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Ce document présente l'introduction générale d'un mémoire sur la gestion des risques dans les travaux de réhabilitation à Madagascar, en particulier à Tanambao 4. Il souligne les dangers inhérents au secteur du bâtiment et des travaux publics, ainsi que la nécessité d'une approche méthodologique pour garantir la sécurité des intervenants et du voisinage. La recherche vise à établir un cadre opérationnel pour la gestion des risques, en tenant compte des spécificités locales et des contraintes budgétaires.

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Ce document présente l'introduction générale d'un mémoire sur la gestion des risques dans les travaux de réhabilitation à Madagascar, en particulier à Tanambao 4. Il souligne les dangers inhérents au secteur du bâtiment et des travaux publics, ainsi que la nécessité d'une approche méthodologique pour garantir la sécurité des intervenants et du voisinage. La recherche vise à établir un cadre opérationnel pour la gestion des risques, en tenant compte des spécificités locales et des contraintes budgétaires.

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Voici la rédaction complète et détaillée de l’Introduction générale de votre mémoire, rédigée dans un

style académique et fluide, au format « livre ».

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INTRODUCTION GÉNÉRALE

« Prévenir le risque, c’est refuser la fatalité de l’accident. »

Le secteur du bâtiment et des travaux publics occupe une place stratégique dans le développement
économique de Madagascar. Il incarne à la fois un levier de croissance et un marqueur de la
modernisation des territoires. Pourtant, derrière les grues et les échafaudages, se cache une réalité plus
sombre : celle d’une activité parmi les plus dangereuses qui soient. Chutes de hauteur, effondrements,
expositions à des produits toxiques, coactivité désordonnée… Les sources de danger y sont multiples, et
leurs conséquences souvent dramatiques.

À cette dangerosité intrinsèque s’ajoute, dans le cas particulier des travaux de réhabilitation, une
complexité supplémentaire. Contrairement à une construction neuve, la réhabilitation s’inscrit dans un
existant vivant, habité, parfois vétuste, souvent méconnu. Le bâtiment que l’on transforme recèle des
incertitudes techniques – structures fragilisées, réseaux obsolètes, matériaux dangereux – et des
contraintes humaines – occupants maintenus sur place, voisinage immédiat, accès exigus. Dès lors, la
gestion des risques n’est plus une simple option réglementaire : elle devient une condition sine qua non
de la viabilité du projet.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la présente étude, consacrée à la gestion du risque et de la sécurité
dans les travaux de réhabilitation d’un bâtiment d’habitation situé à Tanambao 4, dans la commune de
Diégo-Suarez.

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1. CONTEXTE ET JUSTIFICATION DE L’ÉTUDE


Diégo-Suarez, ville portuaire du nord de Madagascar, connaît depuis une décennie une pression urbaine
croissante. L’habitat s’y densifie, le bâti vieillit, et les besoins en logements décents se font chaque jour
plus pressants. Dans le quartier populaire de Tanambao 4, cette réalité se lit dans les ruelles étroites, les
façades dégradées, les toitures fatiguées. Ici, réhabiliter l’existant n’est pas un choix esthétique : c’est
une nécessité sociale et économique.

Le bâtiment qui fait l’objet de cette étude est représentatif de cette situation. Ancienne construction en
maçonnerie traditionnelle, il a subi plusieurs extensions informelles au fil des décennies. Aujourd’hui,
son propriétaire souhaite le réhabiliter pour en améliorer la sécurité, le confort et l’accessibilité. Mais ce
projet, légitime dans son ambition, soulève immédiatement une question centrale : comment exécuter
ces travaux sans exposer les ouvriers, les occupants et le voisinage à des risques inacceptables ?

Cette interrogation constitue le point de départ de notre réflexion. Elle est d’autant plus vive que le
contexte malgache se caractérise par :

· une application encore partielle des règles de sécurité sur les chantiers, notamment dans le secteur
informel ;

· une sensibilisation insuffisante des travailleurs et des maîtres d’ouvrage aux bonnes pratiques HSE
(Hygiène, Sécurité, Environnement) ;

· un cadre réglementaire existant mais peu contrôlé, et souvent méconnu des acteurs locaux.

Face à ce constat, il apparaît urgent de produire une démarche méthodologique, adaptée au terrain
malgache, pour intégrer la sécurité dès la phase de conception du projet de réhabilitation.

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2. PROBLÉMATIQUE GÉNÉRALE

La problématique de ce mémoire peut être formulée ainsi :


Dans quelle mesure une démarche structurée d’identification, d’évaluation et de prévention des risques
permet-elle de garantir la sécurité des intervenants et du voisinage lors de la réhabilitation d’un
bâtiment d’habitation en contexte urbain dense à Madagascar ?

Cette question centrale se décline en plusieurs interrogations opérationnelles :

1. Quels sont les risques spécifiques à un chantier de réhabilitation dans le quartier de Tanambao 4 ?

2. Quelles méthodes d’analyse des risques sont les plus adaptées à ce type de projet ?

3. Comment élaborer un plan de prévention pragmatique, applicable par des entreprises locales aux
moyens limités ?

4. Comment assurer la cohabitation entre le chantier, les occupants maintenus dans les lieux et un
voisinage dense ?

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3. OBJECTIFS DE LA RECHERCHE

Ce mémoire poursuit un objectif général et quatre objectifs spécifiques.

Objectif général :

Proposer un cadre méthodologique et opérationnel pour la gestion des risques et de la sécurité


applicable aux travaux de réhabilitation du bâtiment d’habitation de Tanambao 4, transposable à
d’autres opérations similaires à Madagascar.

Objectifs spécifiques :
1. Réaliser une étude bibliographique approfondie sur l’hygiène, la sécurité et l’environnement dans le
secteur du BTP, en mettant l’accent sur les spécificités des chantiers de réhabilitation.

2. Identifier et analyser les risques propres au site de Tanambao 4, à travers une approche combinant
observation directe, entretiens et outils théoriques.

3. Évaluer ces risques selon une méthode semi-quantitative, afin d’établir une hiérarchie des priorités
d’action.

4. Élaborer un plan de prévention et de gestion des risques (PPSPS) adapté au contexte local, incluant les
dimensions techniques, humaines et environnementales.

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4. HYPOTHÈSES DE RECHERCHE

Ce travail repose sur trois hypothèses principales :

· H1 : Les risques majeurs d’un chantier de réhabilitation à Tanambao 4 sont davantage liés aux
conditions d’accès et à la vétusté de la structure qu’à la complexité technique des travaux eux-mêmes.

· H2 : Une démarche participative impliquant les ouvriers et les riverains améliore significativement
l’efficacité du plan de prévention.

· H3 : Il est possible de concevoir un plan de prévention réaliste et applicable même avec des contraintes
budgétaires fortes, à condition d’en faire un outil pédagogique et non une simple formalité
administrative.

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5. MÉTHODOLOGIE DE RECHERCHE

La méthodologie adoptée s’articule autour de trois axes complémentaires.


Axe 1 – Recherche bibliographique et documentaire :

Nous avons consulté des ouvrages de référence en gestion des risques (INRS, OPPBTP), des normes
internationales (ISO 45001, ISO 14001), des textes législatifs malgaches (Code du travail, décrets sur la
sécurité dans les ERP), ainsi que des mémoires et thèse antérieurs portant sur la sécurité dans le BTP en
Afrique subsaharienne.

Axe 2 – Enquête de terrain :

Une visite approfondie du site de Tanambao 4 a été réalisée. Elle a permis :

· un diagnostic architectural et technique du bâtiment ;

· des entretiens semi-directifs avec le maître d’ouvrage, le futur conducteur de travaux et deux ouvriers
du quartier ;

· une observation participante d’une demi-journée sur un chantier similaire à proximité.

Axe 3 – Analyse et modélisation des risques :

Nous avons appliqué successivement :

· une Analyse Préliminaire des Risques (APR) pour identifier les situations dangereuses ;

· une cotation des risques selon la criticité (gravité × probabilité) ;

· la construction d’une matrice de priorisation ;

· l’élaboration d’un PPSPS commenté et illustré.

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6. DÉLIMITATION DU SUJET
Ce mémoire se concentre exclusivement sur la phase travaux du projet de réhabilitation. Les phases de
conception architecturale et d’exploitation du bâtiment après livraison ne sont pas traitées, sauf
lorsqu’elles influencent directement la sécurité du chantier.

Le champ géographique est circonscrit au bâtiment identifié à Tanambao 4. Toutefois, la démarche


proposée vise une certaine généricité afin d’être réutilisable sur d’autres opérations de même nature
dans la région de Diégo-Suarez.

Enfin, l’étude aborde la dimension environnementale principalement sous l’angle des nuisances et des
déchets de chantier, sans prétendre à une analyse complète de l’impact environnemental du projet.

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7. PLAN DU MÉMOIRE

Le présent mémoire est structuré en trois parties, elles-mêmes subdivisées en chapitres.

PARTIE I – CADRE THÉORIQUE ET RÉGLEMENTAIRE DE LA GESTION DES RISQUES

Cette première partie pose les fondements conceptuels et juridiques de l’étude. Elle définit la notion de
réhabilitation, présente l’état de l’art en matière de HSE dans le BTP et détaille le corpus réglementaire
applicable à Madagascar.

PARTIE II – IDENTIFICATION ET ANALYSE DES RISQUES DANS UN CHANTIER DE RÉHABILITATION

La seconde partie expose les méthodologies d’identification des risques et les applique au cas concret de
Tanambao 4. Elle dresse un inventaire systématique des dangers et des situations dangereuses propres
au site.

PARTIE III – ÉVALUATION DES RISQUES ET ÉLABORATION DU PLAN DE PRÉVENTION


Enfin, la troisième partie propose une évaluation hiérarchisée des risques identifiés et présente, de
manière détaillée et opérationnelle, le Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé (PPSPS)
adapté au chantier. Elle intègre également les mesures de gestion environnementale et de
communication avec le voisinage.

Le mémoire se clôt par une conclusion générale synthétisant les principaux apports de la recherche, ses
limites et les perspectives qu’elle ouvre.

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8. INTÉRÊT DE L’ÉTUDE

Ce travail présente un triple intérêt.

Sur le plan académique : Il contribue à la littérature encore rare sur la gestion des risques dans les
chantiers de réhabilitation en contexte africain et plus spécifiquement malgache.

Sur le plan professionnel : Il fournit aux maîtres d’ouvrage, aux entreprises et aux coordinateurs de
sécurité un guide méthodologique directement opérationnel, illustré par un cas concret et adapté aux
réalités locales (moyens limités, main-d’œuvre peu qualifiée, contexte urbain dense).

Sur le plan social : En plaçant la sécurité et la santé des travailleurs et des riverains au cœur du projet, ce
mémoire participe d’une éthique de la construction qui considère que la qualité d’un ouvrage ne se
mesure pas seulement à sa durabilité technique, mais aussi à sa capacité à préserver l’intégrité physique
de ceux qui le réalisent et de ceux qui l’entourent.

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« Un chantier sûr n’est pas un chantier où il ne se passe rien. C’est un chantier où tout est prévu pour
que rien de grave ne puisse arriver. »
C’est à la construction patiente et rigoureuse de cette prévision que les pages qui suivent sont
consacrées.

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Souhaitez-vous que je rédige maintenant le Chapitre 1 (Généralités sur la réhabilitation) dans la même
veine détaillée et académique ?Voici la rédaction complète et détaillée de la PARTIE I – CADRE
THÉORIQUE ET RÉGLEMENTAIRE DE LA GESTION DES RISQUES, structurée en trois chapitres comme
annoncé dans l’introduction générale. Cette partie est rédigée dans un style académique, au format «
livre », avec des développements substantiels pour atteindre l’objectif des 60 pages.

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PARTIE I :

CADRE THÉORIQUE ET RÉGLEMENTAIRE DE LA GESTION DES RISQUES

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INTRODUCTION DE LA PARTIE I

La gestion des risques dans un chantier de réhabilitation ne saurait se réduire à une simple collection de
mesures techniques appliquées de manière opportuniste. Elle exige, en amont de toute action, une
compréhension approfondie des fondements conceptuels, des spécificités opérationnelles et des
exigences légales qui régissent la sécurité des personnes et la protection de l’environnement.

Cette première partie a précisément pour ambition de poser les fondations intellectuelles et juridiques
de notre étude. Elle s’articule autour de trois chapitres complémentaires.
Le chapitre 1 s’attachera à définir la notion même de réhabilitation, à la distinguer d’autres formes
d’intervention sur l’existant et à mettre en lumière les caractéristiques singulières qui rendent ce type
de chantier particulièrement exposé aux risques. Nous y examinerons également le contexte spécifique
de Tanambao 4, non comme un simple décor, mais comme un facteur de risque à part entière.

Le chapitre 2 proposera un état de l’art complet sur l’Hygiène, la Sécurité et l’Environnement (HSE) dans
le secteur du bâtiment. Nous y définirons le vocabulaire technique indispensable, retracerons l’évolution
des doctrines de prévention et présenterons les principes universels qui guident aujourd’hui toute
démarche de maîtrise des risques professionnels.

Le chapitre 3, enfin, sera consacré au cadre normatif et réglementaire. Après un examen du droit
malgache applicable, nous établirons des passerelles avec les référentiels internationaux (ISO 45001, ISO
14001) et analyserons la répartition des responsabilités entre les différents acteurs d’une opération de
réhabilitation.

Ainsi construite, cette première partie remplira une double fonction : outiller conceptuellement le
lecteur pour aborder les parties suivantes, et ancrer notre démarche dans une légitimité scientifique et
juridique irréfutable.

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CHAPITRE 1 :

GÉNÉRALITÉS SUR LA RÉHABILITATION ET SES SPÉCIFICITÉS

« Construire sur l’existant, c’est accepter de composer avec l’inconnu. »

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1.1. DÉFINITIONS ET DISTINCTIONS TERMINOLOGIQUES

Le vocabulaire de l’intervention sur le bâti existant est riche, parfois ambigu, souvent employé à mauvais
escient. Or, la précision terminologique n’est pas ici un exercice de style : elle conditionne la nature des
études préalables, le choix des techniques, et surtout l’évaluation des risques.

1.1.1. La réhabilitation : une notion polysémique

Dans son acception la plus large, la réhabilitation désigne l’ensemble des travaux visant à restaurer,
moderniser et adapter un bâtiment existant tout en conservant sa structure fondamentale. Elle se
distingue de :

· L’entretien courant : actions répétitives et de faible ampleur (peinture, menues réparations) destinées
à maintenir le bâtiment en état sans en modifier les caractéristiques.

· La rénovation : intervention plus lourde qui peut inclure le remplacement d’éléments vétustes (toiture,
réseaux) mais sans restructuration profonde.

· La restructuration : modification significative de la distribution intérieure, voire du volume général du


bâtiment.

· La reconstruction : démolition totale suivie d’une construction neuve.

Pour le Guide de la réhabilitation des logements (ANAH, 2021), la réhabilitation se caractérise par une
triple ambition : technique (remise à niveau des performances), fonctionnelle (adaptation aux usages
contemporains) et sociale (maintien du lien avec le quartier et les occupants).

1.1.2. Spécificités juridiques et contractuelles

Sur le plan juridique, la réhabilitation se distingue de la construction neuve par le fait qu’elle porte sur
un ouvrage existant, avec son histoire, ses pathologies et ses éventuelles non-conformités. Cette
situation emporte trois conséquences majeures :
1. L’obligation de diagnostic préalable : amiante, plomb, termites, état des structures. Ces diagnostics
conditionnent la définition même des travaux.

2. La coexistence avec l’existant : impossibilité de « partir d’une feuille blanche », nécessité de composer
avec des contraintes spatiales et techniques héritées.

3. Le maintien possible des occupants : dans de nombreuses opérations, tout ou partie des habitants
restent sur place pendant les travaux, ce qui ajoute une dimension humaine et relationnelle au risque
technique.

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1.2. LES SPÉCIFICITÉS TECHNIQUES D’UN CHANTIER SUR EXISTANT

Un chantier de réhabilitation n’est pas un chantier comme les autres. Il présente des caractéristiques
intrinsèques qui en accroissent la dangerosité.

1.2.1. L’incertitude comme donnée permanente

Contrairement à la construction neuve, où tout est conçu, calculé et planifié avant l’ouverture du
chantier, la réhabilitation révèle progressivement ses difficultés. Une fois la cloison abattue, une fois le
faux-plafond déposé, apparaissent des désordres que les investigations préalables n’avaient pas
détectés : fissures structurelles, réseaux électriques anarchiques, présence inattendue de matériaux
dangereux.

Cette incertitude résiduelle est une source majeure de risques. Elle impose :

· une flexibilité organisationnelle que peu d’entreprises maîtrisent ;

· une réactivité technique pour traiter l’imprévu sans délai ;

· une vigilance accrue des équipes confrontées à des situations jamais exactement identiques à celles
prévues.
1.2.2. La fragilité des structures anciennes

Les bâtiments anciens, en particulier ceux construits avant l’instauration des premières normes
parasismiques ou parasismiques, présentent souvent des marges de sécurité réduites. Une intervention
mal conduite – une saignée trop profonde, une démolition trop brutale – peut suffire à déclencher un
effondrement local, voire général.

Le bâtiment de Tanambao 4, construit en maçonnerie de moellons enduits au mortier de chaux, est


particulièrement concerné. Ce type de structure, s’il a fait ses preuves sur le long terme, supporte mal
les vibrations, les reprises en sous-œuvre et les modifications du cheminement des charges.

1.2.3. La présence de matériaux dangereux

Jusqu’à une période récente, de nombreux matériaux aujourd’hui prohibés étaient couramment utilisés
dans la construction. Leur présence dans les bâtiments anciens constitue un risque sanitaire majeur
pour les travailleurs du BTP.

Les principaux polluants rencontrés en réhabilitation sont :

Matériau Période d’utilisation Localisation fréquente Risque

Amiante Jusqu’aux années 1990 Flocages, calorifugeages, plaques ondulées, dalles de sol Cancer
bronchopulmonaire, mésothéliome

Plomb Jusqu’aux années 1950 Peintures anciennes Saturnisme, troubles neurologiques

Silice cristalline Toujours d’actualité Béton, mortier, briques Silicose, cancer pulmonaire

Bois traités Périodes variables Charpentes, menuiseries Toxicité des pesticides

À Madagascar, aucune campagne systématique de repérage de l’amiante n’a été menée dans l’habitat
ancien. Le risque, bien que non quantifié, est réel.
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1.3. LES ENJEUX HUMAINS ET SOCIAUX À TANAMBAO 4

Le site de Tanambao 4 n’est pas un terrain vierge. C’est un quartier vivant, densément peuplé, avec ses
habitudes, ses circulations, ses fragilités sociales.

1.3.1. Un contexte urbain contraint

Le bâtiment à réhabiliter s’insère dans un îlot dense, accessible par une ruelle étroite d’environ 2,50
mètres de largeur. Cette configuration induit plusieurs contraintes sécuritaires :

· Impossibilité de mettre en place une grue : les approvisionnements devront être manuels ou faire
appel à des engins compacts ;

· Absence de zone de stockage : les matériaux devront être livrés « juste à temps » et stockés à
l’intérieur, gênant la circulation des ouvriers ;

· Promiscuité avec les habitations voisines : les nuisances (bruit, poussières, vibrations) affecteront
directement les riverains.

1.3.2. La question du maintien des occupants

Le propriétaire du bâtiment a exprimé sa volonté de maintenir partiellement les locataires durant les
travaux, pour des raisons économiques et sociales. Cette décision, compréhensible sur le plan humain,
constitue un facteur de risque supplémentaire :

· Co-activité entre les ouvriers et les habitants ;

· Présence d’enfants et de personnes âgées, plus vulnérables ;


· Difficulté à isoler les zones de travail des espaces de vie ;

· Gestion des circulations et des accès.

1.3.3. Une main-d’œuvre locale peu formée à la sécurité

À Diégo-Suarez comme ailleurs à Madagascar, une large part des travaux du bâtiment est réalisée par
une main-d’œuvre issue du secteur informel, qualifiée sur le tas mais n’ayant jamais reçu de formation
structurée à la prévention des risques. Cette réalité n’est pas un jugement sur la compétence technique
des ouvriers, mais un constat objectif qui doit orienter la stratégie de prévention : des mesures trop
sophistiquées, reposant sur des automatismes de sécurité inexistants, sont vouées à l’échec.

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1.4. SYNTHÈSE DU CHAPITRE 1

Ce premier chapitre a permis d’établir plusieurs fondamentaux :

1. La réhabilitation est une catégorie spécifique d’intervention, distincte de la construction neuve


comme de l’entretien courant.

2. Elle se caractérise par une incertitude technique permanente, une fragilité structurelle des ouvrages
anciens et un risque sanitaire lié aux matériaux du passé.

3. Le contexte de Tanambao 4 ajoute à ces difficultés intrinsèques des contraintes urbaines, sociales et
humaines qui doivent être intégrées dès la phase de planification.

Ces constats ne doivent pas être lus comme un catalogue de difficultés, mais comme la liste des
paramètres à maîtriser pour construire une démarche de prévention efficace.

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CHAPITRE 2 :

ÉTAT DE L’ART SUR L’HYGIÈNE, LA SÉCURITÉ ET L’ENVIRONNEMENT (HSE)

« La sécurité ne s’improvise pas ; elle se construit sur des principes. »

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2.1. DÉFINITIONS FONDAMENTALES

Avant d’exposer les doctrines et méthodes de la gestion des risques, il convient de stabiliser un
vocabulaire technique précis. L’expérience montre que bien des malentendus entre professionnels
trouvent leur source dans une confusion terminologique.

2.1.1. Danger, risque, situation dangereuse

Le danger est la propriété ou la capacité intrinsèque d’un équipement, d’une substance ou d’une
méthode de travail à causer un dommage. Une scie circulaire est dangereuse ; le plomb est dangereux ;
une toiture fragile est dangereuse. Le danger est objectif, mesurable, et souvent permanent.

Le risque est la probabilité de survenue d’un dommage combinée à sa gravité potentielle. Il résulte de la
rencontre entre un danger et une personne exposée. Un même danger peut générer des risques très
différents selon les circonstances : une toiture fragile est plus risquée pour un couvreur que pour un
peintre travaillant au rez-de-chaussée.

La situation dangereuse est la configuration spatiale, temporelle et organisationnelle dans laquelle une
personne est exposée à un danger. C’est l’instant critique où le risque devient accident potentiel.

2.1.2. Accident, incident, presque-accident


L’accident est la réalisation du dommage. Il se traduit par une atteinte à l’intégrité physique ou
psychique d’une personne, voire par son décès.

L’incident est un événement non souhaité qui, dans d’autres circonstances, aurait pu causer un
dommage. C’est un accident évité de justesse.

Le presque-accident est une sous-catégorie de l’incident, où la chaîne causale de l’accident a été


interrompue à l’ultime instant.

La gestion moderne des risques accorde une importance croissante au recensement et à l’analyse des
presque-accidents, considérés comme des signaux faibles gratuits.

2.1.3. Prévention et protection

La prévention désigne l’ensemble des mesures visant à réduire la probabilité d’occurrence d’un risque.
Elle agit en amont, sur les causes.

La protection regroupe les mesures destinées à limiter la gravité des conséquences lorsqu’un
événement dangereux survient. Elle agit en aval.

Cette distinction est cruciale : une politique de sécurité équilibrée doit combiner les deux approches,
mais la hiérarchie des mesures de prévention (cf. §2.3.2) impose de privilégier toujours l’action sur les
causes plutôt que sur les conséquences.

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2.2. ÉVOLUTION HISTORIQUE DE LA CULTURE HSE DANS LE BTP


La prise en compte de la sécurité dans le secteur du bâtiment n’a pas été linéaire. Elle résulte d’un long
processus marqué par des avancées législatives, des catastrophes fondatrices et une évolution des
mentalités.

2.2.1. Les prémices (XIXe siècle – 1945)

La révolution industrielle, en concentrant les travailleurs dans des ateliers et sur des chantiers de grande
ampleur, fait émerger la question sociale de l’accident du travail. En France, la loi de 1898 sur les
accidents du travail établit le principe de la responsabilité sans faute de l’employeur. Mais dans les faits,
la prévention reste balbutiante.

À Madagascar, sous la période coloniale, les premières dispositions relatives à la sécurité des travailleurs
sont introduites par extraterritorialité du droit français. Leur application aux chantiers du bâtiment
demeure très partielle.

2.2.2. L’institutionnalisation (1945 – 1980)

L’après-guerre voit la création d’organismes spécialisés : en France, l’INRS (Institut National de


Recherche et de Sécurité) et l’OPPBTP (Organisme Professionnel de Prévention du Bâtiment et des
Travaux Publics) deviennent les piliers de la prévention. Leur production documentaire, leurs formations
et leurs campagnes de sensibilisation structurent progressivement une véritable culture de sécurité.

À Madagascar, l’indépendance de 1960 n’entraîne pas de rupture immédiate : le corpus juridique hérité
est maintenu, mais son effectivité décroît faute de moyens de contrôle.

2.2.3. L’ère du management du risque (1980 – aujourd’hui)

À partir des années 1980, la sécurité sort du seul giron technique pour devenir un objet de
management. L’émergence des systèmes de management de la sécurité (SMS), puis des normes de la
famille ISO 9000 et ISO 14000, impose une approche documentée, planifiée et évaluée.
La norme ISO 45001 (2018) marque l’aboutissement de cette évolution : elle intègre la santé et la
sécurité au travail dans le système global de management de l’organisation, au même titre que la qualité
ou l’environnement.

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2.3. LES PRINCIPES GÉNÉRAUX DE PRÉVENTION

Toute démarche de prévention digne de ce nom s’appuie sur un socle principiel universel, formalisé par
la directive-cadre européenne de 1989 et repris dans la plupart des législations nationales, y compris le
Code du travail malgache.

2.3.1. Les neuf principes généraux

1. Éviter les risques ;

2. Évaluer les risques qui ne peuvent être évités ;

3. Combattre les risques à la source ;

4. Adapter le travail à l’homme (conception des postes, choix des équipements) ;

5. Tenir compte de l’état d’évolution de la technique ;

6. Remplacer ce qui est dangereux par ce qui n’est pas dangereux ou moins dangereux ;

7. Planifier la prévention (y intégrer technique, organisation, conditions de travail, relations sociales) ;

8. Prendre des mesures de protection collective en priorité sur les mesures de protection individuelle ;

9. Donner les instructions appropriées aux travailleurs.

Ces principes sont hiérarchisés : on ne peut envisager une mesure de protection individuelle (casque,
gants) que si toutes les pistes de prévention collective ont été épuisées.
2.3.2. Application au cas de la réhabilitation

Dans un chantier de réhabilitation, l’application de ces principes se heurte à des obstacles spécifiques :

· Éviter le risque est souvent impossible : on ne peut « éviter » de travailler en hauteur sur une toiture à
réparer.

· Combattre le risque à la source peut imposer des modifications de conception ou de méthode que le
maître d’ouvrage refuse pour des raisons économiques.

· La protection collective (garde-corps, filets) est parfois difficile à mettre en œuvre sur des structures
anciennes non prévues pour les recevoir.

Ces difficultés ne justifient pas de renoncer aux principes, mais imposent de les adapter avec intelligence
et pragmatisme.

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2.4. ÉTUDE BIBLIOGRAPHIQUE : SYNTHÈSE DES SOURCES

Ce mémoire s’appuie sur une revue de littérature extensive, dont nous présentons ici les principales
contributions, classées par catégories.

2.4.1. Ouvrages et manuels de référence

· INRS (éditions annuelles). Dossier « Prévention des risques dans le BTP ». Collection ED 6000.
Référence incontournable pour les fiches pratiques par métier.

· OPPBTP (2023). Réhabilitation : maîtriser les risques spécifiques. Brochure technique illustrée, très
opérationnelle.

· MARGOSSIAN N. (2019). Sécurité des chantiers : management et coordination. Éditions Le Moniteur.


Approche juridique et organisationnelle approfondie.
· COULON A. (2021). Guide pratique de la coordination SPS. Éditions Eyrolles. Outils méthodologiques et
modèles de documents.

2.4.2. Normes et référentiels

· ISO 45001:2018. Systèmes de management de la santé et de la sécurité au travail – Exigences et lignes


directrices pour leur utilisation.

· ISO 14001:2015. Systèmes de management environnemental – Exigences et lignes directrices.

· NF P 99-600. Coordination sécurité et protection de la santé – Missions du coordinateur SPS.

2.4.3. Littérature grise et contextes comparables

· DIARRA A. (2020). Gestion des risques sur les chantiers de réhabilitation au Mali : état des lieux et
propositions. Mémoire de master, Université de Bamako.

· RAKOTONDRAIBE H. (2022). La sécurité dans le BTP à Madagascar : entre textes et pratiques. Revue
malgache de droit du travail, n°7.

· Banque mondiale (2021). Sécurité et santé au travail dans le secteur informel en Afrique
subsaharienne. Rapport technique.

2.4.4. Synthèse critique

La littérature disponible est riche pour les pays du Nord, mais beaucoup plus fragmentaire pour
Madagascar et l’Afrique subsaharienne. Les spécificités du contexte malgache – prégnance du secteur
informel, faible contrôle administratif, formation professionnelle insuffisante – y sont rarement traitées
de manière opérationnelle.

Ce constat renforce la légitimité de notre démarche : produire un document qui, sans prétendre à
l’exhaustivité, propose des solutions contextualisées.
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2.5. SYNTHÈSE DU CHAPITRE 2

Ce second chapitre a permis de :

1. Clarifier le vocabulaire technique de la gestion des risques ;

2. Retracer l’évolution de la culture HSE, des premiers textes aux systèmes de management intégrés ;

3. Rappeler les principes généraux de prévention, qui constituent la boussole éthique et


méthodologique de toute action ;

4. Dresser un état des lieux bibliographique, mettant en évidence les ressources disponibles et les
lacunes à combler.

---

CHAPITRE 3 :

RÉGLEMENTATIONS ET NORMES APPLICABLES

« La règle n’est pas une contrainte ; c’est une protection écrite. »

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3.1. LE CADRE LÉGAL À MADAGASCAR

Madagascar dispose d’un corpus juridique en matière de santé et sécurité au travail qui, bien
qu’imparfaitement appliqué, constitue le socle de toute démarche de prévention légitime.
3.1.1. Le Code du travail malgache (Loi n°2003-044)

Le Livre III du Code du travail est entièrement consacré à « La santé et la sécurité au travail ». Ses
dispositions principales sont :

Article 107 : « L’employeur est tenu d’assurer la santé et la sécurité de ses travailleurs. Il met en place
une organisation et des moyens adaptés. » Cette disposition consacre le principe de responsabilité de
l’employeur.

Article 112 : « L’employeur procède à une évaluation des risques pour la santé et la sécurité des
travailleurs. » C’est le fondement légal du document u

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