MP2I
DS2
Devoir surveillé du 11/10/2025
Durée : 3h
La qualité de la rédaction, la clarté et la précision des raisonnements interviendront pour une
part importante dans l’appréciation des copies. Les résultats doivent être encadrés.
La calculatrice n’est pas autorisée.
Exercice 1
Résoudre dans R les systèmes d’équations linéaires suivants en discutant selon la valeur du
paramètre m :
x+y+z+t = 1
mx + y + z = 1
(S1 ) : x + y + 2z = 0 (S2 ) : x + my + z = m
x + y + mz = m2
x + y + 2t = m
Exercice 2
R∗ −→ R R∗+ −→ R
Dans tout l’exercice, on note f : + x et g : .
x 7−→ x x+1 x −
7 → ln(x) + x+1
f 0 (x)
1. Justifier que f est dérivable sur R∗+ , et pour tout x ∈ R∗+ , exprimer f (x)
en fonction de
g(x). En déduire que pour tout x ∈ R∗+ , f 0 (x) est du signe de g(x).
2. Justifier qu’il existe un unique α ∈ R∗+ tel que g(α) = 0, et que ce α est dans ]0, 1[. On
ne demande pas de valeur exacte de α.
3. En déduire le tableau de variations de f , sans les limites.
4. Montrer que f est prolongeable en une fonction f˜ : R+ → R, continue sur R+ .
eu − 1
5. Justifier que lim = 1. En utilisant cette limite, étudier la dérivabilité de fe en 0 .
u→0 u
f (x)
6. Montrer que lim = 1.
x→+∞ x
7. La courbe représentative de f possède-t-elle une asymptote en +∞ ? Si oui, donner
l’équation de cette asymptote.
Indication : on pourra de nouveau faire apparaître la limite de la question 5.
Exercice 3
s
1 + sin(x)
Soit f telle que f (x) = arccos .
2
1. (a) Déterminer l’ensemble de définition de f noté Df .
(b) Montrer que f est 2π-périodique.
(c) Calculer f (π − x). En déduire que la courbe Cf de f est symétrique par rapport à
π
la droite verticale d’équation x = .
2
h i
(d) Justifier qu’on peut réduire le domaine d’étude de f à l’intervalle I = − π2 , π2 .
1
Lycée Carnot
2. (a) Sans calcul de dérivée, justifier que f est strictement monotone sur I. En déduire
que f réalise une bijection de I sur un intervalle J à préciser.
(b) Déterminer l’expression de f −1 (y) pour y ∈ J.
(c) En déduire une expression simple de f (x) pour x ∈ I.
3. Retrouver le résultat de la question 2.(c) en calculant la dérivée de f sur ] − π2 , π2 [.
4. Tracer la courbe Cf sur un intervalle de longueur 4π contenant I.
5. On se propose de retrouver le résultat de la question 2.(c) par une autre méthode.
(a) Pour x ∈ I, donner l’expression de sin(x) et de cos(x) en fonction de tan(x/2).
(b) Montrer que, pour tout x ∈ I :
x x
sin 2
+ cos 2
f (x) = arccos √
2
(c) Conclure.
Exercice 4
π 1 1
1. Prouver que = 2 Arctan − Arctan (?).
4 2 7
2. Soient p, q, r trois réels positifs vérifiant p 6= 0 et 1 + p2 = qr.
! !
1 1 π
(a) En raisonnant par l’absurde, montrer que Arctan + Arctan 6= .
p+q p+r 2
! !!
1 1
(b) Calculer alors tan Arctan + Arctan .
p+q p+r
! ! !
1 1 1
(c) En déduire que Arctan = Arctan + Arctan .
p p+q p+r
Cette formule est connue sous le nom de formule de Dodgson, mais aussi sous le
nom de formule de Lewis Caroll, le révérend Dodgson (1831-1898) étant davantage
passé à la postérité sous le pseudonyme qu’il a utilisé pour écrire Alice au pays des
merveilles.
3. En partant de la formule (?) et en utilisant la formule de Dodgson, prouver les deux
formules suivantes :
π 1 1 π 1 1 1
= 2 Arctan +Arctan et = 2 Arctan +Arctan +2 Arctan .
4 3 7 4 5 7 8
Exercice 5
Soit x ∈ R. On pose alors T0 (x) = 2, T1 (x) = x, et pour tout n ∈ N :
Tn+2 (x) = xTn+1 (x) − Tn (x).
On définit ainsi, pour tout n ∈ N∗ , une fonction Tn définie sur R tout entier.
1. Déterminer une expression simple des fonctions T2 et T3 .
2
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2. Soit θ ∈ R. Justifier que pour tout n ∈ N, Tn (2 cos(θ)) = 2 cos(nθ).
3. On souhaite prouver que pour tout n ∈ N, Tn est une fonction polynomiale de degré au
plus n, à coefficients entiers.
n
On notera pour cela P(n) : « ∃a0,n , a1,n , . . . , an,n ∈ Z, ∀x ∈ R, Tn (x) = ak,n xk ».
X
k=0
(a) Prouver par récurrence que pour tout n ∈ N, P(n) est vraie.
Dans la suite, conformément à la notation ci-dessus, on notera, pour n ∈ N et
k ∈ J0, nK, ak,n le coefficient de degré k de Tn .
(b) Pour n ∈ N∗ , déterminer la valeur de an,n , le coefficient de degré n de Tn .
θ
4. Soit θ ∈ R un angle tel que ∈ Q et cos(θ) ∈ Q.
π
Le but de cette question est de prouver le théorème de Niven (publié en 1956 par Ivan
Niven, même si un résultat plus fort avait déjà été prouvé dès 1933 par Dick Lehmer) qui
affirme que, sous les hypothèses ci-dessus :
1 1
cos(θ) ∈ −1, − , 0, , 1 .
2 2
2`
Notons `, m deux entiers, avec m ∈ N∗ , tels que θ = π.
m
(a) Calculer Tm (2 cos(θ)).
p
(b) Soient p ∈ Z et q ∈ N∗ deux entiers premiers entre eux tels que 2 cos(θ) = .
q
Montrer que :
m−1
pm = 2q m − ak,m pk q m−k
X
k=0
(c) En déduire que 2 cos(θ) est entier.
n o
(d) Conclure, en prouvant que cos(θ) ∈ −1, − 12 , 0, 12 , 1 .
En d’autres termes, on a prouvé que les angles qui sont des multiples rationnels de π
(comme π3 , −5π
6
ou 4π17
) et qui ont un cosinus rationnel sont ceux que l’on connaissait
π π
déjà, à savoir 0, 3 , 2 et leurs multiples.