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CH Ii

Le chapitre II traite des caractéristiques métrologiques des capteurs, essentielles pour leur fonctionnement et leur évaluation. Il aborde des concepts clés tels que l'étendue de mesure, la fonction de transfert, la sensibilité, l'étalonnage, la précision, la fidélité, la justesse, et d'autres facteurs influençant la performance des capteurs. Ces caractéristiques permettent de garantir la fiabilité des mesures et d'estimer les incertitudes associées aux dispositifs de mesure.

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Le chapitre II traite des caractéristiques métrologiques des capteurs, essentielles pour leur fonctionnement et leur évaluation. Il aborde des concepts clés tels que l'étendue de mesure, la fonction de transfert, la sensibilité, l'étalonnage, la précision, la fidélité, la justesse, et d'autres facteurs influençant la performance des capteurs. Ces caractéristiques permettent de garantir la fiabilité des mesures et d'estimer les incertitudes associées aux dispositifs de mesure.

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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

I. Introduction
Le capteur, premier élément de la chaîne de mesure est la source déterminante du
signal électrique que le reste de la chaîne doit traiter et exploiter. Le choix d’un capteur
dépend des ses caractéristiques métrologiques qui sont un ensemble de spécifications
décrivant son fonctionnement et fournies par le constructeur. Ces caractéristiques font
référence à des étalonnages réalisés en laboratoire.

II. Les Caractéristiques métrologiques

II.1. Etendue de mesure


Elle est la plage de valeurs du mesurande pour lesquelles le capteur répond aux
spécifications du constructeur.

. .= −

L'unité de l'E.M. est généralement l'unité du mesurande.

Exemple : Capteur de force à jauges piezorésistives N556-1


Domaine Mesurande Température
Nominal 0-10 N (E.M) 0°C à 60°C

II.2. Fonction de transfert


C'est la relation fonctionnelle qui relie le mesurande en entrée et la grandeur électrique
en sortie du capteur. Elle est définie soit par un graphe, soit par une relation formelle (linéaire,
exponentielle, logarithmique…).

II.3. Sensibilité
La sensibilité SM) d'un capteur, pour une valeur donnée du mesurande, est égale au
rapport de la variation du signal électrique sur la variation du signal physique.

∆S unité grandeur électrique


S M = unité de S =
∆M unité mesurande
Remarque : La sensibilité d'un capteur linéaire est constante.

La sensibilité peut se déterminer graphiquement à partir de la courbe d'étalonnage. La


sensibilité est la pente de la courbe au point M0.
Lorsque la loi physique S = f(M) est connue, la sensibilité σ se déduit par dérivation :

d∅
σ=
dM M0

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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

Exemple : Pour une thermistance ayant pour résistance R0 à la température absolue T0,
l’équation d’état est :
1 1
R T =R0 .expB -
T T0

La sensibilité de ce capteur est donc :

=- ∙R0 ∙expB
1 1
σ T = -
T T0

Fig. II.1. Evaluation graphique de la sensibilité


II.4. Etalonnage
L’étalonnage du capteur comprend l’ensemble des opérations qui permettent
d’expliciter, sous forme graphique ou algébrique, la relation entre les valeurs du mesurande et
celles de la grandeur électrique de sortie et ceci, compte tenu de tous les paramètres
additionnels susceptible de modifier la réponse du capteur.

Ces paramètres additionnels peuvent être :


• Soit des grandeurs physiques liées au mesurande et auxquelles le capteur est sensible : sens
et vitesse de variation du mesurande, propriétés physiques du support matériel du mesurande ;
• Soit des grandeurs physiques, indépendantes du mesurande, auxquelles le capteur est
soumis pendant son utilisation et qui peuvent modifier sa réponse : grandeurs d’influence d’ambiance :
température, humidité ou grandeurs d’influence d’alimentation : amplitude, fréquence des tensions
nécessaires au fonctionnement du capteur.

La courbe d'étalonnage peut être définie une relation fonctionnelle S = f(m).

Exemple : Sonde de température type


thermistance

1 1
R T =R0 .expB -
T T0

Fig. II.2. Courbe d’étalonnage d’un capteur


II.4.1. Etalonnage simple

Il s’applique à un mesurande défini par une grandeur physique unique et à un capteur


non sensible ou non soumis à des grandeurs d’influence. Il s’agit en particulier des
mesurandes statique.

p. 23
CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

a- Etalonnage direct ou absolu : Les diverses valeurs du mesurande sont fournies soit par des étalons
soit par des éléments de référence.

b- Etalonnage indirect ou par comparaison : On utilise un capteur de référence dont on possède la


courbe d’étalonnage et dont on est assuré de la stabilité.

II.4.2. Etalonnage multiple

Lorsque le mesurande à lui seul ne permet pas de définir la réponse du capteur, il faut
que soit précisée, par une série d’étalonnages successifs l’influence de chacun des paramètres
actifs additionnels.

II.4.3. Meilleure droite


L’étalonnage du capteur fournit à l’expérimentateur un certain nombre de points
associés (si et mi). Calculer l’équation d’une droite qui en est la représentation la plus
probable. Cette droite, dite meilleure droite.

Soit S=a.m + b avec

N ⋅  si ⋅ mi −  si ⋅  mi s ⋅  m ² − s ⋅ m ⋅  m
a= b= i i i i i

N ⋅  m i ² − ( m i ) N ⋅  m ² − ( m )
2 2
i i

N : Le nombre de points d’étalonnage

II.5. Précision
Elle caractérise l'aptitude d'un capteur à donner une mesure M proche de la valeur
vrai m de la grandeur mesurée.

L'incertitude de mesure δM est telle que : m = M ± δM ;


δM
L'erreur relative de précision = M
max - Mmin

N.B : Erreur de précision = erreur de justesse + erreur de fidélité

II.6. Fidélité
Elle caractérise l'aptitude d'un capteur à donner, pour une même valeur de la grandeur
mesurée, des mesures concordant entre elles.
Les résultats de mesures répétées d'une même valeur de mesurande restent groupés autour
d'une valeur moyenne.
La fidélité est souvent caractérisée par l'écart type.

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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

II.7. Justesse
Elle caractérise l'aptitude d'un capteur à donner des mesures proches de la valeur vraie
de la grandeur mesurée, les erreurs de fidélité n'étant pas prise en compte.
La valeur la plus probable du mesurande est très proche de la valeur vraie.

Juste et fidèle → précis Fidèle, non juste

Juste, non fidèle ni juste, ni fidèle

Fig. II.3. Illustrations de la fidélité et de la justesse

II.8. Non-linéarité
La non-linéarité est la déviation maximale de la réponse du capteur sur l'étendue de
mesure, par rapport à la fonction de transfert linéaire.

Unité : % de l'E.M


Erreur relative de linéarité =
!

Fig. II.4. La non-linéarité par rapport à la fonction de transfert linéaire

II.9. Hystérésis
L'hystérésis ou la réversibilité caractérise l'aptitude d'un capteur à fournir la même
indication lorsqu'on obtenu une même valeur de la grandeur mesurée par variation croissante
continue ou par variation décroissante continue de la grandeur.

L'hystérésis est la différence maximale entre ces deux valeurs de sortie.

Unité : Unité du mesurande ou % de l'E.M.

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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

Fig. II.5. L'hystérésis d’un capteur

II.10. Bruit
 Les capteurs délivrant une tension électrique génèrent, en plus de l’information sur le
mesurande, du bruit.
 Si ce bruit n'est pas négligeable, alors il limite les performances du capteur.
 Dans ce cas, le constructeur spécifiera la densité spectrale du bruit, en supposant que le
bruit est blanc.
V
Unité typique :
√Hz

II.11. Résolution
La résolution est le plus petit incrément du mesurande détectable.

Unité : celle du mesurande

Si le capteur génère du bruit, la résolution devient dépendante du niveau de bruit. Dans ce cas,
elle s'obtient par le rapport de la densité spectrale du bruit sur la sensibilité.

unité du mesurande
Unité :
√Hz

II.12. Rapidité
Elle caractérise l'aptitude d'un dispositif à répondre aux variations temporelles du
mesurande. Elle est spécifiée soit par la bande passante, soit par le temps de réponse.
Les dispositifs de la chaîne doivent avoir des bandes passantes compatibles avec le signal de
mesure.

II.13. Bande passante


Elle est définie comme étant la plage de fréquence de variation du mesurande où les
caractéristiques du capteur spécifiées par le constructeur sont respectées.

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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

Si la fréquence du mesurande est comprise entre f basse et f haute, l'amplitude du signal de


sortie sera conforme aux spécifications du constructeur.

B.P.= [f basse, f haute]

[Link] de réponse
Le temps de réponse tr(ε) ou d'établissement à ε près est défini comme la durée
minimale d'attente après l'application d'un échelon à l'entrée, pour que l'écart relatif de la
sortie par rapport à sa valeur finale demeure toujours inférieur à ε.

 La grandeur d'entrée : x t =X1 ∙U(t) Avec U(t)=0 pour t<0 et U(t) =1 pour t ≥ 0
Y1 - y(t)
 La grandeur de sortie y(t) tend vers Y1 quand t → ∞ Y1
≤ε pour t≥tr (ε)

Exemples de temps de réponse :

Signal d'entrée x(t)

Temps de réponse d'un dispositif du 1er ordre

a)

Temps de réponse d'un dispositif du 2nd ordre

b)

Fig. II.6. Réponse dans le temps : a) d’un système du premier ordre b) d’un système du second ordre à
un échelon du mesurande

II.15. Incertitude apportée par un dispositif


Relation théorique (nominal) entre Entrée x et sortie y : y n = Gn ⋅ x + yon
Gn gain nominal et yon décalage nominal de zéro

Relation réelle entre Entrée x et sortie y : y = G ⋅ x + yo


G gain réel et yo décalage réel de zéro.

Incertitude $% sur la grandeur de sortie du dispositif : δy = y − yn d’où δ y = δ G × x + δ y o

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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

Les caractéristiques métrologiques permettent :


- de connaître Gn,
- d'estimer l'incertitude associée.
∂y ∂y
- L'erreur associée à chaque dispositif est : E= , E=
ymax - yon ymax

A- Erreur de gain

La valeur réelle de G présente un écart maximum δG par rapport à sa valeur nominale.


∂G G-Gn
L'erreur de gain : EGn = =
Gn Gn
EGn entraîne sur la sortie y une incertitude maximale δyGn :
*+,- .* /0
∂yGn =∂G×&'() =∂G× et on a EGn =
Gn ymax

B- Erreur de gain (bande passante)

Pour une entrée sinusoïdale de fréquence f, on définit la réponse en fréquence du gain G(f).
Les dispositifs d'une chaîne d'acquisition sont généralement de type passe-bas. (G(0) gain
statique).
G(f) - G(0)
La variation relative du gain à la fréquence f est : EG(f) =
G(0)

Si l'on ne tient pas compte de cette variation de gain, on introduit une incertitude maximale
sur l'amplitude de sortie :

= =
G(1ℎ ) - G(0) ∂G ∂y
G(0) y345
EG(f)max =
G(0)

EG(f) max est l'incertitude maximale sur la bande passante Fh est la fréquence maximale du
signal d'entrée.

F G /F I
B-1. Dispositif à réponse du 1er ordre
1
G f =G 0 ×

;1 + =

fc : fréquence de coupure a -3 dB J−K

Pour un signal dont Fh << fc, l'incertitude relative sur le gain Bande Passante
est :
A C
E@ = = − B = D E
>

GL

Fig. II.7. Réponse en fréquence d’un


système du premier ordre (module).

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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

B-2. Dispositif à réponse du 2nd ordre F G /F I


1 J+K
G f =G 0 ×
M 1 − f⁄fN ² ² + 4ε f⁄fN ²

Bande Passante
fc : fréquence propre des oscillations non amorties
ζ : coefficient d'amortissement
GL

Fig. II.8. Réponse en fréquence d’un


système du second ordre (module).

Pour un signal dont Fh << fc, l'incertitude relative sur le gain est :

1 FT FT ² FT
E@ = = − R U R2 − 4ε − U E@ = ≈ R U W1 − 2ε²X
2 fN fN ² fN

C- Dérives thermiques

Les dispositifs constituant la chaîne de mesure peuvent avoir des performances sensibles à
la température de fonctionnement.

 Si à la température nominale Tn, on a : y TZ = G TZ × x +


y TZ
 A la température T, on a : : y T = G T × x + y T

Une variation δT entraine une erreur δyT

C-1. Dérive thermique du gain

Pour une température maximale Tmax, l'incertitude liée à la dérive


thermique du gain est
δy@ \ = WG T − G TZ X × x = δG × x

On pose : G T = G TZ × 1 + α@ × δT
αG est le coefficient de température du gain ;

δT = T − TZ

L'incertitude maximale est atteinte pour δTmax et xmax : δy@ \ = G TZ × α@ × δT345 × x345

L'incertitude relative maximale due à la dérive thermique du gain :


δy@ \
E@ \ = = α@ × δT345
y345
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CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

C-2. Dérive thermique du décalage à zéro

L'incertitude maximale δyz(T) due à la dérive thermique du décalage :

dy
$%^ _ =% '() −% ` = ×δ '()
dT
c*d e A f ! fgh
L'incertitude relative maximale s'écrit : b^ _ =
*+,-
=
*+,-
×
f\
×δ '() =
f\
×δ '()

Le constructeur fourni :

mV. °C A
dy0
- soit la sensibilité thermique du décalage :
dT

% EM. °C A
dEz
- soit la sensibilité thermique de l'incertitude : dT

II.16. Incertitude due par un dispositif


- Chaque dispositif de la chaîne est source de plusieurs erreurs.

- L'incertitude maximale due à un dispositif est : Emax = ∑|Ei |

III. Conditions de fonctionnement


III.1. Environnement de mesure
Ce terme regroupe l'ensemble des grandeurs physiques ou chimiques dont l'influence
sur les éléments de la chaîne est susceptible d'en modifier les performances :
Ex : températures, parasites, perturbations, vibrations électromagnétiques, humidité….

III.2. Grandeur d'influence


Grandeurs physiques ou chimiques « parasites » auxquelles peut être sensible la
réponse du capteur.
Solutions : minimiser l'influence ; Protéger le capteur ; Stabiliser les grandeurs d’influence à
une valeur connue ; Compenser l’influence des grandeurs parasites.

III.3. Domaine d'utilisation


Il peut survenir des modifications de caractéristique du capteur s’il subit des
contraintes trop importantes.

Domaine nominal d'emploi : Conditions normales d'utilisations

Domaine de non-détérioration : Dépassement du D.N.E. Les caractéristiques du capteur sont


modifiées de manière réversible.
p. 30
CHAPITRE II : Quelques caractéristiques métrologiques

Domaine de non-destruction : Dépassement du domaine de non détérioration. Les


caractéristiques du capteur sont modifiées de manière irréversible.
Un nouvel étalonnage est nécessaire.

Fig. II.9. Domaine d’utilisation.

Exemple : Capteur de force à jauges piezorésistives N556-1

Domaine Mesurande Température


Nominal 0-10 N (E.M) 0°C à 60°C
Non-détérioration 1,5 x E.M -20°C à 100°C
Non-destruction 3 x E.M -50°C à 120°C

IV. Critères de choix d’un capteur


Le type de mesure définira le type du capteur. Le choix du capteur dépend de différents
critères :
L’application, l'étendue de mesure, la précision, la fidélité, le temps de réponse, prix, durée de
vie (la robustesse) et sa forme.

V. Conclusion
Ce chapitre, dédie à quelques caractéristiques métrologiques, Conditions de
fonctionnement et les critères de choix d’un capteur.

p. 31

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