Le sens du mot différent peut être envisagé sous deux aspects, d'abord du point de vue
comportementale, un différend existe lorsque les intéressés veulent par des faits et gestes
mutuellement incompatible quant à leur désir, leur besoin ou leur obligation. Ensuite du point de
vue émotionnel, un différend est un état de tension, de désaccord ou de discorde entre les parties
au sein d’un groupe lorsque les positions des intéressés sont opposées. En Afrique, il n'y a jamais
eu une justice ou la justice mais des justices à la différence de conception occidentale
philosophique. La justice en Afrique est plurielle et correspond à des contextes variables, à des
finalités variables, à des logiques diverses parfois d'apparence contradictoire mais fusionnelle.
Les justices se divisent en 6 catégories, chacune étant singulière, reconnaissable comme tel et
différente des autres. La justice qu'appelle la réparation du tort causé à quelqu'un par un
dédommagement susceptible d'effacer ou réduire le tort. La justice qui fonde l'égalité de
traitement entre la femme et l'homme par exemple. La justice en l'endroit du criminel ou de sa ou
ses victimes qui requiert une juste peine pour le coupable et une juste satisfaction pour la victime.
La justice à l'endroit des groupes ou des collectivités : les autochtones, les réfugiés, les détenus,
les gays et les lesbiennes. La justice des récompenses selon le mérite. La justice selon les besoins
particuliers
CHAPITRE 1- LE CONCEPT DE LA MÉDIATION
Du Latin« mediare » c'est à dire s'interposer, la médiation vise à s'intercaler sur demande entre
les parties pour tenter de trouver ce dont elles ont réellement besoin pour faire avancer vers une
solution gagnant-gagnant leur relation conflictuelle.
Il existe une approche réaliste et une autre libérale du concept de médiation. En effet, selon
l'approche réaliste, la médiation constitue un processus de gestion de conflit où les parties
adverses sollicitent l'assistance ou accepté l'offre d'aide des tiers extérieurs au conflit qui soit en
mesure de changer leur perception ou leur comportement sans devoir recourir à la force ou
invoquer les règles de droit. L'approche libérale perçoit la médiation comme un mode de
négociation dans lequel une tierce partie aide les parties en conflit, à développer des solutions
qu'elles n'ont pas encore trouvées elles-mêmes. (Schéma 1).
Le terme médiation désigné tout processus quel que soit son appellation dans lequel les parties
demande à un tiers de les aider à parvenir à un règlement amiable d'un litige, d'un rapport
conflictuel ou de désaccord découlant des rapports juridiques, contractuels ou autres ou lié à un
tel rapport impliquant des personnes physiques ou morales y compris des entités publiques ou
l'État. On parle de processus parce que la médiation requiert plusieurs étapes, parce qu'elle
commence à l'initiative des parties, parce les parties font appelle à une personne extérieure dans
un cadre d'assistance, parce que les parties demandent que cette personne extérieure règle leur
contentieux, et cette personne peut être des particuliers, des sociétés publiques, des collectivités
ou l'État. Il ressort de cette définition que la médiation un processus amiable de résolu des
différends. Son objectif est d'aider les parties à parvenir à une solution négociée optimale ou à
défaut acceptable par elles. La médiation se révèle comme étant un processus volontaire, flexible
et structuré. Les parties dans la médiation peuvent à tout décidé à tout moment de sortir ou de
rester.
CHAPITRE 2- LA TYPOLOGIE EST LES DOMAINES DE LA MÉDIATION
Il s'agit de faire la différence entre médiation conventionnelle, médiation ad hoc et médiation
institutionnelle.
Selon Jean François VI il existe 4 sortes de médiations, les 2 premières sont destinées à faire
naître ou renaître un lien, les 2 autres sont destinées à parer conflit. Cette qualification utilise le
critère de la finalité de la médiation et retient :
-Une médiation créative ayant pour but de susciter entre des personnes ou des groupes des liens
nouveaux.
-Une médiation rénovatrice pour réactiver les liens distendus
-Une médiation préventive pour éviter l'éclatement d'un conflit
-Une médiation curative pour aider les parties en conflit à trouver la solution
Le second critère est celui de la méthode de gestion de la médiation notamment par les parties
elles-mêmes ou par une tierce institution désignée par elles ou par un tiers en position d'autorité.
A ce propos, la médiation peut être mise en œuvre par les parties (médiation conventionnelle).
Sur demande ou invitation d'une juridiction étatique, d'un tribunal arbitral ou d'une entité
publique compétence, la médiation est ad hoc ou institutionnel.
La médiation est dite ad hoc lorsqu'elle est mise en œuvre par les parties. A l'opposé elle est
dite judiciaire lorsqu'elle est demandée par une juridiction étatique au cours d'une procédure
judiciaire. Il faut distinguer cependant la médiation judiciaire de la médiation conduite
directement par un juge ou un arbitre lui-même durant une instance judiciaire ou arbitrale. Elle est
également dite institutionnelle dans le cas où les parties font appel à un centre de médiation ou
tout autre institution pour organiser le processus et qui suppose leur adhésion au règlement dudit
centre ou institution.
1- LES DOMAINES D'INTERVENTION DE LA MEDIATION
Chaque fois que le litige procède d'un rapport juridique, contractuel ou autre, où est lié à un tel
rapport impliquant des personnes physiques ou morales la médiation est envisageable, en d'autres
termes dans toutes les matières où une personne physique ou morale a la libre disposition de ses
droits peut régler ses différends par voie de médiation si l'autre partie y consent librement. Il
n'existe pas de distinction entre une médiation civile ou commerciale, entre particulier ou
professionnel, les matières d'ordre public sont exclues de champ d'action de la médiation. Sont
exclus également les médiations conduites directement par un juge ou un arbitre lui-même durant
une instance judiciaire ou arbitrale. La médiation peut être civile, commerciale, de
consommation, pénale, environnementale, des marchés publics, scolaire ou militaire.
2- QUELS SONT LES MODES ALTERNATIFS DE RÈGLEMENT DES LITIGES
Les modes alternatifs de règlement des litiges sont de 2 ordres. D'abord mode alternatif par
rapport à la justice étatique, mode alternatif scindé entre l'arbitrage qui est un instrument
juridictionnel et les instruments amiables
A- L'arbitrage
L'arbitrage est un mode de règlement juridictionnel par lequel les parties choisissent une ou
plusieurs personnes appelés arbitres constituant le tribunal arbitral pour examiner et trancher un
litige. La décision rendue est une sentence arbitrale ayant l'autorité de la chose jugée.
B- La négociation
C'est un processus amiable par lequel 2 ou plusieurs parties cherchent à conclure un accord sur ce
que chacune entend prendre ou donner. Négocier c'est discuter en vue d'un accord pour conclure
une affaire.
C- L'expertise amiable
C'est une procédure par laquelle les parties recherches la solution à un litige d'ordre technique,
contractuel, financier à recourant à un expert indépendamment de toute procédure judiciaire ou
arbitrale.
D- La conciliation
C'est mode amiable par lequel les parties en conflit recherchent un accord avec l'aide d'un tiers
réconciliateur proposé par elles.
CHAPITRE 3- LE MÉDIATEUR
Le médiateur est tout tiers désigné pour mener une médiation quel que soit l'appellation ou la
profession de ce tiers. Il est donc une tierce personne par rapport au litige indépendant des parties
et disposant des compétences et qualités grâce à une formation spécifique lui permettant de
catalyser les rapports entre les parties pour établir les communications inter parties pour rétablir
les relations cordiales entre les parties. Juridiquement, Le médiateur n'a qu'une obligation de
moyens, pas de résultats. En ce sens la rémunération du médiateur ne peut être indexée au résultat
d'autant plus qu'il est censé être neutre par rapport à la solution qui est le résultat. En société, le
médiateur a une obligation morale très poussée et un rôle de pacificateur social. L'article 8 de la
loi burkinabè relatif à la médiation exige que le médiateur ait le plein exercice de ses droits civils
autant qu'il demeure impartial et indépendant à l'égard des parties. Dans une médiation, le
médiateur joue un rôle de facilitation. En ce sens trois postulats pratiques sont recommandés. Les
parties maîtrise mieux que quiconque leur différend, les parties pourrait savoir mieux que
quiconque les bonnes solutions, les parties sont les meilleurs acteurs de la médiation. Le
médiateur
1- LE PROFIL DU MÉDIATEUR
Contrairement à la pensée commune, le médiateur n'est pas forcément un juriste, c'est un
auxiliaire de justice qui n'est lié par aucune affiliation ordinale légale. Au nombre des qualités que
devrait avoir le médiateur, on peut retenir notamment :
- savoir écouter attentivement est certainement la première qualité du médiateur, il met tout en
œuvre pour créer un climat de confiance, il reste calme, confiant, optimiste dans son écoute. -
avoir une autorité naturelle
- être patient et compétent
- savoir prendre du recul pour dépasser les appropries et les perceptions premières
- être indépendant, impartial, neutre et respectueux.
- faire preuve d'empathie en s'efforçant de comprendre chacune des parties, leur prise de position,
leur problème, leur intérêt.
- transmettre aux médié sa compréhension par la reformulation le reflet et veiller à la réciprocité
de l'information.
- chercher les informations pertinentes, les données de base du conflit, les intérêts sous-jacents,
les points de convergence et les possibilités de règlement par le questionnement.
- pouvoir faire face à des émotions intenses, à des attaques personnelles et à des stratégies de
manipulation.
Le médiateur doit agir avec intégrité, respect et de façon équitable. Durant le processus de la
médiation, le médiateur a une obligation de révélation sur toute circonstance de nature à soulever
des doutes légitimes sur son impartialité ou son indépendance. Il doit confirmer sa disponibilité,
favoriser la communication entre les parties, clarifier auprès des parties la définition des enjeux et
objets de la médiation, veiller au respect du cadre de la médiation, favoriser l'exploration de
diverses options ou discussion, il ne leur impose pas sa solution. Il est tenu à l'obligation du secret
professionnel à l'égard des tiers sous peine de sanction. De même une complète confidentialité
caractérise les informations communiquées dans le cadre de la médiation. Les parties peuvent se
faire accompagner de leur avocat lors de la procédure. Le médiateur ne peut pas, sauf convention
contraire des parties, être arbitre, expert ou conseil d'une partie dans un différend qui a fait l'objet
de médiation où dans un autre différend né du même rapport juridique.
2- RESPONSABILITÉ DU MÉDIATEUR
La médiation a toujours lieu sous le couvert de la loi, il pèse sur le médiateur une obligation de
moyen.
L'accord auquel parvient le médiateur doit respect l'ordre public et la loi. Par sa mission, le
médiateur est un vecteur de paix sociale, par sa mission obéit à des valeurs : de justice, d'équité,
d'honnêteté, de tolérance, de respect de la personne humaine. Le médiateur respecte les règles et
obligations édictées dans le cadre des relations entre lui et les personnes sollicitant ses services,
entre lui et les institutions et les codes de conduite. Pour désigner un médiateur, les parties
peuvent s'adresser directement à lui en consultant le tableau des médiateurs auprès des
associations ou s'adresser à une personne morale (centre de médiation) ou la recommandation ou
la désignation des médiateurs. En cas de procès, les parties d'un commun accord peuvent solliciter
d'un tribunal étatique ou arbitrale, la désignation d'un médiateur ou le recours à une autorité de
désignation. Le tribunal étatique ou arbitrale peut en accord avec les parties designer un
médiateur ou s'adresser à un centre de médiation.
CHAPITRE 4- LE DÉCLENCHEMENT DU PROCESSUS DE MÉDIATION
INTRODUCTION
Lorsqu'une partie prend l'initiative de mettre en œuvre la médiation, elle envoie une invitation à
l'autre qui doit accepter d'aller en médiation où bien la partie prend l'initiative de s'adresser à un
médiateur, à un centre de médiation ou association de médiateur qui met en œuvre la médiation
en invitant l'autre à venir en médiation ou bien encore le tribunal étatique ou arbitrale décidé en
accord avec les parties de les envoyer en médiation.
Après le choix du médiateur, le centre ou le médiateur fait signer l'engagement ou la convention
de médiation. Il est déterminé le lieu, les horaires, les personnes qui vont y participer, le nombre
et la durée des séances, les frais de médiation et les honoraires du médiateur, le respect des
principes et des règles de médiation. Il existe en médiation quatre principes :l'indépendance, la
neutralité, l'impartialité et la confidentialité. Les règles il en existe 3 :la non interruption, le
respect mutuel et la possibilité d'[Link] faut aussi une double vérification, les pouvoirs et les
qualités des médiés, la disponibilité des médiés suivant leur agenda et celui du médiateur, de
l'accord individuel des parties et la validation mutuelle du cadre de la médiation avec notamment
l'acceptation par les médiés des principes et des règles. La bonne gestion de l'avant médiation
conditionne le succès de la médiation à venir :
- Un lieu neutre, une salle conviviale avec tous les équipements, commodité et le
rafraîchissement, la détermination de la stratégie la plus efficace : entretien individuel préalable
ou réunion plénière d'emblée.
- Analyse du profil des parties, les intérêts en jeux, les implications juridiques, techniques
ou financières, la lecture du dossier (qui a sollicité la médiation et quand), le style de rédaction,
les faits, les prétentions et les pièces.
- Le type de relation entre les parties (s’agit-il de relation ancienne, hiérarchique, affective,
familiale)
- Après cela, il doit établir le premier contact physique part l'accueil des parties, s'occuper
de la partie qui est arrivée la première qui doit se sentir reconnu, l'installer et lui expliquer le
procédé d'attente de l'autre partie
- Maintenir la neutralité en ne restant pas seul avec une partie et en évitant des éventuelles
demandes de consultation préalable.
- si les deux parties arrivent au même moment, les accueillir à tour de rôle avec la même
attention et les installé soit dans la salle d'attente, soit de réunion.
1- LES ÉTAPES DU PROCESSUS DE LA MÉDIATION
*Introduction à la médiation
A- présentation du médiateur et des parties
Le médiateur explique le rôle de chacun, salut la présence positive des avocats et le cas échéant
vérifie s'il y'a lieu les pouvoirs en s'assurant que les parties ont le pouvoir de décider ou signer les
accords.
B- les objectifs de la médiation
Régler le conflit par les parties elles-mêmes qui doivent trouver les solutions qui leur
conviennent. Il faut également rappeler la définition de la médiation, rappeler l'objectif qui est
d'aboutir à un accord qui sera exécuter sans réticence des parties.
C- le rappel des règles et des principes de la médiation
D- le temps c’est àdire la disponibilité de chacun, le nombre et la durée des séances
E- l'engagement des parties, l'acceptation mutuelle du cadre de la médiation
2- L'EXPOSÉ DES FAITS PAR LES PARTIES
Le médiateur invite les parties à dire ce qui pose problème et à raconter leur histoire. Soit il
sollicite un volontaire pour commencer, soit la partie qui a pris l'initiative de la médiation, soit il
choisit l'une en rassurant l'autre sur le fait qu'elle pourra aussi après sa version. Le médiateur fait
un travail de partage du tps de parole, une écoute équilibrée. Dans tous les cas le médiateur
rassure la seconde partie qu'il lui sera donné le même temps de parole pour présenter les faits tels
qu'elle les perçoit. Le médiateur doit avoir une compréhension des enjeux du litige, identifier les
problèmes, il doit avoir une compréhension des besoins de chaque partie, définir l'agenda final de
la médiation.
3- L’IDENTIFICATION DES INTERET ET BESOINS
Il faut rechercher les attentes et les motivations derrière les positions affichées, il faut se
concentrer sur ce que veulent réellement les parties, il faut focaliser l’attention des parties sur les
besoins exprimés, il faut questionner ouvertement et recentrer si nécessaire. Les intérêts
traduisent en action le besoin de l’individu, représente ce qui est important. Les besoins sont en
lien avec la survie : besoin de sécurité, d’estime de soi, d’appartenance et d’amour, besoin
physiologique. Parvenir à une reconnaissance réciproque des besoins et des intérêts.
4- LE CANEVAS SCHEMATIQUE DES ETAPES DE MISE EN ŒUVRE D’UNE
MEDIATION
A- Introduction : la porte
B- Quoi : Exposé des faits
Les parties racontent leur histoire, elles narrent les faits avec le ressenti, le médiateurreformule et
apaise la tension.
C- Le pourquoi
Lemédiateur conduit les parties à exprimer leur intérêt et besoins et procède à la hiérarchisation
avec leur accord
D- Le comment
Le médiateur explore le champ des solutions possible avec les médiés. Plus il y’a de proposition,
mieux cela vaut pour la solution.
La compréhension par chacune des parties des besoins de l’autre par le dialogue, la reformulation
et les questions
E- Comment faire
Le médiateur aide les médiés à identifier la solution appropriée selon elles, elle sera transcrite
dans l’accord.
Le comment symbolise les besoins et les enjeux des positions vers la recherche des intérêts. Le
médiateur doit avoir une compréhension nette et clair des besoins de chaque partie dans le
domaine juridique, financier et relationnel avec en point de mille les points de blocage ou
d’accord facile.
La compréhension par chaque partie des besoins de l’autre par le dialogue, la reformulation et les
questions.
F- L’aparté
Moment de clarté des procédés
5- TECHNIQUE DE COMMUNICATION ET D’ECOUTE ATTENTIVE
L’écoute attentive est à la base de l’entretien de médiation, cet entretien n’est :
- ni une discussion où l’on adapte ou réfute les arguments de l’autre
- ni une simple conversation où l’on échange des points de vue
- ni une enquête ou un interrogatoire où les parties sont bombardés de questions où ils
peuvent se sentir mal à l’aise. L’écoute doit être totale est active. Le médiateur se rend
disponible à l’autre qui l’écoute avec toute son attention en accueillant ce qui est dit sans
le juger ou sans manifester son opinion qu’il soit d’accord ou pas. Il reçoit l’autre dans ce
qu’il est en ce moment-là, il lui montre qu’il est écouté en reformulant ce qu’il dit, il le
laisse terminer sans le couper.
6- LA REFORMULATION
C’est une technique par laquelle le médiateur reprend les propos reformulés par les parties en leur
renvoyant ce qu’elles ont dit de façon positive et en prenant en compte les aspects émotionnels du
discours.
Reformuler, c’est utiliser un langage positif, c’est reprendre la composante affective du discours
en lui donnant une connotation positive. Sans écoute active, sans reformulation adéquate. La
reformulation se fait de manière simple et claire, ainsi que de manière opportune. Cela permet au
médiateur d’assurer la vérification de sa propre compréhension de ce qui est dit et aux parties
d’assurer qu’il les a comprises. Cela permet au médiateur de contrôler le processus.
7- LE QUESTIONNEMENT
Permet d’ouvrir l’entretien, de clarifier, de préciser, d’approfondir les points de vue, poser des
questions ouvertes sans prendre une position dominante
8- LA TECHNIQUE DE RECADRAGE
C’est la technique pour donner une nouvelle direction ou orientation positive au perception et
orientation des parties en présentant des conflits sous un angle différent. Cela permet aux parties
de s’écouter de façon plus positive, de focaliser l’attention des parties sur des aspects positifs.
A- La technique du détachement du raisonnement juridique
C’est la technique qui permet d’éviter de tomber dans le jeu d’une ou des parties.
B- La technique de l’aparté ou des entretiens sépares
Elle permet de lever les blocages, de se renseigner, de vérifier une information, de détecter des
intérêts cachés ou informations déterminantes, découvrir le véritableintérêt des parties, obtenir
des confidences, débloquer des impasses, rassurer une partie pour faire avancer le processus. Il se
déroule soit entre le médiateur et chaque partie soit entre les parties avec ou sans leur conseil. Le
médiateur peut révéler à l’autre les confidences reçus sauf si son auteur le lui interdit
expressément. Choisir le moment opportun.
9- LE DEROULEMENT DE LA MEDIATION
La médiation prend fin par une entente ou non à la demande d’une ou des parties à la fin du délai
prévu et enfin à la demande du médiateur. L’accord de médiation est un contrat au sens des
articles 1108 à 1134. Le protocole d’accord de médiation est une transaction au titre des articles
2044 et 2052 du code civil. L’accord est soit total ou partiel.
L’accord de médiation dans la forme récapitule les points essentiels de l’accord, l’identification
des parties, l’exposer du litige et déroulement du processus, les points litigieux, les solutions
trouvées et les modalités d’exécution de l’accord, la possibilité de saisir le médiateur en cas de
difficulté, d’interprétation ou d’exécution, la possibilité d’une sentence d’accord partie, la
signature et la date. L’accord de médiation est un accord équilibré qui prend en compte les
besoins et intérêt des parties. L’accord de médiation est un accord satisfaisant qui améliore la
relation des parties. C’est un accord exécutable avec des solutions réaliste et réalisables, c’est un
accord qui respecte l’ordre public.
10- QUI REDIGE ET SIGNE L’ACCORD OU LE PROTOCOLE D’ACCORD
En Afrique, le plus souvent c’est le médiateur même qui rédige le protocole d’accord en présence
d’un avocat et le soumet à la validation des parties et /ou de leurs avocats. Les parties signe
l’accord et si elles en font la demande conjointe, le médiateur le signe également. En cas d’échec
de la médiation, le médiateur rédige et signe le procès-verbal d’échec et la médiation et remet une
copie à chaque partie. Chaque réunion de médiation peut faire l’objet d’un procès-verbal à la
demande des parties ou sur initiative du médiateur pour
- Retracer le fil des échanges,
- Pour constater les micro-accord,
- Pour constater les points de désaccord
PV du transport sur les lieux et de constatation de faits du médiateur ou des parties en vue de
la médiation.
CHAPITRE 5- EXECUTION DE L’ACCORD DE MEDIATION
L’accord de médiation est un contrat conclut entre les médiés qui a une force obligatoire et
qui va acquérir une force exécutoire sous deux conditions : la bonne foi des parties, en cas de
mauvaise le contrat revêt une forme exécutoire conduisant à une exécution forcée. Il revient
au président du tribunal d’exéquaturer l’accord en demandant au greffier d’apposer la formule
exécutoire. Le notaire authentifie l’accord et en fait un titre exécutoire. Possibilité de faire
constater l’accord dans une sentence accord-partie au cour de la procédure.
Recours contre l’accord
Pas de recours mais il se peut que les parties fassent une action en nullité pour vice pour des
raisons de dol, erreur, violence, absence de capacité ou de consentement de contracter.
On peut faire un pourvoi contre la décision de refus d’homologation ou d’exequatur du juge
(art 16 de l’acte uniforme relatif à la médiation)
Recours prévus devant la CCJA : en cas d’atteinte à l’ordre public et en cas d’homologation
automatique de l’accord. En cas de pourvoi contre la décision de refus d’homologation ou
d’exequatur du juge.