explorer le champ de vitesse

L'opération complète qui consiste à mesurer le débit de la rivière à un instant t s'appelle un


jaugeage.

La méthode "Exploration du champ de vitesse" :


Comme la rivière n'est pas un rectangle parfait et que la vitesse varie sur la largeur, on
découpe la rivière en plusieurs tranches verticales (comme on coupe un pain).

1. On tend un câble en travers de la rivière.


2. Tous les X mètres (ex: tous les 2m), on mesure la profondeur (d ) et la vitesse moyenne (v )
i i

avec le moulinet.
3. On calcule le débit partiel de chaque tranche : q i .
= v i × d i × largeur
4. On somme tout : Q total
= ∑ qi .

Le matériel :

En petite rivière (peu profond) : L'opérateur va dans l'eau avec des bottes cuissardes et
tient le moulinet sur une tige graduée (Jaugeage à gué).
En grande rivière (profond/dangereux) : On descend le moulinet depuis un pont, un
téléphérique, ou un bateau, lesté par un poids lourd (appelé "Saumon" à cause de sa
forme hydrodynamique) pour qu'il ne soit pas emporté par le courant.

5.1.3. La Courbe de Tarage : L'outil de gestion au quotidien

C'est le concept le plus important pour la surveillance des cours d'eau.

Le Problème : Faire un jaugeage complet (avec le moulinet, les tranches, etc.) prend des
heures et coûte cher. On ne peut pas le faire tous les jours, et encore moins pendant une crue
violente (trop dangereux).
Pourtant, on a besoin de connaître le débit en continu.

La Solution : La relation Hauteur-Débit


Il est très facile de mesurer la hauteur d'eau (H ) en continu.

On installe une règle graduée (Limnimètre) ou un capteur automatique (Limnigraphe)


(Figures 7.1 et 7.2).

L'ingénieur va chercher à établir une relation mathématique unique entre la hauteur d'eau (H )
et le débit (Q). Cette courbe graphique s'appelle la Courbe de Tarage.

Construction de la courbe :

1. L'hydrologue va sur le terrain faire des jaugeages complets à différents moments de l'année
(quand l'eau est basse, moyenne, haute).
2. Pour chaque jaugeage, il note le couple de points : (H 1, , (H
Q1 ) 2, , etc.
Q2 )

3. Il place ces points sur un graphique (H en ordonnée, Q en abscisse).


4. Il trace la courbe moyenne qui passe par ces points.

L'équation mathématique (Modèle de puissance) :


La courbe de tarage suit généralement une loi de la forme :
n
Q = C ⋅ (H − H 0 )

Où :
Q : Débit.
H : Hauteur d'eau lue à l'échelle.
H0 : Hauteur correspondante au débit nul (le fond du lit).
C et n : Constantes caractéristiques de la forme du lit de la rivière.

Utilité pour l'ingénieur :


Une fois la courbe de tarage établie ("calée"), on n'a plus besoin d'aller mesurer le débit. On lit
simplement la hauteur d'eau sur la règle (ex: "La rivière est à 2,50 m"), et grâce à la courbe, on
en déduit instantanément le débit (ex: "Donc il passe 150 m³/s").

**Attention (Le piège classique) !**


La courbe de tarage n'est pas éternelle. Si une crue modifie le fond de la
rivière (érosion ou dépôt de sédiments), la relation change. Pour une même
hauteur d'eau, le débit ne sera plus le même. L'ingénieur doit donc refaire
des jaugeages de contrôle régulièrement pour vérifier la validité de sa
courbe. C'est ce qu'on appelle la **gestion de la courbe de tarage**.

Application Pratique : Simulation de la dérive de la Courbe de


Tarage

Le graphique ci-dessous, généré par simulation, montre le danger de ne pas mettre à jour sa
courbe de tarage.

Courbe Bleue : La relation établie en début d'année (État initial).


Courbe Rouge : La réalité du terrain après une crue qui a creusé le lit (Érosion). Pour une
même hauteur d'eau, le débit est plus fort car le lit est plus grand/profond.
L'Erreur : Si l'ingénieur lit une hauteur de 2,5m et utilise l'ancienne courbe (bleue), il sous-
estime gravement le débit réel.

Script Python : Visualisation du détarage

import numpy as np
import [Link] as plt

def simulation_courbe_tarage():
# --- 1. Paramètres de la rivière ---
# Modèle mathématique : Q = C * (H - H0)^n
# H = Hauteur d'eau (m)
# H0 = Hauteur débit nul (fond du lit)

# État 1 : Rivière initiale (Calage de référence)


C1 = 15.0
n = 1.6 # Exposant typique pour un lit naturel
H0_1 = 0.0

# État 2 : Après une crue (Érosion du fond)


# L'eau passe mieux, le lit est plus profond ou plus large.
# Pour une même hauteur lue au limnimètre, le débit est plus fort.
C2 = 22.0 # Le coefficient augmente (meilleure efficacité hydraulique)
H0_2 = 0.0

# --- 2. Génération des données ---


h_vals = [Link](0.1, 4.0, 100) # Hauteurs de 0.1 à 4m

# Calcul des débits correspondants


q_initial = C1 * (h_vals - H0_1)**n
q_apres_crue = C2 * (h_vals - H0_2)**n

# --- 3. Simulation d'une lecture ---


hauteur_lue = 2.5 # L'ingénieur lit 2.5m sur l'échelle

# Ce que l'ingénieur calcule (Faux)


debit_estime = C1 * (hauteur_lue - H0_1)**n

# Ce qui passe réellement dans la rivière (Vrai)


debit_reel = C2 * (hauteur_lue - H0_2)**n

erreur_pct = ((debit_reel - debit_estime) / debit_reel) * 100

# --- 4. Graphique ---


[Link](figsize=(10, 7))

# Attention : En hydrométrie, par convention H est en Y et Q est en X


[Link](q_initial, h_vals, 'b-', linewidth=2, label='Courbe Initiale
(Avant crue)')
[Link](q_apres_crue, h_vals, 'r--', linewidth=2, label='Courbe Actuelle
(Après érosion)')

# Visualisation de l'erreur
[Link](y=hauteur_lue, xmin=0, xmax=max(debit_reel, debit_estime),
colors='gray', linestyles=':')
[Link](debit_estime, hauteur_lue, 'bo', markersize=8)
[Link](debit_reel, hauteur_lue, 'ro', markersize=8)

# Flèche d'erreur
[Link]('', xy=(debit_reel, hauteur_lue), xytext=(debit_estime,
hauteur_lue),
arrowprops=dict(arrowstyle='->', color='black', lw=1.5))
[Link]((debit_reel + debit_estime)/2, hauteur_lue + 0.1,
f"ERREUR : {debit_reel - debit_estime:.1f} m³/s\n(Sous-estimation
de {erreur_pct:.0f}%)",
ha, fontsize=10, color='black', fontweight='bold')

# Mise en forme
[Link]("Le Piège du Détarage : Conséquence de l'érosion du lit",
fontsize=14)
[Link]("Hauteur d'eau H (m) - Lue au limnimètre", fontsize=12)
[Link]("Débit Q (m³/s)", fontsize=12)
[Link](True, which='both', linestyle='--', alpha=0.7)
[Link](fontsize=11)

[Link]()

if __name__ == "__main__":
simulation_courbe_tarage()

Résultat
Figure 5.1: Illustration de l'impact de l'érosion du lit sur la relation Hauteur-Débit
(Détarage).
Interprétation du graphique pour l'étudiant :
1. L'axe Y (Hauteur) : C'est ce que vous lisez sur le terrain (ex: 2,5 m). C'est votre seule
donnée immédiate.
2. L'axe X (Débit) : C'est ce que vous cherchez.
3. Le scénario :
Vous lisez H = 2, 5m.
Vous utilisez votre courbe habituelle (Bleue) : vous notez "Débit = 65 m³/s".
Problème : Une crue a eu lieu la semaine dernière. Elle a "raclé" le fond de la rivière
(érosion). Le lit est plus grand.
En réalité (Courbe Rouge), pour cette même hauteur de 2,5 m, il passe beaucoup plus
d'eau (95 m³/s) !
4. Conséquence : Vous annoncez qu'il n'y a pas de danger (65 m³/s), alors qu'en réalité une
masse d'eau bien plus importante dévale la rivière. D'où la nécessité absolue de refaire des
jaugeages réguliers (points rouges) pour vérifier que la courbe n'a pas bougé.

5.2. L'Hydrogramme de Crue


Après avoir vu comment mesurer le débit, il faut maintenant comprendre comment ce débit
évolue dans le temps suite à un événement particulier, comme une averse.

5.2.1. Définition et analyse d'un hydrogramme


a) Qu'est-ce qu'un hydrogramme ?
Un hydrogramme de crue est, tout simplement, le graphique qui représente l'évolution du
débit d'un cours d'eau en fonction du temps. C'est la "signature" d'une pluie (ou d'une fonte de
neige) sur le bassin versant.

Axe X (Abscisse) : Le temps (en heures, jours, etc.).


Axe Y (Ordonnée) : Le débit de la rivière (en m³/s).

Analogie simple : C'est comme un électrocardiogramme de la rivière. Le débit est sa


"tension", et l'hydrogramme montre comment cette tension évolue, notamment lors d'une
"palpitation" due à une pluie.

**b) Les différentes phases d'un hydrogramme

Un hydrogramme typique a plusieurs phases caractéristiques :

1. Le Débit de Base (ou débit d'étiage) :


C'est le débit naturel de la rivière en l'absence d'événements pluvieux majeurs. Il est
principalement alimenté par les écoulements souterrains (les nappes phréatiques qui
"resurgissent" dans la rivière). C'est le débit "calme" de la rivière, le niveau minimum
constant.
2. La Montée (ou Phase d'Intensification) :
À l'arrivée de la pluie, le débit commence à augmenter.
Cette augmentation est d'abord lente (l'eau doit traverser le sol, le réseau de
ruissellement se met en place).
Puis, l'augmentation devient plus rapide à mesure que le ruissellement arrive en masse
à l'exutoire.
3. Le Pic de Crue (ou Débit de Pointe) :
C'est le débit maximum atteint lors de l'événement. Il correspond au moment où le
ruissellement généré par la pluie est le plus important.
4. La Décrue (ou Phase de Déclin) :
Après le pic, le débit diminue progressivement.
Cette diminution est beaucoup plus lente que la montée. Elle est due à l'épuisement
des réserves de ruissellement de surface et au ralentissement des écoulements
souterrains qui reprennent le relais pour alimenter la rivière.

Ce graphique est une représentation canonique d'un hydrogramme de crue. Il décompose


l'événement hydrologique en ses quatre séquences temporelles fondamentales.

Interprétation de la Figure : Décomposition d'une Crue


Ce graphique illustre l'évolution du débit (Q) à l'exutoire d'un bassin versant sur une période de
40 heures. On y distingue clairement la superposition de deux régimes d'écoulement.
1. Le Socle : Le Débit de Base (Zone Grise)

Observation : Avant, pendant et après la crue, il existe un débit constant d'environ 10m 3
.
/s

Explication physique : C'est la "respiration" normale de la rivière en l'absence de pluie


récente. Cette eau provient de la vidange lente des nappes phréatiques (réservoir
souterrain). C'est ce débit qui assure la survie de l'écosystème aquatique en période sèche.

2. La Réaction : La Phase de Montée (Courbe Verte)

Observation : À partir de t = 5h, le débit augmente brutalement. La pente est raide


(concave).
Explication physique : L'averse a commencé (probablement un peu avant t = 5h). Le sol
a saturé et le ruissellement de surface arrive massivement à la rivière. C'est la phase la
plus dangereuse pour les personnes (montée rapide des eaux).
Le Temps de Montée (Flèche Bleue) : Il s'écoule environ 8 heures entre le début de la
crue et son maximum. Ce délai reflète la réactivité du bassin (plus il est court, plus le bassin
est pentu ou imperméable).

3. Le Maximum : Le Pic de Crue (Point Rouge)

Observation : Le débit atteint un maximum instantané de 110m 3


/s à t = 13h.
Explication physique : C'est le moment où l'intensité du ruissellement est maximale.
Importance pour l'ingénieur : C'est LA valeur critique (Q ). C'est ce chiffre qui servira à
max

dimensionner la hauteur des digues ou l'ouverture d'un pont. Si l'ouvrage est conçu pour
3
100m /s , il sera submergé à cet instant précis.

4. La Résorption : La Phase de Décrue (Courbe Orange)

Observation : Après le pic, le débit diminue, mais beaucoup plus lentement qu'il n'est
monté. La courbe s'aplatit progressivement (convexe).
Explication physique : La pluie a cessé. Le ruissellement de surface s'arrête, mais l'eau
stockée temporairement dans le sol (écoulement hypodermique) et dans le réseau
hydrographique continue de s'évacuer lentement. C'est la phase de "tarissement".

Notez l'asymétrie typique : Dans la nature, une crue monte presque toujours plus vite
qu'elle ne redescend (Montée rapide vs Décrue lente).

c) Les paramètres de l'analyse :

Le Temps de Montée (t ) : Le temps entre le début de la pluie et le pic de crue. Il indique


m

la rapidité de réaction du bassin. Il est généralement plus court pour les bassins petits,
pentus, et sans végétation.
Le Débit de Pointe (Q max
) : Le débit maximal atteint. C'est un paramètre essentiel pour le
dimensionnement des ouvrages de protection contre les crues (digues, barrages
d'écrêtement).
Le Temps de Base (T ) : La durée totale pendant laquelle le débit reste significativement
b

supérieur au débit de base normal, avant de revenir à son niveau d'étiage.

5.2.2. Séparation des écoulements : L'art d'isoler le ruissellement


L'hydrogramme total mesuré à l'exutoire est la somme de deux composantes principales :

1. Le Ruissellement de Surface (ou "ruissellement direct" ou "eau de crue") : C'est l'eau


qui a ruisselé à la surface du bassin et atteint la rivière rapidement. Son arrivée provoque le
pic de crue. Elle est directement liée à l'intensité et à la durée de la pluie et aux
caractéristiques d'infiltration du sol.
2. L'Écoulement de Base (ou "débit de base" ou "écoulement hypodermique") : C'est
l'eau qui arrive plus lentement. Elle provient :
Des nappes phréatiques qui restituent l'eau stockée en souterrain.
Des écoulements de subsurface (l'eau qui s'est infiltrée mais qui n'a pas encore
atteint la nappe, cheminant plus rapidement dans les couches superficielles du sol).

Pourquoi cette séparation est-elle cruciale pour l'ingénieur ?

Comprendre l'événement : L'hydrogramme de ruissellement pur représente directement la


réponse du bassin à la pluie, sans le "lissage" des écoulements souterrains.
Dimensionner les ouvrages : Pour dimensionner un barrage de retenue destiné à écrêter
les crues, on s'intéresse principalement au volume et au pic du ruissellement de surface.
Gérer les ressources : L'écoulement de base est vital car il maintient le débit des rivières
pendant les étiages (périodes sèches).

Comment séparer ces deux composantes ? (Le principe de la séparation)

Il existe plusieurs méthodes, souvent graphiques ou basées sur des modèles simples. L'idée
est de "retirer" le débit de base du débit total pour isoler le ruissellement.

Méthode Graphique (Figure 7.10 du document) :


1. On identifie le début du ruissellement de surface (point où le débit commence à
augmenter fortement) et la fin de la crue (retour au débit de base).
2. On trace une ligne (souvent droite ou légèrement courbée) entre le début du
ruissellement et la fin de la décrue pour "couper" le débit de base.
3. L'hydrogramme au-dessus de cette ligne correspond au ruissellement direct.
Une fois l'hydrogramme tracé, l'ingénieur doit isoler la part due au ruissellement immédiat.
Pourquoi ? Parce que pour dimensionner un ouvrage d'évacuation, c'est ce volume rapide qui
compte.

La Méthode de la Ligne Droite (Simplifiée)

C'est la méthode la plus couramment enseignée en licence pour sa simplicité et son efficacité
sur des événements uniques (voir Figure 7.10 du document).

1. Identifier le point de montée (A) : C'est le moment précis où la courbe quitte le régime
stable (débit de base) pour commencer à grimper brutalement. Cela correspond à l'arrivée
de l'eau de pluie à l'exutoire.
2. Identifier la fin du ruissellement (B) : C'est le point, sur la courbe descendante (décrue),
où la pente change. La rivière cesse de baisser rapidement et reprend une décroissance
lente et régulière. Ce point marque la fin de l'influence de la pluie de surface ; il ne reste
plus que l'eau souterraine qui s'écoule.
3. Tracer la ligne de séparation : On relie le point A et le point B par une ligne droite.
4. Le Résultat :
La zone au-dessus de la ligne est le Volume de Ruissellement Direct (V ). R

La zone en-dessous de la ligne est le Volume de l'Écoulement de Base (V ). B

Simulation de la Séparation des Écoulements


Ce script génère un hydrogramme de crue synthétique et applique automatiquement la
méthode de la ligne droite pour visualiser les deux volumes.

import numpy as np
import [Link] as plt

def simulation_separation_hydrogramme():
# --- 1. Création des données temporelles ---
t = [Link](0, 50, 100) # 50 heures de crue

# --- 2. Simulation des composantes ---


# a) Débit de base (constant pour simplifier ou légèrement variable)
q_base_naturel = 5 + 0.05 * t # Une légère montée naturelle de la nappe

# b) Ruissellement direct (Modèle Gamma : montée rapide, descente lente)


# Paramètres de forme
t_pic = 12.0
q_pointe_ruissellement = 40.0
# Formule mathématique simplifiée d'un hydrogramme unitaire
q_ruissellement = q_pointe_ruissellement * (t / t_pic)**2 * [Link](2 * (1
- t / t_pic))

# c) Hydrogramme Total (Ce qu'on mesure en rivière)


q_total = q_base_naturel + q_ruissellement

# --- 3. Application de la méthode de séparation (Ligne droite) ---


# On définit arbitrairement les points A (début) et B (fin) pour
l'exercice
# Dans la réalité, on les cherche par analyse de pente
idx_A = [Link](t, 2) # Début de la crue à t=2h
idx_B = [Link](t, 35) # Fin du ruissellement direct à t=35h

t_A, q_A = t[idx_A], q_total[idx_A]


t_B, q_B = t[idx_B], q_total[idx_B]

# Création de la ligne de séparation (Equation de droite entre A et B)


# y = mx + p
pente = (q_B - q_A) / (t_B - t_A)
q_separation = np.zeros_like(t)

# La ligne n'existe qu'entre A et B


for i in range(len(t)):
if t[i] < t_A:
q_separation[i] = q_total[i] # Avant la crue, tout est débit de
base
elif t[i] > t_B:
q_separation[i] = q_total[i] # Après la crue, tout est débit de
base
else:
q_separation[i] = q_A + pente * (t[i] - t_A) # Ligne droite entre
les deux

# --- 4. Graphique ---


[Link](figsize=(10, 6))

# Tracer l'hydrogramme total


[Link](t, q_total, 'k-', linewidth=2.5, label='Hydrogramme Total
(Mesuré)')

# Tracer la ligne de séparation


[Link]([t_A, t_B], [q_A, q_B], 'r--', linewidth=2, label='Ligne de
séparation (Méthode droite)')
# Remplissage : Ruissellement (Au-dessus)
plt.fill_between(t, q_separation, q_total, where=(q_total >=
q_separation),
color='dodgerblue', alpha=0.6, label='Ruissellement
Direct (Crue)')

# Remplissage : Débit de base (En-dessous)


plt.fill_between(t, 0, q_separation, color='sandybrown', alpha=0.4,
label='Écoulement de Base (Nappe)')

# Points A et B
[Link](t_A, q_A, 'ro', markersize=8)
[Link](t_A, q_A + 2, 'A (Début)', color='red', fontweight='bold',
ha='right')

[Link](t_B, q_B, 'ro', markersize=8)


[Link](t_B, q_B + 2, 'B (Fin)', color='red', fontweight='bold')

# Mise en forme
[Link]("Séparation des Écoulements : Méthode de la Ligne Droite",
fontsize=14)
[Link]("Temps (heures)", fontsize=12)
[Link]("Débit ($m^3/s$)", fontsize=12)
[Link]()
[Link](True, linestyle='--', alpha=0.7)
[Link](0, max(q_total) + 5)

plt.tight_layout()
[Link]()

if __name__ == "__main__":
simulation_separation_hydrogramme()
Interprétation du graphique pour l'étudiant :
1. La Courbe Noire (Total) : C'est la seule chose que l'on voit et que l'on mesure sur le
terrain avec un limnigraphe.
2. La Ligne Rouge (Séparation) : C'est une construction de l'esprit (un choix de l'ingénieur)
pour distinguer les sources de l'eau.
3. La Zone Bleue (Ruissellement) : C'est le volume d'eau qui provient directement de la
pluie récente. Si on divise ce volume (en m ) par la surface du bassin (en m ), on obtient la
3 2

lame d'eau écoulée (en mm). C'est cette valeur qu'on comparera à la pluie tombée pour
calculer le coefficient de ruissellement.
4. La Zone Marron (Base) : C'est l'eau qui était déjà là ou qui transite lentement par le sol.
Elle ne participe pas à la dynamique violente de la crue, mais elle assure la pérennité de la
rivière.

C'est parti pour la dernière section de ce chapitre fondamental.

Nous entrons ici dans la "boîte à outils" quotidienne de l'ingénieur. Quand on doit dimensionner
un tuyau sous une route ou un déversoir d'orage, on ne peut pas toujours attendre d'avoir 10
ans de mesures de débit. On doit estimer le débit de crue à partir des données de pluie
(Chapitre 3) et des caractéristiques du bassin (Chapitre 2).

Je vais structurer cette partie pour qu'elle soit directement utilisable, en m'inspirant du Chapitre
7 (Sections 7.4 et 7.5) du document original.
5.3. Estimation des Débits de Crue
Comment prédire le débit maximal (Q ) que va générer un orage, alors qu'il n'a pas encore
max

eu lieu ? Deux approches dominent l'ingénierie pratique :

1. La Méthode Rationnelle : Pour connaître juste le pic (le maximum).


2. L'Hydrogramme Unitaire : Pour connaître toute la forme de la crue (l'évolution dans le
temps).

5.3.1. La Méthode Rationnelle : La formule reine du drainage

C'est la méthode la plus ancienne (XIXème siècle) et la plus utilisée au monde pour les petits
bassins versants (< 25 km²), notamment en hydrologie urbaine.

a) Le Principe
Elle part d'une hypothèse simple : si une pluie d'intensité constante tombe assez longtemps, le
débit à l'exutoire finira par se stabiliser à une valeur maximale proportionnelle à cette pluie.

b) La Formule

Q = 0, 278 ⋅ C ⋅ I ⋅ A

Où :

Q : Débit de pointe à l'exutoire (en m 3


).
/s

C : Coefficient de ruissellement (adimensionnel, entre 0 et 1).


I: Intensité de la pluie (en mm/h). Attention : Cette intensité est lue sur la courbe IDF pour
une durée égale au temps de concentration (t ) du bassin.
c

A : Surface du bassin versant (en km ). 2

0, 278 : C'est simplement le facteur de conversion d'unités ( 1


3,6
).

c) La condition de validité (Crucial pour l'examen)


Cette formule ne fonctionne que si la durée de la pluie est supérieure ou égale au temps de
concentration (t ).c

Pourquoi ? Il faut que la goutte d'eau la plus éloignée ait le temps d'arriver à la sortie pour
que tout le bassin participe au débit en même temps.

5.3.2. Le Coefficient de Ruissellement (C)


C'est le paramètre qui représente la "perte" d'eau. Il synthétise l'effet de l'infiltration, de
l'interception par les plantes et du stockage dans les creux.

Volume Ruissel é
C =
Volume Précipité

a) Valeurs typiques (Ordres de grandeur à connaître)


Le tableau 7.2 du document donne des valeurs détaillées. Voici une synthèse pour l'ingénieur :

Type de surface Valeur de C Interprétation


Toitures, Béton, Asphalte 0,90 - 0,95 Quasi-totalité de l'eau ruisselle (Ville).
Pavés disjoints, Gravier 0,50 - 0,70 Ruissellement fort.
Sol nu (Terre battue) 0,30 - 0,60 Dépend si argileux (haut) ou sableux (bas).
Parcs, Pelouses (Terrain plat) 0,10 - 0,25 Bonne infiltration.
Forêts denses 0,05 - 0,20 Très peu de ruissellement (éponge).

b) Le Coefficient Pondéré (C ) eq

Un bassin est rarement homogène (il y a des routes, des jardins, des toits). On calcule une
moyenne pondérée par les surfaces (A ) : i

∑(C i ⋅ A i )
C eq =
A total

5.3.3. Introduction au concept d'Hydrogramme Unitaire (HU)

La méthode rationnelle ne donne qu'un seul point : le pic. Mais pour dimensionner un bassin de
rétention, on a besoin de connaître le volume et la forme de la crue. C'est là qu'intervient
l'Hydrogramme Unitaire.

a) Définition et "Signature" du bassin


L'Hydrogramme Unitaire est la réponse du bassin versant à une pluie unitaire (par exemple 1
mm de pluie efficace) tombant de manière uniforme pendant une durée courte (D).

Analogie : L'HU est l'ADN du bassin.


Si vous tapez sur une cloche (le bassin) avec un marteau (la pluie), elle produira toujours le
même son (l'hydrogramme), peu importe si vous tapez fort ou doucement. La note (la
forme) reste la même, c'est juste le volume sonore (le débit) qui change.

b) Les deux principes fondamentaux (Sherman, 1932)


1. Principe de Proportionnalité (Linéarité) :
Si 1 mm de pluie efficace produit un débit de pointe de 10 m³/s, alors 5 mm de pluie (de
même durée) produiront un débit de 50 m³/s. On multiplie simplement les ordonnées de
l'HU par la quantité de pluie.
2. Principe de Superposition :
Si une averse dure longtemps, on peut la découper en plusieurs petites averses
successives. Le débit total à la sortie sera la somme (décalée dans le temps) des
hydrogrammes provoqués par chaque petite averse.

c) Application pratique
Grâce à l'HU, si l'ingénieur connaît la forme type de la réaction du bassin (son HU), il peut
prédire la crue pour n'importe quel orage complexe en additionnant les réponses.

Visualisation Hybride : Le Principe de Superposition


Ce script génère une animation statique (un graphique composé) montrant :

1. La pluie découpée en blocs.


2. La réponse de chaque bloc (courbes en pointillés).
3. La somme finale (courbe épaisse).

import numpy as np
import [Link] as plt

def plot_superposition_hu():
# --- 1. L'Hydrogramme Unitaire (HU) pour 1 mm de pluie ---
# Forme simple triangulaire/gamma pour l'exemple
t_hu = [Link](0, 10)
hu_ordonnees = [Link]([0, 2, 5, 3, 1.5, 0.8, 0.4, 0.2, 0.1, 0]) # m3/s
pour 1mm

# --- 2. Scénario de Pluie (Hyétogramme) ---


# Trois blocs de pluie successifs
P1 = 2.0 # 2 mm à t=0
P2 = 5.0 # 5 mm à t=1
P3 = 1.5 # 1.5 mm à t=2

pluies = [P1, P2, P3]

# --- 3. Calcul des réponses individuelles ---


# On crée une matrice pour stocker les hydrogrammes décalés
# Longueur totale = durée HU + nombre de blocs pluie
longueur_totale = len(t_hu) + len(pluies)
temps_global = [Link](longueur_totale)

reponses = []

for i, p in enumerate(pluies):
# Réponse = HU * Quantité de pluie
resp = hu_ordonnees * p

# Création du vecteur décalé (rempli de zéros avant et après)


resp_decalee = [Link](longueur_totale)
resp_decalee[i:i+len(resp)] = resp # On place la réponse à partir de
l'indice i
[Link](resp_decalee)

# --- 4. Somme (Superposition) ---


hydrogramme_resultant = [Link](reponses, axis=0)

# --- 5. Graphique ---


[Link](figsize=(12, 7))

# a) Tracer les réponses individuelles (Composantes)


colors = ['green', 'orange', 'purple']
for i, resp in enumerate(reponses):
[Link](temps_global, resp, linestyle='--', color=colors[i],
alpha=0.7,
label=f'Réponse à la pluie {i+1} ({pluies[i]} mm)')
# Remplissage léger
plt.fill_between(temps_global, 0, resp, color=colors[i], alpha=0.1)

# b) Tracer la somme (Résultat final)


[Link](temps_global, hydrogramme_resultant, color='blue', linewidth=3,
label='Hydrogramme Résultant (Somme)')

# Mise en forme
[Link]("Principe de Superposition de l'Hydrogramme Unitaire",
fontsize=16)
[Link]("Temps (unités de temps)", fontsize=12)
[Link]("Débit ($m^3/s$)", fontsize=12)
[Link](True, linestyle='--', alpha=0.6)
[Link](fontsize=11)

# Petit encart pour montrer les pluies


[Link]([Link](3), pluies, color=colors, alpha=0.5, width=0.5,
label='Pluie')
[Link](0, P1+0.2, f"{P1}mm", color='green', ha='center',
fontweight='bold')
[Link](1, P2+0.2, f"{P2}mm", color='orange', ha='center',
fontweight='bold')
[Link](2, P3+0.2, f"{P3}mm", color='purple', ha='center',
fontweight='bold')
[Link](1, -1, "Séquence de Pluie", ha='center', fontsize=10)

plt.tight_layout()
[Link]()

if __name__ == "__main__":
plot_superposition_hu()

Interprétation du graphique généré :


1. Les courbes en pointillés (Verte, Orange, Violette) : Ce sont les réponses individuelles
du bassin à chaque bloc de pluie.
La courbe Orange est la plus haute car la pluie n°2 était la plus forte (5 mm).
Elles ont toutes la même forme (celle de l'HU), elles sont juste étirées verticalement
(Linéarité) et décalées vers la droite (Temps).
2. La courbe Bleue épaisse : C'est l'hydrogramme de crue final que l'on observera dans la
rivière. Elle est la somme mathématique point par point des courbes en pointillés.
Conclusion pour l'étudiant : L'Hydrogramme Unitaire permet de transformer une
séquence de pluie complexe (des barres de différentes hauteurs) en une courbe de débit
continue, simplement en additionnant des formes de base.

Vous aimerez peut-être aussi